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La petite lumière au bout du tunnel

La petite lumière au bout du tunnel

Auteur:: love and peace
Genre: Romance
D'une vie paisible avec sa petite famille douillette qu'elle aime plus que tout au monde, Douniya se trouve violemment propulsée dans un monde plein de crocs. Monde dans lequel elle fait connaissance avec le côté ô combien laid de l'être humain. À la merci des éléments, pourra-t-elle s'en sortir et voir enfin le bout du tunnel ?

Chapitre 1 Prologue

Prologue

Quelque part à Lubumbashi, Katanga.

Collés l'un contre l'autre nous entrons à reculons dans la chambre éclairée d'une lumière rose aphrodisiaque, tout en nous explorant mutuellement nos amygdales.

Moi(contre ses lèvres) : Enlève-moi ça! fais-je en lui débarrassant de son blazer et de sa chemise.

Ceci fait, Je me détache légèrement de lui et le pousse vers le lit sur lequel il se laisse tomber avec joie. Je lui lance un regard de braise avant de me diriger vers le Sound system d'une démarche exagérément chaloupée. Je m'incline et appuie sur "jouer", une musique instrumentale ponctuée des soupirs et gémissements des femmes qui orgasment inonde la pièce. Je reviens me placer devant lui de la même démarche séduisante et me mets à bouger au rythme du son porno en me touchant de façon suggestive. Il prend appuie sur ses coudes et me regarde, les yeux de plus en plus brillants. La bosse qui déforme son pantalon depuis le bar a déjà doublé de volume. L'homme que j'ai ainsi à ma merci est un muzungu (un blanc) au milieu de sa quarantaine. C'est un de ces ingénieurs expatriés qui se font un sérieux paquet en travaillant dans les mines de Kolwezi. Comment s'appelle-t-il déjà? Oui, Frantz.

Bougeant au rythme de la musique, j'entreprends de m'effeuiller avec une lenteur qui le rend fou ; je le vois déglutir avec peine, ses yeux qui plus tôt étaient clairs s'assombrissent et il semble avoir du mal à respirer normalement. Lorsque je me débarrasse enfin de mon haut chic dos-nu, dénudant mes seins, il déboucle d'une main tremblante sa ceinture, se débraguette le souffle court avec ses yeux toujours glués sur moi. Il sort son engin et se met à le caresser vigoureusement de haut en bas.

- Mmmmm! Frantz (en faisant bien rouler le "r"), Vilain! Vilain! Ronronné-je sans arrêter de me déhancher outrageusement tout en me caressant les seins de mes deux mains

- Oui, je suis vraiment vilain! Il faut bien me punir, répond le fameux Frank

- Tu ne perds rien pour attendre, miaulé-je en lui souriant de manière aguicheuse.

Tout en faisant dandiner ma poitrine bien fournie, je défais lentement le nœud de ma petite jupe portefeuille, prenant mon temps pour révéler ce qu'elle cache. Je me retourne, lui présentant mon dos, me cambre au maximum et fais doucement glisser la jupette sur mon postérieur rebondi, lui laissant voir un string filiforme qui ne cache presque rien.

Je l'entends pousser un grognement.

- Bouge-moi ce beau derrière bébé! Secoue-le comme Nicki Minaj, fait-il, essoufflé

Perchée sur mes talons kilométriques, je m'incline vers l'avant, prends appuie avec mes deux mains à plat sur le sol et me mets à secouer mon postérieur

- Oh yeah! Oh yeah, entends-je le Muzungu dire

Pardon monsieur, il ne faut pas faire un AVC.

Alors que je continue ma besogne, je lui jette des coups d'œil aguicheurs tout en me passant lascivement ma langue sur mes lèvres pulpeuses. N'en pouvant plus, il se lève, bandant comme un taureau, tire une trainée des préservatifs de sa poche, en choisit un dont il déchire l'emballe et enfile avant de venir empoigner mes fesses.

- Reste courbée comme ça, dit-il en promenant son engin le long de ma raie.

Il tire mon string sur le côté et m'empale sans tarder en tenant fermement mes hanches. Lorsque tout est dedans, il ressort lentement de tout son long et me repénétre en haletant, cette fois avec une lenteur calculée qui fait trembler mes jambes malgré moi.

- Oh oui Frantz! Ouiiiiiii!

- Tu aimes hein? Demande-t-il la voix rauque en commençant à aller et venir.

- Ouiiiiiiii, beaucoup!

Pendant qu'il s'affaire derrière dans un concert des grognements satisfaits, ses doigts s'enfonçant presque dans la chair douillette de mes hanches, je jette un rapide coup d'œil vers la montre murale sans arrêter de lancer mes faux gémissements de plaisir.

Il est 22 h 25.

La porte s'ouvre avec fracas et trois hommes géants et musclés tous de noir vêtus et cagoulés s'engouffrent dans la pièce. Celui qui est devant tient un gros revolver muni d'un silencieux alors que ses deux autres acolytes tiennent ce que je reconnais comme des mitraillettes. Je crie fort en me relevant. Un Frantz paniqué se retire de moi dans un bruit mouillé et tombe sur son derrière. Celui qui tient le revolver, l'alpha du trio, le saisit fermement par ses cheveux roux et l'oblige à se mettre à genoux tout en lui collant le canon de son arme sous son long nez de caucasien. L'un des acolytes me saisit sans ménagement par mon tissage, m'oblige aussi à m'agenouiller et me place le canon de son arme à la naissance de ma cambrure.

- Aiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeee! Que nous voulez-vous? Fais-je en me tortillant telle une andouille

- La ferme! Sale pute! Crache l'acolyte en enfonçant presque le bout du silencieux dans ma chair.

- Ecoutez, ne me faites pas de mal, je vous en prie! Vous pouvez prendre ma montre, supplie Frantz en l'enlevant lui-même de son poignet.

- Ah Oui ?

- Oui. Il y a aussi mon téléphone et j'ai...j'ai $1200 en liquide dans mon portefeuille là-bas, continue-t-il en pointant vers son blazer qui traîne au sol. Son pénis qui pointait fièrement vers le ciel il y a à peine quelques minutes est maintenant tout mou et pendouille tristement, encore chaussé du préservatif.

L'homme qui le tient fait un signe de la tête à l'autre acolyte qui est resté debout devant la porte, ce dernier va fouiller la veste de Frantz et en tire son porte-monnaie, son cellulaire et ses clés de voiture.

- Laisse-lui ses clés, prends juste le blé et le phone, fait l'homme Alpha d'une voix dure.

L'acolyte sort les dollars du porte-monnaie avant de le remettre ensemble avec les clés dans la poche interne du blazer qu'il laisse tomber au sol.

- Hey Muzungu, debout! Ordonne l'Alpha du groupe en obligeant un Frantz transi de peur à se tenir sur ses jambes. Tu as racheté ta vie. Ramasse tes fringues et sors d'ici en courant. Essaie d'alerter qui que ce soit, je te transforme en passoire. C'est une promesse.

- Et... et la fille? Bégaye Frantz

- Tu veux vivre?

Il fait oui de la tête.

- Alors, ce qu'on fera d'elle ne te regarde pas. Déguerpis!

Il ne se le fait pas dire deux fois. Il récupère son blazer et sa chemise tout en rajustant son pantalon et sort de la pièce aussi vite que ses jambes tremblantes peuvent le porter, après m'avoir quand-même jeté un rapide coup d'œil désolé.

- Matata, lâche-la, Ordonne l'homme Alpha

L'acolyte lâche mon tissage, je me lève, fais volte-face et lui mets furieusement une gifle.

- Imbécile! Tu avais besoin de me le tirer autant? Tu m'as fait mal, dis-je

En toute réponse, il enlève son masque et me flashe un sourire pendant que les deux autres ricanent.

- Niya, rhabille-toi vite, on se replie. Tu as attiré un très bon pigeon cette nuit. Bonne fille, me dit l'homme Alpha en me donnant une tape sur ma fesse.

Je remets mes bouts de tissus et nous quittons la pièce. Nous sortons rapidement du petit motel qui est presque désert et allons border le véhicule qui nous attend et traçons notre chemin dans la nuit. Assise à l'arrière avec le bras de Cyborg (le nom de l'homme alpha) autour de mes épaules, je pense à la vie "clean", normale et bien rangée que j'avais avant. Je n'ai pas toujours été une femme de mauvaise vie et bandite passive. Avant tout ça, j'avais une vie digne, des rêves et un homme qui m'aimait. Non, un homme qui...

Cette vie maintenant si lointaine. Cette vie où je ne m'imaginais pas, même dans mes délires les plus fous, devenir un jour une prostituée qui attirerait des clients dans un motel "préparée" pour faire ensuite vider leurs poches par mes complices. C'est étrange comment tout peut basculer en l'espace d'une journée. En un claquement des doigts, la vie qu'on a toujours connu, cette vie qu'on prenait pour acquise nous glisse entre les doigts pendant que nous regardons paralysés, impuissants de l'arrêter.

Vous me jugez? C'est ça?

Oui, vous me jugez.

C'est si facile de porter des jugements. Mais un conseil, avant de juger qui que ce soit, mettez-vous dans leur peau, parcourez le même chemin qu'ils ont parcouru et voyez si vous auriez pris des meilleures décisions qu'eux. C'est seulement après cela que vous pourrez ouvrir vos bouches et passer des jugements.

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Chapitre 2 Chapitre 01

Chap I

Deux ans plus tôt

Bunia, Province Orientale. 2002.

- Mademoiselle Munguryeke!

Je sursaute et regarde vivement vers Monsieur Okongo. Eish! Il m'a surprise en pleine rêverie. Je sais très bien combien il déteste que les élèves soient distraits pendant son précieux cours de Mathématiques, cours que je hais avec passion. Ma bête noire.

- Alors, on se tape le luxe de rêvasser pendant les cours? Hein? dit-il l'air sévère en déposant sa craie et le frottoir sur son bureau avant de se diriger lentement vers moi.

Toute la classe a maintenant les yeux rivés sur moi. Bande d'idiots, vous voulez ma photo?

- Je ne rêvais pas monsieur, balbutié-je

- Ah bon? Si tu ne rêvais pas, je viens de dire il y a à peine 3 minutes la formule de delta à tes condisciples. Peux-tu me la répéter? fait-il en s'arrêtant devant ma table-banc.

Mameeeh! C'est encore quoi delta? Delta du Niger ou Delta force? Ça a une formule?

Je me lève et le regarde avec des yeux de merlan frit. Je jette un coup d'œil vers le tableau pour voir si je peux y trouver la réponse mais rien. Je préfère ne pas me rendre ridicule en donnant une réponse complètement hors gamme.

Tout le monde est calme, attendant ma réponse. Vous attendrez longtemps.

- J'attends, me presse monsieur Okongo

- ...

- Quelqu'un d'autre peut-il donner la réponse? Demande-t-il en me tournant le dos.

Juliette lève rapidement sa main comme si elle n'attendait que ça. Celle-là, elle m'énerve trop. Elle est bonne dans toutes les matières et est toujours première de la classe. Pffff! Elle adore rappeler à tout le monde par ses agissements combien elle est intelligente et combien personne ne lui arrive à la cheville.

- Oui mademoiselle Bizimou! Fait monsieur Okongo avec un sourire attendri en regardant son élève chérie.

Mademoiselle intello se lève, arrange ses petites lunettes et toussote un peu avant de se lancer

- Monsieur, la formule de delta n'est rien d'autre que b carré - 4ac. Et lorsque delta est supérieur à zéro, l'équation a deux racines réelles distinctes. Lorsqu'il est égal à zéro, l'équation a deux racines réelles égales. Et pour finir, quand il est inférieur à zéro, l'équation n'a aucune racine réelle.

Vous voyez les choses? On lui demande juste la formule mais elle ajoute tout un tas d'autres choses. Imbécile! Maintenant je me sens comme une vraie plouc. Je me demande ce qu'elle fait dans la section Psyco-péda. Puisqu'elle aime autant les maths, elle aurait dû faire Math-physique au lieu de venir nous encombrer ici. Tchiiiiiiip!

- Très bien Mademoiselle Bizimou. Quant à toi mademoiselle Munguryeke, tu vas m'écrire 300 fois la formule de delta sur une double feuille quadrillée en utilisant trois stylos de couleurs différentes: Bleu, noir et rouge. Estime-toi heureuse que je n'ai pas ajouté le vert. Tu dois me remettre la double feuille demain matin à la première heure et n'envisage même pas de te faire aider, je connais très bien ton écriture. Ça t'apprendra à penser à ton chéri pendant les cours!

Ah! 300 fois? Et qui lui a dit que je pensais à mon chéri? Est-ce que j'ai même un chéri?

Je me rassois, bien en boule et regarde monsieur Okongo rejoindre le tableau sur lequel il se met à écrire plusieurs équations qui me donnent déjà des maux de tête rien qu'à les regarder. Je pousse un ouf de soulagement quand j'entends le son de la cloche. Merci seigneur.

- Classe? Appelle monsieur Okongo, sans arrêter de remplir le tableau de ses exercices "maux-de-têtuesques ''

- Oui monsieur Okongo! Faisons-nous en chœur

- Vous ne sortez d'ici que quand vous finissez de recopier tous les 30 exercices, c'est compris?

- Oui monsieur Okongo.

Eeeeh! 30? Et Il n'en est encore qu'à 14! Et moi qui rangeais déjà mes affaires. J'ai envie d'aller lui botter son derrière qui bouge frénétiquement de gauche à droite alors qu'il écrit. De mauvaise grâce, Je ressors mon cahier de Math et me remets à écrire.

Je m'appelle Douniya Munguryeke, 17 ans. Mes proches m'appellent Niya, c'est mon petit nom. Je fréquente au Lycée Salema où je fais ma cinquième en psyco-péda. J'ai hâte de passer en sixième, obtenir mon diplôme d'état et faire enfin mon entrée à l'Institut supérieur pédagogique de Bunia afin d'y recevoir la formation dont je rêve. Je vis avec ma mère qui travaille comme infirmière à l'hôpital général de référence de Bunia, Ma mamie (La maman de ma mère) et mon petit frère Divin qui a 3 ans (Mon petit cœur). Papa nous a quitté il y a maintenant deux ans. Accident de voiture. Mon rêve a toujours été de devenir maîtresse d'école. J'ai toujours aimé les enfants. Je les comprends, aime les avoir autour de moi, m'en occuper et suis très patiente avec eux. Si j'étais bonne en chimie et maths, j'aurais peut-être considéré une future carrière en pédiatrie. Mais mes chères, j'ai jeté un coup d'œil au genre de chimie et mathématiques qu'ils enseignent en section Biochimie, j'ai déguerpi aux galops. Ç'aurait été des zéros élastiques assurés pour moi.

Nous sortons de la salle quelques minutes plus tard après avoir fini de tout recopier. La cour de l'école est déjà presque déserte à l'exception des enseignants et quelques élèves qui trainaillent encore çà et là pour des raisons mieux connues que d'eux. Je repère Rika qui m'attend sous un des madamiers de la cour, je presse les pas pour aller la rejoindre

- Mais vous faisiez quoi là-dedans pendant tout ce temps? Me demande Rika lorsque j'arrive à son niveau

- Ma co, laisse, monsieur cauchemar a encore frappé. Il ne comprend pas que quand on sonne il faut tout déposer.

- Vous n'êtes pas les seuls. Notre prof de comptabilité est pareil. Il nous a une fois fait rater la récréation. Une vraie plaie, dit-elle pendant que nous nous dirigeons vers la sortie.

- Des vrais tortionnaires oui! Tu ne vas pas croire quelle punition il a descendu sur moi. Je dois écrire 300 fois la formule de delta avec trois stylos différents.

- Eish pitié hein! Krkrkrkrkr! T'inquiète, je vais t'aider.

Vous l'avez sûrement deviné. Rika c'est ma potesse, ma copine de "dedans". Elle est en cinquième comme moi mais fait la section commerciale et admin. Elle est d'une année plus âgée que moi et contrairement à moi qui suis un peu timide et renfermée, Rika est très extrovertie. Elle est un peu fofolle sur les bords, aime être le centre d'attention (Ce qui n'est pas difficile vu son teint très claire et sa beauté), dit ce qu'elle pense faisant parfois preuve d'un manque de tact qui lui attire souvent des ennuis. Mais je l'aime comme ça.

Notre amitié a commencé il y a deux ans quand sa maman (tantine Jacqueline) dont elle est le seul enfant a été mutée à ici à Bunia. Elle est secrétaire à l'ONATRA (office nationale des transports) bureau de Bunia. Avant, elles vivaient à Goma.

- J'aurais beaucoup aimé que tu m'aides mais ce ne sera malheureusement pas possible, il connait mon écriture, fais-je, dépitée

- Manque de bol. Dépêchons-nous, Mon Micky ne va plus tarder, dit-elle en jetant un coup d'œil à sa montre-bracelet.

Nous nous dirigeons en papotant vers le kiosque de la dame qui vend des beignets à quelques mètres de l'école et passons nos commandes. Beignets bien chauds arrosés d'une délicieuse pâte d'arachide et des jus bien tapés comme d'habitude. Munies de nos casse-croûtes favoris, nous allons prendre place autour d'une des tables en plastique placées là pour les clients qui choisissent manger sur place.

- Mmmm, non. Les beignets de cette maman sont trop bons. J'espère qu'elle ne met rien de vilain dedans, dis-je doucement pour n'être entendue que de Rika.

- Que peut-elle y mettre de vilain? Qu'insinues-tu?

- Tu n'as pas entendu la rumeur sur ce que font les femmes qui sont dans ce business?

- Que font-elles?

- L'une d'elles a été attrapée en train de mettre des fluides des cadavres dans la pâte pour rendre ses beignets plus succulents et attirer une multitude des clients comme des mouches.

- Beuuuurrrk.

J'éclate de rire devant son air dégouté.

- Toi et tes histoires morbides. Je sais ce que tu essaies de faire. Tu veux que je perde mon appétit pour que tu t'empares de mes beignets. Tu as zéro sur dix, fait-elle en continuant à manger ses beignets

- Salut les filles!

Nous nous retournons et tombons sur Micky qui s'approche de nous le sourire aux lèvres, tout en jouant avec les clés de sa voiture. C'est l'un des petits amis de Rika. Eh oui! Madame en a trois. Il y a Micky, André et Achille, tous les trois proches de leur trentaine, déjà des responsables gagnant assez bien leurs vies. Critères très importants lors de ses sélections. Sa majesté Rika a une sainte horreur des hommes immatures et "poches vides" qui ne peuvent rien lui rapporter en retour. Ses bêtes les plus noires. Elle en a trois par précaution. Elle a toujours dit que dans la vie, c'est dangereux de placer tous ses œufs dans un seul panier, qu'il faut toujours assurer ses arrières. Je me demande comment elle les jongle sans se faire attraper. Le jour où elle se fera choper, je prie de ne pas être présente.

Moi, je n'en ai aucun, je pense d'abord finir avec l'école avant d'entrer dans ce territoire. D'ailleurs, maman me tuerait si j'osais m'aventurer à accepter les avances de qui que ce soit. Je vois déjà comment elle me mettrait du piment rouge dans le "fondement". Non merci. Elle me répète tout le temps:

- Pas d'hommes avant l'obtention de ton diplôme d'enseignante, tu as compris? Tu ne fais la course avec personne pour te presser. Tu as encore toute ta vie devant toi, tu m'entends?

- Oui maman.

- Et quand tu rencontreras enfin un homme qui dira vouloir lier son destin à la tienne et à qui tu voudras donner une chance, ne va pas directement lui donner les fesses!

- Oh!

- Ils viennent tous avec des poèmes shakespeariens et des promesses à n'en point finir mais beaucoup d'entre eux sont des escrocs, des petits bandits qui sont passé maîtres dans l'art de la tromperie! Tout ce qu'ils veulent c'est secouer puis disparaitre. Il faut faire attention. 120 jours d'observation pendant lesquels tu ne lui donneras rien à part des chastes baisers sont de rigueur au début de toute relation. Si c'est un petit bandit, il s'enfuira mais si c'est un homme sérieux aux intentions nobles, il restera.

Contrairement à ma mère qui est très stricte avec moi, la maman de Rika est très libérale. Elle permet à sa fille d'avoir des petits amis aussi longtemps qu'elle se protège et ne ramène pas une grossesse. Maman Jacqueline est elle-même ce que j'appellerai une femme libre. Elle n'est pas mariée et des hommes différents que Rika appelle affectueusement ses tontons, défilent chez elle. Pardon, je vous dis même tout ça pourquoi? Ce ne sont pas mes affaires.

- Bonjour Micky! Répondons-nous

- Ça va chéri?

- Oui ça va, fait le fameux tonton Micky en prenant place sur la chaise en plastique libre près de Rika.

Il lui passe naturellement son bras autour des épaules alors que nous continuons de manger tranquillement nos beignets. Il se penche de temps en temps et chuchote des choses que j'imagine peu catholiques à l'oreille de Rika qui pouffe, amusée par ces petits secrets.

Lorsque nous finissons de nous goinfrer, nous allons sauter dans la petite voiture de Micky qui me dépose à quelques pâtées de maisons de chez moi avant de continuer avec Rika. Elle vit dans le même quartier que moi mais Micky et elle vont quelque part où ils ont "des projets" pour le reste de la journée.

Je marche sans me presser vers chez moi en saluant les visages familiers que je croise. Il y a un chien qui aboie par-ci, une mère qui crie sur son enfant par-là, un jeune homme ivre qui danse sur une des tables d'une buvette du quartier, un groupe d'enfants qui courent en riant, le boutiquier qui joue "Shamukwale" de Koffi olomidé full volume, la maman malewa (petit resto de quartier) qui fait frire des tilapias bien juteux qui sifflent dans l'huile chaude, le tacot de papa Ngi qui passe en faisant un boucan à réveiller les morts. C'est mon quartier, toujours bruyant et toujours en mouvement, je l'aime comme ça.

Nous n'avons pas toujours vécu ici. Du vivant de papa nous vivions au quartier Lumumba dans une belle villa toute blanche qu'il avait fait construire. C'était plus calme là-bas. Mais après sa mort inattendue, les choses ont changé à la vitesse grand V. Sa famille nous a jeté dehors dès notre retour du cimetière comme des malpropres, nous laissant à peine le temps d'emballer nos affaires correctement. Les oncles et tantes ont accusé maman d'avoir provoqué mystiquement l'accident qui a tué papa pour pouvoir s'accaparer de ses biens.

N'ayant nulle part d'autre où aller, nous sommes venus nous installer chez mamie, ici à Salongo.

Quand j'arrive enfin devant notre portillon en fer forgé, je fais un signe de la main à Tantine Lucie, notre voisine d'en face qui est occupé à piler du pondu (feuilles de manioc)

- Habari Niya? (Comment vas-tu Niya? Swahili) me crie-t-elle

- Muzuri Dada (Ça va bien grande sœur) David (son fils de 2 ans) va-t-il mieux?

- Oui, Dieu merci. Il n'a plus de fièvre, il dort. Le docteur dit que ce n'est rien de grave. Il lui a juste fait une piqûre et a prescrit quelques médicaments.

Ce matin, le pauvre petit allait très mal et n'arrêtait pas de vomir.

- Ah, shukuru Mungu. (Ah, Dieu merci.) Je passerai le voir plus tard Dada.

- Entendu ma chérie.

Je pénètre dans notre parcelle et suis déjà en train de refermer après moi lorsque je vois Tonton Faustin, le mari de tantine Lucie et quatre autres hommes du quartier avancer dans la rue en courant presque, l'air paniqué. Poussée par la curiosité, je ressors et vais vers eux le cœur battant pour m'enquérir sur ce qui se passe.

Je sens déjà que je ne vais pas aimer ce que je vais entendre

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Chapitre 3 Chapitre 02

Chap II

Je pénètre dans notre parcelle et suis déjà en train de refermer après moi lorsque je vois Tonton Faustin, le mari de tantine Lucie et quatre autres hommes du quartier avancer dans la rue en courant presque, l'air paniqué. Poussée par la curiosité, je ressors et vais vers eux le cœur battant pour m'enquérir sur ce qui se passe.

Je sens déjà que je ne vais pas aimer ce que je vais entendre.

Je traverse la rue et me dirige d'un pas preste vers le groupe d'hommes maintenant debout devant le petit mur de Tantine Lucie.

- Jambo yenu (Salutations en swahili), fais-je à leur attention

- Jambo, Habari? (Bonjour, comment ça va?)

- Muzuri (Ça va bien.) Tonton Faustin, que se passe-t-il? M'enquiers-je

Tonton Faustin jette un regard furtif vers ses compagnons avant de reporter son attention sur moi.

- Ce ne sont pas des choses que tu dois savoir. D'ailleurs, ce n'est rien de grave, dit-il

Hum! Tu mens.

- Niya, il faut rentrer à la maison, vas-y! Me dit un autre tonton du groupe.

Je fais semblant de m'éloigner lentement en jouant avec les lanières de mon sac à dos, je repère du coin de l'œil tantine Lucie qui a arrêté de piler son pondu s'approcher du petit mur, intriguée. Je vais rester là pour glaner des infos, je ne rate rien. Je m'accroupis et fais semblant d'attacher les lacets de mes perpètes, les oreilles tendues au maximum.

- Chéri, qu'y a-t-il? Demande tantine Lucie à son époux

- On est dans l'insécurité. Dans la nuit d'hier, des unités armées avec des tenues militaires qui ne sont pas celles de notre armée ont été repérées près de la frontière Ougandaise.

- Ah bon! Mais qui sont-ils? S'exclame tantine Lucie

- Peut-être que c'est encore une autre milice financée par l'occident ou les pays voisins pour causer le trouble, dit le tonton qui m'a dit de m'en aller.

- Seigneur des anges! Je me demande ce que ces gens ont tout le temps à vouloir agresser ce pays. On leur a fait quoi?

- Maman, la richesse. Sous-sol trop riche, tas des problèmes. Une vraie malédiction je te dis. C'est comme quand on épouse une femme trop belle, on n'a pas la paix, répond un autre tonton.

- Et là, il y a à peine deux heures, trois gardes forestiers et deux chasseurs ont été retrouvés sauvagement décapités. Leurs corps ont été jeté le long de la forêt de l'Ituri, renchérit tonton Faustin

- QUOI? ON A RETROUVÉ QUOI? Demandé-je, horrifiée

Ils se tournent tous vers moi.

- Niya, on t'avait dit de t'en aller, s'énerve tonton Faustin

J'en ai assez entendu. Je traverse la rue en courant presque. Seigneur, j'aurais préféré ne pas entendre tout ça. La personne qui a dit que "l'ignorance, c'est le bonheur" avait un peu raison.

- Niya, ne dis rien à Mamie hein! Elle risque de paniquer, me crie Tantine Lucie pendant que j'ouvre le portillon.

Ma chère, qui ne paniquerait pas à l'écoute d'une telle nouvelle ? Surtout que les horreurs qui viennent d'être énoncées ont pris place à seulement quelques kilomètres d'ici. Il y a de quoi foutre la trouille à n'importe qui. J'entre dans la parcelle et me dirige vers l'arrière-cour où je trouve Mamie entrain de défricher notre petit potager.

- Bonjour Mamie.

- Oh, Niya, de retour?

- Oui mamie, fais-je en allant prendre place sur une des chaises sur la petite véranda après m'être débarrassé de mon sac.

Les sons de la télé depuis le salon m'indique que Divin y est et regarde ses dessins animés. Mon cœur n'a pas arrêté de battre depuis. J'observe un moment ma grand-mère qui place les mauvaises herbes qu'elle vient de déraciner dans un grand sac poubelle.

Décapités. Quelle horrible manière de mourir! Et si les gens qui ont perpétré de telles barbaries arrivaient ici et nous faisaient subir le même sort? Je me sens parcourue d'un tremblement incontrôlable. Eternel, veille sur nous.

- La nourriture est déjà prête hein si tu as faim, me dit Mamie, me tirant de mes pensées.

- Merci mamie, je mangerai plus tard. Je vais d'abord faire mes devoirs.

Je ramasse mon sac et entre dans la maison, les pas lourds. Je traverse la cuisine et vais trouver Divin qui regarde "les trois petits cochons" debout à seulement quelques centimètres de l'écran tout en mangeant son yaourt (Je me demande pourquoi les enfants aiment se tenir si près de la télé). Son visage badigeonné de yaourt s'illumine lorsqu'il me voit. Il dépose le petit pot et court se jeter dans mes bras. C'est ce qu'il fait chaque jour à mon retour de l'école. Un vrai petit amour. Je le prends plus pour mon enfant que mon petit-frère. Je l'embrasse en faisant attention à ma chemise, je trouve rapidement un papier mouchoir dans la poche externe de mon sac et lui essuie le visage.

- Comment va mon petit cœur?

- Très bien, répond-il en souriant de toutes ses petites dents blanches.

Il s'exprime déjà bien, même s'il y a encore des mots qui lui sont un peu difficiles à prononcer.

- Tu étais sage en mon absence? Vraiment? fais-je, l'air faussement sévère, en commençant à le chatouiller

Il rit en se tortillant, me jurant qu'il était sage. Le voir aussi heureux et entendre son rire cristallin emplir la pièce me font un moment oublier les infos lugubres de tout à l'heure.

- Tu n'es pas allé sautiller sur mon lit?

Il fait non de la tête sans arrêter de s'esclaffer. Je sais qu'il est allé sautiller dans mon lit et faire sa petite exploration dans ma chambre, un vrai petit fouineur. Et ça, il le fait tous les jours. Il y a des jours où je le trouve endormi dans mon lit, c'est pour montrer à quel point ce petit adore ma chambre. Je vais rapidement me changer, troquant mon uniforme contre une robe tube orange près du corps avant d'aller prendre place sur la grande table à manger avec ma double feuille quadrillée, mes trois stylos et quelques cahiers. Je compte enlever cette punition de mon chemin le plus vite possible. Divin va chercher ses crayons de couleur et son livre de coloriage et vient se joindre à moi. À chaque fois qu'il finit de colorier un dessin, il me le montre pour avoir mon approbation sur ses talents.

Eish, Delta. C'est sûr que cette formule, je ne l'oublierai plus jamais après l'avoir écrit autant des fois. J'ai les doigts endoloris quand j'arrive enfin au dernier b carré moins quatre ac! Ouuuuf! Je fais ensuite une rapide révision, m'occupe de mes quelques devoirs à domicile avant d'aller tout ranger avec Divin à mes trousses. Celui-là, il sait coller les gens.

- Dada! (Grande sœur), appelle-t-il

- Oui Vinvin, dis-je en préparant ma tenue de demain.

- Mi shi pende Dada (Je ne veux pas), fait-il en croisant ses petits bras, l'air mécontent.

Il déteste quand je l'appelle Vinvin. Je le fais quand je veux le taquiner.

- Pardon hein! Que veux-tu? dis-je, hilare, en l'attirant dans mes bras.

- Niko na Nzala Dada (J'ai faim).

- Ok, on va manger. Attends un peu.

Je finis rapidement ce que je fais, le prends et nous allons à la cuisine. Je soulève le couvercle de l'une des marmites posées sur la cuisinière et suis agréablement surprise d'y trouver de la viande de brousse fumée à la mwambe, Miam! Je vais me ré-ga-ler! Dans les deux autres marmites, il y a du riz et des plantains mûrs bouillis.

Pendant que je nous sers, j'entends la voix de maman depuis la véranda.

- ...Oui maman, on leur a coupé leurs têtes comme des moutons. On a emmené les corps à la morgue de l'hôpital où je travaille, chuchote-t-elle, voulant sûrement n'être entendue que par mamie.

Eish, encore cette histoire! Je l'avais presqu'oublié. Mon cœur s'alourdit, tout mon appétit me quitte. Je sers rapidement Divin en faisant le moins de bruit possible et vais rapidement l'installer sur sa petite chaise et sa tablette en plastique devant la télé avant de d'aller me placer près de la fenêtre de la cuisine qui donne sur la véranda.

- ...Pardon, c'est encore quoi ça, entends-je Mamie dire

- J'ai appris que les FARDC (armée congolaise) viennent d'être déployées dans la partie où les militaires non-identifiés ont été aperçus et dans la forêt de l'Ituri.

Ouf! J'espère que l'armée va vite se charger de cette bande des criminels. Je suis un peu soulagée.

- Salut Maman, karibu! (Bienvenue), fais-je en sortant les rejoindre

- Salut ma fille, Aksanti (Merci)

Je prends son sac à main et ses chaussures que je vais rapidement déposer dans sa chambre et lui ramène ses pantoufles. Je vais ensuite m'asseoir sur le banc près de mamie qui grille des maïs sur notre petit brasero.

- Où est ton frère? Me demande Maman

- Il est en train de manger au salon.

- Va le chercher, il risque d'en mettre partout. Tu sais comment il aime parfois jouer avec sa bouffe.

Je vais le chercher et l'emmène à la véranda avec sa chaise et sa tablette. Il va faire un câlin à maman avant d'aller continuer à assassiner son plat.

- Niya ?

- Maman ?

- Hortense m'a dit qu'il t'a vu descendre d'une voiture bleue aujourd'hui. C'était qui l'homme au volant?

Non! Il y a trop des reporteurs en herbe dans ce quartier. Songi songi!

- C'est....c'était l'oncle de Rika. Il est passé la chercher....

- Ne t'ai-je pas dit de ne plus côtoyer cette fille? Niya, tu es têtue comme ça pourquoi? me coupe-t-elle en colère

- ...

- Cette fille n'est pas bien, tonne-t-elle

- Oh! Lydie, la pauvre fille t'a fait quoi? Cette Rika, ce n'est pas la fille claire qui vient parfois ici? Intervient Mamie

- Celle-là même. J'ai appris qu'elle connait déjà les hommes et le pire ce qu'elle n'a pas qu'un seul homme hein maman! Elle en a six!

Eeeeeeh! Regardez comment les gens déforment les infos. Elle en a juste trois. Mais ce n'est pas moi qui le dirais à maman.

- Je ne veux pas qu'elle vienne pourrir ma fille maman. Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Même sa mère n'a pas une vie bien. Il y a comme une semence d'impudicité dans leur famille et Niya c'est à une fille comme ça qu'elle a choisi de s'attacher.

- Ooh! Mungu wangu! (Mon Dieu!) c'est comme ça que cette fille-là est? Niya, il faut te détacher d'elle. Elle risque de te corrompre, fait Mamie en tapant dans ses mains

- Il faut lui dire maman. Niya, si je te vois encore avec cette fille, tu vas me sentir. Tu coupes le pont avec elle, tu m'entends?

- Oui maman, fais-je, ne le pensant pas.

Je ne compte pas adopter les pratiques de Rika, elle est ce qu'elle est mais je l'aime bien et j'adore notre amitié. Je ne vois pas pourquoi je devrais l'interrompre. On se connait depuis deux et je ne vois pas où elle a déteint sur moi. Je vais débarrasser la tablette de Divin qui a fini de manger et vais rapidement laver son assiette.

- Niya, retiens qu'une bonne orange placée près de celle qui est pourrie devient aussi pourrie après seulement quelques temps, me dit Maman quand je reviens m'asseoir près de mamie.

- C'est la vérité. Lydie, donc sa mère est celle qui lui apprend des vilaines choses comme ça? Renchérit Mamie

- Oui oh! J'ai même appris la vraie raison de sa mutation ici à Bunia.

Huuuuum! Mamaaaaan!

- Ah bon! Et c'est quoi la raison?

- À Goma là-bas, elle sortait avec son chef qui est un homme marié. L'épouse du chef a tout découvert et lui a déclaré la guerre. Pour la protèger, son chef a rapidement arrangé qu'elle soit mutée ici.

- Eeeh! Mutoto wa nioka! (Enfant de serpent!)

- Vraiment! Je ne veux pas que ma......

Elles sont encore en train de parler lorsqu'il y a une coupure de courant.

- Rhooo! Mais la compagnie d'électricité là est comment? Avec l'insécurité qui règne, ils coupent encore le courant aux gens? Sérieux? Niya, va déjà préparer les lampes tempêtes avant qu'il ne commence à faire sombre. Est-ce qu'il y a encore du pétrole? Se plaint ma mère

- Il en reste seulement un peu.

Mamie détache un nœud qu'elle a fait au bout de son pagne d'où elle sort deux billets de 200 Frcs.

- Tiens, tu en achètes pour 400 Frcs comme ça on en aura aussi en réserve, dit maman en m'ajoutant de l'argent

Je vois Divin qui est déjà prêt à m'accompagner, il aime trop se promener celui-là.

Il lâche ma main lorsque nous sortons tous les deux de la parcelle et va marcher en sautillant à quelques pas devant moi tout en regardant partout comme à son habitude. Nous allons dans la rue qui suit la nôtre chez Maman Evo qui vend le pétrole et qui a aussi une petite buvette où elle vend le Lotoko (liqueur forte locale) que fabrique son époux, papa Ngi. Pendant qu'elle me verse mon pétrole, j'écoute d'une oreille distraite un groupe des vieux messieurs déjà à moitié ivres parler de leurs glorieuses jeunesses.

- Ma fille, tu as dit que tu en voulais pour 400 Frcs, c'est ça? Me demande Maman Evo

- Oui maman.

- Ok, ça c'est le matabiche (le bonus), dit-elle en me versant une boîte de plus avant de retirer l'entonnoir.

Je paie, la remercie avant de quitter le lieu. Divin va encore se placer devant pour sautiller comme à l'aller. Lorsque nous arrivons devant la buvette du quartier, il va percuter un jeune homme qui en sort. Dieu merci, le jeune homme le rattrape avant qu'il ne s'étale complètement au sol et salisse sa salopette. Je cours le tirer des bras du gars

- Divin, combien des fois dois-je te dire de toujours regarder où tu vas? Tu as vu comment tu as cogné le tonton d'autrui?

Il me regarde juste avec des gros yeux de quelqu'un qui va bientôt pleurer.

- Ce n'est pas grave, dit le jeune homme avec un sourire.

Il ne m'a pas l'air d'être d'ici, je ne l'ai jamais croisé avant. Grand et athlétique, beau, le regard franc, belle bouche bien dessinée, cheveux coupés ras, teint noir propre, les vêtements frais de chez frais, parfum subtil mais puissant, les ... rhoo! Je le détaille même pourquoi? Ça me regarde s'il est beau. Des distractions stupides!

Je détourne rapidement mes yeux de lui, prends la main de Divin et me mets à avancer.

- Désolée pour ce petit accident, lui lancé-je par-dessus mon épaule.

- C'est très impoli de vous excuser comme vous faîtes. Je n'accepte pas ces excuses-là.

Quoi?

- Pardon? Demandé-je en faisant volte-face

- Vous m'avez entendu! D'ailleurs ce n'est pas à vous de me présenter des excuses mais à lui, dit-il en s'approchant de nous, le visage bien amarré.

Ah! C'est sérieux ? N'a-t-il pas dit il y a à peine une minute que ce n'était pas grave?

Il s'accroupit devant Divin sans attendre ma réponse.

- Mon petit, tu m'as fait très mal à la cuisse, je crois que je boiterai pendant toute une semaine, dit-il en faisant une grimace de douleur

- Désolé monsieur, fait mon petit frère tout penaud, tout en lui tapotant doucement l'épaule comme pour le réconforter.

- Tu es vraiment très poli, petit bonhomme. Appelle-moi tonton Rap dit le jeune home, le rire dans la voix

- D'accord tonton Raph, fait Divin avec un grand sourire

- Comment t'appelles-tu?

- Je m'appelle Divin.

- Divin. J'aime beaucoup ton nom, il te va bien, dit-il en lui pinçant légèrement la joue, un geste qui le fait rire.

Oh! Ces excuses-là vont prendre combien de temps?

- Et la tantine méchante qui tient ta main s'appelle comment?

Hein?

- C'est Niya, ma shœur!

- Oh, ta shoeur? dit-il, imitant Divin

- Oui oui, et on vit dans la maison bleue là-bas avec ma maman et ma mamie! Piaille le moineau que j'appelle mon frere

Il va même jusqu'à pointer vers notre maison qui se voit au loin.

Eeeeh Cet enfant! Bouche trouée!

- DIVIN! Monsieur, vos excuses, vous les avez eues. Viens, on s'en va Divin.

J'entraîne mon frère avec moi et nous traçons notre route.

- Bye bye tonton Raph! Chantonne mon moineau de frère

- Bye Divin, répond le fameux tonton Raph, le rire dans la voix.

Pfff!

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