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Le Secret des Vignes Noires

Le Secret des Vignes Noires

Auteur:: Cypher Moss
Genre: Horreur
Trois ans que je fixais le même écran de surveillance. Ma mère, la douce vigneronne Isabelle, y massacrait ma famille à la serpe. Trois ans à voir mon père, mon frère et ma grand-mère tomber un à un dans une mare de sang, sans un mot, sans une explication. J' étais la seule rescapée, épargnée car étudiante à Bordeaux, à l'École de la Magistrature. Cette affaire est devenue un mystère national, personne ne comprenait qu'Isabelle, aimée de tous, puisse anéantir les siens. Comment une femme sans histoire pouvait-elle devenir un monstre sans motif, comme ça, du jour au lendemain ? Mon fiancé, Vincent, s' est présenté comme mon rocher, me soutenant sans relâche alors que mon monde s' écroulait. Il me répétait de "tourner la page", que "personne ne la retrouverait jamais". Je me demandais chaque jour comment j'avais pu être la seule survivante. Comment accepter l' inacceptable ? Pourquoi ma mère, qui m' avait tant aimée, avait-elle commis de tels actes barbares ? L'incompréhension me rongeait, la douleur était immense, l'injustice totale. Puis, en regardant la vidéo pour la millième fois, une promesse, oubliée depuis longtemps, m'est revenue. Une promesse que ma mère ne brisait jamais, et qui a soudainement allumé une flamme en moi. J'ai compris. J'allais me marier sur le domaine familial, inviter tout le monde, y compris la presse, pour un piège parfaitement orchestré.

Introduction

Trois ans que je fixais le même écran de surveillance.

Ma mère, la douce vigneronne Isabelle, y massacrait ma famille à la serpe.

Trois ans à voir mon père, mon frère et ma grand-mère tomber un à un dans une mare de sang, sans un mot, sans une explication.

J' étais la seule rescapée, épargnée car étudiante à Bordeaux, à l'École de la Magistrature.

Cette affaire est devenue un mystère national, personne ne comprenait qu'Isabelle, aimée de tous, puisse anéantir les siens.

Comment une femme sans histoire pouvait-elle devenir un monstre sans motif, comme ça, du jour au lendemain ?

Mon fiancé, Vincent, s' est présenté comme mon rocher, me soutenant sans relâche alors que mon monde s' écroulait.

Il me répétait de "tourner la page", que "personne ne la retrouverait jamais".

Je me demandais chaque jour comment j'avais pu être la seule survivante.

Comment accepter l' inacceptable ?

Pourquoi ma mère, qui m' avait tant aimée, avait-elle commis de tels actes barbares ?

L'incompréhension me rongeait, la douleur était immense, l'injustice totale.

Puis, en regardant la vidéo pour la millième fois, une promesse, oubliée depuis longtemps, m'est revenue.

Une promesse que ma mère ne brisait jamais, et qui a soudainement allumé une flamme en moi.

J'ai compris.

J'allais me marier sur le domaine familial, inviter tout le monde, y compris la presse, pour un piège parfaitement orchestré.

Chapitre 1

Trois ans.

Trois ans que je regarde en boucle la même vidéo de surveillance.

Dessus, on voit ma mère, Isabelle. Elle tient une serpe à vigne, l'outil de son métier, le visage vide de toute expression.

Elle entre dans le salon.

Mon père, Jean-Luc, lui sourit. Il vient de lui servir un verre de leur vin, celui du vignoble qu'il a vendu pour lui sauver la vie.

Elle lève la serpe.

Ensuite, elle monte à l'étage. Mon frère, Léo, qui a abandonné son rêve de chef étoilé pour lui donner un morceau de son foie, sort de sa chambre.

Elle lève la serpe.

Puis, elle va dans la chambre d'amis. Ma grand-mère, Madeleine, qui a veillé sur elle jour et nuit, dort paisiblement.

Elle lève la serpe.

Le massacre dure moins de cinq minutes.

Trois corps. Une mare de sang. Et ma mère, qui sort de la maison, disparaît dans la nuit de Saint-Émilion.

J'ai échappé à ça parce que j'étais dans ma résidence étudiante à Bordeaux, à l'École Nationale de la Magistrature.

J'étais la meilleure de ma promotion.

Le lendemain, l'affaire est devenue un mystère national. Personne ne comprenait. Isabelle, la vigneronne douce et aimée de tous, anéantissant sa famille qui s'était sacrifiée pour elle.

Le motif ? Inexistant. La folie ? Aucun antécédent.

L'incompréhension était totale.

Vincent, mon fiancé, est venu me chercher. Il m'a serrée dans ses bras pendant que je tremblais, incapable de pleurer.

« Amélie, je suis là. Je serai toujours là pour toi. »

J'ai cru à ses paroles. J'ai cru à son soutien sans faille.

Pendant trois ans, il a été mon rocher. Il m'apportait à manger, s'occupait des factures, et me regardait fixer l'écran, jour après jour.

« Mon amour, tu devrais arrêter. Ça te détruit. La police n'a rien trouvé. Personne ne la retrouvera jamais. »

Il disait ça avec une infinie tristesse dans la voix.

Une tristesse que je prenais pour de la compassion.

Aujourd'hui, en regardant la vidéo pour la millième fois, quelque chose a changé.

Ce n'est pas un détail de l'image. C'est une promesse. Une promesse que ma mère m'avait faite.

Je me suis levée, le corps engourdi par des années d'inactivité.

J'ai regardé Vincent, qui lisait sur le canapé.

« Vincent. »

Il a levé les yeux, surpris de m'entendre parler avec autant de clarté.

« Oui, mon cœur ? »

« Je veux qu'on se marie. »

Il a laissé tomber son livre. Un immense sourire a illuminé son visage.

« Vraiment ? Amélie, c'est... c'est merveilleux ! Bien sûr ! Quand tu veux ! »

Il s'est approché pour me prendre dans ses bras, mais je l'ai arrêté d'un geste.

« Je veux un grand mariage. Ici, au domaine. »

« Ici ? Mais... cet endroit... »

« Oui, ici. Je veux inviter tout le village. Toute la presse. Je veux que ce soit l'événement de l'année. »

Son sourire s'est un peu crispé.

« La presse ? Pourquoi ? Après tout ce qui s'est passé... »

« Parce que je veux tourner la page. Je veux que tout le monde voie que je vais de l'avant. Grâce à toi. »

L'argument l'a convaincu. L'idée de passer pour le sauveur, le fiancé dévoué qui a sorti sa belle de l'abîme, a flatté son ego.

« D'accord. Tout ce que tu voudras, mon amour. »

Il ne savait pas que ce mariage n'était pas une célébration.

C'était un piège.

Chapitre 2

Le domaine familial n'avait jamais connu une telle agitation.

Des camions de traiteurs, des fleuristes, des techniciens son et lumière. Le mariage était encore plus grandiose que ce que j'avais demandé. Vincent, issu d'une vieille et riche famille de notaires de Bordeaux, n'avait reculé devant aucune dépense.

Sa famille, les Delacroix, était ravie. Ils me voyaient comme un projet de charité réussi, la pauvre orpheline traumatisée sauvée par leur fils en or.

Le Professeur Dubois, mon ancien mentor à l'ENM, est venu me voir la veille.

« Amélie, es-tu sûre de toi ? Un mariage si public... après trois ans de réclusion... »

« Je suis sûre, Professeur. C'est la seule façon pour moi de revivre. »

« L'affaire de ta mère... elle reste un cas d'école. Une énigme parfaite. La gendarmerie a tout exploré. Pas une trace, pas un mobile. C'est comme si elle s'était évaporée après... l'impensable. »

« Je sais. C'est pour ça que je dois avancer. »

Il a soupiré, l'air inquiet.

« Si tu as besoin de quoi que ce soit... N'hésite pas. »

Je l'ai remercié. Il ne savait pas à quel point son aide allait m'être précieuse.

Plus tard dans la soirée, j'ai passé un appel.

« Capitaine Bernard ? C'est Amélie. »

Un silence à l'autre bout du fil. Le capitaine Bernard avait dirigé l'enquête sur le massacre.

« Amélie. J'espère que vous allez bien. J'ai appris pour votre mariage. »

« Je vais bien. Et j'ai une information pour vous. Ma mère sera présente à mon mariage demain. »

Nouveau silence, plus lourd cette fois.

« C'est une plaisanterie ? »

« Non. Elle viendra. Je ne sais pas comment, ni à quel moment, mais elle sera là. Je veux que vous et vos hommes soyez présents. En civil. Dispersés parmi les invités. »

« Amélie, sur quoi vous basez-vous ? C'est... »

« Faites-moi confiance, Capitaine. Vous vouliez résoudre cette affaire ? Demain, vous en aurez l'occasion. Mais je vous demande une chose : n'intervenez que sur mon signal. Quoi qu'il arrive. »

Il a hésité, mais la perspective de clore l'affaire la plus médiatisée de sa carrière était trop tentante.

« Très bien. Nous serons là. Soyez prudente. »

J'ai raccroché.

Dans le miroir, je voyais mon propre reflet. Je ne ressemblais plus à la jeune étudiante brillante. Mon visage était dur, mes yeux froids.

J'avais passé trois ans à disséquer chaque seconde de la vidéo. Chaque mouvement de ma mère. Et ce n'est qu'en me souvenant d'une conversation anodine que j'ai compris.

« Le jour où tu te marieras avec Vincent, je porterai la robe bleue que ton père m'a offerte. C'est une promesse. »

Une promesse.

Ma mère ne rompait jamais une promesse.

Et demain, j'allais lui donner l'occasion de tenir la sienne.

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