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La fin de la mission

La fin de la mission

Auteur:: Lily Rose
Genre: Romance
À l'impossible, personne n'est tenu.! Les personnages. Marlène : 38 ans, se trouve au Canada. Elle est maman de deux fillettes. Hermeline : 36 ans, vit au Maroc et est maman de trois garçons. Flore-Elise : 34 ans, vit en Belgique. Elle est maman de deux garçons et une fille. Jorelle : 32 ans, vit au Brésil et est maman de trois filles. Diane : 30 ans, vit à Brazzaville et est maman d'un fils. Berlina : 28 ans vit en Espagne et est maman de quatre filles. **************

Chapitre 1 Chapitre 01

Chapitre 1

~~~ Diane ~~~

A Libreville, dans une suite de la Résidence Nomad', un 13 février.

- Est-ce que tu me sens doudou ? Hum ! Oh C'est bon ! Est-ce que tu me sens ?

- Oui, ooh, C'est bon. Tu es mon champion, mon Goliath, mon Samson, dis-je en hurlant.

- Oh bébé, je jouis. Oh, bébé ! OOOOOOOOOH !

Ça a duré deux minutes au chrono. Entre le moment où il est entré en moi et le moment où il en est ressorti. Deux minutes. Deux minutes de simulation. Il a pris son pied en versant sa semence en moi. Il me pose un baiser baveux sur les lèvres et saute du lit. Il est satisfait et le montre en bombant le torse. Il me dit :

- Bébé, laisse-moi te dire que ton corps est un véritable médicament. Quand je pense à ma bêtasse de femme qui ne sais même pas comment faire lever ma bite. Toi, tu mérites une Ferrari.

Je sors de la torpeur dans laquelle je me suis retrouvée plongée et lui dis :

- Je veux ma Ferrari demain. Tu es capable, non ?

Il continue de se gargariser, se prenant pour un prince. Il me répond :

- Je suis capable, toi aussi. Pointe-toi à 10h chez Gesparc. Prépare-toi à dépenser cent mille francs en forfait car tu vas appeler le monde entier pour raconter que Peter Makaya Mabik est capable.

Il s'en va vers la salle de bain, laissant ostensiblement balancer son sexe comme si c'était une œuvre d'art. Je reste là à me dire que vraiment, certaines femmes doivent pleurer toutes les nuits dans leurs lits après avoir dû satisfaire une chenille comme celle de monsieur le PDG, Peter Makaya Mabik. Le type pense avoir un anaconda comme sexe alors que c'est tout le contraire. Mais bon...

Dès que j'entends l'eau couler dans la salle de bain, je saute furtivement du lit et vais vers le fauteuil où il a abandonné son attaché-case. Je l'ouvre et fouille. Je trouve une enveloppe sur laquelle il y a écrit : « Campement de maman Anita Gervaise Magaya. » Je glisse mon doigt à l'intérieur et en tire trois liasses de billets de dix mille francs cfa. Je ferme soigneusement tout cela et fous les trois liasses de billets sous mon oreiller. Je quitte la chambre et vais rejoindre mon amant dans la salle de bain. Il chante dans la baignoire. Il continue de se prendre pour un prince. Quand il me voit arriver toute nue, il jubile. Il me dit :

- Approche, bébé ! J'ai besoin d'un souvenir.

J'approche, alors que l'eau mousseuse, encercle son corps. Il fout ses doigts en plein dans mon sexe et reste là à le chatouiller comme si cela pouvait le guérir. Je l'encourage en racontant des bêtises, histoire de l'embrouiller. Après avoir eu sa dose avec moi, il ne se doutera pas un seul instant que j'ai pu lui voler de l'argent. Quand il en a fini avec ce petit jeu, il me dit :

- J'ai payé ton séjour pour 7 nuits. On se voit demain, n'est-ce pas ?

Je souris et lui réponds :

- Je suis ici pour toi, mon champion. Ne me fais pas attendre demain. Et n'oublie pas ma Ferrari.

Il sourit et e dit :

- Je t'ai dit demain à 10h chez CFAO. Pourquoi tu doutes ?

Je le corrige en demandant :

- C'est Gesparc ou CFAO ?

Il me dit :

- Pardon, c'est Gesparc. CFAO c'est pour ma femme. Ne va pas à CFAO.

- D'accord. Demain, 10h, chez Gesparc. Merci, mon champion.

Il sort de la baignoire et réclame un drap de bain. Je le lui tends. Je regarde sa belle tronche, son nez magnifiquement dessiné, son corps grassouillet. Cet homme est potable. En plus de cela, il n'est pas avare. C'est la raison pour laquelle, je le supporte. Bon, il faut aussi dire que je n'ai vraiment pas le choix. Quand ma grande sœur m'a présentée à Peter Makaya Mabik lors d'un dîner officiel en Belgique, j'ai tout de suite répondu aux avances de ce type. Parce que, j'étais ruinée, complètement sur la paille. C'était il y a un an, jour pour jour...

Chapitre 2 Chapitre 02

2-

*********Retour dans le passé : Un an auparavant...*******

~~~ Diane ~~~

- Chéri, c'est bon, je suis prête. On peut y aller, dis-je en m'adressant à Elvis Johnny Mokoko, mon homme, mon cœur.

Cela fait six mois que nous sommes ensemble. Je dois dire qu'il m'a fait tourner la tête dès la première nuit. Il m'a offert une rose la sortie d'un restaurant, un midi. Il m'a ensuite demandé s'il pouvait me raccompagner au bureau. Il conduisait une Toyota Carina.

Elvis a les mots qu'il faut quand il faut. J'aime la façon dont il me fait rêver en me disant : « Je ne sais pas pourquoi les autres ont laissé une sirène comme toi. Une beauté pareille, on la garde précieusement. »

Il parle et chacune de ses paroles est renversante. Et quand il enlève mes vêtements, Seigneur ! Je fais à chaque fois mes prières car le gars est capable de danser la rumba, le soukouss, le makossa, le dombolo, la Tcham au lit et de me faire hurler on dirait que je pleure mon père et ma mère le même jour. Dieu du Ciel ! Est-ce qu'on peut décerner une bonne fois pour toute une récompense au sexe d'Elvis Johnny Mokoko ?

Pour tout ça, je veux lui prouver mon amour. C'est la raison pour laquelle j'ai finalement accéder à sa requête en prenant son billet pour Paris. Oui, je travaille à la CEEAC. Je vais en mission à Paris pour 10 jours. Et comme la St Valentin c'est demain, j'ai aidé Elvis à obtenir un passeport, et le visa pour la France. Je me suis chargée de payer son billet. Notre avion décolle dans quatre heures.

Dès qu'il arrive face à moi, je l'admire. C'est un très bel homme. Il est grand, 1m 92, musclé. Il a un visage d'ange et un sourire charmeur. Il parle le français comme Molière et passe des journées à lire. Il est au chômage depuis un an car il a eu des soucis avec le proviseur du lycée dans lequel il enseignait la philosophie.

Elvis s'est installé avec moi, quatre jours après notre rencontre. Il fallait que j'oublie un peu mon ex, le père de mon fils Mathis. Il fallait que je l'oublie, alors je me suis jetée à corps perdu dans cette nouvelle relation.

Vu qu'Elvis passe la journée à la maison, et qu'il voit en moi une reine, quand je rentre après le boulot, il a déjà fait à manger et dresser la table. Il me fait souvent couler un bain et me masse. Je peux compter sur lui pour mon bien-être. Je n'ai pas besoin de femme de ménage, car il prend soin de nettoyer la maison.

- Ma sirène ! Merci pour ce grand bonheur que tu m'offres. Nalingi yo na motema na ngai. Je vais voir Paris grâce à toi. Je vais voir Paris, Dieu de l'univers. Il fallait que je rencontre une sirène Gabonaise pour qu'un jour j'arrive à Paris. Mes ancêtres, bénissez cette sirène. Elle s'appelle Diane Cristal Oveng. C'est la plus belle des Gabonaises.

Elvis m'embrasse comme si j'étais du bon pain tout droit sorti du four. Je me sens reine dans ses bras. Je lui dis :

- J'ai prévu une surprise pour toi à Paris.

- Et moi aussi je pensais à une surprise pour toi, à Paris. C'est la St Valentin demain. Donc, je crois que je dois te surprendre plus qu'à Brazzaville.

Il est 6h 53 minutes quand notre avion atterrit à l'aéroport de Roissy Charles de Gaule. Je m'étire et dis à Elvis :

- Bébé, nous sommes arrivés.

Il se réveille, regarde par le hublot et s'écrie :

- Naza na Paris! Nzambe, nazali na Paris! Mwasi oyo amemaki ngai na Paris !

Je ne comprends rien à ce qu'il dit mais je sais qu'il est l'homme le plus heureux à cet instant.

Il me demande de lui remettre son sac qui se trouve dans le coffre à bagages. Je m'exécute. Il en sort le parfum Terre d'Hermès que je lui ai offert au free shop à notre départ de Brazzaville. Il se parfume puis me sourit en me disant :

- Tu es une véritable déesse ! Je te baiserai les pieds dès qu'on sera à l'hôtel.

Nous descendons de l'avion. Après le contrôle de police qui est vraiment drastique, nous allons récupérer nos bagages. Elvis me dit alors :

- Où sont les toilettes ? J'ai envie de faire mixtion.

Je l'accompagne et quand nous arrivons devant les toilettes, il entre avec ses bagages. Je vais plus loin l'attendre.

Une heure plus tard...

J'attends toujours Elvis. Je ne sais pas si c'est une diarrhée qui le retient dans les toilettes, mais je l'attends. C'est la troisième fois que je me lève pour aller du côté des toilettes des hommes pour savoir s'il a fini mais je ne peux pas y entrer sous peine de perturber les autres hommes.

J'aperçois une femme de ménage. Je vais vers elle et lui demande si elle n'a pas vu quelqu'un enfermé dans les toilettes pour hommes. Je lui dis que cela fait une heure que mon fiancé y est. Elle me répond :

- Je viens de nettoyer tout ça et il n'y a personne à l'intérieur.

Je ne la crois pas. Elle raconte n'importe quoi. Elvis est là-bas. Peut-être qu'il s'est enfermé et est incapable de déverrouiller la porte. J'abandonne mes bagages et vais en courant vers les toilettes. J'ouvre toutes les portes. Je me rends compte qu'il n'y a personne. Je tremble. Qu'est-il arrivé à Elvis ? Peut-être qu'il s'est perdu dans ce grand aéroport ! Il faut que j'aille à sa recherche.

Je sors des toilettes, récupère mes bagages et vais en direction d'un bureau d'information. Là, je trouve une blanche au fort accent antillais. Elle me regarde et me sourit. Elle me demande en quoi elle peut m'aider. Je lui lance :

- Elvis s'est perdu dans les toilettes. Mon fiancé a été kidnappé dans les toilettes.

Cette jeune femme garde son calme et me demande de lui raconter toute l'histoire depuis le début. Je lui dis que je suis gabonaise et que je travaille en diplomatie à Brazzaville. Je lui parle de mon fiancé congolais qui n'a jamais mis les pieds à Paris.

- Il a forcément été enlevé, le pauvre !

La femme éclate de rire et me dit :

- Il s'est simplement fait la malle, madame. S'il a un compte sur les réseaux sociaux, vous n'aurez qu'à le consulter demain pour comprendre qu'il vous a pris pour une bonne poire et qu'il est allé retrouver quelqu'un d'autre. Bon séjour à Paris, madame !

Je reste bouche bée en regardant cette jeune femme. Je me demande si son travail est de m'insulter ou de me rassurer. Je la regarde alors que ses yeux semblent me traiter d'imbécile. Elle me demande de faire trois pas sur le côté car un Britannique derrière moi a besoin d'informations.

En arrivant à mon hôtel, rue du Louvres, je suis frigorifiée. Je m'enregistre puis je suis le groom qui m'accompagne dans ma chambre. Quand j'arrive là, je respire. Je défais mes bagages en me disant que ce n'est pas possible ; Elvis n'a pas pu me laisser. Il s'est perdu. Il m'appellera dès qu'il le pourra et on aura notre diner aux chandelles cette nuit. C'est quand même la St Valentin aujourd'hui !

Il est 20h, ce 14 février. Je regarde par la fenêtre cette chambre d'hôtel dans laquelle je vais vivre pendant ces 10 jours de mission. Tous les frais sont couverts par la Commission. Un chauffeur viendra me chercher demain pour me conduire vers le point de rencontre avec mes collaborateurs. J'ai pleuré une partie de l'après-midi. Elvis me manque.

Mon téléphone vibre sur le lit. Je me dépêche de le prendre en pensant que mon homme m'appelle pour me dire qu'il est bien sain et sauf. Quand je prends le téléphone, je tombe sur une nitrification de Facebook, me disant qu'Elvis Johnny Mokoko vient de poster une photo.

Je vais sur Facebook. Avant même que la photo ne s'affiche entièrement, j'écris en commentaire : « Mon chéri, mon amour, où es-tu ? Retrouve-moi à l'hôtel. Je t'aime, mon trésor. »

Quand la photo s'affiche, je vois qu'Elvis sourit dans les bras d'une belle Congolaise la peau noire, aux gros seins, aux faux sourcils, aux longs ongles de sorcières, avec une perruque jaune sur la tête. Elle est maquillée comme un camion volé. Elvis a les deux mains posées sur le fessier proéminent de cette femme. Il a écrit en légende : « ça c'est ma sirène. C'est Dieu qui nous réunit aujourd'hui. C'est Dieu qui est bon ! »

Mon téléphone me glisse des mains et atterri par terre. Je suis défaite. Mon cœur se met à battre tellement vite dans ma poitrine, que j'en perds toute notion du temps. Je me retrouve assise par terre à pleurer toutes les larmes de mon corps tellement je suis mal.

Le lendemain au réveil, je reçois une notification de ma banque me disant que mon compte a été débit de la somme de quinze millions huit cent vingt-huit mille francs CFA. Le solde de mon compte est de 14 francs CFA.

Je pense à une blague. C'est forcément une blague. Je décide d'appeler mon gestionnaire. Il ne répond pas. C'est une heure plus tard qu'il me rappelle. Quand je m'interroge sur l'opération qui vient de me couter tout l'argent que j'avais en banque, il me répond :

- Mais mademoiselle Oveng, c'est vous-même qui avez effectué via l'application Mobile, un virement vers le compte de madame Evarise Lisabel Matondo Mokoko.

- Je n'ai jamais fait cette opération. Ce n'est pas moi qui l'ai faite.

- Calmez-vous, mademoiselle Oveng. Calmez-vous. Je vous envoie par mail l'historique des derniers mouvements sur votre compte. C'est tout ce que je peux faire pour vous étant donné que chaque opération de virement effectuée via l'application requiert trois niveaux de vérification. Si cette opération a eu lieu, c'est que vous l'avez validé par vos empreintes digitales, à trois reprises.

Il raccroche. Simplement.

Au téléphone, en appel visio sur WhatsApp avec mes sœurs quelques minutes plus tard, ça ne tarde pas. Elles ont vu les dix photos qu'Elvis a postées sur Facebook. Ma sœur Jorelle, me lance :

- Mais ton sapeur Congolais s'enjaille (s'amuse) avec une autre en ce moment !

Je leur raconte ce qui m'est arrivée. Hermeline me lance :

- Ma sœur, il t'a bien baisée. Au propre comme au figuré.

Marlène, mon aînée, me dit :

- Il a agi pendant ton sommeil. C'est forcément ça. Sinon, comment expliquer que tes empreintes digitales ont validé cette opération bancaire ?

Flore-Elise, ma sœur qui vit en Belgique, me dit :

- Si tu as besoin d'une épaule sur laquelle pleurer, viens à Bruxelles. Je t'attends.

Mais elle me prévient :

- Tu viens pour que je te remonte le moral et non pas pour critiquer mon mari.

Berlina lui dit alors :

- Est-ce qu'on peut s'empêcher de critiquer ton mari ? Tu as épousé un éboueur et tout le monde le sait.

- Tout le monde à part les parents, lance Jorelle.

Marlène dit alors :

- En tout cas, Flore-Elise au moins à un mari qui la respecte ! Alors que vous, vous n'avez rien.

Berlina rétorque en riant :

- Oh la grande, c'est toi qui parle comme ça ! Je te signale que tu te tapes un vieux blanc de 80 ans, concierge de ton immeuble, tout ça parce que le froid du Canada te bastonne. Est-ce que ton gars-là bande encore ?

- Espèce d'impolie, s'énerve Marlène. Je te signale que je suis ton aînée. Tu me parles sur un autre ton !

Les entendre se taquiner et s'énerver, me remonte quelque peu le moral. Je dis alors :

- Hermeline, s'il te plait. Envoie-moi de l'argent pour me payer un billet de train pour Bruxelles. Je suis ruinée.

- Ce n'est pas vrai ! s'écrie Berlina. Ne me dis pas que le coup de rein de ton sapeur t'a rendue bête au point que tu lui laisses tout ton argent sans te battre !

- Ne e moque pas, pardon : Pa où vais-e commencer à fouiller pour le retrouver ? dis-je pour me défendre.

Elles éclatent toutes de rire, heureuses de se rendre compte que je suis la plus stupide de la famille.

Huit jours plus tard

Dans le Thalys pour Bruxelles, après ma mission à Paris, j'essaie de réfléchir à l'avenir. Je n'ai que deux euros dans mon sac donc, je ne peux pas m'offrir de sandwich dans la voiture restaurant du train. Je m'endors en espérant avoir une cuisse de poulet à avaler dès mon arrivée chez ma sœur.

En consultant le profil Facebook d'Elvis ce matin, j'ai eu la surprise de ma vie : il m'a bloquée. Il en a fait de même pour toutes mes sœurs. Je me demande comment quelqu'un peut être aussi malhonnête et sans coeur !

A l'arrivée à Bruxelles, je fais la connaissance de Bakary, l'époux malien de ma sœur Flore-Elise. Il est venu me chercher. Je l'ai reconnu grâce à la pancarte qu'il tient en main. Il mesure près d'un mètre 90 et es vêtu d'une tenue de jogging et d'une doudoune bleue ciel. Il me sourit et me dit :

- Bienvenue ici dans le froid. C'est pas le Congo, hein !

Il rit. Ça me met de bonne humeur. Je le suis jusqu'à un arrêt de bus. Il parle de lui pendant le trajet jusqu'à la maison. Il me dit qu'il aime beaucoup ma sœur. Il me dit que ma sœur est la plus gentille des femmes. Il me dit que ma sœur le respecte. Il me dit que ma sœur l'aime. Il m'explique que ma sœur lui a demandé de quitter Paris il y a trois mois, pour venir s'installer avec elle à Bruxelles. Ma sœur lui paie des cours de français et d'informatique pour qu'il se trouve un autre boulot que celui d'éboueur.

Quand nous arrivons dans l'appartement de Flore-Elise, un appartement de trois chambres, sans balcon, Bakary m'explique que je vais dormir dans un lit superposé dans la chambre des filles. Les trois enfants de ma sœur et les trois enfants de Bakary, se partagent deux chambres. La troisième est celle du couple. C'est comme ça que je me retrouve à dormir avec ma nièce, Séléna.

Le lendemain à 18h, ma sœur rente du travail et m'annonce que je dois l'accompagner à une cérémonie officielle. Elle me dit qu'il y aura beaucoup de monde. Ça se passe dans un hôtel de la place. C'est l'anniversaire de l'ambassadeur.

- Pourquoi tu n'y vas pas avec Bakary ? lui dis-je.

Elle me répond :

- Bakary doit garder les enfants. On n'est pas au Gabon, ici. Les nounous, ce n'est pas donné ! ça coute très cher. Nous ne pouvons pas nous permettre de sortir tous les deux le soir.

Quand elle me dit ça, je suis contente d'être à Brazzaville et de pouvoir me payer une femme de ménage.

- Fais-toi belle, Diane ! Peut-être que tu trouveras un dragueur là où nous allons ! me lance Flore-Elise.

Le dragueur, comme on dit au Gabon, me tombe dessus après une heure de présence à la fête. Il est grand, beau, noir. Il est quand même enrobé, mais il vaut le coup d'œil. Il s'appelle Peter Makaya Mabik. Il est le PDG de la Gabonaise Equatoriale Transit. Comme tous les punus qui ont décroché un doctorat, il parle français comme un poète. Il est très distingué. Il m'a tout de suite remis sa carte en me disant qu'il est à Bruxelles pour deux jours. Au dos de sa carte, il y a écrit le numéro de sa chambre et l'heure à laquelle il m'y attend demain. Là, je lui dis sans détour :

- Je n'ai rien de prévu cette nuit alors, pourquoi attendre demain ?

Ça fait une heure que je suis dans le lit avec cet homme. Il me demande si je veux boire quelque chose. Comme je suis déçue par la longueur de sa quéquette et que j'ai besoin de mentir pendant le restant de la nuit, je demande du champagne. Il en commande au room service. Quand la bouteille arrive, je la vide quasiment et me mets sur le lit les jambes écartées en invitant, mon amant d'un soir, à me lécher.

Même sa langue est incapable de faire correctement les choses. J'ai envie de pleurer. Quand le matin arrive, je me lève du lit et vais dans la salle de bain en me promettant d'oublier même son nom. Plus jamais ce type ne me verra. PLUS JAMAIS. Quand je reviens dans la chambre après mon bain, je trouve une quinzaine de billets de 200 euros répartis sur le lit, ainsi qu'un parfum Hypnose, de Lancôme. Le type me sourit et me dit :

- C'est pour toi, Diane. J'ai toute une valise pleine de parfums et de bijoux que je réserve à ma femme. Si tu restes avec moi et que tu te montres gentille, cette valise sera à toi.

Je vais vers le lit et ramasse l'argent. Je le fourre dans mon sac à main avec le parfum puis dis à Peter :

- Je reste. Tu peux commander le petit-déjeuner, s'il te plait ?

Trois jours plus tard, je suis à l'aéroport à Paris, en partance pour Brazzaville. Je ne sais pas si je suis satisfaite de mon séjour à Bruxelles. J'ai tellement simulé l'orgasme, que même le diable a dû se dire : « cette fille est vraiment misérable ! »

Je rentre à Brazzaville avec une porte-monnaie plein d'Euros. J'ai des bijoux et des parfums dans mes bagages. Je ne savais pas qu'un jour je serais désespérée au point de coucher pour avoir de l'argent.

Au moins avec mon ex, Edgard Massala, le fils du ministre Martens Massala, j'étais amoureuse.

Il y a un changement sur l'itinéraire du vol de retour. Notre avion doit faire une escale à Libreville, à cause d'un mouvement de grève qui réduit le personnel naviguant. Dans l'avion, j'entends la conversation de deux personnes derrière moi. Elles parlent d'une Béa et d'un Emery qui vont vivre leur mariage de rêve, les pieds dans l'eau à Cape Town. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que le père de mon fils, va se marier. Combien d'Emery ont une Béa cordon-bleu dans leur vie ?

Vite, je note dans ma tête qu'il faut que je sois à Cape Town à la fin du mois. Seigneur ! Emery va épouser cette fille ! Mais qu'est-ce qu'elle a de si extraordinaire au point qu'il se presse pour l'épouser ? Seigneur, qu'est-ce que cette fille a fait à Emery ?

Chapitre 3 Chapitre 03

Je me demande comment il est possible qu'il soit aussi amoureux de cette fille alors qu'il était fou de moi. Il me suffisait de faire tomber ma robe et de dévoiler ma nudité pour qu'Emery devienne fou. Il adorait mon corps. Quand je regarde sur Instagram, les photos de sa fameuse Béa, je ne lui trouve rien d'extraordinaire. Les fesses, j'en ai plus qu'elle. Les seins, j'en ai plus qu'elle. La courbure de mes hanches, me vaut des regards appuyés partout où je me pointe. Alors, qu'on me dise ce que cette fille a de plus que moi !

Elle sait cuisiner. Et alors ! Si elle cuisine, c'est pour que nous autres nous venions manger dans son restaurant, non ! Alors, qu'a-t-elle de plus que moi ?

A mon arrivée à la maison, à Brazza, je vais sur Instagram pour regarder le profil de cette Béa de malheur. Et comme toujours, elle ne poste que des plats qu'elle a confectionnés. Il faut que j'aille sur le profil de sa petite sœur Sarah, pour voir une magnifique photo de famille, sur laquelle, mademoiselle Béa de mes fesses, pose aux côtés d'Emery, qui porte un bébé de quelques jours, avec mon fils Mathis sur les jambes de la fameuse Béa.

Zut ! cette fille m'ulcère ! J'ai besoin de boire un verre sinon je vais la maudire ! Je lui ai mis mon fils dans les pattes, histoire qu'elle fuit en courant en se voyant confier cette charge. Voilà que j'apprends grâce à cette photo, qu'Emery et elle vienne d'avoir un enfant !

Il faut que je boive un bon whisky. Cette fille me donne des maux de tête !

Trois verres de whisky plus tard, je me retrouve à pleurer en remontant le fil des photos postées par cette petite. On y voit des moments de vie heureuse. Je m'attarde sur le visage de cette Béa à qui j'ai envie de crever les deux yeux. Il faut que j'aille à ce mariage. Il faut que je le vois de mes propres yeux.

C'est décidé, je vais prendre l'avion pour Cape Town.

Je me lève du sol pour me rendre dans la chambre. J'ai la tête qui tourne. Je trébuche et atterris par terre, sur les fesses. Ça fait tellement mal que je décide de rester là, sans bouger.

A Cape Town en cette fin février, le soleil est au rendez-vous. Grâce à la générosité de mon cher Peter Makaya Mabik, je peux me payer un séjour ici dans un bel hôtel. Il m'a dit qu'il me rejoint dès ce soir. Ça me laisse le temps d'arriver sur les lieux de la cérémonie du mariage de Béa et Emery. Je vais tout péter là-bas et rappeler à Emery que la femme de sa vie, c'est moi.

Quand j'arrive sur place, je suis vêtue d'un tailleur Channel que je me suis acheté à Bruxelles grâce à l'argent de Peter. Je suis obligée d'enlever mes chaussures, car la connasse qui s'apprête à dire oui à l'homme de ma vie, a choisi de se marier les pieds dans le sable, en bordure de mer.

Malheureusement pour moi, quand j'arrive et me glisse furtivement dans l'assemblée des invités, les deux tourtereaux se sont déjà dit OUI. Alors, je crie comme une folle. J'interpelle Emery et lui rappelle que c'est moi la femme de sa vie.

Deux gaillards arrivent et me prennent solidement par le bras, pour m'éloigner de la cérémonie. Ils me jettent carrément sur le sable en me disant :

- Il faut te faire soigner, toi ! Qu'est-ce qui ne va pas dans ta tête ?

Je reconnais Jerem, le petit frère d'Emery. Je lui dis alors :

- Qu'a-t-elle de plus que moi cette salope de Béa ?

Il ne prend pas la peine de me répondre, se contentant de repartir à la fête.

Mon téléphone sonne à ce moment. C'est Peter au bout du fil. Il me dit qu'il vient de virer cent mille francs sur mon compte bancaire pour que je m'achète un porte-jarretelle pour notre prochaine nuit ensemble.

Si seulement je pouvais lui dire d'aller se faire foutre !

Dans mon hôtel cette nuit-là, je vis en différé, le mariage d'Emery et Béa sur la page Facebook du prestataire qui a organisé le mariage.

J'ai déjà bu quatre whisky mais rien n'y fait. Quand Peter arrive de Libreville le lendemain à 13h, il est tout chaud bouillant. Je lui donne mon corps sans réfléchir. A chaque fois qu'il me demande si je le sens, je réponds positivement. Quand il me dit qu'il jouit, je lui dis que c'est pareil pour moi. Quand il me dit que mon cul est trop beau, je lui réponds qu'il fait des merveilles avec sa bite. Tout ça pour oublier que depuis qu'Emery est sorti de ma vie, rien ne va correctement.

********* Fin du retour dans le passé*********

3-

Peter est parti. La nuit est déjà bien installée dans le ciel de Libreville. Je décide de rester tranquillement dans ma chambre. Je vais sur Facebook. Je tombe sur le profil de l'amie d'une amie qui a partagé une publication.

Ce 14 février, l'amour s'invite à la table d'Iyona.

Venez diner en couple.

Vous aurez droit à une bouteille de vin gratuite et un dessert au choix.

C'est une formule à quarante mille francs par couple. Je vois que les affaires fonctionnent bien pour la connasse qui depuis un an est l'épouse d'Emery. Je décide de m'inviter à ce diner de St Valentin. Il ne me reste qu'à trouver un valentin pour cette soirée car je ne peux m'y rendre en compagnie de Peter. Il sera avec sa femme.

Je me prélasse pendant près de quarante-cinq minutes dans mon bain. Je sors de là et décide de me faire très belle pour me rendre à mon rendez-vous chez le concessionnaire à 10h. Je porte un tailleur robe très chic avec des escarpins à talons hauts de Jimmy Choo. Ces escarpins sont un héritage de ma relation avec Edgard Massala.

Je descends prendre mon petit-déjeuner tranquillement. Je suis à Libreville pour trois jours. Je n'ai pas pris la peine d'appeler mes parents pour les prévenir parce que je n'ai pas envie que mon père me fasse le bruit en me demandant d'aller chercher Mathis pour la journée. Je n'ai pas envie de prendre mon téléphone et d'appeler Emery pour lui demander de me laisser le petit. Je n'ai pas envie de passer la journée à entendre Mathis me demander « maman », comme si ce n'est pas moi qui l'ai mis au monde. C'est comme si je l'avais adopté et qu'il avait maintenant retrouvé sa mère biologique. Les enfants et l'ingratitude, ça fait un.

Bref ! Je me concentre sur le programme de ma journée. Je vais d'abord me faire faire les ongles. Ensuite, je fonce chez le concessionnaire. Si mes souvenirs sont bons, Peter m'a demandé de me pointer à 10h chez CFAO.

Je répète dix fois à haute voix : « A 10h à CFAO. »

J'arrive chez Charmaine, mon esthéticienne. Je viens là, rien que pour le kongossa, vu que toutes mes sœurs sont à l'étranger. Elle m'installe dans un fauteuil massant puis me dit :

- Laisse-moi m'occuper de toi.

Hum ! J'apprécie ce moment plein de cancans. Elle me parle de qui sort avec qui, qui a volé le mari de qui, qui a bastonné qui. Enfin, tous les trucs chauds des femmes de Libreville.

Quand je m'en vais de là, je me sens belle comme un bijou dans son écrin. Je décide de foncer chez le concessionnaire CFAO. Là, je m'y présente en disant :

- Bonjour. Je viens récupérer ma voiture. C'est mon époux qui m'envoie. Monsieur Peter Makaya Mabik !

Le vendeur me sourit et me dit :

- Oh, tout à fait, madame. Venez ! Votre mari nous a demandé de vous laisser choisir la voiture de vos rêves pour la St Valentin.

- D'accord.

Le vendeur m'entraine dans le hall d'exposition où l'on trouve des voitures plus grandes, plus belles, les unes des autres. J'en ai le tournis. Je regarde à gauche, à droite, devant, derrière. C'est bien simple : ce lieu est magique. Peter a vraiment voulu me faire rêver en m'envoyant ici. Je regarde le prix des différentes voitures. Ça varie de 35 à 65 millions de francs CFA. Je me tourne pour regarder le commercial qui fait son speech. Je finis par pointer du doigt la voiture la plus chère. Il s'agit d'un 4x4 Mitsubishi Pajero Sport de 7 places.

- Très bon choix ! me fait le vendeur qui sent que sa commission sera élevée.

Il me conduit dans son bureau pour me faire signer différents papiers. Il fait la photocopie de mon permis. Il me tend ensuite les clés du véhicule ainsi que la carte grise provisoire.

- Vous devriez avoir la carte définitive sous vingt jours.

- Merci monsieur. Puis-je partir avec ma voiture ?

- Bien sûr, madame. Vu que vous avez votre permis de conduire sur vous, la voiture est à vous. Pensez à la faire assurer, cependant.

Je n'écoute plus son baratin et me dirige illico vers cette voiture rutilante dans laquelle je vais pouvoir rêver. Quand j'y monte, l'odeur du neuf m'accueille. J'ai l'impression d'être au paradis. Je me sens tellement bien que je me dis qu'il faut que je fasse un tour du côté des Charbonnages pour voir la tronche que feront les connasses du quartier quand elles me verront descendre de voiture. Oui, les kongosseuses envieuses, ont besoin de voir Diane Oveng aujourd'hui. Elles-mêmes elles savent qu'on a peut-être jouer à la corde à sauter ou aux « jeux de prépare » (dinette) ensemble, mais ce n'est pas pour autant qu'on est au même niveau. Je vais leur donner de quoi parler. C'est ainsi que je change d'avis et décide de rendre visite à mes parents. Direction Les Charbonnages. Tant pis pour les yeux des kongosseuses envieuses !

Quand j'arrive dans la cité, je m'amuse à éclabousser deux ou trois personnes qui attendent un taxi. Je continue ma route sans me soucier de leurs insultes que je peux aisément imaginer. J'arrive à la villa de mes parents. Je me gare devant le portail et descend du véhicule dont je verrouille les portières à distance. Je prends le temps d'épousseter mon tailleur de sorte que les voisins me remarquent. Ça ne rate pas. Maman Janine, la voisine d'en face, arrive comme une flèche. Elle me sourit et déjà traverse pour venir m'embrasser comme si j'étais une bonne nouvelle. Je suppose que ses deux bêtasses de Filles, Pauline et Natacha sont quelque part dans la maison en train de me zyeuter par la fenêtre de leur chambre. Je demande de leurs nouvelles. C'est d'une voix fluette sortie d'une bouche édentée, que maman Janine me répond :

- Oh, tes copines ne sont plus là, oooh ! Natacha a trouvé un mari du côté de Bikélé. Il est gendarme. Pauline se marie le mois prochain avec un chanteur. Il s'appelle Monzer ou Monzer. Pardon, ce sont vos choses des jeunes, non !

Elle semble ravie de m'apprendre cette nouvelle, alors j'ouvre mon sac, compte vingt billets de dix mille francs, que je lui remets en titre de participation au mariage de sa fille. Elle sourit et me remercie chaleureusement en me demandant si c'est Edgard Massala, le fils de monsieur le ministre, qui m'a acheté cette belle voiture.

Je sourie et réponds :

- Ma mère, je travaille, non ? J'ai acheté la voiture avec mon salaire !

Elle me félicite et lance sur moi une pluie de bénédictions.

J'ouvre le portail de la villa de mes parents et entre en laissant les clés de ma voiture se balancer dans ma main droite. Dès que mes neveux me voient arriver, ils crient mon nom. Je demande où se trouve mon père. On me dit qu'il a fait un tour sur son terrain à Kango.

Ma mère sort alors de la maison pour voir pourquoi il y a autant d'agitation. Elle est vêtue d'une robe kaba et a les cheveux en bataille sur la tête. Je ne prends même pas la peine de la saluer. Je lui dis simplement :

- Angela, tu ne connais plus la route du salon de coiffure ? C'est quoi cette tête !

Elle tape dans ses mains et me dit :

- Pardon, oooh ! Faut laisser ça comme ça. Ici, c'est compliqué. Dès que je mets un petit rouge à lèvres ou même un tissage sur la tête, ton père me fait la guerre. Il s'imagine qu'un vieux corps comme le mien peut encore plaire.

Je hausse les épaules et lui lance :

- Pardon, Angela, monte dans la voiture. Il faut qu'on t'arrange, là ! ça fait un an qu'on ne s'est pas vues ! Je reviens et tu ressembles maintenant à une nounou-ménagère d'Akébé.

Maman tape dans ses mains et me dit :

- Attends, ma fille. Je vais vite mettre mes chaussures. J'arrive.

Je reste là à discuter avec mes neveux Noël, Lucas et Taylor. Ce sont les trois fils de 17, 14 et 11 ans, de ma sœur Hermeline. En partant en expatriation au Maroc, elle les a laissés ici chez les parents. En fait, c'est papa qui n'a pas voulu signer les papiers nécessaires pour que les garçons aient leur passeport. Il a vu comme un affront, qu'Hermeline décide de lui enlever ses petit-fils. Bref, une longue histoire. C'est difficile quand on fait les enfants hors mariage, avec des géniteurs irresponsables qui se barrent avant la naissance des enfants. Ma sœur Hermeline a vécu cela trois fois. Les trois fois, c'est mon père qui a légalement reconnus ses petit-fils.

J'ouvre mon sac et sors de l'argent pour les garçons. Je leur remets cent mille francs à chacun en leur demandant de ne rien dire à mon père.

- Vous pourrez vous acheter les baskets que vous me demandez tout le temps.

Ils sont tellement contents, qu'ils se dépêchent d'aller cacher leur argent.

Maman arrive. Je remarque qu'elle s'est brossée les cheveux. Je la taquine en disant :

- Angela, comment tu fais pour ne pas vieillir ! Je te signale que tu as sorti six filles de ton corps.

Elle sourit et me dit :

- C'est à cause des réflexions comme ça que ton père pense que j'ai encore des dragueurs.

J'éclate de rire et lui dis :

- Bon, on y va ! Viens voir à quoi ressemble mon carrosse.

Quad elle se retrouve face à ma voiture, son visage s'émerveille. La voilà qui tremble de tous ses membres. Elle contourne la voiture en la touchant comme s'il s'agissait d'un mirage. Elle me demande alors :

- Diane, elle est à qui cette voiture ? Tu t'es remise avec Edgard Massala ?

- Pardon ! Je ne peux pas retourner chez le plus vilain des punus ! Seigneur, maman ! Je suis sortie de là. Je ne peux pas te dire qui m'a offert la voiture mais sache seulement, que je suis au sommet. Je demande l'argent et on me donne. La voiture que tu as sous les yeux, c'est mon cadeau de la St Valentin.

Ma mère fait le signe de croix puis lève les bras au ciel en disant :

- Donc Dieu veille sur toi, Diane ? Dieux veillent.

Je souris et réponds :

- Dieu veille ! Allez, monte !

Quand elle s'installe au côté passager à l'avant, elle me dit :

- J'ai même peur de péter dans cette voiture tellement elle est belle !

C'est comme ça que je décide d'emmener ma mère d'abord chez la coiffeuse, puis dans un prêt-à-porter pour lui offrir des robes et des bijoux. Quand elle se sent belle dans la robe qu'elle s'est choisie, elle demande qu'on emballe les cinq autres. Elle choisit trois paires de chaussures, puis me demande si elle peut avoir un sac. C'est comme cela que nous tombons dans une boutique à Mbolo. He lui offre un sac Valentino qui est soldé à 140.000 CFA.

J'emmène maman manger chez Paul aux trois quartiers. Là, elle me demande :

- Diane, c'est qui le monsieur qui t'a offert cette voiture ?

Je souris et lui réponds :

- Hum ! Je ne te dirai rien. A la façon dont tes filles et toi m'avez critiqué quand je me suis retrouver avec Edgard Massala ! Tu as oublié que vous l'appeliez le sanglier tellement vous le trouviez laid ? J'avais honte quand il venait diner à la maison avec papa et que tes filles et toi, vous alliez dans la cuisine pour rire de lui.

Ma mère éclate de rire et me dit :

- Il était laid mais son argent était bon. J'ai encore le sac Balenciaga qu'il m'a ramené de votre voyage en Corée du Sud. Je me sens jeune et fraîche quand je sors avec.

Nous parlons de tout et de rien. Elle me raconte comment il est pénible d'attendre le paiement de sa retraite de secrétaire. Elle parle de mon père qui es infernal à vivre depuis que ses filles sont parties de la maison avec ses petites-filles et petits-fils.

- Papa aussi ! Il n'était pas fatigué du bruit ? Il n'était pas fatigué d'aller tous les samedis faire le pleins de biscuits à Mbolo pour tous les enfants. Quoi, ça lui manque de se réveiller tous les jours à 5h du matin pour déposer tout ce beau monde à l'école ?

- Ah ! Il aime le bruit des enfants.

Je secoue la tête simplement. Je change de sujet en mentant à maman :

- Je suis de passage pour la journée. Je prends l'avion à 21h pour Douala. Je tenais à te voir car ça fait quand même un an que je ne suis pas venue à Libreville.

TU PARLES ! J'étais là en week-end le mois dernier. J'étais là pour une semaine, il y a trois mois. J'étais en mission ici il y a 6 mois, pour deux semaines pleines. Je me suis simplement cachée dans Libreville parce que je ne voulais rendre de compte à personne.

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