Prologue
-Ecoutez Madame, nous ne sommes pas une clinique de charité ici, soit vous allez chercher l'argent, soit vous rentrez chez vous avec votre malade ! Avertit l'infirmière.
Devant les larmes incessantes de ma mère implorant leur aide pour soigner mon père gravement malade et amené dans cette clinique depuis hier, elle renchérit.
-Vos larmes ne vont rien changer, ce n'est pas ça qui va acheter les médicaments ou payer les frais d'hospitalisation ici.
- Soignez-le s'il vous plaît, nous règlerons la facture une fois qu'il sera sur pied je vous en prie ! Finit par balbutier ma mère la voix cassée pour avoir trop pleuré.
-Madame, nous ne fonctionnons pas comme ça ici, je vous le répète depuis hier, soit vous avez l'argent, soit vous repartez !
-Donnez moi deux petites heures, je vais aller chercher l'argent mais s'il vous plaît, commencez par le soigner avant mon retour, je promets de tout régler d'ici là.
-Je vous conseille quand même de faire vite sinon emmenez déjà votre malade ailleurs, pas question qu'il meurt ici pour que les mauvaises langues l'interprètent par une incompétence imaginaire de notre part ! Nous tenons à notre réputation ici.
L'argent ! Cet argent que d'autres ont à n'en savoir que faire dans ce pays, voilà ce pourquoi nous sommes autant humilié presque tous les jours de notre vie. Un chanteur a dit, la voix d'un riche est douce comme le miel alors que la voix d'un pauvre est amère tel le goût de la nivaquine !
Je m'en veux d'être si impuissante face à cette situation, je ne survis qu'à l'aide de petits boulots et de l'aide de l'état accordée aux étudiants. Le petit commerce de bouillie et de beignets de maman ne lui rapporte pas assez pour gérer les factures de notre appartement d'une chambre-salon et les ordonnances engendrés par la santé fragile de mon père.
Déjà diabétique, le manque de soin adéquat lui vaut des crises répétitives. La voix de maman me tira de mes pensées.
-Naomi, je vais à la maison prendre certains pagnes qui me restent encore et voir Moussa pour qu'il me donne un peu d'argent pour les soins de ton père. Viens avec moi et pendant que j'irai voir Moussa tu pourras faire un peu de soupe qu'on amènera à ton père. Il doit avoir faim, viens dépêchons nous.
Quelle vie ! Voilà ma mère qui se trouve maintenant obligée de vendre ses pagnes pour avoir un peu d'argent. C'est dans ce genre de situation que je doute sincèrement qu'un Dieu existe, du moins un Dieu qui écoute les prières de ma famille. Depuis dix ans que mon père a perdu son travail qui nous assurait le nécessaire pour vivre, toutes tentatives de sa part pour en trouver un autre ont été vaines. Il s'est résolu à faire de petits boulots par ci et par là pour prendre soin de sa famille mais depuis peu sa santé ne lui permettait plus de travailler. Les amis, collègues et parents qui étaient souvent présents chez nous nous ont tourné le dos.
Tant bien que mal, j'ai réussi brillamment à mon bac et en attendant de finir mon parcours de Licence en Economie et Gestion à l'université de Lomé espérant décrocher un bon boulot par la suite pour venir en aide à mes parents, je suis là incapable de sortir le moindre petit sou pour payer les soins de papa.
Mes camarades et ma meilleure amie Flora me l'ont assez répété, Naomi tu es une belle fille, trouves toi un homme qui s'occupe de toi et de ta famille. Non, je ne suis pas le genre de fille à coucher pour de l'argent et les hommes je préfère m'en éloigner le temps qu'il faut après ma douloureuse expérience passée avec Marc.
Les prétendants ne manquent pas, de toutes les classes d'ailleurs ! Tous me promettant monts et merveilles mais non, je préfère me contenter du peu que j'ai et m'en sortir par mes propres moyens. Fais toi entretenir par un homme et il va se croire avoir tous les droits sur toi. Ça non je ne veux pas et aussi je préfère me concentrer sur mes études car c'est ce qui va m'assurer une meilleure situation plus tard.
-Naomi, tu m'écoutes ? Dit ma mère
-Oui maman, allons y.
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Arrivée à la maison, je rassemblai le peu d'ingrédient que nous avions pour faire un petit repas mangeable à mon père pendant que maman alla voir Moussa, le boutiquier du quartier avec ces pagnes pour qu'il puisse nous prêter un peu d'argent.
Une heure après, j'avais presque fini ma cuisine quand je reçu la visite de ma meilleure amie Flora qui venait aux nouvelles après que j'ai dû là quitter quelques heures plus tôt à la fac pour me rendre à la clinique suite à l'appel de maman.
-Comment va ton père ? Me demanda t-elle
Je m'appliquai alors à lui raconter la situation et aussi le fait que maman soit allée prêter de l'argent avec ses pagnes comme caution.
Flora en était indignée et elle me sortit son éternelle chanson !
-Naomi, tu te rends compte de la situation ? Comment une grande fille comme toi peut laisser des choses comme ça se produire ? Tu es là ici toute tranquille regardant ta mère aller remettre ses pagnes comme caution pour avoir un peu d'argent pendant que là dehors il y a plein de ces gars prêts à tout pour toi.
-Flora s'il te plaît, tu ne vas pas recommencer !
-Recommencer quoi Nao ? Je ne te demande pas d'aller faire les rues à Dékon (Quartier chaud de Lomé), trouves toi juste un homme avec une bonne situation pouvant t'aider ! Tiens, Léo par exemple, il te poursuit depuis bientôt un an et toi tu ne lui accorde même pas un regard. Il est jeune, beau et avec une bonne situation, c'est quoi ton problème au juste ?
Flora fut interrompu par ma mère qui visiblement en rentrant avait entendu une partie de notre conversation.
-Flora, je t'aime beaucoup et je te considère comme ma seconde fille sinon je t'aurais chassé de cette maison avec ces conseils que tu donnes à ma fille ! Menaça ma mère.
-Maman, excuses moi, je ne veux que...
-N'en rajoute pas s'il te plaît Flora, c'est bon. Dieu pourvoira à nos besoins, penses à tes études plus tôt qu'aux poches des hommes et ne donnes plus ces mauvais conseils à ta sœur !
-D'accord maman, j'ai compris. Je prends congé de vous, je dois retourner aux cours.
-C'est bien, vas y ! Naomi te rejoindra après
Après le départ de Flora, maman m'apprit qu'elle n'avait pu obtenir que 20milles francs chez Moussa, ce qui était loin de payer le tiers des soins de mon père. Néanmoins elle était confiante qu'un miracle se produise. Repas emballé, nous reprîmes la route pour la clinique et une fois sur les lieux, nous nous confrontons à la dure réalité de l'état de mon père qui s'empirait.
Les malheureux vingt milles de ma mère ne pouvaient vraiment rien faire et cette fois les menaces de rentrer avec notre malade étaient devenues encore plus sérieuses de la part des infirmières. Il avait besoin d'injections d'insuline et d'autres soins, son état était vraiment grave.
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Assise sur un banc dehors, je repense aux propos de Flora, elle n'a pas tout à fait tord finalement ! Je ne peux pas regarder mon père mourir sans rien faire, je vais appeler ce Léo. Surement m'aidera t-il.
Naomi
Je suis toute nerveuse assise dans la salle d'attente du bureau de Léo, je l'ai appelé une heure plus tôt et il m'a donné rendez-vous ici. Je priais intérieurement qu'il puisse me trouver de quoi aller payer les soins de mon père. Et dire que je ne lui avais jamais accordé un seul regard, je ne décrochais même pas ses appels ni ne répondais à ses messages.
Depuis bientôt un an qu'il me court après. Aujourd'hui me voilà ici pour implorer son aide.
Dans ma situation, je n'ai pas le temps d'avoir honte, l'heure est de sauver mon père alors peu importe le reste. Ravaler ma fierté pour ces quelques instants ne me fera pas de mal.
-Mademoiselle SANGO ! Appela la voix de la secrétaire
Elle m'indiqua la porte du bureau de Léo dans lequel je m'introduis en lui lançant un bref merci. Elle me regardait de haut et m'a fait toute une histoire tout à l'heure sur une prise de rendez-vous avant de prendre la peine de m'annoncer à son directeur qui avait surement oublié de là prévenir de mon arrivée. De toute façon je m'en fou, je ne suis pas là pour
m'occuper de ses crises de femme mal aimée la nuit.
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Je n'ai jamais pris la peine de regarder
attentivement cet homme, je suis là dans ce bureau devant lui et je me rends compte à quel point il est bien bâti. Si je n'étais pas autant préoccupée par l'état de mon père, je serais restée planté là bêtement à l'admirer dans sa veste surement fait sur mesure, ses lunettes qui lui donnent un air vraiment charmant... Il doit avoir à peine 30ans. Bref, oublions, le temps n'est pas de se faire une télénovela(Feuilleton).
-Naomi, quelle surprise de te voir ici ! J'avoue que j'étais plus que surpris de ton appel tout à l'heure. Prends place s'il t plaît ! me dit-il tout en me lançant un de ces regards !
-Merci Léo
-J'ignorais que tu connaissais même mon prénom! Quelle bonne surprise !
Sa remarque eu l'effet de provoquer en moi une grande gêne. J'avoue que j'ai vraiment malmené cet homme. Une voix dans ma tête me dit de faire demi tour mais l'image de mon père agonisant sur ce lit d'hôpital me donna le courage d'aller jusqu'au bout de ce pour quoi j'étais venu dans ce bureau.
-N'exagère pas ! Je réussi à dire d'une voix à peine perceptible
- Que puis-je t'offrir à boire ?
-Rien, merci !
-Ok, alors que me vaut l'honneur de ta présence ici ?
-Léo... (Hummm c'est si difficile de demander de l'aide)
-Ne sois pas timide, parles Nao !
-Euuh s'il te plaît, voilà. J'ai un grave problème et j'ai besoin de ton aide !
Hummm, la belle et rebelle Naomi qui a besoin de mon aide aujourd'hui après avoir passé tout ce temps à m'ignorer et même humilié parfois. Je sens que mon heure a sonné, il est temps que j'ai de cette petite ce qu'elle m'a toujours refusé de son propre gré. J'ai tellement rêvé d'elle, je voulais faire d'elle ma copine mais jamais elle n'a voulu de moi. Aujourd'hui là voilà venant se jeter dans la gueule du loup que je suis et je ne compte pas là rater, je vais que bien là dévorer. Pensa Léo
-Tu m'écoutes ? Renchérit Naomi
-Oui, excuses moi ma belle. Tu disais que tu avais besoin de mon aide, que puis-je concrètement faire pour toi Nao ? Tes désirs seront des ordres.
-En fait c'est une question d'argent, j'aurais besoin de 150 milles d'urgence, je ne te demande pas de me donner toute cette somme, aides moi s'il te plaît avec ce que tu peux.
Elle n'arrive même pas à soutenir mon regard, je sens qu'elle a dû y repenser de milliers de fois avant de se présenter ici. Peu importe, l'argent n'est vraiment pas un problème, je vais les lui donner mais je poserai mes conditions. Cette fois ma belle tu ne m'échapperas pas.
-Naomi ! Reprit Léo. Ne sois pas aussi timide, ne t'inquiètes pas, je vais t'aider !
-Vraiment ?
-Bien sûr ma belle, tu sais à quel point tu m'es précieuse.
Il ouvrit un tiroir du côté droit de son bureau et sortit une liasse de billets. Je détournai mon regard perturbée par la présence de tant d'argent. Jamais je n'en ai tenu autant de toute ma vie. J'avoue que j'ai donné cette somme par hasard, je me disais qu'ainsi, il pouvait peut être me trouver 50milles francs quand même. Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il accepte me donner tout cet argent. Eh merci Seigneur ! Vraiment merci.
-Tiens Naomi, voici 200milles, je crois que ça t'aidera pour régler ton problème.
Tendant la main pour prendre l'argent, je fus surpris quand il là ramena en arrière et poursuivi en me disant !
-Tu es une grande fille et tu sais que j'ai toujours voulu de toi.
Voilà, je savais qu'il en viendrait là me dis je intérieurement !
-Je te donne cet argent mais en contrepartie, je veux que tu me donne ce que j'ai toujours désiré. Et joignant le geste à la parole, il s'approcha de moi et caressa ma joue !
-Comment ça Léo, que veux tu que je te donne ?
-Ne joues pas à la naïve Naomi, tu sais bien de quoi je parle, une nuit avec toi, rien qu'une nuit !
Mon Dieu, là au moins c'était directe, directe et perçant tel un couteau dans mon cœur. Moi Naomi, me voilà dans cette situation bien plus qu'embarrassante et ce par la faute de qui ? La mienne, ma propre faute et celle de personne d'autre. Pourquoi les hommes doivent-ils se sentir obligés de toujours vouloir profiter des femmes parce qu'elles leur demandent de l'aide ?
Je veux bien me lever de ce siège et sortir de ce bureau en courant non sans avoir d'abord donné une bonne gifle à Léo mais j'avoue que je devais m'y attendre, il m'a toujours désiré et je viens moi-même me jeter dans ses filets.
Que faire bon sang ?
Partir et regarder mon père mourir ou céder et le sauver ?! Qu'en est –il de mes principes, de ma dignité, de mes valeurs ?! Arrêts Naomi, me dit la voix dans ma tête. Qu'est ce que tes valeurs et ta dignité ont pu faire quand ta mère a dû aller vendre ses pagnes ? Quand dans cette clinique cette infirmière lui criait dessus ? Tu ne vas quand même pas laisser ton père mourir au nom de ta dignité!
As-tu pensé à ce que ta mère ressentirait ? Et toi-même d'ailleurs, pourras tu supporter ce chagrin ? Et puis Léo est un bel homme, pas un vieux sale et dégoûtant !
Je respire à fond, regarde Léo et cet argent qu'il tient entre ses mains dont j'ai énormément besoin et dit :
-D'accord, j'accepte.
-Ok, prends cet argent et vas régler ton problème, je t'appelle demain soir pour qu'on se voit.
-...............
-A plus tard ma belle
-Merci Léo.
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Après être sortit de ce lieu, je pris un zémidjan (taxi moto) vite fait pour rejoindre ma mère à l'hôpital. J'arrivai de justesse car elle avait déjà emballé les affaires amenées à l'hôpital et s'apprêtait à aller chercher un taxi pour rentrer à la maison avec mon père. Les vingt milles francs n'avaient pu faire grand-chose et on lui avait intimé l'ordre de quitter les lieux.
Je couru verser 100 milles francs à la caisse pour qu'on puisse commencer les soins proprement dits. Je remis 50milles à maman pour qu'elle gère le reste et gardai les 50milles restants avec moi au cas où...
Ma mère m'assailli de question pour connaître l'origine de cet argent et je dû lui dire qu'une partie venait de mes aides de l'université et l'autre partie de notre association fictive créée dans ma tête à l'université. Elle remercia le ciel pour lui avoir accordé la grâce de sauver son
mari.
Si seulement tu savais le prix que j'aurai à payer maman !
Comme quoi l'argent fait des miracles, voilà les mêmes infirmières qui nous criaient dessus tantôt qui s'activent à s'occuper de mon père. Tant mieux, j'emmerde celui qui dit que l'argent ne fait pas le bonheur ! Mais à quel prix vais-je payer ces deux cent milles ?!
Malgré moi j'appréhende cet instant qui ne tardera pas à arriver, demain je devrais me donner à Léo, je l'imagine déjà m'amenant dans un de ces motels pourris et m'intimant l'ordre de me débarrasser de mes vêtements pour assouvir son désir. Merde, il faut que j'arrête d'y penser. Papa est sorti d'affaire maintenant, c'est l'essentiel.
**********************************Le lendemain*********************************
Naomi
Il est 17 heures et Léo ne m'a pas encore fait signe, peut être aurait-il renoncé à prendre sa contrepartie du marché ? Je n'en serais plus qu'heureuse, ça me fend le cœur de devoir me donner à lui de cette manière.
Couchée dans notre vieux canapé, la sonnerie de mon téléphone me tira de mes pensées. Tiens, c'est lui, il n'abandonne pas ! Je pouvais bien rêver. Bon, décroches maintenant Naomi !
-Allô
-Salut ma belle, comment tu vas ?
-ça peut aller. Pfff suis-je obligée de lui demander comment il allait lui ?
-Ok, j'espère que tu as pu régler ton problème ?
-Oui, ça va. Merci
-Au fait, s'il te plaît indiques moi chez toi, je viendrai te chercher dans une heure.
-Non, je préfère qu'on se retrouve quelque part en ville
-Ok, mais quand même tu es dans quel quartier ?
-Djidjolé
-Ok, pour faire court, retrouves moi dans la station Total d'atikoumé dans une heure
-D'accord
-A toute ma belle !
Je raccroche et lance mon téléphone avec rage dans le canapé. Pauvre téléphone, il n'en était pour rien lui ! Bon, je vais me préparer pour mon exécution. J'ai prévu de porter n jean et un T-shirt ! Ce n'est pas non plus un rendez-vous galant pour que je lui fasse le plaisir de me mettre sur mon 31. Il veut mon corps, tant mieux, il va l'avoir et on oublie le reste.
*
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J'arrivai dans la station TOTAL exactement une heure trente après son appel et je vis sa voiture garée sur un côté. Je m'approchai et cognai à la vitre et il s'empressa de me déverrouiller la portière. Je pénétrai dans sa voiture où régnait une fraîcheur incroyable, résultat de la forte climatisation. Cela me fit du bien car je m'étais tapée la marche de la maison et j'étais un peu en sueur. Je m'en fiche de toute façon.
-Bonsoir Nao! Me dit –il d'une voix qui se veut être douce, en fait elle est douce je l'avoue !
-Bonsoir ! Dis-je avec empressement.
J'avais bien envie de lui demander où nous
allions quand il prit le chemin du centre ville mais je me suis résolu à me taire. Après tout j'étais son butin de guerre ce soir, il allait
m'emmener où bon lui semblait.
*
*
*
Je fus étonnée de le voir garée devant une boutique de prêt à porter pour dames. Peut être avait-il une course à faire ? Tant mieux, qu'il fasse vite et qu'on en finisse. Ma surprise augmenta quand il me demanda de venir avec lui à l'intérieur et elle était à son paroxysme quand il choisit une très jolie robe rouge qu'il me tint pour essayage.
-Pourquoi une robe ? Tu me trouves mal habillée c'est ça ? En fait oui j'étais mal habillée mais pour aller se faire b***** dans un motel pourri, a-t-on besoin de revêtir son habit du dimanche ?!
-Tout doux Nao, désolé si je ne t'ai rien dit mais je veux que tu m'accompagnes dîner quelque part et désolé d'être franc mais pour l'endroit où nous allons, ton habillement de ce jour n'y cadre pas.
Toute honteuse de m'être ainsi négligée juste pour le mettre mal à l'aise lui, je pris la robe que j'allai essayer dans la cabine prévue à cet effet. Elle m'allait comme un gant, il a du goût quand même ce Léo.
*
*
*
Maintenant place à son regard admiratif une fois que je sorti de la cabine.
-Tu es très belle Nao
-Euuh merci.
Il m'avait également choisi des chaussures de la même couleur que la robe que je mis par la suite. La responsable du magasin me fit une retouche de mon maquillage avec ses propres effets. Côté coiffure, j'avais un chignon et c'était parfait. Je m'admirai dans le grand miroir de la boutique, oui j'étais vraiment belle dans cette robe.
Léo paya la facture et nous avons remonté le cap vers Agoè (un quartier loin du centre ville).
Nous nous sommes rendus dans une maison où au lieu de l'ambiance de fête à laquelle je m'attendais, il y régnait plus tôt un calme absolu. Je n'étais pas au bout de mes surprises quand une fois à l'intérieur, une table pour deux était dressée avec champagne, chandelles... Bref le tableau pour un dîner d'amoureux.
A quoi jouait-il ? Quoi qu'il en soit, je me réserve toujours de lui poser des questions. Vivement qu'on en finisse. Sa voix aussi grave et douce m'invita à prendre place sur la chaise qu'il prit soin de me tirer.
-Je voulais que cet instant soit spécial, j'espère que tu ne m'en veux pas !
-............................
-Je te sers ? Retirant le champagne du seau de glace dans lequel il était trempé
-Oui, merci !
Je suis troublée mais je le cachais tant bien que mal. Pourquoi faire tout ce manège !
Le dîner se déroula dans un silence bercé par la musique douce qui égaillait la pièce. Des anciens slows anglais, mes préférés. Coïncidence ou avait-il mené des enquêtes sur mes goûts ? De toute façon je ne vais pas laisser paraitre que ça me plaisait.
Une fois le repas terminé, nous étions toujours à table à siroter le reste du champagne. Léo me lançait des regards que je feignais ne pas voir. Ce qui m'agaçait au plus haut point est cette manière qu'il a de sourire, putain qu'il est beau et séduisant quand il sourit comme ça !
-On danse ?
Hummm, il ne manquait que ça, suis-je obligée d'accepter ? Le son ''If Walls could Talk'' de Céline Dion retentissait à présent. Remarquant que je ne répondais pas, il enchaîna.
-Naomi, s'il te plaît, accordes moi cette danse !
Sans dire un mot, je lui tendis la main et nous avancions au milieu de la pièce où il me prit dans ses bras, me serrant à se fusionner à moi.
Si ce n'était pas la climatisation, j'aurais déjà appelé les pompiers, tellement mon corps était en feu.
Cette sensation étrange et agréable d'être dans les bras de cet homme, son parfum qui me chatouille délicieusement les narines, ses mains qui se baladent sur mon corps, son souffle dans mon coup qui me donne des frissons...
Du calme Naomi, tu ne devrais pas te laisser ainsi aller. Pourquoi je ressentais ça maintenant ?! Penses à autre chose ma belle, penses à ton père sur son lit d'hôpital. Penses à ton vieux prof qui t'ennui tant avec ces formules mathématiques
Mince, aucune image désagréable ne me venait à l'esprit pour m'empêcher de jouir pleinement de cet instant. Attendez, mais qu'est ce qui se passe ? Quand mes lèvres s'étaient elles retrouvées collés aux siennes ?
Et cette langue, cette langue qui joue dangereusement avec la mienne, ses caresses...
Je ne savais plus trop où j'en étais, j'ai juste sentie mon corps à un moment donné être soulevé et porter jusqu'à ce qui semblait être une chambre où une fois déposée sur un grand lit il a subi une douce et très agréable punition de maître Léo.
****************************Trois jours plus
tard*******************************
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Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ! Ah Lamartine (Poète Français) j'imagine que tu devrais être dans la même euphorie que moi en écrivant cette phrase. Je m'en veux très fort de penser à lui, je m'en veux d'être dans tous mes états, juste en pensant à lui. Sa voix, son corps, ses mains et ses caresses me hantent ! J'en veux encore, au regret de me l'avouer...
Merde, arrêtes ça Naomi ! Cet homme tu devrais le détester, pas l'aimer. Tu devrais l'oublier, pas l'immortaliser dans ta tête ! Et même si tu devais penser à lui, tu devrais juste te rappeler de ce qu'il t'a fait de mal... Et qu'est ce qu'il m'a fait de mal en fait ? Je ne m'en souviens pas en ce moment !
Je suis une adulte de 22ans qui doit assumer ses choix, je n'ai pas été forcé, j'ai été tout à fait consentante. Je m'étais même surpris à souhaiter en secret que cette nuit dure, j'aurais aimé avoir eu le pouvoir d'arrêter le temps et d'éterniser cet instant de bonheur que lui seul ait pu m'offrir. Jamais je n'avais ressenti ça dans les bras d'un homme et il a fallu que ça soit lui ! J'ai déjà eu un petit ami, oui j'ai déjà couché avec un homme mais ce n'était pas pareil !
Mais pourquoi la vie est-elle si injuste ? A moi particulièrement elle n'a pas fait de cadeau, je viens d'une famille pauvre qui a du mal à joindre les deux bouts. Aujourd'hui encore je me demande comment durant tout ce temps j'ai su restée fidèle à mes principes ! Le manque d'argent pousse de nombreuses jeunes filles de mon milieu à s'adonner à la prostitution mais moi j'ai toujours gardé mes valeurs, je pouvais marcher la tête haute face aux autres, fière et ce jusqu'à cette nuit, cette fameuse nuit où je ne pouvais regarder mon père mourir sans rien faire, cette nuit où je ne pouvais regarder ma mère pleurer toutes les larmes de son corps et être ainsi humiliée par cette infirmière juste parce que nous n'avons pas d'argent pour payer les soins de mon père agonisant. Je repense à tous ces évènements et je me sens si mal !
Malgré moi je me suis donnée à lui cette nuit...
Je lui en voulais tellement de ne pas juste m'aider sans rien me demander en retour. Je suis consciente de mes atouts de femme, j'ai un corps qui fait rêver beaucoup d'hommes et longtemps il m'a désiré, j'ai toujours refusé ses propositions et ses cadeaux quand finalement dans le besoin je me suis offerte toute seule sur un plateau d'or ! Je pensais que ça serait une scène digne de ''Couches toi là, je finis ma besogne, tu prends ton fric et tu te barres'' mais non, j'ai été agréablement surpris par ses actes, il m'a d'abord aidé et a ensuite exigé à prendre sa part c'est-à-dire moi, mon corps quand j'aurais fini de régler mon problème!
J'aurais pu me défiler par la suite, de toute façon rien ne prouvait que j'avais pris de l'argent de lui et il ne pouvait pas me forcer à honorer mon engagement ! Cette nuit, cette nuit il m'a fait l'amour comme jamais personne ne me l'avait fait, il m'a traité comme une reine et non comme une fille qui offrait son corps pour de l'argent...
Je ferme les yeux et revis ces moments dans ma tête et je les ouvre aussitôt ! Non, je ne dois pas penser à lui, il a quand même abusé de ma situation pour m'avoir. S'il me respectait vraiment, il aurait pu juste m'aider sans rien me demander en retour, s'il ressentait quelque chose pour moi comme il me l'a toujours chanté, il n'aurait pas dû profiter de moi ! Oui, je dois le haïr et oublier cette nuit ! C'est fini, ça fait désormais parti du passé. Je dois aller de l'avant sans penser à un salaud du nom de Léo. Il m'a pris ce qui m'a toujours été si chère, ma dignité ! Je vais plus tôt le faire regretter cet acte, plus question de m'abandonner aux souvenirs de cette nuit, oui c'était un bon coup, il a prit son pied, je dirais plus tôt qu'il en a eu pour son fric et moi aussi j'ai eu ma part, toute honteuse de l'admettre! Ça va, Naomi oublies cet homme et s'il recroise ton chemin, fais lui regretter amèrement d'avoir ainsi profité de toi !
****************Quelque part à Lomé Dans la tête de Léo***************
Je repense à Naomi et je me dis que j'ai été un lâche, mon esprit de businessman a prit le dessus quand elle était venu me voir ce jour là. Ça ne me coutait rien, absolument rien de l'aider sans rien lui demander en retour. Ça fait un an que je courtise cette fille, un an qu'elle m'a toujours dit non et qu'elle n'a jamais rien accepté de moi ! Je sais qu'elle devait être dans de sérieux problèmes pour avoir osé briser ses barrières et se présenter à moi ce jour là au bureau implorant mon aide ! J'ai saisi l'occasion d'avoir ce que j'ai longtemps désiré, ce dont j'ai tellement rêvé au point d'en devenir fou ! Amour ou obsession, je n'en sais rien.
J'ai été très heureux de là posséder cette nuit, elle était si belle mon Dieu, j'ai une érection rien qu'en repensant aux courbes de son corps ! Même si elle a semblé aimer ce qui s'est passé, j'imagine qu'à l'heure actuelle elle doit me détester à mort. J'ai eu le temps de l'étudier pour savoir qu'elle était différente des autres, elle ne comptait pas sur la poche des hommes pour vivre, elle se battait et prenait ses études au sérieux. Pourquoi ai-je fait ça ? Le pire est que je jubilais intérieurement d'avoir pu dompter l'animal sauvage qu'elle était face aux hommes.
Ma belle et rebelle Naomi, elle me faisait perdre la tête rien que par sa démarche, ma gazelle je l'ai surnommé dans mon intimité! Je venais souvent errer sur le campus à mes heures creuses rien que pour là voir passer.
Longtemps elle m'a ignoré quand les autres étudiantes rêvaient que je leur dise bonjour. Sans me vanter, je sais que je suis un beau parti et en plus mes affaires marchaient à merveille. Rien qu'avec ma NISSAN PATHFINFER, les filles elles même se bousculent ! Mais Naomi, j'avais tout fait sans qu'elle ne m'accorde un regard, il m'a fallu l'aide de son amie Flora ce jour là pour que sur l'insistance de cette dernière, elle accepte me donner son numéro et prendre le mien.
J'étais assez surpris voire blessé dans mon égo quand elle me renvoyait tous mes cadeaux et même les unités que je lui transférais sur son portable !
Pourquoi m'en vouloir d'avoir profité de sa situation pour assouvir mon désir ?! Voilà, j'ai eu ce que je voulais et je me sens mal de l'avoir eu ainsi. Je ressens ce malaise quand elle m'a quitté le matin sans me laisser un seul petit mot. De toute façon qu'aurait-elle pu me dire ? ''Merci pour cette nuit, j'ai aimé'' ?
Elle était là sans le vouloir, même si à un moment j'ai perçu cet éclat dans ses yeux pendant que j'étais en elle, je sais qu'au fond d'elle résidait un regret et un sentiment d'être abusée. Je me réjouis au moins de l'avoir traité comme la reine qu'elle est à mes yeux. Il faut que je rectifie le tir, Naomi et moi ça ne peut pas juste être l'histoire d'une nuit.
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Naomi
Papa sort de l'hôpital aujourd'hui, j'effectue un petit rangement dans la maison pour qu'à son retour il se sente bien.
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*
*
J'entends klaxonner une voiture dehors et les cris des enfants agacés qu'on les oblige à mettre une pause à leur jeu. Dans ce quartier les enfants passent leur temps à jouer au foot dans la rue refusant même de céder le passage aux motos et aux voitures. Quand un de ces engins va les ramasser, là les parents se pointent pour jouer leur rôle. Vraiment !
Je crois que ça doit être le taxi qui dépose mes parents. Je sors jeter un coup d'œil quand une fois dehors je reconnais la voiture de... Léo se garant exactement devant mon portail, à mon niveau! Mais qu'est ce qu'il fait là et comment a-t-il connu où j'habitais ? J'ai eu assez tôt la réponse à ma question quand je vis Flora cette traitresse sortir de la voiture au même moment que Léo.
Ils vont me le payer !