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Je ne souris pas à la vie, je me bats à conquérir ce qu'elle a oublié de me donner, se battre jour après jour pour ne pas subir ma destinée.
Sonia Lahsaini
Il est temps de s'éloigner, de rompre les amarres et de s'aventurer sur l'océan de la vie. Il sait déjà qu'il y aura ces tempêtes que les marins appellent le « gros temps », des moments de doute et de renoncement, mais il s'efforce de croire qu'il sera un navigateur averti, à la mesure de sa volonté de vivre. D'ailleurs il n'a pas le choix, il s'en persuade et évacue énergiquement l'idée qu'il puisse renoncer. L'avenir est là, en face, à l'horizon bleuté au-delà duquel cependant, il se refuse à imaginer quoi que ce soit. Il préfère accorder une confiance aveugle à sa bonne étoile, celle qui l'a guidé et protégé jusqu'à présent, avant qu'il ne s'élance, bientôt, vers ce qu'il pense être « son Nouveau Monde ». Il préfère aussi ne pas trop s'attarder sur la fiabilité de l'embarcation sur laquelle il naviguera car, même sans assurance, le moment venu, il sait qu'il n'hésitera pas à se jeter à l'eau. À vingt ans, tout est possible. Même l'impossible. Rien ni personne ne le retiendra. Ainsi a-t-il décidé.
Il fait beau en cette fin de mois d'août. Les promeneurs, nombreux, arpentent la ville. Quelques-uns s'arrêtent et commentent les stigmates des affrontements urbains car le Cours des Cinquante-Otages présente encore l'allure d'un champ de bataille. Tout en y cheminant, léger, il se remémore les guérillas nocturnes dont ce lieu fut le théâtre deux mois auparavant. Les gaz lacrymogènes qui brûlaient les yeux. Les gens qui couraient dans tous les sens. Et ce vent de folie qui soufflait sur la ville. Dès la nuit tombée, les hostilités s'ouvraient selon un scénario immuable : les manifestants provoquaient les gardes mobiles qui répliquaient par un feu nourri de grenades lacrymogènes. Repliés en hâte derrière les barricades, constituées d'arbres abattus, de carcasses d'automobiles, d'un amoncellement de pavés et d'objets hétéroclites, les jeunes gens, foulard sur le nez, répliquaient avec des cocktails Molotov. Entre deux affrontements, les ambulances prenaient en charge les blessés et les deux camps s'observaient dans l'attente du prochain assaut dont on ne pouvait dire, cette fois, de quel camp il viendrait. Il en était ainsi jusqu'à l'aube à la faveur de laquelle les insurgés s'évanouissaient. Les compagnies de CRS, faute decombattants, se retiraient un peu plus tard en laissant toutefois, ici et là, quelques points de garde. C'était l'heure pour lui de rejoindre le Marché d'Intérêt National, sur l'esplanade du Champ-de-Mars, un peu plus loin, et d'aller tirer les baladeuses chargées de fruits et de légumes. Au milieu de la matinée, les paupières lourdes, il enfourchait sa bicyclette, passait les deux bras du fleuve et regagnait sa ville de banlieue. Il a vingt ans et bientôt il partira à Paris.
Il s'assied à la terrasse d'un café et réfléchit à ce qu'il fera à Paris. Quelqu'un lui a dit que pour réussir il fallait « monter à Paris ». Mais réussir quoi ? Ce ne sont pas quelques poèmes adolescents qui éblouiront Paris. Mais alors, qu'irait-il faire à Paris sinon gagner sa liberté et apprendre la vie... ? Il avale à petites gorgées la bière que le serveur vient de lui apporter. Mais, bien vite, il revient à des réflexions auxquelles il ne peut échapper : les préparatifs de son départ. Un cousin, qui se rend dans la Capitale pour une réunion politique, a proposé de l'emmener en voiture. Il économisera ainsi le prix du voyage. C'était déjà ça. Il le déposera ensuite à la Porte d'Orléans d'où il devra emprunter un autocar qui le mènera en banlieue parisienne, vers une bourgade connue pour son circuit automobile. Après, c'était l'inconnu, l'incertitude, le « au-delà de l'horizon bleuté » en quelque sorte. Outre une rémunération mensuelle, il sera « nourri, logé, blanchi », selon la formule de son contrat de travail qu'il a reçu l'autre jour. « Surveillant d'internat », mais « ce n'est pas un métier », lui a fait remarquer sa mère quelque peu contrariée. Peut-être bien. Mais ça lui donnera le temps de réfléchir. De faire le point sur sa vie. Cette vie dont il ne sait trop quoi en faire. Jusqu'à douter, même, qu'elle le mènera loin. D'ailleurs, quand sa sœur aînéea fait une tentative de suicide le mois dernier, n'a-t-il pas imploré le ciel qu'on lui prenne la vie plutôt que la sienne ? Elle a survécu, sa frangine, et lui aussi jusqu'à présent. Alors il lui faut continuer, vaille que vaille, à défaut d'être animé d'un enthousiasme débordant. Mais pourquoi la vie ne serait-elle pas belle aussi pour lui ? Et d'abord, pourquoi ne se sent-il pas comme les autres ? Car, inexplicablement, il ne voit pas « les autres » en proie aux doutes qui l'assaillent et le taraudent, lui, en permanence. Il voit en eux, au contraire, la joie de vivre et l'insouciance de leur âge. Leur assurance s'affirmant, même, alors que la sienne balbutie et le confine dans une timidité paralysante. Combien de fois s'est-il détesté, a-t-il enragé et pleuré en secret ? Combien de fois a-t-il voulu disparaître sous terre ? Mais la souffrance, jusqu'à présent, ne l'aura pas tué. Juste affaibli, inhibé, même s'il cherche désespérément des réponses aux questions qu'il se pose. Des questions qu'il tourne et retourne dans sa tête sans trouver le début d'une réponse. Mais il se sent bien, à cet instant, et ne veut plus penser à rien. Il évacue ses réflexions et hume voluptueusement l'air tiède de cette fin d'été.
- Une autre bière, monsieur... ?
Il sursaute et lève les yeux vers le serveur planté devant lui. Il a son âge ou à peu près. Il est beau et aussi brun que lui est blond. À cet instant, il découvre, amusé, qu'il n'est pas homosexuel et ne le sera jamais. Cette réflexion soudaine le fait sourire. Il tarde à répondre, allume une cigarette et lâche enfin :
- Oui, pourquoi pas, s'il vous plaît !
Son cousin lui a dit qu'il devra être discret pendant le voyage, ne pas se mêler de la conversation. Alors il regarde le paysage défiler et, à un moment, reconnaît la Beauce, cette région d'où son père est originaire. Il l'a décrite tant de fois, son père, cette région, autour de la table familiale, qu'il ne peut se tromper. Cette immensité cultivée, qu'il découvre enfin, est en effet impressionnante. « Le grenier de la France », répétait-il souvent pour marquer les esprits. Son cousin converse de temps en temps avec les deux hommes assis devant. Ils « parlent politique ». Nous sommes aux premiers jours de septembre 1968 et les événements du printemps sont encore bien présents. D'ailleurs, les trois militants vont participer à une réunion trotskiste à Paris. Mais cela ne le regarde pas. Même si cette période troublée ne l'a pas laissé indifférent. N'a-t-il pas écrit des poèmes incendiaires sur la vieille machine à écrire, de marque « Rovy », que lui avait offerte un oncle ? Poèmes qu'il allait discrètement apposer, la nuit, sur les murs du village. Son père, alors militant communiste, en avait parlé en famille, gravement, et son regard s'était attardé sur le sien, avec insistance. Il savait. Il en était sûr. En était-il fier, secrètement, ou le désapprouvait-il sans le trahir ? Ilne le sut jamais. Même si, àl'époque, il se souvient quele « vieux » fulminait souvent contre les « Gauchos » qui n'étaient, selon lui, « que des fils de bourgeois ». Justement, son fils, lui, n'était pas un fils de bourgeois et peut-être cette soudaine réflexion avait-elle semé le trouble chez cet ouvrier des chantiers navals. La circulation se fait à présent plus dense. Paris n'est plus très éloigné. C'est la première fois qu'il y vient. Mais dans un premier temps, il ne verra que la Porte d'Orléans. Il remercie le cousin et ses copains, sort sa valise du coffre et se dirige, un peu hésitant, vers une station d'autocar dont l'un, plus tard, le déposera à Montlhéry, petite bourgade de l'Essonne, haut perchée et dominée par une tour médiévale. Il entame alors la remontée de la rue de la Chapelle, en traînant sa lourde valise et en étant attentif aux numéros qui vont en décroissant. Enfin, presque en haut, il parvient au numéro huit, le terme de son voyage. Le portail est ouvert et il accède à un porche, puis à une petite cour. Il s'y aventure timidement en espérant y voir quelqu'un. Mais personne ne vient à sa rencontre. Alors, un peu plus loin, il passe un second porche, ouvre une lourde porte, ets'offre à lui un autre espace surplombé d'une autre cour, de récréation, probablement, au fond de laquelle il aperçoit un préau. Sur sa gauche se dresse un bâtiment de plusieurs étages, et sur sa droite ce qui doit être des salles de classe. Un homme de forte corpulence en sort à ce moment. Alors, il pose sa valise et se présente :
- Bonjour monsieur, je viens prendre mon poste de surveillant...
- Ah ! Vous êtes le premier arrivé, monsieur... ?
- Jeanneret, Marc Jeanneret...
- C'est vous, le Nantais ?
- Oui, monsieur, c'est moi.
- Suivez-moi dans mon bureau, nous allons tout de suite procéder aux formalités administratives.
Après, c'est la visite des lieux : le réfectoire, les salles de classe et les dortoirs. Il résidera au second étage, avec les « moyens ». Une chambrée en forme de U et au milieu, sur la droite, un box qui sera sa chambre. En découvrant ce lieu, il ne peut s'empêcher de penser au film « La guerre des boutons », à la fin, quand Petit Gibus entre à l'internat. Beaucoup plus tard, voir au cinéma « Les choristes » lui rappellera encore les mêmes souvenirs. Le surveillant général, quoiqu'un peu bourru, ne semble pas être un mauvais bougre. À suivre cependant, car il lui a néanmoins conseillé, avant la rentrée, c'est-à-dire, après-demain, d'aller se faire couper les cheveux...
Il ne s'en souvient pas mais on lui a raconté. Il pleurait souvent et se tapait furieusement la tête en arrière contre l'appui de sa chaise haute. Ses parents ne comprenaient pas ses colères violentes mais finirent par consulter le médecin qui diagnostiqua une mastoïdite, c'est-à-dire, une otite mal soignée. Opéré en urgence, il fut sauvé in extremis. Régulièrement, encore aujourd'hui, il introduit le petit doigt derrière son oreille droite et constate, toujours avec amusement, ce petit creux qui fut sa première survivance. Grâce à ce médecin breton, du nom de Penanhoat, rustaud et peu enclin à faire dans la douceur. Le même, plus tard, qui invita fermement ses parents à quitter cette maison des bords de Loire cernée par les eaux en hiver, au rythme des marées. « Le petit ne résistera pas longtemps ! », avait-il martelé (selon ce qu'on lui avait raconté après),« les murs de cette maison sont pourris d'humidité... » Il se souvient des cataplasmes que lui apposait son père, le soir, quand il rentrait des chantiers navals, et qui le faisaient hurler. Sûrement se trompait-il dans les doses, son père, mais avec le temps, et la survivance confirmée, il lui pardonnera volontiers. De cette époque, il gardera aussi le souvenir de « l'huile de foie de morue obligatoire », le remède miracle de l'après-guerre, dont il n'oublie jamais, encore chaque hiver, de faire une cure.
Montlhéry est à vingt-cinqkilomètres de Paris, donc « impossibilité de suivre des cours dans la capitale » précisait l'offre d'emploi de « surveillant d'internat » pour laquelle il avait été accepté. En revanche, « le temps laissé libre favorise des études par correspondance ». Mais comme il ne sait encore comment orienter sa vie, il n'est pas plus avancé. Dans les premiers temps, il en profite pour réfléchir et visiter ce bourg au charme moyenâgeux. Il prend l'habitude d'aller se promener au Parc-de-la-Tour.
On y accède par un entrelacs de chemins jusqu'au sommet de la butte, là où se dressent les ruines du château. Du haut de la tour, le paysage est grandiose et offre un panorama exceptionnel sur la vallée de l'Orge. Par temps dégagé, même, on peut apercevoir la Tour-Eiffel, lui a-t-on certifié.« J'arrive, Paris, j'arrive, mais laisse-moi le temps ! », s'était-il dit, en observant plus tard le symbole parisien. Sûrement ce paysage aura-t-il inspiré Paul Fort, surnommé « Le prince des poètes », qui vécut à Montlhéry et où il repose, depuis 1960, dans sa propriété d'Argenlieu, en face, sur la colline avoisinante. Il s'amuse à penser que le petit cheval du poète « qui avait tant de courage dans le mauvais temps » lui ressemble aujourd'hui. Mais dans le poème, devenu chanson grâce à l'assistance de Georges Brassens, il y a « l'éclair blanc » qui relativise singulièrement son optimisme...
Il a désormais ses habitudes au café, situé en haut de la rue, près de l'église. Il sympathise avec le tenancier. Les après-midis, parfois, ils bavardent ensemble. Le bonhomme est un enfant du pays. Il connaît tout et tout le monde. Un jour, il lui confie qu'il est le parfait sosie d'un chanteur connu. Chanteur qui, « il y a quelques années », précise-t-il, fréquentait l'internat en tant qu'élève où lui, aujourd'hui, est surveillant. Plus tard, il découvrira, amusé, qu'on le désignait, dans le bourg, du nom de cet artiste qui revenait encore souvent, surle circuit tout proche, exercer ses talents de pilote automobile. Il imagine qu'un jour, lui aussi, ressentira le besoin de faire chanter les mots. Ces mots qui peuplent ses poèmes. D'ailleurs, ne s'est-il pas surpris, maintes fois, à s'arrêter devant les vitrines pour admirer les guitares qui s'y étalaient ? Elles semblaient l'inviter à entrer dans le magasin, à les saisir, à les caresser et à les faire vibrer... Mais le moment n'est pas encore venu. En attendant, le dimanche, il rédige les comptes rendusdes matchs de football de l'équipe locale pour le journal : « L'Essonne ». Il signe ses articles, et il est fier, chaque semaine, de voir figurer son nom à la rubrique sportive. À plusieurs reprises, il aura affaire à des joueurs mécontents de ses commentaires. Mais le journal, appréciant « ses papiers », lui maintiendra sa confiance. Peut-être, un jour, lui confiera-t-on des reportages de plus grande envergure... À ce propos, un cousin germain, Jean-René, est correcteur au journal « Le Monde », à Paris. Il faudra qu'il passe le voir.
Ainsi les jours, les semaines et les mois passent-ils, entre la surveillance des cours de récréation, des études, des dortoirs et des réfectoires. Il aime ce travail et le fait bien en dépit de « petits problèmes d'autorité » que relèvera le surveillant général. Parmi les pensionnaires, nombre sont des fils de commerçants parisiens. Ils repartent chez eux le samedi matin, par autocar, jusqu'à la Porte d'Orléans, et reviennent le lundi matin. Le pensionnat lui paraît alors bien lugubre ainsi vidé de sa marmaille grouillante et bavarde. Le réfectoire ne fonctionnant plus,quelquescent mètres, en face, après une forêt de pins. Il y fait la connaissance de Béatrice, une jolie brune, avec laquelle, d'un commun accord, il partagera son jour hebdomadaire de congé. À la fin du séjour, il se fera déposer à Nantes, par le convoi des colons qui rentre à Paris, afin de passer quelques jours avec sa famille, heureuse de le revoir.
À la rentrée, il se verra confier « le dortoir des petits », les six et sept ans. Peut-être, ou sûrement, le surveillant général aurapris en compte son manque récurrent d'autorité ?... Il ne veut pas le savoir. Ce soir, les enfants couchés et endormis, il écrit à Marie, une autre monitrice qu'il a connue cet été en colonie de vacances. Il la revoit, entourée de son équipe de garçons, jouant de la flûte au milieu des pins. Lui, revient de la plage avec la sienne. Les garçons, soudain devenus attentifs, alors qu'ils chahutaient bruyamment dix secondes auparavant, s'arrêtent, écoutent et applaudissent à l'issue du concert improvisé. La musicienne a les yeux « couleur océan » et les cheveux blonds. Elle remercie l'assistance, et c'est à cet instant, il se souvient, que leurs regards se sont croisés. Il remarquera alors la mobilité de ses yeux malicieux et rieurs. Il apprendra plus tard que la musicienne est Bourguignonne. Ils se voyaient parfois, au hasard des activités,se saluaient, échangeaient quelques mots et repartaient bien vite à leurs occupationsavec leur groupe respectif. Ce n'est qu'à la fin du séjour, au moment de se séparer et de monter dans les autocars, qu'ils échangèrent leurs adresses. C'était une habitude entre le personnel encadrant, et même parfois avec les enfants. Un rituel accompagné verbalement d'un : « on s'écrira » qui n'était évidemment pas toujours suivi d'effet. Il ne sait plus comment, mais il avait eu connaissance de sa date de naissance. Après-demain sera son anniversaire. C'est l'objet de son courrier. Soudain, il dresse l'oreille. Il entend qu'on l'appelle :
- Monsieur, monsieur...
Il pousse la porte déjà entrouverte, sa lampe torche dirigée vers le sol, et demande à voix feutrée :
- Oui, que se passe-t-il ?
- Il y a Samuel qui pleure...
En s'efforçant de ne pas faire craquer le vieux plancher, il se dirige au fond du dortoir, parvient au pied du lit et se penche sur l'enfant qui gémit en hoquetant. Sur ses joues, il voit perler de grosses larmes. Encore une fois, la situation l'émeut beaucoup mais il ne doit pas le montrer. Alors il s'efforce d'être réconfortant. Comme sa mère savait le faire, il lui dit à l'oreille :
- Qu'est-ce qui ne va pas, petit bonhomme ?
- Je veux voir ma maman et mon papa...
- Mais tu les verras samedi, après-demain, ça viendra vite...
Puis il s'assied sur le bord du lit et murmure :
- Je vais te dire une histoire...
Il revoit sa mère, quand il ne pouvait s'endormir, lui conter « l'histoire du petit ours perdu dans la montagne mais qui retrouve à la fin ses parents ». C'était toujours la même, avec quelques variantes, parfois, quand sa mère voulait faire preuve d'imagination. Il ne l'oubliera jamais, cette « histoire qui le faisait s'endormir ». Elle est désormais blottie au creux de sa mémoire. L'enfant se calme enfin et s'endort. Il peut regagner son box et continuer de rédiger sa lettre pour Marie.