Une sirène et des crissements de pneus indiquèrent une poursuite acharnée.
Radio: Ici unité 3, on a perdu le suspect. Sirène.
Échange étouffé de policiers.
Radio: On recherche un individu d'une vingtaine d'années taille normale. Il se dirige vers le parc.
Pas pressés des policiers.
Radio: L'individu est lourdement armé ; je répète, il est lourdement armé. Tiré sur tout c' qui bouge trop rapidement.
-Tout c'qui bouge !!?? C'est n'importe quoi, ils vont éliminer beaucoup d'innocents...
La rue est sombre mais pas déserte. Ça et là, une famille ou deux se disputent l'amour de leur enfant, des jeunes fument et flirtent avec d'autres qui passent; personne semble se préoccuper de celui qui vient à peine de passer.
Pourtant il était là, assis sur un banc comme un vieillard qui en a marre que ses enfants lui donne des ordres. L'individu semblait tout à fait normal mais au dessous de sa cape se cache une vérité dont personne ne sait jusqu'à présent. Un policier passa, un autre le suivit; ils regardèrent partout et retournèrent sur leurs pas. Aucun des humains présent ne prêta attention à cette scène si familière, pour eux c'est la routine.
Soudain, deux autres gars se pointèrent pointant du doigt l'individu qui est assis sur le banc; ils dirent quelque chose aux policiers qui se regardèrent perplexe avant de se diriger vers le solitaire. L'un d'eux fit mine de s'éloigner et alla se placer non loin du banc, une arme pointée sur celui que son collègue va aborder, l'autre s'avança prudemment et une fois arrivé derrière lui il pointa son arme dans son dos.
-Vous êtes en état d'arrestation- dit-il en enlevant le chapeau de la personne.
-Je vous tiens!
- Non, c'est moi qui vous tenez.
Avant même qu'il ait compris le sens de ce mot, la terre l'engloutit et bientôt le noir le submergea. Tout c' qu'il se souvient, c'est de la voix d'une fille disant :"Fais dodo p'tit policier, fais dodo j' vais pas te manger."
Quand le policier se réveilla, il faisait toujours noir mais il sentait bien que ses membres étaient attachés et qu'aucune tentative ne pourrait le sauver. S'éleva du noir une voix douce et mélodieuse.
-J'espère que vous avez bien dormi.
Il sentit une main féminine, petite mais douce comme du velours, lui toucher l'abdomen; c'est alors qu'il se rendit compte qu'il était à moitié nu. Il du rougir car il l'entendit rire puis dire:
-Je n' vous ai touché que parce que la chute vous a laissé quelques égratignures. Je n' vous veux aucun mal.
-Alors pourquoi putain 'suis attaché ? Demanda-t-il en essayant de bouger sans grand effort.
-Parce que...parce que... il le faut.
Sa voix était comme un chuchotement. Il l'entendit marcher dans le noir puis une vive lumière lui fit fermer les yeux. Quand il les ouvrit, elle était là...oui...elle...une nana à la couleur ébène, des yeux marrons espiègles, un nez disant beaucoup sur son origine et aux cheveux tressés en mode africaine ; ça et là des branches sortaient de sa coiffure comme si elles voulaient se libérer des cordes serpentant les tresses...elle, souriant avec un sourire non-terminé sur son visage...devant lui.
Il resta bouche bée un moment, admirant cette créature qui dégageait une aura trop virile pour être féminine, se demandant s'il ne s'étaient pas déjà vus quelque part, avant de pouvoir articuler qu'un seul mot.
-Toi!
Le directeur de la police Ken Mc Frame explose sa colère sur Jerry l'autre policier qui accompagnait Eden lors de la poursuite...
La mission de ces derniers étaient d'arrêter des malfrats et non d'abandonner un policier voire perdre une des personnes qui étaient sur leur garde...
Les personnels du bureau se tuent pour localiser l'emplacement où Eden est captivé...
Tous sont motivés...tous cherchent à plaire pour une augmentation...Tous ont peur de finir en chômage...
tous sauf Jay...Un jeune policier avec une masse corporelle trop élevé...Jay appelé le chien de bronze...Jay dont plusieurs demande la révocation sans arrêt...Ce même Jay là qui est toujours affamé et qui en cet instant précis dégustait un paquet de frites de chez Mc's Donald alors que tous semblaient chercher une solution.
Le directeur continua à invoquer tout les saints et ne tarda pas à blasphémer quand il reçut la vidéo. Dans la vidéo, Eden sur une chaise électrique tremblait de froid et suppliait qu'on l'aide. Les policiers avaient la chair de poule rien qu'en voyant cette scène.
Des traces de couteau tatouent son corps mais son visage reste tel qu'il était, on aurait dit que le criminel (car ils ne savent pas encore qui c'est) le laisse pour une fin plus atroce encore. Ken ne savait que faire; Eden est le fils d'un riche homme d'affaires mais le hasard lui mit sur la route de Ken qui lui parla des poursuites et du plaisir d'arrêter un criminel.
Trois jours avant il fut sauver de justesse d'une fusillade par un inconnu mais cela ne l'empêcha pas de vouloir continuer son stage.
Un téléphone sonna, la secrétaire décrocha, pendant un instant elle resta silencieuse puis elle fit signe à Ken qui la regardait sans cacher sa nervosité. Il parcourut la distance qui le sépare avec son bureau personnel en deux enjambées tant il avait peur que ce soit le père d'Eden.
L'expression que désigna son visage et le grimace qu'il fit quelques temps après donnèrent raison à croire qu'il avait pensé vrai. C'était bel et bien le père d'Eden et à en croire la façon dont il changeait de point de support ce dernier était très en colère et ne manquait pas de blâmer Ken pour son imprudence.
Quand il sortit enfin du bureau, il avait l'air d'être passé sous un camion. Furieux il lançait à la cantonade des ordres qui devraient être exécutées rapidement sous peine de renvoi immédiat. Jay lui restait calme à tout ce tumulte ; il mangeait comme à l'accoutumée.
-Je m' demande comment quelqu'un peut-il manger après avoir regardé ce vidéo-dit Célia, la secrétaire du bureau. C'est carrément horrible ! Pauvre Eden...
Elle ne finit pas d'articuler sa phrase que les larmes envahirent ses yeux et fit couler le maquillage qu'elle avait bien pris soin de faire ce matin. C'est à ce moment que Ken se rendit compte qu'il n'avait pas encore jouer sa dernière carte soit Jay. Il entra au bureau après avoir donné un mouchoir en papier à Célia qui continuait à pleuvoir sous la malchance de Eden, saisit la dernière chose qu'Eden avait touché et s'avança vers Jay.
Ce dernier continuait à dévorer le reste des frites encore présents. Ken penaa qu'il devrait arrêter de se bourrer de ses saloperies mais il ne dit rien pour faire allusion à ceci quand il s'approcha du plus grand vorace humain et le fan #1 des MC's Donald.
-Jay, localise-moi Eden! Dit-il en poussant sous son nez le mouchoir que Eden portait comme un sachet de détritus et qu'il disait être le cadeau de sa "soi-disant" fiancée.
Personne dans le bureau n'ignorait qu'Eden détestait la fille en question.
-Pas avant d'avoir terminé. Répondit Jay tout simplement, la bouche pleine.
-Maintenant Jay! Vocifera Ken en frappant sur le bureau sur lequel était les frites de Jay.
Ceux-ci tombèrent faisant perdre à Jay une bonne quantité de nourriture.
-Mais je...
-C'est un ordre.
Jay était l'un des dix à avoir hérité chacun d'un don surnaturel. Le sien c'était l'amplification du flaire et une capacité imposante à conserver un maximum de données plus que la normale. Mais pour cela, il avait besoin de se nourrir car il ne dirige pas son don.
Les 9 autres sont: "La vue nocturne, Noz (ce dernier ne peut agir en pleine lumière sans lunettes de soleil), l'humavégé (il commande les plantes et toutes sortes d'herbes ou de fleurs sauf le Lys bizarrement), Ondine (Par sa voix elle hypnotise tout humain ou animal à proximité), Aqualux (Elle est la reine de l'eau et de la lumière), Rayo (il contrôle l'éclair et les nuages), Senshí (Elle a une sensibilité sensorielle élevée au summum, elle voit à des kilomètres quand elle se concentre), Lilith (Elle peut guérir et soigner toute sorte de maladie mais elle tue aussi rapidement qu'elle donne vie), Lumix (il court plus vite que tout autre être et ne laisse qu'un point lumineux dangereux dans son départ) et Hivería ou Sole( on ignore son sexe tant son identité reste secret tantôt chaleur que froid c'est le plus dangereux de tous et le dernier qu'on voudrait croiser sur sa route.
Scène : Chaque fois qu'on parle d'un des dix, on donne une image qui explique exactement leurs pouvoirs. (Imaginez les dix et créez-en un de votre choix)
-Pourquoi tout ce cirque ?
-Pour que vous ayez la vie sauve.
-C'est quoi cette histoire ?? Je n' suis pas en danger. Personne ne m'en veut...
Tcharly MC finit de nettoyer son M-6 et le déposa sur la table contenant les divers autres objets qui ont sûrement déjà causé la mort à plusieurs personnes.
-Après vous bien sûr.
-Je vais vous expliquez ce qui se passe. Asseyez-vous bien parce que vos fesses peuvent ne pas pouvoir supporter ce qui viendra...
Elle jeta la serviette qui lui servait d'essuie-arme et le regarda sans le voir. Pourtant elle commença à parler comme si elle se demandait si elle avait fait le bon choix.
Scène: L'image change de Tcharly adulte à une Tcharly plus jeune qui courait pieds nus sous une pluie ensoleillée.
-Quand j'étais plus jeunes je me souciais de rien. Mes parents n'étaient pas riches, on vivait chez un oncle qui ne l'était pas non plus mais qui se débrouillait bien. Un soir un homme est venu à la maison, il voulait que j'aille avec lui mais mes parents n'étaient pas d'accord. Mon oncle l'a raccompagné à la porte sur l'insistance de mère à le voir loin de moi mais arrivé à la porte, il dit à mon oncle quelque chose à l'oreille et lui glissa un paquet entre les mains. Mon oncle parût embarrassé mais il le prit et le cacha derrière son manteau.
Scène: L'image se défile sur Tcharly observant la scène avec l'innocence juvénile. Et change à chaque fois qu'elle raconte quelque chose d'autre.
-Le soir même j'ai écouté toutes les portes se fermer avant de me glisser dans le placard qui contenait le porte-manteau mobile. J'ai trouvé le paquet et j'ai vu ce qui y était. J'étais perplexe mais aussi contente. Si mon oncle avait autant, notre vie à tous changerait de pôle. Je le pensais, j'en ai même rêvé une vie meilleure avec des vacances sur la plage et un nouvel uniforme jusqu'à ce que l'incident du dîner, du dernier dîner...
Elle prit une pause. Eden sentit que cette partie était la plus douloureuse de ses souvenirs et ne dit mot afin de la laisser continuer sa route sur le chemin du retour de son passé. Elle se leva et lui tourna le dos. Eden saisit l'occasion pour tenter de se démarrer ou saisir l'un des outils non loin. Il n'y arriva pas. Soit elle fit semblant de ne rien remarquer soit elle n'a rien remarqué.
-Le soir venu, j'étais tellement excitée par cette image forgée dans mon esprit que j'ai merdé.
Scène: Tcharly, toujours plus jeune, assise sur une table avec trois autres personnes. Elle regardait l'un deux et souriait comme si elle était complice d'un secret gardé trop longtemps. Ce dernier lui rendait son regard mais plutôt perplexe et coupable.
-Qu'y a-t-il donc princesse à te faire autant baver de joie?
-Devrais-je le dire mon oncle!?-Dit-elle ignorant l'autre homme et parlant à celui qu'elle souriait.
-De quoi tu parles ma p'tite Lylú?
Se tournant vers la femme et le monsieur, elle pris l'air de quelqu'un qui avait une grande et bonne nouvelle à annoncer et déclara:
-"Oncle est hyper riche! On va avoir une nouvelle maison rien qu'à nous et des vacances sur la plage. Une jolie robe pour toi maman et un costume neuf pour oncle et toi papa."
-Et pour toi princesse ??
-Un nouvel uniforme et un nouveau pull.
Scène : Retour vers le présent. Tcharly avait toujours la face au mur et semblait revivre cette scène tant son visage se déformait peu à peu de douleur dont le temps n'a pu apaiser. Elle rit, un rire qui n'avait rien de joyeux, un rire froid. Presque ironique.
-Mon père était du genre à avoir de l'humour à revendre et ma mère trop féminine, son instinct maternel trop élevé je pensais pourtant j'ignorais pourquoi elle était ainsi avec moi. Je savais qu'elle et père se discutait assez souvent mais je n'ai jamais assisté à une scène pareille. J'avais hérité du don de ma mère en surplus en plus mais à cette époque je l'ignorais. Eden ne pût attendre plus longtemps.
-Que s'est-il passé ?
-Il y a eu une dispute et la maison a pris feu. Je suis la seule à avoir survécu. J'ignore comment c'est arrivé mais j'ai atterri directement chez le même monsieur qui voulait que je parte avec lui. J'ai rencontré d'autres gamins plus âgés ou moins, il y avait même un bébé. C'est là que ça devient marrant.
Scène: Tcharly adolescente apprenant le karaté et le judoka. Elle se batait contre d'autres jeunes et était parfois fouettée quand elle faisait une bêtise. Le soir elle lisait un livre emprunter en secret ou racontait à la petite qui grandissait le monde comme elle l'a connue avant l'incident.
Les rares fois qu'ils sortaient c'était pour chasser dans la forêt, leur "vieux père" comme ils appelaient leur maître leur enseignait que tuer un être pour sauver un autre être révélait d'une bonne action. Et quand Tcharly plus futée que les autres lui demanda pourquoi devraient-ils tuer, il lui répondit tout simplement en lui relevant le menton:
"Mange ou tu seras mangée; tue ou tu seras tuée ; oser jamais hésiter sinon par un faux ton cœur sera remplacé ".
-Cette phrase je ne l'ai pas oubliée et je ne pourrai jamais; c'était notre maxime, notre loi. On commençait par tuer des petits animaux sans défense puis il nous incita à défier des plus grands en nous disant d'utiliser nos dons. Un jour il nous envoya chasser un léopard que je me demande s'il n'avait pas relâché lui-même. Vingt sont partis et quinze sont rentrés les pieds fermes. On a dû chercher les cinq autres. On les a retrouvés près des falaises fantôme, ainsi nommée car on ne voyait pas le fond, deux d'entre eux étaient morts mais les trois autres souffraient le martyre.
Scène : Les ados courent et tombent sur les deux morts en premier lieu, ensuite l'un d'eux trouvent les blessés et appelle les autres. Ces derniers arrivent suivit du maître.
-Vieux père, il leur faut un médecin. Dit celui qui les a trouvés.
-Qui a tué l'animal??
-On l'a fait en équipe maître. Répondirent les gosses.
-Je veux savoir qui a donné le coup de grâce ! Vocifera-t-il.
Tcharly s'avança d'un pas mal assuré.
-Ce fût moi maître.
Il la regarda, elle était trempée du sang de l'animal et avait ses crocs entre ses doigts.
-Bien mon enfant. Maintenant tuez-les.
-Mais maître...
-Execution!
Elle ferma les yeux et acheva les trois autres restants. Elle tremblait, elle venait de tuer son premier être humain ou plutôt trois êtres humains. Le maître se tourna alors vers les autres qui étaient aussi fatigués que tristes.
-Que vous ai-je appris? Quelle est la loi qui gouverne votre vie??
Ils dirent à l'unisson:
-"Mange ou tu seras mangé; tue ou tu seras tué ; oser jamais hésiter sinon par un faux ton cœur sera remplacé ".
-Je n'entends rien ! Voulez-vous vous finir comme eux?
-Non maître-dirent-ils plus forts.
-Alors quelle est votre loi?
Ce fût le cri des âmes déchirées, de la peur et du courage qui lui répondit cette fois.
--"Mange ou tu seras mangé; tue ou tu seras tué ; oser jamais hésiter sinon par un faux ton cœur sera remplacé ".