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La princesse rejeté par l'Alpha

La princesse rejeté par l'Alpha

Auteur:: El mano
Genre: Loup-garou
Evelyn avait toujours cru que sa vie n'avait rien d'exceptionnel. Serveuse dans une petite taverne de son village, elle se contentait de rêver des légendes sur les alphas, ces puissants chefs de meute, sans jamais imaginer que leur monde entrerait dans le sien. Une nuit, cependant, tout changea lorsqu'un alpha énigmatique, Cassian, traversa sa route. Cassian était connu comme l'Alpha Sanguinaire, un chef impitoyable qui portait sur ses épaules le poids d'une meute fracturée et d'un royaume en guerre. Lors d'une nuit de pleine lune, une rencontre fortuite avec Evelyn bouleversa son destin. Cédant à l'instinct primal, il la marqua accidentellement après une nuit d'ivresse émotionnelle et physique, la liant à lui pour toujours. Mais Kael ne pouvait se permettre une faiblesse. Evelyn n'était qu'une humaine sans le moindre lien avec la hiérarchie des loups-garous. Pire encore, elle semblait totalement insensible à l'aura de transformation des alphas, un mystère qui attisait autant sa curiosité que son mépris. Cassian prit une décision brutale : il la rejeta publiquement, espérant briser le lien qui les unissait et effacer cette erreur. Mais cela pourrait être la pire décision de sa vie..

Chapitre 1 Chapitre 1

La brume stagnait sur la ville comme un linceul étouffant, filtrant à peine la lumière des lanternes qui bordaient les ruelles pavées. Je resserrai ma cape autour de mes épaules, mon regard fuyant chaque silhouette suspecte qui glissait dans l'ombre. Mon souffle se condensait en petits nuages blancs, tandis que mes pas résonnaient sur les pierres humides.

Le danger était partout. La cité de Blackmoor, creuset de toutes les ambitions et de tous les péchés, n'était pas faite pour ceux qui recherchaient une vie tranquille. Mais moi, je n'étais pas venue pour la tranquillité. La solitude était ma seule compagne fidèle, et la méfiance mon arme la plus affûtée.

Mon travail ? Simple dans sa brutalité. J'étais une mercenaire. Les contrats variaient selon la nuit : chasse aux créatures nocturnes, protection rapprochée pour des nobles paranoïaques ou, parfois, des affaires plus sanglantes qui exigeaient discrétion et silence. J'aimais ce silence. Il me permettait de fuir les fantômes du passé.

Un rictus amer déforma mes lèvres.

Dans un coin de ma mémoire, une image floue persistait. Ma mère. Ses doigts fins caressant mes cheveux emmêlés, sa voix douce comme un murmure de vent :

- N'oublie jamais, Evelyn... ton sang chante à la lune. Il porte un secret plus ancien que la nuit elle-même.

Je n'avais jamais compris le sens de ses mots. À vrai dire, je m'en fichais. Elle était partie, emportant ses secrets avec elle, me laissant seule avec mes blessures et mes doutes.

Le vent tourna soudain, apportant une odeur âcre qui me fit froncer les sourcils. Du métal et de la fourrure. Un frisson me parcourut l'échine.

Dans les profondeurs de la forêt de cendres, le silence n'était jamais un signe de paix. Cassian Blackthorn, Alpha de la Meute Obsidienne, se tenait au bord du promontoire rocheux qui surplombait le domaine de ses ancêtres. La nuit, d'un noir d'encre, semblait l'observer avec une attention malveillante.

Sa mâchoire carrée se crispa tandis qu'il passait une main dans ses cheveux sombres. Les tensions entre loups et humains atteignaient un point de rupture. Chaque semaine, des affrontements éclataient, laissant derrière eux des cadavres et des rumeurs de vengeance.

Un grondement sourd monta dans sa poitrine. La rage était un feu qui brûlait toujours sous sa peau, mais la sagesse de l'Alpha lui dictait de garder son calme. Une guerre ouverte signifierait la fin de son peuple.

Il sentit une présence derrière lui avant même qu'elle ne parle.

- Tu as l'air préoccupé, Alpha, murmura une voix mielleuse.

Maeva, la sorcière noire. Sa silhouette élancée glissa hors des ombres, ses yeux ambrés brillant d'une malice froide. Son sourire dévoilait des dents trop blanches pour être humaines.

- Tu viens toujours quand je n'ai pas envie de te voir, grogna Cassian.

- Parce que je sais quand tu as besoin de moi.

Il se détourna avec une moue de mépris, mais elle tendit une main pâle, effleurant son bras comme un serpent caressant sa proie.

- Une prophétie, Cassian. Une chose qui pourrait changer le destin des tiens.

Il lui jeta un regard noir, ses yeux dorés brillant d'une colère contenue.

- Je ne crois pas aux contes de vieilles sorcières.

Elle rit, un son doux comme le bruissement des feuilles mortes.

- Ce n'est pas un conte. Une humaine, née avec le sang du loup originel. Elle est la clé de tout. La lier à toi ou la détruire... voilà ton choix.

Cassian fronça les sourcils, un instinct primal grondant dans ses entrailles. Il connaissait la dangerosité des mots de Maeva.

- Son nom, demanda-t-il, d'une voix grave.

- Evelyn.

Le silence s'épaissit autour d'eux, et la sorcière se fondit dans les ténèbres avant qu'il n'ait le temps de poser d'autres questions.

Je sentis le danger avant de le voir.

Un bruit sourd derrière moi, un mouvement furtif. Je pivotai, mon poignard jaillissant de ma manche. Une paire d'yeux rouges scintillait dans l'obscurité.

Un loup-garou.

Le cœur battant à tout rompre, je reculais, mais une deuxième silhouette surgit à ma gauche. Une meute enragée. Des crocs luisants, des griffes aiguisées.

- Putain...

Ils attaquèrent en un éclair. Ma lame fendit l'air, trouvant sa cible dans la chair d'un premier assaillant. Un hurlement bestial résonna, mais je savais que c'était loin d'être suffisant. Ils étaient trop nombreux.

Mes muscles brûlaient. J'évitai de justesse un coup qui aurait pu me briser la colonne vertébrale. Le souffle me manqua quand je fus projetée contre un mur de briques.

Le loup le plus massif, ses crocs dégoulinant de bave, s'avança, un ricanement guttural vibrant dans sa gorge.

C'était la fin.

Mais alors que les ténèbres semblaient vouloir m'engloutir, une énergie étrange emplit l'air. Une présence terrifiante.

- Reculez.

La voix, grave et tranchante, fit vibrer l'air comme un coup de tonnerre.

L'Alpha était là.

Chapitre 2 Chapitre 2

La lune était haute dans le ciel, baignant les pavés humides d'une lueur spectrale tandis que la tension imprégnait l'air comme une tempête prête à éclater. Le silence qui suivit l'intervention soudaine de l'étranger me semblait presque plus oppressant que la confrontation elle-même. Les loups-garous qui m'encerclaient un instant plus tôt reculèrent à contrecœur, leurs yeux rougeoyants oscillant entre défi et crainte.

L'homme qui venait d'apparaître - un colosse au regard doré comme les flammes d'un brasier - se tenait devant moi, le dos droit, imposant. Chaque fibre de son être respirait une autorité implacable. Mon instinct me hurlait qu'il n'était pas simplement un autre loup. C'était un Alpha. Et s'il pouvait faire reculer ces bêtes affamées d'un simple ordre, il n'en serait pas moins dangereux pour moi.

Je serrai encore plus fort le manche de mon poignard, prête à frapper à la moindre menace.

- Qui es-tu ? soufflai-je, la voix rauque, plus pour remplir le silence que par curiosité réelle.

Son regard perçant me détailla de la tête aux pieds, scrutant chaque centimètre de ma personne comme s'il cherchait à découvrir mes secrets les plus enfouis. Une étrange chaleur monta en moi, mais je la refoulai aussitôt. Ce n'était ni le lieu, ni le moment de me laisser distraire par un charisme malsain.

- Tu devrais baisser ça, dit-il en désignant mon arme d'un mouvement du menton. Tu risquerais de te couper toute seule.

- T'occupe pas de moi, grognai-je, serrant encore plus fermement la poignée. Je suis très douée pour ne pas mourir.

Un sourire fugace, presque imperceptible, effleura ses lèvres avant qu'il ne reprenne un air grave. Il détourna brièvement les yeux pour observer les créatures qui l'entouraient. Leur soumission palpable renforça l'idée qu'il possédait un pouvoir dont je ne comprenais encore que l'écho.

- Qu'est-ce que tu fous ici toute seule, humaine ? demanda-t-il, la voix profonde et autoritaire.

Je laissai échapper un rire sec, un son sans joie qui résonna dans la ruelle déserte.

- Je devrais te retourner la question, loup. Pourquoi un Alpha s'embêterait-il à sauver quelqu'un comme moi ? Je suis certaine que tu as des affaires bien plus pressantes à gérer que de jouer les chevaliers errants.

Il fronça les sourcils, un éclat de méfiance assombrissant ses prunelles dorées.

- Il y a quelque chose chez toi... un parfum que je n'arrive pas à comprendre. Un pouvoir qui n'a rien à faire ici.

Ces mots me figèrent. Mon sang se glaça dans mes veines.

- T'es un foutu poète ou quoi ? murmurai-je, tentant de masquer ma nervosité derrière un sarcasme grinçant.

Il s'avança d'un pas, réduisant la distance entre nous. Chaque mouvement semblait calculé, empreint d'une maîtrise instinctive qui dénotait une force contenue. L'air autour de lui vibrait d'une énergie brute, sauvage.

- Tu as un nom ? demanda-t-il, ignorant mon ton mordant.

- Evelyn, répondis-je finalement, à contrecœur. Evelyn Graymoor. Et toi, t'es qui, grand gars ?

- Cassian.

Le silence s'étira, chargé d'une tension électrique. Le nom fit vibrer quelque chose dans ma mémoire, mais l'impression était aussi fugace qu'un souffle dans le vent.

Les loups-garous qui avaient fui restaient tapis dans l'ombre, leurs grognements se mêlant au battement frénétique de mon cœur. Cassian les fixa un long moment avant de me regarder à nouveau.

- Tu ne devrais pas rester ici, Evelyn. Ils reviendront.

- Et alors ? J'en ai vu d'autres.

- Pas comme eux, répondit-il avec gravité. Ils chassent sur ordre. Et ils te veulent, toi.

- Moi ? Pourquoi moi ?

Il garda le silence, se contentant de me fixer avec une intensité troublante. Un frisson involontaire parcourut ma colonne vertébrale.

- Je t'emmène, dit-il soudain.

Je reculai d'un pas, les poings serrés.

- Hors de question.

- C'est ça ou tu meurs ici.

La simplicité brute de ses mots me frappa comme un coup de poing. Il n'y avait pas de menace, seulement une vérité cruelle.

- Tu es bien trop sûr de toi, Cassian, répliquai-je, le regard brûlant de défi.

Il haussa un sourcil, un éclat d'amusement perçant sa façade sévère.

- J'ai des raisons de l'être.

Nous marchâmes en silence, le bruissement des feuilles mortes sous nos pas le seul témoin de notre progression. La nuit était plus froide à mesure que nous nous éloignions des lumières de la ville. Cassian avançait devant moi, ses mouvements aussi fluides qu'un prédateur traquant une proie. Je gardais une distance prudente, mes sens en alerte.

- Tu parles toujours aussi peu ? lançai-je au bout d'un moment.

Il ne répondit pas tout de suite, puis un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres.

- Tu préfèrerais que je bavarde pour combler le silence ?

- Je préfèrerais savoir où tu m'emmènes.

- Loin des ennuis.

- Original.

Il gloussa, un son rauque qui m'agaça plus qu'il ne devrait.

- Tu sais, tu pourrais me remercier, fit-il remarquer.

Je roulai des yeux.

- Merci d'avoir débarqué comme un sauveur autoproclamé, ça te va ?

Il tourna légèrement la tête pour me lancer un regard amusé.

- Pas tout à fait convaincu, mais c'est un début.

Je soupirai, exaspérée, mais une chaleur inattendue picotait sous ma peau. Ses réponses, bien que calculées, portaient une étrange familiarité, un mélange de méfiance et de respect tacite.

La forêt autour de nous s'épaississait. L'air semblait plus lourd, imprégné de l'odeur du bois humide et de la mousse. Cassian marchait d'un pas sûr, comme si chaque chemin lui appartenait.

- Dis-moi, pourquoi tu te baladais seule ? demanda-t-il.

- Pourquoi ça t'intéresse ?

- Parce que les humains dans ton genre n'ont rien à faire dans ces quartiers la nuit.

Je haussai un sourcil.

- Mon genre ?

- Du genre à chercher les ennuis.

Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Peut-être que les ennuis me trouvent, Cassian.

Il secoua légèrement la tête, un rictus tordu au coin des lèvres.

Alors que nous approchions d'un petit village niché au creux des bois, une quiétude inhabituelle régnait. Les habitations semblaient endormies, mais un poids invisible pesait sur l'atmosphère, comme si le sol lui-même retenait son souffle.

Soudain, un hurlement déchirant brisa la nuit, suivi de plusieurs autres, plus proches, plus sauvages.

Cassian se figea, ses muscles tendus comme des cordes prêtes à se rompre.

- Merde, murmura-t-il entre ses dents serrées.

Je saisis mon poignard d'un geste rapide, le cœur battant à tout rompre.

- C'était quoi, ça ?

Il tourna lentement la tête vers moi, ses yeux brillant d'un éclat primal.

- Ils arrivent pour toi.

Chapitre 3 Chapitre 3

La lueur sinistre de la lune éclairait la clairière tandis que le hurlement menaçant résonnait encore dans l'air glacé. Mon cœur battait à un rythme effréné, martelant mes côtes comme s'il cherchait à s'échapper. Cassian, debout devant moi, était immobile, ses muscles tendus comme des arcs sur le point de se briser. L'atmosphère elle-même semblait vibrer sous la pression d'une force invisible.

Je ne savais pas ce qui était le plus terrifiant : l'idée d'être poursuivie par des créatures à moitié sauvages, ou cette connexion inexplicable qui se formait, insidieuse et inquiétante, entre Cassian et moi.

- Ils arrivent pour toi, répéta-t-il, le regard rivé à l'orée des bois.

Le murmure de ses mots flottait comme une sentence irrévocable. Avant que je ne puisse répondre, un mouvement furtif attira mon attention. Les ombres bougeaient, elles prenaient forme. Et cette forme n'était rien de rassurant. Une meute surgit du couvert des arbres : des loups massifs, aux yeux injectés de sang, chacun porteur d'une rage incontrôlée. Les crocs dégoulinants de salive luisaient sous la lumière froide. Leur haleine fétide flottait dans l'air.

- Reste derrière moi ! ordonna Cassian sans détourner les yeux de la menace.

Un rire amer monta dans ma gorge. Rester derrière quelqu'un ? Très peu pour moi.

- Tu crois que je vais gentiment me planquer ? lâchai-je, un sourire mauvais déformant mes lèvres. T'as pas encore compris à qui tu parles.

Il ne répondit rien, mais je sentis la tension dans ses épaules. Un grondement sourd émana de sa poitrine. Le sol semblait vibrer sous mes pieds tandis qu'il canalisait sa puissance.

Le premier loup bondit.

Le combat éclata dans une violence effrénée. Le chaos envahit mes sens. Chaque cri, chaque grondement, chaque coup porté résonnait dans mes os comme un tambour de guerre. Cassian se battait avec une maîtrise impressionnante, sa force brute tranchant à travers la horde ennemie comme une lame dans du beurre. Mais mes mains ne restèrent pas inactives.

Je n'avais pas d'expérience avec les loups-garous. Mon domaine, c'était les humains, les mercenaires qui saignaient comme n'importe quel autre homme. Pourtant, mes réflexes semblaient surpasser mes attentes. Je me mouvais avec une agilité féroce, mes coups atteignant des cibles avant même que mes pensées n'aient pu guider mes gestes. Mon poignard trancha l'air, se plantant dans la gorge d'un loup qui s'effondra dans un gémissement. Un autre m'attaqua sur le flanc ; je pivote avec une rapidité presque surnaturelle, ma lame trouvant son cœur comme si elle était appelée par une force invisible.

C'était impossible.

Ma respiration devint haletante, mais une énergie inconnue pulsait en moi, un feu brûlant dans mes veines. Mon regard croisa brièvement celui de Cassian. Il m'observait avec des yeux écarquillés, une expression de stupéfaction à peine contenue.

- Evelyn, cria-t-il en parant un coup de griffes visant son torse, qu'est-ce que tu es ?

- Quoi ? répondis-je, le souffle court, tout en fendant l'air d'un mouvement tranchant. Je suis humaine, bon sang !

Un loup se jeta sur moi. Mes réflexes prirent le dessus. Mon pied vola dans sa mâchoire, l'envoyant rouler contre un arbre dans un craquement sinistre.

- Humaine, tu dis ? gronda Cassian, une étincelle dangereuse dans le regard. Tu devrais essayer de te convaincre toi-même avant de me mentir.

Le dernier loup recula, ses oreilles aplaties contre son crâne, la peur enfin visible dans ses yeux bestiaux. Cassian s'avança lentement, ses crocs dévoilés dans un sourire carnassier.

- Va dire à Maeva qu'elle a échoué, murmura-t-il avec une menace glaciale dans la voix.

La bête émit un gémissement plaintif avant de tourner les talons et de disparaître dans les ténèbres.

Un silence lourd retomba. Mon cœur continuait de battre à un rythme frénétique, mes mains tremblaient encore sous l'effet de l'adrénaline. Mais Cassian, lui, ne bougea pas. Il se tourna vers moi, ses yeux brûlant d'une intensité qui me fit reculer malgré moi.

- Qui es-tu vraiment, Evelyn ?

- Je te l'ai déjà dit, répondis-je, les nerfs à vif. Je suis personne. Une mercenaire. Une fille paumée dans un monde de fous.

Il s'approcha encore, réduisant l'espace entre nous.

- Tu n'es pas personne. Tu as un pouvoir que tu ne comprends pas.

- Arrête avec tes foutaises de prophétie ! explosai-je, le poing serré autour du manche de mon poignard.

Il attrapa mon poignet d'un geste vif, mais sans violence. La chaleur de sa paume contre ma peau me fit frissonner.

- Maeva ne te laissera pas tranquille. Ce que je viens de voir ce soir... ce n'est pas normal. Tu n'es pas normale.

- Va te faire voir, Cassian.

Je me dégageai brutalement, le souffle court, et pris la fuite sans me retourner.

Je courus jusqu'à ce que mes poumons menacent d'exploser, jusqu'à ce que la douleur dans mes jambes devienne insupportable. Chaque ombre semblait murmurer mon nom, chaque bruissement un écho des paroles de Cassian : « Tu n'es pas normale. »

Je m'arrêtai devant une auberge isolée, ses fenêtres diffusant une lumière vacillante. L'endroit était délabré, mais il m'offrait un refuge temporaire. J'entrai sans un mot, l'odeur de bois pourri et de bière rance m'accueillant comme une vieille connaissance.

Je louai une chambre, grimpai les marches branlantes et verrouillai la porte derrière moi.

La pièce était petite, à peine meublée, mais elle avait un lit. C'était tout ce dont j'avais besoin. Je me laissai tomber sur le matelas usé, mes pensées tourbillonnant dans un chaos indescriptible.

Le silence fut interrompu par un battement sourd.

Mon cœur ?

Non.

Un picotement étrange se fit sentir sur mon bras gauche. Je relevai ma manche, les mains tremblantes.

Une marque lumineuse.

Elle pulsait doucement, suivant le rythme de mon cœur, une empreinte semblable à celle d'une patte de loup...

La lumière vacillante de la lampe à huile projetait des ombres tremblantes sur les murs de la petite chambre d'auberge. Je n'arrivais pas à détacher mon regard de la marque sur mon bras. Sa lueur était douce mais hypnotique, comme une braise vive qui ne voulait pas s'éteindre. Elle pulsait, suivant le rythme de mon cœur, une cadence envoûtante et dérangeante à la fois. J'avais toujours su que ma vie n'avait rien de normal, mais ça... c'était au-delà de tout ce que je pouvais concevoir.

Je frottai ma peau avec acharnement, espérant effacer cette empreinte surnaturelle. Mais le symbole ne bougeait pas. Chaque caresse contre ma chair envoyait une sensation de chaleur le long de ma colonne vertébrale, un feu étrange qui s'éveillait dans mes veines. Mon souffle devint court. Une panique glacée me saisit à la gorge. J'avais survécu à des batailles, à des blessures mortelles, mais cette marque silencieuse me terrifiait plus que toutes les lames du monde.

- Qu'est-ce que tu es, bon sang ? murmurai-je dans la solitude étouffante de la pièce.

Aucune réponse. Juste le battement de mon cœur, et ce frisson oppressant qui me serrait l'échine.

Cassian marchait d'un pas lourd à travers les couloirs de pierre froide qui menaient à la salle du conseil de sa meute. Ses pensées tourbillonnaient comme une tempête incontrôlable. La fille. Cette mercenaire insolente. Elle n'avait rien d'ordinaire. Ses gestes lors du combat, sa vitesse, cette étincelle de pouvoir qu'il avait sentie jaillir d'elle... tout cela ne laissait aucune place au doute.

Il poussa violemment la porte. Ronan, le second en commandement et fidèle ami, leva un sourcil sans se départir de son calme.

- Tu devrais apprendre à ménager les portes, fit-il remarquer avec une pointe d'ironie.

- Épargne-moi tes plaisanteries, grogna Cassian en avançant dans la pièce. Je dois savoir. La prophétie de Maeva... Elle parle d'une humaine au sang du loup. Qu'est-ce que ça signifie exactement ?

Ronan soupira, son visage d'ordinaire impassible se fermant légèrement. Il s'appuya contre le bord de la table, croisant les bras devant lui.

- Pourquoi cette soudaine urgence ? Tu n'as jamais prêté foi à ses prédictions.

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