1-
Mercredi 5 Avril...
~~~ L'esprit d'Alec est aux aguets.~~~
« Bonjour. C'est bien ici qu'habite mademoiselle Gaëlle Azizet ? »
« Oui. Mais il est 6h du matin ! Je vous signale. »
« Oui, nous le savons. Veuillez l'appeler et lui demande de nous suivre. »
Je me frotte de nouveau les yeux alors que je suis rentré de ma garde il y a une heure était en plein sommeil. Je remarque que les deux policiers en uniforme qui ont sonné à la porte, entrent dans l'appartement sans même attendre d'y être invité.
« Nous vous prions d'informer mademoiselle Azizet que nous sommes là par ordre du juge. Elle a 10 minutes pour se préparer et nous suivre. », fait l'un d'entre eux en me regardant droit dans les yeux.
J'ai l'impression d'être en plein tournage d'un film de science fiction. Même si nous nous attendions à ce que cette folle de patiente, Mme De La Fresse, mette ses menaces à exécution, je suis troublé de savoir que les choses peuvent prendre un tournant irréversible à ce point. Je laisse les deux policiers dans le salon et vais dans la chambre. Gaëlle est toujours endormie. J'ouvre son placard et en sort un jean, un tee-shirt et un pull-over, avant de la réveiller tout doucement et de lui dire :
« Darling, désolé de te réveiller, mais il se trouve que deux policiers t'attendent dans le salon ! Habille-toi pendant que j'essaie de joindre un ami de mon grand-père. Il saura m'aiguiller. »
C'est sans trop de panique qu'elle se réveille avec tout de même le visage inquiet. Elle s'habille alors que je tiens mon téléphone portable à l'oreille attendant que François De Bellac décroche. Chose qui est faite quelques sonneries plus tard. Je prends le temps de lui expliquer la situation et accompagne Gaëlle dans le salon pour demander aux policiers où ils l'emmènent.
« Ils l'emmènent au commissariat de Chênée ! », dis-je à François de Bellac a u téléphone.
C'est déchirant mais je n'ai as d'autre solution que de regarder Gaëlle s'en allée sans rien pouvoir faire d'autre que de l'embrasser en lui disant que l'avocat sera là-bas à son arrivée.
Les choses les plus bénignes peuvent se transformer en catastrophe sans même qu'on ne voit venir quoique se soit. Je suis intérieurement défait. J'ai envie d'expulser la colère et la rage qui prennent mon esprit en otage mais je sais que cela ne servira à rien d'enfoncer mon point dans l'une des portes de l'appartement. Je me ressaisi et prends le téléphone pour appeler ma mère, puis le Dr Azizet et ensuite Miro.
« Désolé de te déranger, mec ! Comme on s'y attendait, cette folle à porté plainte ! »
« Zut alors ! Je pensais qu'elle ne le ferait pas. Alors, que s'est il passé ? »
« La police vient d'emmener Gaëlle. Elle risque gros et je me sens complètement inutile car ils n'ont pas voulu me laisser l'accompagner. »
« Écoute, il est à peine 1h du matin. Tania est endormie depuis deux heures déjà. Je te rappelle tout à l'heure. Mais déjà, assure-toi qu'il y a bien un avocat à ses côtés et qu'elle ne subira pas de vexations et autres mauvais traitements. »
« Tu y crois toi, Miro ? Tu penses qu'ils peuvent l'expulser comme ça, d'un coup ! »
« Tout est possible ! Elle est étrangère ! Ils se feront un plaisir de la remettre dans l'avion. »
« Bien ! Je te laisse. Il faut que je rappelle ses parents. Sa mère est complètement paniquée. »
« A tout à l'heure, Alec. »
Je raccroche et compose à nouveau le numéro du Dr Azizet. Il me répond l'esprit plus réveillé que tout à l'heure :
« Alec, dis-moi ! Que veut cette femme ? »
« Euh ! Ce qu'elle veut...euh...Je n'en sais rien. Elle me fait des avances depuis des jours. Elle a poussé le bouchon jusqu'à venir me faire la cours à domicile ; et voilà. Il n'y a rien eu entre nous et je ne comprends pas son entêtement. Mais là à l'instant, ce n'est pas elle qui m'intéresse. »
« Mais il va bien falloir discuter avec elle pour éviter que Gaëlle ne se retrouve dans l'avion en pleine années universitaire. Si au moins elle avait déjà validé son année, je m'en foutrais mais là, c'est si elle perdait tout ! Ah, sacré pays ! Ici, ce genre d'histoire ne conduit pas en prison ! Qu'est ce qui ne va pas dans cette Belgique ? », me lance mon beau-père.
« Je suppose que cette dame joue sur le fait qu'elle est puissante ! C'est l'une des grandes fortunes du pays. Feu son époux était un duc ou un comte de je ne sais quoi. Elle peut acheter tous les avocats et les juges qu'elle veut. Elle est en position de force et en profite. »
« Il ne nous reste plus qu'à prier. J'espère seulement que ma fille ne subira aucun sévisses. »
« Un ami de mon grand-père a mis son avocat sur le dossier ; il la rejoint au commissariat. J'espère que j'aurais la possibilité de la voir dans la matinée. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit car j'étais de garde ; »
« Tu ferais mieux de dormir un peu. Il n'est pas prudent de conduire dans cet état. Appelle-nous dès qu'il y a du nouveau. Il faut que j'aille calmer mon épouse ; elle est dans le jardin en train d'invoquer tous ses ancêtres. »
« A tout à l'heure, Dr. »
Je raccroche et vais prendre un verre de lait dans la cuisine ; là, je reste longtemps appuyé au plan de travail me demandant ce qui ne va pas. J'aimerais secouer la tête et sortir comme par magie de ce cauchemar. Quand je pense qu'il y a 3 jours à peine, nous faisions la fête avec tous nos amis !
Mon téléphone sonne ; c'est ma grand-mère qui appelle pour s'enquérir de la situation car ma mère l'a mise au courant. J'essaie de trouver les mots justes pour la rassurer mais je n'y arrive pas vraiment. C'est elle qui prend le relais et me dit :
« Cette folle ne l'emportera pas au paradis, crois-moi ! »
« Croisons les doigts, Mamie ! », lui dis-je en lui promettant de la rappeler.
J'avale mon verre d'eau et repars dans la chambre pour tenter de dormir. C'est peine perdu ; impossible de fermer l'œil. Le vide autour de moi semble me rire à la barbe et je me sens d'un tout profondément seul et perdu. C'est alors que sonne mon téléphone. Une voix qui se veut mielleuse me dit :
« Hi Docteur ! Alors, puis-je espéré un peux de compréhension de votre part ? Nous pouvons nous comprendre. J'ai juste besoin d'un peu de bon temps. Vous êtes l'animal que je veux dans mon lit. Dîtes oui et j'abandonne toute idée de poursuite contre votre petite amie ! »
Je reste longtemps silencieux avec le téléphone à l'oreille écoutant cette vieille peau de De La Fresse me raconter comment elle rêve de me déshabiller depuis le premier jour. Elle est certaine, dit-elle, que je saurais déceler des trésors de luxure, en parcourant son corps. J'ai juste envie de me lever du lit et d'aller vomir. Qu'irais-je donc chercher chez une vieille pareille alors que j'ai la plus sexy des fiancée ?
« Gardez votre vocabulaire pour votre jardinier. Vu avec quelle talent et quelle dextérité il taille vos rosier, il saura, je le pense, débroussailler à l'entrée de votre vagin. Vous ne m'intéressez pas. »
« Et pour un million d'euros ? Qu'en dites-vous chez Dr ? »
« Même pour tout l'or du monde. Allez chercher votre Gigolo ailleurs vu tous les moyens à votre disposition. »
« Oh, je crois bien qu'il y a une petite négresse qui va rentrer jouer avec Tarzan là-bas dans sa jungle au Congo ! Dommage pour vous, cher Alec. Cette guenon ne vous mérite pas. »
« Je vous laisse à votre délire animalier. Vous pouvez faire ce qui vous passe par la tête. Ma fiancée peut être expulsée, cela ne me conduira pas dans votre lit. Je n'ai pas besoin de votre argent et s'il me prenait l'envie de pousser la hardiesse à convoité une femme âgée, j'en choisirais une qui sait faire la différence entre les humains et les animaux. Bonne journée madame De La Fresse. Au plaisir de ne plus revoir votre tronche ! »
je raccroche dans colère. J'ai besoin de garder mon énergie plutôt que de la voir se consumer à cause d'une imbécile. De nouveau mon téléphone sonne. C'est Patrick au bout du fil.
« Hey mec ! Comment tu tiens le coup ! Miro m'a envoyé un message pour m'annoncer la mauvaise nouvelle ! »
« Je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête. Je suis incapable de te décrire ce que je ressens. »
« Hum ! Je vois. J'espère qu'ils ne feront pas traîner l'affaire en longueur ; mais dis-moi, que te veux cette vieille ! »
« Je suppose qu'elle me prend pour un call-boy ! Elle siffle et aimerait que je rapplique pour enchanter ses nuits ! Imagine le truc. »
« Beurk ! Je préfère pas. Vu comment tu me l'as décrite, non ! Je n'ai pas envie de faire de cauchemar ; mais dit, sait-elle seulement qu'elle est plus vielle que ta mère. »
« Je suppose qu'elle n'en a rien à foutre, mec ! Elle m'a vu et elle s'attend à ce que je la saute, quitte à y mettre un million d'euros ! »
« Mon pote, ta une sacrée cote, dis donc ! Un million d'euros pour une nuit ! Je fais bien de marcher à tes côtés ! »
« Très drôle, Patrick ! Je te signale qu'on parle d'une vieille qui a peut-être toutes ses dents de refaites. Elle me fait chier, si tu savais ! »
« Cool : garde ton calme. Elle doit s'amuser comme une petite folle au moment où nous parlons. Tu peux être sûr qu'étant donné que tu as repoussé ses avances, elle n'hésitera pas à charger Gaëlle ! »
« Au point où nous en sommes ! », fait-je sans trop savoir quoi penser.
« Courage, mec ! Je t'appelle en fin de matinée ; »
« Merci, mec ! A tout à l'heure. »
Je raccroche et vais prendre une douche pour me remettre les idées en place. J'essaie de revoir le film de ces derniers jours. Nous sommes rentrés tranquillement après avoir eu le bonheur de faire la fête et d'oublier un peu notre quotidien et le stress qui s'y est ajouté depuis le début de mon stage. Les filles ont un sacré problèmes avec les uniformes et les blouses blanches ! On dirait qu'une fois que l'on en porte une, de blouse, on devient une prise de choix. Il m'est arrivé il y a quelques jours, d'être l'objet d'un pari entre une bande de copine : il fallait embrasser le DR pour remporter la compétition ! C'est à n'y rien comprendre... Je me retrouverai forcement face à des situations telles que celle que je vis aujourd'hui. Se voir proposer un million d'euros juste pour coucher avec une femme !!! le monde ne tourne définitivement pas rond.
~~~ Les déboires de Marc-Elise.~~~
« Bonjour Marc-Elise. »
« Bonjour Pupuce ; C'est gentil d'avoir pensé à moi aujourd'hui. Je pensais que ta bouche ne se détachait pas de celle de Greg pendant tout son séjour à Bordeaux. »
« Hum ! C'est comme ça que tu me vends à Port-Gentil ? Pardon, ne parle pas trop de moi là-bas ! Je n'ai pas envie que tante Bernadette appelle pour jouer à Interpole. »
« Ma chère, mais ici à POG, les gens parlent grave de toi ! Tu étais le dossier sur lequel les vieilles ont planché hier. Elles étaient toutes là dans la cours avec leurs bières. Ça racontait et tout. J'ai pris mes distances parce que je ne voulais pas être appelée à la barre. »
« Bien. En tout cas. Comme tu dis que je n'ai pas de temps pour vous je t'appelle juste pour te dire que j'ai des infos pour toi. Mais vraiment, garde-les pour toi. »
« Je t'écoute. Dis-moi tout. »
« Bon, je ne sais pas si tu capte BFM TV là-bas mais hier y a eu un reportage et tout sur le procès du siècle. Jean-Paul traîne en justice le centre de santé où son épouse a été infectée par la fameuse bactérie. C'est un procès tellement retentissant, que tous les médias sont focalisés sur l'affaire. Bref... Tu vois le tableau, quoi. »
« J'imagine, oui. Et quoi d'autre ? »
« Bien, Mélissa m'explique que tu as déménagée. Il parait que tu quittes le sud-ouest pour le sud-est. Donc voilà. On ne se verra plus tous les jours. »
« ça veut dire quoi, ça ? »
« ça veut dire que tu prends une carte de France et tu cherche dans le sud-est, une ville dans laquelle on trouve ton école et voilà. On t'y a trouvé un bel appartement en résidence sécurisée et tu as un chauffeur pour t'accompagner à l'école tous les jours et une dame de ménage qui vient trois fois par semaine. »
« Et la nounou ? Je suis obligée de te poser la question vu que je n'ai pas d'appel de la part de « Disons, que tu n'auras pas besoin de nounou. La petite va rester au Gabon, parce qu'ici, l'heure est grave. Il paraît que les radars de l'autre sont braqués vers toi. On te cherche mais on ne trouve rien absolument rien, parce que les gars autour de Jean-Paul sont tellement organisés et soudés entre eux, qu'ils ont réussi à emmener en brousse (brouiller les pistes) le détective qui avait réussi à trouvé ton numéro de téléphone. » « Raconte. » « Le gars a réussi à monter tout un dossier et il a eu son pactole. Mais dans le dossier, la maîtresse de Jean-Paul est une sahélienne et tout et elle habitait dans le nord-est et a déménager pour s'installer à Londres. Donc, fin des recherches. Mais comme tu te l'imagines, ta rivale peut se remettre à te chercher si jamais elle sent que son époux lui échappe. Donc, il faut éloigner Anne-Sophie et la laisser là où elle est plus en sécurité. » « Ils ont donc réfléchis à tout ça sans même me consulter. » « C'est la vie, ma belle ! Dis-toi que tu reviens. Tu es à 2 mois à peine de ton examen. Ensuite, tu te casses tranquillement pour le Canada. » « Je n'ai plus envie d'y aller. » « Oh ! C'est comment ? Tu veux tout gaspiller maintenant ? Tu sais très bien que la France devient trop petite. Elle finira par te flinguer si tu restes ici. Va tranquillement faire tes études. Ne cherche pas à compliquer les choses ! » « C'est loin, Pupuce. Je n'ai jamais rêvé d'aller au Canada. C'est comme une punition pour moi. » « Ne dis pas de bêtise. Tout ira bien. Tout est payé. Il n'y a qu'à aller à l'école. Ne va pas te fatiguer à tout remettre en cause. Pense à tes diplômes et aux ouvertures que cela te donneras d'être là-bas. Dis-toi que c'est une nouvelle étape de ta vie qui te permettra de prendre ton envol. De toute façon, vu que tu es enceinte, il vaut mieux ne rien brusqué é. Tout te semblera sûrement plus clair une fois que tu auras le bébé. » « Peut-être mais l'idée de laisser Inivah ici ne m'enchante guerre. » « Marc-Elise, tu la laisse à ta mère ! C'est pour sa sécurité. C'est juste deux mois. » « C'est long deux mois ! Tu ne t'en rends pas compte. » « C'est vrai que je ne peux pas savoir quel effet ça fera mais dis-toi qu'elle est en de bonnes mains. Bon, je vais te laisser. Il est temps pour moi de repartir en classe. Et si jamais Jean-Paul t'appelle pour te dire tout ça, fais comme si tu n'étais au courant de rien. » « Tu ne m'as pas dit pourquoi j'ai dû déménager de Bordeaux. » « Oh ! C'est bien simple : l'autre s'installe à Arcachon pour les 3 prochains mois. Elle a besoin de l'air marin pour reprendre des force après la tragédie qu'elle vient de vivre. Et comme tu le sais, Arcachon Bordeaux, c'est juste une demi-heure en voiture. Dois-je te faire un dessin. » « Non, je comprends. La France est un petit pays finalement. » « Hum ! Tu as tout compris. Bisou ma belle ! »
Je raccroche après avoir discuté avec Pupuce puis vais dans la cuisine où Maman Sosso est occupé à faire manger Inivah qui est assise sur sa chaise-haute. Il est midi et demie et maman est au travail. Ma tante me regarde et m'invite à m'asseoir.
« Assied-toi et mange. Je ne t'ai rien vu avaler depuis ce matin. », m'intime t-elle.
« J'étais occupée ; il a fallu que j'aille à ce rendez-vous avec ce chef d'entreprise qui veut louer la villa. »
« Je vois. Mais mange quelque chose, sinon, je vais te nourrir à la petite cuillère comme un bébé. »
Entendant cela, Inivah se met à rire comme une grande personne.
« Cette petite à des réaction surprenantes. Il ne faudra pas t'étonner quand elle commencera à parler, qu'elle te répète tout ce que nous disons maintenant. »
« Maman Sosso, arrête avec tes scénarios de film. Elle sourit instinctivement parce que c'est un bébé. »
« Je te dis qu'elle a une mémoire. Tu verras ! »
« Avec toi, il faut s'attendre à tout, vraiment ! »
Elle s'arrête un instant puis me regarde.
« Avec qui étais-tu au téléphone ? »
« Avec Pupuce. Elle me donnait des nouvelles ! »
« Huim ! Je vois. »
« Tu vois quoi, Maman Sosso ! »
« Ce n'est pas possible, la fille d'Ontala ! Je n'ai plus le droit de m'exclamer tranquillement. »
« Ok. D'accord. »
Je la regarde un instant puis lui raconte tout ce que vient de me confier Pupuce.
« Tu n'as pas choisi le chemin de vie le plus facile, ma fille ! », me lance t-elle. « Mais ça ira. J'ai eu le temps de réfléchir à tout cela depuis le jour où tu m'as dit que tu vas au Canada. Ta mère et moi en avons longtemps discuté : tu n'iras pas là-bas toute seule. »
« Qu'est ce que tu veux dire par là, ma tante. »
« Je veux dire que tu y vas avec deux de tes frères. Ainsi, vu comment nous sommes loin et que le Canada ce n'est pas la porte à côté, nous nous ferons moins de souci de te savoir là-bas. »
« Mais qui vais-je embarquer avec moi ? Je déteste l'idée de partir avec des gens. Si c'était toi, d'accord. Mais là, des frères ? Non, je n'aime pas l'idée. »
« Tu n'as pas le choix, ma fille. Tu n'imagines pas ce que sera ta vie là-bas. Tu n'auras pas tes copines à tes côtés. Valentin ne sera plus là. »
« Au début, si. »
« Oui, mais il ne restera que 6 mois avec toi. Ensuite, il rentrera en France. Et puis, ce n'est pas une affaire à discuter. Dès que tu auras Jean-Paul au téléphone, fais-lui bien comprendre que c'est la condition que nous posons pour te laisser partir si loin. »
« Et s'il refuse. »
« Oh, dans ce cas, tu ne me reconnaîtras pas car je lui rappellerai que tu es avant tout notre enfant. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? »
Je la regarde sans répondre puis lui dis :
« Qui comptes-tu me coller sur le dos ? »
« Rassure-toi, nous avons bien choisi. Romuald et Sabrina sont tranquilles. »
« Zut alors ! Maman Sosso, tu sais très bien que Sabrina et moi, nous ne nous entendons pas du tout. On n'a rien en commun. »
« Raison de plus pour que vous soyez amies. Elle ne risque pas de lorgner sur ton homme vu que vous n'avez pas les mêmes goûts. Elle est tranquille, sérieuse, travailleuse. Et par-dessus tout, elle sait se taire. C'est la personne qu'il te faut. Il faut juste lui trouvé une formation qui l'aidera pour l'avenir, vu qu'elle n'a qu'un niveau 4ème. Quand à Romuald, vous vous entendez bien, donc tout devrait rouler. »
C'est plié. On dirait que je n'ai pas mon mot à dire. Je me contente de la regarder alors qu'elle est en grande conversation avec Inivah comme s'il s'agit d'une adulte.
« Qu'est ce que tu lui raconte tout le temps, comme ça ? Je comprends pas. »
« Oh ! Je lui raconte plein de choses. Je lui ai appris à compter en omiènè. N'est-ce pas ma chérie ! », fait-elle en s'adressant à Inivah.
La petite se met à sourire. Je reste là à les regarder comme s'il s'agissait d'un spectacle du Muppets show. Je prends mon téléphone et pianote sur Google pour prendre les infos sur mon école à Montpellier car je pressens que c'est là que je vais atterrir. Puis, je me lève et me sers à manger. J'avale bouchée après bouchée en m'imaginant ce que la vie me réserve d'autre comme surprise...
~~~ La destinée prophétique de Flavie Obone.~~~
« Mme Obone, avez-vous compris ce que nous venons de vous dire ? »
Je regarde les avocats qui s'adressent à moi et leur dit :
« On vous a payé pour rien. Mes gendres ont dépensé leur argent cadeau. Quand je pense que vous êtes tout contents là. Vous pensez avoir gagné parce qu'on me donne l'opportunité de vider les lieux ! Mes costauds, je vous signale que je ne suis pas une criminelle. De quel droit ce tribunal se permet-il de m'expulser de ce pays avec une interdiction de séjour de 5 ans ! Où est-il écrit que Flavie Obone est coupable d'escroquerie ! », leur dis-je en tentant de garder mon calme.
Je les regarde avec dédain. Ils sont trop payés pour rien. Il n'y a qu'à voir leurs ventres grassouillets qu'ils cachent dans leurs beaux costumes.
« Vous auriez dû vous battre jusqu'au bout et ne rien céder. »
« Nous vous rappelons les terme de l'accord. C'était soit resté ici pour 6 mois de prison ferme soit partir d'ici libre et dans ce cas, avec une interdiction de séjour. Vous ne vouliez quand même pas que nous allions décrocher la lune ! N'est ce pas un accord acceptable. »
« A vos yeux, oui. De toute façon, que je sois satisfaite ou pas, vos comptes en banque sont déjà garnis. Donc, arrêtez avec tout votre bruit et votre charabia d'avocat qui ne m'intéresse pas et permettez-moi d'aller méditer quelques instants avant le culte de midi. », leur dis-je en les congédiant de la main.
« Le culte de midi ? Nous ne sommes pas à l'église ici ? Depuis quand êtes-vous prêtresse !? », me lance l'avocat envoyé de Libreville par l'époux de Pauline.
« Gros rosicrucien que vous êtes ! Cela ne m'étonne pas que vous riez quand il est question de l'œuvre de Dieu ! Allez oust ! Allez forniquer avec le Diable comme vous en avez l'habitude au lieu de rester là à rire devant moi comme un idiot. La prochaine fois que vous vous présenté devant une envoyée de Dieu, ôté donc cette bague qui vous asservi aux forces du mal ! »
Le type me regarde comme s'il voyait une apparition puis dit à l'avocat envoyé par Amani :
« Du jour où j'ai rencontré cette dame la première fois, à aujourd'hui, il s'est opéré en elle une métamorphose incroyable. Le vocabulaire, le registre de langue et même la verve avec laquelle elle s'exprime, tout à évoluer. Cette femme est une intelligence en mouvement. »
« Allez parler de vos œuvres sataniques plus loin. Vu comment vous en êtes à parler de mon intelligence, ne venez surtout pas m'essayer car je n'hésiterai pas à fondre sur vous avec une épée divine. Le St Esprit est là autour de moi comme rempart. Vous ne m'aurez pas. Disparaissez ! »
« Et c'est ainsi qu'une créature divine congédie les hommes de loi qui ont travaillé pour la libérer ? », me lance en anglais, l'avocat sud-africain.
Je me contente de le regarder et d'énoncer quelque versets biblique tellement leur présence dans la même pièce que moi devient insupportable.
« je ressens des ondes négatives du seul fait de votre présence. Vous êtes des suppôts de Satan. »
« Arrêtez votre char, madame Obone. C'est l'enfermement qui fait que vous vous sentez à l'étroit dans cette pièce avec nous. Une semaine de plus dans cette prison et vous finissez complètement schizophrène ! », me lance l'avocat qui vient de Libreville.
Je n'aime pas leurs têtes et leur répète qu'ils se sont trop facilement rempli les poches car, je me retrouve dès demain expulsée d'Afrique du Sud avec interdiction d'y revenir durant les 5 prochaines années. Mon ministère ayant commencé ici, comment fais-je avec toutes ses brebis que j'ai emmené au Seigneur et qui ont besoin d'être guidée dans leur quête de Dieu ?
J'ai le courage de le leur cracher à la figure et là, l'un d'eux me lance :
« Voulez-vous que nous allions voir le juge pour lui dire que vous préférez rester en prison pour terminer l'œuvre de Dieu que vous avez commencée ? »
Je le regarde et lui dis :
« Vous avez été trop grassement payés. Et vous n'en valez même pas la peine ! Allez, disparaissez. Et pensez à me rapporter une jolie robe pour ma sortie demain. Et aussi de beaux escarpins. Il faut que je sois dans mon 31. La télévision sera là à mon arrivée à l'aéroport international Léon Mba de Libreville. Le ministère 'appelle ailleurs. Autant faire les choses en grand. J'ai un coup de fil à passer. Ne soyez pas en retard en venant me chercher demain. Bye bye. Allez dans la paix.
Je les plante là et demande à être ramenée en cellule. Puis, je demande l'autorisation de passer un coup de fil. J'appelle alors mon futur époux et lui annonce la bonne nouvelle.
« Ma bien-aimée ! Le Seigneur est aux commandes de ta destinée ! Libreville t'attend. Laisse-moi régler tous les détails et demain, tu feras une entrée magistrale dans le ministère. Tu es une bénédiction pour notre église et pour mon cœur. Le St nom de Jésus soit loué. »
« Fini de jouer dans la cours des petits. Je passe au niveau supérieur. Je marche vers ma destinée. », dis-je avec force et conviction.
« Amen, Alléluia. », me répond mon bien-aimé.
Je leur ai dit qu'il fallait que je sois dehors à Pentecôte. Pentecôte ne se fera pas s ans moi cette année. Flavie Obone rentre dans sa destinée prophétique.
2-
~~~ Alec sous tension. ~~~
« Alors, comment te sens-tu ? »
« Ça va ! »
« Hum ! Je ne suis pas convaincu Gaëlle. Dis-moi la vérité. Depuis que nous sommes rentrés tu n'as pas dit un mot. »
Je la regarde alors qu'elle est plantée devant la fenêtre du salon et regarde la rue. Le silence qui l'habite depuis notre retour me met sacrément mal à l'aise. Je n'en ai pas l'habitude vu que de nous deux, elle est toujours la plus bavarde. Je m'approche et la prend dans mes bras en espérant que les traits de son visage se détendent un peu.
« Et si tu demandais à ta tête d'arrêter de cogiter et de prêter un peu plus attention à ce que je dis ? »
« Hum ! Je t'écoute. »
« Dis-moi ce qui ne va pas ! »
« Rien. C'est juste que ça m'a fait tout drôle tout à l'heure au commissariat. Je ne sais pas quoi dire. C'est la première fois que la couleur de ma peau m'est renvoyée au visage comme une insulte. Je veux dire, les gens ont beau chuchoté en classe ou à la fac, je m'en fous un peux. Mais d'entendre des policier me traiter de négresse ou de bougnoule, à ça m'a foutu une claque. »
« Je vois. Tu ne devrais pas t'attarder sur ce genre de détails ; je suis certain qu'ils en ont rajouté pour te faire peur et pour augmenter ta gêne pour que tu commettes un impair. Dis-toi juste que ce sont des idiots. »
« Hum ! Je vois. Je vais prendre une douche. J'aurai les idées plus claires ensuite. »
« Ok. Je te rejoins tout à l'heure. Je descends prendre le courrier dans la boite aux lettres. »
« D'accord. »
Alors qu'elle s'en va vers la salle de bains, je sors de l'appartement et descends chercher le courrier. Mon téléphone sonne alors que je remonte. C'est ma mère au bout du fil. Elle vient aux nouvelles.
« On en saura plus demain. La dame en question sera entendue et la procédure suivra son cours en fonction de ce qu'elle dira. »
« D'accord mon chéri. Je me suis inquiétée pendant toute la journée. Elle n'est pas très commode cette dame. Si elle a tant d'argent, pourquoi ne s'offre t-elle pas un gigolo ?
« Parce qu'elle veut faire de moi son gigolo, maman. C'est aussi simple que ça. »
« Hum ! Cela ne me plaît pas du tout. Je croise les doigts pour vous. Passe-moi Gaëlle, j'aimerais lui parler. »
« Elle te rappellera, maman. Elle est sous la douche. »
« Ok mon chérie ; je t'embrasse. »
Je raccroche, entre dans l'ascenseur en passant en revue les différentes enveloppes arrivées pour nous. Il y en a une qui attire particulièrement mon attention. Elle est de couleur lavande et parfumée. Je l'ouvre et tombe sur une invitation imprimée sur du papier doré. Dans l'enveloppe, je remarque un chèque d'un million d'euros libérés à mon nom. L'invitation m'indique que je suis attendu à 20h dans la suite impériale d'un grand hôtel de la ville.
Je ne prends même pas la peine de chercher à en lire plus. Je range le tout dans cette enveloppe et reviens à l'appartement sans plus me fatiguer avec la connerie de cette Mme De La Fresse. Mon téléphone sonne alors que je passe le pas de la porte. Je referme cette dernière pour répondre à mon père, qui ne m'a pas appelé depuis, disons, près de 3 mois.
« Hello dad ! How are you ! »
« Hum ! Je viens aux nouvelles vu que personne ne juge utile de me dire ce qui se trame. Ainsi donc, ta chère fiancée a fait des siennes ! Elle dévoile enfin sa vraie nature. »
« De quoi parles-tu ? »
« Du fait que cette fille est simplement un sac à problème que tu te trimbale sans t'en rendre compte. Elle n'a pas la stature qu'il faut pour être l'épouse d'un médecin. Elle n'est qu'un poids mort et il est temps que tu t'en rendes compte. »
« Écoute papa, j'ai un sacré mal de tête qui me prend en t'écoutant. Tu ne voudrais pas raccroché avant que je ne le fasse ! »
« C'est ainsi que se font désormais les choses entre nous, Alec !? Je parle et tu me raccroches au nez, mon fils ! Je pensais t'avoir mieux éduqué ! »
« Apparemment non, vu que tout ton discours depuis 5 minutes me fout la migraine. Je m'attendais à un peu plus de compassion et de soutien de ta part. Au lieu de ça, tu n'appelle que pour enfoncer Gaëlle. Chacun des mots qui sortent de ta bouche quand tu parles d'elles, agissent sur moi telles de gifles. Si tu n'as rien de gentil à dire, raccroche. »
« Mais c'est donc vrai que cette fille t'a complètement assujetti ! Elle t'a sûrement marabouté pour que tu ne te rendes même pas compte que c'est une sauvage ! Dis-moi, elle compte boxer toutes tes patientes ou juste les plus riches ? »
« Au revoir papa. »
Plutôt que de raccrocher, je pose simplement le téléphone sur la table de la cuisine. Je peux l'entendre vociférer comme le font les septuagénaires que je reçois à l'hôpital et qui sont complètement désorienté. Je prends un verre d'eau et prends le temps de respirer en me demandant comment je ferai à l'avenir pour gérer cette incompréhension, ce fossé qui se creuse entre mon père et moi
Il est déjà 18h à ma montre. J'ai demandé un service à une amie stagiaire comme moi qui a bien voulu me remplacer pour ma garde à l'hôpital ce soir. J'aimerais emmener Gaëlle au restaurant histoire que l'on puisse prendre l'air et se détendre dans un décor autre que les murs de notre appartement. J'espère que cette sortie lui fera du bien et qu'avant de dormir, elle aura retrouvé le sourire. Elle a dû poiroter au commissariat jusqu'à midi, sur une chaise dans un coin car les policier avaient semble t-il égaré le dossier la concernant. Partie de là à midi et demie, nous avons été chez l'avocat et y avons pas deux heures durant lesquelles il a pris le temps de nous expliquer la situation en nous détaillant tous les points de droit et les éléments versés au dossier. Ensuite j'ai dû l'accompagner à la fac pour qu'elle aille excuse son absence a u cours le plus important de la journée. Nous sommes allés faire des courses dans un hypermarché avant de revenir à l'appartement et de nous faire appeler par l'avocat qui tenait absolument à nous voir. C'est en arrivant sur place, que nous avons appris que Mme De La Fresse demande une ordonnance restrictive pour empêcher Gaëlle de l'approcher.
Mon téléphone de nouveau sonne alors que j'enlève mon tee-shirt pour aller rejoindre Gaëlle dans la salle de bains. C'est toujours mon père au bout du fil. Il vocifère en me disant :
« Cette fille est venue pour semer la division. Tu ne m'écoutes même plus. Elle t'a complètement retourné le cerveau et tu ne t'en rends même pas compte ? »
« Essaie de lui montrer juste un peu plus de compassion et tu verras ce que cela donnera. Jamais aucun membre de sa famille ne m'a traité avec autant de haine que tu en montres vis à vis de Gaëlle. Ils m'acceptent avec mes imperfections. »
« Il ne manquerait plus qu'ils te rejettent ! Ils ne le peuvent pas vu le pactole que tu représentes pour eux. Elle est à l'aise leur fille. Ils n'ont plus de souci à se faire pour elle. Dis combien de fric ponctionne t-elle chaque moi pour envoyé là-bas dans sa jungle en Afrique, ta négresse ! »
« Il me semble que pendant longtemps tu t'es battu pour que jamais personne n'emploie ce genre de mot en s'adressant à toi ? Regarde-toi dans un miroir papa et tu te rendras compte que la couleur de ta peau est la même que celle de Gaëlle. Alors, tant que tu seras incapable de me dire ce qui ne va pas et les raisons pour lesquelles tu la détestes autant, je ne répondrai plus à aucun de tes appels. »
Je dépose le téléphone sur le lit et au moment d'aller vers la salle de bains, je me rends compte que Gaëlle est là, debout en serviette, dans le chambranle de la porte.
« Je suppose que tu as tout entendu ! », lui dis-je.
« Oui, mais je n'ai pas envie de parler de ton père ce soir. J'ai envie de penser à des choses positives. », me fait elle en s'asseyant sur le lit. »
« Un sourire, s'il te plaît ! », fais-je en m'approchant pour l'embrasser.
Elle passe alors ses bras autour de ma taille et me demande :
« Sers-mois fort. »
Nous restons là ce qui me semble une éternité quand le téléphone de Gaëlle sonne, mettant fin à notre étreint. Je la laisse là et vais prendre une douche. Quand j'en ressors, je m'habille rapidement et vais rejoindre ma chérie dans le salon où elle est toujours en grande discussion au téléphone avec Charline.
Au moment où nous pouvons enfin sortir de la maison, je suis surpris par l'appel de mon oncle Clay, l'un des frères de mon père. Il tente de mettre de l'humour comme s'il souhaitait rendre la conversation plus cool. Là, je l'arrête et lui demande d'aller droit au but.
« N'en veux pas à ton père, Alec ! »
« Mais encore ? »
« Je veux dire que tu devrais soigner la relation entre vous. Jamais vous n'avez été fâches de la sorte. »
« Toi qui es si proche de lui, tu devrais me dire ce qui ne va pas et la raison pour laquelle il se montre aussi détestable envers Gaëlle. »
« Lorsqu'on creuse, il y a de l'amour derrière la haine. »
« Qu'est ce que cela veut dire ? De quoi parles-tu, tonton ? »
« Je vais te parler d'homme à homme parce que j'en ai assez de me retrouvé entre vous. J'en ai assez de servir de vase communiquant. Les choses sont très simples. Inutile d'aller chercher midi à 14h. Il a simplement eu comment dire...euh. »
« Je t'écoute tonton. Qu'est ce que mon père trouve d'aussi répugnant à la femme que j'aime ? »
« Il a le béguin pour elle depuis le premier jour ! »
Là, le téléphone me tombe des mains et atterri sur le sol, sous le regard étonné de Gaëlle.
~~~ Jean-Paul aimerait écouter son coeur. ~~~
« Chéri ! Peux-tu réglé le thermostat s'il te plaît ? J'ai froid. »
Je me lève du canapé où je suis assis depuis une demi-heure et vais régler la température de la pièce.
« J'ai besoin d'un autre oreiller, s'il te plaît. »
Je m dirige vers la chambre et en rapporte un à mon épouse, le lui glissant dans le dos. Je m'assure qu'elle est satisfaite de sa position puis revient vers mon IPAD pour continuer à consulter mes mails et à briefer on adjoint qui me représentera demain lors d'une réunion d'investisseur à Londres.
Mon épouse et moi sommes arrivés à Arcachon par un vol privé il y a tout juste une heure. Nous avons loué cette villa avec une vu magnifique su la mer. Elle pense que l'ai marin la remettra très vite sur pied. Je l'espère pour elle... même si la suite des choses ne semble pas vouloir suivre l'idée que j'ai en tête : celle d'être tranquille. Je souhaite pour le reste de cette année me concentrer sur les deux nouvelles acquisitions sur lesquelles mon groupe planche depuis deux ans déjà. Faire de l'argent, c'est mon credo. J'espère pouvoir le faire comprendre à mon épouse.
Elle m'observe en tournant les pages de ce magazine féminin qui lui a payé une somme rondelette pour qu'elle confie l'histoire du drame que nous venons de vivre. Perdre un enfant, ok, mais des jumeaux, c'est deux fois pire. Alors, mon épouse a jugé bon, comme thérapie, de confié son histoire, sans pudeur, comme pour se débarrasser de cette douleur qu'elle a ressenti et ressent encore, sûrement.
Nos deux fils sont toujours aux USA, sous la tutelle de nourrices qui en prennent soin. Ils sont loin de remarquer notre absence ou d'en être affecté, vu qu'ils sont tous les deux autistes. Toute une histoire pleine de désespoir depuis le début. Notre vie de famille a été désespérante depuis le début...
J'aimerais être ailleurs à cet instant...dans les bras de quelqu'un d'autre...dans les bras de Marc-Elise. Complètement ailleurs et loin d'ici. Déjà, mon esprit s'envole et cherche les images d'un visage souriant de la femme que j'aime. J'imagine son ventre rond frémir sous l'effet de la caresse de ma main. Je revois son sourire la dernière fois, quand, faisant l'amour, j'ai reçu un coup de pied de la part de notre enfant à venir. J'imagine et je me retrouve à enfuir avec force au fond de moi, le sourire qui menace de m'échapper.
« Tu m'écoutes, chéri ? Je te disais que j'ai discuté avec le Professeur Eisner. Il dit que nous pourrons procéder à une autre implantation dans 3 mois, étant donné que j'ai encore trois ovules congelé dans sa clinique à os Angeles. »
SATANE MEDECIN POMPEUR DE FRIC BOUFFEUR D'ESPOIR.
« Que dis-tu chérie ? », fais-je pour me convaincre que je n'ai pas rêvé et qu'elle a bien dit ce que je viens d'entendre.
« Nous devrions à nouveau tenter le coup. Je le veux ! Je t'en prie ! », me fait-elle en laissant couler une larme. « Je ne peux renoncer maintenant. »
Je l'observe sans rien dire, l'ai fortement préoccupé.
« Je ne sais pas si tu te souviens de cette crise d'hystérie dont tu m'a gratifié durant 5 jours. »
« Je vais mieux. J'ai l'esprit solide et j'aimerais essayer. »
L'idée ne m'enchante pas du tout. Je la laisserai faire. Cela me donnera ainsi plus de temps et de liberté pour vivre mon idylle avec Marc-Elise.
« Tu y laissera ta santé. Le médecin t'avais dit qu'il y avait des risques. »
« Je te signale que sans ce fichu séjour dans cette imbécillité de centre de repos, nous aurions célébré dans une poignée de jours l'arrivée de deux bébés sains. Tu ne vas quand même pas me mettre ce drame sur le dos. »
La voilà qui devient de nouveau hystérique. J'ai peur que toute la vaisselle y passe et atterrisse contre les murs. J'ai peur d'entendre une folle crier toute la nuit à jusqu'à me briser les tympans. Alors, je lui réponds simplement :
« Nous ferons comme tu le voudras, quand tu le voudras. »
« Je savais que je pouvais compter sur toi, Jean-Paul. Dis-moi que tu m'aime ! Dis-moi que tu ne m'en veux pas ? Et puis, pourquoi m'en voudrais-tu, d'ailleurs ? Où étais-tu quand tout cela s'est produit ? Tu avais promis d'être présent et de me soutenir tout au long de cette grossesse. Mais il n'y a que le fric qui t'intéresse. », hurle t-elle.
Sans que je ne puisse avoir le temps de réagir, elle a fait un bon du canapé pour arriver à moi et en me criant dessus, en me tapant sur la poitrine avec ses poings. Elle tape avec force et rage, ce qui m'oblige à me lever de mon fauteuil et à reculer pour ne pas m'énerver. Je réussi à la calmer en lui tenant les deux poignets et là, une douleur à son bassin, lui rappelle qu'elle est encore fragile et ne doit pas négliger le repos que lui a prescrit son médecin.
Je la soulève et vais la déposer au premier dans un grand lit. Elle reste là à se tordre de douleur. Je vais vers son vanity case et en sort un antidouleur et un somnifère.
« Tiens ! Prends ça et essaie de dormir. », fais-je en lui tendant un verre d'eau et ses médicaments.
Toute l'eau m'est envoyée en pleine figure avec des cris d'hystérie.
« Tout ça c'est de ta faute ! Tu ne tiens jamais tes promesses ! Je te déteste.
Je regarde ma chemise mouillée et mon esprit m'ordonne de me calmer. C'est ce que je fais en reprenant cette carafe d'eau posé sur le chevet du lit. De nouveau je rempli un verre et le lui temps en lui donnant l'ordre, ferment d'avaler ses médicament.
Elle s'exécute après m'avoir crié je ne sais combien de fois qu'elle me déteste et que je n'ai pas intérêt à changer d'avis au sujet de cette nouvelle tentative de fécondation in vitro.
« Tu n'as pas intérêt ! Tu comprends ! »
Je reste là stoïque à la regarder alors qu'elle parvient enfin à s'endormir.
Je me lève du lit et passe une main d ans mes cheveux pour retrouve un peu de contenance. Si seulement la vie pouvait me mener ailleurs !!!
Je sors de cette chambre et descend dans le salon. J'ouvre cette immense baie vitrée qui mène vers la terrasse. Là, je m'accoude à la balustrade et me mets à observer la nuit qui s'est installée dans le ciel. J'ai gelé mes rendez-vous d'affaire pour les 5 prochains jours pour être présents à ses côtés et ne pas me faire taxer d'époux sans cœur, comme elle le fait à chaque fois qu'elle cherche à me culpabiliser. Je sais pas où tout cela nous mènera. Je ne le sais pas...
La gouvernante arrive dans mon dos et me demande si elle peut servir le repas. Je lui réponds que oui. Pourtant, je n'ai pas très faim. J'avale ce repas comme un automate. Et lorsque 'à 21h mon téléphone sonne et qu'un ami m'invite à le retrouvé dans notre Club privé, c'est sans rechigner que je demande au chauffeur de m'y conduire.
Il est 2heures du matin quand enfin je suis de retour dans cette splendide villa qui sera ma prison pendant les prochains mois. Je monte les marches vers le premier avec l'intention de m'installer dans la chambre en face celle dans laquelle dort mon épouse. Je pousse tout de même la porte de sa chambre pour vérifier qu'elle dort tranquillement. Là, alors que la lumière de la veilleuse éclaire la pièce, je remarque très vite la tache de sang sur le couvre lit. Je crois faire une erreur et avoir une vision d'optique, alors, je m'approche et distingue bien du sang. Mon épouse, s'est découverte et dort de travers sur le lit, plein de sang ;
Elle a semble t-il fait une hémorragie sans s'en rendre compte. Je l'appelle plusieurs fois s ans qu'elle ne réagisse. Je lui donne deux tapes s sur les joues mais elle ne bouge pas. Je prends son pouls et me rends compte qu'elle est en vie. J'appelle à lors les secours et leur explique la situation.
Dix minutes plus tard, les ambulanciers sont là et constatent la situation. Elle est transporté vers le service d'urgence le plus proche.