Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Moderne > Le Réveil de Chloé
Le Réveil de Chloé

Le Réveil de Chloé

Auteur:: Raptor
Genre: Moderne
Je venais de rentrer épuisée d'une journée de travail, et la première chose que j'ai vue fut Hugo, le visage déformé par la colère, fixant les débris de porcelaine de ma grand-mère. Autour de moi, des « commentaires » transparents flottaient dans l'air, m'ordonnant de m'excuser et de me soumettre, comme d'habitude. Mais cette nuit-là, la fatigue a submergé ma culpabilité et j'ai refusé d'aller chercher sa tarte au citron à une heure du matin. Son sourire cruel, et plus tard, le message qu'il a posté sur tous les réseaux sociaux, me dépeignant comme une « muse cruelle » qui « étouffait son art », ont mis le feu aux poudres. En quelques heures, j'ai tout perdu : mon emploi, mes amis. Puis, la voix douce et persuasive de Léo Zola, un mystérieux « conseiller en relations », a résonné, me dictant mon destin de « femme forte et dévouée » au service de la gloire d'Hugo. Quand mes propres parents, étrangement manipulés, l'ont réinstallé chez moi, exigeant que je l'épouse, je me suis sentie sombrer dans l'abîme. C'est alors que la vérité m'a frappée : Léo Zola n'était pas un conseiller, mais « L'Auteur » de ma vie, me forçant à être la « liane », dépendante du « grand chêne » qu'était Hugo. Mes proches, mes malheurs, n'étaient que des « outils narratifs » pour me ramener à mon rôle prédéfini de femme-trophée. Cette trahison ultime de ma propre famille, devenue ses marionnettes, a été la goutte d'eau. Mais au lieu de me briser, cette révélation a allumé en moi une colère pure et ardente. Non, je ne serais pas une liane. Je serais un cactus : piquante, indépendante, capable de survivre seule, sans personne pour me dicter mon chemin. Et mon premier acte de rébellion fut de faire expulser cet homme de mon appartement, jurant de réécrire ma propre histoire, mot après mot.

Introduction

Je venais de rentrer épuisée d'une journée de travail, et la première chose que j'ai vue fut Hugo, le visage déformé par la colère, fixant les débris de porcelaine de ma grand-mère.

Autour de moi, des « commentaires » transparents flottaient dans l'air, m'ordonnant de m'excuser et de me soumettre, comme d'habitude.

Mais cette nuit-là, la fatigue a submergé ma culpabilité et j'ai refusé d'aller chercher sa tarte au citron à une heure du matin.

Son sourire cruel, et plus tard, le message qu'il a posté sur tous les réseaux sociaux, me dépeignant comme une « muse cruelle » qui « étouffait son art », ont mis le feu aux poudres.

En quelques heures, j'ai tout perdu : mon emploi, mes amis.

Puis, la voix douce et persuasive de Léo Zola, un mystérieux « conseiller en relations », a résonné, me dictant mon destin de « femme forte et dévouée » au service de la gloire d'Hugo.

Quand mes propres parents, étrangement manipulés, l'ont réinstallé chez moi, exigeant que je l'épouse, je me suis sentie sombrer dans l'abîme.

C'est alors que la vérité m'a frappée : Léo Zola n'était pas un conseiller, mais « L'Auteur » de ma vie, me forçant à être la « liane », dépendante du « grand chêne » qu'était Hugo.

Mes proches, mes malheurs, n'étaient que des « outils narratifs » pour me ramener à mon rôle prédéfini de femme-trophée.

Cette trahison ultime de ma propre famille, devenue ses marionnettes, a été la goutte d'eau.

Mais au lieu de me briser, cette révélation a allumé en moi une colère pure et ardente.

Non, je ne serais pas une liane.

Je serais un cactus : piquante, indépendante, capable de survivre seule, sans personne pour me dicter mon chemin.

Et mon premier acte de rébellion fut de faire expulser cet homme de mon appartement, jurant de réécrire ma propre histoire, mot après mot.

Chapitre 1

Le bruit de la porcelaine se brisant sur le carrelage m'a fait sursauter. Je venais de rentrer, épuisée par une journée de pige, et la première chose que j'ai vue, c'est Hugo, le visage déformé par la colère.

La table basse était renversée. Les débris du service à thé de ma grand-mère gisaient partout.

« Il est presque minuit, Chloé ! »

Sa voix a claqué dans le petit appartement.

« Je t'attends depuis des heures. Tu te fiches de moi ? »

J'ai regardé le désastre. Ce service à thé était la seule chose de valeur que ma grand-mère m'avait laissée. Mon cœur s'est serré.

Devant moi, des lignes de texte transparentes ont commencé à apparaître, flottant dans l'air.

Hugo a attrapé sa veste et a claqué la porte. Le bruit a résonné dans le silence de l'appartement.

Les commentaires ont continué à défiler.

D'habitude, j'aurais obéi. J'aurais enfilé mes chaussures, couru dans la rue, l'aurais trouvé et me serais excusée. Mais ce soir, une fatigue immense m'a envahie. Une fatigue plus lourde que la culpabilité.

Pour la première fois, j'ai ignoré les commentaires.

Lentement, je me suis agenouillée et j'ai commencé à ramasser les morceaux de porcelaine, un par un. Chaque fragment était un souvenir.

Soudain, on a frappé doucement à la porte.

« Chloé ? C'est Monsieur Dubois, votre voisin. J'ai entendu du bruit. Tout va bien ? »

J'ai ouvert la porte. Le vieil artisan à la retraite m'a regardée avec inquiétude, ses yeux se posant sur mes mains tremblantes et les débris au sol.

« Ce jeune homme... il ne devrait pas crier comme ça. Vous avez l'air pâle. »

Sa simple inquiétude était comme une goutte d'eau dans un désert. C'était la première voix, autre que les commentaires, que j'entendais depuis longtemps.

J'ai hoché la tête, incapable de parler.

« Prenez soin de vous, ma petite, » a-t-il dit avant de repartir.

J'ai refermé la porte et je me suis appuyée contre, le corps vidé de toute force.

Chapitre 2

Le lendemain, Hugo n'est pas rentré. Mon téléphone est resté silencieux. Les commentaires, eux, étaient en pleine effervescence.

Je me suis forcée à travailler, assise à la table de la cuisine, l'ordinateur portable ouvert. Mais mon esprit était ailleurs. Je repensais à tout ce que j'avais fait pour lui.

Depuis qu'il a quitté son travail après son diplôme de grande école pour devenir "artiste", c'est moi qui payais tout. Le loyer de cet appartement hérité de ma grand-mère, les factures, sa nourriture, son matériel "d'artiste" qui ne servait qu'à prendre la poussière. Je travaillais jour et nuit, acceptant toutes les piges, même les moins bien payées, pour qu'il puisse vivre son rêve.

Lui, il passait ses journées à jouer aux jeux vidéo.

Le soir, en scrollant sur Instagram, je suis tombée sur une photo. Hugo et Amandine, son amie d'enfance des Beaux-Arts, souriaient dans un vernissage branché. Il avait son bras autour de ses épaules. La photo avait été postée il y a une heure.

Les commentaires ont explosé devant mes yeux.

Mon estomac s'est noué. Je savais que c'était faux. Il n'avait pas l'air triste. Il avait l'air heureux.

Plus tard dans la nuit, mon téléphone a enfin sonné. C'était lui.

« Chloé. »

Sa voix était froide, distante.

« J'ai une envie de la tarte au citron de chez "Rêve Sucré". Va m'en chercher une. »

Il était une heure du matin. La pâtisserie était à l'autre bout de Paris.

« Hugo, il est tard... Je suis fatiguée. »

« Tu ne veux pas le faire pour moi ? Après tout ce que tu m'as fait ? C'est le moins que tu puisses faire pour te faire pardonner. »

Les commentaires se sont déchaînés.

J'ai regardé par la fenêtre la pluie qui commençait à tomber. Je me sentais vide.

« Non, Hugo. »

Un long silence. Puis il a raccroché.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022