Simon : viens, Ayla.
Ayla : Papa où allons-nous ?
Simon : viens, ta maman nous suivra. Viens, je t'attends.
Ayla se rapproche de Simon, ils se dirigent vers une forêt. Plus ils avancent plus Simon regarde autour de lui (sur tous les côtés). Je suis derrière eux et je ne comprends pas ce qui se passe. Je ne sais pas ce qu'il cherche mais il ne cesse d'avancer dans la forêt.
Cette forêt est semblable à celle d'hier, d'avant-hier et des jours précédents.
De loin j'aperçois une femme, son visage me dit quelque chose mais je ne me rappelle plus où je l'ai vu. Elle me ressemble étrangement. Plus j'avance mieux je vois son physique.
Je vois Ayla aller vers elle avec un grand sourire et les bras grands ouverts. La dame semble avoir une certaine attache envers Ayla. Elle prend celle-ci dans ses bras et lui dit quelque chose à l'oreille. Simon, lui semble inquiet. Son regard se pose sur Ayla puis sur la dame. Il tente de reprendre Ayla dans ses bras mais je crois que la dame ne veut pas. Il insiste et je crois qu'ils se disputent. Ayla paraît heureuse dans les bras de cette dame. Elle la regarde avec les yeux qui brillent. Elle doit vraiment l'aimer!
Je suis à 300m d'eux et je vois la scène adossée sur un arbre. Tout d'un coup, je sens une présence près de moi. Je suis assez loin des trois autres alors je ne comprends pas qui peut bien être aussi près de moi. Je sursaute lorsque je sens une main sur mon épaule.
Je me retourne et je vois une femme, très belle, toute vêtu de blanc, avec une belle chevelure. Elle est assez âgée.
Elle : que fais-tu ici ?
Moi : qui êtes-vous ?
Elle : je te demande ce que tu fais ici Eliya ?
Moi : comment connaissez-vous mon prénom ?
Elle : tu es en danger ici, retourne d'où tu viens !ils te cherchent depuis vas-y !
Moi : Je ne peux pas partir, et Ayla ?
Elle : c'est pour Ayla que je te demande de partir !
Moi : je ne peux pas la laisser ici, si elle reste, je reste !
Elle me regarde avec un air triste, enlève sa main sur mon épaule et tente de toucher mon visage. Je recule pour éviter sa main. Qui est-elle ? Qu'est-ce qu'elle me veut ? Pourquoi dois-je laisser Ayla ici ?
Moi (Reculant) : ne me touchez pas !
Elle : Eliya tu es danger ici.
Moi : expliquez-moi pourquoi je suis en danger ?
Elle : si tu tiens à ta fille ne reste pas ici plus longtemps.
Moi : Mais de quoi parlez-vous ?
Elle : Eliya, si tu restes ici ta fille risque gros.
Moi : Je ne vous suis toujours pas. De quoi parlez-vous et surtout qui êtes-vous ?
Elle (D'un ton ferme) : Eliya retourne d'où tu viens !
Que se passe-t-il ? Où est ma Ayla ? Et Simon ?
Je commence à pleurer quand tout d'un j'entends une voix qui m'est familière. Je suis le bruit et je vois ma petite Ayla, elle vient sur mon lit avec un grand sourire.
Ayla : maman !
Je regarde l'horloge près du lit et il est 8h05. Je sors d'un rêve troublant, je ne comprends rien. Cela va faire quelques semaines que je fais des rêves étranges. Je suis quelqu'un qui croit au rêve. Je crois que ce qui se passe dans le sommeil est réel. Alors je cherche depuis un moment à comprendre ces rêves ou même cauchemars.
Je suis toujours dans une forêt, près d'une femme qui me ressemble étrangement et qui touche ma fille comme si elles ont un lien. Celle-ci est particulièrement très réceptive. C'est d'ailleurs ce qui m'intrigue ! Ayla n'accepte pas tout le monde mais pourquoi elle accepte cette dame. Elle est toute souriante dans ses bras.
Ayla me sort de ma rêverie avec ses bisous bien baveux.
Ayla : maman allons !
Moi : aller où ?
Elle : avec papa pour jouer en bas.
Moi : ok attends je vais me brosser les dents.
Elle : je peux venir avec toi ?
Moi : oui ma puce.
Ayla me suit partout où je vais. Il faut dire qu'à cet âge c'est un peu normal. Ma mère me disait que j'étais comme elle. Il m'arrive même de la chasser. Elle veut vraiment partir partout.
Ah, vous vous demandez peut-être qui je suis. Je m'appelle Eliya Okele (née Ondo) j'ai 31ans. Je mesure 1m72, plutôt belle femme au teint ébène, je dois quand même préciser que j'ai les fesses d'une femme africaine et une poitrine à la « grosseur »d'une orange. Je suis d'origine Gabonaise, Fang 100% (Estuaire). Je suis expert-comptable depuis mes 27ans et en couple avec Simon Okele depuis six ans. Marié depuis deux ans, nous avons une très belle fille de quatre ans : Ayla (a-i-la).
Il est 11h, je suis fatiguée, j'ai passé une nuit terrible mais je pense que je vais m'en remettre, cela fait trois semaines que je fais des rêves que je ne peux décrire au réveil.
Aujourd'hui je reçois les parents de Simon, et comme à chaque fois je stresse. Sa mère semble me tolérer et avec son père c'est plutôt bien.
Simon : alors tu vas faire quoi à manger aujourd'hui ?
Moi : salade césar ou salade avocat crevettes, je ne sais pas encore quoi en plat de résistance et une salade de fruits en désert.
Lui : tu as intérêt à savoir, tu sais que ma mère ne mange pas grand-chose.
Comme à son habitude il parle avec un ton peu encourageant. Ça fait deux ans que je suis mariée à cet homme et il n'a quasiment jamais de geste d'affection envers moi. Non pas qu'il me traite mal mais il est plutôt le genre qui s'en fout de tout. Non pas que je pense qu'il me trompe mais il est comme ça, je savais déjà à quoi m'attendre avant de se marier. Enfin bref, il est mieux pour moi que je retourne faire à manger, ils viennent toujours à l'heure ceux-là.
1h30 plus tard Salif (le gardien de jour) ouvre le portail, comme d'habitude ils ne peuvent pas se pointer 15 minutes après l'heure à croire qu'ils attendent toujours de sortir de chez eux.
Ma belle-mère (Nadine) entrant en première dans la maison...
Nadine: Simon tu deviens aussi mince, non maigre pourquoi ? Tu ne manges pas bien ici ?
Simon : Ah maman c'est comme tu vois là !
Il blague mais sa mère peut prendre ça contre moi. Effectivement il a perdu du poids (Il prenait surtout du ventre).
Le repas se passe comme d'habitude, quand je me lève pour resservir ils se parlent et quand je reviens plus rien. Je ne veux pas rentrer dans ce jeu cette fois. On finit de manger, je débarrasse et entre deux et trois tours je tombe sur une conversation.
Simon-pierre (le père de Simon) : pourquoi elle ne lâche pas prise ?
Simon : Papa je ne sais pas, je suis autant désagréable que possible. Je ne sais pas ce qu'elle attend pour...
Son père : Je pense qu'il faut qu'on prenne les choses en main. On arrive pas à avoir son autorisation, elle se bloque toujours quelque part ce n'est pas normal.
Simon : Papa comment est-ce possible ?
Son père : je pense que quelqu'un veut bloquer quelque chose, je ne sais pas quoi ou même qui.
Simon : Papa j'ai besoin de ça, tu as besoin de ça.
Son père : c'est pour cela qu'il faut que....
À mon arrivée dans la pièce un silence, comme d'habitude.
Les parents sont partis, j'ai fait la vaisselle et je me suis occupée de ma Ayla. Je suis dans la chambre quand Simon rentre.
Simon : tu crois en Dieu ?
Moi : pourquoi cette question ?
Lui : je te pose une question !
Moi : je te pose aussi une question.
Lui : bonne nuit, je vais dormir en bas.
Moi : Simon tu es épuisant mentalement, tu peux m'ignorer quand nous sommes dans une même pièce tu sais.
Je fais mon signe de croix et je m'en dors. Vers 4h du matin, je sens un souffle près de mon épaule. Je me retourne et je vois Simon. Qu'est-ce qu'il fait ici? Il n'était pas dormir en bas ? Je vois que la fenêtre est ouverte malgré que le split (climatiseur) soit allumé. Il transpire, enfin je ne comprends rien. Je n'ai pas la force d'aller vers la fenêtre pour la fermer. C'est sans comprendre que lorsque j'ouvre les yeux il est 7h. Il n'est plus là, j'entends l'eau couler à la douche alors j'imagine qu'il est sous la douche.
*Dans la tête de Simon*
Il est 8h, papa doit déjà être au boulot je vais l'appeler, je ne comprends plus rien.
Après quelques sonneries
Papa : Mr OKELE ?
Moi : papa il est temps que tu enregistres mon numéro.
Lui : finalement ?
Moi : pas possible !
Lui : pas possible aussi de mon côté.
Moi : on un sérieux problème !
Lui : je ne trouve pas le soucis de mon côté, elle t'a dit quoi ?
Moi : Papa, je ne pense pas qu'elle prie.
Lui : qu'est ce qui te le fait dire ?
Moi : elle ne va pas à l'église et quand je parle de Dieu elle semble ne rien savoir.
Lui : elle se fout de toi dans ce cas, Simon je t'avais dit quoi ? Pas elle Simon pourquoi tu n'écoutes jamais.
Moi : Tu ne vas pas recommencer !
Lui : Simon j'en ai besoin s'il te plaît !
Moi : j'en ai aussi besoin !
Lui : Ta mère pleure souvent pour ça, il faut trouver une solution.
Moi : oui je sais !
Lui : bouge-toi !
Je n'ai même pas eu le temps de répondre il a raccroché.
Je m'appelle Simon Okele, j'ai 33 ans. Au teint ébène, je suis assez charmant comme homme. Avec mes 1m97 je ne passe pas inaperçu.
Architecte de formation, j'ai un job qui me fait vivre paisiblement. Myene/Fang et de nationalité Gabonaise, je subis le mélange douteux que j'ai !
Ça va faire 6 ans et deux mois que je suis avec Eliya et nous sommes mariés depuis deux ans !
J'aime ma femme (à ma façon) et en plus elle est vraiment belle. Je ne vais pas vous dire que dès que je l'ai vu j'ai su que c'était la bonne. À vrai dire, je ne voulais pas une histoire très sérieuse. Mais comme beaucoup d'hommes, je me suis pris à mon propre piège.
J'aime la femme, au début je partais voir ailleurs. Je trouvais qu'elle était trop complète pour moi. Elle n'était pas très exigeante mais il lui manquait la poigne. C'est la seule chose que je lui reproche depuis des années. Son non, n'est pas définitif. Il suffit que je vienne faire les « yeux doux » ; et ce même lorsqu'elle n'est pas de bonne humeur.
Mais avec le temps j'ai compris qu'elle ne pouvait pas changer pour me faire uniquement plaisir. Alors je me suis concentré sur d'autres choses. Sur ses millions de qualités. Et il faut croire que ce n'est qu'à ce moment que j'ai appris à l'aimer différemment.
Je voyais en elle ce que je ne voyais pas chez les autres. Et du jour au lendemain j'ai changé.
Pour toutes ces femmes qui pensent qu'il est impossible à l'homme de changer : il faut simplement lui laisser le temps de réaliser qui vous êtes.
Mon téléphone sonne et le prénom de ma femme me fait sourire.
Eliya : Simon ?
Moi : oui Madame ?
Elle : ça te dit un restau ce soir ?
Moi : qui paie ?
Elle : l'homme !
Moi : donc pas de restau parce que l'homme n'a pas d'argent pour un restau. Et puis c'est normalement celui qui invite qui doit prendre en charge non ?
Elle : je paie c'est bon. Quel chiche tu es !
Moi : ok je vais réserver.
À peine je raccroche que je reçois un autre appel.
Moi : allô
X : bonjour Simon, c'est Manuella
Moi : ça va ? Ah tu penses encore à moi c'est bien ça !
Manuella : oui je vais bien, justement je voulais qu'on se fasse un restaurant comme je veux te voir.
Moi : pas de restaurant aujourd'hui, je suis occupé ce soir.
Elle : un after work alors ?
Moi : parfait ! je t'invite.
Elle : mais c'est normal, tu pensais que qui allait payer.
Comme c'est une impolie elle a raccroché.
Manuella ? C'est mon ex, elle voulait trop le mariage et à cette époque je ne voulais pas me marier.
Elle était pourtant bien, elle ne se prenait pas la tête, douce (quand elle avait bien mangé ton argent), entreprenante, et elle ne disait pas oui à tout...comme votre parente. Vraiment bon délire, elle n'a que des frères alors elle savait comment fonctionner avec moi. Toutefois, je ne regrette pas qu'on se soit séparé.
À 18h j'étais au Don V un coin sympa de la capitale (Libreville). Je vois une silhouette qui m'est familière venir dans ma direction.
Manuella : Bonsoir Sim (allant à la rencontre de ses joues pour les deux bises)
Moi : Salut (en acceptant ses bises)
Comme elle parle beaucoup, on a passé 1h à parler de sa vie (son nouveau gars est riche mais chiche). Voilà, c'est aussi à cause de ça que je ne suis plus avec elle. Dès qu'elle te dit bonjour elle ne s'arrête plus. Même ce que tu ne veux pas savoir, elle va te dire. C'est quoi, la punition ? Je vous épargne les détails, les selfies qu'elle voulait qu'on prenne pour, je suppose, ses futures publications sur les réseaux sociaux. Ah les femmes !
Il est presque 20h quand je reçois le message d'Eliya.
Eliya : Mr, sur ta réservation c'est à 20h30 tu es où ?
Moi : je ne rentre pas, on se retrouve là-bas.
Elle : je ne veux pas conduire, viens me prendre.
Moi : mais c'est un long détour, je ne viens pas là-bas.
Elle : ok je vais prendre ma voiture. Tu vas encore voir qui va te rendre un service.
*Dans la tête d'Eliya*
Je laisse Ayla avec la nounou (j'ai la chance d'avoir une bonne personne à la maison). Je porte une robe portefeuille qui laisse bien entrevoir mes formes, s'il ne me dit pas que je suis belle ce soir il me néglige vraiment.
Je gare la voiture au parking du restaurant et je me dirige vers le restau. Je rentre et je vois mon mari qui passe une commande (beau comme tout). Ce gourmand-là, il doit avoir faim pour me devancer.
Moi (en lui faisant un bisou sur la bouche) : gourmand !
Lui (me tendant sa bouche) : ah enfin, bon j'ai passé les commandes pour nous deux.
Moi : ah tu as vu ça dans un de tes films là hein c'est bien.
Lui : bon dis-moi maintenant, tu crois en Dieu ?
Moi : Simon je peux savoir pourquoi tu poses cette question depuis quelques temps ?
Lui : si tu réponds tu auras ta réponse, pas autrement.
Moi : oui, enfin je sais qu'il existe.
Lui : ok d'accord.
Moi : bon tu peux maintenant me répondre ?
Lui : Madame ? Mangeons !
(Le serveur venait déposer nos entrées)
Lui : tu es... quand même jolie ce soir.
Moi : jolie ?
Lui : non mignonne, jolie c'est un autre niveau !
Moi : ok.
*Dans la tête de Simon*
Elle est belle! Mais ça me fait rire de dire le contraire.
*Dans la tête d'Eliya*
Au final, il a payé. Tous les jours il dit la même chose et quand tu veux payer il refuse.
On rentre, je vais me doucher, au moment de me coucher je tombe sur Simon qui regarde une émission sur les différentes forêts. Je ne cherche pas trop à la regarder avec lui je suis fatiguée.
Rebelote, il est 6h quand j'ouvre les yeux, je viens de faire un cauchemar et manque de bol je ne me rappelle de rien. Je sais juste que j'étais en danger, que ma fille l'était. Ce sont les seules informations que j'ai. Je me prépare pour mes exercices du samedi matin.
*Dans la tête de Simon-Pierre*
Moi : Nadine ?
Nadine : Oui chéri ?
Moi : viens, aujourd'hui ça fait trente ans que nous sommes mariés, viens me dire pourquoi c'est toi qui a ma bague ?
Elle : S-P je ne suis pas ton clown, toi seul sait pourquoi.
Moi : hum tu es venu en tapé dos hein comme les jeunes disent, il ne faut pas oublier ton passé.
Elle : ne me dérange pas, tu faisais tes choix toi-même.
Ah cette femme ! Je l'aime après autant d'années. On a eu un fils, un seul. Je suis heureux d'en avoir eu au moins un. Cette femme donne tout pour nous. Je vois ce qu'elle est capable de faire pour moi mais, il y a toujours un mais. Celui-là est un blocage pour moi depuis plusieurs années.
Je vais faire une sieste pour être en forme ce soir. Quand je veux me reposer je préfère aller dans l'ancienne chambre de Simon. J'aime mieux cet espace. C'est dans celle-ci que je passais le plus de temps avec lui.
X : Tu es responsable de ta vie, plus de ta progéniture.
Moi : ...
X : Tu es responsable de tes choix, et ta progéniture devra en assumer les conséquences.
Moi : ...
X : La vie que tu voulais c'est celle-là ?
Moi : ...
X : 1983 ça te dit quelque chose ?
Moi : ...
X : ta récolte à commencer à cette date !
*Dans la tête de Simon*
Je suis sur mon ordi, un samedi pareil je devais aller en week-end à la pointe Denis mais c'est l'anniversaire de mariage de mes parents. Je me demande si je vais pouvoir passer autant de temps avec Eliya.
Moi (allant vers elle) : Madame ?
Elle : tu veux encore quoi ?
Moi : tu peux me repasser cette chemise s'il te plaît?
Elle : non, tu vois bien que je suis en train de faire quelque chose.
Moi : ah bien hein.
Elle : tu fatigues.
Moi : tu étais déjà sur le bon chemin, mais bon, tiens (lui remettant la chemise).
*Dans la tête d'Eliya*
Simon : Madame, on est en retard, tu peux vite te maquiller ?
Moi : tu peux descendre prendre l'enfant, j'arrive.
Ayla venant vers nous : Papa je suis une reine des neiges ?
Lui (En regardant sa fille) : tu es la reine de ton papa, seulement de ton papa.
Moi (faisant les contours de mes lèvres) : de ta maman aussi.
Son père : bon on partage, tu es la reine de tes parents, et ce à jamais.
Elle était tellement contente après ça... ma fille, mon trésor. Je l'aime tant.
Quelques minutes plus tard on était chez les Okele, un anniversaire de mariage digne de ce nom. Encore ma belle-famille elle-même pour le chaud.
La soirée fut belle, je pense que je vais pouvoir supporter leur fils jusqu'à cette période. Du moins, je l'espère.
J'aime mon mari, il est comme il est mais c'est un homme bien.
Je pense qu'il faut accepter son homme comme il est, bien entendu il est possible d'améliorer certains traits de caractère. Il s'est mis avec moi je n'étais pas comme je suis aujourd'hui mais il m'a pris.
*Dans la tête de Simon*
Il est minuit, l'enfant dort dans mes bras, je pense qu'il est temps de rentrer. Je fais signe à ma femme (Oui ma femme, mon amour de femme) pour qu'on rentre. Ce genre de cérémonie te fait apprécier ce que tu as.
Arrivé à la maison, je vais me débarbouiller et je fonce dormir. Seulement quelque chose d'inhabituel se passe. Je vois d'un œil entre ouvert qu'Eliya fait une prière avec une bible. Trop fatigué pour réfléchir je m'en dors.
Je rentre dans une pièce sombre, au bout je vois Eliya qui a notre fille dans les bras. Elle joue avec elle, il y a des échanges de bisous. Je ne sais pas pourquoi mais je veux lui arracher l'enfant. Elle me paraît si douce mais en même temps si sombre. J'ai peur à chaque fois qu'elle lance ma fille pour la rattraper après (le jeu avec les enfants là).
Elle : Ayla viens, allons-y.
Moi : Elya laisse là, vous allez où ?
Elle : on va plus loin, vers l'autre bout, vers la forêt.
Je me sens comme impuissant, pourquoi vers cette forêt ?
Je ne peux plus les suivre, je me sens faible, elles vont trop loin, c'est trop pour moi. J'entends les voix mais de loin.
Elle : est-elle d'accord ?
Moi : de quoi parles-tu ?
Elle : ta femme est d'accord ?
Moi : mais de quoi parles-tu ?
Elle : toi, es-tu d'accord ?
Moi : d'accord ? Pour ?
Elle : je veux une réponse !
Son ton devient de plus en plus dur.
Elle : j'ai besoin de ton autorisation et celle de ta femme.
Moi : de quoi parles-tu ? Enfin quelle autorisation ?
Puis d'un coup je me sens loin de cette atmosphère, je me sens mieux. Je sens des mains sur mon visage, ça me fait sourire parce que ce sont les mains d'Ayla, elles sont petites et ne ferment même pas entièrement mes yeux. Mon corps se détend après chaque minute jusqu'à ce que je la prenne dans mes bras. La pauvre, elle a subi ma mauvaise haleine d'un coup. Je regarde du côté d'Eliya et elle dort encore.
*Dans la tête d'Eliya*
Le bruit que Simon et Ayla font me réveille. Un réveil comme les autres, un cauchemar de plus. Et comme les jours précédents, je ne me rappelle plus de rien, ou du moins à peine. Chaque fois que je m'apprête à dormir j'ai peur, et les cauchemars se succèdent encore et encore.
Je reçois un coup sur mon épaule, c'est le coude de Simon, il voulait faire je ne sais quoi avec sa fille.
Quand je me tourne vers eux ils rigolent.
Lui (se redressant pour qu'Ayla puisse bien s'asseoir) : une femme qui se lève après son mari on a vu ça où ?
Moi (faisant un bisou à Ayla) : Je ne peux pas vivre en paix ?
Lui : ah on ne parle pas sans se brosser les dents ! Et puis (prenant sa fille dans les bras) elle fait même bisou hein, ma pauvre fille.
Toc toc
Moi : oui ?
Ruth (derrière la porte): Madame c'est pour laver Ayla
Moi (aidant la petite à descendre du lit): Elle arrive.
Quand je décide de me lever pour aller me brosser les dents monsieur vient se mettre sur moi, il se lance dans une série de bisous.
Moi (essayant de le pousser) : depuis quand tu es du matin ?
Lui (forçant avec ses bisous) : je ne sais pas, je suis de bonne humeur.
Son téléphone se met à sonner et Dieu merci je réussis à sortir de ses bras quand il le prend pour répondre.
Lui : Oui?
La personne : ...
Lui (me regardant lui faire un clin d'œil): Je suis avec celle-là à la maison.
La personne : ....
Lui : Mdr, elle aime quand je l'embête. Tu veux passer ? Viens, je ne crois pas qu'on va sortir.
La personne : ...
Lui : ok je vais lui dire.
Il raccroche, me regarde, et se met à sourire. En effet j'étais dans la douche, il sourit parce que sans ce coup de fil je devais encore être bloqué dans ses bras. C'est rare qu'il soit de bonne humeur le matin. Mais quand il l'est, tout le monde doit le savoir.
Moi (allant vers lui): tu parlais avec qui ?
Lui (tirant ma main): Damien.
Moi (essayant de desserrer ses mains) : ah !
Damien ou encore Dam c'est le meilleur ami de Simon, un désordonné dans tout. Il est marié mais il n'a jamais sa bague. Il dit qu'il est allergique à la matière de sa bague sauf que Mr a cette même matière en gommette : voyez vous-mêmes le personnage.
Vers 15h Mr et Madame K étaient à la maison, nous étions tous au salon quand :
Julie (la femme de Damien): Eliya je peux te parler en apartheid ?
Moi : oui allons dehors !
Je passe devant elle pour lui montrer le chemin, je ne parle pas souvent avec Julie. Ça m'étonne d'ailleurs qu'elle veuille discuter avec moi.
Elle (tirant la table pour déposer son verre): en fait...
Moi : oui ?
Elle : je voulais savoir comment tu fais pour être aussi heureuse en ménage ?
Surprise par cette question, je change de position.
Moi (essayant de soutenir son regard): comment ça ?
Elle : tu sembles si heureuse, tu as une belle maison, un mari, enfin tu es bien. Tu as eu un enfant avec lui...
Moi (regardant partout sauf vers elle) : désolée... je ne sais pas quoi te dire.
Elle : je sais, je savais que je n'aurai pas de réponse de ta part. Je me pose des questions sur vous depuis. Je me demande comment vous faites pour vivre un bonheur aussi intense. Tandis que nous, je vais plutôt dire moi, plus les jours passent plus je suis triste.
Moi (essayant de digérer ce qu'elle me dit): ...
Elle : Eliya je veux un enfant.
Moi (ne sachant pas quoi lui répondre): ...
Elle : je veux un enfant, mais j'aime Dam, et celui que j'aime ne veut pas d'enfant.
Moi : vous avez en reparlé ?
Elle : il y a deux jours, et il est radical, il n'en veut pas.
Moi : je pense qu'il faut encore lui laisser du temps.
Elle : du temps, du temps, mais jusqu'à quand ? Jusqu'à quand ?
On ne peut jamais rester tranquille, on voit les deux autres nous rejoindre dehors. Ce qui est étonnant c'est l'expression du visage de Julie quand Damien est là, elle est de suite toute souriante.
Simon (lui faisant un grand sourire): alors ma belle-sœur chérie tu dis quoi ici ?
Elle : ah on parle de tout et rien.
Lui : hum.
Damien (venant s'asseoir près de sa femme): mais Eliya pourquoi tu as ta main sur ton ventre ? Ne me dis pas que tu attends quelqu'un d'autre hein !
Simon (avec un sourire moqueur): ah quoi Madame est enceinte ?
Moi : non oh, je ne lui pas.
Damien : ah il faut nous dire hein !
Moi : non non.
Au même moment Ayla vient avec sa nounou, elle va directement vers son papa. Je vous épargne les séances de bisous et compliments. Elle aime trop ça ma fille là. Elle doit entendre que c'est elle la reine des neiges de ses parents. Tout ça c'est vos dessins.
Dam : Ayla tu ne viens pas me saluer ?
Elle (levant ses bras pour qu'il la porte) : hum...
Il l'a pris dans ses bras et s'en est suivie la séance bisous. Je me retourne et je vois le visage de Julie se décomposer, voir son mari, qui lui dit tous les jours qu'il ne veut pas un enfant tenir l'enfant d'un autre avec autant d'amour.
Pourquoi ne veut-il pas d'enfant ?
Après le départ du couple Kimanga je vais dans la chambre discuter avec Sim.
Moi (rangeant les affaires sur le chevet du lit): Simon ?
Lui : oui, tu veux quoi ?
Moi : quoi ça y est tu n'est plus de bonne humeur?
Lui : tu veux quoi ?
Moi : non ça va.
Je finis de ranger, je vais prendre ma douche, quand il me répond comme ça je sais d'avance qu'il ne va rien me dire. Le pire c'est qu'il n'est pas énervé hein. Il est comme ça, on doit subir ses humeurs !
*Dans la tête de Simon*
Je suis dans mon coin, votre parente vient me parler pour ne rien dire quand je demande. Je vais dans la douche, elle doit me dire ce qu'elle voulait savoir. Après elle va dire que je ne suis pas à l'écoute, on connaît les femmes.
Moi (allant m'asseoir sur les toilettes): oui tu voulais me dire quelque chose ?
Elle (mettant le gel douche dans ses mains): tu sais pourquoi Dam ne veut pas d'enfant ?
Moi : pourquoi cette question ?
Elle : Julie n'est pas bien, elle est triste. Et c'est bizarre parce que devant lui elle est souriante.
Moi : ah donc elle est triste ? Avec le sourire qu'elle avait là ? Ah !
Elle : tu sais pourquoi ?
Moi : je ne pense pas savoir, bon laves-toi bien, tes pieds qui sentent souvent là !
Elle : sort !
Je vais m'allonger tranquillement, c'est bizarre que Julie en parle. Damien aussi je ne le comprends pas. Tu as une femme comme ça et tu ne grattes pas l'odika ? Et pourtant il me parle tout le temps d'enfant, c'est bizarre. Je m'allonge pour regarder une émission sur France2 et c'est devant celle-ci que je m'en dors.
(la voix d'Eliya) : Simon ta décision ?
X : Simon, tu es d'accord ?
X : Simon donne-moi ta réponse maintenant ?
Elle me pose une série de questions auxquelles je n'ai aucune réponse.
Y (voix d'Ayla): maman, maman !
(la voix d'Eliya) : viens ma puce, dis à ton père de venir.
Je sens mon corps lourd, je me sens mal, pourquoi je ne veux pas suivre ma femme ? Pourquoi elle me fait peur ? j'avance vers elle pour lui arracher Ayla des mains mais je n'arrive pas, je n'ai pas de force. Je suis de plus en plus faible.
X : tu es d'accord ?
Moi : d'accord pour ?
X : je veux ton autorisation ?
Moi : mais Eliya pourquoi tu poses ces questions ?
Puis je vois une femme de loin, elle me fait des signes. Je vois qu'elle veut parler mais je n'arrive pas à entendre ce qu'elle me dit. Je crois qu'elle chuchote. Elle est belle, vêtu de blanc, avec de beaux cheveux ; son visage me dit quelque chose.
De loin elle me fait signe de dire non.
X : alors ?
Moi : Eliya rentrons, que fais-tu là ? Pourquoi tu es ... si... sombre ?
Je vois comment elle s'en va avec ma fille, mais je n'ai ni la force de crier, ni la force de courir vers elles. Je commence à prendre peur, j'entends une voix qui m'est familière. Je lève ma tête et je vois mon père.
Lui : laisse-les !prends-moi.
X : ...
Lui : laisse-les !
X : ...
Lui : Que veux-tu ? Laisse-les !
Il devient de plus en plus dur dans ses paroles, il avance vers Ayla, celle-ci recule jusqu'à ce qu'elle tombe. Il lui tend sa main et avec un geste de la tête elle refuse.
Elle se lève toute seule et se met à courir. Il la suit pour la rattraper mais il se heurte à un caillou. Je vois comment ce cailloux change de forme. Surpris je mets ma main devant la bouche pour bloquer ma respiration.
X (avec un sourire au bout des lèvres en regardant mon père): Tu sembles ignorer ton impuissance.
Mon père :...
X : je vois que tu ne parles plus.
Mon père : Laisse Simon, si tu veux tu prends la petite.
X : tu es donc d'accord pour ta petite fille ?
Mon père : oui, ça me va.
X : qu'est-ce qui m'assure que la petite est déjà disponible ?
Mon père : ...
X : je veux plus !
Mon père (devenant de plus en plus calme, voire sans force) : s'il te plaît pas mon fils. Je peux tout faire pour quelqu'un en plus.
X : toi alors ?
Mon père : non, euuh, s'il te plaît laisse-nous un peu de temps.
X : Tu as eu trop de temps, tu as eu ce que tu voulais, O1N9M8L3 ça te dit quelque chose ? (code expliquant la date suivante : 1983).
Mon père : ...
X (crachant, et regardant mon père avec dégoût) : Simon-Pierre, pourquoi avoir changé mon destin ?
Lui : laisse le partir, laisse-le je t'en prie.
Je voyais la silhouette d'Eliya se rapprocher de mon père.
Que se passe-t-il ? Eliya qui fait peur à mon père ? De quoi parlent-ils ?