Quoi de plus qu'un diable dans une église ? Songeais-je. Drapée dans une robe noire de demoiselle d'honneur, mes cheveux roux artistiquement relevés en chignon, je tenais un bouquet de pivoine entre mes doigts moites et me retournais pour dévisager l'homme grand et brun, à l'expression farouche qui était assis au quatrième rang.
Parker! Il était resté le même que dans mon souvenir. Autrefois, nous avions été amis et même jusqu'à ce que survienne un autre homme, quelqu'un de doux et de timide qui m'avait semblé être le meilleur choix que Parker. À cette époque, j'éprouvais un tel besoin de sécurité que je n'avais pas hésité à rompre brutalement notre relation et jamais je n'oublierais le regard d'animosité de Parker quand j'étais partie. L'odeur de résine des guirlandes de branches de sapin qui décoraient l'église cessait brusquement d'évoquer pour moi l'approche de Saint-Nicolas et de mes plaisirs, j'étais au bord de la nausée. Non sans nervosité, je me demandais pour quelle raison Parker se trouvait ici. Il avait quitté Miami pour Paris depuis déjà plusieurs années. Selon certaines rumeurs, il s'était lancé dans l'immobilier et il arrivait à vendre au moins deux à trois maisons par mois ce qui lui avait valu la réputation d'un homme d'affaires impitoyable obsédé par la réussite. Aujourd'hui, Parker pesait plusieurs millions de dollars. Le succès de Parker ne me surprend pas. Six ans auparavant, il travaillait dans cette ville comme charpentier pour un constructeur de maisons individuelles. Ses initiatives étaient si ingénieuses et innovantes et il obtient de si bons résultats que tous les entrepreneurs s'étaient mis à réclamer. À la fin, le travail et le salaire qu'on lui offrait ici ne lui suffisaient plus. Parker voulait davantage et il avait joué son va-tout pour parvenir au sommet, là où il avait toujours voulu être.
Je ne rêvais pas du tout...l'homme au menton arrogant et à la mine imposante qui regardait Elona et Jonas échanger leurs vœux nuptiaux était bien Parker. Je ressentais une crampe au milieu des épaules. Je pensais à mon douloureux passé, aux erreurs que j'avais commises, à ce simulacre de vie conjugale que j'avais enduré en compagnie du pire des époux, autant de mauvais souvenirs que j'avais tout fait pour enterrer. Avec l'aide de mes associées Olivia et Elona, j'avais réussi à créer une société de services qui remportait du succès et je m'étais aménagée une vie rangée et confortable.
Aujourd'hui, tout ce que je désirais était de faire comme si le passé n'avait pas existé afin de continuer à mener une existence heureuse et tranquille.
Tout aurait été pour le mieux s'il n'avait pas pris la fantaisie à ce diable de Parker de surgir ici même dans cette église !
Derrière moi, un pianiste jouait les notes de My love des Westlife et tous les regards se tournaient vers les deux invités qui allaient chanter sur cette mélodie. Seule comme hypnotisée, je ne parvenais pas à détourner les yeux de Parker. Peut-être que si je continuais à le fixer de toutes mes forces en faisant un vœu, il finirait par quitter l'église mais c'était stupide et je faillis en rire. Parker n'était pas un homme qu'on chassait et qu'on effrayait facilement. En fait, je n'avais jamais rencontré quelqu'un qui avait plus de volonté que lui. Depuis la dernière fois que je l'avais vu, il avait minci et ses épaules s'étaient élargies. En revanche, sa bouche pincée et l'expression de son visage trahissaient sa dureté et donnaient l'impression qu'il s'interdisait de sourire.
Que faisait-il ici? Était-il venu pour Jonas ? Ou bien qu'à Dieu ne plaise pour Elona ? Je changeais de position à cause de mes pieds douloureux, trop à l'étroit dans ces maudits escarpins. Pour rien au monde je n'oserais raconter mon triste passé à mes associées. Pas question que je déballe toutes ces vilaines histoires au grand jour! Olivia, la jolie brunette assise à côté de moi, l'une de mes deux associées, se penchait l'oreille.
- D'accord, ils ne chantent pas comme ils faisaient au Texas mais ce n'est pas une raison pour bayer ainsi comme tu le fais Mary.
- Oui bien sûr, je parvenais à répondre en me sentant complètement déphasée.
- Qu'est-ce qui se passe Mary ? S'inquiète Olivia.
- Rien! Tout va bien.
- On ne le dirait pas.
Je n'avais aucunement l'intention de faire un esclandre le jour du mariage de Elona mon autre associée et je m'oblige à écouter le couple de chanteurs. Je devais reprendre mes esprits ! Peut-être que Parker n'avait pas remarqué ma présence dans l'église. Peut-être même qu'il avait tout oublié de moi. Il se pourrait très bien qu'il soit marié, père de deux enfants et heureux propriétaires d'un chien. Six ans déjà ! Quand je repensais à mon propre destin, je devais admettre qu'il s'était passé beaucoup de choses pour moi durant ce laps de temps. D'une oreille distraite, j'écoute les deux interprètes chanter à pleins poumons en l'honneur des futurs mariés. Tandis que la musique emplissait la salle, je sentais frémir les boucles rousses sur ma nuque si quelqu'un derrière moi était en train de m'observer. Je n'avais éprouvé cette sensation qu'une seule fois dans ma vie et c'était le jour où j'avais tourné le dos à ce diable de Parker.
- Monsieur veut-il que je le raccompagne à la maison ?
Tandis que son chauffeur se faufilait dans les rues encombrées du centre, Parker s'adossait à la banquette de la limousine, le col de son manteau soulignant sa mâchoire volontaire.
- Non pas de suite, je vais aller à la réception.
- Que monsieur me pardonne mais j'ai l'impression de ne pas avoir bien entendu ce que monsieur vient de dire.
- Emmenez-moi à l'hôtel déclare Parker sans élever la voix Je veux assister à la réception.
- Mais monsieur ne va jamais..., déclare le chauffeur d'une voix hésitante.
- Un problème Alex ?
Dehors, la neige tombait sur les vitres de la longue limousine.
- Si Monsieur voulait bien me permettre de parler franchement.
- Parlez si vous voulez mais en gardant un œil sur la route. Le temps ici n'est pas doux et sec et les chaussées de Wynwood peuvent être très glissantes.
- Que monsieur se rassure, répond Alex en se concentrant sur sa conduite. Depuis quatre ans que je suis au service de monsieur, c'est la première fois que monsieur se rend à la réception de mariage d'une de ses relations d'affaires.
- Vraiment ?
- Monsieur le sait bien.
- Tiens!
- Il doit s'agir d'une affaire très importante pour monsieur.
La limousine ralentit et se gare le long du trottoir. Parker jette un coup d'œil dehors.
- Déjà arrivé Alex ? Demanda-t-il d'un ton bourru
- Oui monsieur mais je signale à monsieur que les voitures font la queue devant nous.
L'entrée de l'hôtel se trouvait à quelque distance de là mais Parker n'avait pas pour habitude d'attendre et il ouvra la portière.
- Je descends ici Alex.
- Monsieur est-il sûr ? Demanda le chauffeur en jetant un coup d'œil à son patron. Peut-être monsieur souhaiterait que...
- Non, pas la peine. Restez dans la voiture.
- Il en sera comme monsieur le désir, répondit le chauffeur.
Sur le point de partir, Parker se ravise.
- Pour répondre à votre question, cette réception dépasse de loin le simple cadre des affaires. Soyez devant l'hôtel dans une heure.
Avec son plafond doré, ses lustres en cristal et sa piste de danse en marbre, la salle de bal de l'hôtel de Miami Beach était ce qu'il y avait de plus chic pour une réception de mariage.
Déjà somptueuse en temps normal, la salle de réception jetait encore plus d'éclat que de coutume au mois de décembre avec les lumières disposées et les étoiles suspendues, délicates, un bas rouge en feutrine rempli de chocolats fins posés sur l'assiette de chacun des convives.
J'admette à qui voulait l'entendre avoir un faible pour le chocolat ce qui expliquait qu'à peine cinq minutes après mon arrivée, mon bas était déjà vide et si celui d'Olivia ma voisine de table contenait encore quelques chocolats. C'était tout simplement parce que Mario, ami de la famille d'Elona et notre premier client m'avait pris par le bras et m'entraînait sur la piste de danse avant que je n'ai pu engloutir toutes les friandises !
Sur une estrade, une femme qui avait la voix de Whitney interprétait avec beaucoup d'émotions des chansons d'amour. Non loin de moi et de Mario, Olivia et son fiancé Scott dansaient au rythme de la musique. Olivia et son fiancé étaient si éblouissants qu'on aurait pu facilement les prendre pour un couple d'acteurs d'Hollywood. Dans une robe identique à celle que je portais, ses longs cheveux sombres cascadant sur ses épaules nues, mon associée irradiait de beauté. Olivia lança vers moi un regard en esquissant un sourire.
- J'ai rarement vu quelqu'un danser aussi mal que toi, me dit Olivia en écarquillant ses yeux de biche.
-Trop aimable ! Répondis-je sèchement tout en dansant avec Mario.
- N'écoutez pas cette mauvaise langue, intervient Mario en faisant un éclat pour éviter d'avoir le pied écrasé par moi.
- Oui, tant qu'elle ne réduit pas vos pieds en purée ! Renchérit Olivia en ricanant.
- Calme-toi mon amour, déclara Scott en étreignant sa fiancée avec plus de force. Mary a eu un geste de dédain.
- C'est ça, Olivia va déverser ton fiel ailleurs. Il y a sûrement ici des tas de danseurs que tu pourras descendre en flamme avec des commentaires.
Olivia éclata de rire.
- Comme si on pouvait te battre à ce petit jeu ma chère ! En comparaison, un grizzly passerait pour un petit chien timide.
- Hum...comment dois-je prendre tes propos ? Demandais-je, un peu perplexe.
- Mais comme un compliment, intervient Scott en parfait gentleman en me souriant. Et en plus, je trouve que tu danses merveilleusement bien, ajouta-t-il avec un sourire faussement innocent.
- Scott je te rappelle que la flatterie ne te mènera nulle part avec moi, rétorquais-je en virevoltant dans les bras de Mario Scott se retourne vers sa cavalière en affichant son désarroi.
- Et avec toi Olivia ? Mes flatteries ont-elles une chance de me conduire quelque part ?
- Oh oui mon chéri ! Répondit-elle en se serrant contre son fiancé.
Levant les yeux au plafond, je prends Mario mon cavalier.
- Dépêchons-nous d'aller danser loin de ces inséparables avant que les chérubins qui voltigent au-dessus d'eux ne nous décochent quelques flèches fatales...
- Vous avez sûrement raison Mary, rétorqua Mario en riant et en m'entraînant à l'écart.
Alors que nous atteignons l'autre extrémité de la piste de danse, nous avons failli nous heurter à un homme qui, visiblement nous attendait de pied ferme et qui nous dévisageait d'un regard bleu et froid à la fois curieux et hostile. L'homme était grand, large d'épaules et vêtu d'un smoking qui avait dû coûter une petite fortune. Il avait des cheveux foncés coupés court et si on en jugeait par ses lèvres dures et serrées devait être capable de cruauté. J'ai ressenti un choc. Tout à l'heure, à l'église, j'avais voulu me convaincre qu'il ne m'avait pas remarqué. Et voilà qu'il se tenait à présent devant moi, si proche même que j'aurais pu le toucher rien qu'en tendant les bras.
- Vous permettez? Demanda Parker à Mario en faisant un pas vers moi.
- Vous avez de la chance que je ne sois pas jaloux, rétorqua Mario avec nervosité.
- Quel goût du sacrifice ! Eh bien moi je suis très jaloux, rétorqua Parker en me prenant dans ses bras et en dardant son regard sur Mario.
Je n'avais pas l'habitude de me laisser mener par les hommes du moins plus maintenant. En d'autres circonstances si un inconnu était venu m'arracher aux bras de mon cavalier de la façon dont Parker venait de le faire, je n'aurais pas hésité de l'envoyer balader d'une bonne bourrade dans les côtes. Mais voilà, il ne s'agissait pas d'un inconnu et du coup, je ne réagissais pas comme à mon habitude. Quand je me retrouve entre ses bras, j'ai eu l'impression que Parker et moi n'avons jamais vraiment été séparés en dépit de toutes ces années écoulées et je ressens une telle volupté à être si chaudement enlacée que je n'ai eu plus là moindre velléité de vouloir m'arracher à cette étreinte. Tandis que la musique nous enveloppait, Parker dansait lentement tout en vrillant son regard ardent au fond de mes yeux.
- Bonjour Mary.
- Parker...je ne m'attendais pas à te revoir après si longtemps.
- Pas si longtemps que ça, répondit -il d'une voix grave, plus basse encore que dans mon souvenir.
Son timbre, qui était resté le même, me faisait encore plus d'effet qu'autrefois. Je me sens subjuguée par cette voix puissante qui fait naître en moi des milliers de sensations.
- Je t'avais aperçu il ya de ça quelques mois à la réception des fiançailles de Jonas et Elona, m'expliqua Parker. Mais je n'étais pas sûr que tu m'aies reconnu.
- Non, enfin si! Mais je pensais que...En vérité, je n'étais pas sûr que c'était toi, disais-je fâchée pas l'incohérence de ses propos.
- Tu bafouilles à présent ? Célé ne te ressemble pas, observa-t-il.
Il avait raison : bafouiller n'était pas du tout dans mon style. Mais sur cette piste de danse, chaque fois que nos corps se frôlent ou bien que Parker m'effleure d'un geste, je ne savais plus trop où j'en étais.
Comme en cet instant précis, alors qu'il avait pris ma main dans la sienne et que je sentais les frémissements de son corps d'homme.
- Oui, je dois te donner l'impression d'être confuse. J'ignorais que toi et Jonas vous étiez amis.
- Nous ne le sommes pas. Il désire acheter l'une de mes maisons et moi je voulais être invité à son mariage.
- Vraiment ? Demandais-je brusquement émue.
- Oui.
- Mais pourquoi donc?
- J'ai entendu dire que ta société marchait plutôt bien, ce dont je te félicite, dit-il en changeant de sujet.
- Je n'ai pas trop mal réussi mais quand même pas aussi bien que toi, dis-je persuadée que ce qu'il venait de dire était davantage une constatation qu'un compliment sincère.
- Quand tu as quitté Miami Mary, j'ai tout misé sur l'avenir et je me suis juré de réussir un jour.
Je m'étais préparée à ce qu'il évoque le passé à ce qu'il me mette mal à l'aise et sans doute aussi, à ce qu'il me cause des émotions désagréables.
- Vouloir réussir à tout prix a vraiment des aspects positifs, répondis-je.
- Exactement, j'irais même jusqu'à dire que si j'ai fait fortune, c'est en partie grâce à toi.
- Je ne peux pas le croire...commençais-je en sentant flotter autour de moi l'odeur entêtante des branches de sapin.
- Ne sois pas modeste je t'en prie, dit-il. Pour moi, tu as été une inspiration et même une muse.
Sous ses sarcasmes, je sentais croître ma nervosité. Cette fois, s'en était trop et je cessais tout net de danser, bien décidée à ne plus permettre à un homme de me plonger dans un tel état de panique. Alors que les autres couples continuaient de virevolter, je fixe Parker droit dans les yeux comme si j'attendais des explications de sa part .
- Pourquoi es-tu revenu ?
- Je voulais te revoir, dit-il avec une expression qui me glace dans les yeux .
- Eh bien, tu m'as vue, répliquai-je en tournant les talons. Merci pour cette danse
Il me prend par le bras d'un nerf d'autorité.
- Je te raccompagne à la table, décrète-t-il.
L'espace d'un instant, j'ai eu la tentation de me dégager avec brutalité mais je préférais renoncer afin de ne pas provoquer d'esclandre. Tout en marchant à côté de Parker, je remarquais de quelle façon gourmande et insistante les autres femmes le dévisageaient. Je songeais alors qu'autrefois, moi aussi avait cette façon si particulière de regarder cet homme si beau. Une fois que nous sommes arrivés à table, je m'assieds à ma place avec l'espoir de voir partir Parker plus vite. Nos échanges de propos aigre-doux sur la piste de danse ne mettent-ils pas une note finale à nos retrouvailles ? Pourtant, il ne fait pas mine de partir et après quelques instants, il s'assied carrément à côté de moi.
- Comment va Ethan? Demanda-t-il avec froideur.
Je scrute ses yeux si bleus et j'ai compris que Parker était venu jusqu'ici non pour parler affaire ou par courtoisie mais bien parce qu'il avait décidé d'avoir une confrontation avec moi, peut-être aussi parce qu'il était déterminé à me faire du mal.
- Mon mari Ethan est mort il y a cinq ans.
- Je suis désolé de l'apprendre, répondit-il sans donner l'impression d'être très bouleversé.
- Vraiment ?
- Si je répondais «non» de quoi aurais-je l'air?
- De quelqu'un de cruel.
- Pourquoi pas d'une personne honnête ?
- Disons les deux et n'en parlons plus, répliquai-je.
Elona et Olivia, mes associées étaient de l'autre côté de la piste de danse. Elles me lorgnaient avec tant de curiosité que j'en étais si contrariée. Je connaissais suffisamment bien mes deux associées pour savoir qu'elles viendront près de moi dans moins de trente minutes et je n'étais pas du tout prête à déballer mes malheurs et leur exposer mes erreurs passées alors que Elona fêtait son mariage. Je me tourne vers Parker en essayant de cacher du mieux que je pouvais mon émotion.
- Je crois que le dîner va bientôt être servi. On se reverra une autre fois. Peut-être...
Parker me dévisagea sans aménité.
- Essayes-tu par hasard de te débarrasser de moi?
- Non bien sûr ! Pourquoi penses-tu ainsi ?
- Allons Mary ! J'ai toujours su quand tu mentais.
- Très bien. Mes associées arrivent et elles ignorent tout...
- Tout de moi? Compléta-t-il avec un regard satisfait et venimeux.
- Elles ignorent tout de toi et d'Ethan et aussi de ce qu'était ma vie avant que nous fondions la société.
- Pourquoi tant de mystères?
J'étais prise de court en voyant Olivia et Elona se rapprocher.
- Ça ne te regarde pas, rétorquais-je. Tu me parleras autant que tu voudras mais pas ici et pas maintenant. Une autre fois s'il te plaît Parker.
- Très bien ! Répondit-il après avoir réfléchi. Nous nous verrons demain à ton bureau.
- Non!
- Je ne suis pas venu parler du bon vieux temps Mary, souffle-t-il dans mon oreille comme il savait très bien le faire autrefois. Je suis venu encaisser une dette impayée...
- De quelle dette parle-t-il?
- Il y a six ans tu m'as fait une promesse qui n'a pas été tenue Mary. Je suis venu encaisser ma dette et si par hasard il te venait à l'idée de te défiler une fois de plus Mary, alors ce que tu as de plus cher au monde pourrait bien te claquer entre les doigts.
Il se redresse juste à temps pour serrer les mains d'Elona et d'Olivia, puis il fait à Elona des compliments sur la cérémonie si réussie et le faste de la réception.
Pendant ce temps, comme frappée de stupeur, je garde les yeux baissés sur mon assiette. Dans le brouhaha de mes pensées, j'entendais Parker adresser ses meilleurs vœux aux deux femmes et je le vois enfin s'éloigner.
- Quel homme ! s'exclama Olivia en s'asseyant près de moi. Et si mignon en plus de ça.
- Splendide et charmant et en plus il semble amoureux de toi Mary, ajouta Mary en rajustant son diadème de mariée avant de s'asseoir à la place d'honneur.
- Tu lui as demandé son numéro de téléphone Mary ? Demanda Elona.
- Oh ça...Je l'ai! Réponds-je en hochant la tête.
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Depuis quatre ans et demi que je travaille pour la société "Chœur de Femmes", je n'avais été absente que trois fois et toujours pour des raisons médicales. Durant l'hiver, une grippe sévère m'avait littéralement terrassée. L'été dernier, on m'avait arraché une dent de sagesse. Et enfin, ce matin je me suis réveillée avec une gueule de bois.