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Le Diamant Brisé : Trop Précieuse Pour Toi Maintenant

Le Diamant Brisé : Trop Précieuse Pour Toi Maintenant

Auteur:: Vesper Echo
Genre: Romance
Cela faisait cinq ans que j'attendais qu'Éric me demande en mariage. J'avais même acheté la robe en secret, cachée au fond de mon placard. Mais il a suffi d'une comédie larmoyante de ma demi-sœur pour tout réduire en cendres. Stéphane s'est jetée au sol en hurlant que je l'avais poussée. Sans même me demander ma version, la voix d'Éric a claqué comme une sentence : « Je n'ai pas le temps pour tes jérémiades alors que Stéphane est blessée par ta faute. » Mon père m'a chassée de la maison. Éric, lui, a choisi de consoler le bourreau plutôt que la victime. Le coup de grâce est tombé deux semaines plus tard : j'ai appris que Stéphane avait brûlé les albums photos de ma mère décédée. La réaction d'Éric ? Il a haussé les épaules, qualifiant ma douleur de « caprice », et a offert à Stéphane *mon* parfum préféré pour lui remonter le moral. J'ai compris que je n'étais pour lui qu'une option, un plan B. J'ai déchiqueté ma robe de soie aux ciseaux et je suis partie sans un regard en arrière. Il a ri avec ses amis, arrogant : « Elle reviendra en rampant dès qu'elle aura faim. » Deux ans plus tard, le hasard a voulu qu'Éric trouve un fragment de photo coincé sous une plinthe, taché du rouge à lèvres de Stéphane. La preuve irréfutable qu'elle avait tout manigancé. Dévasté par la vérité, il a viré Stéphane et a remué ciel et terre pour me retrouver, prêt à tout pour me reconquérir. Il pensait avoir encore le temps. Jusqu'à ce qu'il tombe sur une photo Instagram postée par ma meilleure amie. J'y apparaissais radieuse, vêtue de blanc, embrassant un autre homme. La légende était sans appel : « Félicitations à M. et Mme Morel. L'amour gagne toujours. »

Chapitre 1

Cela faisait cinq ans que j'attendais qu'Éric me demande en mariage. J'avais même acheté la robe en secret, cachée au fond de mon placard.

Mais il a suffi d'une comédie larmoyante de ma demi-sœur pour tout réduire en cendres. Stéphane s'est jetée au sol en hurlant que je l'avais poussée.

Sans même me demander ma version, la voix d'Éric a claqué comme une sentence :

« Je n'ai pas le temps pour tes jérémiades alors que Stéphane est blessée par ta faute. »

Mon père m'a chassée de la maison. Éric, lui, a choisi de consoler le bourreau plutôt que la victime.

Le coup de grâce est tombé deux semaines plus tard : j'ai appris que Stéphane avait brûlé les albums photos de ma mère décédée.

La réaction d'Éric ? Il a haussé les épaules, qualifiant ma douleur de « caprice », et a offert à Stéphane *mon* parfum préféré pour lui remonter le moral.

J'ai compris que je n'étais pour lui qu'une option, un plan B. J'ai déchiqueté ma robe de soie aux ciseaux et je suis partie sans un regard en arrière.

Il a ri avec ses amis, arrogant :

« Elle reviendra en rampant dès qu'elle aura faim. »

Deux ans plus tard, le hasard a voulu qu'Éric trouve un fragment de photo coincé sous une plinthe, taché du rouge à lèvres de Stéphane. La preuve irréfutable qu'elle avait tout manigancé.

Dévasté par la vérité, il a viré Stéphane et a remué ciel et terre pour me retrouver, prêt à tout pour me reconquérir.

Il pensait avoir encore le temps.

Jusqu'à ce qu'il tombe sur une photo Instagram postée par ma meilleure amie. J'y apparaissais radieuse, vêtue de blanc, embrassant un autre homme.

La légende était sans appel :

« Félicitations à M. et Mme Morel. L'amour gagne toujours. »

Chapitre 1

Estelle POV

"Estelle, arrête ton cinéma. Je n'ai pas le temps pour tes jérémiades alors que Stéphane est blessée par ta faute."

La voix d'Éric n'a pas hurlé. C'était pire.

C'était une lame froide, clinique, chirurgicale, qui tranchait le dernier lien qui me retenait à la réalité.

Je n'ai même pas eu le temps de répondre. La tonalité de fin d'appel a claqué dans mon oreille comme une sentence, me laissant seule dans cette chambre dont les murs semblaient soudain se rapprocher pour m'étouffer.

Il ne m'avait pas demandé si j'allais bien.

Il ne m'avait pas demandé ma version des faits.

Il avait choisi.

Il avait choisi la comédie larmoyante de Stéphane, ma demi-sœur, plutôt que cinq années de ma dévotion silencieuse.

Je me suis laissée glisser le long du mur, mes jambes refusant de porter plus longtemps le poids de cette trahison.

Quelques minutes plus tôt, Stéphane s'était jetée au sol en m'apercevant, hurlant que je l'avais poussée, alors que je me tenais à deux mètres d'elle.

Un mensonge grossier.

Un mensonge qu'Éric avait bu comme une vérité évangélique.

Mon regard, flou de larmes, s'est posé sur la porte du placard entrouverte.

À l'intérieur, cachée sous une housse grise, gisait la robe de mariée que j'avais achetée en secret il y a six mois.

Une robe simple, en soie ivoire. Je la caressais parfois le soir, en rêvant du jour où Éric me regarderait enfin comme il regardait ses dossiers financiers : avec intérêt.

Quelle stupidité.

La porte de ma chambre s'est ouverte avec violence, la poignée claquant contre le mur dans un bruit de détonation.

Mon père, Vincent, se tenait dans l'encadrement. Son visage était tordu par une colère que je ne lui connaissais que trop bien.

"Tu es contente de toi ?" a-t-il craché.

Je me suis levée, essuyant mes larmes d'un revers de main, un réflexe dérisoire.

"Papa, je n'ai rien fait, elle a menti, elle..."

"Tais-toi !" a-t-il hurlé, s'avançant vers moi comme s'il allait me frapper. "Maëlle m'a tout dit. Tu es jalouse, Estelle. Tu as toujours été jalouse de la fragilité de Stéphane. Tu as failli lui briser la cheville !"

La fragilité de Stéphane.

Cette blague sinistre.

Stéphane avait la constitution d'un cafard et la malveillance d'un serpent, mais pour eux, elle était une poupée de porcelaine qu'il fallait protéger du monde entier.

"Fais tes valises," a dit Vincent, sa voix redescendant dans un calme terrifiant. "Je ne veux plus te voir ici. Tu es toxique pour cette famille."

Mon souffle s'est bloqué dans ma gorge.

"C'est ma maison aussi, papa."

"Plus maintenant. Éric est d'accord avec moi. Il pense que tu as besoin d'une leçon d'humilité."

Éric.

Encore lui.

Vincent a sorti son téléphone et a appuyé sur le haut-parleur, comme pour m'achever.

"Oui, Vincent," la voix d'Éric a rempli la pièce, distante, terriblement ennuyée. "Fais ce qu'il faut. Estelle fait une crise de nerfs, elle est instable. Peut-être qu'un peu de distance lui remettra les idées en place. Je m'occupe de Stéphane."

J'ai eu l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac.

Il ne s'agissait plus d'un simple malentendu.

Il s'agissait de mépris pur.

Je me suis dirigée vers la fenêtre, mes mouvements automatiques, dénués de vie.

En bas, dans l'allée, la voiture d'Éric était garée.

Je les ai vus.

Éric soutenait Stéphane, son bras passé autour de sa taille avec une précaution infinie.

Elle boitillait de façon théâtrale, la tête posée sur son épaule, et il la regardait avec une douceur qui m'était étrangère.

Une douceur qu'il ne m'avait jamais accordée, même quand j'avais agonisé de pneumonie l'hiver dernier.

Mon téléphone a vibré dans ma main.

C'était Sidonie, ma meilleure amie.

J'ai décroché sans un mot, laissant les bruits ambiants traverser la ligne.

"Estelle ? J'entends tout," a-t-elle chuchoté, sa voix tremblante de rage contenue. "J'entends ce que ce salaud raconte. Dis-moi que tu vas partir."

"Je n'ai plus le choix, Sidonie."

Vincent est sorti de la chambre en me lançant un dernier regard de dégoût, me laissant seule avec mes débris.

Je me suis assise à côté de ma valise ouverte.

Le monde venait de s'effondrer, mais le silence était encore plus effrayant que les cris.

J'ai réalisé, avec une lucidité glaçante, qu'Éric ne m'avait jamais aimée.

Chaque promesse, chaque "on verra plus tard", chaque "Stéphane a besoin de moi car elle est jeune", n'était qu'un moyen de me garder en réserve.

J'étais son plan B, sa sécurité domestique, le meuble confortable qu'on ne remarque pas jusqu'à ce qu'il gêne le passage.

Il venait de confirmer au téléphone qu'il ne m'épouserait jamais.

Il ne changerait jamais pour moi.

J'ai regardé le placard.

J'ai sorti la robe.

La soie était fraîche sous mes doigts, douce comme les rêves naïfs que j'avais nourris.

J'ai attrapé la paire de ciseaux posée sur mon bureau.

Sans une once d'hésitation, sans une larme de plus, j'ai planté la lame dans le tissu.

Le bruit de la soie qui se déchire a été le son le plus satisfaisant que j'aie entendu depuis des années. Un cri de tissu, net et irrévocable.

J'ai coupé, encore et encore, transformant ce symbole d'espoir en lambeaux inutiles, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un tas de chiffons blancs sur le parquet.

C'était ma réponse.

C'était mon adieu.

Chapitre 2

Estelle POV

Je marchais dans la rue, traînant ma valise derrière moi, mais je ne sentais même pas le pavé sous mes pieds.

C'était une sensation étrange, vertigineuse, comme si mon esprit s'était détaché de mon corps pour flotter quelques mètres au-dessus de ma tête.

Je me voyais avancer, une silhouette frêle dans le crépuscule, quittant la maison de mon enfance sans un regard en arrière.

Une partie de moi était montée dans ce train vers une ville inconnue, cherchant l'anonymat et le silence.

Mais une autre partie, une conscience douloureuse et persistante, semblait être restée agrippée aux murs que je venais de fuir.

Je voyais tout.

Je ressentais tout, tel un fantôme condamné à hanter ses propres bourreaux.

J'ai vu Éric arriver dans le salon des Vincent, une heure après mon départ.

Il portait son costume gris anthracite, celui qu'il réservait pour les négociations difficiles.

Il n'avait pas l'air d'un homme inquiet pour sa fiancée.

Non, il avait l'allure d'un gestionnaire de crise venu nettoyer un dégât des eaux.

"Elle est partie ?" a-t-il demandé à Vincent, sans même prendre la peine de s'asseoir.

"Oui. Bon débarras," a grogné mon père en se servant un verre de whisky. "Elle a fait une scène épouvantable."

Éric a hoché la tête, impassible, sortant son téléphone.

Je l'ai vu taper un message.

Au même instant, à des centaines de kilomètres de là, mon téléphone a vibré contre ma cuisse sur le siège du train.

*Calme-toi et arrête de faire l'enfant. On en parlera quand tu auras fini ta crise.*

J'ai lu les mots sur l'écran.

Une dernière étincelle d'espoir, minuscule et pathétique, s'est éteinte au fond de ma poitrine.

Il ne s'inquiétait pas.

Il me donnait un ordre.

Mon esprit, toujours flottant dans le salon de mon père, a vu Éric ranger son téléphone avec un soupir d'agacement.

"C'est juste une phase," a-t-il dit à Vincent d'un ton docte. "Estelle est émotionnellement instable ces derniers temps. Elle a besoin qu'on lui fixe des limites. Elle reviendra quand elle aura faim ou froid."

Il parlait de moi comme d'un animal domestique égaré.

Comme d'une chose qu'on possède, pas qu'on aime.

Puis, il est monté à l'étage.

Il est entré dans ma chambre.

Il a vu le tas de soie déchiquetée au milieu de la pièce.

Pendant une seconde, j'ai cru voir une ombre passer sur son visage.

Mais elle a disparu aussi vite qu'elle était venue, remplacée par un rictus de mépris.

D'un geste sec, il a donné un coup de pied dans les lambeaux de ma robe de mariée.

"Ridicule," a-t-il murmuré pour lui-même. "Du pur mélodrame."

Il est redescendu trouver Stéphane, qui était installée sur le canapé avec une poche de glace sur une cheville qui n'avait strictement rien.

"Ne t'inquiète pas," a dit Éric en s'asseyant près d'elle, sa voix changeant du tout au tout, devenant soudain chaude, protectrice. "Elle est partie, c'est mieux comme ça. Tu pourras te reposer tranquillement maintenant."

"J'ai peur qu'elle revienne et qu'elle me fasse mal, Éric," a geint Stéphane.

"Elle ne t'approchera plus. Je te le promets."

Carl, l'ami d'enfance d'Éric, était présent, adossé au cadre de la porte.

"Tu es dur, mec," a dit Carl, les sourcils froncés. "Elle est partie avec une seule valise. Tu ne penses pas que tu devrais..."

"Carl, s'il te plaît," l'a coupé Éric en levant la main. "Ne tombe pas dans son panneau. Estelle adore attirer l'attention. Si je cours après elle, je valide son comportement hystérique."

Dans le train, j'ai posé ma tête contre la vitre froide.

Les larmes ne coulaient plus.

La douleur aiguë du début avait laissé place à un grand vide blanc, une anesthésie totale.

Je regardais le paysage défiler, et je savais.

Je savais qu'il ne viendrait pas.

Je savais qu'il ne comprendrait pas.

Et pour la première fois de ma vie, je n'attendais plus qu'il le fasse.

Ce lien invisible qui me retenait encore à lui, cette capacité surnaturelle à voir sa froideur à distance, n'était pas un espoir.

C'était la confirmation que je devais mourir à cette vie pour pouvoir renaître ailleurs.

Je n'étais plus Estelle, la copine d'Éric.

J'étais juste une ombre dans un train, et c'était la chose la plus libératrice que j'aie jamais ressentie.

Chapitre 3

Estelle POV

La nouvelle ne m'est pas parvenue par une vision, mais deux semaines plus tard, par le timbre brisé de Sidonie à l'autre bout du fil.

Je vivais désormais dans un minuscule studio meublé, enchaînant les heures comme serveuse dans un café pour payer mon loyer. C'était une existence en suspens, une tentative désespérée d'amnésie volontaire.

"Estelle... je suis passée chez ton père pour récupérer tes livres de cours," a commencé Sidonie. Sa voix tremblait, chargée d'un silence lourd de sens. "Je suis désolée. Je suis tellement, tellement désolée."

"Quoi ?" J'ai serré mon téléphone, les jointures blanchies. "Qu'est-ce qui se passe ?"

"C'est Stéphane. Elle... elle a trouvé la boîte."

Le monde s'est arrêté.

La boîte.

La seule chose que j'avais laissée derrière moi, trop lourde pour ma fuite précipitée, dissimulée au fond du grenier sous des couvertures mitées.

Elle contenait les albums photos de ma mère, ses lettres manuscrites, le reste de son parfum. C'était mon héritage. C'était la preuve qu'elle avait existé.

"Qu'est-ce qu'elle a fait, Sidonie ?" Ma voix n'était plus qu'un murmure rauque.

"Elle a tout brûlé. Elle a dit à ton père que c'était de la vieillerie, des papiers humides qui attiraient les rats. Et Vincent... Vincent l'a laissée faire."

Un cri silencieux s'est déchiré dans ma gorge, une implosion de douleur pure.

C'était comme si on m'arrachait la peau lambeau par lambeau.

Stéphane ne s'était pas contentée de me voler mon père et mon petit ami. Elle voulait incinérer mon passé.

Elle voulait effacer ma mère de la surface de la terre.

Soudain, ma conscience, ce spectre maudit qui me liait encore à eux, a été violemment tirée en arrière. Une force invisible m'a arrachée à mon studio pour me projeter vers cette maison de l'horreur.

J'ai vu Éric.

Il se tenait dans le bureau avec Vincent, un verre de cristal à la main, l'air détendu, comme s'il discutait de la météo.

"Stéphane a peut-être été un peu zélée avec le nettoyage," disait Éric, portant le verre à ses lèvres. "Mais ce n'étaient que de vieilles photos, Vincent. Estelle en fera tout un plat, comme d'habitude. C'est du passé."

Du passé.

Ma mère n'était pour eux que "du passé".

Une haine pure, liquide et corrosive, a inondé mes veines.

Éric ne comprenait rien à la perte.

Il ne comprenait rien à l'amour.

Il a alors sorti une petite boîte de sa poche, un geste fluide, presque élégant.

"J'ai pris ça pour Stéphane," a-t-il lancé à Carl qui venait d'entrer dans la pièce. "Pour lui remonter le moral. Elle se sent coupable pour les photos, la pauvre."

Il a ouvert l'écrin.

Mon souffle s'est coupé.

C'était un flacon de parfum.

*Mon* parfum.

Celui que je portais depuis mes dix-huit ans. Celui qu'il m'avait offert pour notre premier anniversaire.

Et il l'offrait maintenant à celle qui avait réduit les souvenirs de ma mère en cendres.

L'ironie était si cruelle qu'elle en devenait grotesque, presque nauséabonde.

"Tu es sérieux ?" a demandé Carl, incrédule, le visage déformé par le dégoût. "C'est le parfum d'Estelle."

"Stéphane l'aime bien," a répondu Éric en haussant les épaules avec une indifférence glaciale. "Et puis, Estelle n'est plus là pour le porter."

La vision s'est estompée, me laissant tremblante de rage.

Quelques heures plus tard, Sidonie, furieuse, avait posté une vieille photo de nous deux à l'université. La légende était cinglante : *Certaines personnes détruisent des souvenirs parce qu'elles n'ont pas d'âme. Tu me manques, ma sœur de cœur.*

Elle n'avait pas tagué Éric, mais le message était limpide.

Ce que je n'avais pas prévu, c'était l'effet papillon.

Clovis.

Clovis, ce garçon timide qui s'asseyait derrière moi en cours d'histoire de l'art, qui m'avait prêté ses notes pendant des mois sans jamais rien demander en retour.

Il avait vu le post.

Mon téléphone a vibré sur la table basse.

Un numéro inconnu.

"Allô ?"

"Estelle ? C'est... c'est Clovis."

Sa voix m'a percutée de plein fouet. Elle était comme un baume sur une brûlure à vif.

Elle était chaude, inquiète, ancrée dans le réel.

"Sidonie m'a dit que tu étais partie. Que... que c'était compliqué. Je voulais juste savoir si tu étais en sécurité."

J'ai fermé les yeux, sentant des larmes chaudes rouler sur mes joues.

Pendant qu'Éric offrait mon parfum à ma tortionnaire, un homme que je n'avais pas vu depuis trois ans s'inquiétait de savoir si j'avais un toit au-dessus de la tête.

"Je vais bien, Clovis," ai-je réussi à articuler. "Je survis."

"Dis-moi où tu es. S'il te plaît. Je ne veux rien, juste... t'apporter un café. Ou t'écouter. Juste vérifier que tu existes encore."

À travers ce lien invisible qui me hantait, j'ai senti un écho lointain : Éric riait à une blague de Stéphane.

Ce rire a scellé mon choix.

J'avais besoin de quelqu'un qui se souvenait que j'étais une personne, pas un problème à gérer.

"Je suis à Lyon, Clovis."

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