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Le Poids de la Honte

Le Poids de la Honte

Auteur:: The Dove
Genre: Moderne
Je suis revenue à Strasbourg, écrasée par les dettes familiales, le poids de la honte sur mes épaules. Pourtant, en rendant visite à ma grand-mère mourante, je suis retombée sur Léo Marchal, l'amour de ma jeunesse. Ce n'était plus le Léo que j'aimais, mais un homme glacial dont les mots étaient des gifles, m'humiliant publiquement. Pire encore, les créanciers me traquaient sans pitié, menaçant de me vendre à un réseau, et j'avais une cicatrice cachée, vestige d'une opération illégale pour éponger les dettes. L'humiliation fut à son comble quand Léo m'a forcée à jouer sa cavalière lors d'un gala, m'exposant aux regards juges. Brisée par ses moqueries, ma survie entre misère et menaces semblait impossible. Quand tout espoir s'éteint, que reste-t-il ? Face à cette torture incessante, j'ai pris une décision radicale : disparaître, laisser le Rhin emporter toutes mes souffrances. Ce qui semblait être ma noyade n'était qu'une échappatoire désespérée. Pourtant, Léo, l'homme qui m'avait tant blessée, fut pris d'un remords abyssal à l'annonce de ma "mort", découvrant l'ampleur de mes horribles souffrances. Va-t-il transformer ce repentir en une quête obsessionnelle de vengeance, même en me croyant morte ?

Introduction

Je suis revenue à Strasbourg, écrasée par les dettes familiales, le poids de la honte sur mes épaules.

Pourtant, en rendant visite à ma grand-mère mourante, je suis retombée sur Léo Marchal, l'amour de ma jeunesse.

Ce n'était plus le Léo que j'aimais, mais un homme glacial dont les mots étaient des gifles, m'humiliant publiquement.

Pire encore, les créanciers me traquaient sans pitié, menaçant de me vendre à un réseau, et j'avais une cicatrice cachée, vestige d'une opération illégale pour éponger les dettes.

L'humiliation fut à son comble quand Léo m'a forcée à jouer sa cavalière lors d'un gala, m'exposant aux regards juges.

Brisée par ses moqueries, ma survie entre misère et menaces semblait impossible.

Quand tout espoir s'éteint, que reste-t-il ?

Face à cette torture incessante, j'ai pris une décision radicale : disparaître, laisser le Rhin emporter toutes mes souffrances.

Ce qui semblait être ma noyade n'était qu'une échappatoire désespérée.

Pourtant, Léo, l'homme qui m'avait tant blessée, fut pris d'un remords abyssal à l'annonce de ma "mort", découvrant l'ampleur de mes horribles souffrances.

Va-t-il transformer ce repentir en une quête obsessionnelle de vengeance, même en me croyant morte ?

Chapitre 1

Le bus de nuit crachait Amélie Dubois sur le pavé froid de Strasbourg, l'air de l'aube était coupant.

Elle serrait son unique sac élimé contre elle, un maigre rempart contre le vent et la peur.

Ses vêtements étaient minces, usés, inadaptés à la morsure de l'hiver alsacien qui s'annonçait.

Strasbourg, sa ville, autrefois promesse d'avenir, aujourd'hui synonyme de cauchemar.

Elle revenait, non par choix, mais par un appel désespéré de Madame Annette, l'aide-soignante.

Madame Hélène Marchal, la grand-mère de Léo, la seule personne qui lui avait montré une once de bonté dans cette famille, était au plus mal.

Elle voulait revoir Amélie une dernière fois.

Amélie avait hésité, la peur au ventre, les créanciers la traquaient comme une bête.

Mais l'image de Madame Marchal, douce et ridée, l'avait emporté sur la terreur.

Elle marcha vers la demeure des Marchal, chaque pas ravivant des souvenirs amers.

Le portail monumental se dressait devant elle, arrogant, comme pour lui rappeler sa déchéance.

Elle sonna, la main tremblante.

La porte s'ouvrit sur Thomas, le chef de cabinet de Léo, son ami d'enfance.

Son visage se figea en la voyant.

"Amélie ? Qu'est-ce que tu fais là ?"

Sa voix était neutre, mais ses yeux la dévisageaient sans aménité.

"Madame Annette m'a appelée, pour Madame Marchal."

Thomas hésita, puis s'écarta. "Entre."

L'intérieur était opulent, silencieux, écrasant. Chaque meuble, chaque tableau criait la richesse et le pouvoir des Marchal.

Une richesse qui avait autrefois côtoyé la sienne, avant la faillite, avant la honte.

Elle entendit des pas.

Léo Marchal apparut en haut de l'escalier monumental.

Grand, impeccablement vêtu, il descendait lentement, chaque marche accentuant sa domination.

Son regard tomba sur Amélie, et un masque de glace recouvrit ses traits.

Il ne dit rien, s'arrêtant à quelques mètres.

Le silence était lourd, hostile.

Amélie sentit le rouge lui monter aux joues, la honte de sa mise misérable face à son élégance.

"Que fais-tu ici ?"

La voix de Léo était tranchante, dépourvue de toute chaleur.

Pas un "bonjour", pas une once de surprise feinte. Juste du mépris pur.

"Ta grand-mère... Madame Annette a dit qu'elle voulait me voir."

"Ma grand-mère est très malade, elle divague. Elle ne sait pas ce qu'elle dit."

Chaque mot était un coup.

Derrière Léo, une silhouette féminine apparut, Sophie de Courcy, sa fiancée.

Belle, souriante, mais d'un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

Elle portait une robe élégante, et à son doigt brillait un saphir ancien, la bague de fiançailles des Marchal.

Un symbole de tout ce qu'Amélie avait perdu, de tout ce qu'on lui avait arraché.

Sophie s'approcha de Léo, posa une main faussement douce sur son bras.

"Léo, chéri, qui est-ce ?" Sa voix était sucrée, presque enfantine.

Léo ne la quitta pas des yeux Amélie.

"Personne d'important. Une ancienne employée du domaine de mes grands-parents."

Ancienne employée. Leur amour de jeunesse, leurs rêves, réduits à ça.

Amélie sentit son cœur se serrer, mais elle garda la tête haute.

Elle était habituée à l'humiliation.

"Elle prétend que ma grand-mère l'a fait venir," continua Léo, son ton accusateur.

"Je ne prétends rien, Léo. C'est la vérité."

Sophie la regarda de haut en bas, un petit sourire narquois aux lèvres.

"Pauvre petite chose. Tu as l'air d'avoir besoin d'un bon repas et de vêtements propres."

L'humiliation était publique, calculée.

Amélie serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes.

"Je suis venue pour Madame Marchal. Si elle ne peut pas me voir, je repartirai."

Léo eut un rictus. "Tu crois que c'est si simple ? Tu apparais comme ça, après tout ce temps, et tu t'attends à quoi ?"

Il s'avança vers elle, menaçant.

"Tu es venue pour l'argent, n'est-ce pas ? Comme toujours."

Chapitre 2

Léo la détaillait, son regard s'attardant sur ses cheveux ternes, son visage creusé par la fatigue et la faim, ses vêtements usés jusqu'à la corde.

Il n'y avait aucune pitié dans ses yeux, seulement un dégoût froid.

"Tu as vraiment touché le fond, Amélie."

Ses mots étaient comme des gifles.

"On dirait que la vie ne t'a pas épargnée."

Sophie gloussa doucement à côté de lui, savourant la scène.

Amélie ne répondit pas, fixant un point derrière Léo.

Elle ne lui donnerait pas la satisfaction de la voir s'effondrer.

"Ma grand-mère est dans sa chambre, Annette est avec elle," dit Léo, sa voix toujours aussi dure. "Tu peux la voir, mais très brièvement. Et ensuite, tu disparaîs."

Il la toisait. "Je ne veux plus jamais te revoir ici."

"Je comprends," murmura Amélie, la gorge nouée.

Elle n'était qu'une nuisance, une ombre du passé qu'il voulait effacer.

"Et ne t'avise pas de lui demander quoi que ce soit. Pas un centime."

Amélie releva la tête, son regard croisant le sien.

"Je ne suis pas venue pour l'argent, Léo."

"C'est ce qu'elles disent toutes," répliqua-t-il avec un sourire cynique.

Il fit un geste impatient à Thomas. "Conduis-la à la chambre de ma grand-mère. Et surveille-la."

Thomas acquiesça, le visage fermé.

Amélie le suivit, sentant le regard brûlant de Léo et le sourire satisfait de Sophie dans son dos.

Le couloir était long, les portraits d'ancêtres Marchal la fixaient avec sévérité.

Elle se sentait comme une intruse, une souillure dans ce temple de la richesse.

Devant une porte, Thomas s'arrêta.

"Madame Marchal est très faible. Ne la fatiguez pas."

Amélie hocha la tête, le cœur battant.

Elle entra doucement.

La pièce était sombre, les rideaux tirés. Madame Hélène Marchal était allongée dans un grand lit, petite et fragile.

Madame Annette, l'aide-soignante, se leva d'une chaise.

"Amélie... vous êtes venue." Son visage exprimait un soulagement sincère.

Amélie s'approcha du lit.

Les yeux de Madame Marchal s'ouvrirent lentement. Un faible sourire éclaira son visage parcheminé.

"Amélie... ma petite Amélie..." Sa voix était un souffle.

Amélie prit sa main fine et sèche.

"Je suis là, Madame Marchal."

"Je savais... que tu viendrais..."

Les larmes montèrent aux yeux d'Amélie. C'était la seule personne qui semblait encore se soucier d'elle.

Elles parlèrent peu, Madame Marchal était trop faible. Mais ses yeux brillaient d'une tendresse qui réchauffa le cœur glacé d'Amélie.

Un instant de paix, fragile et précieux.

Puis, la porte s'ouvrit brusquement.

Léo se tenait sur le seuil, le visage dur.

"C'est assez. Tu dois partir maintenant."

Il n'avait même pas regardé sa grand-mère.

Madame Marchal serra faiblement la main d'Amélie. "Ne... ne pars pas..."

"Elle a besoin de repos," dit Léo, sa voix ne tolérant aucune discussion.

Amélie se pencha et embrassa le front de la vieille dame.

"Je reviendrai si je peux, Madame." Un mensonge, elle le savait.

Elle se redressa, évitant le regard de Léo.

En sortant, elle croisa Sophie dans le couloir.

Celle-ci examinait ses ongles, un air d'ennui affecté.

"Alors, les adieux sont faits ? J'espère que tu ne comptes pas t'incruster."

Amélie passa sans un mot.

Elle récupéra son sac sous le regard de Thomas.

Léo l'attendait près de la porte d'entrée.

"Je veux que tu sois claire sur une chose," dit-il, sa voix basse et menaçante. "Notre passé est mort et enterré. Tu n'es rien pour moi, rien pour cette famille, à part un mauvais souvenir."

Amélie encaissa, le visage impassible.

"Je suis ici uniquement parce que ma grand-mère, dans son délire, a demandé à te voir. C'est la seule raison."

"Je ne te dois rien. Tu ne me dois rien. Nous sommes des étrangers."

Elle le regarda enfin dans les yeux.

"J'ai compris, Léo. Parfaitement compris."

Sa résignation sembla l'irriter davantage.

"Bien. Alors, maintenant, va-t'en."

Il lui ouvrit la porte, un geste de congédiement brutal.

Dehors, le vent froid lui cingla le visage.

Elle était de nouveau seule, avec ses dettes, ses peurs, et le poids de ce mépris.

Elle avait besoin d'un endroit où dormir, d'un travail, n'importe quoi.

Elle commença à marcher, sans but précis, dans les rues de Strasbourg.

Elle devait survivre. Encore une fois.

Elle pensa à la cicatrice cachée sous ses vêtements, sur son abdomen.

Un stigmate de l'enfer qu'elle avait traversé pour éponger une partie des dettes de son père.

Une "intervention" clandestine à l'étranger, orchestrée par ses créanciers.

Personne ne devait savoir. Surtout pas Léo.

Il la méprisait déjà assez.

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