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L'amour est un petit tyran

L'amour est un petit tyran

Auteur:: Honey Goldfish
Genre: Romance
Andrea Garcia n'est qu'une couverture. Une identité qu'a embrassée Anna Lucia Fedora après avoir fait une fugue lors de ses 16 ans. Depuis ce temps, Andrea se cache et vit dans le mensonge, dissimulant un lourd secret. Andrea a toujours cru être une excellente menteuse. Elle ne faisait que cela depuis sa tendre enfance, conserver les apparences. C'est devenu une seconde nature pour elle avec le temps de mentir, voler, tricher... se cacher, tel un caméléon qui arrive à se fondre dans le décor environnant. En grandissant, Andrea est devenue non seulement une des hackeuses parmi les plus craintes de sa génération, mais aussi l'un des meilleurs agents secrets de Sidov Corp, une société militaire privée qui la recruta par la suite. Depuis sa fugue, Andrea considère être en parfait contrôle de son existence. Plus personne ne la menacera jamais. Plus personne ne la forcera jamais à se soumettre. Plus personne n'exploitera jamais ses talents gratuitement. Elle ne pardonnera plus jamais non plus la moindre trahison et s'est juré d'être impitoyable envers ses adversaires. Plus personne n'a d'autorité ni de contrôle sur elle. Cependant, les nouveaux patrons d'Andrea sont des adeptes de BDSM. Des dominants pur jus. Mais même devant eux, Andrea n'a jamais plié l'échine. Aucun des mercenaires bourrés de testostérones avec qui elle doit souvent faire équipe n'est jamais non plus parvenu à la briser. Mais tout cela va changer le jour où Yuri Ivanov, le nouveau Pakhan au sein de la Bravta à Moscou va entrer dans sa vie. Andrea réalise rapidement que face à ce dom d'expérience, toutes ses tactiques d'évitement ou de manipulation sont ineffectives. Face à lui, cette nature soumise qu'elle refoule depuis si longtemps ne peut s'empêcher de refaire surface. Yuri sait ce qu'il veut, et surtout QUAND il le désire. Avec lui, Andrea apprendra à ses dépens que jamais il ne la laissera mener la danse dans leur relation. Yuri Ivanov ne fait que rarement des compromis. Il peut aussi sentir que la nouvelle petite soumise qui lui est tombée dans l'œil cache un lourd secret. Un secret qu'elle se refuse à partager. Yuri déteste les secrets. Tout comme il a horreur des soumises qui renient leur vraie nature. Deux choses que ne cesse de faire la séduisante et surtout très farouche Colombienne. Yuri a déjà été trahi par le passé, par une femme qui lui avait menti justement. Une femme qui niait aussi sa propre nature... Dans le milieu BDSM, ce genre de comportement peut être extrêmement dangereux et toxique. Le dom d'expérience a donc décidé de donner une leçon à cette soumise au tempérament rebelle qui, selon lui, est incapable de faire preuve de la moindre honnêteté que ce soit envers son dom, envers ses amies ou même envers elle-même. Ce qui, dans le milieu BDSM, est impardonnable. Cependant, ce qui n'était au départ qu'un simple jeu entre les deux amants, tourne rapidement à l'obsession chez Yuri Ivanov, qui est de plus en plus fasciné par la nature très volatile de cette femme au sang bouillant des latinos. Il est fasciné aussi par son intelligence et sa vivacité. Seulement, comme Yuri a déjà été blessé une fois en amour, alors le chef de ka Bravta se refuse à lui concéder la victoire et nie férocement son affection envers elle, ce qui les conduira à une suite de malentendus. Yuri sera forcé petit à petit de s'avouer à lui-même la force des sentiments qu'il éprouve pour Andrea et éventuellement, de les avouer aussi à l'objet de son affection. Mais pour Andrea, c'est trop peu, trop tard... Andrea a elle aussi sa fierté. Issu d'un foyer sans amour, Andrea ne croit plus en l'amour. En fait, à ses yeux, l'amour est la plus grande des souffrances. Pour reprendre les termes du sensei chargé de son entrainement... «L'amour est son petit tyran». Un adversaire féroce contre lequel se bat Andrea depuis la tendre enfance. Parce qu'aimer des personnes qui vous abandonnent toujours par la suite est très souffrant. Nos deux aimants esseulés arriveront-ils à se retrouver? Laisser de côté leurs préjugés respectifs sur l'amour pour enfin s'y abandonner? C'est ce que nous découvrirons dans ce livre!

Chapitre 1 Andrea

Au cœur de la forêt d'Amazonie, premier décembre

Je remonte mes cheveux en queue de chevalet je m'élance sur la piste en forêt, dans la jungle humide. Je cours à une vitesse constante sur le sentier. Le matin de très bonne heure, il est peu fréquenté et il fait beaucoup moins chaud.

Le terrain est en pente raide et il monte sans arrêt, le but étant de gravir la montagne.

Je dois éviter un premier obstacle, une pluie de fléchette qui sont projetés en ma direction par la faute d'un des détecteurs de mouvements que je n'ai pas pu éviter. Zut! Combien ils en ont mis des détecteurs de mouvements sur ce fichu sentier!

Je dois faire une roulade pour éviter la pluie de projectile, ce qui me place dans une position précaire pour l'obstacle suivant, une mare de boue, dans laquelle je manque de tomber. Mais après m'être relevée du sol, je fais un bond pour atterrir de l'autre côté de la mare de boue.

Ensuite je dois marcher en équilibre sur la corde raide suspendue au-dessus du ruisseau. La suite du terrain est tout en courbe, avec des poches de sables suspendues aux arbres, le long du sentier. Des poches de sables qui se balancent sans arrêt grâce à un mécanisme. Il faut courir sur le sentier en les évitant.

Un peu plus loin, une fosse m'attend avec une corde suspendue en plein centre. Je dois sauter, attraper la corde et me laisser choir de l'autre côté de ce petit ravin. Vient ensuite la partie du trajet qui se fait d'arbre en arbre, en utilisant des passerelles et en sautant d'un à l'autre pour atterrir sur un haut plateau de cette montagne très à pique.

Sur ce plateau à mi-hauteur de cette haute montagne que je dois à présent gravir, je me bute ensuite à cette immense paroi rocheuse que je dois escalader à mains nues. La sueur perle à mon front. C'est une des parties les plus difficiles et aussi les plus dangereuses du parcours. Parce qu'il n'y a pas de cordes pour nous retenir si nous faisons une chute.

L'entrainement des Torpederos est très certainement le plus dangereux et le plus difficile des entrainements en terrain hostile.

Je dois faire des pauses fréquentes, parce que voyez-vous, j'ai le vertige.

Ne regarde pas en bas!

Non, Andrea! Ne regarde surtout pas en bas! me dis-je, fermant les yeux et prenant de grandes respirations à mi-chemin du sommet.

Si je m'entrainais en même temps que les autres... Cet ado boutonneux japonais... Riku... et se Français ultra pédant, Maurice, se foutraient de ma gueule comme toujours.

Ironiquement, penser aux blagues de mauvais gout de ces deux fils à papa arrive enfin à me faire oublier ma peur du vide!

Je mets environ une demi-heure à atteindre le sommet de cette montagne. Je m'aplatis comme une crêpe sur le sol, reprenant mon souffle.

Le plus dur reste encore... Oui... croyez-moi!

Après quelques instants, je rassemble mon courage. Je me relève lentement et je marche sur la crête rocheuse, admirant le paysage époustouflant. Derrière moi: La vallée en contrebas et sa jungle épaisse au cœur de laquelle se situe notre campement.

À mes pieds: un précipice de plus de 1000 mètres de profondeur au creux duquel sillonne un des confluents du fleuve d'Amazonie.

Devant moi?

Mon pire cauchemar.

Une Tyrolienne.

Une foutue Tyrolienne.

Jusqu'ici, je n'ai toujours pas réussi à vaincre ma peur du vide...

Je me hasarde à faire un pas en avant... cette fois c'est la bonne, je l'sens.

Allez, Andrea!

Tu peux y arriver!

J'étire mes bras en l'air pour attraper la tige de métal de la Tyrolienne et je fais un autre pas en avant. Malheureusement, j'ai beau me dire de ne pas regarder en bas... C'est plus fort cher moi, je jette un œil.

J'ai le vertige et ma vision s'embrouille.

Je suis alors submergée par un vieux souvenir qui monte en moi.

Moi, penchée au-dessus du pare-brise de ma toute nouvelle voiture décapotable... et tentant désespérément de saisir la main de mon amie Samantha,qui menace de tomber dans le vide.

Ses yeux de biche, son petit visage angulaire... levé sur moi... elle a soudain ce sourire si tendre, quand elle relâche le capot de la voiture qu'elle agrippait si fermement et se laisse tomber dans le vide, à la renverse et les bras en croix... Je crois qu'elle a fait une dernière prière, elle qui était si pieuse!

De si nombreuses nuits, je fus hantée par ce corps, qui tombait dans le vide à l'infini, pour frapper plusieurs rocks au passage en déboulant la pente déchiquetée avant d'être engloutie par la jungle épaisse au creux du vallon. Cette jungle l'a avalée pour ne jamais la recracher, et avec elle, mon lourd secret.

Hantée par le passé, je délaisse la barre de la Tyrolienne sans y penser et je tombe à genoux sur le sol, les yeux perdus dans le vide.

Je ferme les yeux, j'essaie de chasser ces images qui se succèdent et qui se répercutent sans fin dans mon esprit.

Moi, au volant de ma belle voiture et offrant à Samantha d'aller la conduire à son arrêt de bus. Elle avait été admise dans une grande université. Obtenue une bourse spéciale, elle qui vivait dans une famille d'accueil qu'elle détestait. Des chances comme celle-ci, il ne s'en représenterait jamais.

J'étais si fière de pouvoir la conduire à l'arrêt de bus dans ma belle voiture.

Mais Samantha a toujours été plus prudente que moi, plus méfiante... Elle me regardait avec appréhension et n'osait pas monter dans la voiture...

- Anna Lucia... C'est pas du tout l'genre de ta mère de dépenser autant pour ton anniversaire... T'es sûr que c'est OK d'accepter son cadeau?

Bien sûr que ce n'était pas OK.

Bien sûr que ma mère, cette femme tyrannique, mijotait un truc pas net...

Je me doutais bien du prix que ma mère m'exigerait en échange de cette bagnole.

Je savais aussi parfaitement pourquoi elle me faisait soudain un cadeau de si grande valeur... Après tout, le défilé de sa prochaine collection approchait et donc l'heure du départ pour Milan! Ma mère n'avait donc pas droit à l'erreur. Ce n'était pas le temps non plus qu'un scandale éclate dans notre famille... donc pour me faire taire et pour m'obliger à rentrer dans le rang... ma mère me f'sait ce cadeau empoisonné.

Une superbe voiture décapotable, comme j'en rêvais depuis toujours.

Mais c'était le jour du grand départ. Samantha allait nous quitter, pour aller étudier dans une grande université à Carthagène. Nos vies allaient se séparer, peut-être même définitivement. En effet, la plupart des jeunes de notre région qui l'ont quitté n'y revenaient que rarement.Et Samantha n'avait pas de famille ici.

Je ne voulais pas gâcher nos derniers instants ensemble. Je ne voulais pas non plus qu'elle retarde son départ ou s'inquiète pour moi et décide tout simplement d'abandonner son rêve de devenir une chirurgienne cardiologue... donc je lui ai simplement ébouriffé les cheveux, d'un air plein d'insouciance, et lui disant de n'pas s'en faire... Ma mère m'en devait simplement une.

Elle s'était détendue et elle était montée dans la voiture. Rigolant comme les jeunes filles insouciantes que nous étions, j'avais fait vrombir le moteur avant de partir sur les chapeaux de roues.

Nous nous sommes attaquées à la route sinueuse qui conduisait vers la ville voisine, où elle devait prendre le bus... La musique à fond et les cheveux dans le vents, nous filions sur la route à vitesse folle.

Nous nous sentions libres, libres comme le vent!

- Anna Lucia! Ralentis! Ralentis!

La courbe était très serrée.

Mais je ne pouvais pas ralentir parce que les freins nous avaient lâchés.

Les freins qui lâchent.

Sur une voiture neuve.

Bien sûr, je savais très bien qui en était l'auteure...

Tout est allé si vite par la suite.

Je n'étais pas une bonne conductrice. Je venais d'avoir mon permis. J'ignore pourquoi Samantha ne portait pas sa ceinture de sécurité j'étais trop occupée à tenter de nous tirer du pétrin. J'essayais de rouler dans les hautes herbes sur l'accotement pour nous faire ralentir, mais nous étions dans une courbe et cet énorme rocher que nous butons et que nous n'avons pu éviter... la voiture qui fait un vol plané... et qui bascule, à demi dans le vide.

Les coussins gonflables ne se sont pas déployés! Ils ne se sont pas déployés! Mon front a frappé très durement sur le tableau de bord et ma ceinture m'a sauvé la vie, je pense bien...

Samantha n'a pas eu cette chance. Elle fut projetée sur le capot.

Je me revois, détachant ma ceinture avec frénésie et tenter d'enjamber le pare-brise de la décapotable, pour lui tendre la main, elle qui s'accrochait au capot du véhicule pour ne pas tomber dans le vide...

La voiture qui penchait de plus en plus en avant...

Samantha me regarda alors avec ses grands yeux doux et elle lâcha tout.

Parce qu'elle savait bien que sinon, je refuserais de l'abandonner... que sinon, nous aurions basculées toutes deux dans le vide, et la voiture avec nous...

J'essaie de ne plus y penser, assise dans les broussailles au sommet de cette foutue montagne.

Mais je n'arrête pas de songer au sacrifice de mon amie d'enfance.

Un sacrifice qui a permis que j'échappe à mon bourreau.

Ce fameux jour de mes seize ans, j'ai pris les bagages de mon amie Samantha, qui étaient dans le coffre de la voiture et je suis partie sans me retourner, me servant de son propre billet d'autobus.

Tous me croyaient morte.

Écrapoutie au fond de ce ravin.

Il y a même un petit monument sur le bord de la route à cet emplacement, que ma mère a fait construire à la mémoire de sa fille Anna Lucia Fedora, qu'elle a beaucoup pleurée devant les médias à l'époque.

C'est exact. Anna Lucia Fedora est morte le 13 mars 2007, dans la région de Yucuna, en Colombie, en bordure de la frontière avec le Brésil, en plein cœur de l'Amazonie.

Chez les Torpederos, on parle de renaissance quand un de leur disciple abandonne son ancienne vie pour adopter le mode de vie des Torpederos, avec une toute nouvelle identité.

Le jour du décès de ma meilleure amie fut le jour de ma renaissance. C'est pourquoi je célèbre toujours mon anniversaire ce même jour.

Samantha aurai voulu qu'il en soit ainsi. Elle n'aurait pas voulu que je la pleur.

Elle aurait voulu que j'honore son sacrifice.

Je serre les poings, levant les yeux en direction de cette fucking Tyrolienne.

Elle n'aurait pas voulu que je renonce non plus et que je me laisse paralyser par la peur.

Je me relève avec détermination et je remets mes mains sur la barre de métal de la Tyrolienne que j'agrippe fermement. Je ferme les yeux, m'élançant dans le vide.

Ma queue de cheval battant au vent, qui me fouette le visage, je retiens mon souffle durant toute la descente.

J'entrouvre un œil, me demandant si la fin du parcours approche pour apercevoir la surface plane du haut plateau de la montagne voisine

Je lâche tout en atterrissant sur le sol.

Debout sur la montagne voisine, je pousse un cri de joie qui se répercute à l'infini dans le ravin séparant les deux monts.

Ouhhhhh! Je lève le poing en l'air en signe de victoire.

Je reprends mon souffle progressivement le nez dans le vent. Un vent humide et chaud du soleil qui commence à être un peu plus haut dans le ciel.

Je glisse ma main sous mon teeshirt pour y attraper la médaille de la vierge miraculeuse que porte toujours au cou et je l'embrasse tendrement. C'est mon amie Samantha qui me l'avait offerte à mon dixième anniversaire. Elle affirmait que la Sainte Vierge allait me protéger. Qu'elle serait comme une seconde mère pour moi.

Les larmes aux yeux, je serre la médaille dans ma main.

Samantha! Tu as vu? J'ai réussi!

J'ai enfin vaincu ma peur!

Rien ne peut plus m'arrêter!

Chapitre 2 Yuri

- Volkov empiète encore sur le territoire de Belinski, ce qui fait que sa marge de profit a diminué...ce qui fait que Belinski va surement se tourner vers nous pour tenter de renflouer ses coffres en nous grugeant du territoire à notre tour... Volkov continue aussi son sale commerce même après que nous ayons fait passer le mot que nous ne voulons pas de cette merde dans notre pays... rapporte un de mes sovietnik, Fritz, un grand barbu avec une belle balafre sur la joue droite.

Pour ce que j'en sais, ce s'rait Bérubé, l'associé de mon cousin, qui lui aurait fait cette cicatrice lors d'un interrogatoire quand il était encore un des chefs de bridage de l'ancien Pakhan de Moscou.

Mais le chef de la Bravta, à Moscou et dans tout l'est de la Russie, c'est moi maintenant et non plus cette enflure de Sergueï Kafran. Et Fritz n'a pas hésité à retourner sa veste pour me prêter allégeance.

Mais je suis toujours un peu méfiant. La seule raison pour laquelle je l'ai nommé à ce poste, c'est que les trois quarts de Boyeviks ici à Moscou le respectent et l'apprécie, alors je ne peux pas faire sans lui.

Tout en examinant mon cellulaire pour le cas où j'aurais reçu un texto, je lui demande distraitement quelle est la situation à Saint-Pétersbourg. Cela fait à peine quatre mois que nous avons pris possession de ce territoire, alors je désire m'assurer que les chefs de brigade et les Boyeviks que j'ai dépêchés sur place ont la situation bien en main.

Fritz me fait un rapport complet et me signale au passage qu'ils ont enfin réussi à démanteler tout le réseau de trafic humain que l'ancien Pakhan de Saint-Pétersbourg avait mis en place. Enfin... Exception faite d'un type qui leur a échappé.

- Il se fait appeler The breaker et ce serait une sorte de ''dresseur'' auquel les trafiquants faisaient appel pour briser les victimes les plus récalcitrantes avant de les vendre au plus offrant. Il parait que de sales richards font aussi appel à lui quand leurs épouses ne sont pas suffisamment dociles, pour les briser si tu vois ce que j'veux dire.

Oui, je vois très bien.

Je lui ordonne de faire circuler des portraits-robots de cette enflure et de faire passer le mot à tous nos contacts. J'offre aussi une récompense assez juteuse! Nous allons aussi mettre sa tête à prix sur le Dark Net, eh, eh!

J'ai ma propre escouade de pirates informatiques... Notre organisation fait la majeure partie de son beurre sur internet, à arnaquer des gogos ou à pirater leurs comptes bancaires. Nous sommes très réputés pour notre expertise dans le milieu criminel et surtout dans le monde virtuel! Alors, un seul mot de notre part sur le Dark Net et nous devrions coincer ce salopard d'ici peu de temps...

Je chasse Fritz de mon bureau une fois que j'ai terminé de lui balancer des ordres et je me lève pour aller me servir un verre de vodka au mini bar. Je m'allume un cigare et je m'écrase dans un fauteuil près du foyer antique au feu qui brule dans l'âtre. Je profite de cette petite pause bien méritée. Plus qu'une petite heure avant le diner. Il ne me reste que peu de temps avant de devoir rejoindre ma mère pour rompre le pain en sa compagnie.

Ma mère qui ne manquera pas de me demander des nouvelles d'Andrea.

Mais des nouvelles, je n'en ai pas. Je me lamente intérieurement tout en soufflant un petit nuage de fumée, savourant mon cigare cubain, gracieuseté de La Costa, lorsque nous nous sommes croisés la dernière fois...

Même sur son lit d'hôpital après avoir essuyé une pluie de balles, ce p'tit con trouvait l'tour de rigoler avec nous et de nous offrir des p'tits cadeaux pour nous remercier de nous être tous déplacés au Japon pour le visiter à l'hôpital.

Ah! Rafael La Costa me surprendra toujours.

Mon regard s'obscurcit quand je me remets à fixer l'écran de mon cellulaire...

Avant, Andrea m'envoyait toujours un ou deux messages par jour... Elle prenait dévotement aussi un selfie d'elle-même en position soumise agenouillée, le soir avant de se mettre au lit, pour me l'envoyer. Elle ne manquait pas non plus d'écrire dans son journal virtuel de soumise ce qu'elle avait mangé lors de ses repas, les trucs qu'elle avait fait... histoire de me tenir informé par le biais de cette application en partage avec moi et que je lui ai fait installer.

Mais depuis qu'elle est partie chez les Torpederos pour subir cet entrainement intensif...

Je n'ai pas eu de nouvelle.

Pas un texto, pas un seul coup de fil, même pas la plus petite photo et encore moins d'entrées dans son journal...

Bref, elle me bat froid et m'ignore complètement.

Oh... elle a une excuse toute fournie.

Soi-disant que les communications avec le monde extérieur sont coupées lors de ses entrainements chez les Torpederos.

Mais, quand j'étais au Japon, j'ai entendu très clairement Sofia, la femme de La Costa, qui est le chef des Torpederos, échanger avec la grand-mère de la soumise de Koto Tanaka chez qui nous étions hébergés, et qui est lui-même un membre de notre confrérie de criminels de haut vol... le Graveyard. (Mais c'est une tout autre histoire...)

Enfin, lors de cet échange, les deux femmes mentionnaient très clairement une collaboration, avec Andrea et nos autres femmes, pour cette collection de vêtements qu'elles comptent présenter à Milan au printemps prochain. Et si Andrea a pu contacter la vieille dame qui se chargera des motifs brodés sur ces vêtements, cela veut dire qu'elle a trouvé un moyen de communiquer avec le monde extérieur, même si on lui a confisqué tous ses gadgets technos à son arrivée chez les Torpederos.

Andrea n'est donc pas vraiment coupée du reste du monde.

L'un comme l'autre... Andrea est un petit génie de l'informatique. Si elle désirait me contacter, elle qui est pleine de ressource l'aurait fait depuis longtemps...

Je caresse mon smartphone et surtout la photo du fond d'écran d'accueil qui l'illumine.

Andrea.

Belle et farouche Colombienne.

Mychonok.

Ma petite souris.

Oh bébé... si tu savais comme tu me manques!

Je dépose mon cellulaire à plat sur ma cuisse pour attraper mon verre sur la table d'appoint et le porter à mes lèvres, soupirant fortement.

Je prends une lapée dans mon verre de vodka et je tire une bouffée de mon cigare avant de le déposer dans le cendrier et de le laisser s'éteindre doucement.

Je couche ma tête sur le repose-tête de mon fauteuil antique et je pousse un nouveau soupir, fermant les yeux.

Je ne pensais jamais qu'une soumise puisse un jour me tenir par les couilles!

Et quelle soumise!

La première fois que mon regard s'est posé sur Andrea, j'ai tout de suite flairé l'arnaque.

Cette fille n'était pas un top-modèle. Loin de là. Elle était petite et un peu boulotte. Mais elle avait tout ce qu'il faut, là où il faut. Des formes volumineuses, et aussi un tempérament très chaud. Le sang bouillant des latinos coulait dans ses veines.

Elle avait aussi un sourire magnifique et quand je la regardais un peu trop longtemps ou que je lui faisais du gringue... Elle rougissait de manière très mignonne.

À première vue, Andrea parait aussi très innocente.

La bonté incarnée.

Mais il n'en est rien, croyez-moi!

Andrea est la femme la plus cruelle et la plus vicieuse que j'ai jamais connue.

Le traitement du silence qu'elle me fait subir depuis un peu plus de trois mois le prouve parfaitement.

Si jeune... et déjà si cruelle!

Oh... doux venin de l'amour!

Andrea a toujours un mot gentil pour tout le monde. Elle donne l'impression à tous de ne se soucier de rien ni de personne... Elle est aussi toujours la première à rendre service et quand elle reçoit une critique, cela semble lui couler sur le dos, comme l'eau sur un canard.

Mais en fait, cette attitude d'apparente insouciance est une manière pour elle de préserver une distance, de ne s'attacher à personne.

De ne laisser personne entrer dans ce petit cœur blessé qui est le sien.

Il m'aura fallu un an pour le réaliser.

Moi aussi je fus trompé comme toutes les personnes qui l'entourent.

Abusé par ce doux visage rond aux yeux noisette et au petit nez si charmant.

Je croyais avoir compris... démasqué Andrea pour ce qu'elle était vraiment, retiré toutes les pelures d'oignon et même découvert toutes ses failles, toutes les crevasses de sa petite personne.

Ses qualités, ses défauts, ses rêves, ses aspirations... ses aptitudes.

Ses mensonges.

Je suis un dom d'expérience. Il n'est pas facile de me duper.

Je croyais donc avoir compris le beau et grand mystère d'Andrea Garcia.

Après tout, elle était si jeune... et donc forcément très naïve.

Au mariage de mon cousin, j'ai un peu flirté avec Andrea, pour le plaisir... J'avais la désagréable sensation que cette jeune femme portait un masque. Elle se disait fascinée par le mode de vie... mais son langage non verbal me disait le contraire.

En fait, il arrivait souvent qu'Andrea mente effrontément sur ses gouts et, même sur des choses très banales.

Son attitude me rappelait beaucoup celle de Yelena, mon ancienne petite amie, qui manifestait de l'intérêt pour tous mes centres d'activités uniquement pour me plaire... Je croyais qu'Andrea mentait aussi pour se donner un genre... pour avoir l'air d'être dans l'coup, comme la femme de mon cousin ou celle de son associé Bérubé, qui se passionnait pour le BDSM et sont dans le mode de vie.

Andrea me semblait simplement surfer sur cette vague... feindre cet intérêt, dans l'espoir que nous deux, ça finirait au lit. Après tout, Andrea cherche à perdre cette virginité depuis si longtemps... Je la croyais toute identique à ces autres femmes qui ne s'intéressent à moi que pour ma belle gueule ou encore pour mon argent.

Le mariage de mon cousin s'est étalé sur plusieurs jours de festivité, comme tous les mariages russes qui se respectent! J'ai donc eu de nombreuses occasions d'échanger avec Andrea et j'ai alors acquis la conviction que tout, à propos de cette jeune femme était faux, archi faux!

Ça me démangeait de lui donner une leçon.

Comme à toutes les autres «Yelena» de ce monde.

Il faut savoir que ma dernière relation D/S exclusive m'avait infligé une blessure très profonde et que je trouvais souvent mon plaisir en tant que dom, à démasquer les fausses soumises... celles qui fréquentent les clubs BDSM dans le but d'accrocher des mecs super riches. Je déteste ces femmes plus que toutes autres.

Mon cousin a bien senti que mon intérêt pour Andrea manquait de sincérité et que je désirais jouer un peu avec ma petite proie si charmante, comme le méchant dominant trop cruel et surtout le sale playboy que je suis. Il a donc mis son pied à terre. Il m'a bien signifié que cette jeune femme est une des analystes de sa société militaire privée... et que donc il me défendait de jouer avec son petit coeur fragile, ce qui risquerait de lui faire perdre un élément de grande valeur au sein de son entreprise.

Il se trouve qu'Andrea est directement sous les ordres de son associé Bérubé, qui est un dominant lui aussi, tout comme moi et mon cousin.

Bérubé, je l'ai appris plus tard à me dépens, est extrêmement surprotecteur envers sa fine équipe de nerds, dont Andrea fait partie.

Mon cousin Drake m'a bien fait comprendre que si je lui brisais le cœur, à cette petite ou si je profitais de sa naïveté... je m'en mordrais les doigts!

Naïveté.

Tu parles!

Andrea n'est pas du tout naïve...

Avec le temps, j'en suis même venu à douter de la seule chose que je n'ai jamais remise en question à propos d'Andrea.

Sa virginité.

Mon cœur se serre dans ma poitrine, parce que maintenant, je connais son secret.

Je sais qu'elle avait de bonnes raisons de me mentir, à moi ainsi qu'à tous les autres...

Mais, si elle m'a aussi menti sur ce point, et connaissant maintenant son passé... cela voudrait dire que sa première fois ne s'est pas passée très bien et que, comme cela fait partie de ce passé qu'elle désire oublier...Andrea a décidé de le nier.

Je refuse de poursuivre cette réflexion parce que chaque fois que mes pensées s'égarent dans cette direction...

Je ne veux même pas y penser.

Non. Sur cela, elle ne m'a jamais menti, je veux y croire!

N'empêche qu'Andrea n'a pas eu la vie facile... Ma poigne se resserre sur le verre que je tiens à la main. Si je pouvais les tenir tous au creux de ma main, ces Podlets (salauds) qui ont fait de sa vie un véritable enfer quand elle était si jeune. Ceux qui lui ont fait perdre tout espoir en la race humaine!

Mon verre se brise dans ma main.

Piz-dets! (bon sang!)

Je bondis de ma place et je vais prendre une petite trousse dans la salle petite de bain rattaché à mon bureau, et je fais couler l'eau sur ma plaie avant de la panser.

Revenant dans mon bureau, je me serre un autre verre de vodka sur le minbar pendant que mon cigare s'est éteint dans le cendrier. Je dois donc le rallumer avec ce briquet en or que m'avait offert Andrea à mon anniversaire l'été dernier.

Andrea a toujours été si bonne envers moi, si patiente... alors que moi, je ne cessais de la tester, de l'éprouver... de la pousser dans ses derniers retranchements.

Je savais qu'elle me mentait et je voulais connaitre la vérité.

Quand j'ai enfin réalisé mon erreur... je ne pouvais plus me retenir et je n'avais qu'un seul désir: me rachetter.

Je lui ai alors demandé de pardonner ma bêtise et je lui ai fait part de mes sentiments... Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était à l'hôpital, après qu'elle fut blessée lors de sa dernière mission.

Foutue mission au cours de laquelle, justement, la vérité sur son passé me fut enfin révélée...

Je rumine intérieurement mon idiotie.

De toute évidence, il est trop tard.

J'ai épuisé la patience d'Andrea envers moi.

Je l'ai pressée comme un citron et maintenant, elle n'a plus une goutte d'énergie à me consacrer...

Quand je lui ai confessé mon amour, elle ne m'a même pas répondu...comme si mon amour n'était pas partagé.

Ensuite, à sa sortie de l'hôpital, j'ai beaucoup insisté pour qu'elle vienne passer quelques semaines chez moi, ici, en Russie, pour récupérer complètement avant de se lancer dans cet entrainement intensif chez les Torpederos qu'elle désirait suivre.

Mais, durant toute la durée de son séjour ici, même si elle était présente de corps, son esprit était ailleurs.

Tout occupée à cette vengeance qu'elle désire prendre sur son ennemi juré: Sa propre mère.

Même les autres ont remarqué que quelque chose n'allait pas entre nous, au mariage de notre ami Julian cet été, juste avant qu'elle parte pour cette formation... Mais moi, je me voilais la face... J'avais du mal à accepter la vérité, il faut croire.

Andrea a épuisé toute sa patience envers moi. Elle me repousse et ne veut sans doute plus d'un dom aussi possessif, autoritaire et intransigeant que je le suis! Je ne peux la forcer. Cela irait à l'encontre de tous mes principes en tant que dominant. Je peux simplement attendre que l'occasion se présente pour moi de regagner son affection.

En attendant, je ne peux que l'aimer en secret.

La main tremblante, je déverrouille l'écran d'accueil de mon cellulaire et je me décide à faire la seule chose possible dans les circonstances: envoyer un texto à La Costa, pour lui quémander des nouvelles d'Andrea, ENCORE.

Chapitre 3 Andrea

Quand je reviens au campement, je suis toute humide et crasseuse. Donc je vais dans la tente que j'occupe en compagnie d'une autre fille pour me chercher des vêtements propres dans mon sac à dos avant d'aller dans le coin des douches.

Ma voisine est déjà réveillée et elle n'est pas dans la tente. Sans doute, est-elle allée faire son jogging matinal avec les autres sur le même parcours que moi je viens de terminer.

Ce campement des Torpederos se situe en Colombie dans une réserve naturelle au cœur de l'Amazonie. Il y a l'électricité et l'eau courante dans le baraquement des toilettes et des douches, qui contient aussi une petite laverie. Mais dans nos tentes et ailleurs il en va autrement.

Quelques abreuvoirs sont dispersés sur les sentiers en forêt, et nous avons aussi connecté des boyaux d'arrosage à l'un de ses abreuvoirs pour notre cuisine improvisée. Rebecca, une des initiées de haut niveau responsable de la cantine, s'est aussi improvisé au réseau électrique à l'aide de rallonges partant de cabane des douches pour pouvoir cuisiner sur une plaque électrique portative. Mais en dehors de cela, il n'y a pas d'autre confort.

Il n'y a pas non plus d'eau chaude, alors vous avez intérêt à ne pas trainer dans la douche! J'ai toujours eu du mal à supporter le froid, mais ici, il fait tellement chaud, et avec l'effort physique que je viens de fournir, cette douche froide est très rafraichissante.

Quand j'en sors, je me sens fraiche comme une rose. Prête à entamer une nouvelle journée d'entrainement!

J'enfile un pantalon cargo de style militaire et un teeshirt au motif de camouflage similaire à ceux que je portais avant de quitter la cabine de ma douche. Des sandales dans les pieds, je me sèche les cheveux tout en revenant vers la tente que j'occupe. Je crois alors ma colocataire, une Ukrainienne. Ses vêtements sont en sueur et une de ses mèches de cheveux est collée à son front. Elle est aussi couverte de boue sur tout le bas du corps, ce qui me dit qu'elle a dû tomber dans un de ces trous de bouette disséminés sur le parcours.

L'Ukrainienne me regarde de haut comme toujours et m'ignore en passant devant moi, avec sa serviette, ses vêtements propres et son nécessaire de toilette. Elle me bouscule légèrement en passant près de moi.

Elle doit penser comme toujours que j'ai échoué à la Tyrolienne encore ce matin. La première fois que c'est arrivé, ils étaient tous présents. Depuis ce temps, les trois Ukrainiennes de notre groupe, qui m'aimaient bien au début, me prennent de haut et me méprisent.

Le Japonais n'y était pas allé de main morte lui non plus, la première fois que j'ai paralysé devant cette fucking tyrolienne:

- Non, mais quelle Baka! (idiote) Ça vient suivre un entrainement chez les Torpederos, parmi les meilleurs des meilleurs, et ce n'est même pas foutu de se servir d'une Tyrolienne... La peur des hauteurs! Tu parles! Quelle froussarde!

Ce Japonais me déteste et je le lui rends bien. Nous sommes partis du mauvais pied et ce n'est pas de ma faute. Quand je suis arrivée chez les Torpederos, en Espagne, le premier jour de notre entrainement au combat, j'ai remarqué que ce Japonais du nom de Riku ne choisissait toujours que des partenaires plus faibles que lui lorsque nous nous exercions aux arts martiaux.

Il ne faisait pas que choisir des partenaires plus faibles histoire de bien paraitre devant notre Sensei, qui était, au moment des faits, maitre Pablo La Costa dit l'Ancien.

Non. Ce Japonais ne retenait même pas ses coups alors qu'il savait très bien que ses adversaires étaient plus faibles que lui. Une des toutes nouvelles recrues, (tout comme moi) du nom de Sabrina en faisait même des cauchemars la nuit. Je partageais la même chambre qu'elle dans les dortoirs, sur la couchette du bas, et je l'avais même entendu pleurnicher en secret. La pauvre!

Alors, le troisième jour, n'en pouvant plus, je suis allé le trouver avant qu'il martyrise encore un autre débutant (pour ne pas dire total noob) de notre groupe.

Riku n'a que 17 ans, mais il est très grand et très costaud en comparaison de moi, qui suit ''la petite boulotte du groupe'', comme je fus ainsi qualifiée à mon arrivée par lui et sa petite clique de ''macho men''. Alors bien évidemment quand je l'ai défié, Riku en a été très amusé. Il croyait pouvoir me battre en moins de deux. Mes derniers partenaires étaient eux aussi de nouvelles recrues de calibre plutôt moyen... donc il devait se dire qu'il allait m'humilier en beauté.

Malheureusement pour lui, je m'entraine à la boxe brésilienne depuis que je suis toute jeune, et quand je suis entrée à Sidov Corp, il y a deux ans, mon supérieur hiérarchique a beaucoup insisté pour que je débute un entrainement très intensif aux arts martiaux, celui de mon choix, m'avait-il dit. Il a même ajouté que je n'aurais pas le droit de partir en mission sur le terrain tant que je n'aurais pas réussi à battre celui qu'il m'avait désigné pour instructeur, ce qui était très difficile.

Malgré tout, il m'a fallut moins d'un an pour y arriver! AH! Si vus aviez vu la tête que faisait mon instructeur, un type du nom de Basile qui est super macho lui aussi... quand je l'ai étalé à terre!!!

Il faut dire que j'avais choisi le kung-fu comme art martial et que j'y mélange souvent quelques petits enchainements de boxe brésilienne et quelques autres trucs bien salaces que j'ai appris dans la rue.

J'ai fugué à l'âge de 16 ans, je vous rappelle. Je vivais dans la rue les deux premières années et je devais me battre pour survivre.

Tandis que Riku, lui n'est qu'un gosse de riche. Un enfant gâté. Il se dit le membre éminent d'une bande de yakuzas et très sincèrement, je connais moi aussi un membre de son clan, Koto Tanaka, un yakuza de grande envergure que j'ai croisé quand j'étais basée à Londres...

Riku a beau se vanter, mais il n'arrive même pas à la cheville de son oncle Koto. En comparaison, il n'est qu'une petite merde un peu trop arrogante. Une petite merde sans honneur qui s'en prend toujours aux plus faibles que lui.

Je souris en moi-même tout en me séchant les cheveux, assise sur ma paillasse. Chaque fois que je songe à la façon dont j'ai étalé ce chico (petit con) sur le tapis devant tout les autres, je suis morte de rire! L'Ancien en était lui-même très amusé.

Cet imbécile de Riku a dit que ce n'était qu'un coup de chance et il a essayé de me battre trois matins de suite lors des entrainements libres sans le moindre succès. Ce n'est qu'à ce moment que Miguel, un Latino-Américain avec plus d'ancienneté chez les Torpederos, a enfin daigné l'informer:

- Pendejo! (imbécile) Tu t'attaques à une des agentes de Sidov Corp et tu crois pouvoir la battre!

À partir de ce jour, même Maurice, ce petit Français ultra pédant au père multimillionnaire était un peu plus prudent quand il passait des remarques en ma présence. Les trois Ukrainiennes ont aussi commencé à me considérer comme une adversaire de taille et elles ont pris leurs distances avec moi, parce qu'ici, tout le monde cherche à obtenir la reconnaissance de Maestro Cabeza... donc toutes les recrues et les disciples de moins haut degré sont plus ou moins en compétition les uns contre les autres, lors des entrainements. Ils espèrent éventuellement se démarquer et être remarqués du chef de leur organisation, et possiblement être mutés à des postes plus importants, comme ce fut le cas de l'un des leurs récemment. Il s'agit de Jun, le cousin de Riku et aussi le fils de Koto Tanaka justement. On raconte qu'il a son propre Dojo maintenant et dirige un des chapitres des Torpederos.

Bref après que j'aie humilié publiquement ce Japonais et que je lui aie fait ravaler sa fierté... tous me craignaient plus ou moins et ceux qui ne me craignaient pas me rangeaient dans la catégorie des rivales de grande valeur...

Il faut dire aussi que ce que Miguel leur avait révélé me rendait encore plus redoutable. En effet, tout le monde au sein de la ligue d'assassins des Torpederos connait la réputation de Sidov Corp. C'est même nous qui avons conçu tout leur nouveau système de sécurité, y compris que tous les mécanismes des pièges sur ce parcours de la mort que nous devons exécuter tous les matins, sur celui des sites d'entrainements des Torpederos qui se situe en plein cœur de la forêt d'Amazonie tous les matins.

Tous les l'ignorent, mais j'en suis d'ailleurs une des conceptrices. C'est pourquoi, si ce n'était pas de cette fucking tyrolienne, je posséderais déjà le record de vitesse d'exécution de ce parcours, parce que je sais déjà où sont tous les pièges sur le circuit.

J'étais d'ailleurs impatiente de tester le parcours.

Impatiente aussi de quitter enfin le quartier général des Torpederos en Espagne pour être parachutée ici en Amazonie. Parce que je savais que les petits entrainements en Espagne, les périodes successives de jeûne qu'on nous y infligeait, et les cours d'initiations à la médecine traditionnelle chinoise de l'Ancien... tout cela n'était qu'une mise en bouche!

Un amuse-gueule!

Le véritable entrainement commençait ici, en Amazonie, quand nous serions tous transportés en hélico sur ce campement en plein dans la jungle.

Mais tout ne s'est pas passé exactement comme prévu. En effet, Maestro Cabeza a fait l'objet d'une tentative de meurtre lors d'un voyage à l'étranger trois semaines avant notre départ. Évidemment, l'Ancien s'est immédiatement rendu au Japon, là où se trouvait son petit-fils, Rafael La Costa, entre la vie et la mort...

Ensuite, même après qu'il fut rapatrié en Espagne, Maestro Cabeza avait besoin d'un temps de convalescence pour soigner ses blessures. Notre départ fut donc retardé jusqu'à la mi-novembre et nous ne sommes ici que depuis deux semaines.

Ce devait être Maestro Cabeza qui dirige les entrainements la majorité du temps, mais à la place, c'est unm de ces subordonnés qui nous entraine quand cela demande d'être dans une parfaite forme physique et le reste du temps, c'est l'Ancien qui dirige alors qu'El Cabeza se contente de suivre à distance. Il intervient très peu, car il n'est pas encore parfaitement remis de ses blessures et que le climat tropical ne l'y aide en rien. Je suis convaincue que Sofia aurait préféré qu'il poursuive sa convalescence à la maison un peu plus longtemps et qu'elle doit être très en colère présentement.

Mais elle n'y peut rien parce qu'El Cabeza ne doit pas montrer la moindre faiblesse devant ses hommes...

Ces deux premières semaines ont été vachement humiliantes pour moi.

À cause de cette fucking de Tyrolienne!

En plus, maintenant, tout le monde sait aussi que le travail que je fais à Sidov Corp est majoritairement celui d'une analyste et d'une technicienne informatique. Ils croient donc tous à tort que je ne suis jamais allée sur le terrain. Jamais allée en mission. Je ne peux pas vraiment les contredire, parce que jusqu'à tout récemment, c'était plus ou moins vrai...

Ils croient donc tous que je ne suis pas aussi géniale que le laissaient croire mes aptitudes pour les arts martiaux.

Il est vrai que j'ai rarement fait face au danger, lors de mes deux dernières années passées à Sidov Corp...

Mais je suis une enfant de la rue!

C'est même une des raisons principales pour lesquelles Philipe Bérubé, ce fin stratège et ce développeur de génie, ainsi que Drake Sidov, surnommé le boucher de New York, m'ont recruté personnellement au sein de leur boite de sécurité.

Alors ils devraient tous se méfier!!!

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