Il est huit heures à mon réveil et comme tous les matins, je sors de ma chambre déjà apprêtée et maquillée.
Les pas de mes talons hauts raisonnement dans les couloirs
- Bonjour madame MC gregor. Votre nuit a-t-elle été agréable? Dit elle reculant ma chaise
- Bonjour Béatrice, oui et toi? Dis-je à la gouvernante de la maison qui s'occupe de tout. Je prend place et attend qu'elle me serve mon café
- Bien madame, monsieur est déjà parti et le petit est déjà en train de s'apprêter. Dit elle en versant l'infusion noir dans ma tasse
- D'accord. Dis je simplement en buvant un peu de ce café infecte que je déteste mais qui me permet malgré tout de rester éveiller.
- Avez vous besoin d'autre chose madame? Dit elle debout, la cafetière entre sa main.
- Ça ira Béatrice, va juste te rassurer que Ezekyle ne fasse pas de bêtise. Dis-je en remarquant que le nécessaire a été déposé malgré le fait que j'ai perdu l'appétit depuis des années, Béatrice s'efforce toujours à me faire un petit déjeuner copieux tous les matins même si je n'y touche presque pas.
Je bois mon café comme une automate et sourit légèrement quand je vois mon fils arriver en courant.
- Maman. Crit il un peu trop fort.
- Bonjour mon grand, bien dormi ?
- Ouiiii. J'ai rêvé d'un gros dinosaure qui a essayé de me manger, j'ai couru, couru... Je regarde Béatrice.
- Désolée madame, il a insisté, je sais que je n'aurais pas dû.
- Tu sais bien que Kyle a tendance à rêver de ce qu'il voit avant de dormir. C'est le pourquoi je préfère que tu lui lises un livre au lieu de lui donner sa tablette.
- Ça ne se reproduira plus.
- Ce n'est pas grave. Dis-je en me levant. Son goûter est-il prêt ?
- Oui madame je l'apporte. Dit-elle en se dirigeant rapidement vers la cuisine.
- Tu es tout beau aujourd'hui mon grand. Je le regarde avec ce sourire triste que mon visage a pris l'habitude d'afficher
- Merci maman. Dit il en courant récupérer son petit sac à gamelle et je prend son sac d'école pour nous diriger vers la sortie.
Vêtu d'un tailleur jupe crayon haute et d'une petite veste bleu ciel. Je monte dans ma voiture mes hauts talons noir cuir rallongeant ma silhouette pas très grande, mes longs cheveux châtain clair lissé à la perfection.
Je suis Barbara Fane Mc gregor, la femme de Blade Mc gregor, l'un des hommes les plus fortunés de la ville, mon apparence doit toujours être parfait, m-a t-on apprise.
J'ai rencontré mon mari en première année universitaire j'avais à peine dix neuf ans.
Malgré notre mariage de convenance, j'aime à croire que je l'ai aimé, encore mieux nous nous sommes aimés. Enfin bon, je l'espère.
Ma rencontre avec Blade a été par le biais de sa mère, Hélène qui à l'époque cherchait un bon parti pour son fils fraîchement diplômé d'une école de commerce.
Il allait devenir le futur pdg d'une grande multi nationale et elle voulait protéger ses arrière en lui choisissant la femme parfaite.
Oui j'étais parfaite à tout point, du moins selon ses standards et critères, plutôt jolie et pas trop bavarde, qui sait rester à sa place. Se doit de sourire peu importe la situation et répondre quand c'est nécessaire.
Une fille naïve, facile à berner.
Mes parents travaillaient depuis des années pour les siens dans leur entreprise et j'avais rencontré Hélène alors que je remplaçais ma mère malade au bras de mon père, que j'accompagnais dans une de leur interminable soirée de gala qui présentait et accueillait cette fois ci leur fils chéri dans l'entreprise
Oui j'avais craqué pour ce beau brun au yeux bleu et au sourire ravageur qui m'avait séduit sans trop faire d'effort. Un homme aussi riche et puissant qui s'intéressait à une fille comme moi, c'était trop beau pour être vrai, je me rappelle encore comme si c'était hier, de notre mariage un an plus tard pourtant dix ans ce sont écoulées, la jeune fille de vingt ans folle amoureuse est devenue cette pauvre femme qui a perdu goût à tout et qui n'arrive même plus à sourire naturellement.
Même pas à son propre fils.
Assise sur le grand canapé du salon, un verre de vin dans une main et la bouteille dans l'autre, je sirote en regardant la grande aiguille défiler ses minutes.
Les images de la télévision restée allumée sont comme un mirage sans fin, un mauvais dvd qui gratte encore et encore.
Je veux des réponses, pour une fois.
Le vrombissement du moteur retentit et quelques secondes encore, la porte principale s'ouvre sur lui, dans son costume parfaitement cintrée noir, malgré l'âge qui avance, je dois reconnaître que Blade a gardé tout son charme et du haut de ses trente et six ans il reste toujours aussi beau
Alors pourquoi je ne peux pas jouir de ce qui est censé être à moi? Je craque
Je le vois retirer sa cravate d'un geste lasse avant de me jeter un coup d'œil
- Où étais tu? Je demande assez fort en terminant le contenu de mon verre que je dépose, la bouteille toujours entre ma main
- Tu as trop bu va dormir. Dit il simplement d'un ton blasée, comme si je n'avais pas le droit.
- Je t'ai demandé où tu étais Blade ? Dis je plus fort en me levant du canapé, oui je sais ce n'est pas dans mes habitudes mais quand je bois, je laisse échapper toute ma frustration
- La ferme, le petit dort. Me tonne t-il en me foudroyant du regard, il me détaille avec dégoût et j'ai juste envie de me cacher. Suis-je si horrible que ça à regarder?
- Oui il dort, encore une fois kyle espérait te voir avant de dormir et regarde à quelle heure monsieur décide de pointer le bout de son nez chez lui? Il est deux heures du matin, bon sang alors je vais te reposer la question où étais -tu ? Je fais mine de bien espacer chaque syllabe
- À ton avis ? Au boulot bien sûr... Dit il en prenant la route de la cuisine comme si de rien n'était
Je souris malgré moi, à quoi je m'attendais? Qu'il me dise qu'il a une autre famille, une maîtresse, qu'il en a marre de moi? Je suis prête à tout entendre, mais je veux qu'il me parle, qu'il me dise ce que j'ai fait de mal. Cette situation dure depuis trop longtemps.
- Mais bien sûr! au boulot où peux-tu aller après tout? Je ne sais même plus pourquoi je m'égosille à t'entendre pour qu'à chaque fois tu me raconte les mêmes inepties. Dis-je en me retournant. Je vais dans ma chambre et ne t'inquiète pas, je compte bien terminer ma bouteille, de toute façon c'est la seule à m'apporter un peu de plaisir dans cette maison. Dis-je avant de disparaître dans les escaliers.
Oui je suis assez audacieuse une fois quelque litre ingurgité mais je reste tout aussi fragile. Je souffre au fond de moi et j'ai l'impression que je vais exploser.
Je n'ai pas spécialement d'amie à qui raconter ce que je vis, celle que je fréquente de temps en temps font partie d'un cercle très fermé de femme puissante de la ville en d'autres terme des femmes comme moi dont leur mari se sont distinguées par leur statut social.
Une fois dans ma chambre. Je ne peux m'empêcher de pleurer comme tous les soirs, pathétique je sais. Oui j'ai de l'argent, une situation sociale que tout le monde pourrait envier. J'ai aussi réussi à mettre un fils au monde mais putain comme je me sens seule.
- Je me sens tellement seule, je n'en peux plus. Dis-je en pleurant. Je termine ma bouteille et fini par m'endormir dans une position inconfortable.
***
Bip bip bip
Je n'ai pas le droit de me morfondre, je dois rester forte peu importe la situation.
8h00.
Vêtue de mon ensemble tailleur rose jupe droite et de mes talons aiguilles. Je descends les escaliers et me dirige vers la salle à manger.
- Bonjour madame MC gregor, la nuit a t-elle été agréable?
- Bonjour Béatrice, oui et toi?
- Bien madame. Monsieur est déjà parti et le petit s'apprête dans sa chambre. Dit-elle en me servant toujours ce même café, quand aurais-je le courage de tout envoyer balader? Puis- je vivre ainsi pour le restant de ma vie?. Madame? Madame
- Heu oui Béatrice ?
- Je vous demandais si vous aviez besoin d'autre chose? Dit elle en me fixant
- Rien, vous pouvez disposer.
- Oh veuillez m'excuser madame MCgregor, j'ai oublié de vous informer que monsieur va envoyer son assistant venir récupérer un document qu'il aurait oublié dans son bureau.
- Bien, c'est tout Béatrice ? Dis-je car ça fait longtemps que je m'en fou de ce qu'il peut bien faire.
- Oui madame, je vais vérifier que monsieur kyle soit présentable pour l'école. Dit-elle en s'éclipsant.
Comme chaque matin, j'accompagne mon fils à son école avant de vaquer à mes différentes occupations. Je ne travaille pas, à quoi bon puisque mon mari est riche. M'avait dissuadé ma belle mère à l'époque et aujourd'hui Dieu seul sait à quelle point je regrette. Une femme se doit de s'occuper de sa maison et de son mari, Barbara qu'est ce que tu attends pour donner un héritiers à mon fils?
J'ai fait tout ce qu'on m'a demandé pourtant....
- Andrew est-il déjà passé récupérer le document de mon cher mari ? Dis-je en entrant dans la maison après m'être arrêté chez le bijoutier, j'ai une chaise qui s'était cassée et j'ai voulu qu'on le répare. Puis je me dis garer et observer le parc quelques minutes sans sortir de ma voiture avant de rentrer.
- Non madame, afin il y a...
- Que se passe t-il Béatrice? Dis je une fois au salon
- Enfaite monsieur Andrew...
- Je pense qu'il y a méprise sur la personne, veuillez m'excuser madame MC gregor. Dit une voix rauque et suave à la fois, ce qui me fait tourner la tête vers la destination de la voix. Je me présente Jeffrey Atlas, je suis l'assistant de votre mari. Les sourcils froncés malgré moi, je ne peux m'empêcher de le détailler ignorant la main qu'il me tend, il est beaucoup plus jeune que moi, si mon mari l'a engagée cela veut dire qu'il doit être très compétent et ce n'est pas tout, malgré ses lunettes je dois reconnaître qu'il n'est pas moche à regarder mais ses yeux, ils sont...
- Où est passé Andrew ? Dis je pour me reconnecter à la réalité
- Il a pris sa retraite d'après ce que j'ai compris. Dit il en retirant sa main qu'il enfourche dans sa poche et il me détaille à son tour de la tête au pieds. Je lève un sourcil. Quel toupet!
- C'est la première fois qu'on se rencontre si je ne me trompe pas?
- Pas vraiment ça va bientôt faire un an que je travaille pour votre mari mais c'est la première fois que je me présente à vous madame.
- Je vois. J'en déduis qu'il sait se faire discret, c'est sûrement ce genre de personne dont Blade à besoin auprès de lui. Si vous avez pris ce dont vous aviez besoin, je ne vous retiens pas. Dis je de mon aire la plus sérieuse et la plus hautaine qu'il soit avant de me diriger vers les escaliers. Un coup d'œil m'indique qu'il s'est retourné pour me reluquer et aborde un petit sourire en coin. Quand nos regards se croisent, il me fait un clin d'œil et je détourne rapidement le regard, je vois que ma petite comédie n'a pas eu l'effet escompté sur lui.
- Par ici monsieur Atlas. J'entends Béatrice dire.
Je n'ai jamais été aussi frustré que les sept dernières années de ma vie. Depuis la naissance de Ezekyle, un accouchement plutôt difficile, Blade ayant marre que je m'occupe tout le temps de notre fils à décider de faire chambre à part. Il ne supportait plus les pleurs incessant du bébé dans la nuit.
Je dois reconnaître que la déchirure, la douleur liée à l'accouchement m'a dégoûté du sexe pendant une bonne période, de long mois. Ma mère m'avait rassuré, me disant que c'était des choses qui arrivaient souvent chez une femme, chez une premipart et que c'était normal. Concernant Blade, qu'il y avait des hommes ainsi, qui préférait leur tranquillité, qu'il n'était pas encore habitué mais que plus tard quand mon fils sera plus grand, sera capable de marcher ils seront inséparables.
Alors j'ai attendu, comme une cruche j'ai attendue que mon mari revienne à moi, je voulais lui raconter ce par quoi je suis passée psychologiquement. Le manque qui m'a consumé au point de vouloir me toucher, le fait que je ne puisse plus marcher après l'accouchement, l'impression que mes entrailles se brisaient à chaque seconde de l'avenue de notre fils car il était trop tard pour une péridurale. Que, au lieu de son indifférence, j'aurais voulu qu'il me serre dans ses bras. Qu'il me rassure que ça va aller et qu'il me comprennent.
Je voulais qu'il sache que si je m'occupais autant de notre fils malgré que nous avions Béatrice c'est parce que je n'arrivais pas à croire qu'il était enfin là, que je l'avais fait. Que ce petit être vivait en moi, j'avais enfin la preuve de l'amour que j'avais porté neuf mois alors je ne voulais plus m'en séparer même quand c'était dur la nuit, le voir me laissait croire que j'avais enfin accompli quelque chose, pour moi et pour notre famille.
Mais au fil des mois, des années, je l'ai vu s'éloigner, toujours plus alors parfois je me suis plongée dans l'alcool et déblatèrent tout ce que j'avais sur le coeur quand l'envie me prenait mais après je regrettais et redevenait aussi calme et inexistante qu'une tombe oublié.
Rien n'a changé
Malheureusement nous ne sommes pas dans un webtoon ou un dessin animé magique où un bouton en arrière existe, dans la réalité, il est impossible de remonter le temps, de rectifier le passé.
Mais si c'était possible, qu'aurais-je changé?
- Si tu le veux, tu peux avoir ton mari dans ta poche. Une femme à le pouvoirs de faire ce quelle veut d'un homme, tu peux arranger ton couple si tu le veux vraiment. Me chuchote ma conscience où bien encore la voix de ma mère qui s'est transformée en celle- ci.
Facile à dire, je connais déjà la chanson si j' ose me plaindre, c'est de ma faute. Ma mère me l'a bien fait comprendre alors j'ai pris pour habitude de fermer ma bouche et de garder tout en moi. Oui je garde, car je suis une femme indigne incapable de satisfaire, de retenir son mari.
Sept ans déjà. Je vais devenir folle
- Essaie encore. Me chuchote ma conscience.
Jusqu'à quand ?
Vrinnng vrinnng vrinnng, vibre mon téléphone, c'est un message quand je le prend et le lit
[J'ai oublié de te dire hier soir, ce soir nous avons une cérémonie importante, fait toi belle, je viens te chercher à 20h.]
- Va te faire foutre Blade. Dis-je alors que l'envie de pleurer me saisit mais ma cigarette coincée entre mes doigts me suffit pour l'instant. Je me levant malgré tout de mon lit et éteint la tige avant de descendre
- Béatrice ? Dis-je une fois en bas, il est déjà quatorze heures, je n'aurais jamais le temps.
- Oui madame? Dit elle en sortant de la cuisine
- Je sors faire des boutiques.
- Bien madame.
Ça fait des années que Béatrice travaille pour moi, elle avait été engagée par ma belle mère pour garder un œil sur moi et même si à la longue nous nous sommes liés d'une certaine manière, je reste malgré tout sur mes gardes.
Même après avoir mis au monde l'héritier de la famille, j'ai toujours l'impression d'être dans cette bulle où je n'arrive pas à respirer.
J'étouffe
Béatrice est dans la quarantaine et je dois reconnaître qu'elle effectue ses tâches avec un grand dévouement.
Alors j'ai un certain respect pour cette femme.
Une robe de gala, encore une. Si ce n'était que moi je porterai une que je possède déjà mais les images de cette soirée il y a six ans me reviennent en tête.
- Qu'est ce que c'est ?
- Quoi? Dis-je en me regardant.
- Ce que tu portes? Dit il en me fusillant du regard
- Une robe voyons je l'avais mise... Aïe arrête. Dis-je en regardant ma main rougir sous sa poigne, Ezekyle n'avait que dix mois et j'ai trop la flemme de faire du shopping pour une de ses soirées.
- À ton avis qu'est ce que les gens diront quand ils te verront comme au nouvel an.
- Tu me fais mal.
- Réponds-moi?. Dit il en serrant les dents
- Qu'elle est jolie et que...
- Faux, que je suis un homme radin qui n'arrive pas à faire plaisir à sa femme qui est obligé de porte ses vieux chiffon alors va m'enlever ça et porte quelque chose de plus adéquat à la grandeur de mon rang. Dit-il en me lâchant d'un coups sec.
Ce soir-là je ne l'avais pas reconnu était la première fois qu'il se montrait agressif vis à vis de moi, le plus souvent il se contentait de m'ignorer.
Parfois je regrette de l'avoir épousé, peut-être que j'aurais été plus heureuse et mariée aujourd'hui ? Mais après je me rappelle du sourire de mes parents quand Hélène les avait informés que son fils s'intéressait à moi.
- Barbara, tu as entendu ça ? Le fils du patron? Oh ma chérie, tu vas être heureuse, tu auras tout ce dont nous n'avons pas pu t'offrir. m'avait dit ma mère ému
- Comporte toi bien et ne crée pas de problème dans cette famille, ils nous font confiance. avait ajouté mon père.
Je souris tristement en secouant la tête avant de me concentrer sur la route.
- Si on m'avait dit que ma vie serait autant la merde, je me serais barré ce jour là où lieu de fantasmé sur ce connard en veste.
♡♡♡
- Madame, avez vous besoin de quelque chose en particulier ? Me dit une des employés d'une des maisons de haute couture de la ville, c'est la troisième que je visite
Je lui donne ma carte gold unlimited et elle me sourit plus chaleureusement.
- J'ai un gala ce soir, montrez moi vos plus belle robe. Dis je avec indifférence
- Veuillez me suivre madame, par ici.