Ma première vie s'est ended à peine commencée.
Mon cousin Marc, le visage empreint d'un mépris glacé, a jeté les "preuves" de ma fraude à mes pieds, des documents falsifiés qu\'il avait méticuleusement créés pour me dérober l\'entreprise familiale de mon père, Antoine.
Sous la pluie battante, humiliée et frappée par ses hommes, j\'ai vu le monde m\'abandonner : la justice corrompue, les amis prétendus indifférents, ma dignité anéantie.
Le désespoir était physique, une chape de plomb m\'écrasant, encore plus insupportable que la question persistante : pourquoi tant de haine ? Ce n\'était pas seulement l\'argent ; il voulait m\'effacer.
Puis l\'obscurité, et une lumière aveuglante : je me suis réveillée, la veille de l\'enterrement de mon père, le jour exact où tout le cauchemar avait commencé.
Je suis revenue, et cette fois, Marc n\'allait pas gagner.
Ma mort, dans ma vie antérieure, a été pathétique et silencieuse.
Mon cousin, Marc, se tenait devant moi, son visage empli d'un mépris à peine dissimulé. Il a jeté un dossier sur le sol, les papiers se sont éparpillés à mes pieds. C'étaient les preuves de ma « fraude », les documents falsifiés qu'il avait créés pour me voler l'entreprise que mon père, Antoine, m'avait laissée.
« Camille, tu as tout perdu. »
Sa voix était calme, presque douce, ce qui la rendait encore plus terrifiante.
Derrière lui, ses complices, des cadres de l'entreprise que je considérais comme des oncles, me regardaient avec pitié ou indifférence. La justice, que j'avais suppliée, m'avait tourné le dos. Les juges, corrompus par l'argent de Marc, avaient validé le vol. On m'avait tout pris : mon nom, mon héritage, ma dignité.
J'ai été expulsée du siège de notre entreprise familiale. Dehors, sous une pluie fine et glaciale, j'ai été frappée et humiliée par des hommes engagés par Marc. Personne n'est intervenu. J'étais seule, ruinée, brisée.
Le désespoir était une chose physique, une chape de plomb qui m'écrasait la poitrine. Je me suis souvenue du dernier cadeau de mon père, une boîte contenant des lettres. Il m'avait dit de ne les ouvrir qu'en cas de nécessité absolue. Mais dans la panique et le chaos, j'avais oublié où je l'avais mise. J'ai passé mes derniers jours dans la misère, cherchant en vain un sens à cette trahison. Pourquoi Marc, mon propre cousin, me haïssait-il à ce point ? Il ne s'agissait pas seulement d'argent, je le sentais. Il y avait une cruauté en lui, une volonté de m'effacer complètement du monde.
Ma dernière pensée a été une question sans réponse. Pourquoi ?
Puis, l'obscurité.
Et soudain, une lumière aveuglante.
J'ai ouvert les yeux, le cœur battant à tout rompre. J'étais dans ma chambre, celle de mon enfance. La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux. J'ai regardé mes mains. Elles n'étaient pas celles d'une femme épuisée et battue, mais celles d'une jeune femme de dix-huit ans.
J'ai attrapé mon téléphone sur la table de chevet. La date affichée à l'écran m'a glacé le sang.
C'était le lendemain des funérailles de mon père.
Le jour précis où le cauchemar avait commencé. Le jour où Marc était venu chez moi, le visage plein de fausse compassion, pour poser la première pierre de sa trahison.
Je suis revenue. J'ai eu une seconde chance. Et cette fois, je n'allais pas le laisser gagner.
Le bruit dans le salon m'a tirée de ma stupeur. J'ai entendu la voix de ma mère, Hélène, douce et triste, et une autre voix, faussement enjouée. Celle de Marc.
Mon corps s'est raidi. La haine, froide et pure, a envahi chaque parcelle de mon être.
J'ai descendu les escaliers, mes pas silencieux sur le tapis épais. Ils étaient assis dans le salon. Marc tenait une tasse de thé, son expression pleine d'une sollicitude écœurante.
« Hélène, ne t'inquiète pas. Je vais m'occuper de Camille. Je serai là pour elle, comme un frère. »
Ma mère, brisée par le deuil, lui a offert un sourire reconnaissant.
À côté d'eux, assise sur un fauteuil, se trouvait Madame Bernard, une vieille amie de la famille et une petite actionnaire de l'entreprise. Dans ma vie précédente, elle avait été la première à être ruinée par les manigances de Marc. Il lui avait fait miroiter un investissement miracle qui l'avait laissée sans un sou.
En la voyant, une vague de culpabilité m'a submergée. J'aurais pu la sauver. J'aurais dû voir clair.
« Camille, te voilà enfin », a dit Marc en se levant. « Comment te sens-tu ? »
Je l'ai regardé, sans rien dire. Mon silence l'a mis mal à l'aise.
Ma tante, la mère de Marc, était là aussi. Elle m'a regardée avec un air de reproche.
« Franchement, Camille, un peu de politesse. Ton cousin s'inquiète pour toi. »
Des voisins, venus présenter leurs condoléances, chuchotaient dans un coin.
« Pauvre petite, elle est si jeune pour gérer tout ça. »
« Qu'est-ce qu'une fille de son âge connaît aux affaires ? Heureusement que son cousin est là. »
Leurs mots étaient les mêmes. Tout était identique. Une répétition macabre de la pire journée de ma vie. Je fixais Madame Bernard. Je pouvais voir son avenir, une aura sombre et trouble qui flottait autour d'elle. Je voyais sa solitude, sa pauvreté, sa mort dans un hospice misérable. C'était un don que j'avais depuis l'enfance, une capacité à voir les fils du destin, un talent que j'avais hérité de mon père et perfectionné auprès de mon maître, Maître Li.
Dans ma vie antérieure, j'avais essayé de l'avertir. J'avais dit à Madame Bernard de ne pas faire confiance à Marc. Elle m'avait ri au nez, me traitant de folle, d'enfant jalouse. Marc avait utilisé cet incident contre moi. Il avait dit à tout le monde que le chagrin me faisait perdre la tête, que je devenais paranoïaque. C'était le début de ma chute. Il avait retourné ma tentative de l'aider en une preuve de mon instabilité.
Et voilà que Marc se tournait vers Madame Bernard, avec le même sourire charmeur.
« D'ailleurs, Madame Bernard, j'ai une idée d'investissement qui pourrait vous intéresser. Une opportunité en or. »
Il a commencé à lui expliquer son plan frauduleux, mot pour mot. La même conversation, le même piège. Une sueur froide a coulé dans mon dos. Ce n'était pas normal. La précision de la répétition était trop parfaite pour être une simple coïncidence. C'était comme s'il lisait un script. Mais comment ? Comment pouvait-il connaître les détails exacts de ce qui allait se passer ?
Je le regardais, et pour la première fois, je ne voyais pas seulement un cousin cupide. Je voyais quelque chose de plus sombre, de plus étrange. Une question a commencé à se former dans mon esprit, une question terrifiante qui n'avait aucun sens logique.
Marc savait-il, lui aussi ?