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L'amour n'est pas pour nous

L'amour n'est pas pour nous

Auteur:: Rousse
Genre: Romance
Claudine n'était pas la fille qu'elle espérait être. Trouvant en elle tous les défauts du monde, elle s'est isolée des autres. Se sentant mal dans sa peau comme presque tous les adolescents de son âge, elle est tombée amoureuse de la pire personne au monde. Une personne qu'elle sait ne la regardera jamais. Pourtant, ses sentiments sont plus forts que tout autre chose et vont au-delà de sa propre raison. C'est pourquoi, même sachant que toute relation entre elle et lui était impossible, elle entra obstinément dans sa vie. Découvrant ses moindres secrets. Claudine a finalement compris que son Apollon n'était rien d'autre qu'un être torturé et meurtri et a décidé de faire tout son possible pour le sauver de ses démons.

Chapitre 1 Un mauvais commencement

L'envie de ne plus être moi et de me retrouver dans le corps de quelqu'un d'autre m'a traversé l'esprit un nombre incalculable de fois. Je ressens toujours le besoin de m'assimiler aux autres étant donné que ma personnalité n'est pas à envier. Contrairement aux filles de mon âge, je n'ai pas hérité d'une longue et lisse chevelure mais plutôt d'un amas de paille qui a sa volonté propre : indomptable. Au lieu d'avoir une démarche fine et un corps proportionnel, je possède plutôt une démarche d'éléphant et un corps beaucoup trop voluptueux au niveau du bassin.

L'ensemble de mes défauts prendraient plus d'une éternité à décrire. D'ailleurs, je ne m'en préoccupais même pas avant. Avant lui.

C'est tellement pathétique de vouloir changer de vie pour une seule personne. Pour un homme. Pourtant, je ne le considère pas comme n'importe qui. C'est lui. Malgré le fait que je sache que je ne vaut rien et que je ne l'atteindrai jamais, mon coeur s'entête à ne battre que pour lui, mes yeux ne cessent de le scruter lorsqu'il est dans mon champ de vision et mon cerveau ne cesse de penser à lui ; malgré son comportement exécrable. Quand je l'ai rencontré l'été de mes 16 ans, je dois avouer que je ne l'appréciais vraiment pas. Je ne sais d'ailleurs pas ni pourquoi ni comment j'en suis arrivé là. C'est un véritable coureur de jupons obsédé par la beauté physique. Il joue avec toutes les filles qui lui tombent sous le bras et n'hésite pas à rabaisser toutes les personnes qui sont contre lui, qui ne correspondent pas à ses critères, mais je suis quand même tombée amoureuse d'une personne pareille. Et peu importe à quel point j'ai essayé, je n'arrive pas à me détacher de lui. J'avais pensé à lui avouer mes sentiments, de me faire frapper et de me retrouver hospitalisée parce que je savais qu'on n'allait plus jamais se revoir.

Mais quand ma mère m'a fait changer de lycée et que je me suis retrouvée par le plus grand des hasards dans le sien, j'ai tout de suite abandonné l'idée. Je pensais vraiment que ce n'était qu'un crush que ça allait me passer, pourtant ça allait au-delà, je ressentais pour ce garçon une attraction inexplicable, comme si j'avais été victime d'un sort.

Le jour se lève enfin et quelques rayons de soleil sont filtrés par les stores de la fenêtre de ma chambre, je devais me préparer pour aller au lycée et rien que le fait de savoir que je pouvais le croiser faisait battre mon cœur au point de faire un arrêt cardiaque. Je fis rapidement l'essentiel et m'habilla assez simplement. Je sortis de ma maison puis pris directement la route du lycée, écouteurs dans les oreilles. Le lycée n'était qu'à 5 mn de chez moi et j'y arrivai très vite, mes amis m'attendaient déjà devant le portail et James, sûrement le plus hyperactif de nous 4, me fit un signe de la main tout en sautant sur place. Je m'approchai donc d'eux tout sourire. -Hey salut! -Comment tu vas aujourd'hui? me demanda l'hyper-actif

-Comme d'habitude j'imagine

-Vas-y dis nous que t'as encore rêvé de lui... me questionna sans aucun tact ma meilleure amie

Sara est ma meilleure amie et on se connait depuis toujours. J'ai longtemps vécu chez elle lorsque mes parents me cherchaient un appartement dans cette ville. Ils avaient décidé que j'étais une grande fille et que je pouvais vivre seule. Après avoir passé des mois dans la famille de Sara, j'ai enfin pu déménager dans l'appartement que mes parents m'avaient offert. Elle sort avec Bryan, le deuxième garçon du groupe et adore me taquiner au sujet de mon coup de cœur. -Figure toi que je pensais à autre chose cette nuit

-Ah oui? Et quoi donc? -Je rêvais de toi. Je lui fis un clin d'oeil et elle sourit avant de lever les yeux vers le ciel en signe d'exaspération Bryan se plaça entre nous deux et l'air faussement vexé me menaça :

-Je t'arrêtes tout de suite y'a personne qui rêve de ma copine a part moi, rétorqua Bryan

-Je ne vois vraiment pas pourquoi je traîne encore avec vous. Sara soupira pendant que Bryan et moi on riait bruyamment, soudain elle afficha un sourire qui ne m'arrangeait pas du tout. La plupart du temps, lorsqu'elle affichait cette mine en particulier c'est parce qu'elle préparait un mauvais coup. Or, je ne pouvais pas prendre le risque de me faire ridiculiser au lycée sachant qu'il pouvait être n'importe où et me voir. -Qu'est ce que t'as à sourire comme ça? Lui demandais-je

-Pour rien du tout, dit-elle d'une voix qui se voulait innocente

J'essayais de lui arracher les vers du nez quand soudain elle s'approcha de moi et me poussa violemment. Sur le coup, je n'avais vraiment pas compris, je m'attendais à ce que mon dos heurte le bitume et que mon visage se déforme dans une grimace de douleur mais au lieu de cela, je sentis plutôt du coton. Je me tournai vers la personne qui avait, malgré elle, amortit ma chute et je tombai nez à nez avec mon prof d'histoire. -Je ne sais pas exactement ce qui se passe. Mais je vous prierai de vous relever car j'ai du travail, dit-il l'air embêté. -Oui! Veuillez m'excuser

En me retournant vers Sara j'étais rouge tant de gêne que de colère. Je lui avais parlé de cet homme. Il avait beau avoir plus de dix ans de plus que moi mais il me faisait du rentre-dedans, très subtile mais du rentre-dedans quand même. Bien évidemment, pas qu'elle l'encourageait à me courtiser mais elle aimait me voir en position délicate. Tout ce que j'espérais c'est qu'il ne pense pas que j'essayais d'attirer son attention. J'ai mis plusieurs mois avant de réussir à sortir de ses cours de remise à niveau ; où d'ailleurs j'étais la seule élève pourtant j'avais une moyenne plus que supérieure à son cours. -Je peux savoir pourquoi t'as fait ça? -Il y avait ton prince qui regardait par ici. Je voulais voir sa réaction

Je fis immédiatement volte-face pour essayer de croiser ses yeux vert émeraude, que je captai très rapidement, son visage était dur et ses pupilles se détachèrent très rapidement de moi, je ne savais plus comment réagir, mon cœur battait la chamade et mes mains transpiraient tellement, mes yeux n'arrêtaient pas de le regarder et ce même lorsque sa silhouette commença à se déplacer pour aller à l'intérieur du bâtiment. C'est alors qu'avec un coup de poing sur la tête, donné par James, je remarquai que la sonnerie avait retenti depuis plusieurs minutes et que tout le monde se dirigeait vers sa salle de classe et c'est là que sur le sol, je remarquai un carnet, son carnet, il avait dû le laisser tomber, d'habitude il ne s'en sépare jamais. Je le ramassai donc avec empressement et je le cherchais de mes yeux dans la foule d'élèves qui s'était formée sous les yeux surpris de mes amis. Alors que je le vis enfin, je décidai de le rattraper. Mais, lorsque je saisis sa manche pour l'interpeller et qu'il se retourna, l'expression pleine de dégoût qu'il me lança me faisait regretter cette action. Il me repoussa violemment en pestant. -Je t'interdis de poser tes sales mains sur moi la guenon. La prochaine fois je t'arraches les dents.

Chapitre 2 Une violente rencontre

Je ne savais pas comment réagir, mes yeux verts s'embuèrent rapidement et mon cœur accéléra. Mes amis me regardaient tous à l'arrière sans pouvoir bouger ou dire un mot. Nous étions pétrifiés sur place et moi encore plus, je n'arrivais pas à soutenir son regard et mes yeux décidèrent d'eux-même de ne pas l'affronter et de regarder le sol. Parler était assez difficile, je sentais un énorme nœud dans ma gorge et je n'arrivais pas à le défaire. Les quelques mots que je lui adressais n'étaient que murmures et bégaiement... -Je... Excuse-moi... Je... Ton cahier... Enfin... Dans la cour... Euh...

-Si t'es pas capable de former une seule phrase n'aborde pas avec les gens espèce de petite merde... Non mais qu'est ce que tu fous au lycée? -C'est bon t'as pas besoin de lui parler comme ça. Elle venait juste te rendre le carnet que t'avais laissé tombé

James s'était placé entre nous deux pour m'aider, il avait vu que j'avais perdu tout mes moyens et que je n'arrivais plus à m'exprimer, je le remerciai gentiment du regard et il me le rendit par un sourire

-Et toi t'es qui? Le mec qu'elle se tape? Vous faites vraiment pitié tous les deux. Toutes les personnes qui se rendaient en cours nous entouraient à présents et regardaient la scène, j'entendis des rires qui se faisaient de plus en plus forts et j'avais du mal à les supporter, tout ce que je voulais au début c'était lui rendre son cahier parce que je savais qu'il y tenait, mais maintenant je veux juste me cacher loin à l'abri de tout ça

-Je ne sais pas ce que vous faites avec mon cahier mais je ne compte pas le récupérer. Ça me dégoûte que des déchets de la société comme vous puissent toucher à mes affaires. -S'il y a bien quelqu'un qui mérite d'avoir une appellation pareille, c'est bien toi. Tu ne fais rien de tes journées à part glander, fumer, boire et aller en soirée. Tu n'apportes rien à personne et tout le monde se sentirait soulagé que tu disparaisses de ce monde alors s'il ya bien un déchet ici c'est toi. James lui faisait face sans avoir peur, il le regardait dans les yeux et il lui avait sorti ça sans se préoccuper de ce qui allait arriver par la suite. Aloïs n'était pas très content, le rouge lui montait rapidement et son poing s'écrasa à une vitesse fulgurante sur le visage de James. C'est sûrement le moins sportif du groupe, il est frêle et fragile et on doit toujours le protéger. Je le regardais se faire frapper et se faire maltraiter sur le sol comme un animal par Aloïs mais c'était alors qu'au même moment le sang me monta à la tête. Si il y avait bien une chose que je ne supportais pas c'est bien que l'on s'en prenne à mes amis. J'avais l'intention de lui faire payer ses coups et ce, que je sois amoureuse ou pas. Je lui attrapai la manche et il me regarda de son même air dégoûté, c'est alors que je lui asséna une droite et qu'il se retrouva par terre. Les bruits de surprise s'élevèrent autour de nous mais je n'y prêtais plus aucune attention. -Les gens de ton espèce me répugnent vraiment, s'en prendre au plus faible? T'as pas trouvé mieux comme idée? Tu te sens vexé et blessé dans ta fierté parce qu'on a daigné te dire la vérité? Si tu veux frapper quelqu'un alors viens te battre. Il se releva difficilement et me regarda méchamment. Son regard n'annonçait rien de bon, sa posture et sa carrure non plus. Il avança rapidement mais prudemment vers moi et sans que je ne m'en aperçoive, sa main se resserra autour de mon cou et il commença à m'étrangler. Très rapidement, je commençai à manquer de souffle. J'essayais de l'atteindre et de repousser ses mains mais il me maintenait à distance de lui. C'est lorsque Je commençais à devenir de plus en plus bleu, que les élève autour de nous se sont rendus compte qu'il pouvait bien me tuer, là, aux yeux de tous. Il ne me lâcha que lorsque les surveillants, alertés par d'autres élèves, se ruèrent sur lui. Nous fûmes alors conduit dans le bureau de la directrice pour bagarre et trouble du calme du lycée. Le début des cours passa sans nous, James était à l'infirmerie et moi, toujours coincé avec Aloïs dans le bureau de la directrice. -Je peux savoir ce qui s'est passé? Ça ne m'étonne même plus de vous Aloïs Brandao. Mais Claudine, vous avez toujours été droite. Qu'est ce qui s'est passé? -Pensez à discipliner vos toutous. Elle aboie beaucoup mais au final elle ne sait pas mordre. Il me regarda avec un sourire en coin mais ses yeux, eux, ne souriaient pas du tout. Il me faisait clairement comprendre que tous les deux maintenant on avait un problème personnel et qu'il comptait bien me faire payer. Je me contentais de lui lancer le regard le plus froid que j'avais. Les sentiments que j'avais pour lui étaient forts, certes, mais ce n'était pas de l'amour. Ce mec était vraiment trop horrible. Ce ne devait pas être de l'amour.... Ce ne devait pas être ça. Quand je retrouvai mes esprits après avoir été aveuglée par la colère, je me rendis compte que non seulement il me détestait comme pas possible mais aussi que j'étais collé avec lui à la fin des cours, je lâchais un soupir de mécontentement et appréhendais la suite de mon année scolaire dans cet établissement. Une fois sorti du bureau de la directrice, il me bouscula en me lançant un regard noir puis s'en alla. Je me contentai de soupirer de nouveau et de ramasser mes affaires qui étaient tombées quelques minutes plus tôt. Je séchai le cours qui était sur le point de commencer et j'attendis mes amis sur un banc lorsqu'ils sortiront pour la pause. Je mis mes écouteurs et lança ma playlist. Lorsque la sonnerie retentit, tous les élèves se précipitèrent hors des classes, j'aperçus mes amis de loin et leur fit signe de me rejoindre, ils se retrouvaient très rapidement à ma hauteur et me sourirent un peu tristement. -Ne vous inquiétez pas, leur dis-je, j'ai juste été collé pour ce soir et je suis devenu l'ennemi à vie d'Aloïs Brandao.

Chapitre 3 Une interminable retenue

Je poussai l'énième soupir de la journée et les regardai dans les yeux à tour de rôle. Eux non plus ne me lâchaient pas du regard et s'assirent près de moi. Sara se plaça gentiment à côté de moi et me prit dans ses bras. Elle caressait gentiment mes cheveux et je fermai les yeux pour me concentrer sur la musique qui était en train de passer. Soudain je me sentis tomber sur le bitume et mes écouteurs se détachaient de mes oreilles. Quand j'ouvris mes yeux je découvris avec surprise Aloïs devant notre petite bande avec mon MP3 dans les mains.

Sara m'avait lâché sans pouvoir résister à la force herculéenne de son bourreau et Aloïs me regardait avec un sourire en coin placardé sur sa bouche, il porta une de mes oreillettes à son oreille gauche et se moqua de plus belle

-Comme je me l'imaginais, une musique de looser. Je le regardais sans pouvoir rien faire, ma rage de tout à l'heure s'était dissipée et je ne savais plus comment réagir. Ses magnifiques yeux émeraudes me transperçaient et me mettaient à nu. Je ne cessai de le regarder et de me noyer dans son regard. James se leva alors et essaya de reprendre mon appareil en vain, il se fit cependant éjecter et se retrouva allongé sur le bitume avec quelques bleus. Mes yeux virent à nouveau rouge et je me jetai littéralement sur Aloïs, nous tombâmes à la renverse et je lui crachai à la gueule

-Combien de fois je vais te demander de ne pas toucher à mes amis? Il me regarda de travers et se releva sans dire un mot, il leva la main et quand je pensai qu'il allait me frapper il explosa mon MP3 sur le sol qu'il écrasa encore de son pied. Mon appareil et mes écouteurs étaient complètement broyés, je regardai ce qui restait de mon lecteur s'éparpiller sur le sol, bouche-bée. Quand nos regards se croisèrent de nouveau, il me lança un regard pleins d'émotions que je n'arrivais plus à décrypter : haine, pitié, douleur, mépris, dégoût... Je ne savais plus où me mettre, je n'arrivais plus à réfléchir correctement, il s'essuya le visage et se tourna pour marcher dans la direction opposée. Il ne riposta pas, il ne m'injuria pas, il ne parla pas, il se contentait de nous tourner le dos et partir: Je ne comprenais rien. Aloïs avait toujours détesté se faire humilier alors pourquoi il s'en allait en laissant sa fierté tomber avec la salive que je lui avais craché au visage? Je le regardais s'en aller et s'arrêter à la hauteur d'un de ses amis avec qui il se dirigea à l'intérieur du campus. J'étais complètement abasourdi et mes amis aussi. Je me retournai pour leur faire face et Sara soupira doucement. -Je ne sais vraiment pas pourquoi tu cherches ta mort comme ça, me dit-elle désespérée

-Je ne comptais pas le laisser frapper encore James tu sais très bien que déjà tout à l'heure... -C'est gentil de t'inquiéter pour nous, m'interrompit-elle, mais tu connais Aloïs, s'il ne fait rien aujourd'hui ce n'est pas parce qu'il a peur ou quoi que ce soit il n'oublie jamais rien et est très rancunier, c'est une putain de bombe à retardement alors fais gaffe à tes fesses. Je regardai tout le monde et dans leurs yeux c'était la même inquiétude, je soupirai encore une fois et jetai un regard une fois de plus à mes appareils sur le sol, en pensant que j'étais obligé de m'en racheter. Mes pensées se concentrèrent rapidement sur Aloïs, je n'avais pas envie de lui faire la guerre, je ne voulais pas non plus qu'il me déteste mais le mal était déjà fait... J'avais déjà perdu espoir il y a fort longtemps et j'avais déjà arrêté de penser qu'un jour, une quelconque relation pourrait se construire entre nous deux mais là j'avais vraiment la confirmation que tout ceci était impossible. C'était clairement un amour impossible. La fin de la journée arriva très rapidement et l'heure de colle qui m'attendait ne m'enchantait pas vraiment. Je vis plusieurs fois Aloïs traîner dans les couloirs, s'activant à une tâche qui m'était inconnue. Ceci m'inquiétait énormément, surtout après les altercations de cette journée. Après avoir salué mes amis, je me dirigeai nonchalamment vers ma salle de retenue. Je m'arrêtai net devant celle-ci, appréhendant ces quelques heures que je passerai avec mon plus que "coup de coeur". Perdue dans mes pensées, je ne me réveillai que lorsque Aloïs passa devant moi, m'ignorant royalement et me dominant de toute sa longueur. Il entra calmement dans la salle de classe et je le suivis quelques minutes plus tard. A mon plus grand étonnement il ne s'assit pas au fond de la salle, pour écouter la musique ou autre, il prit place à l'une des premières tables et semblait attendre la venue du prof patiemment et calmement. Son comportement m'intriguait et je ne cessais de le regarder, le scrutant, l'analysant pour trouver ne serait-ce qu'une seule chose qui pourrait justifier son attitude. Je ne pensais même plus à m'asseoir à ce moment là, il me regarda donc et souffla exaspéré :

-Tu viens t'asseoir ou bien tu continues de me mater comme ça? Je ne lui répondis pas, trop intriguée du fait qu'il ait pu m'adresser la parole sans m'insulter ou être grossier. Je continuai de le regarder avec de gros yeux. Finalement, vraiment agacé, il détourna le regard et se concentra sur son téléphone laissant mon esprit se perdre dans son âme. Le surveillant arriva finalement et m'intima l'ordre de m'asseoir, ce que je fis immédiatement, les joues en feu, rougies par la honte et l'embarras. Je me rendis à peine compte qu'il y'avait quelques minutes je fixais Aloïs, le dévorant littéralement des yeux et je ne me suis même pas pris un coup de poing, ni même une insulte : rien du tout. -Bien, vous rattraperez donc ce cours avec moi et je vous préviens vous n'avez pas intérêt à bavarder. Rangez donc immédiatement vos portables et suivez-moi. A notre plus grand étonnement, Aloïs ne contesta même pas la décision du surveillant. Il rangea tranquillement son téléphone et lui porta toute son attention. Durant tout le cours je ne m'arrêtais pas de le regarder, de l'espionner du coin de l'œil, me délectant de chacun de ses gestes, du fait qu'il passe sa main dans ses cheveux en passant par son tic favori : il se mordait sensuellement la lèvre inférieure et plissait négligemment ses yeux pour montrer son effort de concentration. J'observais tout, tel une obsédée ne pouvant détacher mon attention de l'être le plus parfait que l'univers ait mis sur mon chemin. La fin de la retenue arriva finalement et le prof sortit sans demander son reste, fatigué d'avoir dû me faire sortir de mes rêveries et de mes contemplations tout le long du cours sans pour autant que je ne récidive. Je ne pus donc que montrer mon mécontentement lorsque l'heure se finit à une vitesse affolante, ne pouvant plus exercer mon passe-temps favori, soit mâter Aloïs. On sortit donc tous les deux en même temps de la classe. Par contre, il me plaqua violemment contre le mur et me regarda dans les yeux d'un regard qui se voulait intriguant. -Ne crois pas que je n'ai pas remarqué ton petit manège en classe. -De... Quoi tu parles? -Je parle du fait que tu me matais comme une prostituée tout à l'heure en classe. Je rougis immédiatement, ne sachant pas quoi lui répondre, gênée par le fait qu'il m'ait surpris entrain de le dévorer du regard. Il me regardait toujours aussi intensément et sur le coup, je me sentais de plus en plus fondre, sous l'effet des flammes ardentes qu'était son regard. -Je te préviens tout de suite, je ne suis pas intéressé par toi. T'es vraiment qu'une idiote si tu penses que ça pourrait un jour être le cas. Tu ne vaut absolument rien alors je préfère te prévenir : arrête immédiatement tes sales manies, ça me file la gerbe. Me sentir observer par une fille sexy c'est le comble mais ton regard me donne envie de vomir alors sache que la prochaine fois que je te surprends à me mater de la sorte je te défigure. Il s'écarta alors rapidement de moi et disparu dans la nuit, je me contentais de regarder droit devant moi, à l'endroit où il s'était tenu quelques minutes plus tôt ne comprenant toujours pas la situation. J'étais paralysée et je ne savais plus quoi faire, j'essayais de reprendre mon souffle mais je n'y arrivais pas. Mes poumons s'étaient mis à pomper l'air trois fois plus vite et mon cœur était finalement descendu dans mon estomac et je n'allais pas tarder à l'évacuer à l'aide de mes fesses rebondies. En gros, il venait de me mettre en garde? Son côté calme n'avait pas mis long feu. En quelque temps il était redevenu comme d'habitude, je soufflais légèrement et baissais le regard sur mes baskets, assez honteuse, je pensais au fait que je doive rapidement retourner chez moi mais je ne bougeais pas pour autant. Mes pieds étaient figés à cet endroit, mon cerveau ne cessait de repasser en boucle ce moment.

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