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Le Regard de Léa

Le Regard de Léa

Auteur:: DEXTRAD
Genre: Moderne
La fête battait son plein, couronnement de mois de travail acharné où j'étais la jeune actrice prometteuse, Marc, mon petit ami et producteur, à mon bras, le sourire aux lèvres. C'était censé être mon soir, le début d'une carrière brillante. Soudain, l'ambiance a viré au cauchemar : un groupe d'hommes ivres s'est approché, leurs regards lourds, leurs mains sur moi, ma robe déchirée, les flashs aveuglants. J'ai senti la peur et l'humiliation monter, tandis que Marc, mon unique ancre, restait distrait. Les photos de mon corps à moitié nu ont commencé à circuler, me réduisant en miettes sous les yeux indifférents de la foule. Marc est intervenu, jouant le sauveur outragé, me serrant contre lui, murmurant des promesses de vengeance. J'ai cru à son réconfort, me laissant bercer par cette illusion de sécurité. Pourtant, une fois rentrés, une intuition glaciale m'a poussée à l'espionner. J'ai entendu ses mots, froids et calculés : « Elle est brisée. Les photos sont partout. La voie est libre pour Léa maintenant. » Léa, ma rivale, son véritable amour. Mon monde s'est effondré, mais cette chute a révélé une vérité encore plus terrifiante. En croisant son regard, une vague de souvenirs m'a submergée : ce n'était pas la première fois qu'il me trahissait. Dans une autre vie, il m'avait trompée, puis abandonnée à la mort, lui aussi, pour les beaux yeux d'une certaine « L ». Cette agression n'était qu'une répétition, un coup de grâce orchestré pour m'exclure définitivement de son chemin. Mais cette fois, je ne serais pas une victime. Jeanne était morte, Anna allait naître de ses cendres.

Introduction

La fête battait son plein, couronnement de mois de travail acharné où j'étais la jeune actrice prometteuse, Marc, mon petit ami et producteur, à mon bras, le sourire aux lèvres. C'était censé être mon soir, le début d'une carrière brillante.

Soudain, l'ambiance a viré au cauchemar : un groupe d'hommes ivres s'est approché, leurs regards lourds, leurs mains sur moi, ma robe déchirée, les flashs aveuglants. J'ai senti la peur et l'humiliation monter, tandis que Marc, mon unique ancre, restait distrait.

Les photos de mon corps à moitié nu ont commencé à circuler, me réduisant en miettes sous les yeux indifférents de la foule. Marc est intervenu, jouant le sauveur outragé, me serrant contre lui, murmurant des promesses de vengeance. J'ai cru à son réconfort, me laissant bercer par cette illusion de sécurité.

Pourtant, une fois rentrés, une intuition glaciale m'a poussée à l'espionner. J'ai entendu ses mots, froids et calculés : « Elle est brisée. Les photos sont partout. La voie est libre pour Léa maintenant. » Léa, ma rivale, son véritable amour. Mon monde s'est effondré, mais cette chute a révélé une vérité encore plus terrifiante.

En croisant son regard, une vague de souvenirs m'a submergée : ce n'était pas la première fois qu'il me trahissait. Dans une autre vie, il m'avait trompée, puis abandonnée à la mort, lui aussi, pour les beaux yeux d'une certaine « L ». Cette agression n'était qu'une répétition, un coup de grâce orchestré pour m'exclure définitivement de son chemin. Mais cette fois, je ne serais pas une victime. Jeanne était morte, Anna allait naître de ses cendres.

Chapitre 1

La fête de clôture du film battait son plein, les lumières des projecteurs se mêlaient aux éclats de rire et au tintement des verres de champagne. J'étais au centre de tout ça, la jeune actrice prometteuse, le sourire aux lèvres, mon petit ami et producteur, Marc, à mon bras. C'était censé être mon soir, le couronnement de mois de travail acharné.

Soudain, l'ambiance a changé. Un groupe d'hommes, visiblement ivres, s'est approché de moi. Leurs regards étaient lourds, leurs sourires mauvais. J'ai cherché le regard de Marc, mais il semblait distrait, parlant avec quelqu'un un peu plus loin.

"Alors c'est toi, la petite Jeanne ?" a lancé l'un d'eux en m'attrapant le bras.

Mon cœur s'est mis à battre la chamade. J'ai essayé de me dégager, mais sa poigne était de fer. Les autres se sont rapprochés, formant un cercle autour de moi. La musique semblait lointaine, les rires s'étaient tus. Je sentais leurs mains sur moi, tirant sur ma robe, leurs doigts froids sur ma peau. L'un d'eux a sorti son téléphone, le flash m'a aveuglée. Un, deux, trois clics. Le bruit sec de la fermeture éclair de ma robe qui cède. L'humiliation. La peur.

J'ai crié, mais le son s'est étranglé dans ma gorge. Personne ne bougeait. Ils me fixaient, certains avec pitié, d'autres avec une curiosité malsaine. Les photos de mon corps à moitié nu étaient déjà en train de circuler, je le savais. Mon monde s'effondrait en direct.

C'est à ce moment que Marc est enfin intervenu, jouant le rôle du sauveur outragé. Il a repoussé les hommes, m'a enveloppée dans sa veste et m'a sortie de là, me tenant serrée contre lui. Dans la voiture, je tremblais, incapable de formuler un mot. Il me serrait dans ses bras, me murmurant des mots de réconfort.

"Ça va aller, mon amour. Je suis là. Je vais les détruire."

Je me suis accrochée à lui, à cette chaleur, à cette promesse. C'était mon ancre dans la tempête. Je me suis laissée croire à sa protection, à son amour. Chez nous, il a pris soin de moi, m'a fait couler un bain chaud, m'a apporté du thé. J'ai commencé à me calmer, pensant que le pire était passé. La sécurité de ses bras était un refuge, une illusion de paix.

Plus tard dans la nuit, alors que je pensais qu'il dormait, je l'ai entendu se lever. Poussée par une étrange intuition, je l'ai suivi sans faire de bruit. Il était dans son bureau, au téléphone. Sa voix était basse, mais chaque mot a frappé mon cœur comme un marteau.

"Oui, ça a parfaitement fonctionné. Elle est brisée. Les photos sont partout. Plus personne ne voudra d'elle. La voie est libre pour Léa maintenant."

Léa. Mon actrice rivale. La femme qu'il avait toujours poussée, toujours défendue. Un silence. Puis il a ri, un rire froid que je ne lui connaissais pas.

"Ne t'inquiète pas. Elle ne se doute de rien. Elle me croit, son sauveur. C'est presque trop facile."

Le téléphone est tombé de mes mains, le bruit sourd résonnant dans le silence de la maison. Il s'est retourné, son visage passant de la satisfaction à la panique en me voyant. Mais ce n'était pas la trahison qui m'a le plus secouée. C'était autre chose, une sensation étrange et familière, un voile qui se levait sur ma mémoire.

À cet instant précis, en croisant son regard, j'ai su. J'ai su que ce n'était pas la première fois. Ce n'était pas notre première vie. Une vague de souvenirs m'a submergée, si violente qu'elle m'a presque fait perdre l'équilibre.

Je me suis revue, dans une autre époque, une autre vie. J'étais une actrice célèbre, au sommet de ma gloire. J'avais tout : le talent, la reconnaissance, l'amour. Et cet amour, c'était lui. Marc. Il était mon mari, mon plus grand soutien. Notre vie était parfaite, un conte de fées que tout le monde nous enviait.

Puis, le souvenir suivant, plus sombre. Marc, malade. Une maladie fulgurante qui l'a emporté en quelques mois. Je me suis souvenue de sa main froide dans la mienne, de son dernier souffle. Mon monde s'était écroulé. Le chagrin était si immense, si insupportable, que je n'avais pas pu vivre sans lui. Je me suis souvenue de la sensation de l'eau froide m'engloutissant, mon dernier acte désespéré pour le rejoindre.

Mais un autre souvenir, encore plus terrible, a refait surface. Après sa mort, en rangeant ses affaires, j'avais trouvé un journal intime. Un journal secret qu'il n'avait jamais partagé. Page après page, il n'y était pas question de moi. Il y était question d'une autre femme, une actrice débutante qu'il avait rencontrée, une certaine "L". Il décrivait son admiration, son obsession, son amour profond pour elle. Il écrivait son regret de ne pas l'avoir choisie, d'être piégé dans une vie parfaite avec moi. Notre bonheur n'avait été qu'une façade dorée cachant ses véritables désirs. J'étais son trophée, pas son amour.

Et puis, la renaissance. Je me suis souvenue de ce moment flottant entre deux vies, le choix de revenir. Je suis revenue à un moment clé, juste avant de rencontrer Marc dans cette nouvelle vie, avec une chance de tout recommencer. Mais je l'avais retrouvé, et j'étais retombée amoureuse, aveuglée par les souvenirs de notre "bonheur" passé.

Tout s'est mis en place dans mon esprit avec une clarté terrifiante. Marc était revenu lui aussi. Mais pas pour moi. Il était revenu pour elle, pour Léa, la réincarnation de son amour perdu. Et moi ? J'étais l'obstacle. L'obstacle qu'il fallait détruire, une fois de plus, pour qu'il puisse enfin vivre son "véritable" amour. Cette agression n'était pas qu'une simple manigance pour une carrière. C'était la répétition d'une trahison vieille d'une vie.

Je l'ai regardé, lui, l'homme que j'avais aimé à en mourir dans deux vies. La douleur a laissé place à une rage froide. Il voulait me détruire ? Très bien. Mais cette fois, je n'allais pas me laisser faire. Je n'allais pas sombrer. J'allais me battre.

"Je quitte cet endroit," ai-je dit, ma voix étonnamment calme et ferme. "Et je quitte cette vie."

Je suis retournée dans la chambre, j'ai pris mon passeport et le peu d'argent que j'avais. J'ai laissé derrière moi les robes de créateurs, les bijoux, les souvenirs. Je n'avais besoin de rien de tout ça. J'allais disparaître, me reconstruire, loin de lui, loin de ce monde de faux-semblants. La vengeance serait ma survie.

Chapitre 2

Le lendemain matin, le soleil filtrait à travers les stores de la petite chambre d'hôtel que j'avais prise pour la nuit. Mon premier appel a été pour M. Dubois, un réalisateur français de renom qui vivait à l'étranger. Je l'avais rencontré une fois lors d'un festival, et il m'avait dit que j'avais un talent brut qu'il aimerait un jour exploiter. C'était un pari risqué, mais c'était ma seule issue.

"Allô, M. Dubois ? C'est Jeanne."

Sa voix était chaleureuse, comme dans mon souvenir. Je lui ai expliqué ma situation, sans entrer dans les détails sordides. Je lui ai dit que je cherchais un nouveau départ, une opportunité de travailler loin de Paris.

Il a écouté attentivement. "Jeanne, je suis en train de préparer un nouveau projet. Le rôle principal féminin n'est pas encore attribué. Il est complexe, difficile. Mais je crois que vous avez ce qu'il faut. Envoyez-moi une bande démo, quelque chose de récent."

Une lueur d'espoir. C'était tout ce dont j'avais besoin. L'audition se déroulait le soir même, lors d'une réception organisée par le syndicat des producteurs. Je devais y aller. C'était ma seule chance de lui montrer quelque chose de nouveau.

La réception était un cauchemar. Chaque regard posé sur moi était lourd de jugement. Les chuchotements me suivaient comme une ombre. "C'est elle... la fille des photos... quelle honte..." Mon estomac se nouait, mais je gardais la tête haute. Je n'étais plus la victime tremblante de la veille.

Puis je les ai vus. Marc et Léa. Ils sont entrés comme un couple royal, Marc la tenant par la taille, son visage rayonnant de fierté. Léa portait une robe flamboyante, un sourire triomphant aux lèvres. Elle était la nouvelle star, et tout le monde le savait. Ils se sont dirigés droit vers moi.

"Jeanne, quelle surprise de te voir ici," a dit Marc, son ton faussement compatissant. "Tu devrais te reposer."

"Je vais bien," ai-je répondu, ma voix plus stable que je ne l'aurais cru.

Léa a ricané. "Vraiment ? Tu n'en as pas l'air. Tu sais, Marc m'a tout raconté. C'est terrible ce qui t'est arrivé." Son regard s'est attardé sur le collier que je portais, un simple pendentif en forme d'étoile que Marc m'avait offert pour notre premier anniversaire. "Oh, c'est mignon. Mais ça fait un peu... démodé, non ?"

Marc a froncé les sourcils. "Jeanne, tu devrais peut-être enlever ça. Ça ne correspond pas... à la nouvelle image que Léa doit projeter. Donne-le-moi."

J'ai reculé, ma main protégeant instinctivement le collier. "Non."

Léa a soupiré, exaspérée. "Oh, allez. Ce n'est qu'un bijou. Tu n'en as plus besoin." D'un geste rapide et vicieux, elle a attrapé la chaîne et a tiré. Le fermoir a cédé et le pendentif est tombé sur le sol en marbre, se brisant en deux. "Oups," a-t-elle dit avec un sourire narquois. "Ma main a glissé."

Les larmes me sont montées aux yeux. Ce n'était pas qu'un bijou. C'était le dernier symbole de ce que je croyais être notre amour. J'ai regardé Marc, attendant, espérant une réaction, un mot de défense.

Il n'a rien dit. Il a posé une main apaisante sur l'épaule de Léa. "Ce n'est pas grave, chérie. C'était un accident." Puis, il s'est tourné vers moi, son regard froid. "Arrête de faire une scène, Jeanne. Tu nous mets dans l'embarras."

Le monde s'est écroulé une seconde fois. Il l'avait choisie. Encore. Devant tout le monde. La douleur était si vive, si pure, qu'elle a balayé toute autre émotion.

C'est à ce moment que M. Dubois, qui avait observé la scène de loin, s'est approché. Il a ramassé les deux morceaux du pendentif et me les a tendus. Son regard était plein de compassion, mais aussi de défi.

J'ai levé les yeux et j'ai vu que Léa était soutenue par un groupe de producteurs influents, tous souriant à Marc. J'ai compris que je n'étais pas seulement face à un couple, mais face à un système qui avait déjà décidé de mon sort.

M. Dubois a pris la parole, sa voix claire et forte coupant le silence gêné. "L'audition pour mon prochain film commence maintenant. Le thème est 'le cœur brisé'. Mademoiselle Léa, vous pouvez commencer." Léa, surprise, a bafouillé quelques lignes sans conviction.

Puis, M. Dubois s'est tourné vers moi. "Mademoiselle Jeanne. Vous avez cinq minutes. Utilisez ce que vous avez." Il a montré le pendentif brisé dans ma main. "Montrez-moi ce que signifie avoir le cœur brisé."

Un silence est tombé sur la salle. Tous les regards étaient tournés vers moi. C'était une humiliation publique, une mise à l'épreuve cruelle. Mais c'était aussi une chance. La seule que j'aurais. J'ai serré les morceaux de l'étoile brisée dans ma paume, le métal coupant ma peau. J'ai relevé la tête, prête à leur montrer.

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