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L'amour vaut cinq euros

L'amour vaut cinq euros

Auteur:: promotion
Genre: Romance
Un jour de brocante à Saint-Jean Lac, par le plus grand des hasards, Antoine et Nina se rencontrent. Instinctivement, ils se laissent bercer par le flot d'émotions qui s'emparent d'eux. L'amour vaut cinq euros nous entraîne au cœur des pérégrinations de deux êtres, deux âmes bouleversées par les aléas de la vie. À PROPOS DE L'AUTEURE Aude Malherbe s'intéresse à l'écriture dès l'âge de treize ans. Avec L'amour vaut cinq euros, son premier roman, elle réveille les émotions des lecteurs au moyen d'une intrigue originale, moderne et prenante.

Chapitre 1 No.1

« Nina chérie, je t'en prie, arrête ton cinéma ! »

Sa mère avait aujourd'hui le troisième rencard de sa vie et sa fille n'avait rien trouvé de mieux à faire que de tourner autour d'elle dans le seul but de lui poser un tas de questions sur ses attentes ainsi que les sentiments éprouvés pour le nouvel élu.

« Détends-toi maman, on dirait que tu vas à un défilé... Même les mannequins sont plus détendus que toi ! Si je devais te comparer à quelque chose, un objet... Je te comparerai à une pile électrique alors que c'est vrai au fond... C'est juste un rencard non ? Un rencard qui doit voir le jour dans... oh ! 1 h et 46 minutes ! Tu entends ça ? Je pense sincèrement que le temps te manquera, ce n'est vraiment pas assez ma pauvre maman ! »

Les rires de sa fille ainsi que sa bonne humeur remontaient son moral et, malgré son retard, la firent sourire et être convaincue que Nina était désormais la seule chose qui lui restait.

Accablée par le désordre de plusieurs essayages, elle renchérit :

« Et je remarque surtout que je suis très en retard par rapport à ce que j'avais prévu. Alors, aide-moi à enfiler ma robe s'il te plaît, de toute manière je sais que tu resteras dans mes pattes tant que ta vieille mère n'aura pas quitté la maison en "belle gosse", c'est comme ça que vous dites les jeunes ? »

« Exactement ! Je pense que tu es parée pour ce soir à partir du moment où tu t'attribues ce vocabulaire ! »

Elyne était un être opposé de sa fille Nina qui, elle, allait de l'avant et avait appris très jeune à faire ce travail sur elle. Elle relativisait toujours les événements de n'importe quelle manière. C'est d'ailleurs ce qu'on trouvait étrange chez elle. Certains pensaient qu'elle ne baissait jamais les bras, d'autres affirmaient qu'elle faisait semblant d'aller bien. Au fond, personne ne connaissait réellement la vérité. Elle possédait ce mélange de force et de fragilité qui faisait d'elle une personne sensible et dynamique. Le seul hic, c'était qu'elle ne croyait plus en l'amour et que tout ce scénario de s'habiller en belle gosse pour aller voir un homme qui va finalement vous briser le cœur, c'est selon elle une perte de temps !

Elle était comme un petit chocolat très beau d'apparence en extérieur, mais avec des brisures à l'intérieur. Et ce n'est pas pour autant qu'il y avait tout à jeter, parfois ce sont les meilleurs.

Sa mère voyait en elle la fille parfaite. Certes, nous aimons toujours notre enfant d'un amour inconditionnel avec la certitude que notre progéniture est la seule chose la plus importante au monde lorsqu'il nous reste plus que cela. Mais sa fille était tout son univers.

Il n'y a pas loin d'un an, son père était parti au travail, un matin d'octobre. Le silence régnait dans la maison, comme à son habitude. Mais cet homme n'était jamais revenu de son travail. Avait-il emménagé dans son bureau ? Était-il parti en voyage d'affaires ? Pour un an, l'attente se faisait longue... La déduction en a été fatale. Mais le pire fut un soir, 3 jours après. Un message, des pleurs, des souvenirs envolés, la solitude. Qu'avaient-elles fait pour mériter cela ? Probablement rien à part être une bonne mère ainsi qu'une bonne fille. Pour Elyne, cela a alors été le résultat de l'injustice et de la souffrance de 19 ans de vie commune étalée en poussière, évaporée par la seule décision de l'une des personnes que l'on aime le plus.

Pour son rencard depuis cet événement, elle retourna tout son dressing dans l'espoir de tomber sur quelque chose qu'elle aurait appelé « potable », puis modifia son opinion et se résuma à se rendre à son rendez-vous aussi naturelle qu'elle l'était d'ordinaire.

Elle enfila un jean, un de ses favoris, puis choisit un chemisier fleuri en adéquation avec la saison printanière. Nina admirait sa mère, elle espérait et croisait fortement les doigts pour que ce rendez-vous donne lieu à une suite heureuse même si ses espoirs et croyances en l'amour étaient vains.

Lorsqu'elle fut prête, sa mère descendit les escaliers 2 à 2, manquant de se tordre la cheville au passage ; sa petite touche de maladresse faisait ressortir le charme de sa personnalité. Elle embrassa sa fille qui lui porta chance et partit afin de retrouver le bonheur. De sa fenêtre, Nina le sourire aux lèvres regarda sa mère s'éloigner précipitamment de la maison.

« Éclate-toi et assure surtout ! Fais-lui bonne impression, tu es géniale ! »

La voiture démarra, empruntant une route vers une nouvelle vie où le bitume paraissait plus lisse, sans embûche à l'horizon.

Chapitre 2 No.2

Cet oiseau-là posé sur la branche, juste à proximité d'une chambre. Un animal inoffensif qui réveille en sifflant et chantant sa joie de vivre. L'une des plus belles choses de la vie. Un échange entre l'animal et l'homme, un réveil aussi naturel qui puisse l'être.

Mes yeux bleus couleur ciel et océan, ce mélange des deux en même temps, tentaient de se refermer mais je résistais. 24 années de fatigue, 24 années pourtant de jeunesse. Je m'appelle Antoine et je me réservais aujourd'hui à une journée qui sortait de mes habitudes. En ce matin d'avril, il faisait doux, la saison printanière arrivait et se faisait ressentir. L'orée du matin laissait un air pur que j'inhalais fortement dans mes poumons. À peine réveillé avant la sonnerie de mon réveil, il fallait que je trouve motivation à me lever. J'étais dans mes pensées nostalgiques matinales mais j'appréciais mon quotidien et le calme de ma campagne.

Enfin je me levai, mes cheveux blonds ébouriffés comme chaque matin, le soleil venait se montrer sur la devanture de ma maison ornée de pierres claires et sur la cour à graviers blancs. Tous les matins, j'admirais le pin dans le jardin où les repas de famille avant s'éternisaient, me laissant nostalgique de ces moments. Je sortis prendre une bouffée d'air frais sur la terrasse déjà ensoleillée, il faisait souvent beau ici en Corrèze, ni trop dans le nord ni trop dans le sud.

L'intérieur de la maison était spacieux, composé d'un étage et plusieurs pièces que j'avais rénovées avec l'aide de certains copains qui s'y connaissaient un peu en bricole. La maison était un héritage de mes grands-parents. L'intérieur était assez récent et ne ressemblait pas aux anciennes maisons où le papier peint est ancien, où les commodes en bois ramènent aux années 40 et où réside une odeur ancienne dans toute la maison.

J'avais racheté quelques meubles pour mon propre style de vie et mon confort mais le reste était intact. J'avais pu faire un peu de place, physiquement et émotionnellement afin de pouvoir passer à autre chose et faire le deuil.

Je me suis fait couler un café, préparant mon petit-déjeuner, je me suis assis près du piano sur lequel glissaient les doigts de mon grand-père auparavant. Maintenant, j'avais pris sa place et j'avais appris l'instrument, en sa mémoire. C'était un artiste, un musicien hors pair et un peintre avec beaucoup de talent. Il avait cette soif d'apprendre, cette facilité de pouvoir créer et de partager tout ce qu'il avait appris. C'était son monde créatif, j'aurais dû lui dire plusieurs fois que j'admirais ce qu'il faisait et malheureusement je regrette de ne pas avoir eu ce temps-là.

Ma grand-mère, elle, avait un goût prononcé pour la mode et le design. Elle aimait les belles choses, les beaux meubles, les beaux buffets et j'en avais hérité, autant que de sa belle déco au goût sobre et prononcé à la fois. Elle passait son temps à jardiner, ou bien à assembler les puzzles des applications dédiées sur sa tablette Apple qu'elle avait appris à découvrir. Elle s'était également mise aux réseaux sociaux tout du moins Facebook qu'elle utilisait régulièrement pour espionner ma vie et me redire gentiment mes actes de la semaine pendant qu'on dégustait un repas qu'elle avait préparé. Il fallait donc faire attention à ce qu'on écrivait et aux photos compromettantes des copains. Elle restait exceptionnelle, avec une fierté monstrueuse mais un amour démesuré. Elle était autoritaire pour les choses qui lui tenaient à cœur mais dévouée et très sentimentale pour sa famille.

De leur vivant, la donation était le meilleur cadeau qu'ils aient pu m'offrir. Enfin, je respectais surtout leur volonté et leur amour.

Aujourd'hui, décidé à me séparer d'objets dignes de l'antiquité et de valeur sentimentale également à mes yeux, je m'étais inscrit pour un emplacement au sein de la brocante du village. Le début d'une vie nouvelle et nous sommes ici : dans une pièce remplie de cartons et de vieux souvenirs. Du haut de mes 1 mètre 77, il était temps de laisser partir ces objets et de construire ma vraie vie. Les photos n'étaient pas à vendre mais les cadres en revanche l'étaient. Je ne vendrais pas ma vie aujourd'hui, mais j'en vendrais le contour.

Je pris une douche express, celle qui vous remet les idées en place après quelques secondes passées sous l'eau tiède devenant chaude petit à petit. Le café que je m'étais servi commençait à agir et m'apporta le reste de mes idées claires puis je partis.

Chapitre 3 No.3

Brocante de Saint-Jean Lac

En arrivant dans la commune de la brocante, les installations des brocanteurs s'étaient faites relativement tôt, les stands étaient déjà presque tous montés aux alentours dès 7 h 30 – 8 h.

Des affaires d'enfants s'exposaient à la vue des potentiels acheteurs et pour les plus antiquaires, on avait vidé les maisons dans l'espoir de vendre des objets anciens et de valeur qui pourraient éventuellement les intéresser.

Les cassettes vidéo... Ah les cassettes vidéo ! Le Roi Lion, La Belle et la Bête, Mulanet bien d'autres. Toute une enfance retracée. Évidemment, les cassettes n'étaient plus à la mode, mais il paraissait que celles-ci étaient encore recherchées par certaines personnes. Et puis, tant pis. J'avais décidé de vendre les affaires qui ne m'étaient plus utiles, autant tout exposer.

Je commençai à décharger ma voiture qui était remplie tel un départ en vacances. Il était déjà 8 h 30 et j'avais l'impression que j'étais le dernier à ne pas être en place. Je déballai mes affaires qui peut-être n'allaient plus être miennes dans quelques heures et m'installai.

Je m'assis pour me reposer cinq minutes, attendant mes potentiels clients quand j'entendis la voix d'un de mes collègues de boulot devenu bon copain me dire :

« Alors ça vend ? »

« Tiens mon pote, mais qu'est-ce que tu fais là Marc ? »

« C'est plutôt à toi qu'il faudrait poser la question ! Ça y est, en étant ici tu es rentré dans le clan des sexagénaires tiens ! Il ne manquait plus qu'une bonne petite brocante de campagne pour refaire ton statut cher Antoine. »

« Qu'est-ce que tu peux être nul mais toujours aussi drôle quand même ! Je repars à zéro. Je m'étonne surtout de te voir aussi matinal, même au boulot tu n'y es pas si tôt ! D'ailleurs, tu tombes très bien ici. Je peux te demander de surveiller mon stand deux minutes, je vais voir ce qu'il y'a de pas mal car avec mes voisins d'à côté... Je ne risque pas de remplir ma baraque de trucs chics. Je te le confie la caisse est là, OK ? Merci tu es cool ! Allez à tout de suite. »

Connaissant le personnage, je ne lui avais pas vraiment laissé le choix. Et puis c'était de bonne guerre, nous nous balancions des petits pics régulièrement mais nous étions toujours présents l'un pour l'autre pour nous dépanner. Bon bien évidemment, Marc n'avait ni connaissance des prix, ni des objets. Quoi, un body pour enfant en vente ? Il fallait espérer qu'une maman ne débarque pas avec ses 4 enfants et demande la taille de ce... morceau de tissu tout doux.

Les stands étaient remplis, à travers ce que je voyais, je pouvais alors déterminer le mode de vie des gens, déterminer à quelle génération ils appartenaient. Parfois, je pouvais me tromper mais généralement je disais vrai en relevant la tête et en leur attribuant un âge à leur visage

La rue était calme, les anciens discutaient entre eux et je crois que les jeunes étaient en ce moment en train de décuver de la soirée de la veille. À part moi qui traînais à chercher un je ne sais quoi je ne sais où afin de donner une âme à ma nouvelle habitation.

Des bibelots, des meubles anciens, des livres de tous les rois possibles allant de Louis VIII à Louis XVII. Des livres politiques, des livres d'enfants. Décidément, l'écriture avait vraiment tous les styles possibles. Quelques verres, des assiettes, de la grosse porcelaine. Des collections de CD, de DVD, quelques vinyles également... J'étais dans une parfaite brocante d'antiquaire. Mon stand exposé pouvait-il peut-être faire tache parmi tous ceux-là ? On retrouvait dans la majorité des emplacements une ressemblance d'objets, des vases opalines, des verres à whisky ayant je pense enivré plus d'un, des meubles anciens, des livres de guerre et de châteaux sentant le renfermé, le reste vous l'imaginez.

Je parcourus plusieurs mètres, m'égarant de mon stand. J'aimais me balader, partir à la découverte. Mon sens de la curiosité était, je crois, le plus ressortissant de ma personnalité. Les boulangeries étaient ouvertes dès 7 h, si ce n'est pas même plus tôt. J'ai eu la bonne idée de chercher le petit déjeuner pour remercier Marc qui me gardait ma place de vendeur, à peine arrivé pour me saluer.

Je sentais l'odeur du pain cuisant dans les fours, le beurre et les barres de chocolat fondre petit à petit sur les pains au chocolat. Et j'entends d'ici les sudistes dire « non, c'est chocolatine ». Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas fait de petit déjeuner croissant pain aux chocolatines (comme ça tout le monde est content). Alors aujourd'hui c'était l'occasion.

C'était une petite boulangerie mais une grande baie vitrée représentait toute la façade, laissant place de loin au comptoir de présentations de gâteaux pâtissiers, quiches, plats du jour, pizzas, tourtous ; et de gourmandises telles que brioches et mes fameux croissants et pain-chocolatine. Juste derrière et si on s'approchait bien de la vitre, on pouvait y voir s'il restait encore quelques baguettes, bien utile en fin de journée. Cela évitait de rentrer dans la boutique, de saluer et de resaluer, rien dans les mains, avec le risque de passer pour un nigaud qui n'avait justement pas regardé par la baie vitrée pour voir s'il restait du pain !

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