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Le Milliardaire Secret : Mon Seul Refuge après la Trahison

Le Milliardaire Secret : Mon Seul Refuge après la Trahison

Auteur:: Ma Plume
Genre: Milliardaire
« Roland, espèce de traître ! Et toi Valérie... comment as-tu pu me faire ça ? »Dans son propre bureau, Abira découvre la nature honteuse entre son fiancé et sa demi-sœur. La honte, la colère, la douleur l'llent submerger...Jusqu'à ce que sa demi-sœur feigne la chute et accuse :« Sœur Abira... pourquoi tu me frappes encore ? » Piégée, humiliée, abandonnée de tous, elle s'enfuit sur le toit, au bord du vide.C'est alors qu'apparaît Samuel Jonas. Silencieux, mystérieux, puissant...Personne ne sait qui il est vraiment - pas même sa famille. Derrière son apparence discrète se cache le maître secret du groupe Silverstone. Il sauve Abira de la chute... mais sauvera-t-il aussi son cœur brisé ?

Chapitre 1 CHAPITRE 1

Aucun mot ne semblait assez fort pour traduire l'état dans lequel se trouvait Abira Snowden.

Tout venait de s'effondrer en un instant. Elle venait de surprendre son fiancé en train de la trahir.

Et pas avec n'importe qui.

Avec Valérie, sa propre sœur.

L'image s'imposait encore à elle, brutale, impossible à effacer : tous les deux enlacés sur le canapé, leurs vêtements à moitié retirés, absorbés l'un par l'autre comme s'ils n'avaient plus aucune retenue. Cette simple vision avait suffi à faire monter en elle une colère violente.

« Roland, espèce de traître ! Et toi, Valérie... comment as-tu pu me faire ça ? Tu n'as vraiment aucune honte ? »

Sa voix avait éclaté dans la pièce dès qu'elle avait franchi la porte. Elle n'aurait jamais imaginé tomber sur une telle scène en arrivant à son bureau.

Pris sur le fait, Roland Wolfram et Valérie Snowden avaient sursauté. Dans la précipitation, ils s'étaient éloignés l'un de l'autre, cherchant maladroitement à remettre leurs vêtements en place.

Visiblement paniquée, Valérie s'était relevée d'un bond, tirant nerveusement sur son t-shirt pour couvrir sa poitrine, avant de se diriger à toute vitesse vers Abira. Derrière elle, Roland fouillait autour du canapé, incapable de retrouver son haut.

« Abira, attends, écoute-moi d'abord... » dit Valérie d'une voix tremblante, presque suppliante. « Je t'en prie, ne te mets pas en colère. Ce n'est pas ce que tu crois... »

« Tais-toi ! » coupa Abira avec mépris. « Je n'ai rien à entendre de ta part. Disparais de ma vue. »

Sa voix s'était faite plus basse, mais sa colère, elle, ne faiblissait pas. Pourtant, elle fut déstabilisée quand Valérie attrapa brusquement sa main pour la poser contre sa propre joue.

« Qu'est-ce que tu fais, Valérie- »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.

Valérie se laissa tomber au sol en poussant un petit cri, une main sur la joue, les yeux déjà embués de larmes.

« Sœur Abira... je t'ai déjà demandé pardon... pourquoi tu me frappes encore ? »

Sa voix tremblait, étouffée par des sanglots feints. À la voir ainsi, n'importe qui aurait cru qu'elle venait réellement de recevoir une gifle.

Abira resta figée, sans voix.

Elle comprenait parfaitement ce qui était en train de se jouer. Valérie était en train de monter un numéro, celui de la victime irréprochable, douce et innocente.

Quel culot.

Avant qu'elle ne puisse réagir, une voix pleine de colère retentit.

« Abira, ça ne va pas ? Comment peux-tu être aussi dure avec ta propre sœur ? »

Roland venait de se précipiter vers Valérie, choqué de la voir par terre, en pleurs.

« Frère Roland... » murmura Valérie en relevant légèrement la tête. « Je lui ai déjà présenté mes excuses... mais elle m'a frappée... »

Ses sanglots redoublèrent aussitôt.

Le regard de Roland se durcit en se tournant vers Abira.

« Franchement, Abira... elle s'excuse et toi, tu la gifles ? Tu es vraiment cruelle. »

Abira le fixa, incrédule.

Elle avait envie de rire tant la situation était absurde.

Il a vraiment perdu la tête... pensa-t-elle, serrant les dents. Il oublie que c'est moi sa fiancée, pas elle ?

« Sœur Abira... je sais que j'ai mal agi... mais pourquoi me frapper comme ça ? » ajouta Valérie en se redressant avec difficulté, s'accrochant au bras de Roland.

À peine debout, elle chancela volontairement et se laissa tomber contre lui.

« Valérie, ça va ? » demanda-t-il, inquiet, en la soutenant aussitôt et en posant une main autour de sa taille.

« Je vais bien... ne t'inquiète pas pour moi... parle plutôt à ma sœur... » répondit-elle d'une voix fragile. « Je me sens mal pour elle... tu sais... »

Ses larmes coulaient à nouveau, parfaitement maîtrisées.

« D'accord, ne t'en fais pas. Je vais lui expliquer », dit Roland en lui serrant doucement la main.

Mais Valérie intervint encore, jetant un regard en direction d'Abira.

« Sœur Abira... tout est de ma faute... ne lui en veux pas... »

Son ton faible et brisé acheva de convaincre Roland.

Elle jouait son rôle à la perfection.

Et visiblement, ça fonctionnait.

Malgré la douleur qui lui serrait la poitrine, Abira ne put s'empêcher de remarquer à quel point sa sœur maîtrisait son petit jeu. Elle savait exactement ce qu'elle faisait.

Abira détourna le regard, refusant de continuer à entrer dans ce spectacle. Elle réglerait son cas plus tard. Pour l'instant, elle voulait entendre ce que Roland avait à dire pour se justifier.

« Abira... je sais que tu es choquée... mais ce que tu crois voir n'est pas la réalité. Ta sœur n'est pas ce que tu dis. »

Elle faillit éclater de rire.

Il est sérieux ? pensa-t-elle. Il a complètement perdu le sens des choses...

Elle dut se retenir de lever la main pour le gifler.

La déception l'envahissait peu à peu.

Elle connaissait Roland depuis l'université. Ils s'étaient mis ensemble en deuxième année. Elle l'avait soutenu dès le début, l'aidant à construire son entreprise pas à pas.

L'année précédente, lorsque tout avait enfin commencé à bien marcher, il lui avait demandé de l'épouser. Elle avait accepté, et ils avaient même prévu de vivre ensemble.

Le mariage devait avoir lieu d'ici quelques mois.

Mais à cet instant précis, ce projet n'avait plus aucun sens.

Comment peut-il encore nier l'évidence ? se demanda-t-elle. Son désir l'a rendu aveugle à ce point ?

Malgré tout, une pensée lui traversa l'esprit.

Au moins, elle avait découvert la vérité avant de l'épouser.

« Si ce n'est pas ce que je crois, alors explique-moi ce que je vois », lança-t-elle d'un ton froid. « Pourquoi est-elle à moitié nue avec toi ? Si je n'étais pas arrivée, vous seriez allés jusqu'où dans ce bureau ? »

L'idée qu'ils aient pu se retrouver ainsi, encore et encore, pendant qu'elle travaillait ailleurs dans l'entreprise, lui donna la nausée.

C'était elle qui avait aidé Valérie à entrer ici.

Et voilà comment on la remerciait.

Les sanglots de Valérie redoublèrent.

Elle se blottit davantage contre Roland.

« Frère Roland... je suis vraiment une mauvaise personne... Abira a raison... »

« Non, ne dis pas ça », répondit-il doucement avant de relever la tête vers Abira, le regard désormais dur. « Elle n'a rien fait de mal. Tout vient de moi. »

Son expression changea complètement.

« Je l'aime. Plus que toi. C'est la vérité. »

Ces mots frappèrent Abira de plein fouet.

Une douleur sourde remonta en elle.

C'était la deuxième fois qu'elle se sentait ainsi humiliée. La première remontait à l'époque où son père avait ramené sa maîtresse chez eux, juste après son divorce.

Elle observa Roland, incapable de reconnaître l'homme qu'elle avait aimé.

Où était passé celui qu'elle connaissait ?

Celui qui l'avait toujours traitée avec douceur ?

Leur relation avait toujours été stable, sans heurts. Jamais elle n'aurait imaginé qu'une troisième personne viendrait s'immiscer entre eux.

Refusant de pleurer devant eux, elle inspira profondément, tentant de garder le contrôle.

« Si tu l'aimes... alors pourquoi m'avoir demandé de t'épouser ? » demanda-t-elle d'une voix tendue. « Pourquoi continuer à faire semblant avec moi ? Pourquoi préparer ce mariage ? »

Chaque mot lui faisait mal, mais elle continua malgré tout.

« Roland... le mariage est dans quelques mois. Si tu ne ressens plus rien pour moi... dis-le simplement. Il n'y a pas besoin de faire ça dans mon dos. »

Elle marqua une pause, la gorge serrée.

« Parce que si tu me le dis clairement... je partirai sans faire d'histoire. »

Chapitre 2 CHAPITRE 2

Roland resta muet face aux paroles d'Abira, écoutant sa voix trembler sans intervenir.

Sous son apparente maîtrise, il comprenait qu'elle était profondément atteinte. Une part de lui en éprouvait de la compassion, mais il savait aussi qu'il n'avait rien à lui offrir pour apaiser cette douleur.

Abira avait toujours été, à ses yeux, une femme idéale : belle, réfléchie, attentionnée. Pourtant, dans leur relation, elle avait toujours gardé une certaine distance. Malgré les années passées ensemble, elle n'avait jamais accepté d'aller plus loin avec lui. Elle faisait partie de ces rares personnes qui tenaient à attendre le mariage avant de franchir cette étape.

Au début, il avait respecté ce choix.

Mais avec le temps, cette attente était devenue pesante.

Puis Valérie était entrée dans sa vie.

Il n'était qu'un homme, avec ses faiblesses, ses envies. Résister indéfiniment lui était devenu impossible. Peu à peu, ses sentiments pour Abira avaient changé, tandis que sa proximité avec Valérie faisait naître en lui quelque chose de nouveau. Son attention, puis son cœur, s'étaient progressivement tournés vers elle.

« Je suis désolé, Abira... » lâcha-t-il finalement, incapable d'en dire davantage.

« Frère Roland... j'ai la tête qui tourne... »

La voix fragile de Valérie le détourna aussitôt de la situation. Il resserra instinctivement ses bras autour d'elle et inclina légèrement la tête pour observer son visage.

Elle paraissait pâle.

« Assieds-toi, ça va aller », dit-il avec douceur. « Laisse-moi m'occuper d'elle une minute. »

Abira ne supportait plus ce spectacle. Les voir ainsi, si proches, si attentionnés l'un envers l'autre, était insupportable. Chaque geste, chaque regard entre eux était comme une nouvelle blessure.

Elle savait qu'elle ne pourrait pas rester plus longtemps sans perdre le contrôle.

Et pleurer devant eux était hors de question.

Pas pour cet homme qui venait de la trahir.

Ni pour cette sœur qui l'avait poignardée dans le dos.

Mais avant de partir, elle avait encore quelque chose à faire.

« Valérie Snowden », appela-t-elle d'un ton calme, presque posé.

« Oui, sœur Abira ? » répondit Valérie avec un sourire poli.

Le geste fut si rapide qu'elle n'eut pas le temps de réagir.

La main d'Abira s'abattit violemment sur sa joue.

Le claquement résonna dans toute la pièce.

Sous la force du coup, Valérie vacilla. Si Roland ne l'avait pas retenue à temps, elle se serait probablement écroulée au sol.

« Abira Snowden ! Tu es devenue folle ou quoi ?! » cria Valérie, sa douceur envolée. Une main plaquée contre sa joue rougie, elle fixait sa sœur avec rage, les yeux brillants de colère. « Pourquoi tu m'as frappée ?! »

Un léger sourire passa sur les lèvres d'Abira.

Au moins, cette fois, c'était réel.

Avant qu'elle ne réponde, Roland intervint, visiblement agacé.

« Abira, je suis vraiment déçu de toi. Elle a essayé d'arranger les choses avec toi, elle s'est excusée, et toi, tu réagis comme ça ? »

Il la regardait avec reproche tout en gardant Valérie contre lui.

Abira ne lui accorda même pas un regard.

Ses yeux restaient fixés sur sa sœur.

« Tu veux savoir pourquoi je t'ai frappée ? »

« Oui ! » lança Valérie, encore sous le choc.

« Pour que tu comprennes la différence », répondit-elle froidement. « Maintenant, tu sais ce que ça fait. »

Elle marqua une pause, observant son expression.

« Tu veux essayer de l'autre côté ? Approche. »

Valérie resta sans voix.

Roland, lui, n'attendit pas.

Craignant que la situation ne dégénère, il se plaça aussitôt entre elles.

« Ça suffit ! Tu ne la touches plus ! » s'emporta-t-il. « Si tu veux continuer, tu devras passer par moi. »

Abira tourna enfin la tête vers lui.

Une part d'elle avait envie de le gifler lui aussi. De lui faire payer.

Mais elle se ravisa.

L'idée même de le toucher la dégoûtait désormais.

Elle n'avait plus rien à voir avec lui.

« Roland Wolfram », déclara-t-elle d'une voix posée, « c'est terminé entre nous. Puisque tu l'as choisie, nos fiançailles n'ont plus lieu d'être. »

Un sourire froid étira ses lèvres.

« Félicitations à vous deux. »

Elle inspira lentement avant d'ajouter :

« Vous avez réussi à tout gâcher. J'espère que vous récolterez ce que vous méritez. »

Sans attendre de réponse, elle tourna les talons.

Son cœur était lourd, mais à mesure qu'elle s'éloignait, une étrange sensation de légèreté commençait à s'installer en elle.

Elle venait de se libérer.

...

Roland resta un instant immobile, troublé par le départ d'Abira.

Elle n'avait pas pleuré.

Elle n'avait pas supplié.

Comme si leur rupture ne lui faisait rien.

Cela le blessa plus qu'il ne l'aurait cru.

Les mâchoires crispées, il se mit en mouvement pour la rattraper. Il n'en avait pas fini avec elle. Même s'il ne ressentait plus rien, il avait encore besoin d'elle dans l'entreprise. Elle était irremplaçable pour le moment.

« Abira, attends ! J'ai encore- »

Il s'interrompit.

La voix de Valérie venait de s'élever derrière lui.

Il se retourna, hésita, puis vit Abira disparaître au bout du couloir.

Elle marche vite... pensa-t-il. Est-ce qu'elle a pleuré ?

Un soupir lui échappa avant qu'il ne revienne vers Valérie.

« Oui ? »

« Roland... aide-moi, s'il te plaît... » sanglota-t-elle en portant une main à sa tête. « J'ai des vertiges... j'ai mal... peut-être à cause de la gifle... »

La colère monta en lui.

Il serra les dents.

« Tu veux qu'on aille à l'hôpital ? »

Elle secoua la tête.

« Non... ça va mieux... mais j'ai faim... On pourrait aller manger ? » dit-elle en jetant un regard inquiet vers la porte. « J'ai peur qu'elle revienne... »

« D'accord. Allons-y. »

Sans vraiment réfléchir, Abira suivit ses pas jusqu'à la sortie de secours.

Quelques instants plus tard, elle se retrouva sur le toit.

Les images tournaient encore dans sa tête.

Malgré tous ses efforts, elle n'arrivait pas à oublier ce qu'elle avait vu. Ni ce qu'elle avait entendu.

Chaque souvenir était comme une lame.

Sa poitrine se serrait au point de lui couper le souffle.

Elle poussa la porte métallique et s'avança rapidement jusqu'au bord.

Cet endroit, elle le connaissait bien. C'était son refuge, celui où elle venait quand tout devenait trop lourd à porter.

Peu de gens montaient ici.

C'était parfait.

Elle grimpa sur le muret qui longeait le toit et resta immobile, les yeux perdus vers les arbres derrière le bâtiment.

Mais aujourd'hui, la vue ne lui apportait aucun réconfort.

En quelques minutes, tout avait changé.

L'homme qu'elle aimait était devenu quelqu'un d'autre.

Sa sœur... n'était plus qu'une étrangère.

Désormais, ils étaient ses ennemis.

Elle devait avancer.

Tourner la page.

Et pour ça, elle devait commencer par partir. Quitter cet appartement, s'éloigner de Roland, ne plus jamais le croiser.

Rien que d'y penser, elle en avait la nausée.

« Roland ! Espèce de lâche ! Comment tu as pu détruire tout ça pour elle ?! J'espère que tu paieras pour ça ! »

Sa voix résonna dans le vide.

« Et toi, Valérie... j'espère que la vie te fera regretter ce que tu as fait ! »

Elle parlait fort, sans retenue.

Elle savait que personne ne viendrait.

Crier était la seule chose qui l'empêchait de s'effondrer.

Un peu plus tôt, sur ce même toit.

Assis à l'ombre d'un parasol, un homme profitait du calme en buvant une bière fraîche. Il attendait quelqu'un, perdu dans ses pensées.

Le bruit soudain de la porte métallique le fit sursauter.

Quelqu'un venait de l'ouvrir avec violence.

Il sentit même la vibration jusque dans sa chaise.

Quelques secondes plus tard, une jeune femme apparut. Mince, vêtue simplement, elle avançait d'un pas rapide, ses cheveux bruns flottant derrière elle.

Elle passa près de lui sans même le remarquer.

Son attitude tendue attira son attention.

Intrigué, il posa sa bouteille sur la table.

Une idée lui traversa l'esprit.

Attends... elle ne va quand même pas...

Son regard se fixa sur le bord du toit.

Elle va sauter ?

Une inquiétude immédiate le saisit.

S'il assistait à ça, les conséquences pourraient être lourdes.

Il se leva discrètement et s'approcha, prêt à intervenir.

Mais il s'arrêta en l'entendant parler seule.

Elle criait, insultait, se défoulait.

Il fronça les sourcils.

Peut-être que je me trompe...

Il hésita.

Puis décida d'attendre encore un peu.

Plus il écoutait, plus il comprenait qu'elle venait de vivre quelque chose de difficile.

Il se sentit presque mal à l'aise d'être témoin de ce moment.

Finalement, il recula lentement, prêt à la laisser seule.

C'est alors qu'un cri lui glaça le sang.

« Ah- ! »

Il se retourna brusquement.

Elle venait de perdre l'équilibre.

Son corps basculait dangereusement vers le vide.

Sans réfléchir, il se mit à courir.

En un instant, il attrapa sa main et tira de toutes ses forces pour la ramener vers lui.

Chapitre 3 CHAPITRE 3

Abira ignorait depuis combien de temps elle criait, laissant sortir toute la colère qu'elle gardait en elle. Cela lui faisait du bien, au moins un peu. Elle pensait avoir vidé tout ce qu'elle avait à dire contre Roland et Valérie.

Mais en redescendant du muret, son pied glissa.

« Ah- ! »

Elle tenta de se rattraper, cherchant un appui, n'importe quoi. Mais ses doigts ne trouvèrent que du vide.

Pendant une fraction de seconde, une pensée brutale traversa son esprit : c'est fini.

Puis, soudain, une main attrapa la sienne.

Une force la tira en arrière.

Son corps bascula, complètement déséquilibré, mais cette fois, elle tomba vers l'intérieur du toit. Elle ne contrôlait plus rien, mais une seule chose comptait : elle était toujours en vie.

Tout s'était déroulé en un instant.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle se retrouva pressée contre quelqu'un. Sa tête reposait contre le torse solide d'un homme.

Son cœur battait à toute vitesse, presque douloureusement. Sa respiration était saccadée. Le simple fait d'avoir frôlé une chute du haut de l'immeuble lui donnait l'impression d'avoir laissé une partie d'elle-même derrière.

Merci... pensa-t-elle. Merci de m'avoir sauvée...

Elle voulut relever la tête pour voir celui qui venait de lui éviter le pire, mais une voix grave l'arrêta.

« Si vous avez l'intention de vous jeter dans le vide, essayez au moins de choisir un moment où il n'y a personne. »

Abira resta interdite.

Se suicider ? pensa-t-elle, abasourdie. Mais qu'est-ce qu'il raconte ?

Elle faillit répondre immédiatement pour corriger cette absurdité, mais se retint. Après tout, cet homme venait de lui sauver la vie.

Elle inspira doucement.

« Merci... vraiment, monsieur », dit-elle avec sincérité en levant enfin les yeux vers lui.

Elle se figea.

Ses yeux.

D'un bleu clair presque irréel, ils la fixaient avec calme. Lorsqu'un léger sourire apparut sur ses lèvres, elle détourna aussitôt le regard, prise d'un léger trouble.

« Mais... je ne voulais pas sauter », ajouta-t-elle rapidement. « J'ai juste... perdu l'équilibre. »

Son regard resta accroché à son torse, incapable de soutenir ses yeux plus longtemps.

« Tant mieux », répondit-il avec un ton légèrement ironique. « Je n'ai aucune envie de me retrouver au commissariat à devoir expliquer ce que j'ai vu. On pourrait facilement m'impliquer dans une histoire pareille. »

Malgré elle, Abira laissa échapper un petit rire.

« Je vous suis vraiment reconnaissante », reprit-elle. « Sans vous... je... je vous dois la vie. »

À peine ces mots sortis, elle se mordit intérieurement la langue.

Qu'est-ce que je viens de dire ? pensa-t-elle, gênée. C'est beaucoup trop...

Après tout, elle ne connaissait même pas cet homme. S'il avait de mauvaises intentions, il pourrait très bien se servir de ce genre de paroles.

« Vous pouvez me lâcher maintenant. Vous êtes en sécurité. »

Elle cligna des yeux, surprise.

C'est à cet instant qu'elle réalisa.

Elle était toujours dans ses bras.

Ses mains agrippées à sa taille.

Leur proximité était telle qu'elle pouvait entendre les battements de son cœur.

Rougissant légèrement, elle se recula précipitamment.

Une fois à distance, elle prit enfin le temps de l'observer.

Il était grand - bien plus qu'elle. Sa tête lui arrivait à peine aux épaules. Son visage était marqué par des traits nets, bien dessinés. Ses yeux clairs, presque translucides, attiraient immédiatement l'attention. Et ses lèvres... restaient fermées, comme s'il hésitait à dire quelque chose.

Il dégageait quelque chose de particulier.

Une présence difficile à ignorer.

Une impression de force, mêlée à une forme de détachement.

Même immobile, il attirait le regard.

Mais qu'est-ce que je fais ? pensa-t-elle soudain. Pourquoi je le détaille comme ça ?

Elle secoua légèrement la tête pour reprendre ses esprits.

« Vous voulez une bière ? »

Sa voix la ramena à la réalité.

« Une bière ? » répéta-t-elle, un peu surprise.

« Oui. J'en ai là-bas. Ça pourrait vous aider à vous calmer », dit-il en désignant le coin aménagé sous un parasol, avant de s'y diriger sans attendre.

Abira jeta un coup d'œil dans cette direction.

Elle reconnut l'endroit.

C'était là qu'elle venait parfois s'asseoir pour se vider l'esprit.

Un léger sourire passa sur ses lèvres.

Sans vraiment réfléchir, elle le suivit.

« Merci », dit-elle en acceptant la bouteille qu'il lui tendait avant de s'asseoir en face de lui, séparée par une petite table.

Elle porta la bière à ses lèvres.

Le liquide froid descendit dans sa gorge sèche, lui procurant une sensation apaisante immédiate.

Il avait raison.

Elle en avait besoin.

Pendant quelques instants, ils restèrent silencieux, chacun absorbé dans ses pensées.

Puis Abira tourna légèrement la tête vers lui.

Il regardait au loin, vers l'horizon, une bouteille à la main. Il semblait ailleurs, comme s'il avait oublié sa présence.

Elle ressentit une pointe de gêne.

Après tout, c'était elle qui avait envahi cet endroit.

« Monsieur... » dit-elle doucement.

Il se tourna enfin vers elle, un léger pli apparaissant sur son front.

« Désolée de vous déranger... et merci pour la bière. Je vais vous laisser tran- »

Elle s'interrompit.

Son téléphone vibrait.

Elle le sortit de sa poche.

En voyant le nom affiché, son expression se durcit immédiatement.

Roland.

Une colère froide monta en elle.

Elle inspira profondément avant de relever les yeux vers l'homme.

« Excusez-moi... je dois répondre. »

« Allez-y. »

Elle lui adressa un bref sourire, puis décrocha.

« Qu'est-ce que tu veux ? » lança-t-elle d'un ton glacial.

« Abira... je sais que c'est fini entre nous, mais j'ai encore besoin de toi au travail... »

Elle serra les dents.

« Si c'est pour dire ça, je raccroche. »

« Attends », coupa Roland rapidement. « Écoute-moi. Tu peux rester dans mon appartement si tu continues à travailler pour moi. Je sais que tu n'as pas les moyens de trouver autre chose tout de suite. »

Elle resta silencieuse un instant.

Choquée.

Il continua, comme si de rien n'était :

« Ne t'inquiète pas, je n'y serai pas. Je vais vivre chez Valérie à partir d'aujourd'hui. L'appartement sera à toi. »

Abira ferma les yeux un court instant.

Une vague de dégoût monta en elle.

À l'intérieur, elle ne pouvait s'empêcher de le maudire.

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