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La revanche silencieuse de l'épouse

La revanche silencieuse de l'épouse

Auteur:: Anaise
Genre: Romance
Mon monde s'est effondré sur le pont de ce yacht lorsque Cédric m'a violemment poussée dans les escaliers pour courir après Valentine, son « amour de jeunesse » qui faisait un caprice. Alors que ma jambe se brisait dans un craquement écœurant, il ne s'est même pas retourné pour me regarder. J'ai compris ce jour-là que sept ans d'amour ne pesaient rien face à une simple égratignure de sa muse. À l'hôpital, pendant que je subissais une opération d'urgence seule, Cédric cajolait Valentine dans la salle d'attente. Mais la douleur physique n'était rien comparée à ce que j'ai découvert sur sa tablette oubliée à mon chevet. Un dossier nommé « Projet V » révélait l'horreur : chaque photo de moi, chaque pose, chaque vêtement qu'il m'avait choisi depuis sept ans n'était qu'une réplique exacte des clichés de Valentine. Je n'étais pas sa compagne, j'étais son substitut, un mannequin de remplacement façonné à l'image de celle qu'il n'avait jamais oubliée. Quand j'ai tenté de lui demander des comptes, il m'a traitée de paranoïaque et m'a abandonnée à nouveau pour la rejoindre. Une rage froide a remplacé mes larmes, et j'ai pris la décision qui allait changer ma vie. J'ai pris mon téléphone et j'ai composé le numéro de mon oncle d'une main tremblante. « J'accepte l'arrangement avec Godefroy Morel. Fixez la date des fiançailles. » J'ai raccroché, puis j'ai regardé la gouvernante avec un calme terrifiant. « Jetez tout ce qui appartient à Cédric. Absolument tout. »

Chapitre 1

Mon monde s'est effondré sur le pont de ce yacht lorsque Cédric m'a violemment poussée dans les escaliers pour courir après Valentine, son « amour de jeunesse » qui faisait un caprice.

Alors que ma jambe se brisait dans un craquement écœurant, il ne s'est même pas retourné pour me regarder.

J'ai compris ce jour-là que sept ans d'amour ne pesaient rien face à une simple égratignure de sa muse.

À l'hôpital, pendant que je subissais une opération d'urgence seule, Cédric cajolait Valentine dans la salle d'attente.

Mais la douleur physique n'était rien comparée à ce que j'ai découvert sur sa tablette oubliée à mon chevet.

Un dossier nommé « Projet V » révélait l'horreur : chaque photo de moi, chaque pose, chaque vêtement qu'il m'avait choisi depuis sept ans n'était qu'une réplique exacte des clichés de Valentine.

Je n'étais pas sa compagne, j'étais son substitut, un mannequin de remplacement façonné à l'image de celle qu'il n'avait jamais oubliée.

Quand j'ai tenté de lui demander des comptes, il m'a traitée de paranoïaque et m'a abandonnée à nouveau pour la rejoindre.

Une rage froide a remplacé mes larmes, et j'ai pris la décision qui allait changer ma vie.

J'ai pris mon téléphone et j'ai composé le numéro de mon oncle d'une main tremblante.

« J'accepte l'arrangement avec Godefroy Morel. Fixez la date des fiançailles. »

J'ai raccroché, puis j'ai regardé la gouvernante avec un calme terrifiant.

« Jetez tout ce qui appartient à Cédric. Absolument tout. »

Chapitre 1

Éloïse POV:

Mon monde s'est brisé en mille morceaux sur les escaliers glissants du yacht, le bruit de ma jambe qui cède recouvrant à peine le cri désespéré de mon cœur. Cédric, l'homme que j'aimais depuis sept ans, m'a violemment poussée pour courir après Valentine, son "amour de jeunesse" qui faisait un caprice sur le pont. Il ne s'est même pas retourné.

La musique était assourdissante, les rires fusaient. Autour de moi, des silhouettes élégantes dansaient ou sirotaient du champagne, toutes indifférentes à ma chute. Mon corps a heurté la rambarde, puis les marches de bois dur. Une douleur fulgurante a traversé ma jambe, ma tête a cogné. Le goût métallique du sang a envahi ma bouche. J'ai essayé de me relever, mais ma jambe ne répondait plus.

Je l'avais vu. Le mouvement brusque de son bras. La panique dans ses yeux, non pas pour moi, mais pour elle. Valentine Delahaye. La mannequin internationale, la femme que Cédric n'avait jamais vraiment oubliée. Elle avait feint un malaise, et il avait couru. Sans réfléchir. Sans même un regard en arrière.

La douleur était si intense qu'elle a fait vaciller ma vision. Des étoiles noires ont dansé devant mes yeux. Les conversations et les rires flottaient autour de moi comme des bulles lointaines. Personne ne m'a vue. Personne ne m'a aidée.

J'ai tendu la main, mais l'air était vide. Ma gorge était sèche. J'ai appelé Cédric, mais ma voix n'était qu'un murmure inaudible dans le vacarme ambiant. J'étais seule. Totalement seule.

Mon téléphone était tombé de ma robe. Je l'ai cherché à tâtons sur les marches froides, mes doigts tremblant, maculant l'écran de sang. Une femme, enfin, s'est penchée. Elle portait une robe rouge écarlate et son regard était rempli d'une pitié lointaine.

« Oh mon Dieu ! Vous saignez ! »

C' était la première chose que j' ai entendue qui n' était pas le bruit du yacht ou le son du champagne. Elle a appelé à l'aide, mais les gens étaient trop occupés à profiter de la fête. Finalement, un membre du personnel est venu. Il a vu ma jambe tordue, le sang sur mon visage et m'a aidée à me relever, ou du moins à me soutenir.

J'ai été transportée à l'hôpital dans une ambulance qui sentait le désinfectant et la peur. Là, j'ai subi une opération d'urgence pour ma jambe fracturée. Le médecin parlait de complications, de rééducation longue. Mon visage était bandé, ma jambe plâtrée. J'étais un gâchis.

Cédric est arrivé. Pas pour moi, bien sûr. Il accompagnait Valentine, qui avait une égratignure insignifiante au bras. Il n'a même pas jeté un œil à ma chambre, trop occupé à cajoler sa "muse". Mon cœur, déjà brisé, a craqué un peu plus.

Sur sa tablette, par inadvertance laissée ouverte sur ma table de chevet, j'ai vu un dossier. "Projet V". Mon sang s'est glacé. Sept ans de photos. Mes photos. Prétendument nos souvenirs. Mais en les ouvrant, j'ai vu l'horreur. Chaque cliché de moi était une réplique exacte d'une ancienne photo de Valentine. La même pose, la même lumière, les mêmes vêtements, même le même angle de tête. J'étais un substitut. Une pâle copie. J'étais son mannequin de remplacement.

La douleur physique s'est estompée devant l'agonie de cette révélation. Sept ans. Sept ans de ma vie. Tout n'était qu'un mensonge. J'ai senti une rage froide monter en moi. Cette fois, ce n'était pas la jambe qui s'est brisée, mais mon âme.

Le lendemain, assise dans mon lit d'hôpital, j'ai pris ma décision. Mon téléphone a sonné. C'était mon oncle, Henri.

« Éloïse, ma chérie. J'ai entendu ce qui s'est passé. Nous sommes tellement désolés. »

Sa voix était pleine de compassion. Il ne savait pas la moitié de ce qui me dévorait.

« Oncle Henri, » ma voix était étonnamment calme. « J'ai réfléchi. Pour l'arrangement avec Godefroy Morel... J'accepte. »

Un silence à l'autre bout du fil. « Ma chérie, es-tu sûre ? C'est une décision importante. Tu es blessée... »

« Je suis sûre, » j'ai coupé court. « C'est la meilleure chose à faire. Pour la famille. Pour... moi. »

C'était un mensonge. Je voulais juste fuir. Fuir cette douleur, cette humiliation. Fuir Cédric, Valentine, et tout ce qu'ils représentaient. L'alliance matrimoniale avec Godefroy, le magnat de l'hôtellerie, était un moyen de m'échapper. Un mariage arrangé pour fusionner nos intérêts. Parfums Blanc avec Hôtels Morel. Une affaire froide, sans émotion. Exactement ce dont j'avais besoin.

Mon oncle a soupiré. « Si tu es si déterminée... Godefroy est un homme honorable. Il est respectueux. »

Respectueux. Ça me suffisait. Les larmes me sont montées aux yeux, mais je les ai ravalées. J'ai souri, un sourire amer. « Je vais bien, Oncle. Vraiment. »

« C'est une bonne nouvelle, » a-t-il dit, un soulagement dans la voix. « Nous pourrions organiser votre retour à Grasse. Et peut-être une première rencontre avec Godefroy pour discuter des détails. »

« Non, » ai-je dit, ma voix plus ferme que je ne l'aurais cru. « Je ne veux pas de rencontre préalable. Fixez la date des fiançailles. Je serai là. »

Mon oncle était surpris, mais il a acquiescé. « Très bien, ma chérie. Je m'en occupe. Et... Cédric ? Dois-je l'inviter ? »

Mon cœur s'est glacé. Cette question. Toujours Cédric.

« Non, » ai-je dit, un frisson me parcourant. « Il n'y a aucune raison. »

Soudain, la porte de ma chambre s'est ouverte. Cédric se tenait là, un sourire radieux sur le visage, une photo de Valentine à la main. Il s'est approché, m'a enlacée par-derrière, son souffle chaud sur ma nuque.

« Chérie, à qui parles-tu ? » Il a posé son menton sur mon épaule, son regard scrutant mon téléphone. « Qui n'y a-t-il aucune raison d'inviter ? »

Chapitre 2

Éloïse POV:

Cédric a resserré son étreinte, sa voix douce mais son ton inquisiteur.

« Qui n'y a-t-il aucune raison d'inviter, Éloïse ? »

J'ai frissonné, non pas de plaisir, mais d'un dégoût profond. Son odeur – son parfum familier, que j'avais tant aimé – me soulevait le cœur. C'était la même odeur qu'il avait ce soir-là, sur le yacht. La même odeur qu'il portait quand il m'a poussée.

« Personne d'important, Cédric, » ai-je répondu, essayant de me dégager. Ma jambe plâtrée a rendu le mouvement difficile, et la douleur a lancé une pointe.

Il a ignoré ma tentative de retrait et m'a poussée plus fermement contre le lit, ses mains remontant mes bras. Il riait doucement.

« Ne sois pas si mystérieuse, ma muse. Tu sais que je ne supporte pas les secrets entre nous. »

Il a continué ses caresses, son souffle de plus en plus rapide. Je l'ai senti se pencher, sa bouche cherchant mon cou. Une vague de nausée m'a submergée. Chaque contact était un rappel brûlant de la trahison.

« Cédric, arrête. Je me sens mal. » J'ai essayé de le repousser, mais ma force était limitée.

Il a juste murmuré sur ma peau, « Je te ferai te sentir mieux. Nous rattraperons le temps perdu. »

Mon regard s'est posé sur son cou, là où sa chemise était légèrement déboutonnée. Une marque rouge et fraîche y était visible. Une marque de baiser. Éloquente et indéniable. Pas la mienne.

Une image m'a traversée l'esprit. Chaque fois que je tentais de laisser une marque sur lui, même innocemment, il reculait. « Ma muse, tu sais que je dois être impeccable pour les shootings. » Ou, avec un sourire charmeur, « Mon corps est un temple, chérie. Ne le profane pas avec de simples marques. » Mais pour Valentine, visiblement, le temple pouvait être profané.

Mon estomac s'est tordu. J'ai eu l'impression que l'air manquait. Il n'y avait plus de doute. Il ne s'était jamais soucié de moi. J'étais juste un outil, un accessoire. Le déni s'est effondré, laissant place à une clarté brutale et douloureuse.

Alors qu'il s'apprêtait à m'embrasser à nouveau, sa main a glissé sur ma jambe plâtrée. Il a exercé une légère pression, et la douleur a explosé. Un cri m'a échappé.

« Lâche-moi ! » J'ai crié, le poussant avec toute la force que je pouvais rassembler. Il a été pris au dépourvu et a reculé, trébuchant presque.

Les larmes ont coulé sur mes joues, non pas de douleur physique, mais de l'épuisement émotionnel et du dégoût.

« Éloïse, qu'est-ce qui ne va pas ? » Il s'est redressé, sa chemise à moitié défaite, l'air étonné.

Il a regardé ma jambe, puis mon visage pâle, avant de comprendre. Son regard s'est attardé sur les bandages autour de ma tête. Il a pâli, son sourire s'effaçant.

« Mon Dieu, Éloïse... qu'est-ce qui t'est arrivé ? Ta jambe... ton visage... »

La performance était grotesque. Il jouait le rôle de l'amant inquiet. Je l'ai dévisagé, un rire amer au fond de ma gorge.

« Tu viens juste de le remarquer, Cédric ? » Ma voix était un murmure froid.

Il s'est avancé, voulant toucher ma jambe. « Laisse-moi voir. Je suis si désolé, ma chérie. Je ne savais pas que c'était si grave. J'aurais dû être là. »

Sa main s'est tendue. J'ai reculé, mon corps entier se raidissant.

« Non. Ne me touche pas. »

Je l'ai vu, une lueur de confusion dans ses yeux. Il a retiré sa main.

« J'étais juste... inquiet pour Valentine. Elle n'allait pas bien. Mais bien sûr, tu es ma priorité. Toujours. »

Mon regard est resté fixé sur lui. Priorité ? Neuf ans. Neuf ans à penser que j'étais sa priorité. Neuf ans à organiser sa vie, ses rendez-vous, ses expositions. À gérer son studio, à être sa muse. Neuf ans de ma vie sacrifiés pour son art. Pour lui. Et j'étais quoi ? Un accessoire de plus.

L'écœurement m'a envahie. Je ne pouvais plus le supporter.

« S'il te plaît, Cédric. Pars. »

Il m'a regardée, blessé. « Éloïse, ne sois pas ridicule. Nous allons parler. »

« Je prends la chambre d'amis ce soir, » ai-je dit, ma voix tremblante mais ferme. « Je ne peux pas. »

Il a hésité, puis a haussé les épaules. « Très bien. Mais ne t'inquiète pas, je te rejoindrai plus tard. Je ne te laisserai pas seule. »

Il s'est penché pour m'embrasser. J'ai tourné la tête, et son baiser a atterri sur ma tempe. Il est sorti, laissant derrière lui une impression de vide et de fausseté.

Quelques heures plus tard, j'ai entendu un bruit dans la chambre d'amis. Il était là. Il s'est glissé sous les couvertures, ses bras cherchant mon corps.

« Éloïse, c'est absurde. Reviens dans nos bras. »

J'ai repoussé ses mains avec une force inattendue. « Non, Cédric. S'il te plaît. Je ne me sens pas bien. »

Mon téléphone a sonné. C'était Cédric. Il a regardé l'écran, un sourire en coin.

« C'est juste un ami qui a des problèmes. Je dois y aller. Je reviens vite, ma chérie. »

Il a quitté la chambre d'amis, me laissant seule. Mon cœur était lourd. J'ai pris mon propre téléphone. Une notification Instagram a attiré mon attention. C'était une story d'un ami commun de Cédric. Une photo de Cédric et Valentine, souriants, dans un bar branché. La légende : "Réconfortant notre étoile ! Cédric, toujours là pour Valentine !"

J'ai cliqué sur "j'aime". Un acte de défi silencieux. Puis j'ai éteint la lumière.

Chapitre 3

Éloïse POV:

La lumière agressive du matin a traversé les rideaux, et Cédric était là, dans la chambre d'amis, penché sur moi. Son souffle chaud sur mon visage.

« Ma muse, tu as l'air si belle même au réveil. » Il a tenté de m'embrasser.

Je me suis reculée d'un coup, la nausée me submergeant. Le simple contact de sa peau me révulsait désormais.

Il m'a regardée avec un froncement de sourcils. « Toujours grognon, ma belle ? C'est à cause de ta jambe ? » Il a posé délicatement sa main sur mon plâtre. Son geste était faux, insincère.

« Lève-toi, je t'emmène à l'hôpital pour un contrôle, » a-t-il dit, sa voix pleine d'une autorité feinte. « Je ne veux pas que tu souffres. » Il a pris une de ses vestes chic et bohème, celle qu'il m'avait choisie – ou plutôt imposée – et l'a jetée sur moi.

« Où allons-nous ? » J'ai demandé, ma voix sèche.

« À l'hôpital, évidemment, » a-t-il répondu, comme si j'étais stupide. « Pour que tu sois examinée. »

Je me suis levée difficilement, la douleur irradiant depuis ma jambe. Chaque pas était une torture. Il ne m'a pas aidée, il a juste marché devant, comme si mon rythme lent était une gêne.

Arrivés à l'hôpital, le hall était plein. Le bruit des pas, le brouhaha des conversations, l'odeur d'antiseptique. Et là, au milieu de tout ça, Valentine. Elle était assise, élégante même dans un hôpital, l'air ennuyé.

Cédric l'a vue. Ses yeux se sont allumés. Il a lâché ma main, m'oubliant instantanément. Il a couru. Littéralement couru vers elle, me laissant en plan, ma jambe blessée vacillante. Mon corps a heurté violemment le mur. Une décharge électrique de douleur a traversé ma jambe. J'ai gémi, mais il ne l'a pas entendue. Il avait déjà Valentine dans ses bras.

« Valentine ! Mon amour, tu vas bien ? » a-t-il murmuré, ses mains caressant ses cheveux. Son visage était rempli d'une tendresse que je n'avais jamais vue, pas même pour moi.

Valentine, sa tête posée sur son épaule, a levé les yeux. Elle m'a aperçue, une lueur de satisfaction malicieuse dans ses yeux. Elle a fait semblant de ne pas me voir immédiatement.

« Ah, Cédric ! Tu es là ! » Elle a murmuré, avant de me jeter un regard dédaigneux. « Éloïse ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » Elle a remarqué la veste que je portais. C'était la sienne. « Tiens, tu portes ma veste. »

Son expression était un mélange de surprise feinte et d'amusement cruel.

« Nous sommes ici pour mon contrôle, » ai-je dit, ma voix tremblante de douleur et de rage contenue.

Cédric, toujours absorbé par Valentine, a détourné les yeux. « Oui, Éloïse avait rendez-vous pour sa jambe. » Il a ajouté sèchement, comme si c'était une tâche désagréable.

J'ai entendu son mensonge habituel. "Juste une amie." "Rien de sérieux." Le même refrain que j'avais entendu pendant des années, chaque fois que je le questionnais sur Valentine. J'avais toujours fait semblant de le croire, de lui faire confiance. Mais maintenant, la cécité avait disparu.

Valentine a soupiré. « Oh, je vois. » Elle a fait une moue. « Cédric, mon pauvre, tu es toujours à t'occuper de tout le monde. »

Puis, une nouvelle performance. Valentine a gémi, se tenant le ventre. « Oh, mon Dieu, Cédric, j'ai des crampes horribles. Je crois que ça empire. »

Cédric a paniqué. « Mon amour ! Ne t'inquiète pas, je suis là. » Il l'a soulevée sans effort, la pressant contre lui. « Éloïse, attends-moi ici. Je dois emmener Valentine aux urgences. C'est plus grave. »

Il est parti en courant, Valentine dans ses bras, me laissant seule, appuyée contre le mur froid de l'hôpital. J'ai regardé ma jambe, le plâtre déjà taché. J'ai levé la main et j'ai touché mon visage. Mes doigts sont revenus rouges. Une nouvelle blessure, une coupure profonde, s'était ouverte sur ma tempe lors de la collision avec le mur. L'os de ma jambe me lançait.

J'ai ri. Un rire sec, amer, qui a secoué mon corps. Des larmes ont coulé, salées, sur mes joues. Il ne m'avait même pas regardée. Pour lui, j'étais invisible. Mon sang, mes blessures, ma douleur, tout était insignifiant face au moindre caprice de Valentine.

Je l'ai enfin compris. Valentine n'était pas son amour de jeunesse. Elle était son amour tout court. Sa véritable muse. Et moi, j'étais le remplaçant, le jouet, le substitut.

« Madame ! » Une infirmière est arrivée, alertée par mon état. « Mon Dieu, vous saignez. Qu'est-ce qui s'est passé ? Votre jambe a l'air... »

Elle m'a vue, enfin. Elle a vu le sang. Celui que Cédric avait choisi d'ignorer.

« J'ai glissé, » ai-je murmuré, la voix brisée. « Sur le yacht. »

L'infirmière a froncé les sourcils. « Une jambe fracturée, et maintenant une blessure à la tête ? Et vous êtes seule ? Où est votre compagnon ? »

Mon compagnon. Il était parti. Il était parti réconforter Valentine.

« J' ai fait une mauvaise rencontre, » ai-je répondu, la voix pleine d'une amertume nouvelle.

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