| Issac Aliou Mendes |
[ 10 ans plus tôt ]
- Dakar, Sénégal -
Nous sommes en pleine crise politique. Un scandal d'état vient d'éclater. Plusieurs ministres et secrétaires d'état sont suspectés de proxénétisme. En effet, l'un des plus gros réseaux de prostitution et de traites humaines d'Afrique de l'Ouest vient d'être démantelé. Nous dépassons le cadre national car il se révèle peu à peu que le trafic commence au Nigeria, passe par le Sénégal pour finir en France. C'est la police de plus de 5 pays qui ont été mobilisés. Aujourd'hui l'heure est aux condamnations et elles vont tombés très rapidement.
Étant l'un des meilleures espoirs avocats de la région c'est le président lui même qui m'a contacté. Non pas pour pour défendre ses ministres mais les victimes. Il veut se donner bonne image à l'approche des élections et est donc prêt à lâcher ses anciens amis.
Assistante - Toutes les victimes sont rassemblés dans la salle.
Je suis actuellement au cabinet d'avocat, il y'a du monde. La sécurité, la police, les journalistes et quelques curieux. Tout le monde veut tout savoir. Une conférence de presse doit se tenir avec les victimes.
Boris - Issac Aliou ! J'ai un soucis avec une cliente ! Elle est intenable !
- De qui s'agit il ?
Boris - La française !
Parmi les parties civiles en compte une française. Ce matin c'est l'ambassadeur du pays meme qui m'a contacté en disant que le gouvernement porter une attention particulière à sa protection. Il faut donc redoubler de vigilance avec elle.
Boris - Awa Sylla.
- Française ? J'aurais dis guinéenne.
Boris - Française d'origine guinéenne. Elle a la double nationalité.
- Allons-y la voir.
J'ai pu comprendre que cette madame Sylla était dans une pièce à part. Nous la rejoignons avec l'assistante.
- Bonjour Madame Sylla.
Awa - Mais putain, qu'est ce que je fais ici ? Ce que je veux c'est rentrer chez moi !
- Vous devez d'abord témoignage avant d'être rapatriée.
Awa - Je ne cesse de répéter que je ne suis pas une prostituée bordel !
J'ouvre alors mon porte document pour plonger brièvement dans son dossier.
- Pourtant, les policiers vous ont trouver dans une maison close à Dakar.
Awa - Je ne savais pas que c'était une. J'étais de passage, pour les vacances.
J'arque d'un sourcil.
- N'ayez pas honte de dire la vérité.
Awa - Eh eh eh je ne suis pas une pute moi hein ! Ne m'insultez pas.
Elle cache énormément de choses je le sais. D'après l'enquête des policiers c'est l'une des premiers filles que lesquelles ils sont tombés. Elle était assise sur les genoux du ministre de l'intérieur.
- Vous devez témoigner pour que ces hommes horribles soient derrières les barreaux.
Awa - Qu'est ce qui j'y gagne là ? Si ce n'est que perdre du temps. Ma parole a un prix, et des choses sur ces hommes j'en sais énormément. Je connais même des lieux sur Paris où ils se rendent fréquemment. Des députés français sont également impliqués mais ça, personne le sait encore.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit aux policiers ?
Awa - Je réitère ma question : qu'est ce que j'y gagne ? Leur parler pourquoi ? Eh vous me faites du temps là !
C'est une opportuniste, très rusée.
- Vous voulez de l'argent, c'est ça ?
Awa - Ah, ma parole a un prix.
Boris et moi nous nous regardons.
- On peut trouver un arrangement. Mais dans ce cas là, dites moi tout ce que vous savez.
Si des députés français sont impliqués comme elle le dit, mon cabinet et moi pourrons gagner davantage. Un vrai coup ! Je monterai en renommée !
Awa - D'abord, faites venir ma soeur ici. J'ai besoin d'elle.
Je ne suis encore qu'en début de carrière d'avocat, mais je me déjà connaître. Je me dois de gravir les échelons, faire parler davantage de moi. Le but, c'est que ma carrière dépasse les frontières du pays, puis du continent africain. Si je me mets à défendre mademoiselle Sylla, c'est en France, pays de ma formation que je me ferai un nom.
Je me dois de saisir cette opportunité. C'est vitale pour ma carrière.
J'essaye d'abord un premier échange mais, cette jeune fille est compliquée. Au bout de 5 minutes à peine je reçois un appel. C'est un numéro français. Je sors alors de la pièce pour décrocher.
- Issac Mendes à l'appareil, à qui ai-je l'honneur ?
Brigadier - Bonjour, ici la brigade de la protection des mineurs de Paris. Je vous contacte au sujet d'une des victimes de l'affaire des maisons closes.
- De qui s'agit-il ? Pourquoi la brigade des mineurs de la capitale s'intéresse à ce dossier ?
Brigadier - Mademoiselle Sylla n'a que 17 ans, selon notre juridiction elle est encore mineure. De facto, nous sommes dans l'obligation de mener une enquête de notre coté.
L'ambassade puis cette brigade. La pression monte !
Brigadier - Je voulais m'assurer que Mademoiselle Sylla était entre de bonnes mains avec un avocat. Il va falloir néanmoins la faire revenir en France d'ici peu.
Je ne peux pas la laisser partir car c'est une témoin clé ! 17 ans, à peine. Je lui donnerai plus.
Brigadier - C'est une affaire sensible, elle sera également juger en France. Une enquête par le parquet de Paris a été ouverte.
- C'est dans votre intérêt ! Des bruits de couloir font échos de certains députés de votre pays sur les bancs d'accusés. Ma cliente témoignera donc ici au Sénégal et en France !
Je m'autoproclame avocat d'Awa Sylla !
- Je viellerai personnellement à sa protection.
Les enjeux s'éclaircissent au fur à mesure des minutes. J'ai à peine 28 ans et c'est l'affaire du siècle que je suis en train de défendre ! Un bon moyen de me faire repérer, je pourrai pour une fois montrer de quoi je suis capable.
Après la conversation avec le brigadier, je reviens dans la salle.
- Pourquoi ne pas avoir dit que vous étiez mineure ?
Awa - Pourquoi ? Ces hommes ce qu'ils veulent c'est ton corps. Ton âge, ils en ont rien à faire !
- Vous avouez donc avoir couché avec ces hommes !
Awa - Non. Mais je les ai vu au lit avec des filles de 12 ans. J'ai des photos.
Boris et moi bondissons de nos chaises ! Des preuves dit-elle ?! Mais c'est ce sont des preuves, de vraies pièces à convictions. Sans tarder Awa dégaine son téléphone et fait défiler sous nos yeux les photos. Elles étaient explicitent et les visages étaient clairement identifiables.
Awa - Je suis venue ici car on m'a proposé des vacances gratuites. C'est une amie et son copain qui me l'ont proposés. Vous savez, en France, je vis difficilement avec ma soeur. Donc, j'ai accepté de venir sans réfléchir. On m'a ainsi emmené dans une villa, il y'avait pas mal d'allés retours. Des hommes défilés, certains vêtus de boubou de luxe et d'autres de costards. J'observais seulement depuis ma chambre, mais je ne me doutais pas que c'étaient des hauts fonctionnaires d'état, en quête de prostituées.
Boris - Comment vous avez atterrit sur les genoux du ministre de l'intérieur alors ?
Elle se met alors à rire.
Awa - Oh ! Je trainais aux abords de la piscine, il m'a proposé 2000 euros pour que je lui tienne simplement compagnie car monsieur me trouvait charmante. Qui va refuser ? C'est 3 fois ce que ma soeur et moi nous nous faisons !
Elle semble peut être aux mœurs légères mais je ne pense pas que ce soit effectivement une prostitué. Je la crois, elle est tombée dans un piège. Il faut que je travaille pour faire croire au juge cette posture.
Awa - Je peux ouvrir encore ma bouche, mais d'abord faites venir ma soeur !
- Pourquoi ? Elle est aussi impliquée ?
Awa - Pour sa sécurité. Je vous ai dit que ces réseaux sont aussi présents en France. S'ils savent que je me suis faites attrapée, ils vont s'en prendre à ma Aya !
- Je peux appeler la police p...
Awa *me coupant* - Je n'ai pas confiance en eux. Auprès de moi je sais qu'elle ne court aucun risque. Aya c'est ma jumelle mais mon contraire. il n'y a pas plus gentille, pure et naïve que cette fille.
- Vous avez de la famille non ?
Awa - Tss...non. Je n'ai que elle. Aya est en foyer. enfin je crois ça va faire un bail qu'on s'est pas vu. Pourquoi vous posez toutes ces questions ! Vous devriez être en train de prendre son billet !
Boris et moi nous nous fixons de nouveau ne sachant pas quoi faire. Awa nous prend au dépourvue.
| Aya Sylla |
Lise - Tu devrais arrêter de jouer la victime et le laisser faire !
- Je n'aime pas les histoires. Puis c'est le bac, tu crois que je vais m'amuser à chercher la bagarre ?
Lise - Si, c'est la fin d'année et nous sommes bachelières !
Je me suis fait bousculer par des petites jalouses de ma classe. La raison ? Je suis la seule a avoir obtenue la mention très bien à mon baccalauréat.
Sharon - C'est toi doit bomber le torse là ! Bon oubliez ces connes. On doit fêter ça non ? Un restaurant ?
- Quelque chose de pas chère hein, vous connaissez...
Sharon - Arh laisse ça ! On te paye !
- Non !
Je ne sais le nombre de fois où mes copines m'ont payés des plats pour que je puisse manger à ma fin. Elles sont touchés par situation. Nous nous connaissons depuis l'enfance donc rien n'est tabou entre nous. J'ai une vie instable si ce n'est pas pour dire chaotique.
Maman a tué papa quand j'avais 12 ans. Il l'a battait, elle ne le supportait plus. Depuis, elle est en prison, une condamnation à perpétuité. Le juge de l'époque n'a pas été clément. J'ai été placée en foyer, ma seule tante ne pouvant pas nous assumer avec ma soeur et ses enfants. Je ne lui en veux pas. Elle essaye de prendre le rôle de mère, mais avec Awa ce n'est pas facile. Plus têtue qu'elle tu meures ! Je suis plus docile et obéissante. Je n'aime pas les problèmes.
- Il me reste un peu de sous de ma bourse. D'ailleurs demain j'ai des entretiens pour trouver mon job d'été. Il faut également je me trouve une chambre au Crous...
Sharon - Tu parles comme une adulte, tu as 17 ans !
Je sais, mais il faut que je réfléchisse déjà à mon avenir et sérieusement. J'ai été accepté dans la meilleure fac de droit de France, ici à Paris mais je n'ai pas les moyen d'étudier. Pas assez de revenus, je n'ai que cette maigre bourse que je reçois tous les trimestres. Ma tante me donne 10 euros par-ci par-là. Heureusement que l'état me verse tous les mois 300 euros, mais c'est très peu. Cette aide prendra fin à ma majorité c'est à dire dans moins de deux moins.
J'ai eu certes ce bac haut la main, mais l'horizon pour moi est sombre...
Je discute encore avec les files quand mon téléphone sonne. Numéro que je connais pas mais je décroche quand même.
- Allo, oui ?
Awa - Aya !
- Awa ?
Je n'ai pas eu de nouvelles de ma jumelle depuis deux semaines. Pas inquiète car elle a l'habitude de se volatiliser dans la nature et revenir.
Awa - En chair et en os ! Comment ça va ?
- Euh...bien. Tu es où ?
Awa - Au Sénégal !
- Hein ?
Awa - Au Sénégal je t'ai dit ! A Dakar pour être précise !
Elle était aussi loin ?
Awa - Tu as eu ton bac non ?
- Oui ! Mention bien !
Awa - Ah je le savais intelligente que tu es ! Tiens pour fêter ça, viens ici avec moi ! Je t'offre des vacances.
- Awa tu as perdu la tête ?
Awa - Tout est payé, même ton billet tu as juste à faire tes valises et venir ! Tu le mérites ! J'ai eu une opportunité de dingue ici ! Tous nos soucis seront enfin finis !
- C'est à dire ?
Awa - Orh, viens seulement !
Ma soeur est folle oui, mais je lui fais confiance. Des vacances, tous frais payés ? C'est vraiment ce dont j'ai besoin. Puis, j'ai toujours voulu visiter le Sénégal. Suis-je prête à suivre ma jumelle dans ce qui peut être une connerie ? Je réponds que oui. Je veux un peu me dégonfler, souffler et cesser ne serait-ce qu'une heure de penser à mes soucis.
- Je te fais confiance, mais ne me crée pas d'ennuis !
Je raccroche puis suis les filles au restaurant.
Ce soir je dors chez ma tante, une de ses filles à quitté la maison il y'a peu et j'ai repris sa chambre. Néanmoins j'ai promis à ma tante de m'assumer et ne pas être une charge pour elle. Elle vis déjà dans la précarité.
| Issac Aliou Mendes |
Lanisha - Tu me quittes déjà de si bon matin ?
J'ai passé la nuit avec Lanisha, mais je me réveille aux aurores pour le travail.
- Je suis encore sur cette affaire. Ça me prend énormément d'énergie mais je rattraperai tout ça avec toi. Pas d'inquiétude.
Lanisha *serrant la couverture contre son corps nu* - C'est ce que tu dis tout le temps ! J'ai besoin qu'on se retrouve davantage Issac.
- Dès que cette affaire sera fini. Je dois filer.
J'embrasse brièvement Lanisha avant de m'en aller.
Après toutes ses nuits blanches j'avais besoin de me retrouver dans les bras d'une femme et rien de mieux que ceux de Lanisha, mon ancienne tutrice. Oui, vous lisez bien. C'est elle qui me guidait lors de ma thèse en doctorat, elle est légèrement plus âgée (3 ans) que moi mais ce n'est pas un problème. J'ai besoin de femmes matures, je m'ennuie avec celles de mon âge. C'est une femme intelligente et cultivée, une qui me dépasse même intellectuellement. Je la vois presque comme une mentor car toujours présente pour me conseiller.
Ce matin, je dois honorer la part de mon contrat avec mademoiselle Sylla. Elle a accepté de me dire tout ce qu'elle savait avec les preuves à l'appui. Contre quoi je devais faire venir sa sœur ici. Les raisons sont encore floues et je n'ai pas voulu plus d'explications. Je me suis chargé de payer le billet et c'est moi qui doit aller la prendre à l'aéroport.
Une fois arrivée je me dirige vers les portes d'arrivée avec une pancarte à la main. Dessus écrit « Aya ». Au bout de quelques minutes une jeune fille s'approche de moi, une valise à la main.
Jeune fille - Bonjour, je suis Aya.
Je suis surpris. Je n'ai pas reconnu cette fille, aucune ressemblance avec mademoiselle Sylla pourtant ce sont des jumelles ! Aya est plus petite, plus menue que sa soeur. Ses yeux sont en amandes, pourtant mademoiselle Sylla en des grands et gros ce qui lui donne une certaine autorité. L'une fait son âge, l'autre le double. Peut être des sœurs, mais sûrement pas des jumelles !
- Vous êtes bien la soeur d'Awa Sylla ?
Aya - Oui, elle m'a dit que quelqu'un viendrait me chercher c'est vous ?
Contrairement à sa soeur, Aya avait le sourire aux lèvres. Ce qui apporte bien plus de gaieté. Tu sens déjà que c'est une personne douce.
- Tout à fait.
Je sors ma main de la poche de ma veste pour la saluer.
- Je suis maître Mendes, enchanté. Vous pouvez m'appeler Issac.
Aya *agreablement étonnée* - Vous êtes juge ?!
- Avocat.
Aya - Oh la vache mais c'est trop cool ça !
- Hein ?
Elle mets sa main devant sa bouche avant de s'excuser. Le langage des jeunes et surtout d'Europe je n'arrive pas à m'y faire. Pourtant, j'ai fait une dizaine d'années en France pour mes études. J'ai néanmoins toujours su garder ma culture. Là, je vais devoir gérer deux adolescentes car ce ne sont encore des mineures et elles doivent être à ma charge. Au moindre loupée c'est bien les juridictions françaises qui me tomberont dessus.
- Pas de soucis, je vous prie de me suivre.
Aya - Où va t-on ?
- Voir votre soeur.
Je lui prend sa valise et nous traversons ensemble l'aéroport pour rejoindre le parking.
[ 10 ans plus tard ]
28 ans aujourd'hui.
Je me remémore ce moment là. Je pourrai même vous dire la place précise de chacun, la température qu'il faisait, la couleur du ciel, du banc sur lequel j'étais assise avec les filles. À ce moment là, je ne me doutais pas que ma vie si paisible allait prendre une tournure inattendue. Comme quoi, le destin est parfois fâcheusement surprenant !
*soupire* - Je n'aurais jamais du faire ce voyage à Dakar, jamais...
| Awa Sylla |
J'attendais impatiemment Aya dans cette chambre d'hôtel.
Bon, je l'avoue j'ai un peu menti à l'avocat. Aya ne cours pas de réels dangers en restant en France. J'ai juste profité de la situation hein ! L'avocat là je sens sa richesse par le nez, s'il peut offrir à ma soeur et moi des vacances gratuites pourquoi ne pas saisir l'opportunité ? Ma parole là, ma bouche a un prix ! J'ai des yeux de lynx, tous ce que je vois, je mémorise, analyse et traite afin de savoir comment tirer un meilleur profit.
Ce réseau de prostitués ou je ne sais quoi. Je n'ai rien avoir dedans j'étais juste là au mauvais endroit et au mauvais moment. Moment avec s aussi, car ce n'est pas la première fois que je tombe dans ce genre de soirée, malgré moi. Vous savez, c'est à cause de mes mauvaises fréquentations ! Mais aujourd'hui je les remercie grâce à leurs bêtises je vais me faire un max d'argent en témoignant. J'ai lu dans les yeux de l'avocat qu'il tenait à moi en tant que cliente, que lui aussi à quelque chose à y gagner. Tout le monde est la poule aux yeux d'or de quelqu'un dans cette faire.
En tout cas, je vais le déplumer comme il le faut l'avocat !
- Rohh mais pourquoi ils prennent du temps là ?
Je regarde ma montre. Au même moment la porte de la chambre s'ouvre. Je me précipite devant et aperçois ma soeur et l'avocat. Je prends de suite Aya dans les bras, heureuse d'enfin la voir.
- Tu m'as manqué !
Aya - Toi non ! Tu as l'habitude de disparaître mais aussi loin et aussi longtemps ! Comment tu as atterri ici ?
- Orh laisse ça.
Je prends sa valise et la fait entrer.
Aya - On reste combien de temps ici ?
*changeant de sujet* - J'ai faim. Pas toi ?
Aya - Euh...un peu.
Je pose alors mes yeux sur l'avocat.
- Il font des brunchs dans cet hôtel ? Dans ce pays même ? On doit déjeuner.
Monsieur Mendes - Un brunch ? Non.
- C'est des blédards en même temps.
Aya - Eh un peu de respect !
*à M. Mendes*- Vous nous emmenez au restaurant ?
Aya - Non non ! J'ai un peu d'argent avec moi il suffit juste que je fasse la conversion de monnaie.
Je me mets alors à regarder avec insistance l'avocat, comme pour lui dire qu'il n'avait pas le choix. Et il a fini par comprendre.
M.Mendes - Suivez moi, j'ai une bonne adresse.
Je suis culottée et avec beaucoup d'audace. Il va devoir s'y faire !
L'avocat nous accompagne donc dans un restaurant pour déjeuner. C'était pas autant chic que je ne m'attendais mais il faisait l'affaire.
Nous étions ainsi 3 à table à dévorer nos plats.
Aya - Ce n'était vraiment pas obligée. Je vous rembourserez.
Olalala Aya, toujours dans la gratitude. Elle déteste qu'on soit généreux avec elle car ça la renvoie à sa condition. Aya veut en sortir, s'assumer seule et grandir mais quand on a un gagne pain comme ça là pourquoi pas en profiter ?
M.Mendes - Non pas nécessaire ! J'ai les moyens.
- Ah mais si vous en avez autant que vous le prétendez, pourquoi avoir louer cette chambre ? Elle est trop petite pour ma sœur et moi. Même si c'est provisoire, il nous faut quelque chose de plus grand et équipée d'une cuisine par exemple.
Aya me fixe avec les gros yeux avant de me donner un coup de pied sous la table. Eh bah quoi ? J'ai raison ! On va rester ici le temps du procès, il faut qu'on soit a l'aise.
Confus Monsieur Mendes tarde à me donner une réponse.
M.Mendes - Je possède un petit appartement au centre de la capital. Vous pouvez y loger.
Aya - Non !
- Si !
Aya me redonne un coup de pied. Je suis en train de faire tout ce qu'elle déteste.
M.Mendes - Demain, ça vous arrange ?
Aya - Ne vous sentez pas obligé ! Vous êtes beaucoup trop gentil.
- Ah mais tu ne connais pas toute l'histoire.
M. Mendes - Vous êtes sous ma responsabilité.
Aya - Au nom de quoi ?
M. Mendes - Votre soeur ne vous a rien dit ?
- C'est difficile d'expliquer tout ça par téléphone.
M.Mendes - Il est donc temps de le faire.
Je soupire avant de reprendre la parole. J'explique alors à Aya comment j'ai atterri ici avec les explications complémentaires du l'avocat. À la fin, elle a du mal à en croire ses oreilles.
Aya - Je savais que je n'allais pas dû venir !
- Au contraire !
Aya - Toujours a m'embarquer dans tes bêtises !
- Remercie moi, on a des vacances gratos !
M. Mendes *levant un sourcil* - Vacances ? Nous avons votre procès à préparer.
- Je sais, j'ai juste à parler c'est tout .
M. Mendes - Ça ne marche pas comme ça. On va devoir soigner votre expression orale et corporelle. Il faut apprendre à convaincre le jury. Ce n'est pas facile.
- Vous êtes l'avocat, je ne suis que votre cliente.
Aya - Vos services valent combien ?
M. Mendes - Je suis avocat commis d'office. C'est l'ambassade de France qui s'occupera de ma rémunération et ce n'est pas le sujet. Je fais ça cet cette affaire me tient à cœur.
Ouhhh, s'il gagne il va avoir un gros cachet. Pourquoi se donner un style d'homme généreux ? Je déteste.
Aya me scrute du regard, elle voulait me tuer à cet instant. J'aime trop mettre ma sœur dans des situations embarrassantes, ca m'amuse toujours de la décoincée un peu !
M. Mendes - Je suis chargé par les autorités de votre pays de vous défendre mademoiselle et ensuite de vous faire revenir en France.
- Vous êtes mon protecteur ? Je suis flattée !
Aya - Mais comment tu peux prendre cette affaire à la légère ? Tu vas passer devant toutes les televisions du monde ! En France même on en parle, ça fait la une des médias. Mais visiblement tu aimes trop être au centre de l'attention tchip !
- Pourquoi tu t'inquiètes plus que moi ? Détends toi Aya, tout va bien se passer *me tournant vers l'avocat* Pas vrai ?
Il hoche tout simplement de la tête avant de venir de boire sa tasse de café. Je les exaspère tous les deux !
Après ce déjeuner, l'avocat nous conduit avec nos valises à ce fameux appartement.
M. Mendes - C'est un peu petit, mais au moins vous disposerez de tous le confort.
Aya - La chambre d'hôtel convenait parfaitement.
Cette modestie venant d'Aya, arh !
| Issac Aliou Mendes |
J'ai été certes surpris par la requête d'Awa mais je l'ai quand même accepté. Au grand désarroi de sa soeur qui continuait à me remercier.
Aya *embarassée* - On fera attention dans votre appartement. Ménage tous les jours, les meubles ne bougeront pas d'un poil. De toute façon, on ne restera pas longtemps ici.
- Je le fais de bon coeur, j'héberge ta soeur et toi sans aucun soucis ! Faites comme chez vous.
Aya - Merci encore monsieur.
- Tu peux m'appeler Issac, je ne suis pas aussi vieux. 28 ans quand même.
Aya - Ah mais vous êtes aussi jeune et avocat ? Sans être trop indiscrète.
Je n'ai que très peu communiqué avec elle mais Aya contrairement à sa jumelle a plus de retenue et est bien plus réservée ! Aya parle peu, mais toujours pour dire des choses pertinentes. Jamais sur la confrontation. Peut-être qu'Awa traverse une crise d'adolescence mais si elle continue comme ça, elle va me faire perdre mon procès !
- Chez les Mendes nous sommes avocat de père en fils. Ma famille fait carrière depuis longtemps dans le juridique.
C'est notre renommée. J'essaye à mon tour comme papa et papi de m'imposer dans le monde du droit.
- Ma mère est juriste, ma grande sœur fiscaliste.
Aya *impressionnée* - J'entre en première année de droit en septembre. Je ne pensais pas que les familles de droit existait...mais ma sœur doit vous payer chère non ?
- Je réitère ce que je dis. Je fais ça de bon cœur.
Surtout pour mon ascension. Si je gagne cette affaire, tous les grands du continent se plieront en 4 pour m'avoir. Si le père réussit, pourquoi pas le fils ?
Aya *sourire*- Je vous remercie enfin je te remercie énormément.
- Je t'en prie.
Je prends ma mallette et quitte l'appartement. Laissant ainsi seules les jumelles. J'ai aussi ma vie à gérer, le travail ne doit pas prendre autant de place mais sur cet affaire, la ligne qui sépare le personnel et professionnel s'est effacé. Je dois mettre toute ma personne.
Ce soir, je ne rentre pas chez moi. J'ai besoin de me ressourcer auprès des Mendes. Je me rends alors chez mes parents qui m'accueillent comme il le faut. Après un bon diner, je me retrouve avec mon père autour de la table à boire nos jus de Bissap.
- Il y'a un peu trop de menthe, je ne peux pas finir ça.
Je pose alors mon verre sur la table.
Papa - Sinon, cette affaire ? Comment ça se passe ?
*soupire* - J'y travaille. Nous avons la première audience dans quelques jours. Puis tu sais, avec les autorités françaises qui mettent leur nez dedans ça complique les choses.
Papa - C'est ici que tu ne dois commettre aucune erreur, une seule et petite peut détruire toute ta carrière et ce même si tu es débutant !
- Oui. *dis-je la voix grave*
Il est attend beaucoup de moi sur cette affaire, c'est le moment de lui prouver que comme lui, papi et notre arrière grand père je suis prêt à porter honorablement le nom Mendes dans le monde juridique.
Papa - Il me semble d'ailleurs que tu n'as désormais à ta charge la défense d'une seule cliente ?
- Oui, et la plus difficile.
Je lui explique le dossier, espérant avoir ainsi avoir des conseils de sa part.
Papa - Tu as eu le cas le plus compliqué. Tu me dis en plus que c'est une ado en pleine crise d'adolescence ? Le jury dira qu'elle l'aura bien cherché !
- Pour te dire, j'ai rencontré sa jumelle. Le contraire ! Douce comme un agneau, j'aurais tellement voulu que ce soit elle la victime dans l'histoire. Plus facile à défendre devant les jurys.
Les mentalités d'ici ne sont pas les memes qu'en France et c'est ce que Awa doit comprendre. Les filles comme elles sont très mal vue, le jury ne la verra d'office pas comme une victime. Les faits seront jugés de manière subjectifs. Un juge rendrait la tache plus facile, il ne s'intéresse qu'au fait objectivement. Awa aurait pu se présenter nue devant cet homme, s'il y'a viol ça sera reconnu comme viol.
Papa - Tu ne chercheras pas à convaincre le jury, mais à le persuader que ta cliente est une victime. Il faut faire appel aux sentiments, et s'il le faut dresse un portrait plus triste de ta cliente. Tiens que fait-elle dans sa vie ?
- Je n'ai pas bien compris...elle doit être lycéenne je crois.
Papa - Il faut que tu en saches davantage ! Tiens, fait venir sa jumelle à la barre s'il faut ! Elle saura mieux défendre sa soeur !
Effectivement, Aya peut mieux défendre Awa qu'elle ne ferait elle même.
- C'est noté, je m'y mets dès demain.
Je continue la discussion avec papa mais sur un tout autre sujet, il faut savoir mettre le travail de coté certains moment.
Papa - Au niveau des relations, comment ça se passe ? Je ne t'ai pas connu aussi longtemps célibataire !
Comme par un pur hasard ma mère surgit dans la pièce pile à ce moment et ne peut s'empêcher de s'incruster dans la discussion.
Maman - Issac Aliou, célibataire ? Je doute très fortement ! Il nous a jamais présenté une fille digne de son nom ici !
Papa - Je ne te précipite pas, chacun son temps. Mais, il n'est pas coutume chez nous de trainer dehors avec les femmes. Tiens, cette Lanisha était bien. Tu es encore avec elle ?
- On se voit.
Papa et maman - Hmmm.
Ils me reluquent de haut en bas. Une meilleure réponse de ma part était plus adéquate.
Maman - Notre nom ne doit-être porté par n'importe qui. Lanisha, selon moi fera l'affaire. Nous ne partageons pas la même culture et religion mais je reste pour ma part très ouverte d'esprit.
Papa - Elle est certes plus âgée, mais bon sang ! Cassons les codes, ne rentrons pas dans des cases ! C'est ça qui fait notre force à nous les Mendes. Mon grand père était un cap-verdien de nationalité sénégalaise et sa femme portugaise. Papa a épousé une métisse française comme ta mère.
Heureux de savoir leur considération pour Lanisha, je ne pensais pas qu'elle allait les plaire autant. C'est une femme indépendante, mature et qui sait soigner son image.Jamais tu n'entendras de mal d'elle, mais de toutes les manières qui oserait critiquer Lanisha Parker, l'Américaine ? Ses parents sont des natives américains venus s'installer il y'a une vingtaine d'années au Sénégal pour renouer avec la terre de leurs ancêtres. Ils restent néanmoins très attachés aux Etats-Unis. Ils ont fait fortune dans les galeries d'art et le tourisme. Lanisha est avocate internationale.
En prenant du recul sur notre relation, je me rends compte que c'est vraiment sérieux entre nous. Je n'ai jamais ressenti autant d'attache envers une femme. Elle me convient et mes parents. Que demander de plus ? Il faut que je lui parle de notre avenir.
Il est temps.
| Aya Sylla |
Je me suis réveillée très tôt ce matin. Je ne trouvais pas le sommeil, une nuit blanche de plus. Les histoires de ma soeur me tourmentent encore mais elle ne semble pas plus touchée que moi. Au contraire, c'est comme si elle en avait rien à faire et parle seulement de l'argent qu'elle touchera en dédommagement. C'est du Awa tout crachée, à force je ne suis même plus choquée.
L'avocat nous a convoqué à son cabinet afin qu'Awa s'entraine à la première audience du procès. Il a insisté pour que je sois là. Je me suis donc préparée comme il le fallait. Nous nous rendons quand même dans l'un des cabinet d'avocats les plus réputés du continent. On peut pas y aller n'importe comment. Dieu merci, dans ma valise j'avais une robe blazer blanche avec des boutons dorés et à manches courtes. Je suis un peu petite de taille, ce n'était donc pas trop court au niveau des jambes. J'ai pris également des sandales à talon bas dont on m'avait don. Ce que je porte, c'est essentiellement de la récup. C'est à dire des habits que je ramasse de droite à gauche, que mes amies ou mes cousines me donnent car plus à leurs tailles. Je prends tout, sans réfléchir en me disant que ça me servir un jour où l'autre. Comme aujourd'hui.
J'ai également forcé ma soeur à porter une tenue plus décente. Elle voulait trimballer avec une jupe fesse à l'air !
*coiffant les cheveux d'Awa* - On ne se rend pas n'importe où, l'image ça compte. Des journalistes et des caméras seront forcément là vu l'ampleur de l'affaire. Ils savent que monsieur Mendes est ton avocat, peut être même qu'ils sont en train de nous surveiller !
Awa - Toujours dans l'exagération toi ! Tu as fini sinon avec mon chignon bas là ?
- Bientôt.
Pour faire tenir son chignon, j'insère dans ses cheveux des pinces. Je veux soigner l'image de ma soeur, donner l'image d'une gentille jeune adolescente. Innoncente voire candide. Dans les affaires pénales de ce type, coupable comme victime essaye de donner la meilleure image de soi. Le jugement n'a pas lieu seulement dans la salle d'audience, il débute à l'extérieur. C'est l'opinion public le vrai jury.
- Conduis-toi bien. Pour l'amour d'Allah, pas de "wesh", "vas-y" ou "tchip". On ne s'adresse pas à n'importe qui.
Awa - Ah mais il n'a pas qu'à me souler ce Issac avec ses entrainements. Pourquoi quoi faire ? Je dois juste aller au procès et raconter ce qu'il passé et fin tss..il est là avec sa grosse tête et sa grande bouche à m'imposer des entrainements !
- Cela ne se passe pas comme ça Awa. Raconter oui, mais tu dois persuader le jury que ces hommes t'ont fait du mal !
Awa - Oh mais je me suis juste assis sur les jambes d'un d'eux !
- Tu as été piégée ! T'imagines si la police n'était pas intervenue ? Tu t'aurais fais embrigader dans un réseau de prostitution. Tous ces hommes doivent être condamnés tout comme les jeunes qui t'ont amenés ici car ce sont des criminels. Et c'est à toi de les faire comprendre au jury. C'est ton argent que tu veux hein ?
Awa - Notre argent ! Je le fais pour nous faire sortir de la misère.
*regardant de plus près ma soeur* - Si tu le veux, tu vas devoir travailler ton témoignage. Suciter les émotions des membres du jurys en amplifiants les faits, en sur jouant et sans mentir. Tu comprends ça ?
Awa *levant un sourcil* - Tu me dis de jouer la comédie ?
- N'hésite même pas à pleurer s'il le faut. Quand tu parles, fais couler les larmes sur tes joues tout en fixant les femmes du jurys droit dans les yeux. Surtout les plus vielles, elles verront en toi leurs filles.
Awa - Fallait me dire plus tôt, je vais même me rouler au sol s'il le faut !
- Oh mais jusqu'à là aussi !
Je lui donne quelques conseils que je tire des divers documentaires et films judiciaires que j'ai pu regarder.
Awa - Je parle bien avec une future avocate là.
- Bon allons-y, le taxi nous attend.
Monsieur Mendes nous a fait venir un taxi. Une fois bien apprêtées nous y allons.
Le cabinet se trouvait dans le quartier d'affaire de la capital, là déjà on sentait qu'on entrait dans un autre monde. Qu'on montait en classe, toutes les personnes étaient effectivement très bien habillées. Soit en costard, ou en grand boubou classe, lunettes teintés aux yeux et grosse montre au poignet. Ils roulaient à bord de grosse SUV, ces gens là ils n'ont pas notre temps ! En arrivant j'ai été déstabilisé et encore plus quand j'ai aperçu des journalistes devant le cabinet juridique. Heureusement pour nous, l'avocat nous a fait discrètement sortir de la voiture pour nous faire passer par une autre porte que celle de l'entrée.
Issac - Excusez-moi, je ne vous ai pas informé de la présence des journalistes. Ils campent devant la cabinet nuit et jour à la recherche de la moindre fuite dans l'affaire. Comprenez-donc bien qu'il faut se faire le plus petit possible.
Awa - Et ces tenues d'effrontés ne nous arrange pas les choses !
Issac - Au contraire, vous êtes ravissantes. C'est une parfaite tenue pour le procès.
Awa - Je ferai alors appel aux talents stylistiques de ma jumelle !
- Tu plaisantes ? C'est toujours qui sait mieux faire avec les tenues. J'ai juste imposé le thème.
Il a suffit que je dise "tenue décente mais classe" pour qu'Awa dégaine de ma valise ma robe et les chaussures. Ce n'est pas moi qui les ai a proprement choisi. C'est du ressort d'Awa, une fille très coquette. Moi, pas trop. Je m'habille bien que quand il faut. Le maquillage ? Des futilités. Je n'ai pas assez de sous pour m'embellir de toute façon.
Je remarque que l'avocat était en train de nous regarder de haut en bas, je suis un peu gênée car je n'ai jamais eu les jambes aussi découverte de ma vie.
Issac - Suivez-moi.
On marche alors dans le cabinet qui prenait plus la forme d'une grande entreprise. Le bâtiment était resplendissant on aurait pu croire être dans une grande compagnie de La Défense. Je regardais partout autour de moi comme un petit enfant !
Nous rentrons finalement dans un des grands bureaux. Il s'y trouvait une femme, assise non pas sur chaise mais une table.
Issac - Je vous présente ma collègue, Lanisha Parker.
Elle descend alors de la table pour venir nous saluer. Une belle et grande femme. De sa gestuelle ce dégager cependant un certain dédain de sa part. De la manière dont elle nous regardait on se sentait de suite inférioriser. Je ne sais pas pourquoi j'ai ressenti cette impression. En tout cas cette femme m'a très vite intimidée.
Lanisha - Enchantée de vous rencontrer, mais je ne pensais qu'il n'y avait qu'une seule adolescente ?
Pas un sourire se dégage de son visage, il était ferme. L'accueil était certes cordiale mais également glaciale. A l'inverse de monsieur Mendes. Je suis de nature introvertie mais dès notre première conversation il a su me mettre à l'aise.
Issac - J'ai fais venir sa soeur, elle sera d'une grande aide.
Lanisha - Très bien, mais alors qui est qui ?
Awa fronce des sourcils. Nous avons donc eu la même première impression de cette Lanisha.
Awa *s'interposant dans la conversation* - Je suis Awa Sylla, la cliente de votre collégue*
Madame Parker nous regarde de haut en bas, si ce n'est pas dire nous dévisager.
Lanisha - Ah, pile comme Issac me l'a décrite.
Awa - C'est à dire ?
Je prends la main d'Awa, je la sentais monter. Elle allait de suite sur le terrain de l'affrontement avec son fort tempérament.
Lanisha - Vous ne faites pas victime, il va falloir travailler votre attitude.
Awa - Pardon ? Mais vas-y elle !
*la reprenant* - Awa qu'est ce que j'ai dit ?
Awa - No...
*l'interrompant* - Awa pas ici, ce n'est ni le moment ni le lieu. Canalise toi un minimum !
Je me tourne alors vers les deux avocats complètement embarrassée.
*sourire gênée* - Je vous prie de nous excuser. Ma soeur a un très fort caractère et elle peut monter au quart de tour pour un rien.
Lanisha *à Issac* - Tu n'as pas pris le dossier le plus facile toi ! Allons nous assoir.
C'est sur un ton très autoritaire qu'elle nous ordonne de nous installer. Les avocats s'assoient en face de nous. Une table nous séparer.
Issac - Pour le procès, j'ai besoin d'en savoir davantage sur votre vie. J'ai pu comprendre que vous étiez orphelines ? Vos deux parents sont morts c'est ça ?
Awa - Vous voulez vraiment savoir notre vie ?
Elle pose cette question en rigolant presque. Ils ne sauront pas prêts à entendre ce qu'on peut raconter.
Lanisha - C'est le but de la question.
Awa *haussant le ton*- Je ne...
Je pince alors la cuisse d'Awa sous la table. Elle reprend sa phrase mais plus calmement.
Awa - Notre père est mort, notre mère est vivante.
Issac - Ah ! On peut avoir son contact ? Pourquoi ne pas l'avoir fait venir elle aussi ?
- Notre mère a perdu son autorité parentale.
Issac - Pourquoi ?
Awa - Elle est en prison.
Les avocats surpris arquent simultanément d'un sourcil.
Issac - Pourquoi ?
Awa ne répond plus. Je le fais alors mais d'une petite voix :
- Elle a tué notre père...
Cette fois-ci, choqués ils grossissent leurs yeux.
Lanisha - Pardon ?
Je reprends rapidement la parole pour justifier le crime de ma mère.
- Notre père était très violent, envers elle et nous. Puis un soir, c'était la fois de trop. Il s'en ai pris à elle et pour une fois elle s'est défendu. Mais, c'était la fois fatidique...le juge n'a pas retenu la légitime défense et elle pris la perpétuité.
C'est pour cette raison que je veux devenir à mon tour avocate ! Je vais faire sortir maman de prison car sa place n'est pas derrière les barreaux !
Lanisha - Vous ne le dites que maintenant ? Alala mais vous les enfants de France pires que je ne le pensais ?
Awa *agacé* - Oh on est là pour préparer un procès ou faire le mien ? Je n'aime pas parler de ma famille. Passons à autre chose maintenant.
Issac - Mais avec qui vivez vous en France ?
Awa - On se démerde.
Je la corrige.
- Des familles d'accueil, l'aide social à l'enfance et quelques fois notre tante.
Issac - Hmm...
Il prend juste des notes sans émettre aucun jugement a l'inverse de sa collègue qui moi aussi m'agace ! Je sais plus me canaliser qu'Awa qui était déjà sortie de ses gons.
Issac - Des éléments clés à savoir et ne pas négliger.
Je ne peux m'empêcher de rajouter mon analyse juridique.
- Si la partie adverse l'aurait su avant vous, elle se serait servi de notre passé a l'encontre d'Awa. Je sais que ma soeur a une âme de rebelle, qu'elle peut paraître indisciplinée et grossière mais c'est notre histoire qui l'a forgé de la sorte. Ce n'est pas la peine de baser votre défense sur cela uniquement mais un élément à prendre au compte surtout si le camp adverse attaque Awa *me tournant vers elle* Tu devrais d'ailleurs te préparer à répondre aux questions sur nos parents.
Awa - Ils vont fouiner c'est sur...
- Dès qu'ils évoquent tu prend l'air la plus triste possible. Tu te fais passer pour une double victime, celle dont le sort s'acharne.
Lanisha - Oh, mais c'est toi ou non les avocats ?
Issac - Non Lanisha, elle a tout à fait raison. C'est une analyse fine et pertinente pour notre défense !
Toute fière je souris. Je vous ai dit, le travail d'avocate est fait pour moi.
Issac *me faisant un clin d'oeil* - J'ai très bien de te faire venir !
Très gênée je baisse immédiatement les yeux. Son clin d'œil n'était pas anodin. Il m'a fait un étrange effet. J'en ai des petites picotement au ventre.
L'entretien avec les avocats suit après son cours. Nous avons ainsi pu travailler le passage à la barre d'Awa. Je ne garantie pas que tout se passe bien et qu'elle prête mais au moins ma soeur sait où elle met ses pieds !
| Lanisha Parker |
Pour un débutant Issac se met dans un sacré pétrin. J'attends que les deux filles s'en aille pour lui parler sérieusement.
- Tu en as fait quoi de mes conseils ? On commence toujours par les petites affaires ! Là tu te jettes dans la gueule du loup !
Issac - J'ai tellement a y gagner en défendant cette fille !
- Quoi ? L'humiliation ? Tu vas humilier le nom des Mendes là ! Tu vas tout droit vers la perte du procès et de ton premier ! Puis j'ai pu comprendre que ces filles ne te rémunéraient pas, mais où en est l'intérêt ? Tu peux encore te récuser.
Issac - Non. Je le fais pour mon nom mais par charité aussi. L'histoire de ces filles me touchent énormément.
- Tu n'es pas mère Teresa voyons !
Toujours aussi gentil lui, ça ne change pas et c'est ce qui m'énerve le plus chez lui. Une qualité qui est un véritable défaut pour Issac. Dieu merci il a décidé d'être avocat et pas jugé car à ce stade on en aurait un tas de criminels acquittés dehors.
- Je t'ai toujours appris de rester le plus objectif possible dans tes affaire. Qu'est ce que tu en fais de mes conseils ?
Issac *changeant de sujet* - On dîne ensemble ce soir ?
Malgré que mécontente, j'accepte sa requête. Il m'a manqué, personnellement. J'ai besoin de me retrouver dans ses bras et surtout dans son lit.
*déposant un baiser sur ses lèvres* - Allons chez l'ivoirien.
Il me pince une de mes fesses avant de me rendre langoureusement son baiser. Tant d'attache pour un homme. Je n'ai jamais ressenti cela pour quelqu'un.
Issac est le premier homme avec qui je veux me projeter. Je dois lui parler de notre avenir.