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Le Fantôme De L'Épouse Oubliée

Le Fantôme De L'Épouse Oubliée

Auteur:: Rabbit
Genre: Moderne
Scientifique de génie, j'avais créé l'unique antidote capable de me sauver du virus qui me dévorait. Sur mon lit de mort, il ne restait qu'une seule dose, mon dernier espoir. Mon mari, Alexandre, me l'a arrachée des mains. Pas pour moi, mais pour son premier amour, Candice, qui se mourait dans la chambre voisine. Je suis morte dans l'agonie, en écoutant leurs murmures de joie. Devenue un fantôme, je l'ai vu la chérir, croire à ses mensonges qui faisaient de moi une meurtrière, et effacer jusqu'à mon souvenir. Pour lui, j'étais un monstre. Mais pour mon ami d'enfance, Victorien, qui a récupéré mon corps en pleurant, j'étais son « épouse aimée ». Pourquoi m'a-t-il sacrifiée après cinq ans d'amour ? Pourquoi a-t-il choisi de croire une manipulatrice ? Ma mort n'a pas été la fin. Libérée de mon corps, j'allais assister, invisible, à la destruction du monde qu'ils avaient construit sur mes cendres.

Chapitre 1

Scientifique de génie, j'avais créé l'unique antidote capable de me sauver du virus qui me dévorait. Sur mon lit de mort, il ne restait qu'une seule dose, mon dernier espoir.

Mon mari, Alexandre, me l'a arrachée des mains.

Pas pour moi, mais pour son premier amour, Candice, qui se mourait dans la chambre voisine.

Je suis morte dans l'agonie, en écoutant leurs murmures de joie. Devenue un fantôme, je l'ai vu la chérir, croire à ses mensonges qui faisaient de moi une meurtrière, et effacer jusqu'à mon souvenir.

Pour lui, j'étais un monstre. Mais pour mon ami d'enfance, Victorien, qui a récupéré mon corps en pleurant, j'étais son « épouse aimée ».

Pourquoi m'a-t-il sacrifiée après cinq ans d'amour ? Pourquoi a-t-il choisi de croire une manipulatrice ?

Ma mort n'a pas été la fin. Libérée de mon corps, j'allais assister, invisible, à la destruction du monde qu'ils avaient construit sur mes cendres.

Chapitre 1

Léonore POV:

Mon corps était une prison. Des tubes, des fils, des bips monotones. J'étais un réseau de capteurs et de respirateurs, attachée à ce lit d'hôpital, le plafond blanc pour seule perspective.

La mort était une ombre patiente dans le coin de la pièce, attendant que mon souffle s'éteigne. Je la sentais se rapprocher. Chaque battement cardiaque plus faible que le précédent.

Les infirmières entraient et sortaient, des visages fatigués et lointains. Elles faisaient leur travail, sans un regard personnel. Sans une once de reconnaissance pour celle que j'étais. Ou pour celle que j'avais été.

Mais je n'étais pas seule. Non, pas vraiment. La porte de la chambre voisine, parfois entrouverte, laissait filtrer des voix. Sa voix. La voix d'Alexandre.

Mon corps brûlait de l'intérieur. Chaque fibre, chaque cellule, hurlait en silence. Le virus rongeait, implacable, sans pitié.

C'était comme si un acide glacial se répandait dans mes veines, paralysant mes membres un à un. Mes poumons luttaient pour chaque bouffée d'air.

Je souffrais. Nous souffrions. Mon esprit, autrefois si vif, était déchiré. Une partie de moi essayait de s'accrocher, l'autre déjà en train de lâcher prise.

L'antidote. La seule dose. Celle que j'avais passée des mois à développer. À perfectionner. À risquer ma vie pour l'obtenir. Il me l'avait arrachée.

Le moniteur cardiaque ralentissait sa cadence. Bip... bip... bip... Les espaces entre les sons s'allongeaient, insupportablement.

Mes doigts ne répondaient plus. Mes paupières étaient lourdes, mais je refusais de les fermer. Je voulais voir la fin. Ou du moins, sentir l'air une dernière fois.

Puis, un long, interminable... biiiiiiiiiiiiiiiiip. Le silence succéda au chaos. Un silence définitif.

C'est à ce moment-là, au moment où mon cœur s'arrêtait, que j'ai entendu un son. Une clameur étouffée. Des rires, des chuchotements joyeux venant de la chambre d'à côté.

Candice allait bien. Elle était sauvée. Avec mon antidote. Le remède qui m'aurait sauvée, moi.

La fureur a jailli en moi, une vague brûlante qui ne trouvait aucun exutoire. Ce n'était pas juste. Je ne pouvais pas mourir comme ça, oubliée, remplacée.

Quelque chose s'est déchiré. Pas un muscle, pas un os, mais une sensation plus profonde, plus spirituelle. J'étais... légère. Je flottais.

Je voyais mon corps inerte sur le lit. Mais je voyais aussi la pièce, les instruments, les contours des objets avec une clarté nouvelle, étrange. J'étais là, sans être là.

Un mur. Une porte. Des obstacles insignifiants. Je pouvais les traverser, glisser à travers eux comme une brume. Libre. J'étais libre.

Je me suis dirigée vers la chambre voisine. La chambre d'Alexandre. La chambre de Candice.

Il la tenait dans ses bras. Sa tête reposait sur son épaule, son visage enfoui dans ses cheveux soyeux. Il la berçait doucement.

Il lui caressait le dos avec une tendresse infinie, des gestes que je n'avais pas reçus depuis si longtemps. Sa voix était un murmure doux, rempli d'inquiétude et d'amour.

Chaque caresse, chaque mot, était une lame tournant dans ma poitrine invisible. Ce n'était plus mon corps qui souffrait, mais mon âme.

Pourquoi, Alexandre ? Pourquoi moi ? Quand notre amour est-il devenu si fragile ?

Il n'avait pas même jeté un œil à ma chambre. Pas un mot, pas une question sur mon état. J'étais déjà morte pour lui, bien avant que mon cœur ne s'arrête.

Ses ressources, son pouvoir, sa fortune. Il avait tout mobilisé pour elle. Ses meilleurs médecins, les traitements les plus coûteux.

Pour moi ? Des lits publics, des promesses vagues, des regards évasifs. Tu es une scientifique. Tu trouveras une solution. C'est ce qu'il m'avait dit. Et je l'avais fait. Pour qui ? Pour elle.

Je lui avais tendu la main, invisible, pendant des jours. J'avais imploré son aide, son attention, juste une miette de ce qu'il offrait à Candice. Il ne m'avait pas vue. Il ne m'avait pas entendue.

Tu as toujours été jalouse d'elle, Léonore. Tu n'as jamais accepté notre passé. Ses mots résonnaient, ceux qu'il m'avait jetés à la figure quand j'avais essayé de lui parler de mes doutes sur Candice.

Tu l'as empoisonnée, n'est-ce pas ? Tu voulais la tuer pour me garder. C'était le mensonge qu'elle lui avait soufflé, ce mensonge qu'il avait choisi de croire.

Les médecins avaient hésité, avaient murmuré des doutes. Mais un regard d'Alexandre, un mot de sa part, et ils s'étaient tus. Son pouvoir était absolu.

Ne me mens pas, Léonore. Tes yeux te trahissent. Comme si mes yeux pouvaient parler, pouvaient se défendre contre ses accusations délirantes.

Il était Alexandre Levasseur. PDG impitoyable. Je n'étais que sa femme, sa propriété, sa scientifique de génie qu'il pouvait utiliser et jeter à sa guise.

Je me souvenais de mes derniers instants, de mes muscles qui se nouaient, de la douleur qui me déchirait. J'avais essayé de crier, de me débattre.

J'avais peur. Nous avions peur. Mon esprit s'était recroquevillé sur lui-même, un petit animal terrorisé dans l'obscurité.

J'avais voulu la protéger, cette essence fragile qui était moi. Lui dire que tout irait bien. Mais rien n'allait bien.

Juste une dose, Alexandre. Je t'en supplie. Laisse-moi vivre. Je l'avais pensée si fort, cette phrase, espérant qu'elle atteigne son esprit.

J'aurais tout fait. Je lui aurais pardonné ses mensonges, ses incartades. J'aurais été l'ombre qu'il attendait.

J'aurais renoncé à ma carrière, à mes recherches. À tout ce qui faisait de moi Léonore Maillot. Pour vivre.

J'avais cru, dans mon désespoir, qu'il verrait ma douleur. Qu'il verrait l'amour que je lui portais, même dans cet enfer.

Son rire avait été froid, sans joie. Un son qui résonne encore dans mon âme éthérée.

Tu es pathétique, Léonore. Toujours à quémander, toujours à te plaindre. Ses mots étaient des coups.

Tu as essayé de la tuer. Tu mérites de mourir. Chaque syllabe était un poison qui s'ajoutait à celui qui me tuait déjà.

Tu n'as jamais été qu'une ombre. Candice est ma lumière. Il m'avait effacée, d'un revers de main.

Meurs, Léonore. Et ne reviens jamais. Ce n'était pas une menace. C'était un ordre.

Ma vision s'est troublée, les bips du moniteur sont devenus des échos lointains. Le froid s'est emparé de moi, un froid qui n'avait rien à voir avec la température ambiante.

Mes lèvres ne pouvaient plus former de mots. Ma langue était lourde, paralysée. Seul mon cœur brisé pouvait encore crier.

Le virus avait atteint mon système nerveux. Des spasmes incontrôlables secouaient mon corps, des décharges électriques parcouraient ma colonne vertébrale.

Il avait regardé mon agonie, sans ciller. Sans une once de pitié. Son regard était vide, comme s'il observait un insecte insignifiant.

Ses yeux, habituellement si captivants, étaient emplis de colère et de dégoût. Un regard que je n'oublierai jamais.

Je te renie. Le lien. Le lien invisible qui nous unissait, même dans la discorde, s'est brisé net. Une déchirure plus profonde que n'importe quelle blessure physique.

Mon corps, mon esprit, mon âme. Tout s'est effondré en poussière, en même temps. Un crépitement douloureux.

Mon amour pour lui s'est éteint, non pas comme une flamme vacillante, mais comme un soleil qui explose, ne laissant derrière lui qu'un vide glacial.

Son dernier regard sur moi était rempli de mépris. Un regard qui m'a réduite à néant, même après ma mort.

Il fut un temps où ses yeux brillaient en me regardant. Des souvenirs, doux et amers, m'ont assaillie. Nos premiers rires, nos promesses sous la lune.

Tu es mon univers, Léonore. Je te protégerai toujours. Des mots, des mensonges.

Rien ne pourra nous séparer. Notre amour est éternel. L'éternité avait duré cinq ans.

Sa "lumière", Candice, avait brisé tout ça. Elle était arrivée, et notre monde avait volé en éclats.

Alexandre tenait toujours Candice. Ses doigts traçaient des arabesques sur sa peau. Un geste si intime.

Il s'assurait qu'elle était bien couverte, que l'oreiller était confortable. Chaque détail comptait pour elle.

Comment te sens-tu, ma chérie ? Est-ce que la douleur est passée ? Sa voix, si douce, si pleine de sollicitude.

Moi, j'étais là, sans vie, sans voix. Et il ne s'en souciait pas. Mon sacrifice était vain.

Candice a soupiré, une petite plainte délicate. Ses yeux clignaient, comme si elle était encore trop faible pour la lumière. Une performance parfaite.

Alexandre l'a serrée plus fort, son visage assombri par l'inquiétude. Il ne voyait pas le jeu. Il ne voulait pas voir le jeu.

Elle n'a rien fait de mal, Léonore. C'est toi qui l'as provoquée. Il avait toujours pris son parti, toujours.

Tu devrais t'excuser. Pour tout. S'excuser d'être vivante, peut-être ?

Des murmures ont traversé les murs. Quel homme dévoué. Il ferait n'importe quoi pour elle.

C'est le véritable amour, ça. Pas comme son mariage forcé. Ils parlaient de moi, sans le savoir. Ou peut-être que si, et ils s'en fichaient.

Candice a rougi, un petit rire étouffé. Elle a enfoui son visage dans la poitrine d'Alexandre, comme une enfant timide.

Alexandre n'a rien dit. Il a laissé les rumeurs voler, les jugements se former. Mon honneur était sacrifié sur l'autel de sa nouvelle idylle.

C'est triste pour Maillot. Mourir seule comme ça. Une infirmière, un peu plus âgée, la voix empreinte d'une pitié lointaine.

Elle n'avait personne. Pas de famille. Seule. La vérité. Cruelle.

Alexandre n'a rien entendu. Il n'a rien voulu entendre. Son monde tournait autour de Candice, et mon existence était déjà effacée.

J'avais entendu, un jour, qu'il avait dit à un associé : Léonore ? Oh, elle est... absente. Absent. C'est tout ce que j'étais.

Absente. Un mot si léger pour une vie détruite. J'avais été si naïve. Si stupide de croire en un amour qui ne m'avait jamais vraiment choisie.

Il ne voyait qu'elle, ne pensait qu'à elle. Candice était son soleil, et j'étais l'ombre qu'il avait chassée.

Chapitre 2

Léonore POV:

Alexandre ne voyait qu'elle. Son attention était rivée sur Candice, chaque fibre de son être tendue vers le bien-être de son amour retrouvé. Il avait oublié mon existence, ou plutôt, il l'avait volontairement effacée.

Il lui a chuchoté quelques mots, a vérifié une dernière fois la couverture, puis s'est levé. Il a quitté la chambre avec une hâte que je n'avais jamais vue, même pour des réunions d'affaires cruciales.

Il a traversé le couloir, son pas résonnant fort sur le carrelage. Je l'ai suivi, imperceptible. Mon corps inerte était encore dans ma chambre, sous un drap blanc.

Un bout de mon bras dépassait, pâle et fin. La cicatrice, là, juste au-dessus du poignet. Une cicatrice ancienne, celle d'une expérience de laboratoire qui avait mal tourné, me rappelant mon dévouement. Mon sacrifice.

J'ai espéré. Un instant, une folie. Que ce corps, mon corps, l'arrête. Qu'il le reconnaisse.

Mais il n'a pas ralenti. Son regard a balayé ma porte, un instant fugace. Ses yeux, sombres et fatigués, n'ont pas enregistré le drap blanc. Ils n'ont pas vu la cicatrice.

Il a juste froncé les sourcils, un éclair de vague pitié pour une "patiente décédée" anonyme. Puis il a continué. Son pas s'est accéléré, comme s'il fuyait l'odeur de la mort.

Il passait devant la morgue. Mon cœur, ou ce qu'il en restait, s'est figé. Il n'a pas hésité. Pas un regard, pas même une seconde de recueillement.

Ce n'était pas de l'ignorance. C'était un choix. Il était là, mais mon moi physique, ma dépouille, ne signifiait rien. Les larmes, des larmes fantômes, ont brouillé ma vision éthérée.

C'était fini. L'espoir vain, la dernière étincelle d'un passé commun, s'était consumée. Alexandre ne se souciait pas. Il ne m'avait jamais vraiment aimée, pas de la manière dont j'avais rêvé.

J'avais tout donné. Mes nuits. Mes jours. Mes recherches. Mon cœur. J'avais cru que ma passion, ma dévotion à notre entreprise, à notre avenir, seraient ma valeur à ses yeux.

Mais ma valeur était de zéro. J'étais une variable sacrifiable. Une erreur à corriger.

Il n'était pas l'homme que j'avais cru épouser. Il n'était qu'un tyran aveugle, obsédé par un passé mensonger.

Il s'est précipité hors de l'hôpital, le monde réel l'attendait. Et Candice. Toujours Candice.

J'ai enfin compris. Il n'y avait rien à sauver. Il n'y avait rien à pleurer. Juste un vide. Un espace que je pouvais enfin remplir avec quelque chose de nouveau.

Il était obsédé par Candice, lui offrant tout, même ma vie. J'étais abandonnée, mon corps froid dans un hôpital public.

Ma valeur à ses yeux s'était éteinte. Je n'étais qu'un obstacle.

Alexandre Levasseur était un homme capable d'amour, oui. Mais cet amour était une arme, une obsession qui dévorait tout sur son passage. Y compris moi.

Chapitre 3

Léonore POV:

Un vent glacial a balayé le couloir. Un homme est apparu, aussi vite qu'une ombre dans la nuit. Ses yeux, d'un bleu acier, scrutaient frénétiquement les portes.

Il avançait, une aura de panique et de colère l'entourant. La porte de ma chambre était ouverte. Il s'est immobilisé, son regard transperçant le drap blanc recouvrant ma forme.

Il a bondi. Ses mains, fortes et tremblantes, ont écarté le drap. Il a vu mon visage, ma peau pâle.

Son cri n'était pas un son, mais une vibration déchirante qui a secoué l'air autour de moi. Il a tendu la main pour me toucher.

Non. Ne le fais pas. Il ne devait pas.

Mais il l'a fait. Ses doigts ont effleuré ma joue. Le froid. Le froid de la mort. Il a reculé, horrifié, une main sur sa bouche.

Puis, il est tombé à genoux, des sanglots rauques secouant tout son corps. Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues, et il a murmuré mon nom.

Léonore. Non. Pas toi. Pas comme ça. Sa voix était brisée, une douleur à fendre l'âme.

J'aurais dû être là. Je t'aurais protégée. Il a balbutié, ses mots étouffés par le chagrin.

Une émotion étrange m'a traversée. De la reconnaissance. De la tendresse. C'était Victorien. Mon ami d'enfance.

Victorien Robitaille. Le PDG discret de Robitaille Technologies. Il avait des contacts partout, des accès que personne ne soupçonnait. C'était pour ça qu'il était arrivé si vite.

Il était toujours là. Toujours. Et je l'avais quitté pour Alexandre. Pour ses promesses creuses, pour un amour qui n'existait que dans ma tête.

Mes parents n'étaient pas les siens. J'étais une orpheline, adoptée par le père de Victorien pour ses talents scientifiques. Un investissement, rien de plus. Victorien, lui, m'avait toujours vue différemment.

Au début, il m'avait détestée. Une intruse. Puis, cette haine s'était transformée en une protection féroce. Il était mon roc.

Et je l'avais abandonné. Pour un mirage.

Victorien, ne me pleure pas. Je voulais le toucher, le réconforter. Emporte-moi. Loin d'Alexandre.

Il s'est relevé, son visage déformé par la rage et la tristesse. Il a soulevé mon corps inerte, délicatement, comme si j'étais faite de verre.

Alexandre avait dû partir à la hâte pour Candice. Il ne l'avait même pas vue.

Victorien a franchi la porte, mon corps dans ses bras. Et là, juste devant l'entrée de l'hôpital, Alexandre est apparu, l'air soucieux. Il s'apprêtait à monter dans sa voiture.

Leurs regards se sont croisés. Un éclair de fureur a traversé les yeux de Victorien.

Toi. Le mot était un grognement, plein de mépris.

Alexandre a froncé les sourcils, surpris. Robitaille ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Qu'est-ce que tu portes ?

Mon bras, la cicatrice. Alexandre l'a vue. Son regard s'est figé.

Léonore ? Sa voix était un murmure incrédule. Il a fait un pas.

Mon cœur éthéré a battu follement. Était-ce enfin la reconnaissance ? Ou la culpabilité ? Je ne savais plus ce que je voulais de lui. Le voir souffrir ? Le voir regretter ? Ou juste m'effacer complètement de son monde ?

Victorien a ri, un rire amer et froid. Léonore. Oui. Ma femme.

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