Le bruit d'un rire léger résonne soudainement dans le silence du parc. "Pourquoi tu souris comme ça ? Tu crois que c'est un jeu ?" s'irrite Pablo, son ton haut et cassant déchirant l'air. Son regard noir tombe sur Elisa, qui ne fait qu'hausser les épaules, un sourire au coin des lèvres.
"Oh, pardon, c'est bête de ma part," lâche-t-elle d'un ton léger, ses yeux brillants d'une malice presque enfantine. Elle détourne son regard vers le champ de fleurs qui s'étend devant eux. "C'est beau ici, tout est naturel..."
Pablo serre les poings, une tension nerveuse raidissant ses épaules. Il ne supporte pas cette légèreté. Il sent l'agacement monter, et, d'un mouvement brusque, attrape le poignet d'Elisa. "Tu te moques de moi, c'est ça ?"
"Eh bien, lâche-moi d'abord !" répond-elle en tentant de se dégager, le défi luisant dans son regard. Elle semble vouloir lire dans ses pensées, comme si elle cherchait à percer l'épais mur d'orgueil et de colère qui l'entoure.
Un rictus sarcastique étire les lèvres de Pablo. "Tu devrais te mettre à genoux et implorer mon pardon. C'est pas n'importe qui que tu as insulté," réplique-t-il en la dévisageant, l'air de mépris profondément ancré dans ses traits. Il se redresse, dominant la scène d'une posture calculée.
"Tout ça pour une tâche sur ton manteau ?" rétorque-t-elle, levant les yeux au ciel. Elle balaye les passants du regard, espérant peut-être que quelqu'un prenne son parti, mais à sa surprise, les regards évitent soigneusement la scène. Certains s'inclinent même discrètement en passant devant Pablo, témoins silencieux d'un rang qu'elle n'a pas encore discerné.
Elle plisse les yeux, la réalité de l'arrogant personnage lui apparaissant avec une clarté troublante. "Ah, donc c'est ça. Un prince, rien de moins !" Elle croise les bras, feignant l'indifférence. "Je m'excuse, majesté, si cela vous offense tant," murmure-t-elle avant de tourner les talons pour s'éloigner.
"Tu oses me tourner le dos ?" tonne Pablo, ébranlé par cette absence de soumission. Il n'avait jamais été défié de la sorte, surtout par une simple roturière.
Elle n'en mène pas large, pourtant, elle soutient son regard avec une audace à peine voilée. "Votre altesse devrait peut-être revoir ses manières. Vous ressemblez davantage à un fermier frustré qu'à un prince," lâche-t-elle finalement, un éclat de défi dans les yeux avant de lui tourner le dos, un sourire moqueur flottant sur ses lèvres.
Pablo reste figé, l'incrédulité laissant bientôt place à une rage froide. Personne n'avait osé le défier de la sorte depuis des années. "Vous la suivrez," murmure-t-il d'une voix cinglante à ses gardes, "et je veux savoir qui est cette effrontée d'ici ce soir."
À quelques rues de là, Elisa traverse un marché en apparence paisible. Pourtant, un étrange sentiment de familiarité l'envahit. Elle s'arrête devant un étal où une fillette s'agite pour attirer les clients, brandissant un livre de Scrabble devant elle.
"Un livre de Scrabble ? Allez, il est à toi pour pas cher," dit la petite avec un sourire éclatant, qui décroche presque un rire à Elisa.
Elle attrape le livre, l'air songeur. "Combien ?"
"Cinquante," répond l'enfant.
Elisa soupire, les poches vides. "Je n'ai pas de quoi payer. Si tu veux bien me suivre, je te donnerai l'argent une fois chez moi," propose-t-elle.
"Pas de soucis, je m'appelle Naomie !" La petite fille l'accompagne joyeusement jusqu'à sa maison, babillant tout le long du trajet. Mais à peine arrivée, son expression change, et son sourire s'évanouit.
"Écoute, va le voir, s'il te plaît," implore Naomie, l'angoisse perçant dans sa voix. "Ne provoque pas le prince Pablo. Il ne pardonne jamais. Tu pourrais y laisser ta peau..."
Elisa rit nerveusement. "Pour un simple manteau taché ? Ne t'inquiète pas, tout ira bien," répond-elle, haussant les épaules. Mais Naomie reste figée, le visage empreint de peur.
"Non, tu ne comprends pas. Le prince n'a aucun scrupule. Pour lui, la vie humaine ne vaut rien," murmure la fillette en baissant la tête, ses petites mains tremblant. Un silence pesant s'installe entre elles, un avertissement silencieux que Naomie ne semble pas pouvoir expliquer davantage.
Au palais, Pablo est installé dans une grande salle, les doigts pianotant nerveusement sur le rebord de son trône. "Cette insolente... Elle ose défier l'autorité ?"
Sa mère, Hermine, entre en silence, s'approchant de lui avec une sérénité calculée. "Ne perds pas ton temps à te laisser déranger par des broutilles," murmure-t-elle calmement.
Pablo se redresse, le regard orageux. "Cette fille va payer pour son insolence."
"Son insolence, ou est-ce autre chose ?" demande Hermine, un sourire énigmatique flottant sur ses lèvres. "Tu as toujours eu le besoin de prouver ta force. Mais souviens-toi, chaque royaume a besoin d'un dirigeant calme et respecté."
Pablo serre les mâchoires. Depuis son enfance, Hermine est son seul soutien, la seule personne à qui il accorde une loyauté absolue. Pourtant, elle lui rappelle sans cesse la nécessité de prendre épouse pour affirmer son règne.
"Je n'ai besoin de personne pour régner, mère. Ce royaume est déjà mien." Le regard de Pablo se durcit.
Hermine l'observe un long moment. "Alors, prouve-le. Montre à ton peuple que tu es digne de respect sans avoir recours à la terreur. Si cette fille a pu te faire perdre ainsi ton calme, peut-être a-t-elle quelque chose à t'apprendre."
Un silence s'installe, lourd de significations inexplorées.
Dans la pénombre de sa chambre, Elisa s'étira avec un soupir d'épuisement, laissant retomber sa tête contre l'oreiller avec une lassitude bien méritée. « Cette ville... Elle est p'tite mais, au moins, elle réserve quelques surprises. » Elle passa une main distraite dans ses cheveux emmêlés, glissant son regard vers le livre de Scrabble acheté sur un coup de tête. « C'est à quoi j'pensais quand j'ai pris ça, hein ? » murmura-t-elle avec un sourire en coin. Ses pensées se perdirent dans l'ironie de la situation, tandis qu'elle fermait les yeux, goûtant à un rare moment de paix.
Mais cette sérénité fut violemment brisée par un fracas à la porte. Elisa sursauta, ses doigts s'accrochant fermement à sa couverture alors que des bruits de bottes se rapprochaient. La porte de sa chambre s'ouvrit brusquement, et plusieurs gardes, vêtus de lourdes armures, envahirent l'espace. Le chef de ce groupe, un homme robuste nommé Tomas, s'approcha, le visage fermé. « Mademoiselle... vous savez pourquoi on est ici ? » Son regard perçant la fixait intensément.
Déconcertée, Elisa leva un sourcil, essayant de comprendre ce qui se passait. « Pourquoi vous m'réveillez en pleine nuit ? Quoi que ce soit, j'suis sûre qu'on peut en parler... » Elle cherchait à apaiser la tension, son cœur battant la chamade. Mais les gardes ne répondirent pas. Tomas, impassible, murmura seulement : « C'est au Prince d'en décider. »
Ce furent les derniers mots qu'elle entendit avant de se sentir happée dans l'obscurité. Lorsqu'elle émergea de cet état, elle se retrouva suspendue dans une cellule humide, les poignets attachés au-dessus de sa tête. Ses pieds ne touchaient pas le sol, et un froid glacial envahissait son corps. « Qu'est-ce que vous me voulez ? » réussit-elle à articuler malgré sa voix tremblante.
En guise de réponse, Tomas versa sur elle un seau d'eau glacée, tandis qu'une silhouette apparut dans l'encadrement de la porte. C'était une femme élégante, dégageant une aura d'autorité. Hermine, la mère du prince, entra d'un pas assuré, un sourire calculateur aux lèvres. Elisa la fixa, tentant de percer à jour l'identité de cette femme qui ne lui semblait qu'à moitié étrangère.
« Alors ? Qu'est-ce que tu espérais, hein ? Des petits croissants ? » Hermine la dévisagea avec mépris. Elisa eut à peine le temps de protester que Hermine, avec un sourire de plus en plus effrayant, se pencha vers elle, caressant doucement sa chevelure mouillée avant de la tirer brutalement. La douleur fit jaillir un cri de la bouche d'Elisa.
« Parfait... » Hermine semblait savourer la scène, ignorant volontairement la faiblesse d'Elisa qui luttait pour respirer. « Tu as osé manquer de respect à mon fils, à la royauté même ! Alors, qu'est-ce que t'attends pour parler ? » Mais Elisa, faible, ne put que cracher du sang, ses lèvres tremblant sous l'effet de la douleur.
Voyant son état, Tomas tenta de protester. « Madame, peut-être qu'il serait bon de la relâcher, elle est dans un état... critique. » Mais Hermine, d'un signe de tête autoritaire, ignora sa suggestion. « Libérez-la... mettez-la dans une cage, avec le minimum : du pain rassis et de l'eau. Elle mérite d'apprendre la vraie leçon. » Tomas acquiesça d'un geste rapide, tandis que Hermine sortait de la cellule sans un regard en arrière.
De retour au palais, Pablo, le fils d'Hermine, l'attendait dans la salle du trône, l'air impatient. « Alors, mère, elle est où ? Puis-je enfin la voir ? » demanda-t-il, son ton mêlant excitation et rage contenue. Hermine secoua la tête. « Elle est en train de... comprendre qui nous sommes, mon fils. Sois patient. »
Le visage de Pablo se contracta de frustration, mais il garda le silence. Cependant, lorsqu'un des gardes murmura quelque chose à l'oreille d'Hermine, elle se tourna brusquement vers Pablo, l'air triomphal. « Mon fils, les dieux sont avec nous aujourd'hui... cette fille n'est autre qu'Elisa Sullivan. » Elle marqua une pause dramatique, avant de pointer un nom gravé sur un vieux livre en cuir. « Le même nom que Sulivan Walmart, l'assassin de ton père. »
Un éclair de rage traversa les yeux de Pablo alors qu'il saisissait son épée. « Fille d'un meurtrier... elle va payer pour chaque offense faite à notre nom ! » Hermine leva la main pour l'arrêter, un sourire calculateur aux lèvres. « Pas si vite, Pablo. La tuer maintenant serait bien trop simple, elle mérite de souffrir, chaque jour, pour l'affront qu'elle nous a fait. Elle servira comme esclave ici, elle se tordra dans le froid et la faim. »
Pablo hésita, luttant contre sa colère. « Très bien, alors. Qu'elle devienne une ombre, traînant son ignominie sous notre toit. Mais que je ne la voie jamais. »
Hermine acquiesça, satisfaite, tandis qu'un étrange sourire se dessinait sur ses lèvres. Ce soir-là, les fondations d'une vengeance sinistre furent posées, un complot qui étendrait ses racines jusque dans les moindres recoins du palais.
La silhouette d'Elisa se découpa, tremblante, dans la pénombre de cette chambre froide. "Pourquoi tout ça ?" pensa-t-elle, le souffle court, encore étourdie par le cauchemar éveillé qui venait de lui déferler dessus. Les derniers rayons de la lune filtrant à travers les fenêtres luisaient faiblement, comme si la nuit elle-même refusait de l'éclairer. Elle n'aurait jamais dû s'aventurer dans cette ville ; c'était censé être une pause, un moment de tranquillité. Le destin en avait décidé autrement, et ce simple séjour s'était transformé en l'une des pires épreuves de sa vie.
Peu après son arrivée, elle s'était retrouvée encerclée par une horde de gardes menaçants. Leurs visages étaient fermés, presque inhumains, déterminés à lui faire payer pour un crime dont elle n'avait jamais entendu parler. Sans un mot de plus, ils l'avaient menée jusqu'à Hermine, la Reine au sourire cruel et froid. Elisa ne comprenait pas ce qu'ils lui reprochaient. Mais elle savait que cette femme ne lui ferait aucun cadeau.
Hermine, au comble de son sadisme, avait ordonné qu'on cloue Elisa sur une croix en bois, et ce, sans aucune pitié. Le supplice dura des heures, chaque seconde s'éternisant dans une douleur atroce. Lorsqu'enfin Hermine décida de la libérer, ce ne fut que pour énumérer d'autres châtiments plus terrifiants encore : des rats voraces s'attaqueraient à elle, des instruments de torture grinçants viendraient arracher ses aveux. Elisa frissonna, incapable de croire ce qui l'attendait.
"Épargnez-moi... Je ferai tout ce que vous voudrez, je vous en supplie," gémit-elle, dévastée.
Une voix glaciale résonna. C'était Pablo, le fils de Hermine, qui l'observait de ses yeux méprisants. "Pourquoi es-tu revenue ? Comptes-tu reprendre là où ton lâche de père a échoué ?"
Les mots la frappèrent de plein fouet, amplifiant sa confusion. "Je ne comprends pas... Je n'ai jamais mis les pieds ici avant aujourd'hui !" répondit-elle, désespérée, espérant que la vérité les toucherait. Mais Pablo répliqua d'un ton venimeux : "Menteuse !"
Les battements de son cœur résonnaient jusqu'à ses tempes. Elisa cherchait une issue, une explication. Ils devaient se tromper de personne, elle ne voyait aucune autre explication. Elle répéta avec ferveur : "Je ne comprends rien à vos accusations."
Mais Hermine interrompit, faisant signe à son fils de s'éloigner. "Laisse-moi m'occuper d'elle." La reine s'approcha lentement, sortant un fer rougeoyant du feu, lequel avait chauffé pendant de longues minutes. D'un geste calculé, elle approcha la pointe incandescente du visage d'Elisa, savourant le moindre frémissement de sa proie.
Sous le regard captivé de Pablo, Elisa hurla, le fer brûlant marquant sa peau en un sifflement terrible. L'air résonna de ses cris, alimentant un frisson de plaisir chez ses tortionnaires. Les yeux brillants de satisfaction, Pablo déclara : "Dis-moi ce que tu es venue faire ici, avoue tes intentions, et je pourrais alléger ta punition."
Elisa, rassemblant ses dernières forces, tenta de répondre. "Je... je suis innocente. Je jure que je ne sais rien de ce que vous me reprochez."
Hermine se pencha alors, un sourire féroce aux lèvres. "Ta famille... Où sont-ils ?"
Elle resta muette, réalisant que dire un mot de plus risquerait de condamner ses proches. "Je... je l'ignore," murmura-t-elle finalement.
Pablo serra les poings, la rage bouillonnant en lui. "Assez ! Tuez-la ! Qu'elle paye pour les crimes de sa lignée !" Il tourna les talons, laissant sa mère savourer ce moment.
Plus tard, Vania, la princesse, fit son entrée, apportant avec elle un vent de fraîcheur et de jeunesse dans la grande salle. Avec une grâce étudiée, elle s'adressa à Hermine et Pablo, son regard caressant le jeune prince avec une lueur d'admiration évidente. Hermine, qui n'en manquait pas une, espérait que cette union arrangée entre Vania et son fils mènerait au pouvoir ultime.
Pablo, quant à lui, ne voyait en elle qu'un simple atout pour ses affaires. Pourtant, Vania, inconsciente de ce détachement, passait des heures à rêver de sa nouvelle vie de princesse. Son excitation ne faisait que grandir à l'approche du mariage, prévu pour la semaine suivante.
Hermine, quant à elle, savourait chaque instant, heureuse de voir son fils suivre ses plans. "Dix kilos d'or sur ta robe, dis-tu ?" demanda-t-elle, amusée par l'exubérance de Vania.
"Exactement ! C'est une œuvre d'art." Vania éclata de rire, ravie de sa future vie aux côtés de Pablo.
Après cette rencontre, Pablo, agacé, se leva. "Si vous voulez bien m'excuser, j'ai des affaires à régler."
Elisa, pendant ce temps, fut jetée dans un réduit sale et puant, à peine plus grand qu'un placard à balais. Tom, le garde, ne se priva pas de la pousser brutalement à l'intérieur avant de lui aboyer ses ordres. "Dans une demi-heure, je te veux dans les cuisines pour frotter les sols. C'est compris ?"
Agenouillée dans la crasse, Elisa, épuisée, tentait de calmer sa respiration entre les lancinantes douleurs de ses blessures. Le silence pesant fut bientôt troublé par des pas : c'était Hermine. Elle se tenait à la porte, son sourire cruel éclairé par la lueur des torches.
"Écoute bien," déclara-t-elle. "Si tu veux éviter la mort, garde-toi bien de croiser mon fils. Une fois qu'il te verra, il te tuera sans hésitation. Compris ?"
Elisa hocha la tête, soumise. Elle comprenait que sa vie lui appartenait désormais, mais elle ne se doutait pas encore des épreuves qui l'attendaient dans ce palais maudit.
*Bonjour ? Allô ?" Elisa réprima un soupir de déception, le silence oppressant de l'autre côté de la ligne la plongeant dans un désespoir qu'elle tentait de contenir. "Répondez... je vous en prie... Oncle, décroche, par pitié..." Elle serrait son téléphone si fort que ses mains en tremblaient. La voix éteinte, elle essayait de dissimuler son angoisse, mais au fond, elle savait bien qu'aucun secours ne lui parviendrait.*
*Elle nettoyait un passage poussiéreux lorsque son regard fut attiré par un téléphone oublié là. Sans réfléchir, elle laissa tomber sa serpillière et s'en saisit avec précipitation. À chaque tentative, le numéro de son oncle sonnait en vain.*
*Des pas lourds, suivis d'un rire cruel, la firent tressaillir. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qui approchait. Elle reconnaissait cette voix moqueuse entre mille : celle du Prince Alpha.*
*"Alors, à qui pensais-tu appeler ?" lança-t-il d'un ton suffisant, se rapprochant d'elle. "Peut-être ta mère ? Hmmm, continue donc, appelle-le, ton cher oncle... J'aimerais bien m'entretenir avec ce meurtrier, moi aussi."*
*Sous l'ironie de ses paroles, le téléphone glissa des mains d'Elisa. Son corps tout entier frémissait d'une terreur qu'elle peinait à maîtriser.*
*"Reprends ce téléphone, appelle-le donc, et invite-le à venir dîner parmi nous," ordonna Pablo, le regard perçant.*
*"Mon père... il est mort," balbutia Elisa, la gorge serrée. "Je tentais de joindre mon oncle..."*
*Pablo sourit, cynique. "Quelle chance que ton père ait trépassé. C'est sûrement mieux ainsi, crois-moi..."*
*Il s'interrompit en apercevant sa mère, Hermine, qui approchait d'eux. "Oh maman," dit-il d'un ton détaché, "elle tentait d'appeler à l'aide."*
*Hermine se planta face à Elisa, son regard débordant de mépris. "Alors, tu n'es toujours pas lassée de la souffrance et des supplices que tu t'attires, hein ?"*
*« Non... je vous en prie... » Elisa se laissa tomber à genoux, implorant à travers ses larmes. "Je... je suis désolée... cela ne se reproduira plus jamais."*
*"Qui cherchais-tu à joindre ? Les autorités ?" ironisa Hermine, un sourire glacial aux lèvres.*
*"Non, mon oncle," murmura Elisa, résignée.*
*"Et elle prétend que son père, infecté de la lèpre, a enfin rendu l'âme," intervint Pablo avec une satisfaction perverse.*
*"Une chance pour elle, si c'est vrai," répliqua Hermine avec une froide indifférence.*
*Pablo fronça les sourcils. "Peut-être ment-elle... Après tout, le mensonge et la trahison coulent dans leurs veines, comme une malédiction ancestrale."*
*"Gardes !" hurla Hermine d'une voix perçante.*
*Les jambes d'Elisa flanchèrent, la terreur la submergeant. Elle savait que ce qui l'attendait désormais n'était rien d'autre que la torture.*
*"Qu'on l'immerge deux heures durant, ensuite laissez-la récupérer trente minutes, avec du pain sec, mais pas une goutte d'eau."*
*"Bien, votre Majesté," acquiescèrent les gardes en s'emparant de la jeune femme.*
*"Ayez pitié... par pitié, votre Majesté !" hurla Elisa, en vain, tandis que les gardes l'entraînaient.*
*"Est-ce que ton père, ce va-nu-pieds, eut un jour pitié de moi en assassinant le mien ?!" tonna Pablo, la rage brûlant dans son regard. "As-tu éprouvé la moindre compassion quand tu es revenue dans cette cité pour te venger ?"*
*"Je n'ai aucune idée de quoi tu parles !" La voix d'Elisa, lointaine, tremblait sous l'émotion. "Mon défunt père était un homme d'honneur, respecté là d'où je viens, et encore célébré comme une légende !"*
*Dans un élan de fureur, Pablo dégaina son épée. "Une légende ? Non, un meurtrier !"*
*Hermine intervint, secouant la tête avec fermeté. "Non, tu ne le feras pas."*
*"Laisse-moi lui trancher la gorge, mère. Aucune correction ne suffira à la mater !"*
*Elle soupira. "Du calme, je vais m'occuper d'elle. Prépare-toi, ton mariage approche."*
*Pendant ce temps, dans une somptueuse baignoire, Vania se prélassait, sourire rêveur aux lèvres. "Que penses-tu du Prince Alpha ?" demanda-t-elle à Véola, sa domestique, tout en s'étirant avec une satisfaction non dissimulée.*
*Véola, appliquant soigneusement de l'huile essentielle sur les pieds de sa maîtresse, hésita un instant. "Il est impoli, fier, irrespectueux et cruel," murmura-t-elle en osant à peine regarder Vania.*
*D'un geste furieux, Vania la gifla. "Comment oses-tu, infâme !"*
*Sous le choc, Véola tomba à genoux, cherchant à s'excuser, mais la princesse la repoussa d'un coup de pied rageur. "Dans le bain, esclave ! Que cet affront te serve de leçon !"*
*La nouvelle de l'emprisonnement d'Elisa courait désormais dans la ville. Naomie, une jeune fille dont le père était geôlier, avait entendu parler d'elle en se rendant au palais. Elle découvrit la pauvre Elisa, enfermée dans une cage, sa maigreur et sa faiblesse trahissant les mauvais traitements subis.*
*"Elisa..." chuchota-t-elle, poussant discrètement de la nourriture entre les barreaux.*
*Elisa, à peine consciente, parvint à articuler quelques mots de reconnaissance. "Naomie... que fais-tu ici ?"*
*"Mon père... il travaille ici," répondit-elle en lui tendant un sourire compatissant. "J'ai voulu te voir."*
*"Mais... pourquoi personne ne fait rien ?" murmura Elisa, les larmes aux yeux.*
*"Parce que personne n'ose s'opposer au prince..." répondit Naomie tristement. "Il a le pouvoir d'écraser quiconque se dresse contre lui."*
*Elisa la regarda, son visage baigné de désespoir. "Et toi ? N'as-tu pas souffert de ses abus ?"*
*Naomie baissa la tête. "Il a exilé ma mère après qu'elle a osé parler contre son esclave. Il... il m'a brisée, et aujourd'hui, plus personne n'ose me défendre."*
*Elisa sentit une rage sourde monter en elle. "Comment un être peut-il commettre de telles atrocités sans scrupule ?"*
*D'un regard dur, Naomie secoua la tête. "Prends garde, Elisa. Plie-toi à leurs ordres, garde ta fierté enfouie. C'est la seule façon de survivre ici."*
*Elisa, les yeux fermés, serra les dents, bien décidée à ne pas céder, mais consciente que le combat qui l'attendait serait celui de sa vie.*
La rumeur des cris s'éleva parmi les arbres, éclatant à travers les bruissements du vent et des feuilles. Un ordre tonna comme un coup de fouet, brisant le chaos alentour. « Retraitez ! Sous la tente ! » vociféra Xavier, chef des maraudeurs, tentant de rassembler ses hommes en déroute. Il reculait, son regard enflammé fixé sur les rangs adverses. Devant lui, Pablo, impassible et froid, surveillait la scène, le visage barré d'un mépris infini. L'armée de Pablo se déchaînait, s'abattant sur les brigands de Xavier comme un orage meurtrier.