POV Alicia
Je referme l'agence en étant heureuse, d'ailleurs pourquoi ne le serais-je pas ? J'ai un bon poste dans un cabinet juridique, un super fiancé et une famille que j'adore. J'ai passé une agréable journée. C'est vrai que je travaille pour un véritable tyran, mais au moins, j'ai un bon travail. Je prends chaque petit pas que je fais comme un miracle de la vie et il est absolument hors de question que je me plaigne de ça, j'ai failli mourir, alors je suis heureuse d'être encore là. Je marche dans la rue, les mains dans les poches de mon par-dessus, je souris quand je pense à ce qui m'attend, mes joues deviennent toutes rouges et je presse le pas.
Aujourd'hui est un grand jour pour moi, j'ai décidé de passer à l'action avec Marc. Ça fait bientôt un an que nous sommes ensemble et il ne s'est jamais rien passé entre nous deux. Alors pour fêter notre première année de relation, j'ai décidé que c'était le bon moment. Il est tellement attentionné et tendre avec moi qu'il m'a promis que nous ferons l'amour uniquement quand je me sentirais prête, pas que je sois encore vierge non, c'est juste que je n'ai jamais véritablement ressenti de plaisir. Après un an, je pense que c'est le moment. J'ouvre la porte de mon appartement et je la referme derrière moi, j'habite un magnifique deux pièces en plein centre-ville de Portland avec ma meilleure amie Nicole, alors oui j'en suis heureuse. Elle travaille le soir, personnellement, je trouve qu'elle travaille beaucoup trop.
Mon appartement n'est peut-être pas très grand, mais je suis heureuse comme ça. Je marche jusqu'à la salle de bain et je me déshabille. J'ai fait un tour chez le coiffeur et l'esthéticienne en journée, elle m'a d'ailleurs conseillé de retirer mes lunettes pour qu'on puisse faire ressortir la couleur verte de mes yeux. Ou alors d'essayer des lentilles. Après hésitation, j'ai choisi des lentilles que je mettrais après la douche ou pas. Je me suis épilée intégralement le corps, je n'ai jamais eu la peau aussi douce de toute ma vie. Et pour finir, je suis allée prendre un ensemble de lingerie en dentelle que je mettrais sous un manteau sans rien d'autre en bas. Tout ce que j'espère avec cette paire de talons, c'est de ne surtout pas tomber. Je termine donc de me doucher, je m'habille, puis je m'assois devant la coiffeuse pour me maquiller comme me l'a conseillé la maquilleuse, je souligne mes yeux bleus avec du khôl et mes lèvres d'un gloss. J'enfile mes talons et mon manteau, je me contente de libérer mes cheveux, puis je passe la main dessus en les secouant doucement. Je me place devant le miroir pour admirer le résultat. J'ai presque du mal à me reconnaître, ce carré ondulé me va à merveille, mes cheveux rouges n'ont jamais eu autant d'éclats. J'ai presque du mal à me reconnaître, je mets la bouteille de vin que j'ai prévu à cette occasion dans mon sac à main et je sors. Je prends un taxi pour la partie riche de Portland, j'ai même eu du mal à accepter qu'un homme aussi riche que Marc puisse s'intéresser à moi, je ne suis pas vraiment comme toutes ces femmes que l'on aborde dans la rue. J'ai une énorme poitrine et surtout, j'ai encore pris quelques rondeurs. Mais il m'a prouvé que je pouvais lui faire confiance et cet immense amour que je ressens pour lui n'a de cesse de croître. La voiture me laisse devant une immense maison dans un quartier résidentiel. Je souris, puis je monte les quelques marches qui me séparent de la porte d'entrée de son immeuble, je prends l'ascenseur. J'insère mon double des clés sans frapper à la porte, j'ai prévu de lui faire une surprise et j'ai hâte de voir la stupéfaction dans ses yeux. J'ouvre la porte et je marche jusqu'à sa chambre, je ferme les yeux et je compte jusqu'à cinq pour me donner du courage. J'ai l'intention d'entrer, de laisser tomber mon manteau et de ramper jusqu'au lit. Je pose la main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir. Je suspends mon geste lorsque j'entends la voix d'une femme.
" Tu ne devrais pas être avec ta petite amie aujourd'hui ? "
Je plisse les yeux lorsque j'entends l'ironie dans sa voix lorsqu'elle parle de moi. Je fronce les sourcils en reconnaissant la voix, c'est celle de Nicole ma meilleure amie, elle m'avait dit qu'elle quittait la ville pour de week-end.
" Pitié, ne m'en parle même pas. Rien que le fait de penser à elle me donne des maux de tête. Elle est si ennuyante, moche avec ses affreuses lunettes qu'elle pose sur son nez. "
Instinctivement, je retire la paire de lunettes que je porte et je les mets dans mon sac.
" En plus, tu as vu son style ? Ses vêtements, on dirait une bibliothécaire de soixante ans. Je suis certain que même son miroir doit en avoir plus qu'assez de voir sa tronche. "
La femme éclate de rire, les larmes me montent aux yeux, je pose une main sur ma bouche pour m'empêcher de pleurer. Si seulement il s'était arrêté là, mais non, il a continué.
" Tu te rends compte que je n'arrive même pas à l'embrasser ? C'est un supplice. En un an, je ne l'ai jamais touchée, elle me donne la gerbe. Je l'imagine recouverte de poils sous ses affreux jupons. Si ce n'était pas parce que j'avais besoin de redorer mon image de playboy pour les élections, je n'aurais jamais posé les yeux sur elle. Elle est vraiment stupide si elle pense une seule seconde qu'elle me plait, on dirait un glaçon. "
Là, ce fut la goutte de trop, je me retournais en pleurant pour dévaler les escaliers et partir d'ici. Il faut que je sorte d'ici. Arrivée au bas des escaliers, ma chaussure se mêle dans le tapis et je tombe face contre terre, ce qui fait un bruit sourd. Ma frustration et ma colère augmentent d'un cran, parce que même sortir avec élégance, ça aussi je ne sais pas le faire. La porte de chambre s'ouvre, je suis morte de honte.
" Alicia ? "
Je rassemble le peu de dignité qu'il me reste et je me lève. Je me tourne en direction des escaliers et je regarde l'homme qui vient de me briser le cœur. Je secoue la tête et je marche vers la porte, comme si ça ne suffisait pas, mon talon s'est cassé ! Je retire mes chaussures et je les jette dans son salon, puis j'ouvre la porte et je sors en la claquant. Il ne prend même pas la peine de me suivre. Je baisse la tête et je marche pieds nus jusqu'au portail, en sortant je croise le regard triste du vigile qui a l'air de me dire tu y croyais vraiment ? Une fois sortie de là, il se met à pleuvoir, je me mets à hyper ventiler au milieu de la route, je ne sais plus très bien ce que je fais, je suis comme désorientée, les phares d'une voiture m'éblouissent et je tombe sur les fesses. J'ai bien failli me faire écraser. La voiture de l'homme se gare un peu plus loin dans un crissement de pneus et j'entends sa portière s'ouvrir.
" Vous allez bien ? "
Je ne réponds pas et je le laisse venir jusqu'à moi, j'ai l'impression que je me suis ouverte l'arrière de la cuisse en tombant. Et je me suis écorchée les mains.
" À votre avis ? Vous avez failli me rentrer dedans ! " Hurlais-je sous l'averse.
" C'est vous qui étiez plantée au beau milieu de la route. "
Ah oui c'est vrai. L'homme met un genou à terre et plante son regard dans le mien. J'arrête pendant une seconde de respirer, les battements de mon cœur s'accélèrent. L'homme devant moi est juste parfait ! Ses yeux rieurs me mettent tout de suite en confiance. Il a des pommettes saillantes, et ses yeux sont d'un marron clair que je n'ai jamais vu. Il est beau, magnifique. Je reste éberluée devant autant de beauté.
" Vous allez bien ? " Me demande-t-il à nouveau.
Sa voix m'interrompt dans ma contemplation, je baisse la tête gênée d'avoir été surprise à le dévorer des yeux. Quelque chose en lui me pousse à obéir, ça fait des années que je n'ai pas ressenti ça.
" Je crois que je suis blessée. "
Il prend mes mains sans ma permission et les regarde.
" Ce n'est pas bien grave mais je préfère vous emmener à l'hôpital. "
" Non. "
Il pose les yeux sur moi pendant quelques secondes, puis regarde à nouveau mes mains. Je continue de regarder cet homme dont les traits me semblent si familiers.
" Ça y est ! Je sais pourquoi votre visage me semble si familier. "
Une expression de surprise et de peur mêlée apparaît sur le visage de mon sauveur.
" Vous êtes candidat à la mairie. "
Et c'est l'un des adversaires les plus coriaces de Marc. Celui qu'il déteste le plus d'ailleurs. Je me rappelle des soirées qu'il a passé à me parler de lui, en mal bien sûr. Je le regarde d'un air méfiant et je recule, bien sûr ma blessure en bas de la cuisse se frotte au goudron et je gémis de douleur.
" Cessez de vous vous frotter les fesses contre le goudron, vos plaies vont s'agrandir. "
" Ne me dites pas quoi faire. " Même si j'adore ça, pensais-je.
" Vous voulez que je vous raccompagne chez vous ? "
Je secoue vivement la tête, je n'ai pas envie de rentrer dans mon appartement. Pour rester seule et triste, voir la désolation sur mon visage. J'ai besoin de partir loin, de fuir la réalité. Soudain une idée diabolique ne vient en tête. Je vais faire mal à Marc autant que lui aussi m'en a fait. Il va payer pour s'être moqué de moi. Je vais me donner à l'homme qu'il déteste le plus au monde et il saura ce que c'est que d'avoir mal, d'être humilié. Je lève la tête vers lui et je souris. J'essaye d'ère coquine, je sais au fond de moi que je suis ridicule. Mais je m'en moque.
" Je n'ai pas envie de rentrer chez moi, mon fiancé et ma meilleur amie, couchent ensemble, j'ai envie de partir très loin d'ici. "
Il plonge son regard dans le mien et un faible sourire naît sur son visage. Il m'aide à me relever et me porte jusqu'à sa voiture.
POV Alicia.
Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça. Je suis montée dans la voiture d'un inconnu et maintenant nous sommes dans un ascenseur tous les deux en direction de son appartement. Les portes de l'ascenseur s'ouvrent et toute mon assurance disparaît d'un coup. Vais-je vraiment faire ça ? Il insère la clé et pousse la porte, puis se met sur le côté pour me laisser entrer. Je regarde la porte ouverte pendant de longues secondes hésitante. Toute ma vie, j'ai toujours fait ce qu'on m'a demandé. J'ai toujours été respectueuse des règles, j'ai toujours donné à tout le monde sans jamais rien attendre en retour et là j'apprends que l'homme qui était censé m'aimer et voulait m'épouser dans quelques jours se tape ma meilleure amie. La personne en qui j'avais le plus confiance. Alors au diable la morale, au diable les principes, je vais coucher avec cet homme. J'entre dans la pièce d'un pas que j'espère assuré.
" Vous pouvez vous asseoir ou vous voulez, je vais chercher la trousse de secours. "
Il tape dans ses mains et le plafonnier s'allume éclairant la pièce. Je sursaute, parce que moi aussi, j'aurais bien aimé recevoir une tape quelque part. Je regarde autour de moi, la pièce est immense. Même le salon de Marc n'est pas aussi grand. Cet homme doit être encore plus riche que lui. C'est certainement pour cette raison qu'il le déteste autant. L'intérieur de la maison ressemble presque à une revue de mode, j'ai l'impression de faire tâche dans ce décor tellement classe et distingué. Je regarde mes pieds couverts de boue, merde ! Il revient avec la trousse et je me tourne vers lui.
" Puis-je aller prendre une douche avant ? "
" Bien sûr. "
Il me conduit jusqu'à une chambre que je pense être la sienne.
" La salle de bains est tout droit, vous pouvez prendre un peignoir. "
Je secoue la tête et je file, je retire mon manteau que je laisse tomber par terre. Je me mets devant le miroir et je regarde mon reflet. Mon maquillage a coulé, je suis affreuse, l'humidité a fait baisser le volume de mes cheveux. Marc a peut-être raison au final, je renifle pour repousser les larmes qui menacent de couler. Je me tourne vers la douche italienne, quatre personnes pourraient se laver ici aisément. J'actionne l'eau et je prends une douche en utilisant les produits de cet inconnu. Je prends ensuite un peignoir comme il me l'a demander et je l'enfile et je sors. Lui aussi s'est changé, je lui souris faiblement et je reste planté devant le lit sans savoir comment réagir.
" Vous permettez que j'examine vos blessures ? "
Je secoue la tête et je vais m'asseoir sur le lit. Il me prend la main et y dépose un peu de pommade. Sa main sur la mienne me donne des frissons, il m'applique délicatement la pommade en évitant d'appuyer trop fort, comment peut-on être aussi tendre, avec un physique de boxeur. Puis il me demande de me retourner pour qu'il puisse regarder ma cuisse ouverte. Lorsqu'il soulève mon peignoir, j'ai l'impression qu'un courant électrique me parcourt le corps.
" Elle est plus ouverte que les autres sans doute parce que vous vous êtes appuyée dessus. "
Je ne l'écoute déjà plus, je ferme les yeux et je laisse la sensation de ses mains sur mon corps me transporter loin de mes pensées, me transporter dans un monde que j'ai oublié depuis très longtemps maintenant. Lorsqu'il termine et retire ses mains de mon corps, le froid m'envahit. Je me redresse et je me retourne.
" Si je vous demandais de coucher avec moi, le ferez-vous ? "
Il plisse les yeux et lève la tête vers moi.
" Je vous demande pardon ? " Demande-t-il en se relevant.
" Il a dit qu'il devait se forcer pour m'embrasser, que j'étais moche et qu'il était certain que je suis un glaçon. "
" Votre fiancé ? "
Je lui dis oui de la tête et j'essuie la larme qui coule de mon œil, je marche jusqu'à lui et je retire mon peignoir. Il se tourne dans ma direction et sursaute.
" Oh putain ! Rhabillez vous. "
Toutefois, ses yeux ne quittaient pas mon corps, il me dévorait littéralement des yeux. Pour la première fois depuis longtemps, je voyais du désir dans les yeux d'un homme et c'est moi qui en était à l'origine. Je me mords la lèvre et je continue d'avancer dans sa direction.
" Pour toi aussi je ne suis pas attirante ? "
" Là n'est pas le problème, je ne veux pas que tu fasses quelque chose que tu risques de regretter aussitôt demain matin. "
" Oui, mais ce sera mon choix. "
Prise d'un regain de confiance en moi, je mets mes bras autour de son cou et je frotte mon corps nu contre le sien. Je dépose un baiser sur le coin de sa lèvre, il ferme les yeux. Je continue à couvrir son visage de baisers et il ne réagit toujours pas.
" J'ai tellement besoin de toi. " Dis-je au bord des larmes.
Les larmes me montent à nouveau aux yeux, encore un homme à qui je ne fais aucun effet, je retire mes mains de son cou et je me tourne pour aller m'habiller et m'en aller d'ici. L'homme me retient par la main et m'attire à lui. Ses lèvres se posent sur les miennes pour un baiser gourmand, sa langue joue avec la mienne, la caresse. Je me sens fondre, l'excitation me gagne lorsqu'il me mord violemment la lèvre. Mon corps est en feu et je ne me satisfais bientôt plus d'un simple baiser. Mes mains passent sous son t-shirt pour le lui faire enlever. Il grogne et me pousse vers le lit. Je tombe sur le dos et je le regarde retirer son t-shirt et son pantalon. Il ne porte rien d'autre en bas, son torse est dénué de toute présence de poils, son corps est aussi parfait que son visage. Mes yeux descendent vers sa virilité, je déglutis en voyant à quel point son sexe est énorme. Il me sourit orgueilleusement et s'allonge sur moi. Sa main me caresse l'intérieur des cuisses et se glisse entre mes lèvres intimes. Mes pieds s'ouvrent d'eux-mêmes, je gémis mon regard ancré dans le sien. Il se penche à mon oreille et me murmure.
" Là je peux t'assurer que tu es tout sauf un glaçon. Ce mec était décidément un connard. "
Je n'ai pas le temps de sourire à sa blague que ses doigts s'insèrent en moi, je suis surprise par cette intrusion. Mais plus ses doigts s'activent en moi, plus je prends du plaisir. J'en prends tellement que je suis obligée de me mordre la main pour éviter de hurler trop fort. Il me mord le cou et les mamelons, avant de repasser dessus avec sa langue pour effacer la douleur. J'en veux plus, plus de douleurs, plus de caresses, plus de brutalité,. Comme s'il avait compris ma prière muette, il me retourne sur le ventre, les mains dans le dos, un coup sur mes fesses et je crie de bonheur j'entends le bruit d'un emballage plastique que l'on déchire, puis il me pénètre d'un geste sec.
" Ah ! "
" Tu aimes ça Alicia ? "
J'ouvre les yeux, surprise qu'il connaisse mon nom. Comment me connaît-il ? Ma question meurt dans ma gorge lorsqu'il me cloue sur le lit avec un coup de butoir.
Dans cette position, je ne peux pas le toucher, je ne peux pas le voir, je me contente juste de subir. De sentir son sexe énorme m'ouvrir les lèvres, s'enfoncer en moi jusqu'à la garde. À chaque coup de butoir, je me sens vivre. Une main s'abat sur ma croupe et je dois reconnaître que j'aime ça. J'ai envie de m'accrocher sur les draps, mais mes mains sont retenues dans mon dos par lui. Une vague de chaleur naît dans mon bas-ventre. Le mystérieux inconnu dont je ne connais pas le nom ralenti.
" Tu n'as pas répondu à ma question Alicia. "
" Oui, j'aime tout ce que tu me fais. "
La marrée de plaisir qui semblait disparue recommence avec beaucoup plus d'ardeur.
" Plus fort. "
Il sourit et sa main s'abat encore avec plus de violence sur ma croupe. Je crois que si en ce moment je devais mourir de plaisir, je le ferais. Je ferme les yeux et je me laisse envahir par cette sensation, puis je jouis en hurlant à plein poumons. Mais il ne s'arrête pas là, il continue ses va et vient jusqu'à ce qu'il jouit dans un cri et s'effondre sur moi. Nous restons silencieux jusqu'à ce que le sommeil nous gagne tous les deux. Je me réveille en sursaut et je regarde autour de moi, je ne suis pas mon appartement. Je regarde l'homme endormi à mes mes côtés et j'étouffe un cri. J'ai couché avec un homme, que je ne connais pas, dans son appartement et loin de me sentir mal, je me sens plutôt bien. Mais j'ai honte, honte de m'être laissé guider par la colère. Je sors du lit et j'enfile le peignoir, je marche sur la pointe des pieds jusqu'au salon et j'ouvre la porte, je prends mon sac à main et je sors de l'appartement. Ce qui s'est passé était génial, mais il faut que je l'oublie maintenant, je ne le reverrai plus jamais.
POV Oliver.
Je regarde les hommes assis autour de moi sans vraiment entendre ce qu'ils disent. Mes pensées dérivent autour d'une seule personne: Alicia McKane. Cela fait une semaine depuis que nous avons couché ensemble, qu'elle hante mes pensées. Bordel ! Il faut que je me
" Marc Gallagher fait profil bas depuis quelque temps, saurais-tu pourquoi ? " Demandais-je en levant les yeux vers mon attachée de presse.
Elle lève le nez de son ordinateur et semble surprise de ma question, puis elle se racle la gorge et regarde son
" La rumeur court que ses fiançailles ont été rompues, je n'en sais pas plus. "
Je secoue la tête et je me tourne vers la fenêtre. Tout le monde autour de moi cesse de parler, ils observent tous la moindre de mes réactions. Ça m'agace au plus haut point. Le seul à prendre la parole et qui n'a pas peur de ma réaction c'est Christopher, mon meilleur ami.
" Depuis quand t'intéresses tu aux potins au sujet de Gallagher ? " Demande-t-il en tapotant son stylo sur la table.
" Depuis que j'ai décidé qu'il en serait ainsi. "
Le silence devient pesant et Nathalie ma secrétaire se racle la gorge.
" Vous avez rendez-vous dans deux heures avec le
" Annulez le. "
Je me retourne pour leur faire face et je croise le regard de Christopher, je sais ce qu'il pense et je m'en moque. Je me lève et je me dirige vers la sortie et je claque la porte derrière moi. Je marche droit vers mon bureau, j'entends les pas de Chris derrière moi.
" Putain Oliver tune ne peux pas continuer comme ça. "
" Non seulement je le peux, mais je le veux aussi . Je refuse d'être associé à des personnes ça "
Mon ami tire le fauteuil juste en face de moi et prend place. Christopher et moi sommes amis depuis que nous sommes gamins, il me connaît aussi bien que moi je le connais. Il sait d'où je viens et ce que j'ai dû faire pour arriver là où je suis aujourd'hui. C'est pour cette raison qu'il sait que je ne peux pas accepter ce qu'il me demande. Ces personnes sont fausses et vivent dans un monde où ce sont les apparences qui comptent. Pas pour moi, je ne peux pas faire semblant devant ces gens.
" Qu'est-ce qui se passe ? " Demande mon ami en prenant une voix douce.
" Ne me parle pas comme si tu étais mon psy. "
" Non, je ne le suis pas, mais je suis ton ami. Et j'ai constaté que depuis quelques jours, tu n'es pas dans ton assiette. "
Je lève les yeux au ciel et je me tourne, je n'ai pas envie d'avoir cette conversation maintenant et surtout pas avec lui.
" Tu as décidé de te lancer dans cette histoire d'élection, alors maintenant, il va falloir que tu assumes les conséquences de tes actes. "
" Tu connais très bien les raisons qui m'ont poussé à agir de la sorte. Cette mascarade ne m'intéresse même pas. "
" Je sais, mais tu as poussé les choses trop loin. Et tu vas devoir te conformer à tout ça. Si tu veux atteindre tes ennemis, comporte toi comme eux. Tu dois les côtoyer pour apprendre qui ils sont et ainsi avoir toutes les cartes en main pour les anéantir. "
Je secoue la tête sans rien dire. Je sais qu'il a raison, mais ça me coûte de devoir l'accepter.
" Très bien, j'irais à cette soirée avec cet homme dégoûtant. "
Christopher s'adosse et sourit d'un air satisfait. Je déteste cette lueur de satisfaction dans yeux.
" Si tu veux mon avis, tu es pour moi le seul candidat qui mérite d'être élu Maire dans cette ville. "
" Tu oublies Marc Gallagher. " Dis-je d'un ton acide.
" Nous savons tous ce que font les Gallagher pour parvenir au sommet. Tu peux faire de cette ville un endroit plus sûr, où la force, les menaces ne seront plus au centre de celle-ci. "
Ce n'est pas mon combat, le combat que je mène et qui se cache derrière tout ça est plus personnel. Pour une raison qui me tient à cœur. Je pose la main sur le précieux dossier qui est posé sur la table juste à côté de moi, j'ai pris pour habitude de tapoter dessus sans raison. Christopher suit mon geste pendant de longues secondes sans rien dire. Je déteste quand il fait ça, il m'étudie, me psychanalyse, pourtant je ne suis pas son patient. Christopher est psychologue depuis six ans, il adore son métier. Entrer dans la tête des gens, comprendre ce qui les dérange, quels sont leurs plus grands secrets et surtout leur venir en aide. Il a une clinique au centre-ville, son père lui aussi est médecin, j'ai quasiment grandi chez eux, ils sont ma deuxième famille. Mais il n'a pas besoin de m'avoir comme patient, parce qu'il connaît tous mes plus sombres secrets, parfois, j'ai même l'impression qu'il arrive à lire dans mes pensées.
" Tu as pu la revoir ? "
" Qui ? " Demandais-je en feignant de ne pas savoir de qui est-ce qu'il parle.
" Pas avec moi. "
" Oui je l'ai revu. " Dis-je en souriant. " Il lui fait du mal. " Dis-je d'une voix dure.
Je me lève et je marche vers la table pour nous servir à boire, je reviens vers mon ami et lui donne son
" Qu'en sais-tu ? Si elle est avec lui, ça veut dire que quelque part elle tolère ce qu'il fait. "
" Il l'a trompé. "
" Alors je comprends pourquoi tu as demandé des nouvelles de Gallagher, tu veux savoir s'ils se sont revus. Et si c'était le cas Oliver, que ferais-
Honnêtement, je n'en sais rien. Ça me ferait un espèce de pincement au cœur, mais je ne sais pas très bien comment nommer ça. Cette fille m'intrigue, je veux mieux la connaître.
" Au moins je suis content que quelque chose ou quelqu'un sur cette terre te fasse encore ressentir des émotions autre que la colère. "
Je ne relève pas sa question et je m'assois derrière mon ordinateur. L'invitation à ce stupide bal de charité me rit au nez et je sais que je n'ai pas d'autr choix que d'y aller.
" Si j'y vais, tu viens avec moi. " Dis-je en plantant mon regard dans les yeux de Chris.
" Quoi mais ? J'ai un dîner moi. "
" M'en fiche, 19h. "
Chris se lève en bougonnant et je sais d'office que j'ai gagné alors, je veux bien y aller mais hors de question que je le fasse seul. Je passe la journée au travail, puis à dix-huit heures, je rentre chez moi me préparer. Chris est venu de lui même, je n'ai pas eu à aller le chercher. Nous nous sommes ensuite rendus dans une salle de fête que le sénateur a loué à cet effet. Chris et moi montons les marchés d'un air sombre, des journalistes nous accostent et bien sûr, nous nous devons de jouer le jeu. Je réponds donc devant les caméras que je suis heureux d'être ici, les enfants sont l'avenir de notre pays et faire des dons pour eux, dans le but de les aider est un honneur. Et bien sûr mes entreprises seront ravis d'offrir des bourses d'études à ces orphelins. Les yeux de la journaliste s'embuent de larmes, elle semble en ce moment précis me prendre pour Dieu. Je me tourne et je continue de monter les escaliers. J'entre dans la salle de fête et l'opulence me frappe aux yeux. Ils ont même fait une immense statut de chocolat. Je lève les yeux au ciel agacé par tout ça. Chris s'approche de moi et me tend une coupe de champagne.
" Souris un peu, tu fais peur à tout le monde. "
" Je signe un chèque et je m'en vais. "
" J'ai annulé mon rendez-vous pour pouvoir être ici avec toi, nous sommes venus alors on reste. "
" Oliver Wright ? "
Mon sang ne fait qu'un tour, je me fige. Cette voix, je pourrais la reconnaître entre autres. Même dans mes rêves je l'entends, cette voix hante chacun de mes cauchemars, la voix du sénateur Dan Gallagher. Je me retourne dans sa direction et je dessine une grimace que j'espère qu'il prendra pour un sourire sur mon visage.
" Monsieur le Sénateur, comment allez-vous ? "
" Bien et je suis enchanté de faire enfin votre connaissance. " Dit-il en me prenant la main. " Vous semblez être un homme très occupé. "
" Entre le travail et ma campagne, je n'ai pas vraiment le temps pour moi, Christopher que voici a dû me traîner ici de force. "
" Alors c'est à vous que je devrais dire merci. " Dit-il en se tournant vers Chris pour le saluer. " Dites-moi monsieur Wright, que pensez-vous de notre magnifique ville ? "
Le Sénateur se tourne en direction de la porte qui mène au jardin, je comprends alors qu'il aimerait que je le suive. Je lui emboîte le pas avant de le suivre dehors.
" Il ne fait aucun doute que je l'adore, sinon je ne me serais jamais lancé dans une aventure pareille. "
" Ça ne fait aucun doute. Ce n'est pas commun que quelqu'un sorti de nulle part, qui semble avoir autant réussi dans la vie, se lance dans une campagne électorale dans une ville étrangère. " Dit-il d'un ton plein de sous-
" Qui vous dit que cette ville inconnue ? "
" Croyez-moi, je connais tous les habitants de Portland, mais pas vous. "
Un sourire sarcastique naît sur mon visage et je plonge la main dans la poche de mon
" C'est peut-être mieux ainsi, vous ne pensez ? Ce ne serait pas du jeu sinon. "
Il plisse les yeux et ne rajoute rien, mais s'arrête de marcher.
" Vous jouez au poker mon garçon ? "
C'est grâce au poker que je me retrouve là en quelques sortes pensais-je.
" Non, mais je serais ravi. "
" Nous organisons une soirée la semaine dans deux mois, pour des associations bien entendus, vous devriez y venir. "
Une seule question me taraudait l'esprit, pourquoi cet homme voudrait inviter le concurrent de son fils à une partie de poker ? Serait-ce pour avoir des informations contre moi ? Ou plutôt pour avoir des inform sur moi tout court ? La seule manière de le savoir était d'aller à cette fichue soirée.
" Ce serait avec plaisir. "
Le Sénateur semble ravi et me serra la main.
" Eh bien, vous m'en voyez ravi. Je vous ferais parvenir une invitation. Eh bien sûr, vous pouvez venir accompagné. "
Je ne répondis pas et je me contentais de le regarder partir. Je connaissais déjà à qui je demanderais de m'accompagner à cette partie. Je Pose les yeux sur la main que le Sénateur vient de serrer. L'ironie a voulu qu'il serre la main de l'homme qui va le détruire.