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Le Choix : Entre Amour et Promesse

Le Choix : Entre Amour et Promesse

Auteur:: esserig
Genre: Romance
Un soir lors d'un gala de charité organisé dans l'une de plus grande salle de fête de Californie, Julien assit au bar, fait la rencontre de Lisa et ont passé une agréable soirée ensemble, c'est un un coup de foudre mais malheureusement Lisa était promise en mariage à un autre. Après la soirée,les deux ne se sont plus revue. Un mois plus tard... Julien est un jeune homme sans amour,très intelligent et qui travaille dans l'une des plus grandes cabinet d'avocats de la ville de Californie . Il était designer pour représenter l'un des plus grands mafieux. Lors de son entrevue avec le client (le chef de la mafia ),il vois descendre les marches des escaliers une très ravissante femme avec une démarche digne d'un défilé de la fashion-week et il en était tombé sous le charme . C'était Lisa ,la fille qu'il avait rencontré au bar lors du gala de charité et c'etait aussi la fille du mafieux. Comment faire pour convaincre son père d'annuler sa promesse de mariage avec l'un de ses collaborateurs et de la laisser vivre son histoire d'amour avec Julien ? Entre amour et promesse , lequel prendra le dessus ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Les lumières tamisées du grand hall de réception scintillaient sur les lustres en cristal suspendus au plafond, projetant une douce lueur dorée sur les invités vêtus de leurs plus belles tenues. L'ambiance du gala de charité était à la fois élégante et envoûtante, bercée par le murmure des conversations et les notes feutrées du quatuor à cordes qui jouait dans un coin de la salle. Julien ajusta machinalement sa cravate en observant la foule avec une pointe d'ennui.

Il n'était pas particulièrement à l'aise dans ce genre d'événements, mais en tant qu'avocat prometteur dans l'un des plus prestigieux cabinets de Californie, sa présence était presque une obligation. Ce genre de soirée était un terrain fertile pour des rencontres influentes, des opportunités professionnelles déguisées sous des airs de mondanité. Pourtant, ce soir-là, son esprit était ailleurs.

Il se dirigea vers le bar, espérant y trouver un peu de répit, loin des conversations superficielles et des sourires trop polis. Le barman, un homme aux tempes grisonnantes, lui lança un regard complice en lui servant un whisky on the rocks.

- Longue soirée ? demanda-t-il en posant le verre devant lui.

- Tu n'as pas idée, répondit Julien avec un sourire en coin avant de prendre une gorgée.

Il s'adossa au comptoir et laissa son regard errer sur la piste de danse où des couples élégants virevoltaient avec grâce. C'est alors qu'il la vit.

Elle était là, à quelques mètres de lui, accoudée légèrement au bar, une coupe de champagne entre les doigts. Une robe noire épousait ses courbes avec une élégance naturelle, dévoilant juste ce qu'il fallait de mystère. Ses cheveux blonds tombaient en cascades ondulées sur ses épaules, et lorsqu'elle tourna la tête dans sa direction, Julien sentit son souffle se suspendre. Ses yeux, d'un bleu profond, croisèrent les siens, et il y eut ce moment, cet instant suspendu où plus rien d'autre ne semblait exister.

Elle esquissa un léger sourire avant de détourner le regard, comme si elle n'avait pas conscience de l'effet qu'elle venait de provoquer. Mais Julien, lui, le ressentait jusque dans ses entrailles. Il n'avait jamais cru aux coups de foudre, ces histoires dignes des films romantiques qu'il évitait soigneusement, mais il devait bien admettre qu'il venait de ressentir quelque chose de puissant, d'inexplicable.

Il inspira profondément avant de prendre son verre et de s'approcher d'elle, adoptant une démarche assurée.

- Est-ce que je peux t'offrir un autre verre ? demanda-t-il avec un sourire.

Elle tourna à nouveau la tête vers lui, le détaillant d'un regard amusé.

- C'est assez ironique, répondit-elle en inclinant légèrement son visage, parce que je suis déjà en train d'en boire un.

Julien eut un petit rire, appréciant la répartie.

- Alors, je pourrais simplement m'assurer que ce verre-là ne se vide pas trop vite.

Elle sembla hésiter une seconde, puis haussa légèrement les épaules, amusée.

- Pourquoi pas.

Le barman se rapprocha, et Julien fit signe pour une autre coupe de champagne avant de se tourner à nouveau vers elle.

- Julien, se présenta-t-il en lui tendant la main.

Elle glissa doucement sa main dans la sienne. Son contact était délicat, mais ferme.

- Lisa.

Le simple fait de prononcer son prénom le fit frissonner légèrement. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que cette rencontre n'était pas anodine.

- Alors, Lisa, qu'est-ce qui t'amène à cette soirée de charité ?

Elle fit tournoyer légèrement le champagne dans sa coupe avant de répondre.

- Disons que ma famille est impliquée dans... ce genre d'événements.

Elle parlait avec une certaine retenue, comme si elle pesait chacun de ses mots. Julien nota l'ombre qui passa un instant dans son regard, mais n'insista pas.

- Et toi ? demanda-t-elle en relevant ses yeux vers lui.

- Travail. Les galas de charité sont toujours de bonnes opportunités pour rencontrer des clients potentiels.

Lisa esquissa un sourire.

- Donc tu es du genre à venir ici pour des raisons pragmatiques, pas par pur altruisme ?

Julien se passa une main dans les cheveux, feignant l'air coupable.

- Je dois avouer que je ne suis pas ici uniquement par bonté d'âme... Mais je pourrais très bien faire un don en sortant, juste pour me racheter.

Elle rit légèrement, un son cristallin qui lui donna envie de l'entendre encore et encore.

- Je vais te croire sur parole, dit-elle en portant son verre à ses lèvres.

La conversation s'enchaîna avec une facilité déconcertante. Ils parlèrent de tout et de rien, de voyages, de musique, de leurs films préférés. Il apprit qu'elle adorait la mer, qu'elle passait des heures à contempler l'horizon quand elle en avait l'occasion. Qu'elle aimait la photographie, capturer des instants éphémères.

À mesure que le temps passait, Julien sentit quelque chose grandir en lui. Une connexion rare, précieuse.

Il y eut un moment où leurs mains se frôlèrent accidentellement sur le comptoir. Ni l'un ni l'autre ne bougea. Le silence s'installa entre eux, chargé d'une tension douce et électrique à la fois.

- Tu sais, souffla Julien, je crois que c'est la première fois que je rencontre quelqu'un comme toi dans un gala aussi ennuyeux.

Lisa le fixa un instant avant d'incliner légèrement la tête.

- Et c'est une bonne chose ?

- C'est la meilleure chose qui me soit arrivée depuis longtemps.

Elle ne répondit pas, mais il vit ses joues se teinter légèrement de rose. Puis elle baissa les yeux vers sa montre et son expression changea.

- Il se fait tard...

Une étrange appréhension monta en lui.

- Déjà fatiguée ?

Elle hésita une fraction de seconde avant de lui sourire, un sourire qui semblait cacher quelque chose.

- Disons que je ne peux pas rester plus longtemps.

Julien sentit un pincement au cœur, comme s'il savait que ce moment parfait était sur le point de lui échapper.

- Je peux te revoir ? demanda-t-il, espérant une réponse qui le rassurerait.

Lisa ouvrit la bouche, comme si elle allait répondre, puis se ravisa.

- Bonne nuit, Julien.

Et avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit d'autre, elle posa délicatement sa coupe sur le comptoir et s'éloigna, sa silhouette disparaissant dans la foule.

Julien resta figé un instant, incapable de comprendre pourquoi il avait la sensation qu'il venait de perdre quelque chose d'essentiel.Julien n'avait pas réussi à dormir cette nuit-là. Allongé sur son lit, les mains croisées derrière la tête, il revivait chaque seconde de cette soirée, chaque regard échangé avec Lisa, chaque sourire fugace qu'elle lui avait offert. Il aurait dû s'en douter. Ce genre de moments parfaits ne duraient jamais. Elle était partie comme une ombre, le laissant avec un vide qu'il ne comprenait même pas encore totalement.

Au petit matin, il se leva plus tôt que d'habitude, incapable de rester immobile. Après une douche rapide et un café amer avalé d'une traite, il se rendit à son cabinet. Mais même en s'efforçant de se plonger dans ses dossiers, il ne parvenait pas à se concentrer. Les visages de ses clients défilaient devant lui, leurs voix résonnaient dans la pièce, mais tout ce qu'il voyait, c'était Lisa.

Qui était-elle vraiment ? Pourquoi était-elle partie si vite ? Et surtout, pourquoi lui avait-elle laissé cette impression de mystère, comme si quelque chose l'empêchait d'être totalement libre ?

Il tapota nerveusement son stylo contre son bureau avant de céder à son impulsion. Il devait en savoir plus.

Il passa les heures suivantes à passer des appels, à interroger discrètement certaines personnes influentes qu'il connaissait. Il savait que dans un gala aussi huppé, les invités n'étaient pas de simples anonymes. Lisa devait être quelqu'un d'important, ou du moins appartenir à un cercle où tout le monde se connaissait.

Finalement, en fin d'après-midi, une piste se dessina.

- Lisa Moretti ? répéta Julien en regardant son contact au bout du fil.

- Oui. Son père est Marco Moretti. Tu devrais le connaître...

Julien sentit un frisson lui parcourir l'échine. Bien sûr qu'il connaissait ce nom. Marco Moretti était l'un des hommes les plus puissants – et les plus dangereux – de Californie. Officiellement, il était un homme d'affaires respecté, un mécène qui organisait des galas de charité et investissait dans l'immobilier. Mais dans les coulisses, il était bien plus que ça. Son nom était murmuré avec crainte dans les milieux les plus sombres.

Lisa était sa fille.

- Et autre chose, continua son contact avec une pointe d'hésitation. Elle est fiancée.

Le stylo que Julien tenait entre ses doigts roula sur son bureau et tomba au sol.

- Fiancée ?

- Ouais, à Enzo Ricci. Un type qui travaille pour son père. Disons qu'ils sont... très proches.

Julien se redressa dans son fauteuil, le regard perdu. Lisa était promise à un autre homme. Tout à coup, tout prenait un sens. La façon dont elle avait évité de parler d'elle, son départ précipité... Elle ne pouvait pas être avec lui.

Mais alors pourquoi l'avait-elle regardé de cette manière ? Pourquoi ce trouble dans ses yeux, cette hésitation sur ses lèvres ?

Julien passa une main sur son visage. Il aurait dû l'oublier. Il aurait dû ranger cette soirée dans un coin de sa mémoire et reprendre le cours normal de sa vie. Mais c'était plus fort que lui. Il n'avait jamais ressenti une connexion aussi intense avec quelqu'un.

Pendant ce temps, de l'autre côté de la ville, Lisa tentait elle aussi de chasser cette soirée de son esprit.

Assise sur le balcon de sa chambre, une tasse de thé entre les mains, elle contemplait le ciel qui commençait à se teinter d'orange et de rose. Le vent léger jouait avec ses mèches blondes, mais elle ne le sentait même pas. Tout ce qu'elle voyait, c'était le regard de Julien, cette intensité troublante qui l'avait fait vaciller.

Elle n'aurait jamais dû lui parler. Elle n'aurait jamais dû le laisser entrer dans son esprit, même pour une soirée.

Son téléphone vibra à côté d'elle. Elle jeta un coup d'œil à l'écran et son cœur se serra en voyant le nom affiché.

**Enzo.**

Elle hésita un instant, puis décrocha.

- Salut, murmura-t-elle.

- Pourquoi tu ne répondais pas plus tôt ? demanda-t-il, sa voix teintée d'une légère impatience.

Lisa ferma les yeux.

- J'étais fatiguée.

- Ton père veut qu'on dîne ensemble ce soir. Il veut parler des préparatifs.

Chapitre 2 Chapitre 2

Elle aurait aimé pouvoir refuser. Elle aurait aimé dire non, dire qu'elle n'en voulait pas, de ce mariage. Mais elle savait que c'était impossible. Depuis son plus jeune âge, son destin avait été tracé. Elle n'avait jamais eu le droit de choisir.

- D'accord, répondit-elle finalement.

Elle raccrocha et posa son téléphone sur la table, son regard fixé sur l'horizon.

Elle pensa à Julien. À ce qu'il lui avait dit, à la façon dont il l'avait regardée.

Une petite partie d'elle se demanda ce qui se serait passé si elle était née dans une autre famille. Dans une autre vie.

Mais ce n'était pas la sienne.

Et elle devait oublier.Le bureau de Julien était plongé dans une lumière tamisée lorsque son téléphone vibra sur son bureau. Il jeta un coup d'œil distrait à l'écran avant de voir le nom de son supérieur s'afficher.

- Julien, passe dans mon bureau, maintenant.

Le ton était sec, autoritaire, ce qui ne laissait présager rien de bon. Il raccrocha et prit une profonde inspiration avant de se lever. Depuis quelques jours, il était distrait, préoccupé. Lisa hantait ses pensées comme une ombre insaisissable. Il se sentait stupide de s'attarder sur une femme qu'il n'avait croisée qu'une seule fois. Une femme qui, en plus, était fiancée.

Il traversa le couloir en ajustant machinalement sa cravate, tentant de remettre de l'ordre dans ses pensées. Lorsqu'il entra dans le bureau de son patron, celui-ci était assis derrière un immense bureau en acajou, les mains croisées devant lui, son regard acéré braqué sur Julien.

- Ferme la porte, ordonna-t-il.

Julien obéit, son esprit déjà en train d'analyser la situation.

- Je suppose que tu sais pourquoi je t'ai convoqué, reprit son patron.

- Pas encore, mais je sens que ça va me plaire.

Un sourire en coin apparut sur le visage de l'homme, mais il s'effaça aussi vite qu'il était venu. Il prit un dossier sur son bureau et le fit glisser vers Julien.

- Lis ça.

Julien attrapa le dossier et l'ouvrit. Le nom en première page lui fit immédiatement froncer les sourcils.

**Marco Moretti.**

Son sang se glaça.

- C'est une blague ? lâcha-t-il en relevant les yeux.

- Non. Marco Moretti a besoin d'un avocat. Et pas n'importe lequel. Il veut le meilleur.

Julien sentit une vague d'adrénaline parcourir son corps. Défendre un client comme Moretti, c'était jouer avec le feu. Tout le monde savait qui il était réellement. Son empire s'étendait bien au-delà de ses affaires officielles. Il régnait sur un réseau puissant, influent, intouchable.

- Pourquoi moi ? demanda Julien d'une voix plus posée.

- Parce que tu es talentueux. Et parce que Moretti t'a choisi.

Cette phrase résonna étrangement en lui.

- Il me connaît ?

- Il connaît tout le monde, Julien.

Un frisson le parcourut. C'était logique. Un homme comme Moretti n'engageait jamais quelqu'un sans s'être renseigné au préalable. Il devait savoir où Julien travaillait, où il vivait, peut-être même des détails plus personnels.

- Quelle est l'affaire ? demanda-t-il en feuilletant rapidement les pages du dossier.

- Rien d'inhabituel pour lui. Blanchiment d'argent, détournement de fonds, corruption. On doit s'assurer qu'il sorte blanc comme neige.

Julien referma lentement le dossier et le reposa sur le bureau.

- Et si je refuse ?

Son patron arqua un sourcil.

- Ce n'est pas une option.

Un silence pesant s'installa. Julien savait qu'il n'avait pas vraiment le choix. S'opposer à Moretti, c'était s'attirer des ennuis qu'il ne voulait même pas imaginer.

- Très bien, souffla-t-il. Quand a lieu la première rencontre ?

- Ce soir. Sa villa.

Julien hocha lentement la tête.

Il sortit du bureau, le dossier toujours en main, une étrange sensation dans l'estomac. Il savait qu'il allait entrer dans un monde dont on ne sortait pas indemne.

La nuit était tombée lorsqu'il arriva devant la demeure de Moretti. Une immense propriété, perchée sur les hauteurs, surplombant la ville avec une arrogance évidente. De grandes grilles noires s'ouvrirent lentement devant lui lorsqu'il s'annonça, et il pénétra dans l'enceinte sous le regard impassible de deux gardes armés.

La villa elle-même était un chef-d'œuvre d'architecture, mélangeant le moderne et le classique avec une élégance calculée. Mais derrière cette façade luxueuse, Julien savait qu'il n'y avait que pouvoir et violence.

Un majordome l'accueillit et l'invita à le suivre à travers de longs couloirs richement décorés.

- Monsieur Moretti vous attend dans son bureau, déclara-t-il d'une voix neutre.

Julien inspira profondément et entra.

La pièce était vaste, luxueuse, mais ce fut l'homme assis derrière le bureau qui capta immédiatement son attention. Marco Moretti. Grand, imposant, vêtu d'un costume parfaitement taillé. Ses cheveux grisonnants et son regard perçant lui donnaient une aura intimidante.

- Julien, dit-il d'une voix calme, presque amicale. Asseyez-vous.

Julien obéit, posant son dossier devant lui.

- Vous savez pourquoi vous êtes là, reprit Moretti.

- Oui.

Le silence s'étira, lourd, pesant.

- J'ai entendu beaucoup de bien de vous, continua Moretti en croisant les mains devant lui. Vous êtes un homme intelligent.

- Merci.

- Je ne travaille qu'avec des hommes intelligents. C'est pour ça que vous êtes ici.

Julien garda le silence. Il savait que Moretti testait ses réactions.

- Cette affaire doit disparaître, continua le mafieux d'un ton plus sérieux. Je suis certain que vous en êtes capable.

- Je ferai tout ce qui est légalement possible, répondit Julien, choisissant soigneusement ses mots.

Un sourire s'étira sur les lèvres de Moretti.

- Le légal a toujours une marge d'interprétation, non ?

Julien ne répondit pas. Il sentait que le moindre mot de travers pouvait être une erreur.

- Une dernière chose, ajouta Moretti en se levant lentement.

Il se tourna vers l'escalier qui menait à l'étage.

- Ma fille va descendre.

Julien sentit son cœur s'arrêter une seconde.

Il vit d'abord les talons élégants, puis la silhouette gracieuse qui descendait lentement les marches. Son souffle se coupa.

Lisa.

Elle s'arrêta en bas des escaliers, figée en le voyant.

Le regard de Moretti passa de sa fille à Julien, et un sourire subtil s'étira sur son visage.

- Vous vous connaissez déjà ?

Julien croisa le regard de Lisa, une étincelle troublée dans ses yeux.

Et il comprit que cette histoire allait être bien plus compliquée qu'il ne l'avait imaginé.Julien gara sa voiture devant l'immense portail en fer forgé de la villa Moretti. L'endroit respirait la puissance et l'exclusivité, un domaine où seuls les élus pouvaient pénétrer. Une caméra fixée sur un pilier tourna lentement vers lui, l'observant comme un œil inquisiteur. Quelques secondes plus tard, les lourdes grilles s'ouvrirent dans un silence presque solennel.

Il avança lentement sur l'allée parfaitement entretenue, bordée de palmiers majestueux et de statues en marbre. L'endroit dégageait une opulence calculée, un luxe qui n'avait rien d'ostentatoire mais qui imposait le respect. Il coupa le moteur et inspira profondément avant de sortir de la voiture.

Deux hommes en costume sombre attendaient près de l'entrée, impassibles, leurs épaules carrées trahissant une carrure forgée par des années de service dans l'ombre. L'un d'eux ouvrit la porte sans un mot, l'invitant à entrer.

L'intérieur de la villa était à l'image de son propriétaire : raffiné, puissant, mais froid. Un sol en marbre poli reflétait la lumière des lustres en cristal suspendus au plafond. De larges tableaux aux couleurs sombres ornaient les murs, probablement des pièces de collection inestimables.

- Monsieur Moretti vous attend dans son bureau, déclara l'un des gardes d'un ton neutre.

Julien hocha la tête et le suivit à travers un couloir aux portes imposantes. Son cœur battait légèrement plus vite qu'il ne l'aurait voulu. Ce n'était pas la première fois qu'il défendait des clients aux affaires troubles, mais Marco Moretti appartenait à une toute autre catégorie. Il n'était pas simplement un homme influent. Il était une légende dans les milieux où l'on murmurait son nom avec un mélange de respect et de crainte.

Le garde s'arrêta devant une porte en bois massif et frappa deux coups avant d'entrer.

- L'avocat est là, annonça-t-il.

- Faites-le entrer.

Julien pénétra dans la pièce, une vaste bibliothèque au parfum de cuir et de cigare. Des étagères remplies de livres anciens couvraient les murs, et un imposant bureau en bois sombre trônait au centre de la pièce. Derrière, Marco Moretti était assis dans un fauteuil en velours, vêtu d'un costume impeccablement taillé.

L'homme leva les yeux vers lui et un sourire imperceptible passa sur son visage.

- Julien, dit-il en inclinant légèrement la tête. Asseyez-vous.

Julien s'exécuta, posant son dossier sur ses genoux.

- Vous savez pourquoi vous êtes ici, reprit Moretti en croisant les doigts devant lui.

- Votre dossier est complexe, mais rien d'insurmontable, répondit Julien d'un ton maîtrisé.

Moretti le fixa un instant, comme s'il jaugeait la sincérité de ses paroles. Puis il se leva et marcha lentement vers une étagère, effleurant du bout des doigts la reliure d'un livre.

- Je n'aime pas les complications, monsieur Laurent. C'est pour cela que j'engage des gens compétents.

- Je suis ici pour ça.

- Bien.

Moretti revint vers son bureau et posa ses deux mains à plat sur le bois.

- Cette affaire doit disparaître. Je ne veux pas de procès, pas de médiatisation. Vous comprenez ?

Julien hocha lentement la tête.

- J'ai déjà étudié les accusations. Nous avons plusieurs options. Certains témoins sont peu fiables, d'autres pourraient... être convaincus de garder le silence.

Un sourire étira légèrement les lèvres du mafieux.

- J'aime votre façon de penser.

Le silence s'installa quelques secondes. Julien sentit l'odeur légère du cigare que Moretti avait dû fumer avant son arrivée.

Puis, un bruit léger résonna dans la pièce. Des pas.

Il tourna la tête vers l'escalier qui menait à l'étage, et son cœur rata un battement.

Lisa.

Elle descendait lentement, vêtue d'une robe fluide couleur ivoire qui contrastait avec ses cheveux blonds tombant en cascade sur ses épaules. Ses yeux bleus croisèrent les siens, et il y lut la même stupeur que celle qui venait de le traverser.

Moretti remarqua immédiatement leur réaction.

- Vous vous connaissez déjà ? demanda-t-il avec une pointe d'amusement.

Lisa détourna rapidement le regard et termina sa descente avec une grâce naturelle.

- Nous nous sommes croisés, répondit-elle d'une voix douce mais maîtrisée.

Julien ravala difficilement sa surprise. Elle n'avait pas menti, mais elle n'avait rien dit de leur soirée non plus.

- Lisa, viens dire bonjour à notre invité, insista son père.

Elle s'approcha lentement, chaque pas résonnant comme un battement de tambour dans la tête de Julien. Lorsqu'elle arriva près de lui, elle esquissa un léger sourire poli.

- Enchantée de vous revoir, Julien.

Le simple fait d'entendre son prénom prononcé par elle suffit à lui serrer la poitrine.

- Moi de même, répondit-il en tentant de masquer son trouble.

Moretti observa la scène avec un intérêt à peine dissimulé.

- Lisa est très précieuse à mes yeux, déclara-t-il en la regardant. Son avenir est déjà tracé.

Julien comprit immédiatement ce qu'il insinuait. Il voulait lui rappeler que Lisa était intouchable, que tout écart serait une erreur.

Lisa baissa légèrement les yeux, et Julien ressentit un pincement au cœur.

- Lisa, tu devrais aller retrouver Enzo. Il est arrivé il y a quelques minutes.

Elle se raidit à l'évocation de ce nom, mais hocha la tête avant de s'éloigner.

Julien suivit du regard sa silhouette disparaître dans le couloir, un goût amer dans la bouche.

Chapitre 3 Chapitre 3

Il savait désormais qu'il était piégé. Entre son devoir et son cœur.Julien sentit l'air devenir plus lourd dès l'instant où Lisa s'éloigna. Son parfum flottait encore dans la pièce, une fragrance subtile, mélange de fleurs blanches et de mystère. Il avait vu l'éclat furtif dans ses yeux, ce trouble qu'elle tentait de dissimuler derrière une façade impassible. Elle jouait l'indifférente, mais il n'était pas dupe. Elle était aussi déstabilisée que lui.

Moretti, assis derrière son bureau, alluma lentement un cigare et l'observa avec un intérêt calculé.

- Lisa est une femme fascinante, n'est-ce pas ?

Julien ne répondit pas immédiatement. Il savait qu'il devait choisir ses mots avec précaution.

- Elle a une présence indéniable, finit-il par dire, sa voix maîtrisée.

Moretti souffla un nuage de fumée avant d'esquisser un sourire en coin.

- C'est une qualité rare. Mais comme toute chose précieuse, elle est destinée à un avenir précis.

Le message était clair. Lisa n'était pas libre. Pas pour lui.

Un bruit de pas retentit dans le couloir, plus lourds, plus assurés. Un frisson désagréable remonta le long de la colonne vertébrale de Julien. Il tourna légèrement la tête au moment où un homme apparut dans l'encadrement de la porte.

Enzo Ricci.

Il était grand, imposant, avec une carrure taillée par des années de combats dans l'ombre. Son costume gris anthracite épousait parfaitement son torse puissant, et son regard sombre était aussi tranchant qu'un rasoir. Un sourire froid s'étira sur son visage lorsqu'il vit Julien.

- Ah, voici donc l'avocat, lança-t-il d'une voix légèrement moqueuse.

Julien se redressa légèrement dans son fauteuil, gardant son expression neutre.

- Enzo, entre, invita Moretti d'un ton détendu.

Enzo pénétra dans la pièce et referma la porte derrière lui, comme pour marquer son territoire. Il jeta un regard appuyé à Julien avant de s'approcher du bureau.

- J'ai entendu dire que vous alliez nous débarrasser de cette petite affaire, continua-t-il en croisant les bras.

Julien soutint son regard sans ciller.

- C'est mon travail.

Enzo eut un rictus amusé, mais quelque chose dans ses yeux trahissait une hostilité sous-jacente.

- J'espère que vous êtes aussi bon qu'on le dit. Marco ne confie pas ses affaires à n'importe qui.

- Il doit avoir ses raisons, répondit Julien calmement.

Un silence tendu s'installa, un duel muet entre les deux hommes.

Lisa réapparut alors dans l'encadrement de la porte, et Julien sentit immédiatement la dynamique changer. Elle s'arrêta en voyant la tension qui flottait dans l'air, son regard allant de Julien à Enzo avec une lueur d'inquiétude.

- Tout va bien ? demanda-t-elle d'une voix douce.

Enzo se tourna vers elle avec un sourire qui sonnait faux.

- Bien sûr, princesse. On discutait simplement du futur.

Lisa pinça légèrement les lèvres avant de s'approcher, posant une main sur le bras d'Enzo dans un geste qui se voulait naturel. Mais Julien remarqua la tension imperceptible dans ses doigts, comme si ce contact lui coûtait.

- Julien est ici pour aider, ajouta-t-elle, comme pour apaiser la situation.

Enzo haussa un sourcil et posa son regard perçant sur elle.

- C'est ce que j'espère.

Julien remarqua alors le léger serrement des doigts d'Enzo autour du poignet de Lisa. Un geste possessif. Instinctivement, une vague de colère monta en lui.

Moretti, toujours silencieux, observait la scène avec un amusement à peine dissimulé.

- Lisa, ma chérie, pourquoi n'irais-tu pas montrer à Julien la vue depuis la terrasse ? proposa-t-il soudainement.

Lisa releva brusquement la tête, surprise par la suggestion.

- Je...

Enzo se raidit légèrement.

- Marco, est-ce bien nécessaire ?

- Pourquoi pas ? Après tout, Julien va passer du temps ici, il devrait apprécier les atouts du domaine, répondit Moretti avec un sourire énigmatique.

Lisa hésita une fraction de seconde, puis hocha lentement la tête.

- Bien sûr.

Elle se tourna vers Julien et lui fit signe de la suivre. Il se leva, sentant le regard brûlant d'Enzo dans son dos.

Alors qu'ils quittaient la pièce, Julien sentit une étrange satisfaction.

Lisa n'était pas indifférente.

Et Enzo l'avait compris.La nuit était tombée sur la villa Moretti, enveloppant les jardins d'une obscurité feutrée où seules quelques lanternes projetaient une lumière tamisée. Lisa marchait devant, silencieuse, le bruissement de sa robe glissant sur le marbre résonnant doucement dans l'air tiède. Julien la suivait, le cœur battant plus vite qu'il ne l'aurait voulu.

Lorsqu'ils atteignirent la terrasse, elle s'arrêta près de la balustrade en pierre, posant ses mains délicates sur la surface fraîche. La vue sur la ville était saisissante, un océan de lumières s'étendant à perte de vue sous un ciel étoilé. Mais Julien n'avait d'yeux que pour elle.

- Ça fait longtemps que je ne suis pas venue ici, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour lui.

Il s'approcha lentement, laissant une distance respectable entre eux, même si tout en lui criait de combler cet espace.

- C'est un bel endroit, admit-il, même si son attention était bien loin du paysage.

Lisa tourna légèrement la tête vers lui, son regard plus sombre qu'il ne s'en souvenait. Il y avait une mélancolie dans ses yeux, une lutte intérieure qu'elle ne prenait plus la peine de cacher maintenant qu'ils étaient seuls.

- Qu'est-ce que tu fais ici, Julien ?

Il sourit légèrement, croisant les bras contre son torse.

- Tu connais la réponse.

Elle baissa les yeux, effleurant machinalement la pierre du bout des doigts.

- Je veux dire... Pourquoi toi ? Pourquoi c'est toi qui dois défendre mon père ?

- Ce n'est pas moi qui ai choisi cette affaire, Lisa. Ton père m'a choisi.

Elle secoua doucement la tête, l'ombre d'un sourire triste effleurant ses lèvres.

- Bien sûr qu'il l'a fait. Il ne laisse jamais rien au hasard.

Un silence s'installa, seulement troublé par le chant lointain des grillons et le murmure du vent dans les arbres. Julien sentit une tension grandir dans l'air, quelque chose d'indicible, de fragile et d'explosif à la fois.

- Tu fais semblant, finit-il par dire d'une voix plus basse.

Lisa se raidit imperceptiblement.

- De quoi ?

- De ne pas être troublée.

Elle inspira lentement avant de relever les yeux vers lui.

- Ce qui s'est passé ce soir-là...

- Ce n'est pas juste "ce qui s'est passé ce soir-là", coupa-t-il doucement. C'était plus que ça, Lisa.

Elle détourna le regard, sa mâchoire se contractant légèrement.

- Ça ne change rien, Julien.

- Bien sûr que si.

Il fit un pas vers elle, pas assez pour la toucher, mais suffisamment pour qu'elle sente sa présence.

- Si ça ne changeait rien, pourquoi es-tu incapable de me regarder dans les yeux quand tu dis ça ?

Elle ferma les paupières une seconde, comme si elle voulait effacer cette conversation, puis expira lentement avant de croiser à nouveau son regard.

- Parce que ce n'est pas une question de sentiments, Julien. C'est une question de choix. Et je n'en ai pas.

Il serra les poings malgré lui.

- Tout le monde a le choix.

Elle eut un rire sans joie.

- Pas dans mon monde.

Elle se détourna, posant ses coudes sur la balustrade, fixant la ville comme si elle cherchait une échappatoire dans l'horizon lointain. Julien sentit son cœur se serrer. Il n'avait jamais cru aux histoires impossibles. Mais celle-ci en avait toutes les caractéristiques.

- Enzo... commença-t-il, mais il s'arrêta en voyant le frisson qui traversa ses épaules.

- Il n'est pas celui que tu crois, murmura-t-elle.

- Il est dangereux.

Elle serra un peu plus fort le rebord de pierre sous ses doigts.

- Ils le sont tous.

Julien sentit une vague de colère monter en lui.

- Et toi ? Tu vas juste accepter ça ? Faire semblant toute ta vie ?

Elle tourna la tête vers lui, son regard brillant d'une lueur douloureuse.

- Je n'ai pas le luxe de rêver, Julien.

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais un mouvement dans l'ombre attira son attention. Un frisson lui parcourut l'échine. Il sentit qu'ils n'étaient plus seuls.

Il balaya discrètement la terrasse du regard et aperçut une silhouette dans l'ombre, debout derrière une vitre légèrement entrouverte.

Moretti.

Il était là, immobile, les bras croisés, observant leur échange avec un calme glacial.

Julien se redressa légèrement, reprenant un air détaché, tandis que Lisa, elle, ne se retourna même pas. Elle savait.

Elle savait qu'ils étaient surveillés.Julien sentit la présence de Moretti peser sur lui comme une ombre menaçante. Il ne bougea pas, mais il savait que l'homme avait tout vu, tout entendu. Lisa, elle, resta figée face à la ville, comme si ignorer son père pouvait effacer la réalité.

Après un instant qui parut une éternité, Moretti fit un pas en avant et ouvrit davantage la porte vitrée.

- Julien, une minute, s'il te plaît.

Sa voix était calme, presque amicale, mais Julien savait reconnaître une convocation qui ne laissait pas place à l'interprétation. Il échangea un dernier regard avec Lisa avant de se retourner et de suivre Moretti à l'intérieur.

Ils marchèrent en silence à travers le couloir faiblement éclairé, les bruits de leurs pas résonnant sur le marbre. Moretti s'arrêta devant une autre pièce, ouvrit la porte et entra. Julien le suivit.

Le bureau était sombre, éclairé seulement par la lueur d'une lampe posée sur un meuble en acajou. Moretti s'installa derrière son immense bureau et désigna un fauteuil en face de lui.

- Assieds-toi.

Julien s'exécuta, gardant un air neutre. Moretti l'observa un instant, comme s'il analysait chaque détail de son visage.

- Je ne vais pas tourner autour du pot, déclara-t-il enfin en croisant les mains devant lui.

Julien attendit, son cœur battant plus fort qu'il ne l'aurait voulu.

- Lisa est ma fille unique. Elle est précieuse pour moi.

- Je comprends, répondit Julien d'un ton maîtrisé.

Moretti esquissa un sourire qui n'avait rien de chaleureux.

- Non, Julien. Tu ne comprends pas.

Il se pencha légèrement en avant, et son regard se fit plus perçant.

- Lisa est promise à Enzo. Ce mariage n'est pas qu'une formalité. C'est une alliance.

Julien sentit sa mâchoire se serrer.

- Et si elle ne veut pas de cette alliance ?

Moretti le fixa un instant, puis laissa échapper un petit rire sans joie.

- Lisa n'a pas le luxe du choix.

Julien inspira lentement pour contenir la colère qui menaçait de monter.

- Vous pensez réellement qu'un mariage forcé est la meilleure chose pour elle ?

Moretti posa ses coudes sur le bureau et joignit ses mains.

- Ce n'est pas une question d'amour ou de bonheur, Julien. C'est une question de pouvoir, de loyauté. Enzo est un allié essentiel. Ce mariage renforce une union qui doit perdurer.

Il marqua une pause avant de poursuivre d'une voix plus grave.

- Toi, en revanche... tu n'as pas ta place ici.

Julien soutint son regard sans flancher.

- Si Lisa est malheureuse, cette alliance ne tiendra pas.

Moretti esquissa un sourire lent, presque amusé.

- Tu es un idéaliste. C'est charmant. Mais dangereux.

Julien sentit le poids de la menace derrière ces mots.

- Je ne suis pas ici pour causer des problèmes, répondit-il prudemment.

- Bien. Assure-toi que ça reste ainsi.

Moretti se leva lentement, signe que la conversation était terminée. Julien se leva à son tour.

- Bonne nuit, Julien.

- Bonne nuit, Monsieur Moretti.

Julien sortit du bureau, les nerfs en feu.

***

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