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Le Dernier Serment de l'Héritière Oubliée

Le Dernier Serment de l'Héritière Oubliée

Auteur: Gabriel
Genre: Romance
Pendant sept ans, Élia Varenne a été considérée comme une femme insignifiante dans la famille la plus puissante du pays. Mariée à Kaël D'Averny, héritier du groupe D'Averny International, elle a vécu comme une étrangère dans sa propre maison. Pour le monde extérieur, ils sont un couple parfait. En réalité : * Kaël ne l'a jamais aimée. * Il est amoureux d'une autre femme depuis toujours. * Leur mariage n'était qu'un arrangement imposé par son grand-père mourant. * Élia a accepté cette humiliation pour une raison secrète : protéger une promesse faite à sa mère avant sa mort. Mais le jour où Kaël annonce qu'il veut enfin divorcer pour épouser celle qu'il aime, Élia accepte immédiatement. Elle ne supplie pas. Elle ne pleure pas. Elle ne cherche pas à retenir un homme qui ne l'a jamais choisie. Elle pose seulement une condition : « Accorde-moi un mois. Pas comme ton épouse sur le papier... mais comme une véritable épouse. Après ce mois, je disparaîtrai définitivement de ta vie. » Kaël accepte, persuadé qu'elle prépare quelque chose. Mais il ignore une chose. Élia n'essaie pas de gagner son amour. Elle essaie seulement de vivre le dernier mois avant de révéler un secret qui changera toute leur existence. Car Élia Varenne n'est pas la pauvre fille sans famille que tout le monde croit. Elle est l'héritière disparue d'une fortune capable d'écraser l'empire D'Averny. Et le jour où Kaël découvrira la vérité... Il comprendra qu'il a passé sept ans à mépriser la seule femme qui aurait pu sauver son monde.
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Chapitre 1 La Femme Que Personne Ne Voyait

La pluie tombait sur la ville de Valéris depuis l'aube.

Derrière les immenses baies vitrées du dernier étage de la résidence D'Averny, les lumières des gratte-ciel semblaient flotter dans un océan gris.

Cette maison représentait le sommet du pouvoir.

Une demeure où les plus grands dirigeants du pays rêvaient d'être invités.

Une demeure appartenant à la famille D'Averny.

Une famille dont le nom suffisait à ouvrir toutes les portes.

Mais pour Élia Varenne, cette maison n'avait jamais été un foyer.

Cela faisait sept ans qu'elle y vivait.

Sept ans qu'elle partageait le même toit que Kaël D'Averny.

Sept ans qu'elle portait le titre d'épouse du futur chef du groupe D'Averny International.

Et pourtant...

Elle avait toujours eu l'impression d'être une étrangère.

Comme une silhouette invisible traversant les couloirs d'un palais qui ne lui appartenait pas.

Ce matin-là, Élia était debout dans la cuisine.

Elle préparait le café.

Comme chaque matin.

Elle connaissait parfaitement les habitudes de Kaël.

Deux sucres.

Pas de lait.

Une température précise.

Pas trop chaud.

Pas trop froid.

Elle connaissait aussi la manière dont il aimait ses chemises repassées, l'ordre dans lequel il lisait ses dossiers, les jours où ses réunions étaient plus longues.

Elle connaissait tellement de choses sur lui.

Mais lui...

Que savait-il d'elle ?

Probablement rien.

Un bruit de pas résonna derrière elle.

Élia n'eut même pas besoin de se retourner.

Elle savait déjà qui c'était.

Kaël.

Son mari.

L'homme qu'elle avait épousé à vingt ans.

L'homme qui n'avait jamais prononcé une seule fois les mots qu'une épouse espérait entendre.

« Bonjour, Kaël », dit-elle doucement.

Aucune réponse.

Elle posa simplement la tasse devant lui.

Kaël D'Averny prit place à la table.

À trente et un ans, il possédait déjà l'aura d'un homme qui contrôlait tout ce qui l'entourait.

Grand.

Élégant.

Froid.

Son visage était parfaitement impassible.

Ses yeux sombres ne révélaient jamais rien.

Pendant longtemps, Élia avait essayé de comprendre cet homme.

Elle avait cherché une faille.

Un moment où il pourrait enfin la voir autrement que comme une obligation imposée par son grand-père.

Mais elle avait fini par comprendre.

Certaines portes ne s'ouvrent jamais.

Même si on frappe pendant sept ans.

Kaël but une gorgée de café.

Puis il posa doucement la tasse.

« Élia. »

Elle s'arrêta.

Son ton était différent.

Plus sérieux que d'habitude.

Elle posa la théière et se tourna vers lui.

« Oui ? »

Un silence lourd tomba dans la pièce.

Kaël évitait rarement son regard.

Mais cette fois, il semblait chercher la meilleure façon de prononcer ses paroles.

Finalement, il parla.

« Je veux divorcer. »

Le monde aurait dû s'arrêter.

Une autre femme aurait peut-être laissé tomber la tasse qu'elle tenait.

Une autre femme aurait peut-être crié.

Pleurer.

Supplier.

Demander pourquoi après sept années.

Mais Élia resta immobile.

Comme si elle avait attendu cette phrase depuis longtemps.

Parce qu'au fond...

Elle l'avait toujours su.

Kaël n'était pas son mari.

Pas vraiment.

Son cœur appartenait déjà à quelqu'un d'autre.

Serena Valmont.

La femme parfaite.

La femme admirée par tout le pays.

La femme que Kaël aimait avant même leur mariage.

Élia baissa légèrement les yeux.

Puis elle demanda simplement :

« Avec Serena ? »

Kaël resta silencieux quelques secondes.

Mais son silence était déjà une réponse.

« Oui. »

Un simple mot.

Un mot qui aurait détruit quelqu'un d'autre.

Mais Élia inspira doucement.

Elle regarda la maison autour d'elle.

Cette maison où elle avait vécu seule.

Cette maison où elle avait appris à sourire alors qu'elle souffrait.

Cette maison où la seule personne qui l'avait réellement aimée était Dame Isabelle D'Averny.

Sa grand-mère.

La femme qui l'avait protégée.

La femme qui avait forcé Kaël à l'épouser avant de mourir.

Élia se souvenait encore de ses dernières paroles.

« Un jour, Kaël comprendra qui tu es vraiment. »

À l'époque, Élia avait souri tristement.

Parce qu'elle ne croyait pas que ce jour arriverait.

Elle posa ses mains sur la table.

Puis elle répondit :

« D'accord. »

Kaël fronça légèrement les sourcils.

Il semblait presque surpris.

Il avait probablement imaginé une scène différente.

Des reproches.

Des larmes.

Une tentative de négociation.

Mais Élia ne faisait rien de tout cela.

« C'est tout ? » demanda-t-il.

Elle releva les yeux vers lui.

Ses yeux gris argentés étaient calmes.

« Qu'est-ce que tu veux que je dise, Kaël ? »

Il resta silencieux.

« Tu ne m'aimes pas depuis sept ans. »

Sa voix n'était pas accusatrice.

Elle énonçait simplement un fait.

« Je ne peux pas obliger quelqu'un à aimer une personne qu'il n'a jamais choisie. »

Cette phrase toucha quelque chose en lui.

Très légèrement.

Mais Kaël détourna rapidement le regard.

« Alors nous sommes d'accord. »

Élia hocha la tête.

Puis elle ajouta :

« J'ai seulement une condition. »

Kaël la regarda.

Méfiant.

« Une condition ? »

Elle prit une profonde inspiration.

C'était le moment.

La seule chose qu'elle voulait.

Pas pour retenir Kaël.

Pas pour vaincre Serena.

Pas pour devenir la femme qu'il aimerait.

Seulement pour elle-même.

« Accorde-moi trente jours. »

Le silence remplit la pièce.

Kaël resta immobile.

« Trente jours ? »

« Oui. »

« Pourquoi ? »

Élia regarda sa tasse de café.

Puis elle répondit doucement :

« Pendant trente jours, laisse-moi être ton épouse. »

Kaël fronça les sourcils.

« Tu l'es déjà. »

Un sourire triste apparut sur les lèvres d'Élia.

« Non. »

Cette réponse le surprit.

« Je porte ton nom. J'habite dans ta maison. Mais je n'ai jamais été une véritable épouse pour toi. »

Elle leva les yeux vers lui.

« Je veux seulement savoir ce que cela fait d'avoir un mari pendant trente jours. »

Kaël la fixa longuement.

Il cherchait sûrement une manipulation.

Une stratégie cachée.

Une raison secrète.

Mais il ne trouva rien.

Seulement une femme calme.

Une femme qui semblait déjà avoir accepté de partir.

« Après ces trente jours », continua Élia, « je partirai. Définitivement. »

« Tu partiras vraiment ? »

« Oui. »

« Sans demander d'argent ? »

Elle secoua la tête.

« Je ne veux rien de toi. »

Kaël resta silencieux.

Il ne comprenait pas.

Depuis sept ans, il avait toujours pensé qu'Élia était une femme faible, attachée à son statut d'épouse de D'Averny.

Mais aujourd'hui...

Pour la première fois...

Il avait l'impression de ne pas comprendre cette femme.

Finalement, il répondit :

« Très bien. »

Élia releva légèrement les yeux.

« Tu acceptes ? »

« Trente jours. »

Sa voix était froide.

« Après cela, notre mariage prendra fin. »

Elle hocha la tête.

« Merci, Kaël. »

Il se leva.

Comme si la conversation était terminée.

Mais avant de partir, il s'arrêta.

« Je ne changerai pas d'avis. »

Élia sourit doucement.

« Je sais. »

Kaël quitta la pièce sans ajouter un seul mot.

Élia resta immobile pendant quelques secondes.

Le bruit de ses pas s'éloigna lentement dans le couloir jusqu'à disparaître complètement.

Alors seulement, elle baissa les yeux vers la tasse de café restée devant elle.

Le café qu'elle avait préparé chaque matin pendant sept ans.

Le café d'un homme qui ne l'avait jamais regardée comme une épouse.

Un sourire triste apparut sur son visage.

Pas un sourire de bonheur.

Un sourire d'acceptation.

« Trente jours... »

Elle murmura ces mots pour elle-même.

Trente jours pour garder un dernier souvenir.

Trente jours avant de quitter cette maison.

Cette famille.

Cette vie.

Elle passa doucement ses doigts sur son alliance.

Pendant sept ans, elle avait porté ce symbole avec l'espoir qu'un jour il représenterait quelque chose.

Mais peut-être qu'elle s'était simplement accrochée à un rêve qui n'avait jamais existé.

Élia ferma les yeux.

Elle se rappela les paroles de Dame Isabelle D'Averny avant sa disparition.

Une phrase qu'elle n'avait jamais oubliée.

« Élia... promets-moi une chose. Peu importe ce qui arrivera, ne laisse personne te faire oublier ta valeur. »

À l'époque, elle avait simplement hoché la tête.

Mais aujourd'hui, elle comprenait enfin.

Cette promesse serait peut-être la chose la plus difficile à tenir.

Elle ouvrit les yeux et regarda une dernière fois cette immense maison.

Une maison où elle avait été présente chaque jour...

Mais où personne n'avait réellement remarqué son absence.

Elle se leva calmement et débarrassa la table.

Comme toujours.

Parce que même lorsqu'une personne décide de partir...

Elle doit encore attendre le bon moment pour fermer la porte.

Et pendant trente jours...

Élia Varenne allait continuer à jouer son dernier rôle.

Celui de l'épouse de Kaël D'Averny.

Sans savoir qu'un jour, ceux qui l'avaient ignorée regretteraient profondément de ne jamais avoir cherché à la connaître.

Chapitre 2 Celle Qui Devait Disparaître

Le bureau de Kaël D'Averny dominait toute la ville.

Situé au sommet de la tour principale du groupe D'Averny International, il était le symbole parfait de l'homme qu'il était devenu.

Ordonné.

Froid.

Implacable.

Chaque objet se trouvait exactement à sa place.

Chaque décision était calculée.

Chaque émotion était maîtrisée.

Kaël n'avait jamais laissé personne pénétrer dans son monde intérieur.

Pas même son épouse.

Il était assis derrière son immense bureau en bois sombre, parcourant plusieurs rapports financiers sur sa tablette.

Mais depuis une heure...

Il relisait la même page.

Sans réellement la lire.

Son esprit revenait constamment à la conversation du matin.

« Accorde-moi trente jours. »

Il fronça légèrement les sourcils.

Pourquoi cette demande ?

Depuis sept ans, Élia n'avait jamais posé problème.

Elle n'avait jamais exigé quoi que ce soit.

Elle n'avait jamais créé de scandale.

Elle avait toujours accepté les choses en silence.

Alors pourquoi maintenant ?

Kaël posa sa tablette.

Il détestait les inconnues.

Dans son monde, tout devait avoir une explication.

Tout comportement avait une raison.

Même la gentillesse cachait parfois une stratégie.

Il se leva et regarda la ville à travers la vitre.

« Qu'est-ce que tu cherches vraiment, Élia ? »

Pour la première fois depuis longtemps...

Il se posait une question sur elle.

Pas sur son rôle.

Pas sur son nom.

Sur elle.

Mais cette pensée disparut rapidement.

Il secoua légèrement la tête.

Non.

Il ne devait pas se laisser distraire.

Dans trente jours, tout serait terminé.

Le mariage arrangé par son grand-père appartiendrait au passé.

Il pourrait enfin épouser Serena.

La femme qu'il aimait réellement.

La seule femme qui avait toujours occupé une place dans son cœur.

Lorsque Kaël rentra à la résidence D'Averny ce soir-là, il trouva toute la famille réunie dans le grand salon.

Sa mère, Catherine D'Averny, était installée dans un fauteuil avec une tasse de thé entre les mains.

À côté d'elle se trouvaient ses deux filles, Karina et Felicia.

Et face à elles...

Serena Valmont.

La future épouse qu'ils attendaient tous depuis longtemps.

Belle.

Élégante.

Souriante.

Serena représentait exactement l'image qu'une famille comme les D'Averny voulait afficher.

Une femme issue d'un milieu prestigieux.

Une femme admirée par le public.

Une femme capable d'accompagner Kaël dans son ascension.

Dès qu'elle aperçut Kaël, son visage s'illumina.

« Kaël. »

Elle se leva immédiatement.

Mais avant qu'elle ne puisse s'approcher davantage, Catherine parla :

« Alors ? »

Son regard était dirigé vers son fils.

« Tu as réglé le problème ? »

Kaël retira son manteau.

« Oui. »

Un sourire satisfait apparut sur le visage de Catherine.

« Enfin. Après toutes ces années. »

Karina soupira de soulagement.

« Je me demande encore pourquoi grand-mère a insisté pour ce mariage. »

Felicia haussa les épaules.

« Élia n'a jamais vraiment correspondu à notre famille. »

Ces paroles ne provoquèrent aucune réaction visible chez Kaël.

Parce qu'il avait entendu ce genre de phrases des centaines de fois.

Élia n'était pas assez prestigieuse.

Pas assez brillante.

Pas assez adaptée à leur monde.

Du moins...

C'était ce que tout le monde pensait.

« Le divorce aura lieu dans trente jours », annonça Kaël.

Le silence tomba.

Serena sourit doucement.

Mais une petite ombre passa dans son regard.

Trente jours.

Encore trente jours.

Elle avait attendu longtemps.

Mais elle n'aimait pas attendre.

« Trente jours ? » demanda Catherine.

« Pourquoi attendre aussi longtemps ? »

Kaël resta silencieux un instant.

Puis répondit :

« C'est son souhait. »

Catherine fronça les sourcils.

« Son souhait ? »

Comme si ces mots lui semblaient absurdes.

« Depuis quand prends-tu en compte ce qu'elle veut ? »

La remarque était froide.

Mais Kaël ne répondit pas.

Parce qu'il n'avait pas de réponse.

Il ne savait pas pourquoi il avait accepté.

Il aurait pu refuser.

Il aurait pu simplement annoncer le divorce.

Mais il avait accepté.

Et cela l'agaçait légèrement.

Serena s'approcha doucement de lui.

Elle posa une main sur son bras.

« Peu importe. »

Sa voix était douce.

« J'ai attendu sept ans. Je peux attendre trente jours de plus. »

Elle sourit.

« Tant que notre avenir est assuré. »

Kaël regarda Serena.

Cette femme représentait tout ce qu'il avait toujours voulu.

Alors pourquoi une partie de lui repensait encore au regard calme d'Élia ce matin ?

Il chassa immédiatement cette pensée.

Pendant ce temps, dans une autre partie de la maison...

Élia était assise seule dans sa chambre.

Une petite boîte était ouverte devant elle.

À l'intérieur se trouvaient quelques souvenirs.

Pas de bijoux précieux.

Pas d'objets luxueux.

Seulement quelques choses simples.

Une vieille photographie.

Une lettre.

Un petit pendentif.

Elle prit la photo entre ses doigts.

Son regard se remplit d'une douceur silencieuse.

« Maman... »

Sa voix trembla légèrement.

Elle resta longtemps ainsi.

Puis elle rangea doucement les objets.

Trente jours.

Elle devait tenir trente jours.

Pas pour Kaël.

Pas pour Serena.

Pas pour cette famille.

Pour elle-même.

Parce qu'après cela...

Elle pourrait enfin commencer une nouvelle vie.

Un nouveau départ.

Loin de tout ce qui lui avait fait mal.

Un nouveau départ où personne ne connaîtrait son passé.

Personne ne saurait ce qu'elle avait perdu.

Personne ne saurait ce qu'elle avait sacrifié.

Élia éteignit la lumière.

Dans l'obscurité de la chambre, une seule pensée resta dans son esprit :

« Plus que trente jours... »

Elle ignorait encore que ce compte à rebours ne marquerait pas seulement la fin de son mariage.

Mais le début d'un changement qui bouleverserait la vie de tous les D'Averny.

Chapitre 3 Les Trente Derniers Jours

Le lendemain matin, la résidence D'Averny retrouva son rythme habituel.

Les employés traversaient les couloirs silencieux.

Les voitures de luxe quittaient progressivement la propriété.

Les téléphones sonnaient.

Les assistants apportaient les dossiers du jour.

Tout semblait normal.

Sauf pour Élia.

Pour elle, chaque détail avait désormais une saveur différente.

Parce qu'elle savait que cette maison n'était plus son avenir.

Seulement son passé.

Elle se tenait devant le miroir de sa chambre, attachant calmement ses cheveux.

Depuis sept ans, elle s'était habillée de manière simple.

Jamais trop élégante.

Jamais trop remarquable.

Elle avait appris rapidement que dans cette maison, attirer l'attention n'apportait rien de bon.

Les compliments étaient rares.

Les critiques, beaucoup moins.

Mais aujourd'hui...

Elle choisit une robe légèrement différente.

Toujours sobre.

Toujours élégante.

Mais avec une touche de douceur.

Ce n'était pas pour séduire Kaël.

Elle ne se faisait plus d'illusions.

C'était simplement pour elle.

Pour se rappeler qu'elle existait encore.

Elle posa une dernière fois les yeux sur son reflet.

« Trente jours », murmura-t-elle.

Puis elle quitta sa chambre.

Dans la salle à manger, Kaël était déjà présent.

Comme chaque matin, son ordinateur était ouvert devant lui.

Des dossiers.

Des chiffres.

Des rapports.

Son monde.

Élia entra avec son café.

Elle le posa devant lui.

« Bonjour. »

Kaël leva légèrement les yeux.

Il remarqua immédiatement quelque chose.

Elle semblait différente.

Pas physiquement.

Mais dans son attitude.

Avant, Élia attendait toujours une réaction de sa part.

Un regard.

Un mot.

Un signe quelconque.

Aujourd'hui...

Elle semblait simplement accomplir une tâche.

Sans attente.

Sans espoir.

Cette constatation le dérangea plus qu'il ne voulait l'admettre.

« Merci », dit-il finalement.

Un simple mot.

Mais Élia s'arrêta une seconde.

Parce que Kaël disait rarement merci.

Elle sourit légèrement.

« De rien. »

Elle s'assit en face de lui.

Le silence s'installa.

Pendant sept ans, ces petits-déjeuners avaient toujours été ainsi.

Deux personnes assises à la même table.

Mais séparées par un monde entier.

Cependant, ce matin-là...

Kaël remarqua quelque chose.

Élia ne cherchait pas à attirer son attention.

Elle ne lui demandait rien.

Elle ne parlait pas de leur mariage.

Elle ne mentionnait pas Serena.

Elle semblait simplement profiter du moment.

Cela lui parut étrange.

« Tu n'as rien à dire ? »

La question sortit de sa bouche avant même qu'il réfléchisse.

Élia releva les yeux.

« À propos de quoi ? »

Kaël resta silencieux.

Il n'avait pas de réponse.

Avant, il pensait qu'elle utiliserait ces trente jours pour essayer de le convaincre.

Mais elle ne faisait rien.

« Oublie. »

Élia hocha doucement la tête.

Elle reprit son petit-déjeuner.

Mais Kaël continua de l'observer quelques secondes.

Puis il retourna à ses dossiers.

Une heure plus tard, alors qu'Élia traversait le hall principal, elle entendit des voix.

Elle s'arrêta.

Catherine était là avec Serena.

Et leur conversation semblait déjà tendue.

« Tu devrais faire attention, Serena », disait Catherine.

« Maintenant qu'Élia a obtenu trente jours, elle pourrait essayer quelque chose. »

Serena croisa les bras.

Son sourire était léger.

Mais son regard était froid.

« Elle n'a aucune chance. »

« Je ne suis pas inquiète parce qu'elle pourrait me remplacer. »

Elle marqua une pause.

« Je suis inquiète parce qu'elle joue un rôle étrange. »

Élia resta silencieuse derrière le mur.

Serena continua :

« Une femme qui accepte aussi facilement un divorce après sept ans... ce n'est pas normal. »

Catherine fronça les sourcils.

« Tu penses qu'elle cache quelque chose ? »

Un silence.

Puis Serena répondit :

« Je pense qu'elle veut quelque chose. »

Élia baissa légèrement les yeux.

Elle ne pouvait pas leur en vouloir.

Dans leur monde, personne ne croyait aux actes désintéressés.

Tout devait avoir un prix.

Une raison.

Une stratégie.

Mais elles avaient tort.

Pour une fois...

Élia ne voulait rien obtenir.

Elle voulait seulement partir sans regret.

L'après-midi, Kaël reçut un appel inattendu.

Son assistant venait de lui transmettre une information.

Un problème concernant un dossier important du groupe.

Normalement, il aurait immédiatement organisé une réunion.

Mais cette fois, alors qu'il quittait son bureau, il aperçut Élia dans la bibliothèque.

Elle était assise près de la fenêtre.

Un livre ouvert devant elle.

Il s'arrêta.

Il ne savait pas pourquoi.

Peut-être parce qu'il réalisait quelque chose.

Pendant sept ans...

Il avait vécu avec elle.

Mais il ignorait totalement ce qu'elle aimait.

Ses habitudes.

Ses pensées.

Ses rêves.

Il connaissait son nom.

Son visage.

Son statut.

Mais pas la femme.

« Élia. »

Elle leva les yeux.

« Oui ? »

Il hésita une seconde.

Une chose inhabituelle pour lui.

« Qu'est-ce que tu lis ? »

La question sembla la surprendre.

Elle regarda le livre.

Puis répondit :

« Un roman historique. »

« Tu aimes ce genre de choses ? »

Elle sourit légèrement.

« Oui. Depuis longtemps. »

Un silence.

Kaël hocha simplement la tête.

Puis il repartit.

Mais lorsqu'il arriva dans le couloir...

Une pensée étrange traversa son esprit.

Il venait de passer sept ans avec cette femme.

Et c'était la première fois qu'il lui posait une question qui ne concernait pas son mariage.

Cette réalisation le dérangea.

Le soir venu, Élia prépara le dîner.

Pas quelque chose de compliqué.

Simple.

Mais fait avec attention.

Lorsque Kaël rentra, il fut surpris de voir la table préparée.

« Tu n'étais pas obligée. »

Élia leva les yeux vers lui.

« Je sais. »

Cette réponse le surprit.

Elle ne disait pas :

"Je voulais te faire plaisir."

Elle ne disait pas :

"Je voulais que tu m'aimes."

Elle disait simplement :

"Je sais."

Comme si elle faisait cela uniquement parce qu'elle l'avait choisi.

Kaël s'assit.

Il goûta le repas.

Puis resta silencieux.

Quelques minutes passèrent.

Finalement...

« C'est bon. »

Élia releva les yeux.

Deux mots.

Deux simples mots.

Mais venant de Kaël...

C'était presque inhabituel.

« Merci. »

Elle sourit doucement.

Et pour la première fois depuis longtemps...

Kaël détourna le regard non pas par indifférence.

Mais parce qu'il ne comprenait pas la sensation étrange qui apparaissait en lui.

Une sensation qu'il refusa immédiatement de reconnaître.

De la curiosité.

Cette nuit-là, dans sa chambre, Kaël regarda longuement son téléphone.

Un message de Serena apparut.

« Tu me manques. »

Il répondit rapidement.

Mais après avoir envoyé le message...

Son regard se posa involontairement sur la porte de la chambre voisine.

Celle d'Élia.

Il resta ainsi quelques secondes.

Puis il secoua la tête.

« C'est juste trente jours. »

Il se le répéta comme une certitude.

Mais quelque part au fond de lui...

Une petite voix commençait déjà à poser une question.

Pourquoi avait-il l'impression que ces trente jours allaient changer quelque chose ?

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