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Le Pacte avec L'Alpha milliardaire

Le Pacte avec L'Alpha milliardaire

Auteur:: plume htn
Genre: Loup-garou
Éloïse "Ellie" Carter, une jeune femme issue d'une famille d'élite tyrannique, est forcée de se marier avec un homme qu'elle méprise : un Alpha milliardaire et impitoyable, Adrian Wolfe. Héritière d'une ancienne lignée de loups-garous, Ellie est la honte de sa famille car son loup ne s'est jamais manifesté. Adrian, à la tête de la meute des Sables-d'Argent et PDG d'un empire financier colossal, accepte ce mariage arrangé pour consolider un pacte vital pour sa meute. Arrogant, dominateur, et insaisissable, Adrian cache une blessure profonde : un sombre passé marqué par des pertes, des trahisons et une malédiction qui ronge son loup, menaçant son contrôle. Dans un univers où les affaires se mêlent à la hiérarchie des meutes, Ellie est propulsée dans un monde de luxe, de pouvoir et de rivalités. Mais elle découvre rapidement qu'Adrian n'est pas seulement un Alpha autoritaire et un magnat des affaires : il est aussi un homme hanté par un secret qui pourrait tout détruire. Pourquoi Adrian a-t-il vraiment accepté ce mariage ? Quel est ce lien étrange qui semble se tisser entre eux, oscillant entre haine et désir incontrôlable ? Alors qu'Ellie tente de prouver sa valeur dans un monde qui la considère comme faible, elle découvre des complots au sein même de la meute d'Adrian, des alliances financières douteuses et une menace qui pourrait anéantir leur monde. Et si son loup n'était pas perdu mais simplement endormi ? Qu'adviendra-t-il lorsqu'Ellie découvrira qu'elle est liée à une ancienne prophétie qui pourrait soit sauver Adrian, soit le détruire ?

Chapitre 1 Chapitre 1

La lumière dorée de la fin d'après-midi se glissait à travers les rideaux de dentelle, jetant des ombres dans le salon luxueux de la demeure des Carter. Éloïse, assise bien droite dans un fauteuil imposant, serrait les accoudoirs en bois gravé avec une telle force que ses jointures blanchissaient. Elle avait été convoquée par son père, un homme austère dont les mots étaient aussi tranchants qu'un couteau. Elle savait que cette réunion ne présageait rien de bon.

Face à elle, sa mère, toujours élégante, ajustait les plis de sa robe en soie d'un geste nerveux, évitant soigneusement de croiser le regard de sa fille. Éloïse sentait une tension inhabituelle dans l'air, une sorte de lourdeur oppressante qui lui donnait envie de fuir. Mais elle savait que c'était impossible. La porte du salon s'ouvrit brusquement, et son père entra, suivi de ses frères aînés. Tous affichaient des expressions graves.

« Éloïse, nous devons parler. » La voix autoritaire de son père brisa le silence.

Elle releva le menton, déterminée à ne pas montrer la moindre faiblesse. « De quoi s'agit-il  ? » demanda-t-elle, bien qu'elle redoutât la réponse.

Il s'assit en face d'elle, croisant ses mains sur sa canne ornée d'un pommeau en argent. Ses yeux la fixaient avec une intensité froide. « Notre famille est dans une situation délicate. Nos dettes s'accumulent, et notre réputation, autrefois inébranlable, est en péril. Nous avons besoin d'une alliance solide pour redresser la barre. »

Éloïse fronça les sourcils. « Et en quoi cela me concerne-t-il  ? »

Sa mère prit la parole, d'une voix douce mais tremblante. « Nous avons arrangé un mariage pour toi, ma chérie. Avec Adrian Wolfe. »

Le nom résonna dans la pièce comme une détonation. Adrian Wolfe. Le puissant et redouté PDG d'un empire colossal, mais aussi l'Alpha de la meute des Sables-d'Argent. Son nom était synonyme de pouvoir, de mystère... et de danger.

Éloïse éclata de rire, un rire nerveux qui résonnait presque hystériquement. « Vous plaisantez, n'est-ce pas  ? Vous voulez que j'épouse cet homme  ? Un inconnu  ? »

Son père frappa sa canne contre le sol, un geste d'impatience. « Ce n'est pas une proposition, Éloïse. C'est une décision. Notre survie en dépend. Adrian a accepté. Tu seras sa femme d'ici deux semaines. »

Son cœur s'arrêta un instant. « Et si je refuse  ? » murmura-t-elle, ses yeux défiant ceux de son père.

Il se leva, imposant, et s'approcha d'elle. « Tu n'as pas ce luxe. Tu es une Carter, et en tant que telle, tu as des devoirs envers ta famille. »

Une colère brûlante monta en elle, mais elle la ravala. Elle savait qu'aucune protestation ne changerait quoi que ce soit.

Le lendemain, Éloïse fut conduite dans une propriété isolée, sous prétexte de rencontrer Adrian pour discuter des détails du mariage. La voiture noire aux vitres teintées roulait à travers une route sinueuse bordée de forêts denses. Éloïse fixait le paysage défilant, son esprit tourmenté par mille pensées.

Lorsqu'ils arrivèrent, elle fut accueillie par une demeure imposante, presque intimidante, entourée de hauts murs. Tout dans cet endroit respirait la puissance et le contrôle.

Elle fut guidée à l'intérieur par un homme en costume, qui la mena à une grande pièce aux murs recouverts de bibliothèques et d'œuvres d'art modernes. Adrian Wolfe se tenait là, dos à elle, observant la vue par une immense baie vitrée.

Lorsqu'il se retourna, Éloïse sentit son souffle se couper. L'homme était grand, avec une prestance écrasante. Ses cheveux noirs encadraient un visage aux traits ciselés, et ses yeux perçants semblaient capables de lire dans son âme. Il portait un costume parfaitement ajusté, mais malgré son apparence élégante, il émanait de lui une aura de danger brut.

« Éloïse Carter, je présume  ? » Sa voix grave résonna dans la pièce, profonde et chargée d'une autorité naturelle.

Elle croisa les bras, masquant sa nervosité par une attitude insolente. « Et vous devez être Adrian Wolfe. L'homme qui pense pouvoir acheter une femme comme on achète une propriété. »

Un sourire amusé, presque cruel, effleura ses lèvres. « Vous avez du cran, je vous le concède. Mais ne confondez pas cette alliance avec un simple achat. C'est un partenariat, bien que vous ne sembliez pas encore comprendre votre rôle. »

Éloïse s'approcha, plantant son regard dans le sien. « Je ne suis pas une marionnette que l'on manipule pour conclure des affaires. »

Il haussa un sourcil, comme si sa résistance l'intriguait. « Et pourtant, vous êtes ici. Parce que vous savez que refuser serait futile. Votre famille a besoin de moi, tout comme vous aurez bientôt besoin de moi. »

Elle serra les poings. « Je ne vous appartiendrai jamais. »

Il fit un pas vers elle, réduisant la distance entre eux, et elle sentit son souffle se mélanger au sien. « Vous serez mienne, Éloïse. Pas parce que je l'exige, mais parce que, d'une manière ou d'une autre, vous le voudrez. »

Son ton, bien que calme, contenait une promesse presque menaçante. Un frisson parcourut son échine, mélange de peur et d'excitation qu'elle ne parvenait pas à réprimer.

« Vous êtes aussi arrogant que ce que l'on raconte, » murmura-t-elle, tentant de reprendre le contrôle.

Il sourit de nouveau, cette fois avec une chaleur inattendue. « Et vous êtes plus fougueuse que ce que l'on m'avait dit. Cela pourrait être... intéressant. »

Adrian recula légèrement, rompant l'intensité du moment. « Nous aurons tout le temps de discuter de vos préoccupations. Mais sachez ceci, Éloïse : je ne tolérerai pas la désobéissance ou le défi public. Si nous devons fonctionner ensemble, il y aura des règles. »

« Des règles  ? » Elle haussa les sourcils. « Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous obéir aveuglément  ? »

« Je n'ai pas besoin que vous m'obéissiez aveuglément, » répondit-il, son ton devenant glacial. « J'ai besoin que vous compreniez les enjeux. Je protège ce qui est à moi. Et dès que vous serez ma femme, cela inclura également votre sécurité. Que vous le vouliez ou non. »

Éloïse détestait l'effet qu'il avait sur elle, cette manière de la mettre à la fois en colère et de l'intriguer. Elle aurait voulu le gifler, mais elle se contenta de reculer, les poings toujours serrés.

« Nous verrons, » dit-elle finalement, refusant de lui donner la satisfaction d'une réponse plus émotive.

Adrian la regarda partir, ses lèvres formant un sourire énigmatique. Il savait que ce mariage ne serait pas ordinaire. Éloïse Carter était un défi, et il aimait les défis.

Mais ce qu'il ne montrait pas, c'était le poids de ses propres secrets. Derrière son apparente maîtrise se cachait une âme tourmentée, un homme luttant contre des démons qu'il ne pouvait pas affronter seul. Éloïse était bien plus qu'un simple pion dans son plan. Elle pourrait être la clé de sa rédemption... ou de sa destruction.

Chapitre 2 Chapitre 2

La salle de bal était un joyau d'élégance, baignée d'une lumière douce qui dansait sur les lustres de cristal suspendus au plafond. Chaque détail de la soirée, des tables couvertes de nappes ivoire aux arrangements floraux extravagants, témoignait de l'opulence caractéristique d'Adrian Wolfe. Ce gala, officiellement destiné à annoncer leurs fiançailles, était bien plus qu'une simple célébration. Il s'agissait d'un événement stratégique, destiné à prouver à tous la puissance et la stabilité qu'Adrian offrait en s'alliant avec les Carter.

Ellie se tenait à l'entrée de la salle, paralysée par le poids des regards qui convergeaient vers elle. Chaque invité, vêtu de tenues somptueuses, semblait évaluer sa présence, jauger si elle était digne d'être associée à l'imposant Alpha des Sables-d'Argent. Elle sentait le mépris implicite dans leurs murmures étouffés, surtout ceux de sa propre famille.

Sa mère s'approcha, le sourire faux et crispé, et posa une main légère sur son bras. « Tiens-toi droite, Éloïse. Fais au moins semblant d'être gracieuse. »

Ellie inspira profondément, cherchant à ignorer la pique. « C'est facile pour toi de parler, » murmura-t-elle entre ses dents, « tu n'es pas celle qu'on expose comme une marchandise. »

Le visage de sa mère se durcit, mais elle n'ajouta rien. Ellie savait que tout conflit ouvert risquait d'attirer des regards indésirables. Pourtant, elle sentait une colère sourde monter en elle.

Alors qu'elle avançait dans la salle, le regard des invités ne faisait qu'accentuer son malaise. Certains chuchotaient, leurs lèvres formant des mots qu'elle n'avait pas besoin d'entendre pour comprendre : « La honte des Carter », « Elle n'a même pas de loup ». Ces murmures étaient comme des aiguilles qui s'enfonçaient dans sa peau.

Adrian, de son côté, était au centre de l'attention, entouré d'hommes et de femmes captivés par son charisme. Il portait un costume noir parfaitement taillé qui soulignait sa silhouette imposante. Son attitude calme et assurée le rendait presque inaccessible, comme s'il se trouvait dans une sphère que personne d'autre ne pouvait atteindre.

Lorsque leurs regards se croisèrent, Ellie sentit une chaleur étrange se propager en elle. Il lui fit un signe imperceptible, l'invitant à le rejoindre. Prenant sur elle, elle traversa la salle, consciente des regards qui la suivaient.

« Vous êtes en retard, » murmura-t-il lorsqu'elle arriva à ses côtés, sa voix assez basse pour qu'elle seule l'entende.

« Je ne savais pas que j'étais attendue comme une pièce maîtresse dans une vitrine, » répliqua-t-elle, son ton légèrement acide.

Un sourire amusé effleura ses lèvres. « Si vous êtes une pièce maîtresse, alors vous êtes certainement une œuvre d'art. »

Ellie rougit malgré elle, troublée par ce mélange de flatterie et de sarcasme. Adrian tendit une main vers elle, l'invitant à s'avancer. Elle hésita un instant avant de poser ses doigts dans les siens. Sa prise était ferme, sécurisante, mais aussi un rappel subtil de sa domination.

Il se tourna vers les invités et leva légèrement leur main jointe. « Mesdames et messieurs, permettez-moi de vous présenter ma fiancée, Éloïse Carter. »

Un silence suivit sa déclaration, avant que des applaudissements polis ne remplissent la salle. Ellie, consciente de chaque paire d'yeux braquée sur elle, esquissa un sourire qu'elle espérait convaincant.

Cependant, alors que les invités s'approchaient pour la saluer ou l'évaluer, elle entendit les murmures acerbes de ses frères, non loin.

« Elle ne mérite même pas cet honneur. Adrian pourrait avoir n'importe quelle femme, et il choisit notre déchet. »

Le sang d'Ellie bouillonna. Elle serra les dents, tentant de contenir les larmes de frustration qui menaçaient de monter. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, Adrian se détourna brusquement de ses interlocuteurs et fixa ses frères avec un regard glacé.

« Messieurs, » dit-il d'une voix si froide qu'elle fit frissonner Ellie, « je vous conseille de surveiller vos paroles. Votre sœur est désormais sous ma protection, et je n'hésiterai pas à rappeler à quiconque les conséquences de manquer de respect envers elle. »

Un silence tendu s'installa. Les frères d'Ellie baissèrent les yeux, visiblement intimidés. Adrian les ignora ensuite, se retournant vers elle comme si rien ne s'était passé.

« Merci, » murmura-t-elle, troublée par son intervention inattendue.

Il haussa légèrement les épaules, son visage redevenant impassible. « Je ne fais que protéger ce qui m'appartient. »

Cette remarque, bien que destinée à la défendre, piqua l'orgueil d'Ellie. Elle détourna le regard, refusant de lui donner la satisfaction d'une réponse.

La soirée continua, mais Ellie se sentait de plus en plus étrangère dans cet univers. Elle observait Adrian de loin, sa présence magnétique captivant chaque personne qui l'approchait. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui se cachait derrière cette façade.

Plus tard dans la soirée, cherchant un moment de solitude, Ellie se glissa discrètement hors de la salle principale. Elle erra dans les couloirs, ses pas résonnant faiblement sur le marbre poli.

C'est alors qu'elle entendit des voix provenir d'une pièce voisine. Curieuse, elle s'approcha, se cachant derrière une porte entrebâillée.

« Cette malédiction devient incontrôlable, Adrian, » disait un homme à la voix grave. « Si nous n'agissons pas rapidement, elle pourrait te détruire... et nous avec. »

« Je gère la situation, » répondit Adrian, son ton chargé de tension.

« Gérer ? » L'homme semblait furieux. « Ce n'est pas quelque chose que tu peux simplement ignorer. Tu sais ce que cela signifie pour la meute. Pour toi. »

Adrian soupira, et Ellie sentit une rare vulnérabilité dans son souffle. « Je trouverai une solution. Je n'ai pas le choix. »

« Et cette femme  ? » demanda l'autre. « Tu penses qu'elle pourra t'aider  ? »

Ellie retint son souffle, son cœur battant à tout rompre. De quoi parlaient-ils  ? Pourquoi faisait-elle partie de cette discussion  ?

« Elle n'a pas encore conscience de son rôle, » répondit Adrian. « Mais elle le saura bientôt. »

Le silence qui suivit était presque assourdissant. Ellie sentit son corps se raidir. Un mélange de peur et de curiosité brûlait en elle.

Elle recula lentement, ses pensées tourbillonnant dans un chaos absolu. Qui était vraiment Adrian Wolfe  ? Et pourquoi avait-elle l'impression d'être au cœur d'un jeu dont elle ignorait encore les règles  ?

Lorsqu'elle retourna dans la salle de bal, elle trouva Adrian qui l'attendait, son regard perçant la traversant comme une lame.

« Où étiez-vous ? » demanda-t-il, son ton calme, mais empreint d'un soupçon de suspicion.

Ellie soutint son regard, refusant de montrer la moindre faiblesse. « Je prenais simplement l'air. »

Il plissa légèrement les yeux, mais ne répondit rien. Pourtant, elle sentit qu'il ne croyait pas une seconde à son excuse.

La soirée continua, mais un malaise persistant s'installa entre eux. Ellie savait qu'elle venait de découvrir quelque chose d'important. La question était : allait-elle survivre pour en apprendre davantage  ?

Chapitre 3 Chapitre 3

Le manoir des Sables-d'Argent se dressait devant Ellie comme une forteresse imposante, presque intimidante. Ses hauts murs de pierre grise semblaient défier le temps, tandis que ses fenêtres étroites et ses tourelles donnaient l'impression d'un château tiré d'un conte sombre. L'air autour de la propriété était chargé d'une énergie particulière, une tension presque palpable, comme si les pierres elles-mêmes gardaient en elles des secrets trop lourds à porter.

Adrian lui ouvrit la portière de la voiture d'un geste précis, et elle descendit, hésitant à avancer. Un domestique en uniforme sombre s'approcha pour prendre ses bagages, mais Ellie ne bougea pas, figée devant la monumentalité du lieu.

« Vous comptez rester plantée là toute la journée  ? » demanda Adrian, sa voix teintée d'impatience.

Elle releva le menton, refusant de montrer sa nervosité. « C'est... impressionnant, » admit-elle, presque malgré elle.

« Vous vous y habituerez, » répliqua-t-il froidement, avant de se diriger vers l'entrée sans un regard en arrière.

Ellie serra les poings, luttant contre l'envie de lui répondre quelque chose de cinglant. Mais elle le suivit, ses talons claquant contre les pavés de l'allée. Une fois à l'intérieur, elle fut frappée par l'opulence du lieu. Les plafonds étaient ornés de fresques complexes, les murs couverts de tableaux anciens, et le sol en marbre reflétait les lustres étincelants suspendus au-dessus de sa tête.

Mais malgré cette splendeur, une froideur persistante semblait habiter les lieux, comme si la richesse ne suffisait pas à chasser l'ombre qui y régnait.

« Voici votre nouvelle demeure, » déclara Adrian, sa voix résonnant dans le grand hall. « J'espère que vous trouverez tout ce dont vous avez besoin. »

Ellie sentit le sarcasme dans ses mots, mais elle choisit de ne pas réagir. Elle avait appris depuis longtemps que répondre à Adrian ne faisait que renforcer son désir de la provoquer.

Une femme apparut soudainement, s'approchant avec une élégance calculée. Ses cheveux noirs étaient tirés en un chignon strict, et ses yeux perçants semblaient analyser Ellie avec une intensité presque dérangeante.

« C'est elle, donc, » dit la femme, ignorant totalement Ellie pour s'adresser à Adrian.

« Oui, » répondit-il simplement. « Ellie, voici Lydia, ma seconde. Elle vous aidera à vous acclimater. »

Lydia tourna enfin son regard vers Ellie, et cette dernière sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce regard n'était pas accueillant.

« Nous avons entendu parler de vous, » dit Lydia d'une voix polie mais froide. « Soyez assurée que nous ferons tout pour faciliter votre intégration. »

Ellie sourit légèrement, même si elle percevait parfaitement le double sens de cette phrase. Lydia voulait clairement dire qu'elle serait surveillée, jugée, et probablement méprisée.

« Je suis certaine que tout se passera bien, » répondit Ellie avec une douceur feinte.

Adrian intervint, coupant court à l'échange. « Lydia, assurez-vous qu'elle s'installe confortablement. Je dois m'occuper d'affaires urgentes. »

Et sans attendre de réponse, il disparut dans un couloir, laissant Ellie seule face à la seconde.

Lydia esquissa un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. « Suivez-moi, je vais vous montrer vos quartiers. »

Ellie la suivit à contrecœur, gravissant un escalier en colimaçon qui semblait interminable. Chaque pas résonnait comme un écho de son isolement croissant.

Lorsqu'elles atteignirent enfin la chambre, Ellie fut frappée par sa grandeur. Les murs étaient recouverts de tentures luxueuses, le lit à baldaquin semblait sorti d'un rêve, et une immense baie vitrée offrait une vue imprenable sur les terres environnantes. Pourtant, malgré cette beauté, la pièce semblait aussi froide que le reste du manoir.

« C'est ici que vous résiderez, » déclara Lydia. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez le personnel. »

Ellie sentit l'ironie dans ses mots. Elle doutait que quiconque dans ce manoir soit réellement disposé à l'aider.

Une fois seule, elle s'approcha de la fenêtre, regardant la forêt dense qui entourait la propriété. Elle se sentait comme une prisonnière dans une cage dorée.

Les heures passèrent lentement, et la faim finit par la pousser à quitter la chambre. Elle erra dans les couloirs, ses pas résonnant dans le silence oppressant. Mais partout où elle allait, elle croisait des membres de la meute qui la fixaient avec méfiance, leurs regards lourds de jugement.

Lorsqu'elle atteignit enfin la salle à manger, elle trouva Adrian assis à la table, en train de lire des documents. Il leva les yeux lorsqu'elle entra, et un sourire ironique effleura ses lèvres.

« Vous avez trouvé le chemin, » dit-il, son ton moqueur.

Elle ignora sa remarque et s'installa à l'autre bout de la table. Une assiette lui fut apportée par un domestique, mais elle sentit les regards pesants des autres membres présents dans la pièce.

« Ils ne m'aiment pas beaucoup, n'est-ce pas ? » murmura-t-elle, brisant finalement le silence.

Adrian posa ses documents et la regarda, son expression indéchiffrable. « Ils sont loyaux. Ils protègent ce qui leur appartient. »

« Et moi, je ne leur appartiens pas, » répondit-elle avec défi.

Un sourire énigmatique apparut sur son visage. « Pas encore. »

Cette réponse la laissa sans voix, et elle détourna les yeux, se concentrant sur son repas.

Après le dîner, Adrian la rejoignit dans le salon, où elle tentait de lire un livre trouvé dans la bibliothèque imposante du manoir.

« Nous devons établir certaines règles, » déclara-t-il, s'asseyant sur un fauteuil face à elle.

Elle releva les yeux, haussant un sourcil. « Des règles ? »

« Vous vivez sous mon toit maintenant, » répondit-il calmement. « Et vous devez comprendre qu'ici, tout fonctionne selon mes termes. »

Elle croisa les bras, le défiant du regard. « Et quelles sont ces règles ? »

Il la fixa, son regard perçant comme s'il cherchait à lire dans son âme. « Premièrement, vous ne quittez pas le domaine sans ma permission. Deuxièmement, vous ne vous mêlez pas des affaires de la meute. Et troisièmement, vous me respectez. »

Elle éclata de rire, un rire amer et incrédule. « Respecter quelqu'un qui m'a arrachée à ma vie et qui me traite comme une possession ? Vous rêvez. »

Il se leva lentement, s'approchant d'elle. Sa présence était écrasante, et elle sentit son souffle se bloquer alors qu'il se penchait légèrement vers elle.

« Ellie, » murmura-t-il, sa voix basse et dangereusement douce, « vous apprendrez que dans ce monde, le respect n'est pas négociable. Et je n'ai jamais été un homme patient. »

Leur proximité rendit l'air entre eux presque électrique. Elle pouvait sentir la chaleur de son corps, la tension dans ses épaules. Mais elle refusa de reculer, refusant de lui montrer la moindre faiblesse.

« Faites ce que vous voulez, » répondit-elle finalement, sa voix tremblant légèrement. « Je ne suis pas une de vos subalternes. »

Il la fixa un long moment, avant de se redresser et de s'éloigner. Mais avant de quitter la pièce, il lança par-dessus son épaule : « Vous apprendrez, Ellie. Soit en douceur, soit autrement. »

Lorsqu'il disparut, Ellie sentit son cœur battre à tout rompre. Elle savait qu'elle venait de déclarer la guerre à un homme bien plus puissant qu'elle. Mais elle n'était pas prête à se soumettre. Pas encore.

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