On m'appelle Soumaya, j'ai 18 ans. Je mesure un mètre soixante-quinze, de teint clair avec des cheveux frisés qui m'arrivent au bas des épaules. J'ai des yeux bruns foncés je suis peul d'origine malienne de père et de mère. Mon père s'appelle Salif il a deux épouses ma mère Aïcha la première et Aminata la seconde qui a trois enfants dont:
-Mon frère aîné Wahab qui a 26 ans il est de teint foncé un corps ferme assez baraqué . Il est dans les affaires il réside en ville avec sa femme Shana et son fils Saïd; Wahab est nerveux protecteur et autoritaire .
-Ma soeur aînée Asma 21 ans mariée à Souley elle attend leur premier enfant elle est grande de teint foncé comme celui de Wahab elle n'est pas maigre comme moi; elle a des formes où il le faut; je fonds d'admiration face à elle bref elle est magnifique.
-Mon frère cadet Kais qui est albinos on aurait dit qu'il est métis il n'a que quatorze ans il est tout beau et physiquement parfait à son âge.
Je suis l'enfant unique de ma mère et on habite un petit village pas très loin de la capitale avec ma tante, mon père, ma mère, Kais et moi.
Le temps était lourd et étouffant, je venais de sortir d'un sommeil tourmenté, je suffoquais et j'haletais, encore l'un de ces rêves.
J'avais les yeux rivés sur le plafond. Je pensais à ma petite vie, j'y pensai constamment, depuis toute petite j'avais ce sentiment que j'étais un intrus dans cette famille, dans ma propre famille. Unique enfant de ma mère mais je n'étais pas traité comme telle.
J'habite dans un petit village non loin du désert. Il faisait extrêmement chaud et le sol était aride. Le vent du désert soufflait à longueur de journée. Je suis née ici et j'ai grandi dans cet endroit donc j'y ai l'habitude. Le village était une passerelle pour les voyageurs, c'était un endroit de transit terrestre. Nous vendons nos services, à manger, à boire, ainsi que des objets aux passeurs. C'était ce qui fait vivre le village.
J'avais commencé cette activité très jeune car je devais m'occuper de moi et de ma mère. Je m'occupais également des travaux ménagers.
Niveau scolaire j'avais que mon brevet de 3eme pour poursuivre les études il fallait que je me rende en ville hélas mon père était contre, trop conservateur peut-être. J'avais toujours l'impression que mon père ne m'aimait pas, peut- être que je trompe mais même s'il éprouvait de l'affection pour moi, cela ne devait pas être beaucoup, du moins pas autant que ses autres enfants. Donc je ne connaissais pas vraiment ce que voulait dire l'amour d'un père. Mon père ne s'adressait qu'a moi que quand il a besoin de quelque chose, pour me réprimander, me donner des ordres ou soit me correctionner comme à son habitude.
Il était cinq heures, je me lève avec lassitude, je vais prendre une douche afin de me dégourdir les muscles ensuite je m'habille d'une longue robe et fis ma prière. Je jette un coup d'œil à l'horloge il était déjà 5h42, je devais reprendre avec ma routine quotidienne.
Tout d'abord je commence à donner du foin et à boire aux bétails et je nettoie la ferme, il y a des nouveaux nés ce matin. Je ne m'attarde pas trop sur elle, les matinées sont toujours courtes.
Je vais dans la maison faire le ménage avant cela j'active le feu de bois afin de préparer le petit-déjeuner, je chauffe le lait de vache que je viens de traire en faisant le ménage en même temps.
Il était bientôt 7h je mets la natte que je recouvre d'une nappe et y dépose la nourriture. Je cours à la maison d'en face pour acheter du pain fait traditionnellement. En peu de temps tout le monde était déjà réveillé et autour de la nappe. Mon père est un perfectionniste, un maniaque, il exige que tout soit bien et bien fait. Je m'éfforçais toujours à faire ce qu'il voulait il n'était jamais satisfait, il trouvait toujours un petit prétexte pour me crier dessus, je n'avais jamais tenu tête à mon père et je n'osais pas y penser.
......: Salam tout le monde
Père : Anleykum Salam mon fils
Tanti et mère : Salam
"C'était Kais, il était sorti très tôt pour aller chercher du bois. Il se dirigea vers sa chambre les pieds pleins de boue"
Moi : Hey, arrête-toi ! tu es en train de salir le sol, je viens tout juste de finir de nettoyer. S'il te plaît vas nettoyer tes pieds "dis-je d'un ton ferme"
Kais : Tu n'as qu'à recommencer "dit-il avec condescendance"
Moi : Ecoutes moi je ne rigole pas "retorquais je"
Kais : Moi non plus d'ailleurs à quoi sers t....
Moi : Tu...
J'allais lui crier dessus avant de me faire couper par notre père
Père : Il a raison, il est sorti depuis fajr, il doit être fatigué, dit-il en me regardant sévèrement
Père : Kais mon fils viens t'assoir près de moi !
" je m'étais tu directement et m'exécuta dans ce que je faisais, mes yeux s'arrêtaient un instant sur le visage de ma tante, elle esquissait un sourire malicieux. Elle savait que je ne pouvais pas discuter sinon c'était la baffe que je vais me manger comme déjeuner. Les coups de ceinture de mon père sur mon corps frêle m'horrifiaient rien que d'y penser.
Quand Wahab et Asma vivaient encore avec nous ils se débrouillaient toujours à ce que je sois bien correctionner ne serait-ce que pour un oui ou un non. À leur départ ma tante et mon frère Kais s'y étaient mis à cœur joie. Quand ma mère essayait d'intervenir, ça finit toujours en "baston collective "
Dans mon village je n'avais pas d'amis ceux de ma génération, certains étaient déjà mariées, d'autres en aventure à l'étranger, bon nombre d'entre eux étaient allés en ville pour poursuivre les études.
Certains de ceux qui étaient aller étudier en ville revenaient pour les congés. Je me rapprochais alors d'eux pour apprendre le maximum de cours. Pour une villageoise comme moi j'étais assez cultivée, selon moi bien sûr. Mes amies (Rougui et Oumou) m'aident beaucoup et s'il y a des difficultés je pouvais toujours compter sur Monsieur Sacko, mon professeur de 3eme.
Mon père ne donnait aucun sou à ma mère et à moi d'ailleurs. Ma mère me couvrait quand les touristes du monde venaient visiter le village. Je m'exprimais assez bien en français grâce aux visiteurs étrangers, et cela faisait de moi la favorite quand il s'agissait de faire le choix du guide. Je connaissais quelques phrases en anglais aussi et j'étais assez bien payée. L'argent que j'obtenais servait à faire des provisions en médicaments, car la santé de ma mère, au fil des ans, devenait fragile.
Ma vie se résumait à ça, j'étais comme une souillante, j'avais des cernes, j'étais toute pâle comme si je souffrais d'une épidémie mortelle, mes mains étaient crasseuses et pleines de coupures dus à l'ampleur du travail. Je m'habillais en lambeaux, mes jupes étaient délavées, vieilles et mes débardeurs avaient perdus de leurs teneurs et de leurs couleurs d'origines. Plus rien ne m'allait.
Le départ de mon frère Wahab en ville l'avait moralisé, il envoyait de l'argent chaque mois à tout le monde mais ma mère et moi on était exclus du lot, on n'en voyait pas l'ombre.
Une fois, il avait envoyé deux téléphones pour Kais et moi, hélas, Kais avait fait du mien le sien, quand j'avais voulu protester, ma mère m'en avait dissuadé car les conséquences allaient s'abattre sur nous. Souvent le calme de ma mère m'étonnait mais je n'osais pas lui demander pourquoi, pourquoi elle ne réagissait jamais, pourquoi elle ne se révoltait pas. Je me donnais des réponses ou je lui trouvais des excuses en me disant que c'était peut-être ainsi qu'une bonne femme devait se comporter, elle ne devait jamais protester, toujours encaisser. La soumission exige. Je voulais tant lui demander mais j'avais ce mauvais pressentiment que la réponse n'allait pas me plaire et qu'elle n'allait rien apporter de bon à ma vie qui était déjà misérable. Mieux valait laisser les choses telles quelles.
..........
J'étais dans la cuisine à préparer le repas comme à son habitude ; ma tante me surveillait pourquoi ? je ne saurais le dire, peut-être pour m'empêcher de les empoisonner. Elle avait cette habitude de se caller derrière la porte, une seconde d'inattention de ma part, elle gâchait la nourriture en ajoutant du sel de trop, du sucre, souvent du piment en poudre....
Et ce serait encore ma mère et moi qu'on agresserait......
Tante : Ma fille qu'est-ce que tu cuisine ? Ça me pique les narines.
Moi : Tigu-dègu *La Sauce patte d'arachide* gogo *tante*
Tanti (en criant) : Kais, mon fils... On dirait qu'il ne m'écoute pas, Soumaya ma fille, vas le chercher, demande-lui de venir s'il te plait et apporte-moi un tabouret en revenant.
Moi : Un instant Gogo *Tante* Je sers le repas ensuite j'y vais.
Tanti : Quoi ??? Je te commissionne tu discutes, je vais le dire à ton père.
Moi : Mais Tanti ...
Tanti : Je te préviens, mal éduquée, quand une aînée te commissionne, tu dois abandonner tout ce que tu es en train de faire et te précipiter pour exécuter sa commission.
Je ne voulais pas d'ennuis, je voulais éviter d'en avoir mais je savais pertinemment que je n'en échapperais pas. Elle ne supportait pas de me voir tranquille, en paix une seconde. Qu'avais-je fait au ciel. J'avais longuement soupiré avant courrir appeler Kais il était sur son lit en train de tripoter son téléphone.
Moi : Kais, ta mère te demande, bouge-toi vite ! Je le prévenus.
Il se redressa rapidement de son lit et me dévisagea.
Kais : Faut frapper avant d'entrée dans la chambre des gens sauvageonne et si j'étais nu ?! Dit-il énervé
Moi : Est-ce vraiment une question que tu me pose ? Je t'ai déjà nettoyé le derrière donc ne prends pas des aires supérieures. Viens juste et fais vite ! Ordonnais-je.
Kais : Tu vois combien tu es bouchée, ce n'est pas parce que tu m'as un jour vu nu que tu te donnes le droit de faire irruption dans ma chambre comme si c'étaient tes toilettes. Les films que tu regardes ne t'ont donc rien appris sur l'espace privée. Ne vois-tu pas comment vivent les autres ? je me demande si on est du même sang, plus attardée que toi Dieu n'en créera jamais...
Moi : C'est tout comme discours ? Et puis quoi encore fais vite elle va s'impatienter.
Il me dépassa en me bousculant, j'avais aussi des doutes qu'on soit du même sang, je partis de sa chambre et pris un tabouret en passant. Arrivée dans la cuisine ma très chère tante était là debout apparemment très impatiente.
Tanti : ...............................