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Le bonheur enfin

Le bonheur enfin

Auteur:: Onyx Theory
Genre: Romance
« Je veux divorcer. » Ces mots, prononcés d' une voix calme, presque dénuée d' émotion, ont scellé ma décision. Ma fille, Camille, ma douce enfant, assise par terre, grignotant un morceau de pain sec, le regard perdu dans une tristesse que nul enfant ne devrait connaître... Cette image m' a transpercé. Quand Sophie est rentrée, ses pas pressés n' ont pas ralenti devant notre porte. J' ai entendu sa voix mielleuse de l' autre côté du mur : « Mon Théo, mon chéri ! Tatie t'a ramené des chocolats de Paris ! » La petite main de Camille a tremblé dans la mienne. Des larmes silencieuses ont coulé sur ses joues, et mon cœur s'est brisé une seconde fois. Cette vision, la plus insupportable, la raison ultime de mon retour... Ma fille mourant dans mes bras, seule avec moi, tandis que Sophie, sa propre mère, était chez son neveu. Le passé est un fardeau, mais pour moi, c'est aussi une seconde chance inespérée. Cette fois, je ne serai plus l'homme naïf et aveugle. Mon retour n'est pas un rêve ; c'est une mission. Je le jure, Camille, je te sortirai de cet enfer. Et cette fois, la trahison de Sophie lui sera fatale.

Introduction

« Je veux divorcer. »

Ces mots, prononcés d' une voix calme, presque dénuée d' émotion, ont scellé ma décision.

Ma fille, Camille, ma douce enfant, assise par terre, grignotant un morceau de pain sec, le regard perdu dans une tristesse que nul enfant ne devrait connaître... Cette image m' a transpercé.

Quand Sophie est rentrée, ses pas pressés n' ont pas ralenti devant notre porte. J' ai entendu sa voix mielleuse de l' autre côté du mur : « Mon Théo, mon chéri ! Tatie t'a ramené des chocolats de Paris ! »

La petite main de Camille a tremblé dans la mienne. Des larmes silencieuses ont coulé sur ses joues, et mon cœur s'est brisé une seconde fois. Cette vision, la plus insupportable, la raison ultime de mon retour... Ma fille mourant dans mes bras, seule avec moi, tandis que Sophie, sa propre mère, était chez son neveu.

Le passé est un fardeau, mais pour moi, c'est aussi une seconde chance inespérée. Cette fois, je ne serai plus l'homme naïf et aveugle. Mon retour n'est pas un rêve ; c'est une mission.

Je le jure, Camille, je te sortirai de cet enfer. Et cette fois, la trahison de Sophie lui sera fatale.

Chapitre 1

« Je veux divorcer. »

La voix de Pierre Dubois était calme, presque monotone, mais chaque mot tombait comme une pierre dans le silence du bureau.

L'employée de la mairie, une femme d'une cinquantaine d'années aux cheveux grisonnants, leva la tête de ses papiers, surprise. Elle ajusta ses lunettes sur son nez et examina Pierre, un homme à l'allure soignée mais au visage terriblement pâle et aux yeux cernés.

« Monsieur Dubois, c'est une décision très sérieuse. Avez-vous bien réfléchi ? Le divorce n'est pas une procédure à prendre à la légère. Il y a des délais de réflexion, des médiations possibles... »

« J'ai réfléchi », la coupa Pierre, sa voix toujours aussi dénuée d'émotion. « Ma décision est prise. Irrévocable. Lancez la procédure, s'il vous plaît. »

L'employée sentit un frisson la parcourir. Il n'y avait aucune hésitation chez cet homme, aucune colère visible, seulement une détermination froide, un vide qui la mettait mal à l'aise. Elle avait vu des couples en pleurs, des gens hurlant de rage, mais cette froideur était nouvelle.

« Très bien, monsieur. Voici les formulaires à remplir. Vous devrez... »

Pierre ne l'écoutait plus. Il prit la liasse de papiers, la glissa dans sa sacoche et se leva.

« Merci. »

Il quitta le bureau sans un regard en arrière, laissant l'employée perplexe.

Dehors, le soleil de midi l'aveugla un instant. Il cligna des yeux, laissant la chaleur du printemps caresser son visage. Il leva une main et se pinça violemment la paume. La douleur, vive et réelle, le rassura.

Ce n'était pas un rêve. Il était bien là. Vivant.

Il était revenu.

Revenu à ce jour précis, trois ans avant la fin. Trois ans avant que sa vie ne soit complètement détruite. La conscience de cette seconde chance était une chose étrange, un mélange de vertige et d'une incroyable clarté. Tout était si familier, et pourtant tout était différent, car il savait. Il savait tout.

Il se dirigea vers son domicile, un petit appartement dans un quartier modeste de la ville. En montant les escaliers, il sentit l'odeur familière de poussière et de renfermé. Rien n'avait changé.

Il ouvrit la porte. L'appartement était en désordre, comme toujours. Des toiles attendaient d'être peintes dans un coin, des pinceaux traînaient sur la table, et une fine couche de poussière recouvrait les meubles.

Au milieu du salon, sa fille, Camille, était assise par terre. Elle avait cinq ans, avec de grands yeux bruns qui reflétaient une tristesse bien trop mature pour son âge. Elle portait une robe un peu trop petite pour elle et grignotait un morceau de pain sec.

Le cœur de Pierre se serra. Voilà la première chose qu'il devait changer.

« Camille, mon trésor. »

La petite fille sursauta et le regarda, un sourire timide éclairant son visage.

« Papa ! »

Elle se leva et courut vers lui. Il la prit dans ses bras, la serrant fort contre lui, humant l'odeur de ses cheveux. Il l'avait perdue une fois. Il ne la perdrait pas une seconde fois.

Son regard tomba sur une photo encadrée sur le buffet. C'était une photo de son mariage avec Sophie. Ils souriaient, jeunes et pleins d'espoir. Pierre se souvenait de ce jour, de la chaleur de la main de Sophie dans la sienne, des promesses qu'ils s'étaient faites. Il se souvenait des lettres passionnées qu'elle lui écrivait, de ses mots qui disaient qu'il était son seul et unique amour, son pilier, son monde.

Un rire amer lui monta aux lèvres. Quel monde ironique.

Le tournant avait eu lieu après la naissance de Camille. Sophie, artiste charismatique et admirée, avait commencé à changer. Elle s'était rapprochée de son beau-frère, Marc, le mari de sa sœur décédée. Elle disait que c'était pour aider son neveu, Théo, qui avait perdu sa mère. Pierre, dans sa naïveté, l'avait crue.

Il avait cru à sa compassion, à son dévouement familial. Il n'avait pas vu la manipulation.

Les détails lui revinrent en mémoire, précis et douloureux. L'argent qui disparaissait de leur compte en banque, justifié par des « frais pour les études d'art de Théo » ou des « soins médicaux pour Marc ». La nourriture qu'il achetait pour sa famille, les meilleurs morceaux finissant toujours dans l'assiette de Théo, tandis que Camille se contentait des restes. Les vêtements neufs, toujours pour Théo. Les sorties, les cadeaux, les attentions... tout était pour eux.

Camille, sa propre fille, était devenue une ombre dans sa propre maison, une présence secondaire, presque une nuisance. Sophie la regardait à peine, toujours trop occupée par les « besoins » de son neveu.

Et puis, il y avait eu le souvenir le plus insupportable, la raison ultime de son retour. La fin de sa vie précédente. Camille, tombée gravement malade. Il avait supplié Sophie de rester, de l'aider. Mais elle était partie, soi-disant pour une exposition d'art « cruciale pour sa carrière ». En réalité, elle était partie en week-end avec Marc et Théo.

Camille était morte dans ses bras à l'hôpital, seule avec son père.

Quand Sophie était revenue, elle n'avait versé aucune larme. Elle l'avait blâmé, lui, pour sa « négligence ». Puis, avec l'aide de Marc, elle l'avait fait expulser de leur propre maison, le laissant sans rien. Il avait fini sa vie dans la rue, brisé, hanté par le visage de sa fille. Jusqu'à ce qu'il se réveille, ici, maintenant.

« Papa, tu pleures ? »

La petite voix de Camille le tira de ses sombres pensées. Il essuya rapidement une larme qui avait roulé sur sa joue.

« Non, mon ange. C'est juste la poussière. »

Il regarda sa fille, si fragile, si innocente.

« Camille, » dit-il doucement, « est-ce que tu veux quitter cet endroit avec papa ? Juste nous deux ? »

La petite fille le regarda, ses grands yeux remplis d'une lueur d'espoir.

« On peut ? »

« Oui. Mais avant ça, papa veut te montrer quelque chose. On va faire un petit jeu, d'accord ? Un pari. »

Le visage de Camille s'illumina. « Un pari ? »

« Oui. Quand maman va rentrer ce soir, on va parier. Je parie qu'elle ne viendra pas nous voir en premier. Je parie qu'elle ira directement dans l'appartement d'à côté, chez oncle Marc et Théo. Qu'est-ce que tu en dis ? »

Camille baissa les yeux. Elle n'avait que cinq ans, mais elle comprenait déjà. Elle connaissait déjà la réponse.

« D'accord, papa. »

Plus tard dans la soirée, la porte d'entrée de l'immeuble claqua. C'était Sophie. Pierre prit Camille par la main et ils se tinrent silencieux dans leur salon.

Ils entendirent ses pas dans le couloir, des pas pressés. Ils passèrent devant leur porte sans s'arrêter. Puis, ils entendirent la porte d'à côté s'ouvrir et se refermer.

Quelques instants plus tard, à travers le mur fin, la voix de Sophie, douce et mielleuse, leur parvint.

« Mon Théo, mon chéri ! Comment vas-tu ? Tatie t'a ramené des chocolats de Paris ! Regarde, rien que pour toi ! »

Pierre sentit la petite main de Camille trembler dans la sienne. Il se pencha et vit des larmes silencieuses couler sur les joues de sa fille. Elle ne pleurait pas bruyamment, elle ne se plaignait pas. Elle avait déjà appris à souffrir en silence.

Son cœur se brisa en mille morceaux, une seconde fois.

Il serra sa fille contre lui, la berçant doucement.

« C'est bon, mon ange. Papa a vu. Papa a compris. »

Il leva la tête, son regard fixé sur le mur qui le séparait de sa femme et de sa trahison. Une promesse silencieuse se forma dans son esprit, aussi dure que le diamant.

« Je te le jure, Camille. Je te sortirai d'ici. Et plus jamais, tu n'auras à pleurer à cause d'elle. »

Chapitre 2

La porte du salon s'ouvrit brusquement, faisant sursauter Pierre et Camille. Sophie se tenait sur le seuil, un sourire un peu forcé sur les lèvres.

« Vous êtes là ? Je ne vous avais pas entendus. »

Elle portait un manteau chic et tenait un sac de luxe. Elle semblait tout droit sortie d'un magazine de mode, complètement déconnectée de la réalité miteuse de leur appartement.

Elle s'approcha de Camille, se penchant pour lui caresser la joue.

« Ma chérie, tu as été sage aujourd'hui ? »

Camille se recula instinctivement, se cachant derrière la jambe de son père. Le geste était subtil, mais il n'échappa ni à Pierre ni à Sophie.

Le sourire de Sophie se crispa légèrement. « Ne sois pas timide. Maman t'a ramené quelque chose. »

Elle fouilla dans son sac et en sortit une petite boîte de bonbons. Elle la tendit à Camille.

« Tiens, c'est pour toi. »

Puis, comme si elle se souvenait de quelque chose, elle ajouta : « Ah, j'ai aussi ramené des spécialités de la région où j'étais pour mon exposition. C'est pour Marc et Théo, ils adorent ça. Je viens de leur déposer. »

Pierre la regarda sans rien dire. Des bonbons pour sa propre fille, un simple geste pour se donner bonne conscience. Des spécialités, de l'attention et du temps pour les autres. Le même schéma, encore et toujours. Il n'avait plus besoin de preuves.

« La maison est vide », lança Sophie en regardant autour d'elle avec dédain. « Il n'y a rien à manger ? »

« Il y a de la bouillie de riz et des cornichons », répondit Pierre d'un ton neutre.

Sophie fit la grimace. « Encore ? Pierre, tu sais que je n'aime pas ça. Tu aurais pu aller faire des courses. »

« J'ai utilisé le dernier billet de ton portefeuille pour payer le pain de ce matin », répliqua-t-il calmement.

Le visage de Sophie se durcit. Elle n'aimait pas qu'on lui rappelle que l'argent du ménage était souvent détourné pour financer le train de vie de Marc et Théo.

« Il fait froid ici », se plaignit-elle pour changer de sujet. « Tu n'as pas mis la couverture d'hiver ? »

« Laquelle ? » demanda Pierre, sachant déjà la réponse. « Celle que tu as donnée à Théo la semaine dernière parce qu'il avait 'un petit rhume' ? »

Sophie eut un mouvement d'agacement. « Théo est fragile. Et puis, nous n'en avons pas vraiment besoin. »

Cette nuit-là, la température chuta brutalement. Une pluie glaciale se mit à tomber, frappant contre les vitres. Pierre se réveilla en pleine nuit, alerté par une petite toux.

Camille était brûlante. Elle grelottait sous sa fine couverture. Pierre se leva d'un bond, le cœur battant à tout rompre. Il chercha Sophie dans l'appartement. Elle n'était pas là. Son lit était vide et froid.

Il n'eut pas besoin de demander où elle était. Une voisine, réveillée par le bruit, lui lança depuis sa porte : « J'ai vu votre femme partir chez votre beau-frère il y a une heure. Elle disait que le petit Théo était un peu agité. »

La rage monta en Pierre, une rage froide et pure. Sa propre fille était malade, et Sophie était à côté, à veiller sur un autre enfant.

Il n'y avait pas de temps à perdre. Il enveloppa Camille dans son propre manteau, la seule chose chaude qu'il put trouver, et sortit dans la nuit.

La pluie était torrentielle, transformant les rues en rivières de boue. Pierre tenait Camille serrée contre lui, essayant de la protéger des éléments. Chaque pas dans la boue glissante était un effort surhumain. Il glissa, tomba à genoux, se relevant aussitôt, le pantalon couvert de boue, mais ne lâchant jamais sa précieuse charge.

Il arriva enfin à l'hôpital, trempé, épuisé, et couvert de boue. L'infirmière de l'accueil le regarda avec un mélange de pitié et de méfiance.

« Elle a une forte fièvre. Il faut voir un médecin, vite ! » haleta-t-il.

Alors qu'il attendait dans le couloir bondé des urgences, une vision le frappa de plein fouet. Au loin, dans une autre aile de l'hôpital, beaucoup plus luxueuse et calme, il vit Sophie.

Elle se tenait au chevet d'un lit, dans une chambre privée. Théo était dans le lit, l'air en pleine forme, jouant avec une tablette. Sophie lui épluchait une pomme avec un soin infini. Marc était assis à côté, lisant un journal.

Pierre entendit des bribes de leur conversation.

« ...le docteur a dit que ce n'est rien, juste une petite indigestion. Mais j'ai insisté pour qu'on lui fasse un bilan complet. On ne sait jamais. J'ai pris la meilleure chambre, bien sûr. »

C'était la voix de Sophie.

Pierre sentit le sol se dérober sous ses pieds. Sa fille se battait contre une pneumonie dans le froid et la promiscuité des urgences, et à quelques mètres de là, Sophie dépensait leur argent pour une simple indigestion.

L'infirmière revint vers lui. « Monsieur, le médecin peut voir votre fille. Il faudra payer les frais de consultation et les premiers soins à l'avance. C'est 50 euros. »

Pierre fouilla ses poches. Vides. Il n'avait pas un centime. La panique le saisit.

Il regarda ses mains. Sur son annulaire, son alliance brillait faiblement sous la lumière blafarde du néon. Le symbole de son amour, de ses vœux, de sa vie brisée.

Sans une seconde d'hésitation, il la retira. Le métal était froid contre sa peau.

Il se dirigea vers le bureau d'un prêteur sur gages qu'il savait ouvert 24h/24, non loin de l'hôpital. Il posa la bague sur le comptoir.

« Combien pour ça ? »

L'homme la pesa, l'examina. « 60 euros. »

« D'accord. »

Il prit les billets, le cœur vide de toute émotion. C'était fait. Le dernier lien matériel avec Sophie venait d'être rompu. Il avait vendu son mariage pour sauver sa fille. Une transaction qu'il n'aurait jamais dû avoir à faire.

Il retourna à l'hôpital, paya les frais, et enfin, Camille fut prise en charge. Alors qu'il attendait, assis sur une chaise en plastique inconfortable, il ne ressentait plus de tristesse. Seulement un calme glacial. La décision qu'il avait prise le matin même n'était plus une simple volonté. C'était devenu une nécessité absolue, une question de survie.

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