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Le Jour Où Tout Bascule

Le Jour Où Tout Bascule

Auteur:: CORRINE
Genre: Moderne
Ma tête me faisait un mal de chien, la douleur persistante d'une migraine qui m'avait tuée dans une autre vie. C'était le goût sucré et mortel du jus de mangue que Chloé m'avait tendu, son sourire d'ange masquant sa parfaite connaissance de mon allergie, et la suffocation qui avait suivi. Mais le véritable cauchemar, c'était le souvenir de Maman, emportée par le chagrin de ma perte. Une vie détruite à cause d'une toxicité sournoise, celle d'une "amie" et de ses marionnettes aveugles. Aujourd'hui n'était pas ce jour. Aujourd'hui, c'était le matin de l'examen d'entrée, le point de départ de ma tragédie passée. Et j'étais de retour. Mes yeux se sont ouverts sur la salle de classe bruyante, une heure avant le début de l'épreuve. « Jeanne, tu ne viens pas ? On attend Chloé ! » La voix de Pierre, mon petit ami d'avant, résonnait. Toujours cette impatience servile pour Chloé Martin, le soleil toxique autour duquel nous tournions. Dans ma vie d'avant, j'avais attendu. J'avais essayé de les raisonner, mais Pierre m'avait accusée d'égoïsme. Nous avions tous manqué l'examen à cause d'un glissement de terrain organisé par le destin, orchestré par leur ignorance. Et c'est cette frustration qui avait permis à Chloé de me piéger et de me tuer. Mais cette fois, tout était différent. La naïveté, la chaleur, l'amour que j'avais pour lui, tout avait été réduit en cendres. « Non. » Ma voix était plate, dénuée d'émotion. J'ai pris mon sac et me suis dirigée vers la porte, laissant derrière moi leur stupeur. « L'élastique n\'est qu\'un prétexte, » ai-je dit, me retournant. « Et vous êtes tous des idiots de tomber dans le panneau. Il y a une alerte météo, des risques de glissement de terrain. » Leurs moqueries ont fusé, mais elles sonnaient creux. C'était le bruit de leur propre condamnation. Je suis partie, sans un regard en arrière, mon téléphone à l'oreille. Au bout du fil, la voix de ma mère. « Mieux que jamais, Maman. Prends la route côtière. Fais-moi confiance. » Sur mon écran, l'alerte météo passait au rouge. Cette fois, je n'allais pas mourir. Cette fois, ils allaient payer. Tous.

Introduction

Ma tête me faisait un mal de chien, la douleur persistante d'une migraine qui m'avait tuée dans une autre vie. C'était le goût sucré et mortel du jus de mangue que Chloé m'avait tendu, son sourire d'ange masquant sa parfaite connaissance de mon allergie, et la suffocation qui avait suivi.

Mais le véritable cauchemar, c'était le souvenir de Maman, emportée par le chagrin de ma perte. Une vie détruite à cause d'une toxicité sournoise, celle d'une "amie" et de ses marionnettes aveugles.

Aujourd'hui n'était pas ce jour. Aujourd'hui, c'était le matin de l'examen d'entrée, le point de départ de ma tragédie passée. Et j'étais de retour. Mes yeux se sont ouverts sur la salle de classe bruyante, une heure avant le début de l'épreuve.

« Jeanne, tu ne viens pas ? On attend Chloé ! » La voix de Pierre, mon petit ami d'avant, résonnait. Toujours cette impatience servile pour Chloé Martin, le soleil toxique autour duquel nous tournions.

Dans ma vie d'avant, j'avais attendu. J'avais essayé de les raisonner, mais Pierre m'avait accusée d'égoïsme. Nous avions tous manqué l'examen à cause d'un glissement de terrain organisé par le destin, orchestré par leur ignorance. Et c'est cette frustration qui avait permis à Chloé de me piéger et de me tuer.

Mais cette fois, tout était différent. La naïveté, la chaleur, l'amour que j'avais pour lui, tout avait été réduit en cendres.

« Non. » Ma voix était plate, dénuée d'émotion. J'ai pris mon sac et me suis dirigée vers la porte, laissant derrière moi leur stupeur.

« L'élastique n\'est qu\'un prétexte, » ai-je dit, me retournant. « Et vous êtes tous des idiots de tomber dans le panneau. Il y a une alerte météo, des risques de glissement de terrain. »

Leurs moqueries ont fusé, mais elles sonnaient creux. C'était le bruit de leur propre condamnation.

Je suis partie, sans un regard en arrière, mon téléphone à l'oreille. Au bout du fil, la voix de ma mère. « Mieux que jamais, Maman. Prends la route côtière. Fais-moi confiance. » Sur mon écran, l'alerte météo passait au rouge. Cette fois, je n'allais pas mourir. Cette fois, ils allaient payer. Tous.

Chapitre 1

Ma tête me faisait un mal de chien, un écho sourd de la migraine qui m'avait tuée dans ma vie précédente. Le souvenir était encore vif, le goût sucré et mortel du jus de mangue que Chloé m'avait tendu avec un sourire d'ange, sachant parfaitement que j'y étais allergique. Je me souvenais de l'anaphylaxie, de la suffocation, puis du néant. Et ensuite, la douleur la plus profonde : apprendre, depuis une sorte de limbes, que ma mère, dévorée par le chagrin, s'était laissé mourir.

Mais aujourd'hui n'était pas ce jour. Aujourd'hui, c'était le jour de l'examen d'entrée à l'université, le point de départ de toute la tragédie. Et j'étais de retour. Mes yeux se sont ouverts dans la salle de classe bruyante, une heure avant le début de l'épreuve la plus importante de notre vie.

Ou du moins, de leur vie.

« Jeanne, tu ne viens pas ? On attend Chloé ! Elle ne trouve plus son élastique à cheveux. »

C'était Pierre, mon petit ami. Ou plutôt, celui qui l'était dans ma vie passée. Il se tenait près de la porte, son visage empreint de cette impatience servile qu'il réservait toujours à Chloé Martin, la coqueluche de la classe, le soleil autour duquel notre petit monde pathétique tournait.

Dans ma vie d'avant, j'avais soupiré et j'avais attendu avec eux. J'avais essayé de raisonner Pierre, de lui dire que l'examen était trop important, mais il m'avait accusée d'être égoïste. Nous avions tous attendu. Nous avions tous manqué l'examen à cause d'un glissement de terrain qui avait bloqué la seule route menant au centre d'examen. Et c'est cette frustration qui avait permis à Chloé de me piéger plus tard, de me faire porter le chapeau et de finalement, me tuer.

Cette fois, je l'ai regardé, Pierre, avec des yeux que je sentais froids et étrangers. La naïveté, la chaleur, l'amour que j'avais pour lui, tout avait été brûlé, ne laissant que des cendres.

« Non. »

Ma voix était plate, sans aucune émotion.

Pierre a froncé les sourcils, surpris par mon ton.

« Quoi, non ? C'est Chloé, Jeanne. On ne peut pas la laisser comme ça. »

Derrière lui, le reste de la classe acquiesçait. Ils étaient tous là, un troupeau de moutons, attendant les ordres de leur bergère. Chloé, bien sûr, était encore dans la salle, fouillant son sac avec une lenteur théâtrale. Elle savait que tout le monde l'attendait. Elle adorait ça.

Je me suis levée, j'ai pris mon sac et je me suis dirigée vers la porte.

« Je pars. L'examen commence dans une heure. La route est longue. »

Une fille, Sophie, a ricané.

« Toujours la bonne élève, hein, Jeanne ? Tu ne peux pas te détendre cinq minutes ? C'est juste un élastique. »

Je me suis arrêtée et je me suis tournée vers eux. Je les ai regardés un par un, leurs visages si familiers, si détestables. Des visages qui m'avaient regardée mourir avec indifférence, ou pire, avec satisfaction.

« L'élastique n'est qu'un prétexte », j'ai dit calmement. « Et vous êtes tous des idiots de tomber dans le panneau. »

Un silence choqué a rempli le couloir. Personne n'était habitué à ce que je parle comme ça. J'étais Jeanne Dubois, la fille gentille, studieuse, un peu effacée. Pas cette personne froide et tranchante.

Pierre s'est avancé, le visage rouge de colère.

« Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es juste jalouse de Chloé, c'est tout ! »

Jalouse. C'était leur explication pour tout. Si simple, si commode. Ça leur évitait de voir la vérité : que Chloé était une manipulatrice cruelle et qu'ils étaient ses marionnettes.

Je n'ai pas répondu. Il commençait à pleuvoir dehors, de grosses gouttes s'écrasant contre les fenêtres du couloir. Le son était comme un compte à rebours. Le compte à rebours de leur échec.

« Il y a une alerte météo », j'ai ajouté, comme une dernière faveur que je ne leur devais pas. « Des risques de glissement de terrain sur la route de montagne. Vous devriez partir maintenant. »

C'était la vérité. Dans ma vie passée, nous avions tous ignoré l'alerte, trop occupés à attendre la princesse Chloé.

Un autre garçon, Luc, a éclaté de rire.

« Un glissement de terrain ? Tu regardes trop les films catastrophe, Jeanne. Allez, fiche le camp si tu es si pressée. On se débrouillera très bien sans toi. »

« C'est exactement ce que je compte faire », j'ai répondu.

Je leur ai tourné le dos et je suis partie, sans un regard en arrière. Leurs moqueries et leurs insultes me suivaient dans l'escalier, mais elles sonnaient creux. C'était le bruit de leur propre condamnation.

Une fois dehors, sous la pluie battante, j'ai sorti mon téléphone. J'ai ignoré les messages de Pierre qui commençaient déjà à affluer. J'ai appelé ma mère.

« Maman ? C'est moi. Peux-tu venir me chercher, s'il te plaît ? Devant le lycée. Tout de suite. »

Sa voix était pleine d'inquiétude.

« Jeanne ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air... différente. »

Un petit sourire a effleuré mes lèvres. C'était un sourire amer, un sourire de vengeance.

« Je vais bien, maman. Mieux que jamais. Prends la route côtière, pas celle de la montagne. Fais-moi confiance. »

En attendant, j'ai regardé la notification sur mon téléphone. L'alerte météo était passée au rouge. "Fortes précipitations, risque maximal de glissement de terrain sur la D22". La route de montagne. La seule route qu'ils prendraient, car elle était plus courte.

J'ai senti une satisfaction froide m'envahir. Cette fois, je n'allais pas mourir. Cette fois, ils allaient payer. Tous.

Chapitre 2

Tandis que la voiture de ma mère fendait la pluie sur la route côtière, mon esprit a dérivé vers le passé. L'autre passé. Je me souvenais des nuits blanches passées à faire des fiches de révision, non seulement pour moi, mais pour toute la classe. Je me souvenais avoir passé des heures à expliquer des concepts compliqués à Pierre, à Sophie, à Luc. J'avais partagé mes notes, mon temps, mon énergie, pensant stupidement que c'était ça, l'amitié.

Dans cette autre vie, j'avais été coincée avec eux dans le bus, bloquée par la boue et les rochers. J'avais paniqué, pleuré, essayé de trouver des solutions. J'avais partagé le peu d'eau et de nourriture que j'avais. Eux, ils s'étaient plaints. Et Chloé, assise tranquillement, avait déjà commencé à tisser sa toile, murmurant à quel point j'étais responsable, comment j'aurais dû les forcer à partir plus tôt.

Aujourd'hui, j'étais assise sur le siège passager confortable, regardant la mer déchaînée. La voiture sentait le parfum léger de ma mère, un mélange de sécurité et d'amour. C'était un contraste si violent avec l'odeur de terre mouillée et de panique de mon souvenir que j'ai presque ri. C'était une sagesse froide, née de la pire des trahisons.

Mon téléphone a vibré. Un message du groupe de la classe. C'était une photo. Chloé, enfin sortie du lycée, souriait sous un parapluie que Pierre tenait au-dessus de sa tête. Elle avait trouvé son précieux élastique, un ruban rose ridicule qui ornait sa queue de cheval parfaite. La légende disait : « En route pour l'examen ! Désolée pour le retard, les amis ! Merci d'avoir attendu ! ❤️ »

Juste en dessous, Sophie avait commenté : « Pas de problème, Chloé ! On est une équipe ! Dommage que certaines personnes ne comprennent pas ce mot. »

Luc avait ajouté : « Ouais, laissons l'égoïste faire sa route toute seule. On verra bien qui rira à la fin. »

Je les imaginais, tous entassés dans le bus scolaire, se sentant vertueux, unis dans leur stupidité. Ils se sentaient forts parce qu'ils étaient un groupe. Ils ne savaient pas que leur force collective était leur plus grande faiblesse.

Quelques minutes plus tard, une nouvelle photo est apparue. Chloé, au milieu de l'allée du bus, distribuait des brioches au chocolat qu'elle avait "miraculeusement" dans son sac. Elle souriait, l'air d'une sainte.

« Chloé, tu es la meilleure ! Tu penses toujours à tout ! », avait écrit quelqu'un.

« Au moins, on a de quoi manger en attendant ! Pas comme si on avait besoin de l'aide de quelqu'un d'autre », avait ajouté Pierre, le sous-entendu à peine voilé.

Ces brioches. Dans ma vie précédente, c'était le début de mon exclusion. J'avais poliment refusé, trop stressée pour manger, et Chloé en avait profité pour dire que je les snobais. Aujourd'hui, ces brioches étaient le symbole de leur aveuglement. Un peu de sucre pour leur faire avaler le poison de leur propre décision.

Je les imaginais mâchant leur brioche, se félicitant de leur solidarité, me maudissant dans leur souffle. J'ai verrouillé mon téléphone, le cœur calme. Il n'y avait plus de douleur, plus de sentiment d'injustice. Juste une sorte de curiosité clinique. Je regardais une expérience se dérouler, une expérience dont je connaissais déjà le résultat.

« Tout va bien, ma chérie ? » a demandé ma mère, posant une main sur mon genou.

Elle sentait ma tension, mais elle ne pouvait pas en deviner la nature. Ce n'était pas de l'anxiété. C'était de l'anticipation.

« Oui, maman. Tout va parfaitement bien. »

Mon téléphone a vibré à nouveau. C'était Pierre. Un message privé cette fois.

« J'espère que tu es contente. On est coincés. Ça n'avance pas du tout. »

Je n'ai pas répondu. J'ai ouvert la conversation, j'ai lu son message, et j'ai appuyé sur "Bloquer cet utilisateur". Le geste était simple, propre, définitif.

Puis, dans le groupe de la classe, le ton a commencé à changer.

« Sérieux, ça fait 20 minutes qu'on n'a pas bougé d'un centimètre. »

« Le chauffeur a l'air inquiet. Il parle à la radio. »

« On va être en retard si ça continue... »

La panique commençait à s'infiltrer dans leur petit monde parfait. Le sucre des brioches avait disparu, laissant un goût d'amertume. L'euphorie du groupe laissait place à l'anxiété individuelle.

Dehors, la pluie redoublait d'intensité. Mais dans la voiture, avec ma mère, j'étais au sec. J'étais en sécurité. Et j'allais arriver à l'heure. Pour la première fois depuis ma "renaissance", j'ai senti quelque chose qui ressemblait à de la joie. Une joie sombre et terrible. La joie de la survivante.

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