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Le Prix du Mensonge

Le Prix du Mensonge

Auteur:: Elowen Cypress
Genre: Moderne
La lumière clinique de la salle de réunion, suffocante. Les sanglots discrets de Chloé, mon stagiaire modèle, emplissaient l'air de pitié, tandis que Marc, mon petit ami depuis cinq ans, détournait le regard, son visage fermé. Monsieur Dupont martela: «Jeanne, Chloé dit que vous lui avez donné des directives qui nous ont fait perdre le plus gros contrat de l' année.» Mon monde s'est effondré sous l'accusation, ma voix étouffée face à ses larmes de crocodile. Chloé a déformé mes paroles, transformant mes encouragements en pièges, et le pire: Marc, ma moitié, a corroboré ses mensonges avec une trahison glaciale. «Jeanne cherchait à partir chez la concurrence,» a ajouté Marc, me poignardant une seconde fois. En dix minutes, j'avais tout perdu: mon emploi, ma réputation, et l'homme que j'aimais, jetée à un monde qui me rejetait. Le désespoir m'a consumée, jusqu'à l'éclair aveuglant des phares et le cri strident des pneus, suivi du silence. Puis, la sonnerie d'un téléphone. J'ai ouvert les yeux dans mon lit, l'écran affichant «Marc» et la date exacte du jour de mon cauchemar, le premier. J'étais revenue. J'avais une seconde chance pour la justice. La voix joyeuse de Marc à l'autre bout du fil: «La nouvelle stagiaire, Chloé Martin, arrive aujourd' hui. Dupont veut que tu la prennes sous ton aile.» Un sourire glacé étira mes lèvres. «Non.»

Introduction

La lumière clinique de la salle de réunion, suffocante.

Les sanglots discrets de Chloé, mon stagiaire modèle, emplissaient l'air de pitié, tandis que Marc, mon petit ami depuis cinq ans, détournait le regard, son visage fermé.

Monsieur Dupont martela: «Jeanne, Chloé dit que vous lui avez donné des directives qui nous ont fait perdre le plus gros contrat de l' année.»

Mon monde s'est effondré sous l'accusation, ma voix étouffée face à ses larmes de crocodile.

Chloé a déformé mes paroles, transformant mes encouragements en pièges, et le pire: Marc, ma moitié, a corroboré ses mensonges avec une trahison glaciale.

«Jeanne cherchait à partir chez la concurrence,» a ajouté Marc, me poignardant une seconde fois.

En dix minutes, j'avais tout perdu: mon emploi, ma réputation, et l'homme que j'aimais, jetée à un monde qui me rejetait.

Le désespoir m'a consumée, jusqu'à l'éclair aveuglant des phares et le cri strident des pneus, suivi du silence.

Puis, la sonnerie d'un téléphone.

J'ai ouvert les yeux dans mon lit, l'écran affichant «Marc» et la date exacte du jour de mon cauchemar, le premier.

J'étais revenue.

J'avais une seconde chance pour la justice.

La voix joyeuse de Marc à l'autre bout du fil: «La nouvelle stagiaire, Chloé Martin, arrive aujourd' hui. Dupont veut que tu la prennes sous ton aile.»

Un sourire glacé étira mes lèvres.

«Non.»

Chapitre 1

La lumière blanche de la salle de réunion me semblait anormalement agressive, chaque particule de poussière dansant dans le faisceau du projecteur était comme une insulte. Assise à la grande table ovale, je sentais le regard de mon patron, Monsieur Dupont, peser sur moi, un regard froid et accusateur. À côté de lui, Chloé, ma stagiaire, pleurait silencieusement, ses épaules secouées de sanglots discrets qui attiraient la sympathie de tous.

Mon petit ami, Marc, était assis en face de moi, le visage fermé, évitant mon regard.

C'était un piège. Je le savais, mais je ne comprenais pas encore comment j'étais tombée dedans.

« Jeanne, » commença Monsieur Dupont d'une voix qui ne laissait place à aucune discussion, « Chloé dit que c'est vous qui lui avez donné les directives pour la présentation au client. Des directives qui nous ont fait perdre le plus gros contrat de l'année. »

Je fixai Chloé. Ses larmes coulaient sur ses joues, son expression était celle d'une sainte martyre.

« C'est faux, » dis-je, ma voix plus faible que je ne l'aurais voulu. « Je lui ai dit de suivre le cahier des charges à la lettre. »

Chloé renifla bruyamment, attirant de nouveau l'attention.

« Mais... Jeanne... tu m'as dit d'être 'créative', de 'sortir des sentiers battus' pour impressionner le client. Tu as dit que le cahier des charges était trop rigide. »

Sa voix était un mélange parfait de confusion et de douleur, comme si elle n'arrivait pas à croire que je puisse la trahir ainsi. C'était absurde. Ses mots étaient des déformations grotesques de mes encouragements habituels, sortis de leur contexte et tordus pour me nuire.

« Je n'ai jamais dit ça dans ce sens, Chloé, et tu le sais très bien, » répliquai-je, la colère commençant à monter. « Nous avons passé en revue chaque point ensemble ! »

« Je... je ne voulais pas te causer de problèmes, » murmura-t-elle en essuyant une larme avec le dos de sa main. « J'ai juste fait ce que tu m'as dit. »

C'est à ce moment que Marc a choisi d'intervenir. Mon Marc. L'homme avec qui je partageais ma vie depuis cinq ans.

« C'est vrai, » dit-il d'une voix plate. « J'étais là quand Jeanne lui a parlé. Elle était très insistante sur le fait que Chloé devait prendre des initiatives. Elle disait même qu'elle en avait assez de ce projet et qu'elle voulait le déléguer. »

Le sol se déroba sous mes pieds. La trahison de Chloé était une chose, mais celle de Marc... c'était un coup en plein cœur. Je le regardai, cherchant une lueur, un signe que c'était une mauvaise blague, mais son visage était un masque de froide détermination. Il me sacrifiait. Pour elle.

Monsieur Dupont soupira, visiblement agacé par ce drame. Il était un homme pragmatique, l'image de l'entreprise primait sur tout.

« Jeanne, je ne peux pas tolérer ce genre de négligence. Vous avez mis en péril un contrat vital pour nous. Et ce n'est pas tout. Marc m'a informé que vous cherchiez à partir chez la concurrence. »

Double trahison. Double mensonge. J'étais sans voix.

« Faites vos cartons. Le service des ressources humaines préparera votre solde de tout compte. »

Les mots tombèrent comme une sentence. Personne ne protesta. Je me levai, les jambes tremblantes, et je sortis de la salle de réunion sans un regard en arrière. En passant devant le bureau de Marc, je le vis, à travers la vitre, poser une main réconfortante sur l'épaule de Chloé, qui levait vers lui un visage reconnaissant.

J'ai perdu mon travail, ma réputation, et l'homme que j'aimais en l'espace de dix minutes. La descente aux enfers fut rapide. Ostracisée par la profession, incapable de trouver un autre emploi à cause des rumeurs que Marc et Chloé propageaient, je me suis retrouvée au fond du gouffre. Le désespoir m'a consumée.

Le dernier son que j'ai entendu était le crissement strident des pneus sur l'asphalte mouillé, puis une douleur fulgurante, et enfin, le silence.

Et puis... une sonnerie de téléphone.

J'ouvris les yeux. J'étais dans mon lit, dans mon appartement. La lumière du matin filtrait à travers les rideaux. Mon cœur battait la chamade. J'attrapai mon téléphone sur la table de chevet. L'écran affichait le nom « Marc ». La date était celle du jour où tout a commencé. Le jour où Chloé devait arriver comme stagiaire.

J'avais... recommencé.

Je décrochai, la gorge sèche.

« Allô ? »

La voix de Marc, enjouée et inconsciente du drame à venir, résonna à l'autre bout du fil.

« Salut mon cœur ! Je voulais juste te prévenir, la nouvelle stagiaire, Chloé Martin, arrive aujourd'hui. Dupont veut que tu la prennes sous ton aile. Tu t'en occupes, hein ? »

Un sourire glacial se dessina sur mes lèvres.

« Non. »

Chapitre 2

Un silence flotta à l'autre bout du fil. Marc était visiblement déconcerté par ma réponse monosyllabique et sans appel.

« Quoi... 'non' ? Comment ça, 'non' ? » bégaya-t-il.

« Non, je ne la prendrai pas, » répétai-je d'une voix calme et posée, une assurance que je n'avais jamais eue dans ma vie précédente. Je regardais la date sur l'écran de mon téléphone, encore et encore. C'était bien réel. Le destin m'avait offert une seconde chance. Pas pour le pardon, mais pour la justice.

« Mais Jeanne, c'est Dupont qui l'a demandé. On ne peut pas refuser. C'est une excellente occasion pour toi de montrer tes capacités de management. »

J'eus un petit rire sans joie. Ses mots étaient les mêmes. Chaque syllabe était un écho douloureux du passé.

« J'ai déjà une charge de travail énorme avec le projet Durand, Marc. Je n'ai absolument pas le temps de former une stagiaire. Si je la prends, la qualité de mon travail en pâtira, et par conséquent, le projet aussi. Je ne prendrai pas ce risque. »

« Mais... qu'est-ce que je vais dire à Dupont ? » demanda Marc, sa voix trahissant une pointe de panique. Il a toujours détesté les confrontations.

C'était le moment. Le premier coup.

« Toi, par contre, » continuai-je sur un ton faussement songeur, « tu me disais hier soir que tu voulais plus de responsabilités, que tu te sentais sous-estimé. Former une stagiaire, c'est exactement le genre d'initiative que Dupont apprécie. Ça montrerait que tu es proactif, que tu penses à l'avenir de l'équipe. »

Je savais exactement sur quels boutons appuyer. Son ambition, sa faiblesse, son désir de plaire.

Il y eut une autre pause. Je pouvais presque l'entendre réfléchir, peser le pour et le contre. L'idée de se mettre en avant auprès du patron était trop tentante pour lui.

« Tu crois ? » demanda-t-il, l'appât déjà à moitié avalé.

« J'en suis certaine. Présente ça comme ta propre idée. Dis à Dupont que j'ai trop de travail, mais que tu es volontaire pour t'en occuper, car tu penses qu'il est important d'intégrer correctement les nouveaux talents. Il va adorer. »

« D'accord... d'accord, c'est une bonne idée, » dit-il, sa voix retrouvant de l'assurance. « Je vais faire ça. Merci, mon cœur. »

« De rien, » répondis-je froidement avant de raccrocher.

Je restai assise sur mon lit, le téléphone à la main. Le premier pion était avancé. Chloé n'allait pas être mon problème cette fois-ci. Elle allait être le sien.

Plus tard dans la matinée, au bureau, je vis Marc s'approcher triomphalement du bureau de Monsieur Dupont. Quelques minutes plus tard, il en ressortit, rayonnant, accompagné d'une jeune femme à l'allure angélique. Chloé. Elle portait une robe blanche simple, ses longs cheveux blonds encadraient un visage qui respirait l'innocence. En me voyant, elle m'adressa un sourire timide. Je lui rendis un sourire tout aussi faux, un masque de politesse cachant le mépris que je ressentais.

Marc l'installa au bureau juste à côté du sien, commençant immédiatement à jouer son rôle de mentor dévoué.

Une de mes collègues, Sophie, s'approcha de moi, un mug de café à la main.

« J'ai entendu dire que tu avais refusé la nouvelle stagiaire. C'est rare de ta part, tu es toujours celle qui prend les nouveaux sous son aile. »

Je haussai les épaules, feignant l'indifférence.

« Trop de travail. Et puis, Marc semblait si désireux de le faire. Il faut bien lui laisser une chance de briller, non ? »

Sophie eut un petit rire.

« Pauvre lui. Il ne sait pas dans quoi il s'embarque. Elle a l'air d'une de ces fausses innocentes. »

Je la regardai, surprise par sa perspicacité.

« On verra bien, » dis-je simplement.

Mon regard se porta sur le nouveau duo. Marc expliquait quelque chose avec de grands gestes, Chloé hochait la tête, les yeux grands ouverts, jouant à la perfection le rôle de l'élève attentive et admirative.

Un sentiment de satisfaction froide m'envahit. C'était leur histoire, maintenant. Je n'étais plus qu'une spectatrice. Et j'allais savourer chaque instant de la catastrophe à venir. Ils allaient s'aimer, se détruire, et je serais là pour regarder leur monde s'effondrer, exactement comme ils avaient détruit le mien.

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