Dans la pénombre, un homme se tenait là, debout un verre à la main, observant l'extérieur par la fenêtre.
C'était l'hiver et la neige recouvrait déjà entièrement les toits des maisons. En observant, les flocons de neige tombés, il se remémorait son passé. Un passé heureux et douloureux.
Doit-il oublier ce passé car il a mal ? Ou doit-il le conserver car c'est une part de lui?
Doit-il le conserver car, ce passé abrite les souvenirs d'un être aimé ?
Il se le demande encore après toutes ces années. Même une fois parti, cet être le bouleverse encore.
Pouvez-vous concevoir qu'un seul être puisse changer toute votre vie?
Une vie qui n'a de sens qu'avec cette personne. Sans elle, vous existez. Avec elle vous vivez.
Pourquoi dit-on "comment puis-je vivre sans toi?"
Ceux qui sont insensibles ne comprendront cela qu'au premier degré. Mais ceux qui savent comprennent.
Les fonctions des organes ne s'arrêteront pas si cette personne à qui vous tenez s'en va. Vous n'arrêterez pas de respirer. Vous continuerez votre marche mais, vous ne vivrez plus. Vous existerez seulement.
Cet homme, là, debout, lui l'a dit. Aujourd'hui, il existe mais ne vit pas.
Il a connu cette personne chère à ses yeux mais, elle est partie, lui arrachant la vie qu'elle lui avait donné.
Elle. Elle. Elle.
Il n'arrivait pas à concevoir la vie sans elle. Il souffre. Il a mal. Son cœur crie son âme-sœur. Aucune réponse.
Il pose alors la main sur sa poitrine, la presse, la frappe puis la caresse. Dans un murmure, il dit à son cœur:
- Il n'y a plus personne pour te répondre. Alors tais-toi !
Comme sourd, son cœur crie et pleure. Il saigne. Il n'arrive pas à cicatriser malgré le temps des blessures.
Pourquoi ? Pourquoi faut-il que la vie se joue de nous ainsi ? Elle t'offre le meilleur pour te le reprendre. Elle te fait exister pour vivre mais éloigne ta raison de vivre.
Avec un rictus amer, l'homme vint s'écrouler sur le canapé. La pièce est dans un noir et silence complet. Seul les lumières des lampadaires au dehors pénètrent l'appartement. C'est sinistre.
Néanmoins, l'homme entend. Il entend une voix mélodieuse rire aux éclats. Il entend un chant qui vient du cœur. Il entend une voix qui lui dit je t'aime.
Aimer ?
S'il elle l'aimait, ne serait-elle pas là avec lui? Lui, il l'aime. Passionnément, profondément et sincèrement. Il veut la tenir dans ses bras, sentir la chaleur de son corps contre le sien. Caresser sa peau douce et laiteuse. Écouter ses mots prononcés méthodiquement, intelligemment. Il veut revoir ses jambes fines avec lesquelles elle courait et marchait, avec sa petite culotte rose ornée de dentelle. Il se souvint qu'elle aimait cette culotte. Elle lui donnait un air innocent qui ravissait ses yeux.
Mais où est elle ?
Il n'en sait rien, il se le demande.
Il veut celle qui le fait vivre. Elle n'est pas là.
Il en veut alors au monde entier, il en veut à la vie. Il s'auto-détruit car il n'en peut plus.
A quoi bon?
Il se relève et arpente l'appartement, ces souvenirs refont surface. Il les appelle intentionnellement. Il veut revoir ses gestes, ses actions dans chacun des coins et recoins. Ses expressions lui manquent. Il essaye de revivre.
Mais sans elle à quoi bon?
Il fait les cent pas. Il cherche quoi faire. Il veut hurler sa douleur au monde mais il ne peut pas.
Son cœur crie encore plus fort. Il bat au rythme de sa douleur. Les pulsations sont si fortes que ses oreilles sifflent.
Son cœur crie, il saigne. Il a mal.
Pour l'instant, il se bat. Seulement, pendant combien de temps encore il tiendra?
Comment un seul être peut il autant vous bouleverser?
Il a essayé d'être égoïste, de ne penser qu'à lui, de vivre comme auparavant. Il s'est dit peu importe, elle est partie, je vis ma vie à présent. Mais, il ne vit pas, il existe.
Son cœur ne veut rien entendre, il ne veut qu'elle.
Mais comment vivre sans elle ?
Il a essayé le déni. Il nie. Il dit qu'il n'a pas mal. Il a construit la muraille de Chine autour de son cœur. Il a recouvert son cœur de pierre. Tout va bien. Il ne ressent plus rien. Toutefois, son cœur est fort. Fissure. Tout s'effrite. La grande muraille tombe. Il devient vulnérable.
Il s'est demandé pourquoi son cœur joue les dure lorsqu'on veut le réparer? Il est pourtant si faible face à elle, à ses souvenirs.
L'homme frappe sa poitrine et se maudit d'avoir un cœur.
Comment vivre sans elle ?
Il a essayé l'alcool. Il a fini à l'hôpital. Coma éthylique. L'alcool n'est donc pas la solution.
Il a essayé la conquête d'autres terres. D'Orient en occident, il chercha. Elles étaient belles, elles étaient elles mais n'étaient pas elle.
Encore un échec. Toutes ses tentatives des échecs. Il laisse alors tout l'envahir. Les voix, les rires, les moments joyeux et douloureux.
Mais il a toujours mal.
Il veut pleurer. Peut-il pleurer ?
Il doit constamment être fort. Solide comme un roc. Mais il n'en peut plus.
L'homme marche puis revient s'asseoir. Il consulte sa montre.
3:22
Il est fatigué. Il ferme les yeux et expire bruyamment. Ses muscles se détendent quelque peu.
Il a tout perdu avec son départ. Il ne comprend pas comment tout à pu basculer en un instant. Parfois, il se dit qu'elle rentrera encore par la porte, toute joyeuse.
Il se souvint qu'elle était toujours avec lui. Toujours ensemble. Il sourit, enfin.
L'homme regarde le plafond. Une larme solitaire roule sur sa tempe gauche.
Il somnole. Il hallucine.
Il revoit son âme-sœur, se mettre à califourchon au dessus de lui. Il essaye de l'attraper mais, il n'y arrive pas. Elle lui rit au nez. Son petit air espiègle le charme toujours autant.
Mais, là, ça ne l'amuse pas.
Il veut la rejoindre mais elle lui rit encore au nez et lui dit que ce n'est pas le moment. Puis, elle disparaît.
Comment en est-il arrivé là ?
Dans la grande salle de réunion, on pouvait entendre des voix s'élever. Des voix graves mais aussi aiguës. Ils discutaient tous de l'expansion de l'entreprise dans d'autres pays.
Au bout de la table, était assis le patron de l'entreprise. Là les mains croisées, il n'avait toujours rien dit depuis le début de la réunion. Il écoutait d'une oreille distraite ce que lui disait ses conseillés car il avait déjà un plan tout tracé. D'une voix impérieuse et rocailleuse, il s'exprima:
- Inutile d'en débattre plus mesdames et messieurs. J'ai décidé que pour l'instant, la pénétration plus profonde des marchés dans lesquelles nous sommes déjà installés est la priorité. Il ne sert à rien de se précipiter pour chuter, il faut placer les pions méthodiquement.
A cela, Damon Tuck quitta la salle de réunion. D'une démarche presque lasse, il entra dans l'ascenseur et descendit dans le hall de l'entreprise. Il arriva à la hauteur du bureau à l'accueil et salua les réceptionnistes. Elles le regardèrent avec concupiscence en se touchant nerveusement les cheveux.
Il faut avouer que Damon détenait un charme à en faire tomber plus d'une.
Damon se tourna vers une des réceptionnistes particulièrement.
- Sarah, avez vous accompli votre tâche?
La dénommée Sarah se retourna. C' était une belle rousse au visage inscrit de tâches de rousseur. Elle était l'assistante de Damon depuis quelques mois.
- Oui monsieur, dit elle avec un air triste.
Son air triste avait pour cause le fait que son chef veuille la remplacer. En plus, il l'avait chargé de trouver sa remplaçante.
Elle lui tendit un flyer tout en lui expliquant son contenu.
- Il s'agit d'une entreprise appelé L'Elite. Elle forme des hommes et des femmes pour êtres des assistants et secrétaires pouvant répondre à vos attentes. C'est une entreprise très réputée et ayant à sa tête mademoiselle Calixte Mayer. Je vous ai pris un rendez-vous avec elle et c'est dans une heure.
- Bien, dit simplement Damon.
En sortant de l'entreprise, il rencontra Julian, son ami et avocat.
- Où vas-tu ainsi, demanda Julian.
- J'ai un rendez-vous, d'ailleurs viens on discutera en route.
Julian céda et l'accompagna, Damon lui expliqua tout sur le chemin. Ils arrivèrent en quelque temps à l'entreprise de Calixte Mayer.
- Waouh, dit Julian en descendant de la voiture. C'est l'armée ou quoi ?
Effectivement, cela pouvait si méprendre à être l'armée car, tout y étais très strict. Les hommes comme les femmes marchaient aussi droit que possible sans faire attention à eux, la sécurité aussi avait l'air sans faille.
Ils avancèrent jusqu'à la réception où une dame les accueilli avec un grand sourire.
- Bonjour messieurs, bienvenue à l'Elite, l'entreprise qui satisfait à votre demande. Que puis-je faire pour vous?
Ils auraient cru entendre un robot. Ils se lancèrent un regard complice puis reportèrent leur attention sur la dame.
- Bonjour mademoiselle, nous sommes là pour voir mademoiselle Calixte Mayer, dit Julian.
- Oui monsieur Tuck, vous êtes en avance, remarqua t'elle.
- Ce qui est mieux que le retard, répondit-il promptement.
Avec un petit sourire timide, la réceptionniste contra attaqua.
- Nous avons l'habitude de dire que avant ce n'est pas l'heure, après l'heure ce n'est plus l'heure.
Manifestement sous le charme de Damon, la réceptionniste se permettait un petit égard en vers lui. Il lui lança alors un petit sourire malicieux.
Julian voyait bien le comportement de son amie et cela ne l'étonnait même pas. Il savait que Damon était un coureur de jupons, il en avait presque pitié pour la réceptionniste qui était littéralement envoûtée.
- Sandy, lança une voix derrière eux.
Damon et Julian se retournèrent et virent une femme. Ils restèrent là, à la contempler pendant qu'elle avançait. Comme sortit d'un rêve, Calixte Mayer se présentait à eux. C'était une femme, très belle et séduisante, à chacun de ses pas, ses hanches roulaient sous sa jupe droite, sa démarche était parfaite. Ses talons aiguilles complétaient et sublimaient son look assez strict, plus encore avec son chignon parfait.
Elle arriva devant eux sans plus de mots. Ses yeux d'un vert émeraude les scrutaient sans timidité. Une lueur brillait dans son regard, on aurait dit un scanner.
L'atmosphère était étrangement tendu, personne ne voulant briser le silence. Ces trois personnes s'observaient sans faillir. Sandy, la réceptionniste se sentit obliger d'intervenir.
- Mademoiselle Mayer, c'est votre rendez-vous de 11h. Monsieur Damon Tuck.
Mayer. Ce nom résonna dans la tête de Julian. Il lui semblait déjà l'avoir entendu sans vraiment savoir où.
Calixte lança un petit sourire en direction des deux hommes.
- Messieurs, les invita t'elle.
Ils la suivirent dans son bureau.
- Bien, dit Calixte une fois assise en face des deux hommes. Que puis-je pour vous?
Damon fit le premier à s'exprimer vu que Julian avait l'air un peu ailleurs.
- Alors voici la femme dont tout le monde parle? s'enquit-il en se carrant dans son siège.
- Oui c'est bien moi, répondit elle avec une pointe d'ironie.
Damon et Calixte se défièrent du regard. Leur caractères respectifs s'entrechoquaient et se repoussaient. L'orgueil les poussait à se confronter sans raisons apparentes.
- Votre ami..il ne parle pas? demanda t-elle en remarquant qu'il la fixait simplement.
- Aux dernières nouvelles il n'est pas muet, rit Damon. Bref, vous savez qui je suis mademoiselle Mayer?
- Damon Tuck, 32 ans, propriétaire et actionnaire de plus plusieurs compagnies dans le monde. Il s'est fait fortune rapidement notamment avec sa compagnie Export-import. Connu pour sa grande dextérité dans les affaires. On lui a d'ailleurs accordé le titre de génie des affaires, il fait aussi parti des célibataires les plus convoités en ce moment. Ais-je oublié quelque chose monsieur?
Calixte referma ses lèvres pulpeuses en attendant sa réponse.
- Je vois que vous êtes bien informé, constata t'il en dardant un regard indécent sur elle. J'aimerai faire appel à vos services, dit il fatiguer de tourner autour du pot.
- Je vois. Alors vous avez besoin d'une assistante ou d'un assistant?
- Peu importe. Je veux le meilleur dans tous les cas.
- A L'Elite nous vous offrons de la qualité. Hommes et femmes sont enseignés rigoureusement afin de répondre parfaitement aux critères de n'importe quelle entreprise. En fonction de leur niveau, nous leurs attribuons à une classe, nous avons la classe D qui est la plus basse, puis la C, la B, la A et enfin pour ceux qui ont déjà montrer plus d'une fois leurs compétences sans défaillir, nous avons la classe S.
Damon appréciait ses explications, ses mots et gestes étaient placés méthodiquement pour vous faire succomber. Julian semblant être sorti de sa léthargie écoutait aussi ses explications, Calixte le remarqua et lui fit un sourire presque aguicheur.
- Voici les membres de la classe S, il n'y en a que cinq, dit elle en mettant devant eux cinq photos.
- Pourquoi seulement cinq, les autres n'ont ils pas le niveau? demanda Julian.
Calixte réfléchit un instant avant de répondre.
- Disons que la classe S c'est les meilleurs parmi les meilleurs.
Damon la scruta encore et encore sans même détourner le regard puis il dit.
- C'est vous que je veux.
- C'est vous que je veux.
Ces mots avaient résonnés dans les oreilles de Calixte tel un gongue.
Avait-il vraiment fait cela ? Lui avait-il vraiment demandé d'être son employé ? Elle n'en revenait pas de son audace. Avec un sourire narquois, elle se pencha sur son bureau. Ses yeux verts les regardèrent intensément. Elle voyait bien qu'il était sérieux. Ainsi donc, voilà Damon Tuck, le génie des affaires.
- Pardon? Ais-je bien entendu ou..?
- Oui, la coupa t-il. J'ai dit que c'est vous que je veux.
Damon était vraiment un homme aux grandes visions. Cette femme faisait partie de cette vision mais pas à la bonne place. Mais, Damon comptait bien faire assoir son autorité comme il le faisait lors de ses nombreuses négociations. Seulement, Calixte n'était pas du genre à se soumettre. Trouver un terrain d'entente était alors difficile vu que les deux parties ne voulaient point changer de position.
- Vous êtes celle qu'il me faut.
Déstabilisée un instant, Calixte repris le contrôle. Étrangement, son sang affluait à grande vitesse dans ses veines. Elle était comme excitée d'être en face de ce négociateur de renom, excitée de lui tenir tête.
- Vous en dites quoi? Repris Damon. Je suis prêt à vous payer autant que vous voulez.
- Croyez vous que redevenir une employée m'intéresse ?
Son ton était devenu plus ferme et elle semblait un peu sur la défensive. De l'argent elle en avait et ça il le savait mais il négociait quand-même.
- Croyez- vous que votre fierté en sera blessée? interrogea Damon. Je vous demande de venir travailler dans l'une des meilleures entreprises et vous hesitez ?
- Rectification monsieur Damon. Je n'hésite pas je refuse. Vous faites preuves d'insolence en insistant. Cette proposition n'aurait même pas du être évoquer. Lorsque vous aurez compris que c'est moi qui décide revenez me voir pour que l'on vous trouve un assistant.
Damon essaya d'argumenter alors Julian intervint enfin.
- Il va étudier les dossiers de vos candidats mademoiselle Mayer. Merci pour le temps que vous nous avez accordé.
Ils se levèrent prêt à y aller. Par courtoisie, Calixte les raccompagna.
Julian et Damon ne purent s'empêcher de la regarder. Cette femme était élégante et envoûtante. Elle maîtrisait bien ses émotions et surtout ses affaires.
Julian pensa que la proposition de son ami était osée pour une femme de ce charisme mais se garda de le dire à haute voix. Autre chose le préoccupait. Il était certain de connaître cette femme, mais d'où, il ne le savait pas. A la façon qu'elle le regardait, Julian croirait qu'elle le connait aussi.
Après mille hésitations, il lui demanda quand-même :
- Se serait-on déjà rencontré mademoiselle Mayer?
- Vous croyez ?
Une réponse bien évasive.
Damon se pencha vers elle et ses yeux d'un noir de jaïs affrontèrent les yeux de jades de la jeune femme sans rien prononcer. C'est sur cette dernière confrontation qu'ils se quittèrent.
Plus tard dans la nuit, Calixte était encore à son bureau. Elle rentrait toujours après tout le monde et s'assurait que tout soit fait et à sa place.
Ramassant son sac et sa veste, elle sortie de la salle et referma derrière elle.
Elle prit l'ascenseur pour descendre dans le hall. Dans ce petit moment de calme, son entrevue avec les deux hommes lui revint en mémoire. Deux hommes assez impétueux, se dit elle en souriant, surtout ce génie des affaires Damon Tuck. Sa proposition l'amusait plis qu'autre chose.
Dans le hall, elle rencontra un des vigiles et le salua.
- Bonsoir Roger.
- Bonsoir mademoiselle Mayer. Faites attention sur la route.
- Merci, répondit-elle gaiement.
De L'Elite à son appartement, il ne lui fallut pas moins d'une demi-heure. C'est épuisée qu'elle franchit la porte. Le salon était dans la lumière alors qu'il ne semblait y avoir personne.
D'un pas lent, elle avança vers le canapé. Elle y vit son amie qui y dormait paisiblement. Un petit sourire s'afficha lorsqu'elle la bouscula légèrement pour la faire émerger.
- Tu m'attendais encore! Désolée Ellie.
- C'est toujours comme ça avec toi de toute façon, se plaignit t'elle en baillant.
Calixte se sentit mal, car elle avait promis à Ellie de rentrer tôt seulement, elle s'était encore attardé au travail.
Ellie se leva et se dirigea vers sa chambre en traînant sa couverture derrière elle.
- Il y a des lasagnes au frigo si tu as faim. Bonne nuit Cali. Prévint- elle.
- Bonne nuit Ellie.
Calixte décida de prendre une douche avant de dormir. Après, la douche, elle alla dans sa chambre. C'était une pièce assez simple: Elle était peinte de gris et de blanc. Quelques photos d'elle et Ellie ornaient le mur. Un lit à baldaquin était collé au mur et revêtait une moustiquaire blanche. Sa commode fait en bois de chêne était aussi bien ranger que le reste de la chambre. Aucun vêtements ne trainait ou ne dépasser de son armoire.
Calixte était une maniaque de l'ordre et ça, ça vie le reflétait. Même si autrefois ce n'était pas le cas.
Cette nuit là, la jeune femme eut du mal à fermer l'œil. Elle se réveilla aux aurores, fit son jogging habituel et rentra se doucher. Devant son miroir elle détacha ses cheveux, les peigna avant d'en faire une queue de cheval.
Pour faire plaisir à son amie et lui redonner le sourire, elle décida de lui faire un petit déjeuner copieux. Elle se souvint que Ellie adorait les gaufres. L'odeur délicieuse réveilla Ellie qui sortie de son lit avec les cheveux en bataille.
- Hum Cali, ça sent super bon.
- Salut Ellie.
Elle voulu s'emparer d'une gaufre mais s'arrêta.
- C'est pour m'adouer hein? Ça ne marchera pas, bouda t-elle.
Calixte s'approche d'elle avec une moue suppliante.
- Steuplait mon amie que j'aime.
Ellie boudait toujours.
- Allez quoi, aujourd'hui je suis tout à toi. On pourrait allez où tu veux comme ça tu pourras afficher ton superbe corps, proposa t-elle en tripotant ses seins puis en la chatouillant.
Ellie rentra dans un fou rire ce qui fit plaisir à Calixte.
- D'accord d'accord, céda t- elle en essuyant une larme au coin de l'œil. T'es une perverse toi en fait.
Calixte se mit à rire sans la contredire. Elle révélait sa véritable nature seulement avec elle. Une fille un peu décalée et un peu perverse, le contraire de sa nature au travail.
- On pourrait se faire une journée shopping puis une manucure et on prendrait un verre ensuite. A moins que monsieur parfait ne soit pas d'accord.
Monsieur parfait. C'est un ainsi qu'Ellie surnommait Jake, le petit copain de Calixte. C'était un grand blond aux yeux bleu avec un corps digne d'un mannequin, seulement il était hautain et obsédé par son physique. Elle se demandait comment ça avait pu coller entre eux.
- Bah monsieur parfait, ne contrôle pas ma vie.
- Si tu le dis. Une femme aussi forte que toi avec un idiot pareil...
- Ça suffit, Ellie ! J'aime Jake malgré ses défaut. Tu devrais te trouver un copain pour comprendre ce que je ressens.
- Moi? rit- elle. Pas besoin, je me suffit à moi-même.
Elles mangèrent en se racontant leurs péripéties.
- Tu sais, Damon Tuck est venu à mon entreprise, commença Calixte.
- Non? Sérieux ? S'étonna Ellie. L'homme de ma vie est venue te voir ?
L'homme de sa vie ? Ne disait elle pas qu'elle se suffisait à elle-même? Pensa Calixte.
- Bah l'homme de ta vie a la grosse tête. Il me veut pour employée l'idiot.
- Et tu as dit quoi?sourit- elle.
- Fermes tes yeux émerveillés petite, j'ai dit non bien sûr. Ce fichu homme d'affaires a voulu me tenir tête, il a cru que je m'inclinerai face à lui... Tu m'écoute ? demanda elle en la voyant rêveuse.
Ellie était perdue dans ses pensées.
- J'aimerai tellement le rencontrer, pensa t-elle à haute voix.
- Si tu parle encore de lui, j'abandonne cette journée.
- Boudeuse va. Je vais me préparer.
- Okay.
- Une dernière question, son ami n'est-ce pas...
- Si ! C'est lui. Julian de la Vegas.