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Le Poids du Passé

Le Poids du Passé

Auteur:: Plume de l’Ombre
Genre: Moderne
Il y a trois ans, Livia a donné naissance à des triplés. Pourtant, on lui a dit qu'un seul de ses enfants avait survécu. Dévastée, elle a enfoui la douleur au fond de son cœur pour se concentrer sur sa survie. Mais lorsqu'elle découvre que l'héritage de sa défunte mère est conditionné à un mariage, Livia accepte à contrecœur d'épouser Caleb, un séduisant programmeur informatique aux moyens modestes. Très vite, des doutes surgissent. Caleb, sous ses airs mystérieux, semble cacher un passé plus complexe qu'il n'y paraît. Pourquoi son « pauvre » mari ressemble-t-il à ce puissant milliardaire qui fait les gros titres des médias ? En cherchant des réponses, Livia découvre un autre secret bouleversant : un deuxième de ses triplés est bel et bien vivant, retenu dans des circonstances obscures. Rongée par le doute, elle se remémore les événements de trois ans plus tôt : comment avait-elle pu tomber enceinte alors qu'elle n'avait jamais eu de relations intimes avec un homme ? Entre manipulations, trahisons et vérités étouffées, Livia devra se battre pour dénouer les fils d'un complot qui dépasse tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Mais Caleb est-il un allié ou un ennemi ? Et jusqu'où devra-t-elle aller pour protéger ceux qu'elle aime et découvrir la vérité sur son passé ?

Chapitre 1 CHAPITRE 1

Le manoir des Holloway était baigné d'une lumière dorée en cette fin d'après-midi, un contraste cruel avec la tempête qui faisait rage dans l'esprit de Livia. Assise dans le bureau austère de son oncle, elle serrait les accoudoirs d'un fauteuil en velours, son visage marqué par l'incrédulité et l'indignation.

-**Qu'est-ce que tu viens de dire ?** demanda-t-elle, sa voix tremblante.

-Je crois que tu m'as très bien entendue, rétorqua son oncle Marcus, impassible. Ta mère a laissé des conditions très claires dans son testament : pour accéder à ton héritage, tu dois te marier dans les trente jours.

Livia se leva brusquement, ses longs cheveux châtain ondulant autour de ses épaules.

-**C'est absurde ! Pourquoi m'imposer une condition aussi ridicule ?**

Marcus poussa un soupir exaspéré.

-Ce n'est pas ridicule, c'est stratégique. Ton mariage garantit la stabilité de l'empire Holloway. Et ne crois pas que tu pourras contourner cette clause.

Livia serra les poings. Cela faisait trois ans qu'elle avait perdu sa mère, cette femme qui avait toujours été une énigme, un mélange de froideur et de bienveillance. Mais même dans la mort, elle semblait vouloir contrôler sa vie.

-**Et qui est l'heureux élu dans cette mascarade ?** demanda-t-elle avec sarcasme.

Marcus haussa un sourcil avant de tendre un dossier en cuir noir.

-Caleb Stone.

Livia attrapa le dossier, l'ouvrit, et se figea en voyant une photo d'un homme brun aux traits sculptés, ses yeux d'un gris perçant fixant l'objectif avec une intensité presque intimidante.

-**Qui est-il ?** murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour Marcus.

-Un programmeur talentueux, répondit son oncle. Il est sans le sou, mais son potentiel est impressionnant. Il a accepté l'accord.

-**Bien sûr qu'il l'a accepté !** fulmina-t-elle. **C'est une aubaine pour lui, mais qu'est-ce que j'y gagne, moi ?**

Marcus se pencha légèrement, un sourire glacial sur les lèvres.

-Tu gagnes tout, Livia. Sans ce mariage, tu perds l'héritage. Ton choix est simple.

Deux jours plus tard, Livia se retrouva face à face avec Caleb Stone dans un café discret en plein cœur de la ville. Elle était arrivée en avance, espérant qu'un tête-à-tête avec cet homme éclaircirait cette situation absurde.

Lorsqu'il entra, elle le reconnut immédiatement. La photo ne lui rendait pas justice. Caleb était plus grand qu'elle ne l'avait imaginé, et sa prestance naturelle semblait contredire son statut supposé de « pauvre programmeur ». Vêtu d'un costume simple mais impeccablement taillé, il s'approcha de sa table avec une démarche assurée.

-**Mademoiselle Holloway, je présume ?** dit-il en s'asseyant sans attendre son invitation.

Livia releva le menton, déterminée à ne pas se laisser impressionner.

-**Vous savez déjà qui je suis. Et vous êtes Caleb Stone. Alors, allons droit au but : pourquoi avez-vous accepté cet arrangement ?**

Un sourire énigmatique apparut sur ses lèvres.

-Pour la même raison que vous êtes ici, je suppose. Le gain.

Livia sentit la colère monter en elle.

-**Ne me mettez pas dans le même sac. Je suis forcée de faire ça. Vous, vous avez choisi.**

Caleb croisa les bras, son regard perçant ne quittant pas le sien.

-Peut-être. Mais cela ne signifie pas que je n'ai pas mes propres motivations.

-**Et quelles sont-elles ?** demanda-t-elle avec méfiance.

Il haussa légèrement les épaules, évitant intentionnellement de répondre.

-Peut-être qu'on devrait parler de ce que vous voulez, Livia. C'est votre héritage qui est en jeu, après tout.

Elle serra les dents.

-**Ce que je veux, c'est comprendre pourquoi ma mère a cru bon de manipuler ma vie depuis l'au-delà. Et pourquoi vous, un parfait inconnu, êtes soudainement si disposé à jouer les maris modèles.**

Caleb se pencha légèrement, ses yeux fixant les siens avec une intensité troublante.

-Peut-être parce que je suis tout sauf un inconnu, Livia.

Son cœur rata un battement.

-**Qu'est-ce que ça veut dire ?**

Il recula, son expression redevenant impassible.

-Rien qui ne puisse être discuté ici. Mais croyez-moi, ce mariage sera tout sauf ordinaire.

De retour chez elle, Livia s'effondra sur le canapé, épuisée mentalement par cette rencontre. Caleb Stone était un mystère, et elle détestait ne pas avoir toutes les réponses.

Elle prit son téléphone et composa le numéro de son oncle.

-**Je vais le faire, Marcus,** déclara-t-elle sans préambule.

-**Bonne décision,** répondit-il, satisfait. **Le mariage est prévu pour dans deux semaines. Prépare-toi.**

Elle raccrocha, le cœur lourd.

La cérémonie fut un spectacle froid et calculé. Livia portait une robe blanche somptueuse, mais son visage n'exprimait aucune joie. Caleb, de son côté, semblait parfaitement à l'aise, comme s'il avait l'habitude de ce genre de situations.

Lorsque le prêtre leur demanda s'ils acceptaient de s'unir, Livia répondit à contrecœur.

-**Oui,** murmura-t-elle, presque inaudible.

Caleb, en revanche, déclara un ** »Oui »** clair et fort, un sourire en coin.

Après la réception, ils furent conduits dans une maison de ville luxueuse, cadeau de l'oncle Marcus. Livia se tenait dans le salon, les bras croisés, observant Caleb qui parcourait les lieux avec une aisance agaçante.

-**Alors, c'est ici que commence notre charmante vie de couple,** dit-il, sarcastique.

-**Ne jouez pas à ça avec moi, Caleb,** rétorqua-t-elle. **Ce mariage n'est qu'une façade, et nous le savons tous les deux.**

Il s'approcha d'elle, son regard devenant plus sérieux.

-Vous avez raison. Mais ça ne signifie pas que nous ne pouvons pas rendre cette situation... supportable.

Livia leva les yeux au ciel.

-**Supportable ? Vous voulez dire que je dois ignorer le fait que je ne sais rien de vous, ni de vos intentions ?**

Caleb inclina légèrement la tête.

-Peut-être. Ou peut-être que vous pourriez apprendre à me connaître avant de me juger.

Elle resta silencieuse, déconcertée par le mélange d'arrogance et de sincérité dans sa voix.

-**Bonne nuit, Caleb,** dit-elle finalement en tournant les talons.

Il la regarda s'éloigner, un sourire mystérieux sur les lèvres.

-Bonne nuit, Livia.

Les festivités du mariage étaient terminées, mais une étrange tension pesait encore dans l'air. Livia, assise dans le vaste salon de leur nouvelle maison, fixait les flammes qui dansaient dans la cheminée. Sa robe de mariée, bien qu'élégante, semblait peser une tonne. Ce n'était pas le poids du tissu qui l'écrasait, mais celui des attentes, des secrets et du regard perçant de Caleb.

De son côté, Caleb restait debout près de la fenêtre, observant la ville plongée dans l'obscurité. Le silence entre eux était palpable, presque suffocant.

-**Alors ?** lança-t-il finalement, brisant le silence. **C'était à la hauteur de vos attentes, ce mariage arrangé ?**

Livia tourna la tête vers lui, le dévisageant avec une pointe de colère.

-**Mes attentes ?** répéta-t-elle, incrédule. **Je n'ai rien attendu de tout cela, Caleb. Ce mariage est une obligation, rien de plus. Ne vous méprenez pas.**

Il esquissa un sourire froid, presque moqueur, avant de se détourner pour prendre un verre de vin posé sur une table voisine.

-**Une obligation pour vous, peut-être, mais un accord pour moi. Et comme tout accord, il y a des termes à respecter.**

Elle fronça les sourcils, essayant de déchiffrer la signification cachée derrière ses mots.

-**Et quels sont vos termes, Caleb ? Vous semblez bien trop à l'aise pour un homme censé être pauvre et désespéré.**

Son sourire s'effaça légèrement, remplacé par une expression indéchiffrable.

-**Et vous semblez bien trop méfiante pour une femme censée être en contrôle, Livia. Pourquoi ? Vous cachez quelque chose ?**

-**Moi ?** Elle se leva brusquement, son regard brûlant de défi. **C'est vous qui êtes un mystère ici, Caleb. Vous débarquez dans ma vie comme un prétendu sauveur, mais tout en vous crie le mensonge. Alors, dites-moi, qui êtes-vous vraiment ?**

Il laissa échapper un léger rire, mais il n'avait rien d'amusé.

-**Nous venons juste de nous marier, et vous exigez déjà des réponses. Livia, si vous voulez que cela fonctionne, il va falloir apprendre la patience.**

Chapitre 2 CHAPITRE 2

Elle serra les poings, frustrée.

-**Ce n'est pas un mariage, Caleb, c'est une mascarade.**

Il s'approcha doucement, réduisant la distance entre eux.

-**Peut-être. Mais une mascarade peut être utile, non ? À condition de jouer son rôle correctement.**

Livia détourna les yeux, refusant de céder à l'intensité de son regard.

-**Bonne nuit, Caleb,** déclara-t-elle avec froideur avant de quitter la pièce.

Le lendemain matin, Livia se rendit à une réunion avec son notaire, Monsieur Grayson, pour finaliser certains documents relatifs à l'héritage. La grande salle de réunion du cabinet juridique était austère, et les rayons du soleil pénétrant par les grandes fenêtres ajoutaient une lumière crue à l'atmosphère déjà tendue.

-**Félicitations pour votre mariage, Mademoiselle Holloway,** dit Grayson en refermant un dossier.

-**C'est Madame Stone, maintenant,** répondit-elle sèchement.

Le notaire sourit doucement, mais il semblait nerveux, comme s'il pesait chaque mot avec soin.

-**Je dois dire, votre mari, Caleb Stone, est... un choix intéressant.**

Livia leva un sourcil.

-**Intéressant ? Que voulez-vous dire par là ?**

Il hésita un instant avant de répondre.

-**Disons simplement que monsieur Stone est... imprévisible. Il a une façon de négocier qui déstabilise même les plus aguerris.**

-**Négocier ?** Livia se redressa, soudainement intriguée. **Que voulez-vous dire ?**

Grayson sembla regretter d'avoir parlé.

-**Rien qui ne soit pertinent pour le moment. Mais soyez prudente, Madame Stone. Votre héritage est en jeu, et il serait dommage que quelqu'un d'autre en profite à votre détriment.**

Ces paroles résonnèrent dans l'esprit de Livia bien après qu'elle ait quitté le cabinet. Qu'insinuait-il ? Que Caleb avait des motivations cachées ?

De retour à la maison, Livia trouva Caleb dans le bureau, une pièce qu'il semblait déjà avoir revendiquée comme sienne. Il était assis derrière le large bureau en acajou, les yeux rivés sur l'écran de son ordinateur portable.

-**Je peux entrer ?** demanda-t-elle depuis la porte.

Il releva les yeux, un instant surpris, puis hocha la tête.

-**Bien sûr. Après tout, c'est votre maison.**

Elle entra lentement, observant les murs déjà parsemés de quelques livres et dossiers qu'il avait apportés.

-**Vous semblez très à l'aise ici,** dit-elle, son ton légèrement sarcastique.

-**C'est là où je travaillerai,** répondit-il simplement. **Pourquoi ? Ça vous dérange ?**

-**Non. Mais j'aimerais savoir... de quoi vous travaillez exactement ? Vous semblez avoir des projets assez... sérieux pour quelqu'un qui n'a soi-disant pas un sou.**

Il se renfonça dans son fauteuil, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres.

-**Je programme. Des algorithmes, des solutions complexes, ce genre de choses. Vous n'avez pas besoin de comprendre les détails.**

-**Et cela vous suffit pour vivre ?** demanda-t-elle, sceptique.

Son sourire s'élargit, mais il ne répondit pas immédiatement.

-**Disons simplement que je suis très doué pour ce que je fais. Mais assez parlé de moi. Comment s'est passé votre rendez-vous avec le notaire ?**

Elle plissa les yeux, méfiante.

-**Comment savez-vous que j'y suis allée ?**

-**J'ai mes sources.**

Sa réponse énigmatique la mit encore plus mal à l'aise.

-**Vous jouez à un jeu dangereux, Caleb. Je ne sais pas ce que vous cachez, mais je finirai par le découvrir.**

Il éclata de rire, mais ce n'était pas un rire chaleureux.

-**J'ai hâte de voir ça, Livia.**

Elle quitta la pièce, le cœur lourd. Caleb était un mystère qu'elle n'était pas sûre de vouloir résoudre, mais elle n'avait pas le choix.

Ce soir-là, Livia ne parvint pas à trouver le sommeil. Elle repassait en boucle les mots de son notaire et les échanges tendus avec Caleb. Tout cela semblait trop beau pour être vrai. Pourquoi un homme comme lui accepterait-il si facilement un mariage arrangé ?

Elle se leva et se dirigea vers la bibliothèque du rez-de-chaussée, espérant trouver quelque chose pour occuper son esprit. À sa grande surprise, elle y trouva Caleb, assis dans l'obscurité, un verre de whisky à la main.

-**Vous ne dormez pas non plus ?** demanda-t-il sans se retourner.

-**Non. Trop de choses en tête,** répondit-elle en s'approchant.

Il lui jeta un regard par-dessus son épaule, ses yeux gris brillant faiblement sous la lumière tamisée.

-**Laissez-moi deviner : vous essayez encore de comprendre qui je suis et pourquoi je suis ici.**

Elle s'assit sur un fauteuil voisin, croisant les bras.

-**Peut-être. Vous êtes un mystère, Caleb. Et je n'aime pas les mystères.**

Il haussa les épaules, prenant une gorgée de son verre.

-**Parfois, les mystères sont plus intéressants que les vérités.**

-**Et parfois, ils sont dangereux,** rétorqua-t-elle.

Il sourit légèrement, un sourire qui ne révélait rien mais qui semblait pourtant tout savoir.

-**Bonne nuit, Livia.**

Elle le fixa un moment avant de se lever et de retourner dans sa chambre. Une chose était sûre : Caleb Stone était bien plus qu'un simple programmeur pauvre.

La maison qu'ils partageaient depuis quelques jours ressemblait davantage à une cage dorée qu'à un foyer. Livia se réveilla ce matin-là, envahie par un malaise inexplicable. Chaque coin de cette demeure semblait renfermer des secrets. Et Caleb... cet homme qu'elle était censée appeler « son mari » était le plus grand mystère de tous.

Alors qu'elle descendait les escaliers pour prendre son petit-déjeuner, elle l'aperçut dans la cuisine, vêtu d'un simple pull gris et d'un jean sombre. Il était penché au-dessus de la table, une tasse de café à la main, et ses yeux fixaient intensément quelque chose sur l'écran de son ordinateur portable.

-**Tu travailles déjà si tôt ?** demanda Livia en entrant dans la pièce.

Il leva brièvement les yeux vers elle, un sourire poli flottant sur ses lèvres.

-**Le monde ne s'arrête jamais, surtout dans mon domaine.**

-**Ton domaine ?** Elle s'assit en face de lui, saisissant une tasse pour se servir du café. **Je ne sais toujours pas exactement ce que tu fais, Caleb. Tout ce que je sais, c'est que tu es programmeur. Mais programmer quoi ?**

Il referma son ordinateur d'un geste calme, mais calculé.

-**Des choses techniques qui t'ennuieraient probablement,** répondit-il avec une légèreté déconcertante.

Livia fronça les sourcils.

-**Et pourquoi pas me laisser décider de ce qui m'ennuie ou non ?**

-**Parce que parfois, moins tu en sais, mieux tu te portes,** rétorqua-t-il, son ton teinté d'une pointe d'avertissement.

Elle choisit de ne pas répondre, mais l'inquiétude continua de grandir en elle. Caleb semblait toujours avoir une longueur d'avance, comme s'il jouait un jeu dont elle ignorait les règles.

Plus tard dans la journée, Livia décida de s'occuper en explorant la maison. C'était une demeure ancienne mais magnifiquement rénovée, avec des plafonds hauts, des moulures élégantes et des planchers en bois massif qui grinçaient légèrement sous ses pas. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer certaines anomalies : des pièces verrouillées, des objets déplacés, des recoins étrangement vides.

Elle passa devant le bureau de Caleb, la porte légèrement entrouverte. Elle jeta un coup d'œil à l'intérieur et vit qu'il était au téléphone.

-**Je ne peux pas en parler maintenant,** disait-il à voix basse, son dos tourné à la porte. **Non, ça doit rester entre nous. Pas de traces écrites, compris ?**

Livia se figea. À qui parlait-il ? Pourquoi un tel secret ?

Elle recula discrètement avant qu'il ne la remarque, mais son cœur battait la chamade. Ses soupçons s'intensifiaient, et elle sentait que Caleb ne lui disait pas tout.

Ce soir-là, alors que Caleb s'était enfermé dans son bureau, Livia décida d'explorer le grenier. C'était une pièce qu'elle avait repérée plus tôt mais qu'elle n'avait pas encore osé visiter. Elle grimpa les escaliers étroits menant à la petite trappe au plafond, une lampe torche à la main.

Chapitre 3 CHAPITRE 3

Le grenier était sombre et rempli de vieilles boîtes poussiéreuses. Pourtant, un détail attira immédiatement son attention : une armoire métallique fermée par un cadenas. Pourquoi quelqu'un aurait-il besoin de cacher quelque chose dans une maison qui leur appartenait ?

Elle chercha dans les boîtes voisines et trouva une petite clé enveloppée dans un chiffon. Son instinct lui disait qu'elle devait l'essayer. Avec un mélange d'appréhension et de curiosité, elle inséra la clé dans le cadenas. Celui-ci s'ouvrit avec un clic sonore.

À l'intérieur de l'armoire, elle découvrit plusieurs dossiers. En les feuilletant, elle sentit un frisson glacé parcourir son échine. Les documents semblaient liés à des transactions financières, des projets technologiques, et... des rapports détaillés sur elle. Son nom, sa date de naissance, des photos de ses parents, même des copies de ses relevés bancaires.

-**Qu'est-ce que c'est que ça ?** murmura-t-elle, les mains tremblantes.

Une feuille attira particulièrement son attention : c'était un contrat. Un contrat impliquant une entreprise inconnue, avec la signature de Caleb en bas de la page.

Avant qu'elle ne puisse en lire davantage, un bruit derrière elle la fit sursauter. Elle se retourna brusquement et trouva Caleb debout dans l'encadrement de la porte.

-**Tu cherches quelque chose, Livia ?** demanda-t-il calmement, mais ses yeux trahissaient une colère froide.

Elle se redressa, serrant les documents contre elle comme un bouclier.

-**Qu'est-ce que c'est, Caleb ? Pourquoi as-tu ces informations sur moi ?**

Il avança lentement, ses pas résonnant sur le plancher grinçant.

-**Je crois que tu es entrée dans une pièce où tu n'avais rien à faire,** dit-il, sa voix basse mais chargée de tension.

-**Ne change pas de sujet !** s'écria-t-elle. **Tu me dois des explications ! Pourquoi tu as des dossiers sur ma vie personnelle ? Et ces transactions... qu'est-ce que tu mijotes ?**

Il s'arrêta à quelques pas d'elle, les mains dans les poches.

-**Écoute-moi bien, Livia. Ce mariage n'a jamais été une union normale. Nous le savons tous les deux. Mais il y a des choses que tu n'es pas prête à comprendre. Alors, je te conseille de ranger ces documents et d'oublier ce que tu as vu.**

Elle éclata de rire, un rire nerveux teinté de frustration.

-**Tu crois vraiment que je vais te laisser continuer à jouer avec moi comme ça ? Dis-moi la vérité, Caleb, ou je quitte cette maison.**

Son expression s'assombrit, et pour la première fois, elle crut voir une lueur de vulnérabilité dans ses yeux.

-**Ce n'est pas aussi simple que tu le crois,** murmura-t-il.

-**Alors explique-moi,** insista-t-elle, sa voix presque suppliante.

Il hésita, mais finit par détourner le regard.

-**Ce n'est pas le bon moment.**

-**Le bon moment ?** Elle secoua la tête avec incrédulité. **Et quand le sera-t-il ? Quand tu auras tout détruit ?**

Sans attendre sa réponse, elle passa à côté de lui, descendant les escaliers avec les documents en main.

Cette nuit-là, Livia s'enferma dans sa chambre, les documents étalés sur son lit. Plus elle les examinait, plus elle se sentait prise au piège. Qui était réellement Caleb ? Pourquoi semblait-il tout savoir d'elle alors qu'elle ne connaissait presque rien de lui ?

Elle trouva une mention récurrente dans les papiers : une entreprise appelée *Stone Enterprises*. Elle chercha rapidement des informations sur son téléphone et découvrit que c'était une société multimilliardaire spécialisée dans la technologie. Caleb était-il lié à cette entreprise ? Et si oui, pourquoi prétendait-il être un simple programmeur ?

Les questions tournaient en boucle dans sa tête, empêchant le sommeil de venir.

Au petit matin, elle prit une décision. Si Caleb refusait de lui dire la vérité, elle la découvrirait par elle-même. Elle savait maintenant qu'il y avait une pièce secrète dans leur maison. Et elle était déterminée à percer ses mystères, peu importe les conséquences.

Mais une chose était sûre : elle ne pouvait plus faire confiance à son mari.

La nuit était tombée sur la maison. Le silence enveloppait chaque pièce, à l'exception du léger bruissement des feuilles qui se frottaient contre les fenêtres sous l'effet du vent. Livia se tenait là, dans sa chambre, fixant le plafond, les bras croisés sous la tête. La lueur de la lune passait à peine à travers les rideaux épais, plongeant la pièce dans une obscurité paisible, mais cette tranquillité n'offrait aucun réconfort.

Elle ferma les yeux, mais dès qu'elle s'endormit, des images frappantes envahirent son esprit. Des souvenirs douloureux, des fragments de son passé, qu'elle avait cru avoir enfouis à tout jamais, ressurgirent.

Les visages de ses enfants, ou du moins, ce qu'elle se souvenait d'eux, dansaient devant ses yeux fermés. Des petites bouilles, des sourires innocents, et des rires cristallins. Mais tout cela se dissolvait comme de l'eau sous la chaleur, ne laissant que le vide d'un souvenir qu'elle ne pouvait tout à fait saisir.

Livia se retrouva dans une chambre d'hôpital. L'odeur de l'antiseptique, la lumière crue des néons au plafond, et le bruit insistant des appareils connectés à un cœur qui battait trop lentement. Les machines émettaient des bips réguliers, mais l'air était lourd. Une infirmière en blanc s'approcha, l'air désolé.

« Je suis désolée, mademoiselle. Il n'y a plus rien à faire... »

Ces mots résonnaient encore dans sa tête, des échos incessants, trop vifs pour qu'elle les ignore. Livia se redressa dans son lit, haletante, les mains tremblantes. Elle ouvrit les yeux, mais la pièce était plongée dans l'obscurité. Le rêve la hantait, lui bousillant le cœur. Ses triplés. Ses enfants. Combien de fois avait-elle pleuré leur perte ? Combien de fois avait-elle cherché à comprendre ce qui s'était réellement passé ce jour-là ? Les médecins lui avaient dit que seul un bébé survivrait. Mais et si ce n'était pas la vérité ? Et si... ?

Elle se leva brusquement du lit, son cœur battant à tout rompre. Elle sentit la sueur perler sur son front, le froid de la chambre l'enveloppant d'une froideur glaciale. Le vent soufflait à travers la fenêtre légèrement entrouverte, mais c'était la sensation du vide qui la glaçait. Un vide qu'elle n'arrivait plus à combler, un vide d'un passé qui n'avait jamais été aussi flou.

Elle n'était pas prête à laisser tout cela derrière elle. Pas tant qu'elle n'aurait pas la vérité.

Elle se tourna vers la commode, s'emparant du téléphone qu'elle avait posé là plus tôt. Ses doigts glissèrent sur l'écran, tremblants. Elle chercha dans ses contacts le numéro de la maternité où elle avait accouché. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas cherché à savoir ce qu'il était advenu de ses enfants, mais la vérité la rongeait chaque jour un peu plus. Peut-être que quelque part, il y avait des réponses.

Son doigt hésita un moment avant d'appuyer sur le bouton « appel ». L'attente fut interminable, chaque sonnerie résonnant comme une torture. Enfin, une voix féminine se fit entendre.

« Clinique Saint-Marie, bonsoir, que puis-je faire pour vous ? »

Livia prit une grande inspiration, tentant de garder son calme.

« Bonjour, je voudrais obtenir des informations sur un accouchement qui a eu lieu il y a trois ans, à la clinique. J'ai perdu des triplés à ce moment-là, et je suis... j'aimerais savoir s'il y a des documents ou des informations que vous pourriez me fournir. »

La voix au bout du fil sembla hésiter. Il y eut un moment de silence, puis la réponse, bien plus sérieuse cette fois :

« Je vais devoir consulter nos archives. Mais il serait préférable que vous veniez sur place pour discuter de cela en personne. Certaines informations sont confidentielles. »

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