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Le Milliardaire a Épousé la Mauvaise Femme

Le Milliardaire a Épousé la Mauvaise Femme

Auteur: Em K
Genre: Milliardaire
Trahie par sa meilleure amie, manipulée par sa propre demi-sœur et abandonnée par le père qu'elle aimait tant, Aurélie Delaunay voit sa vie basculer en une seule nuit. Accusée d'une faute qu'elle n'a jamais commise, elle est chassée de chez elle et contrainte de disparaître pour reconstruire son existence loin de tous. Cinq ans plus tard, elle revient plus forte, plus brillante et déterminée à ne plus jamais se laisser briser. Mais le destin lui réserve une surprise inattendue. Étienne Beaumont, le plus puissant milliardaire du pays, est convaincu d'avoir retrouvé la femme qui a bouleversé sa vie cette fameuse nuit... sans savoir que celle qu'il s'apprête à épouser n'est pas la bonne. Entre mensonges, usurpation d'identité, trahisons familiales, secrets enfouis et sentiments naissants, chacun joue une partie où la moindre erreur peut tout faire basculer. Lorsque la vérité éclatera, qui sera la véritable épouse du milliardaire ? Celle qu'il croit aimer... ou celle à qui son destin est lié depuis le tout début ? Un roman bouleversant où l'amour, la vengeance et les secrets s'entremêlent jusqu'à la dernière page.
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Chapitre 1

« Aurélie ! Viens vite... Aide-moi ! On m'a attaquée au club ! »

Les paroles paniquées de sa meilleure amie résonnaient encore dans l'esprit d'Aurélie Delaunay tandis qu'elle courait à toute vitesse vers l'établissement.

Elle s'arrêta devant une porte.

Chambre 808.

Elle vérifia une dernière fois le numéro inscrit sur son téléphone. C'était bien celui que Émilie Morel lui avait envoyé quelques minutes plus tôt.

Sans réfléchir davantage, Aurélie poussa brusquement la porte, persuadée qu'elle allait sauver son amie.

À peine eut-elle franchi le seuil qu'elle fut engloutie par une obscurité presque totale.

Avant même qu'elle ne puisse distinguer quoi que ce soit, une poigne puissante referma ses doigts autour de son bras et l'attira violemment à l'intérieur.

La porte se referma derrière elle avec fracas.

- Qui est là ? Lâchez-moi ! Qu'est-ce que vous me voulez ?

Sa voix tremblait tandis qu'elle tentait désespérément de comprendre où elle se trouvait.

Une respiration chaude effleura son oreille.

- Arrête de te débattre... tout ira bien.

La voix grave de cet inconnu était basse, presque menaçante.

L'instant suivant, il la projeta sans ménagement sur un canapé.

Aurélie voulut se relever, mais l'homme se jeta aussitôt sur elle. Son corps, ferme et puissant, immobilisa complètement le sien.

Elle n'eut même pas le temps de pousser un véritable cri.

Des lèvres fraîches, imprégnées d'une légère odeur de menthe, s'écrasèrent brutalement contre les siennes.

Le corps de cet homme était brûlant.

Les larmes montèrent immédiatement aux yeux d'Aurélie.

Elle se débattit avec toutes les forces qui lui restaient, tenta de repousser son agresseur, de se libérer, mais tout fut inutile. Son opposition ne changea rien, et elle ne put qu'endurer ce qui lui arrivait.

Près d'une heure plus tard, elle quitta enfin la chambre.

Ses jambes vacillaient à chacun de ses pas et son visage avait perdu toute couleur.

Ce qu'elle venait de vivre ressemblait à un véritable enfer.

Pourtant, malgré son propre état, une seule inquiétude occupait encore son esprit : Émilie.

Elle sortit son téléphone pour l'appeler.

C'est alors que son regard fut attiré par plusieurs personnes qui quittaient discrètement le club par une sortie secondaire.

Sous les lampadaires, elle distingua aussitôt deux visages qu'elle connaissait parfaitement.

Le premier était celui de Émilie, la jeune femme qui l'avait suppliée de venir.

Le second appartenait à Élodie Delaunay, sa demi-sœur.

Toutes deux marchaient tranquillement, enlacées, riant comme si elles partageaient une complicité de longue date.

En voyant cette scène, Aurélie sentit son sang se glacer.

- Émilie ! Attends !

Sa voix résonna dans la rue.

Les deux jeunes femmes s'arrêtèrent avant de se retourner.

Le regard d'Aurélie, rempli de douleur et de colère, se fixa sur celle qu'elle considérait encore comme sa meilleure amie.

- Pourquoi m'as-tu raconté tout ça ? Pourquoi m'avoir trompée ?

Émilie laissa échapper un rire méprisant.

- Tu es beaucoup trop facile à manipuler, Aurélie. Tu tombes toujours dans le panneau.

Élodie afficha un sourire satisfait avant d'ajouter d'un ton léger :

- Alors ? Tu t'es bien amusée avec l'homme qu'on t'avait préparé ?

À cet instant précis, toute la vérité éclata.

Il n'y avait jamais eu d'appel au secours.

Tout avait été organisé.

Le piège avait parfaitement fonctionné.

La pureté qu'Aurélie avait préservée durant dix-neuf années venait de lui être arrachée uniquement pour satisfaire la cruauté de ces deux femmes.

Le visage de Émilie devint soudain glacial.

- Tu pensais sincèrement que j'étais ton amie ? Depuis le premier jour, tout le monde ne voyait que toi. J'en ai assez d'être comparée à toi. Je te déteste. J'aimerais effacer ce visage qui attire toujours tous les regards.

Élodie reprit aussitôt, pleine de satisfaction.

- Grâce à ce qui s'est passé, j'ai enfin les preuves qu'il me fallait. Papa verra que tu couches avec des hommes dans les boîtes de nuit contre de l'argent. Il te mettra dehors sans hésiter.

- Vous...

Aurélie sentit ses jambes se dérober.

Son corps souffrait encore des violences qu'elle venait d'endurer.

À cette douleur s'ajoutait désormais la trahison de celle qu'elle appelait sa meilleure amie et la haine de sa propre demi-sœur.

Elle avait l'impression que tout s'effondrait autour d'elle.

Élodie passa son bras sous celui de Émilie.

- Viens. On ne va quand même pas rester près d'une fille aussi misérable.

Les deux jeunes femmes s'éloignèrent sans le moindre remords avant de monter dans une voiture de sport stationnée au bord de la route.

Trois jours plus tard.

À la résidence des Delaunay, une voix masculine éclata de colère.

- Parce que je refusais de t'envoyer étudier à l'étranger, tu as décidé de vendre ton corps ? Comment pourrais-je accepter qu'une fille de Frédéric Delaunay se comporte de cette manière ?

Aurélie secoua vivement la tête.

- Papa, ce n'est pas vrai... Je n'ai rien fait...

Mais il ne lui laissa même pas terminer.

- Rien fait ? Tu oses encore nier ? Tu n'as jamais manqué de nourriture ni de confort dans cette maison. Nous t'avons élevée correctement, et voilà comment tu nous remercies ? Tu vas te prostituer dans un club avec des inconnus ! C'est une honte !

Une femme élégamment vêtue, couverte de bijoux, était assise sur le canapé.

Elle prit la parole avec un sourire rempli de mépris.

- J'espère au moins que tu n'as pas ramené une maladie. Avec ce genre de comportement, qui sait ce que nous risquons maintenant, ma fille et moi ?

- Papa... écoute-moi... je t'en supplie...

Aurélie tenta une nouvelle fois d'expliquer ce qui s'était réellement passé.

En vain.

Frédéric la regarda comme si elle n'était plus qu'une étrangère.

- Tu continues à mentir. Ça suffit. Quitte immédiatement cette maison. Je refuse qu'une fille aussi déshonorante vive encore sous mon toit. À partir d'aujourd'hui, je ne te reconnais plus comme ma fille.

À l'étage, adossée tranquillement à la rambarde de l'escalier, Élodie observait toute la scène.

Un sourire discret étira ses lèvres.

Les événements se déroulaient exactement comme elle les avait imaginés.

Aurélie n'allait plus rester très longtemps sous ce toit. Dans quelques instants, elle serait mise à la porte, sans endroit où aller, condamnée à affronter seule le monde.

Au rez-de-chaussée, un silence pesant régnait dans le salon. En croisant le regard dur et rempli de reproches de Francis, elle comprit qu'il était inutile de tenter de se défendre. Sans prononcer un seul mot, elle tourna les talons et monta à l'étage pour préparer ses affaires.

À peine avait-elle atteint le couloir qu'Élodie s'interposa devant elle. Les bras croisés, le menton relevé avec insolence, elle affichait un sourire moqueur.

- Tu attends quoi ? Dégage d'ici. Tu n'as plus rien à faire dans cette maison. Et ne pense même plus à revenir un jour.

Aurélie contracta les poings. Elle fixa Élodie avec une colère qu'elle ne chercha même plus à cacher.

En voyant cette rage dans ses yeux, Élodie s'approcha davantage.

- Alors ? Tu comptes me frapper ?

Elle tourna volontairement son visage vers elle.

- Allez, fais-le si tu en es capable.

Cette provocation fut celle de trop.

La main d'Aurélie partit sans hésitation. La gifle claqua dans tout l'étage.

- Aïe !

Élodie poussa un cri perçant avant de courir vers les escaliers.

- Maman ! Papa ! Aurélie m'a frappée !

Nathalie Delaunay se précipita aussitôt vers sa fille, la serra contre elle, puis monta les marches en toute hâte.

- Aurélie ! Comment as-tu pu lever la main sur elle ? Qu'est-ce qui te prend ?

Chapitre 2

Frédéric aperçut immédiatement la marque rouge imprimée sur la joue d'Élodie. Son visage s'assombrit encore davantage. Il n'aurait jamais imaginé voir un jour son aînée agir de cette façon.

En sanglotant, Élodie se réfugia dans les bras de son père.

- Papa... j'ai tellement mal...

Elle reniflait bruyamment, comme si cette simple gifle lui faisait subir les pires souffrances.

Frédéric ne chercha même pas à comprendre.

- Prends tes affaires et quitte cette maison immédiatement !

Sa voix résonna dans toute la demeure.

Aurélie retourna dans sa chambre, termina de remplir sa valise, récupéra son passeport puis redescendit lentement.

En arrivant dans le salon, une douleur sourde lui serra la poitrine.

Son père tenait Élodie contre lui avec une tendresse qu'elle avait longtemps espérée recevoir un jour.

À cet instant, elle comprit définitivement qu'il n'y avait plus aucune place pour elle dans son cœur.

Il n'avait posé aucune question sur ce qui lui était arrivé la veille au soir. Il ne s'était pas demandé pourquoi elle avait perdu son sang-froid. Il avait simplement choisi de croire Élodie.

Depuis la disparition de sa mère, Aurélie avait continué à vivre dans cette maison sans jamais s'y sentir chez elle. Peu après les funérailles, Frédéric avait installé sa maîtresse ainsi que leur fille sous le même toit, transformant cette demeure en une nouvelle famille dont elle était devenue l'étrangère.

Sa mère, Aurore, était morte sans jamais découvrir que son mari la trompait depuis des années.

Aurélie inspira profondément.

Je ne reviendrai plus jamais ici.

Elle saisit la poignée de sa valise et franchit la porte d'entrée sans se retourner.

Restée à l'intérieur, Élodie regarda sa demi-sœur s'éloigner par l'allée. Un sourire satisfait étira lentement ses lèvres.

Enfin... elle était débarrassée d'elle.

Cinq années passèrent.

Dans un appartement situé à Dansbury, Aurélie travaillait tranquillement sur plusieurs dessins lorsqu'on frappa à sa porte.

Surprise, elle posa son crayon, se leva et alla ouvrir.

Deux hommes asiatiques, élégamment vêtus de costumes sombres, se tenaient devant elle.

En chinois, elle demanda calmement :

- Oui ? Que puis-je faire pour vous ?

L'un d'eux répondit en anglais :

- Êtes-vous Mademoiselle Aurélie Delaunay ?

- C'est bien moi. Qui êtes-vous ?

L'homme inclina légèrement la tête.

- Nous avons été chargés de vous retrouver. Votre mère, Aurore Chapuis, a autrefois sauvé la vie de notre jeune maître. Notre vieille maîtresse souhaiterait vous rencontrer.

Les sourcils d'Aurélie se froncèrent.

- De qui parlez-vous exactement ?

- De Madame Montfort.

À l'évocation de ce nom, elle comprit immédiatement la raison de leur visite.

Madame Montfort dirigeait le groupe Montfort, le plus puissant conglomérat du pays.

Des années auparavant, Aurore Chapuis, alors policière, avait sacrifié sa propre vie pour sauver le petit-fils aîné de cette famille.

Aurélie avait toujours été immensément fière de sa mère, une femme courageuse, droite et profondément dévouée à son devoir.

Après quelques secondes de silence, elle répondit d'un ton ferme :

- Je suis désolée, mais je ne souhaite pas la rencontrer.

Elle se doutait que la famille Montfort désirait probablement exprimer sa reconnaissance envers Aurore.

Mais elle ne voulait recevoir ni récompense ni faveur en échange du sacrifice de sa mère.

À cet instant, une petite voix résonna depuis l'intérieur de l'appartement.

- Maman... c'est qui ?

Aurélie se retourna aussitôt.

- Personne, mon cœur.

Puis elle regarda de nouveau les deux visiteurs.

- Veuillez m'excuser, mais ce n'est vraiment pas le bon moment pour recevoir quelqu'un.

Sans attendre leur réponse, elle referma doucement la porte.

Au même moment, dans une luxueuse villa bâtie à flanc de colline, un homme était assis sur un vaste canapé.

Son regard était calme, mais son autorité naturelle imposait le silence.

Il prit enfin la parole.

- Avez-vous retrouvé sa trace ?

Un homme debout devant lui répondit immédiatement :

- Oui, jeune maître Adrien. La jeune femme rencontrée au club il y a cinq ans a récemment vendu votre montre dans un magasin spécialisé dans les objets d'occasion.

Le regard d'Adrien devint plus froid.

- Retrouvez-la.

- Ce sera fait, jeune maître.

Une lumière tamisée enveloppait le salon d'une atmosphère calme. Installé sur le canapé, l'homme avait un visage d'une rare perfection, presque irréel. Son costume taillé sur mesure épousait parfaitement sa carrure athlétique et accentuait son allure imposante.

Le regard d'Adrien Montfort se durcit brusquement lorsqu'il repensa aux paroles de sa grand-mère, qui résonnaient encore dans son esprit :

« Adrien, tu épouseras Aurélie Delaunay. Je ne veux personne d'autre comme future épouse dans la famille Montfort. »

Mais en cet instant, ce n'était pas Aurélie qui occupait ses pensées. Son esprit revenait sans cesse à cette femme qu'il avait forcée, des années plus tôt, dans l'obscurité.

Cette nuit-là, quelqu'un avait glissé une substance dans son verre. Il avait perdu toute lucidité et ne gardait qu'un souvenir flou : des pleurs étouffés, une voix suppliante qui le priait d'arrêter. Après l'acte, pris d'un étrange mélange de culpabilité et de confusion, il avait retiré sa montre et l'avait déposée dans la main de la jeune femme avant de sombrer dans l'inconscience.

Cinq ans avaient passé, et il continuait à la rechercher.

La semaine précédente, il avait appris qu'une femme avait vendu sa montre dans un marché d'occasion. Malheureusement, l'information lui était parvenue trop tard, car sa grand-mère avait déjà commencé à préparer son mariage avec une autre.

Soudain, son téléphone vibra de nouveau.

Il décrocha d'un ton sec.

« Quoi ? »

« Jeune maître Adrien, nous avons retrouvé la personne que vous cherchez. Elle s'appelle Émilie Morel. C'est elle qui a vendu la montre. »

« Envoyez-moi son adresse. J'irai immédiatement. »

Un éclat traversa ses yeux.

Enfin... la jeune femme de cette nuit venait de réapparaître.

Cette fois, il la retrouverait coûte que coûte. Il devait réparer ce qu'il avait fait.

Pendant ce temps...

Dans une petite boutique de vêtements pour femmes, Émilie Morel rangeait quelques articles en silence.

Elle avait repris le commerce un peu plus d'un an auparavant, mais les ventes ne cessaient de diminuer. Le loyer devenait difficile à payer et elle cherchait désespérément un moyen de s'en sortir.

Finalement, elle avait décidé de vendre une vieille montre qu'elle conservait chez elle.

À sa grande surprise, elle en avait obtenu cinq cent mille.

En réalité, cette montre ne lui avait jamais appartenu.

Cinq ans plus tôt, après une soirée à l'Abyss Club, le personnel l'avait appelée pour lui signaler qu'un objet avait été retrouvé dans un salon privé. Lorsqu'elle était venue le récupérer au service des objets trouvés, elle avait découvert une montre de luxe pour homme.

Ne voyant aucune utilité à la garder, elle avait voulu la revendre immédiatement, puis l'avait finalement oubliée dans un placard pendant des années.

Ce n'est que la semaine précédente qu'elle s'était décidée à la mettre en vente sur le marché de l'occasion. Elle s'attendait à en tirer quelques milliers tout au plus, certainement pas une telle fortune.

Assise derrière son comptoir, elle regarda le solde de son compte bancaire avec un large sourire.

« Avec ça, je vais pouvoir respirer pendant quelque temps. »

L'arrivée d'un inconnu

La porte de la boutique s'ouvrit brusquement.

Émilie se leva aussitôt.

« Bienve... »

Le mot mourut dans sa gorge.

L'homme qui venait d'entrer était d'une élégance saisissante. Grand, droit, il dégageait une autorité naturelle et une noblesse évidente.

Il lui fallut plusieurs secondes pour retrouver ses esprits.

« Je... vous cherchez quelqu'un, monsieur ? »

La question était presque absurde dans une boutique réservée aux vêtements féminins. Un homme vêtu d'un costume aussi raffiné ne semblait pas être venu pour acheter une robe.

Il devait mesurer près d'un mètre quatre-vingt-dix et son allure imposante dominait toute la pièce.

Il la fixa intensément.

« Émilie Morel ? »

Chapitre 3

Ses yeux se rétrécirent tandis qu'il observait attentivement son visage, comme s'il cherchait à y retrouver les traits d'un souvenir lointain.

« O-Oui... c'est moi. Et vous êtes... »

Elle n'arrivait pas à terminer sa phrase sous l'intensité de son regard.

L'homme sortit alors une montre de sa poche.

« Cette montre est restée en votre possession pendant toutes ces années ? »

En voyant l'objet, Émilie sentit son estomac se nouer.

Elle cligna des yeux, soudain mal à l'aise.

« O-Oui... elle est à moi. »

Adrien ne la quitta pas des yeux.

« Et il y a cinq ans, à l'Abyss Club... dans la chambre 808... c'était bien vous ? »

Émilie sentit son esprit s'emballer.

La chambre 808 ?

C'était celle où Élodie et elle avaient piégé Aurélie cette nuit-là. Pourquoi cet homme lui parlait-il de cet incident ?

Sans prendre le temps de réfléchir davantage, elle répondit :

« Oui, c'était moi. »

Une identité inattendue

Adrien lui tendit la montre.

« Gardez-la désormais. Ne cherchez plus à la vendre. Je réparerai ce qui s'est passé cette nuit-là. »

Puis il ajouta d'une voix grave :

« Je m'appelle Adrien Montfort. Vous souvenez-vous de ce nom ? »

Émilie leva brusquement la tête.

Montfort ?

Comme la famille propriétaire de la Montfort Corporation, le plus puissant conglomérat du pays ?

« V-Vous êtes vraiment Adrien Montfort ? »

Elle pâlit tellement qu'elle crut défaillir.

L'homme qui accompagnait Adrien s'avança alors et lui remit une carte de visite.

« Mademoiselle Morel, voici la carte de notre jeune maître. »

« Si jamais vous avez besoin de lui, n'hésitez pas à le contacter. »

Émilie récupéra la carte de visite avec une main mal assurée. À l'instant où son regard se posa sur le nom prestigieux gravé en lettres dorées, son souffle se coupa et son cœur se mit à battre à toute vitesse.

Ainsi, l'homme qui avait passé cette nuit avec Aurélie cinq ans auparavant n'était donc pas l'escort-boy qu'elles avaient engagé, mais bien Adrien Montfort, le célèbre héritier de la famille Montfort.

Cette révélation la frappa comme un coup de tonnerre.

Sans perdre une seconde, elle attrapa fermement le bras d'Adrien. Puis, en se forçant à afficher un visage rempli de douleur, elle fit monter des larmes dans ses yeux.

« Adrien... tu dois répondre de ce qui s'est passé. Tu sais seulement combien cette nuit m'a fait souffrir ? J'en suis restée traumatisée pendant des années... »

Elle baissa aussitôt la tête et se mit à sangloter avec une parfaite maîtrise de son jeu d'actrice, comme si c'était elle qui avait subi cette terrible épreuve cinq ans plus tôt.

Dans son esprit, une seule idée existait.

Prendre définitivement la place d'Aurélie.

Elle voulait s'approprier son histoire, devenir la victime à sa place et faire porter à Adrien tout le poids de cette nuit afin d'en tirer le plus grand avantage possible.

Son objectif était clair depuis cet instant : épouser Adrien Montfort et devenir l'épouse du futur maître de la famille Montfort.

Le visage d'Adrien resta sérieux.

« Soyez rassurée. Ce qui s'est passé relève de ma responsabilité. Je prendrai toutes les mesures nécessaires. »

À côté de lui, son assistant personnel, Raphaël Aubert, ajouta avec courtoisie :

« Mademoiselle Morel, le jeune maître Adrien a déjà fait préparer une villa pour vous. Vous pouvez vous y installer immédiatement. Tout ce dont vous aurez besoin sera pris en charge. »

Les yeux d'Émilie brillèrent aussitôt d'excitation.

Elle avait l'impression que le bonheur venait de lui tomber du ciel. Une immense fortune, une vie faite de luxe et de prestige... tout cela semblait désormais à portée de main.

« Je dois partir régler quelques dossiers. »

Après avoir lancé un bref regard vers Émilie, Adrien se retourna et quitta la pièce.

Lorsque la porte se referma derrière lui, Émilie serra la carte contre sa poitrine avec émotion.

Elle était si bouleversée par cette incroyable tournure des événements qu'elle en tremblait presque.

« Je vais devenir riche... Oui, je vais vraiment devenir riche... »

Tout en laissant son imagination la transporter vers cette nouvelle existence, elle nourrissait un autre souhait, beaucoup plus sombre.

Elle espérait qu'Aurélie avait disparu depuis longtemps.

Qu'elle soit morte durant ces cinq dernières années.

Ainsi, elle ne reviendrait jamais réclamer ce qui lui appartenait.

À bord d'une berline luxueuse qui glissait silencieusement sur la route, Adrien était installé sur la banquette arrière, les yeux clos.

Une question revenait sans cesse dans son esprit.

Émilie était-elle réellement la femme qu'il avait rencontrée cette fameuse nuit ?

Quelque chose lui semblait étrange.

Elle lui paraissait différente de celle dont il gardait un souvenir flou.

Était-ce simplement l'effet du temps ? Cinq années pouvaient transformer profondément une personne.

Les derniers rayons du soleil traversaient les vitres teintées du véhicule et illuminaient les contours de son visage aux lignes parfaites.

Sa beauté était presque irréelle.

On aurait dit une sculpture façonnée par un maître, une œuvre précieuse digne d'être exposée dans un musée. Peu d'hommes pouvaient rivaliser avec une telle prestance.

Depuis cinq ans, Adrien dirigeait le groupe Montfort.

Après avoir repris les commandes de l'entreprise familiale, il avait fait prospérer le conglomérat à une vitesse impressionnante, jusqu'à en faire l'une des plus puissantes sociétés du monde.

Pourtant, au cours de toutes ces années, une seule erreur continuait de le poursuivre.

Cette nuit-là.

Cinq ans auparavant.

L'un de ses ennemis avait discrètement versé une drogue dans son verre.

Le but était simple : lui faire perdre tout contrôle afin de détruire sa réputation.

Comprenant qu'il se passait quelque chose d'anormal, Adrien s'était réfugié dans une chambre privée pour échapper aux regards.

Mais lorsque les effets du produit étaient devenus insupportables, une jeune femme qu'il n'avait jamais vue auparavant était entrée précipitamment dans la pièce.

Elle l'avait sauvé de cette situation.

Cependant, au terme de cette nuit, il lui avait pris ce qu'elle avait de plus précieux.

Depuis lors, cette culpabilité ne l'avait jamais quitté.

Il était convaincu qu'elle était vierge avant leur rencontre.

À son réveil, les premières lueurs de la chambre avaient révélé plusieurs taches de sang sur le canapé.

Ce détail était resté gravé dans sa mémoire.

Chaque fois qu'il repensait au désordre qui régnait dans cette chambre après cette nuit, tous ses doutes disparaissaient peu à peu.

Il finit par repousser les interrogations qu'il avait eues au sujet d'Émilie.

Quoi qu'il en soit...

« Je dois réparer ce que je lui ai fait. »

Au même moment, à l'étranger, Aurélie se trouvait dans son appartement.

Téléphone contre l'oreille, elle répondit calmement :

« D'accord. Laisse-moi trois jours au maximum. Je rentrerai et je serai prête à participer à la compétition. »

À cet instant, un petit garçon s'approcha d'elle.

Il portait une chemise à carreaux bleus accompagnée d'un short en jean.

Son jeune visage possédait déjà des traits délicats et harmonieux. Malgré son âge - il n'avait pas plus de quatre ans - chacun de ses gestes dégageait une élégance naturelle.

Le petit leva les yeux vers elle.

« Maman, on va rentrer ? »

Aurélie lui adressa un sourire rempli de tendresse avant d'acquiescer doucement.

« Oui. Dis-moi, tu as envie de rentrer avec moi ? »

« Évidemment que je viens avec toi, maman ! Où tu iras, j'irai aussi ! » lança le petit garçon avec un immense sourire.

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