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Le Crépuscule des Cœurs Sauvages

Le Crépuscule des Cœurs Sauvages

Auteur:: Vaskess
Genre: Loup-garou
La protagoniste, une sorcière guérisseuse, a vu sa vie bouleversée lorsqu'elle a soigné une louve-garou blessée, une cow-girl participant à un rodéo. Elles sont tombées amoureuses et ont prévu une vie ensemble. Cependant, leur amour a été brisé lorsque la mémoire de la louve-garou a été effacée par un mystérieux sort. Peu après, la sorcière découvre qu'elle est enceinte et élève seule leur fille, Taryn, qui hérite des talents de sa mère et de la force de sa louve-garou de mère. Des années plus tard, la louve-garou revient dans la vie de la sorcière sans aucun souvenir de leur passé. Peu à peu, elle retrouve sa mémoire, et leur amour renaît, mais leur bonheur est de courte durée. La mère maléfique de la sorcière, une puissante sorcière de magie noire, est déterminée à détruire cette relation et à forcer sa fille à rejoindre le côté obscur de la magie. Pour accomplir cela, elle tente de tuer la louve-garou et menace constamment la famille. L'intrigue se déploie alors que la sorcière et sa famille tentent de survivre à cette guerre menée par sa propre mère. Taryn, la fille, devient une force centrale dans cette lutte, manifestant des pouvoirs combinés de sorcière et de louve-garou. Leur destin est lié à une ancienne prophétie qui pourrait tout changer : l'enfant à naître de la sorcière et de la louve-garou est au centre de cette prophétie, possédant un pouvoir capable de sauver ou de détruire le monde magique. Au fil des chapitres, la sorcière doit choisir entre son amour, son désir de protéger sa famille, et la tentation du pouvoir sombre offert par sa mère. La louve-garou, de son côté, doit accepter son passé et ses responsabilités, tandis que Taryn cherche sa place dans cette lutte, apprenant à maîtriser ses pouvoirs uniques. Ensemble, elles devront affronter d'anciens ennemis, lever des malédictions et vaincre des forces surnaturelles, tout en tentant de préserver leur amour et leur famille. L'intrigue atteint son apogée dans un affrontement final contre la sorcière maléfique, où des sacrifices devront être faits pour que la famille puisse enfin vivre en paix. La lutte entre l'amour, la loyauté et le pouvoir forme le cœur de cette histoire, avec un accent particulier sur les liens familiaux et la capacité à surmonter les ténèbres pour trouver la lumière.

Chapitre 1 Chapitre 1

La nuit était tombée sur Angel's Creek, et un calme lourd pesait sur le ranch. La lune pleine baignait les vastes champs et les montagnes au loin d'une lueur argentée. Pourtant, l'atmosphère sereine cachait une tempête imminente. Là, dans une petite maison de bois à l'orée de la forêt, la sorcière guérisseuse, Alia, observait la lune avec un malaise grandissant. Quelque chose ne tournait pas rond.

Debout devant la fenêtre, son regard perçait l'obscurité au-delà du terrain où Taryn, sa fille, s'entraînait encore au rodéo, même à cette heure tardive. La jeune fille de douze ans, petite mais musclée, semblait insatiable lorsqu'il s'agissait de perfectionner ses techniques. Son cheval, un magnifique pur-sang noir, la portait avec aisance à travers les obstacles et les tours. Alia sourit, un sourire empreint de mélancolie. Taryn lui rappelait tant sa mère, Elynor.

Elynor... Une douleur poignante traversa le cœur d'Alia. C'était une louve-garou, une cow-girl née pour dompter la nature, pour courir libre sous la lune. Elles s'étaient aimées avec une intensité que peu pouvaient comprendre, jusqu'à ce que le destin cruel les sépare. Cela faisait plus de onze ans maintenant qu'Elynor avait disparu, effacée de la mémoire du monde – et de la sienne – par une force inconnue.

Soudain, un hurlement perça la nuit. Un hurlement de louve. Sa louve. Alia se redressa aussitôt, le cœur battant. Elle ouvrit la porte à la volée et se retrouva dehors, sentant la terre fraîche sous ses pieds nus.

« Taryn ! » cria-t-elle, son regard fouillant l'obscurité.

Le cheval de sa fille s'agitait dans le corral, mais aucune trace de Taryn. Le hurlement se fit plus proche, plus désespéré. Alia n'eut besoin de rien d'autre pour comprendre. Le danger était là, et il venait pour elle.

Boum !Une détonation retentit dans la forêt, accompagnée d'un flash de lumière rouge qui illumina brièvement le ciel. Alia sentit sa magie frémir en elle, une énergie froide qui courait sous sa peau. Elle courut vers la source du bruit, laissant ses instincts la guider.

Les arbres s'écartèrent devant elle comme si la forêt elle-même voulait lui montrer le chemin. Là, au centre d'une petite clairière, elle vit la scène de cauchemar : Elynor, sous sa forme de louve, était couchée au sol, ensanglantée, ses pattes avant brisées sous le poids d'une créature gigantesque.

« Non !»

Alia s'élança, mais une main invisible la projeta en arrière, la clouant contre un arbre. Elle haleta, son souffle coupé par la force magique qui la retenait. Une silhouette émergea de l'ombre : une femme à la beauté froide, des cheveux noirs comme l'obsidienne, une robe rouge sombre virevoltant autour d'elle. Ses yeux luisaient d'une lueur malsaine.

« Mère... » murmura Alia, la gorge nouée de peur et de rage.

« Ah, ma chère Alia, » murmura la femme avec un sourire cruel. « Quelle touchante réunion. »

« Laisse-la partir, Lyria ! » hurla Alia, se débattant contre la force qui l'immobilisait.

Lyria éclata d'un rire glacial. « Oh, tu n'as toujours pas compris, n'est-ce pas ? » Elle s'approcha d'Elynor, qui, à bout de forces, tentait encore de se relever malgré ses blessures. « Cette créature sauvage ne mérite pas ton amour. Elle n'est qu'une distraction. »

« Je ne te laisserai pas la toucher ! » Alia ferma les yeux, appelant à elle son pouvoir. Ses mains se mirent à briller d'une lumière dorée, douce et chaleureuse, un contraste frappant avec l'énergie noire de sa mère. La magie se propagea autour d'elle, formant un bouclier. Peu à peu, la pression qui la maintenait contre l'arbre faiblit, puis disparut.

Mais Lyria ne semblait pas s'inquiéter. « C'est inutile, ma fille, » dit-elle en soupirant. « Tu n'as pas la puissance nécessaire pour me défier. »

Avant qu'Alia ne puisse réagir, sa mère leva une main, et une vague d'énergie noire s'abattit sur Elynor. La louve hurla, son corps se contorsionnant sous l'effet du sort. Alia sentit son cœur se briser en mille morceaux.

« Non !»

Sans réfléchir, elle tendit la main, lançant un sort guérisseur dans un dernier espoir. Le rayon de lumière dorée traversa la nuit, atteignant Elynor, mais il était déjà trop tard. Le corps de la louve se raidit, puis s'effondra lourdement sur le sol.

Alia tomba à genoux, ses mains tremblant de douleur et d'impuissance. « Pourquoi fais-tu ça ? » murmura-t-elle, sa voix brisée.

Lyria s'approcha d'elle, et pour la première fois, ses yeux se radoucirent, presque compatissants. « Parce que je t'aime, Alia, » dit-elle d'une voix étrangement douce. « Et l'amour, ma fille, nécessite des sacrifices. Tu ne peux pas être puissante en restant faible. Ce loup t'affaiblit, te détourne de ton véritable potentiel. »

« Mon amour pour elle me rend plus forte ! » répliqua Alia, ses poings serrés. « Tu ne comprendras jamais ça. »

Lyria soupira et secoua la tête, déçue. « Tu comprendras un jour, quand tu seras prête à abandonner tes illusions. »

D'un geste, elle disparut dans un tourbillon d'ombres, laissant Alia seule dans la clairière.

Les minutes qui suivirent semblèrent durer une éternité. Alia rampa jusqu'à Elynor, son cœur battant douloureusement dans sa poitrine. Elle posa une main tremblante sur la fourrure douce de la louve, espérant contre toute espérance sentir un battement de cœur.

Rien.

Les larmes coulaient sur ses joues. « Je suis désolée... je suis tellement désolée... » murmura-t-elle, sa voix brisée.

Une main chaude et familière se posa soudain sur son épaule. Taryn. Elle était là, les yeux grands ouverts, fixant le corps inerte d'Elynor.

« Maman ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Alia n'avait pas les mots. Elle prit Taryn dans ses bras, la serrant contre elle comme si cela pouvait les protéger de la réalité implacable.

« Ta grand-mère, » dit-elle enfin d'une voix rauque, « elle... elle a tué Elynor. »

Taryn se raidit dans les bras de sa mère. « Non !» Elle s'éloigna, secouant la tête avec force, ses yeux s'emplissant de larmes. « Ce n'est pas possible ! Maman... Elynor ne peut pas être morte ! »

Alia se leva avec difficulté, ses jambes vacillant sous elle. « Je vais la ramener, » dit-elle soudain, sa voix tremblante de détermination.

Taryn la regarda, abasourdie. « Comment ? »

Alia serra les dents. « Il y a un moyen... il y a toujours un moyen. »

Elle tendit les mains au-dessus du corps de la louve, appelant à elle toutes les forces magiques qu'elle possédait. Des filaments de lumière dorée apparurent autour d'Elynor, flottant comme des lucioles dans l'obscurité.

« Maman, non ! » Taryn saisit le bras de sa mère. « Tu ne peux pas... ça pourrait te tuer ! »

Alia tourna vers sa fille un regard déterminé. « Peu importe ce que ça coûte. Je refuse de la perdre une deuxième fois. »

Taryn resta silencieuse un instant, puis hocha lentement la tête, comprenant la profondeur de la douleur de sa mère. Elle relâcha son bras, mais une peur indicible brillait dans ses yeux. « Alors je vais t'aider. »

Alia soupira, reconnaissante mais inquiète. « Taryn, c'est trop risqué pour toi. Tu es encore jeune, tu ne sais pas ce que cela implique. »

Taryn fronça les sourcils, ses petites mains se fermant en poings. « Je ne laisserai pas grand-mère gagner. Je suis une sorcière-louve, comme toi et comme elle. Nous sommes plus fortes ensemble. »

Les mots de sa fille, bien que remplis de fierté, transperçaient le cœur d'Alia. Elle savait que la prochaine bataille ne serait pas seulement contre sa propre mère, mais aussi contre les ténèbres grandissantes qui entouraient sa famille.

Chapitre 2 Chapitre 2

### Chapitre 2 : **Un amour naissant**

Le soleil couchant baignait l'horizon de teintes d'orange et de rose, une lueur paisible qui contrastait avec les tourments intérieurs d'Alia. Assise à l'entrée de sa petite maison en bois, elle fixait les vastes plaines d'Angel's Creek sans vraiment les voir. Son esprit était ailleurs, perdu dans des pensées confuses. Cela faisait quelques jours qu'elle avait soigné cette cow-girl blessée, une étrangère dont l'arrivée avait perturbé la tranquillité de sa vie, comme un coup de vent imprévu qui déracine tout sur son passage.

Elynor.

Le nom de la louve-garou s'attardait sur ses lèvres comme un doux murmure, un secret qu'elle n'osait à peine s'avouer. Elle se souvenait encore de la première fois où elle avait posé les yeux sur elle, gisant sur le sol poussiéreux du rodéo, son corps brisé après avoir été piétiné par un taureau furieux. Alia avait immédiatement senti une connexion profonde, inexplicable, avec cette femme à l'allure sauvage, et avait su qu'elle devait la sauver coûte que coûte.

Elle l'avait ramenée chez elle, dans cette même maison où elle se trouvait maintenant, et avait utilisé toute la magie à sa disposition pour guérir ses blessures. Pendant plusieurs jours, Elynor avait oscillé entre la vie et la mort, jusqu'à ce qu'enfin, elle ouvre les yeux.

---

Alia se souvenait de ce moment précis comme si c'était hier. La nuit était tombée, et la petite pièce où Elynor reposait était plongée dans l'ombre. Alia, épuisée par l'effort de guérison, veillait encore à son chevet, une couverture jetée sur ses genoux.

Soudain, un léger gémissement avait brisé le silence. Alia s'était redressée, alertée, et avait vu les paupières d'Elynor trembler avant de s'ouvrir. Ses yeux – d'un gris argenté presque surnaturel – l'avaient immédiatement fixée.

« Où suis-je ? » Sa voix avait été rauque, comme si elle n'avait pas parlé depuis des jours.

Alia avait souri doucement. « Tu es en sécurité. Chez moi. Je t'ai trouvée après ton accident au rodéo. »

Elynor avait tenté de se redresser, mais son corps était encore trop faible. « Le rodéo... Oui, je me souviens... » Elle s'était interrompue, ses sourcils se froncèrent tandis qu'elle semblait se débattre avec des souvenirs douloureux. « Merci de m'avoir aidée. »

« Je n'allais pas te laisser là-bas, » avait répondu Alia, en posant une main apaisante sur son bras. « Tu es restée inconsciente pendant plusieurs jours. »

Elynor avait hoché la tête lentement, comme si elle assimilait l'information, puis son regard s'était assombri. « J'ai été imprudente. J'aurais dû mieux sentir le danger. » Elle avait soupiré, visiblement en colère contre elle-même.

Alia avait ressenti un étrange élan protecteur. « Ce n'était pas de ta faute. Ce taureau était fou furieux, et tu as fait de ton mieux pour l'arrêter. Tu es une combattante, je l'ai vu dans la manière dont tu te battais, même au sol. »

Elynor l'avait regardée intensément, une étincelle de curiosité dans ses yeux. « Comment le sais-tu ? »

Alia avait détourné le regard, hésitant à en dire plus. Elle ne pouvait pas avouer qu'elle avait ressenti chaque onde de souffrance qui traversait le corps d'Elynor pendant qu'elle la soignait, qu'elle avait perçu les pensées désespérées de la louve-garou luttant pour ne pas céder à ses instincts de fuite. Cette connexion entre elles était bien trop profonde pour être expliquée en simples mots.

« Je... je suis une sorcière guérisseuse, » avait-elle finalement admis à demi-mot. « J'ai ressenti ta douleur. »

Les yeux d'Elynor s'étaient élargis légèrement. « Une sorcière ? »

Alia avait hoché la tête. « Oui. C'est grâce à la magie que j'ai pu soigner tes blessures. »

Un long silence avait suivi, durant lequel Elynor avait simplement regardé Alia, comme si elle cherchait à lire dans son âme. Puis, un petit sourire avait étiré ses lèvres. « Je devrais te remercier, alors. Ma vie est entre tes mains. »

Alia avait senti une chaleur monter en elle, un sentiment qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps – de la reconnaissance, mais aussi quelque chose de plus profond, plus intime. Elle avait secoué la tête doucement. « Tu n'as pas besoin de me remercier. »

Elynor avait alors fermé les yeux quelques secondes, comme pour rassembler ses pensées. « J'ai toujours été prudente... Mais ce jour-là, au rodéo, quelque chose était différent. C'était comme si je ne pouvais pas contrôler mes instincts. Le taureau m'a pris par surprise, et ensuite, tout est devenu flou. » Elle avait rouvert les yeux, cette fois remplis d'une tristesse voilée. « J'imagine que je t'ai causé beaucoup de travail. »

Alia s'était penchée en avant, ses mains effleurant légèrement la couverture d'Elynor. « Tu ne m'as causé aucun problème. J'étais heureuse de t'aider. »

Leurs yeux s'étaient rencontrés une nouvelle fois, et pendant ce bref instant, Alia avait senti un courant invisible passer entre elles. Quelque chose qu'elle ne comprenait pas tout à fait, mais qu'elle ne pouvait ignorer. Une sensation d'évidence, comme si leurs vies étaient destinées à se croiser depuis toujours.

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Les jours qui avaient suivi avaient permis à cette connexion de grandir. Elynor, bien que réticente au départ, avait peu à peu commencé à parler d'elle-même, de sa vie en tant que louve-garou. Elle venait d'une ancienne meute qui s'était éparpillée au fil des années. Rebelle dans l'âme, elle avait choisi de quitter sa famille pour parcourir le monde, trouvant dans le rodéo une échappatoire à ses instincts de loup et une forme de liberté qui lui plaisait.

« Le rodéo, c'est ma manière de me sentir vivante, » avait-elle expliqué à Alia une nuit alors qu'elles étaient assises sous la véranda, regardant les étoiles. « C'est dangereux, oui, mais c'est cette adrénaline, ce moment où tu sens que tout pourrait basculer d'un instant à l'autre... Ça te pousse à te dépasser. »

Alia l'avait écoutée en silence, fascinée par cette force sauvage et indomptée qu'incarnait Elynor. Elle comprenait, dans une certaine mesure. La magie lui procurait parfois la même sensation – cette sensation d'être au bord d'un précipice, où chaque sort pouvait soit guérir, soit détruire.

« Je comprends, » avait-elle murmuré, en regardant Elynor de profil. « Je pense que nous cherchons tous un équilibre entre nos instincts et ce que nous sommes. »

Elynor avait tourné la tête vers elle, son expression douce. « Toi aussi, tu es en quête d'un équilibre ? »

Alia avait haussé les épaules. « D'une certaine manière, oui. Ma magie est une partie de moi, mais elle peut être dangereuse si je ne la maîtrise pas. C'est un poids que je porte chaque jour. »

Elynor avait tendu la main, effleurant doucement celle d'Alia, un geste presque instinctif. « Peut-être que tu n'as pas à porter ce poids seule. »

Ce contact, aussi simple soit-il, avait envoyé une onde de choc à travers Alia. Elle avait regardé Elynor, surprise, mais aussi étrangement réconfortée. Il y avait une sincérité dans les paroles de la louve-garou qui lui réchauffait le cœur.

Au fil des semaines, une routine s'était installée. Elynor, qui récupérait rapidement grâce aux soins d'Alia, avait commencé à l'aider avec les tâches quotidiennes autour de la maison. Leur proximité avait évolué de manière naturelle, presque imperceptible. Elles partageaient des repas, riaient ensemble, parlaient de leurs espoirs et de leurs craintes. Chaque jour, l'attirance entre elles devenait plus évidente.

Un soir, alors qu'elles se trouvaient à nouveau sur la véranda, une brise fraîche caressant leurs visages, Elynor avait brisé le silence.

« Tu sais... » Elle s'était tournée vers Alia, un sourire timide sur les lèvres. « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi. »

Alia avait levé les yeux, surprise par la déclaration. « Comme moi ? »

Elynor avait hoché la tête. « Oui. Quelqu'un qui est à la fois aussi fort et aussi doux. Tu as cette... cette lumière en toi. » Elle avait fait une pause, comme pour trouver les bons mots. « C'est difficile à expliquer. Mais je sens que tu m'apportes quelque chose que je n'ai jamais eu avant. »

Le cœur d'Alia s'était mis à battre plus fort dans

sa poitrine. « Et toi, tu m'apportes la même chose. »

Un long moment de silence avait suivi, un silence chargé de non-dits. Puis, doucement, comme poussée par une force irrésistible, Elynor s'était penchée en avant et avait déposé un baiser léger sur les lèvres d'Alia.

Ce baiser, doux et timide, avait marqué le début de quelque chose de plus profond, de plus intime. Alia avait senti son cœur s'envoler, ses doutes s'évanouir, remplacés par une certitude qu'elle n'avait jamais connue : cet amour, naissant mais puissant, était réel.

Chapitre 3 Chapitre 3

Le vent sifflait doucement à travers les fenêtres ouvertes de la petite maison en bois, faisant danser les rideaux blancs comme des fantômes silencieux. Alia s'affairait dans la cuisine, ses pensées ailleurs. Elynor devait rentrer d'un entraînement au rodéo, et malgré leur quotidien bien établi, Alia ne pouvait s'empêcher de ressentir une inquiétude sourde qui ne la quittait plus. Depuis quelques semaines, quelque chose dans l'attitude de la louve-garou avait changé. Des absences mentales, des moments où elle semblait ne plus la reconnaître, même si cela ne durait qu'un instant.

« Tout ira bien, » se murmura Alia en jetant un coup d'œil par la fenêtre, espérant voir la silhouette familière d'Elynor approcher. Mais la route était encore déserte.

Soudain, un bruit sourd résonna à l'extérieur. Une cavalcade précipitée, le claquement des sabots contre la terre battue, suivi d'un cri étranglé. Alia laissa tomber le couteau qu'elle tenait et se précipita vers la porte, le cœur battant à tout rompre. Elle reconnut immédiatement la silhouette d'Elynor, titubante, ses jambes cédant sous elle à chaque pas.

« Elynor ! » cria Alia en courant vers elle.

La louve-garou leva des yeux écarquillés, perdus, vers elle. Son visage était pâle, ses lèvres tremblantes, comme si elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Alia l'attrapa juste avant qu'elle ne s'effondre, ses bras glissant autour de la taille musclée de la cow-girl.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Alia en la soutenant tant bien que mal vers la maison.

Elynor ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit. Ses mains agrippèrent les vêtements d'Alia avec une panique palpable. Alia la conduisit dans le salon et la fit s'asseoir doucement sur le canapé.

« Reste ici, je vais te chercher de l'eau. »

Mais alors qu'elle faisait volte-face pour aller à la cuisine, une main ferme attrapa son poignet. « Non... reste. »

La voix d'Elynor n'était qu'un murmure, brisé, et Alia se retourna pour la regarder. Elle s'agenouilla à ses pieds, son cœur martelant de plus en plus fort. Elynor semblait différente, comme si une ombre invisible avait voilé son regard habituellement brillant.

« Elynor, parle-moi, qu'est-ce qui ne va pas ? »

La louve-garou resta silencieuse un long moment, son souffle court. Puis elle ferma les yeux et prononça ces mots qui brisèrent l'univers d'Alia.

« Je ne sais plus qui tu es. »

---

Le silence qui suivit cette phrase sembla engloutir toute la pièce. Alia resta figée, son esprit refusant de comprendre ce qu'elle venait d'entendre. Ses doigts se resserrèrent inconsciemment autour de la main d'Elynor, comme si ce contact pouvait empêcher la vérité de s'échapper.

« Tu... tu plaisantes, n'est-ce pas ? » La voix d'Alia tremblait. « C'est un mauvais rêve, une mauvaise blague... »

Mais le regard vide et désorienté d'Elynor lui coupa toute tentative de réconfort. Elle voyait bien que la jeune femme en face d'elle ne plaisantait pas, qu'il ne s'agissait pas d'une erreur. Le souvenir d'elle, de leur amour, semblait s'être effacé des yeux d'Elynor, comme si une main invisible l'avait gommé.

Elynor secoua la tête, désespérée. « Je... je me souviens du rodéo, je me souviens de la douleur, mais... » Sa voix se brisa. « Je ne me souviens pas de toi. »

Alia se redressa brusquement, son cœur se fracassant contre ses côtes. « Ce n'est pas possible. Tu te souviens forcément. » Elle se leva et commença à tourner en rond, sa magie palpitant dans ses veines, cherchant à comprendre. « Ça n'a pas de sens. Ce matin encore, tu... »

Elle s'arrêta devant Elynor, son regard implorant, espérant voir une étincelle de reconnaissance. « Ce matin, tu m'as embrassée avant de partir. Comment peux-tu ne plus te souvenir de moi maintenant ? »

Elynor serra la tête dans ses mains, sa frustration se mêlant à la douleur. « Je ne sais pas... » Elle se leva d'un bond, incapable de rester en place. « Quelque chose ne va pas. J'ai des trous dans ma mémoire, comme des morceaux manquants, et... et toi... »

Ses yeux se remplirent de larmes. « Tu fais partie de ces morceaux manquants. »

Alia sentit une boule monter dans sa gorge, son désespoir grandissant. « Mais nous avons partagé tellement de choses. Nous avons vécu ensemble, aimé ensemble. Comment est-ce possible ? » Elle attrapa les mains d'Elynor, cherchant à la ramener à elle par le contact. « Regarde-moi, Elynor. C'est moi. Alia. »

Mais le regard d'Elynor restait voilé par une confusion profonde.

Cette nuit-là, Alia resta éveillée longtemps après qu'Elynor se fut endormie. Elle la regardait, étendue dans leur lit, ses traits détendus par le sommeil. C'était toujours la même femme qu'elle aimait, le même corps qu'elle avait soigné, les mêmes cheveux soyeux qu'elle avait pris l'habitude de caresser. Mais quelque chose d'essentiel, de précieux, leur lien si profond, avait été arraché brutalement.

Alia s'assit au bord du lit, son regard fixé sur l'obscurité à l'extérieur de la fenêtre. Elle se tourmentait intérieurement, cherchant une explication à ce qui était en train de se passer. Ce n'était pas une simple perte de mémoire. Elle le sentait au plus profond d'elle-même. Quelque chose ou quelqu'un avait effacé les souvenirs d'Elynor. Et la première personne à venir à l'esprit d'Alia était sa mère.

Depuis des années, la mère d'Alia cherchait à la pousser vers la magie noire. Elle savait de quoi elle était capable, de quelle noirceur elle pouvait nourrir sa fille. Alia avait toujours résisté, refusant de céder aux appels des ténèbres. Mais sa mère n'était jamais loin, ses menaces omniprésentes. Elle savait que sa mère n'hésiterait pas à utiliser les êtres qu'Alia aimait pour la manipuler, pour la forcer à suivre la voie du mal.

Elle se leva, se dirigeant vers la petite commode où elle rangeait ses grimoires. Alia ouvrit l'un des livres anciens et feuilleta frénétiquement les pages, cherchant un sort, une réponse à ce phénomène. Elle connaissait la magie d'effacement de la mémoire, une pratique noire et dangereuse, mais elle ne savait pas encore comment la contrer.

« Je vais te protéger, Elynor, » murmura-t-elle en fermant le grimoire avec détermination. « Je te ramènerai. »

Le lendemain, Alia se rendit à l'extérieur, laissant Elynor se reposer. Elle sentait la magie noire planer dans l'air, cette ombre qui l'entourait, invisible aux yeux de tous, mais perceptible pour elle. Elle avait l'impression que chaque souffle de vent portait en lui une menace, chaque bruit de la nature devenait un avertissement sourd.

Alors qu'elle s'approchait du puits derrière la maison, une voix glaciale se fit entendre.

« Alia, ma chère fille. »

Alia se figea. La voix de sa mère était douce, presque chantante, mais elle portait avec elle un venin caché. Alia se retourna lentement pour faire face à la silhouette imposante qui se dessinait à l'orée de la forêt. Sa mère, vêtue d'une longue robe noire, s'avançait vers elle avec un sourire en coin. Ses cheveux sombres ondulaient sous la brise, et ses yeux scintillaient d'une lueur malveillante.

« Qu'est-ce que tu as fait ? » demanda Alia, la gorge serrée.

« Moi ? » Sa mère posa une main théâtrale sur sa poitrine. « Je n'ai fait que te rendre service, ma fille. »

Alia sentit la rage monter en elle. « Tu as effacé sa mémoire. Tu l'as prise de moi ! »

La mère d'Alia s'approcha encore, le sourire ne quittant pas ses lèvres. « Je n'ai fait que te rappeler ta place. Cette femme n'a pas sa place dans ton monde. Elle t'affaiblit, Alia. Ton potentiel est bien plus grand sans elle. »

Alia fit un pas en avant, ses poings serrés, sa magie crépitant à la surface de sa peau. « Je t'interdis de t'approcher d'elle. »

Le sourire de sa mère disparut. Ses yeux s'assombrirent, et un frisson parcourut Alia. « Tu crois pouvoir m

'arrêter, Alia ? Tu ne fais que commencer à comprendre ce dont tu es capable. Si tu ne me rejoins pas, tu perdras bien plus qu'elle. »

Alia recula d'un pas, un nœud dans l'estomac. Elle savait que sa mère ne plaisantait pas. Mais elle savait aussi qu'elle ne la laisserait pas détruire ce qu'elle aimait.

« Je te retrouverai, Elynor, » murmura-t-elle, les yeux fixés sur sa mère. « Et je te vaincrai, maman. »

Sa mère éclata d'un rire glacé. « Nous verrons bien, ma chère. Nous verrons bien. »

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