Poème: " Rouge"
Regard vers l'avenir
Oublier le passé
Uniformiser le devenir
Grandir pour avancer
Éternellement rouge
Nora Dixon écrivait rapidement ces mots sur le bloc note qui se trouvait sur mon immense bureau. Elle avait besoin de se détendre car elle était naturellement très stressée alors elle écrivait des poèmes. Des poèmes décrivant son état d'esprit. On pourrait se dire que c'était une drôle d'occupation pour une milliardaire dans son bureau, un jour de travail mais elle aimait cela depuis sa plus tendre enfance. C'est bien la seule chose qui la rapprochait encore de son passé.
Elle adorait les fraises, de ce fait elle prit une fraise entre ses doigts et l'apporta à ses lèvres écarlates. Délicieuse, elle en aurait presque ronronné de plaisir. La fraise, son fruit préféré et qu'elle avait toujours à volonté à n'importe quel endroit où elle se trouvait. Ce fruit lui allait si bien, c'était son symbole et de la même couleur que sa couleur préférée.
Elle soufflait, elle avait besoin d'une pause mais elle ne la prendrait pas car c'était une personne déterminée et travailleuse. Elle devait se remettre à travailler et arrêter de laisser son esprit vagabonder. Ce n'était que le début de la matinée, elle avait encore tant à faire.
Elle écoutait très fort la musique Flawless de Beyoncé dans son casque audio. Elle n'était pas sûre que si on la surprenait ainsi, elle resterait encore longtemps crédible. Elle avait pourtant le droit à ses petits secrets, elle qui vivait éternellement seule.
La P-DG adorait cette chanson car le message que celle si dégagée était son hymne de vie. Les paroles révélaient une idéologie en laquelle elle croyait:
"On apprend aux filles à ne pas prendre trop de place
pour les rendre elles-même peu importantes
on dit aux filles:
"Tu peux avoir de l'ambition
mais pas trop
Tu peux vouloir du succès
mais pas trop, sinon tu seras une menace pour l'homme"
Parce que je suis une femme
Je suis censée aspirer au mariage
Je suis censée faire mes choix de vie
en gardant toujours en tête que le mariage est la chose la plus importante
Aujourd'hui, le mariage peut être une source
de joie et d'amour, de support mutuel
Mais pourquoi on nous apprend à aspirer au mariage
et n'apprend-t-on pas la même chose aux hommes?
On élève les filles de façon à ce qu'elles soient des
compétitrices
pas pour un travail ou pour leur accomplissement
-Ce qui serait une bonne chose selon moi-
mais pour l'attention des hommes
On apprend aux filles qu'elles ne peuvent pas être des
êtres sexuels
de la même façon que les hommes le sont
Féministe: La personne qui croit en l'égalité
socio-culturelle et économique des sexes.
Te te réveilles, parfaite,
Tu sors, parfaite
Tu fonces, parfaite
Exhibant tout ce que tu as, parfaite
ce diamant, parfait
mon diamant, parfait
Ma pierre, parfaite
cette pierre, parfaite
Je me suis réveillée ainsi
Je me suis réveillée ainsi
Nous somme parfaites, les filles dites leurs
Je me suis réveillée ainsi
Je me suis réveillée ainsi
Nous sommes parfaites, les filles dites leurs
Dis que je suis belle ce soir
Bon dieu, bon dieu
Dis que je suis belle ce soir
Bon dieu, bon dieu"
Les femmes ne prenaient pas assez leur avenir en main. Nora voulait être l'exemple de réussite sans homme et surtout rester cette puissante P-DG. Elle se comportait comme une compétitrice dans son travail. Personne ne lui avait apprit à être ambitieuse pourtant c'est ce qu' elle voulait et resterait. Son ambition dépassait le ciel, le bruit de ses talons marquait sa détermination. Et son regard de velours en faisant succomber plus d'un. Cette femme si différente se nommait Léonora Dixon surnommée Nora, milliardaire et aimant le rouge, les fraises et son entreprise. Et seulement parfois elle se laissait attendrir par les hommes séduisants.
Mon téléphone se mit à vibrer et je regardais la notification qui venait d'arriver " Entretien d'embauche dix heures pour une nouvelle secrétaire".
À peine lever que mon travail reprennait le dessus sur ma vie.
Je me trouvais dans ma salle de bain et je m'observais longuement comme tous les matins face au miroir. Le reflet que je renvoyais n'était pas celui du commun des mortels.
J'étais plutôt unique dans mon genre et j'aimais cette différence. Métisse aux yeux verts, je savais que je dégageais un charme spéciale. Je m'attachais mes très longs cheveux ondulés et m' observais une dernière fois avant de sortir faire un tour dans ma salle de sport personnelle comme chaque matin. En pensant au sport, je regardais l'horloge et je constatais un retard de cinq minutes. J'avais une sainte horreur de ne pas suivre mon programme durant un créneau horaire déterminé à l'avance. Je sortis en trombe de ma salle bain en tenue de sport pour foncer faire ma séance de musculation journalière.
Une heure plus tard, ma gouvernante déjà aux fourneaux me servit mon petit déjeuner. Maria fait un excellent boulot et j'apprécie sa compagnie même si nous ne parlons peu. Nous avons chacune un caractère plutôt solitaire. Je lui souris et lui demanda:
-Est ce que vous pouvez vous occuper de me trouver un tailleur rouge. Je vais être très occupée.
-Bien sur avec grand plaisir.
-Parfait. Merci.
Une dizaine de minutes plus tard, je remontais au troisième étage de ma maison prendre une douche ensuite direction mon dressing pour enfiler le tailleur que Maria m'avait choisi, simple et chic en parfaite adéquation avec mon rôle de PDG. J'enfilais mes escarpins rouges et ayant vérifié de prendre tout ce dont j'avais besoin, je filais pour me mettre en route. Il était sept heures et j'avais déjà cinq minutes de retard. Je me dirigeais à la hâte vers mon garage où étaient garés trois bolides. Je grimpais dans une au hasard et je démarrais à vive allure. Je n'avais jamais été très fan de grosse voiture mais je suppose que c'était un passage obligé quand on est une P-DG pour marquer le respect.
Mon portail automatique s'ouvrit, je roulais en direction de mon bureau. Je ne prenais un chauffeur que pour les grandes occasions, je ne voyais pas l'utilité d'en avoir un tous les jours quand on avait de la chance de posséder de si belles voitures. De plus, le côté se faire conduire comme une princesse me faisait horreur. Je préférais faire les choses par moi lorsque j'en avais le temps.
Je mettais toujours la musique très forte dans mon véhicule et ce matin mon choix se portait sur la chanson "Run the World" de Beyoncé car j'étais persuadée que les filles dirigeaient le monde comme elle le disait si bien. La musique me détendait l'esprit avant les dures journées de travail. En sachant mon emploi du temps de la journée, je n'avais pas hâte d'y être. Aujourd'hui, se tenait un entretien d'embauche pour trouver une secrétaire à ma secrétaire. Il est vrai que ces temps si le travail avait été doublé par la prévision de nouveaux projets.
Je n'aimais pas les entretiens d'embauche surtout qu'en général, ce genre de moment sont plutôt ennuyeux. Je devais faire un bon choix pour une secrétaire correcte. Le marché des cosmétiques etait un marché difficile, je ne devais pas me relâcher. De plus, même si aucun beau mec venaient à ce genre d'entretien, je devais faire bonne figure.
À un feu rouge, je vérifiais dans le rétroviseur mon léger maquillage, constituait simplement d'un coup de mascara et d'un rouge à lèvres. Les deux produits faisaient parties de la production de mon entreprise. Au même moment, mon téléphone se mit à sonner. Je vérifiais discrètement, c'était ma sœur Amélie, je mis le haut-parleur:
-Bonjour Amélie, comment ma sœur préférée va-t-elle?
Amélie est la personne que j'aime le plus au monde.
- Tu n'en as qu'une c'est normal! Je t'appelle pour savoir si notre séance de yoga habituelle, tient toujours?
- Bien sûr! Pourquoi ça ne tiendrait pas ?
- Tu ne m'as pas donné de nouvelles ces temps si et tu n'es même pas venu dîner à la maison dimanche.
- Mon dernier projet m'a pris vraiment beaucoup de mon temps! Dis-toi que je n'ai toujours pas eu de nouveau petit ami depuis Lucas.
Je soupirais, j'avais largué Lucas, il y a de ça un mois et depuis je n'avais plus eu personne. J'avais rompu avec lui pour me concentrer sur la carrière, ma vie était trop compliquée en ce moment.
- Cela ne te ressemble pas d'attendre si longtemps pour avoir un nouveau mec. Que se passe t-il ? Tu devrais profiter un peu plus de la vie, tu es jeune .
- J'ai d'autres préoccupations. Je dois te laisser, je suis déjà arrivée! On se voit demain du coup!
- Oui à demain, prend soin de toi!
En arrivant devant le siège social de ma société: Dixon, je contemplais l'immeuble non pas sans sourire. J'étais fière de voir ce que j'avais réalisé durant ces six dernières années. Nous étions situé dans le plein centre des affaires de New York.
Rien n'avait été laissé au hasard sinon je n'aurais jamais réussi à faire de mon entreprise Dixon, une puissance dans l'industrie des cosmétiques.
On ouvrit la porte à mon arrivée et trois personnes accourent pour me parler. Ils m'attendaient déjà, on ne pouvait pas être tranquille de bon matin, je réussis à m'empêcher de lever les yeux au ciel de justesse.
- Madame Dixon, il faut que je vous parle au sujet des budgets pour le projet Catood.
- Je vous ai déjà dit de prendre rendez-vous avec ma secrétaire, répondis-je sèchement.
- J'essaye depuis une semaine mais elle ne m'en donne pas, soupira le jeune comptable.
- Elle est débordée mais je règle le problème en lui trouvant une secrétaire justement aujourd'hui. En attendant, déposez-lui le dossier des budgets avec des commentaires, je le regarderai!
- Bien madame !
J'aimais ce genre de marque de respect, je n'aurais jamais pu passer ma vie à être une simple employée. Le comptable repartit et je repris mon chemin lorsqu'un homme me bouscula. J'allais lui faire passer un sale quart d'heure, pourtant en le détaillant des pieds à la tête, je vis qu'il ressemblait à quelqu'un que j'avais connu dans mon passé. Non ce n'était pas lui, cet homme restait tout de même intéressant à regarder. J'ai toujours une minute de mon temps à accorder à un homme séduisant. Je lui fis mon sourire le plus séducteur et je lui demandai d'une voix mielleuse:
- Que puis-je faire pour vous ?
- Je cherche juste l'accueil !
Il partit sans même se retourner. Il aurait pu s'excuser, quel manque d'éducation et mon charme n'avait même pas opéré pour couronner le tout. Je restais étonné pendant quelques instants, cependant je remis instantanément mon masque de femme sérieuse en prenant le chemin des portiques de sécurité. Je râlais pourquoi fallait-il que j'ai un entretien d'embauché aujourd'hui et qu'aucun spécimen comme ce bel homme ne se présente.
Cinq minutes plus tard, après un passage dans l'ascenseur, je mis un pied dans mon spacieux bureau et remarquais en premier la pile de dossiers qui m'attendaient. Je me mis dessus sans plus tarder avec une grande motivation. J'avais du pain sur la planche, malgré tout j'adorais ma vie. Je ne pouvais me plaindre en aucun cas. Qui n'a jamais rêvé d'être milliardaire à seulement vingt-trois ans?
€♡€
Je soupirais, je me demandais si je ne préférerais pas me trouver sur une plage au bras d'un apollon, au lieu de mon bureau à repasser en revue le compte-rendu de la réunion d'hier. Ma secrétaire frappa à la porte mettant un terme à mes rêveries. Elle entra sur une autorisation de ma part et semblait particulièrement mal à l'aise. Ses yeux jetèrent un rapide coup d'œil à la pièce, un immense bureau dans les tons bleus et blancs. Il bénéficiait d'un petit coin salon avec un canapé confortable et au centre mon bureau de PDG derrière lequel je me trouvais actuellement.
J'appréciais la décoration de la pièce bien que j'aurais souhaité une touche de rouge. Toutefois, la décoratrice d'intérieur avait affirmé que cela ne faisait pas assez professionnel. Je regrettais de lui avoir fait confiance, je n'aurais pas dû l'écouter et en faire qu'à ma tête.
Les immenses baies vitrées étaient mon seul réconfort, elles donnaient sur l'entrée du Dixon building. Ce lieu était le siège social de mon entreprise, une multinationale. Nous nous trouvions à New York en cette belle matinée de septembre, la fin des vacances était survenue depuis un certain temps déjà, pourtant cela n'empêchait pas à ma secrétaire de garder un teint parfaitement hâlé. Elle semblait vouloir me dire quelque chose, elle hésita quelques secondes, sûrement avait-elle sentis ma mauvaise humeur du moment. J'étais fatiguée et une surprenante rencontre m'avait chamboulé un peu plus tôt. Elle finit par se décider à parler avec sa voix criarde:
- Madame Dixon, êtes-vous prête pour le début de l'entretien d'embauche ?
Je n'étais pas du tout prête et je ne le serais jamais. Je n'aimais pas faire ce genre de chose, je préférais m'occuper de monter de nouveaux projets comme ma futur marque de vêtements.
Je tirais ma mine la plus ennuyée possible ce qui fit tressaillir ma secrétaire. J'aimais bien joué avec les nerfs des gens surtout avec ceux de Madame Brown même si au fond je n'étais pas véritablement méchante. Je lui faisais indéniablement peur du haut de mes vingt-trois ans alors qu'elle en avait cinq de plus. Un coup d'œil sur elle, de haut en bas de derrière mon imposant bureau, lui fit trembler des jambes. Je profitais de la situation mais je le cachais derrière mon masque de PDG sérieuse et sage. J'étais parfois une garce et je le savais. Je la questionnais sèchement:
- Est-ce vraiment nécessaire de vous trouver un ou une secrétaire ?
Une secrétaire pour une secrétaire plutôt sympa comme concept. Mon entreprise avait vraiment pris de l'ampleur pour avoir les moyens de faire ça.
- Oui Madame Dixon, je suis surmenée et je pense que vous l'avez constaté ces derniers temps, surtout depuis le retour des vacances.
J'écoutais ma secrétaire m'expliquer cela pour la énième fois, je le savais bien. Je lui fis une petit sourire car je l'avais suffisamment taquiné, il était temps de débuter les entretiens d'embauche. J'affichais mon plus beau sourire et annonçais:
- Bon et bien que le défilé commence!
Elle partait déjà en direction de la porte. J'appréciais le travail qu'elle fournissait malgré que je ne lui montre pas spécialement.
- Parfait! Les candidats attendent déjà dans la salle d'attente.
Au moment où ma secrétaire allait ouvrir la porte pour sortir de mon bureau, je la rappelais pour lui poser une question. Je le demandais si l'homme que j'avais croise faisait partie des prétendants. Cette question me tauraudait fortement depuis tous à l'heure:
- Madame Brown, avant de partir, n'y aurait-il pas un homme parmi les prétendants au poste?
Elle me regarda avec surprise puis elle se mit à chercher frénétiquement dans son calepin. Elle savait bien que je n'avais pas vraiment de patience. Une fois, sa recherche terminée, elle annonça fière d'elle:
- Oui en effet, il y a bien un candidat, du nom de Tom Jenson. Je crois que c'est bien le seul sinon nous avons que des femmes. Vous voulez en savoir plus sur lui?
J'aimais bien ce nom, il sonnait étrangement bien. Je passais ma langue sur mes lèvres.
- Quel est son âge? Montrer moi sa photo!
Elle me tendit la photo, un fantôme du passé semblait refaire surface. Il ressemblait comme deux gouttes deux à mon premier amour mais il n'avait pas le même nom. Ce premier amour qui m'avait profondément détruite et changer à jamais. Je l'avais déjà croisé un peu plus tôt ce matin, je m'en souvenais parfaitement. Ma secrétaire mit fin à ma réflexion interne:
- Il a vingt-six ans.
Je sentais qu'une foule de question trottaient dans sa tête de blonde peroxydée. J'observais ses grands yeux marrons écarquillés et son rouge à lèvre qui ne lui allait pas au teint.
Je savais Madame Brown très compétente, pourtant elle ne savait pas ce que je m'apprêtais à dire. Le plus tranquillement du monde, je donnais l'ordre suivant avec un sourire satisfait:
-Vous pouvez renvoyer les autres, je ne recevrais que cet homme.
Je jouais avec le feu et je trouvais cela excitant.
Ma secrétaire partit chercher le candidat au poste, non sans afficher une mine de dépit. Je savais pertinemment qu'elle ne comprenait pas pourquoi j'avais réagi comme ça. J'avais refusé tous les candidats pour un homme qui n'était peut-être pas compétant. J'avais fait une sorte de pile ou face, prendre des risques de temps à autres ne faisait pas de mal. Madame Brown devait désapprouver ma manière de fonctionner mais je n'en avais que faire. En effet, il faut vivre pour soi et non selon le regard des autres. Si je pouvais éviter d'avoir deux secrétaires féminines ça serait un plus, la compagnie des filles ne me satisfait pas vraiment, je préférais passé du temps avec ma sœur Amélie. Elle seule me comprend vraiment. De temps à autre, j'acceptais aussi la compagnie d'hommes dans ma vie.
Amélie, ma sœur avait quatre ans de plus que moi. Elle était mariée et mes deux neveux étaient adorables, je passais mon temps à leur offrir des cadeaux. Ma sœur avait peur qu'ils deviennent pourris gâtés par ma faute. Je me mis à rire légèrement en pensant au modèle de voiture miniature que j'avais offerte à mon neveu Évan. Je m'arrêtais instantanément et repris mon sérieux au retour de Madame Brown avec le fameux Tom Jenson. Je le détaillais des pieds à la tête, c'était sans aucun doute l'homme qui m'avait bousculé tout à l'heure. Il n'était pas l'homme le plus beau sur terre mais il dégageait quelques chose. Je me demandais si c'est parce qu'il était le sosie de mon premier amour.
Ses cheveux bruns étaient assez courts et ses lèvres donnaient envie de croquer dedans comme une fraise bien mure. Il était très grand et je pouvais mettre ma main à couper qu'il était plutôt musclé derrière son costume bien coupé. Il avait l'air de prendre soin de lui ou en tout cas il avait pris le temps de se préparer pour l'entretien. Tom observait la pièce avec des yeux ronds et fascinés. Je comprenais parfaitement son admiration, moi aussi j'arrivais encore à être admirative de cette pièce. Son regard se posa enfin sur moi, il ouvrit la bouche d'étonnement. Je crus qu'il allait faire un arrêt cardiaque, il eut enfin la décence de fermer la bouche puis il s'avançait vers moi le visage marquait par l'appréhension.
- Merci Madame Brown, laissez-nous maintenant!
Je lui fis signe de s'asseoir sur la chaise face à mon bureau:
- Enchantée, fis-je en lui serrant sa main qui tremblait.
Le pauvre chaton était effrayé, je trouvais cela amusant de donner ce genre de sentiment aux gens, surtout aux hommes irrespectueux comme lui.
Je me trouvais désormais plus proche de lui et ainsi je distinguais ses yeux marrons très foncés, en voilà une chose peu banale. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir un sourire ironique, je savais pertinemment qu'il se souvenait de m'avoir bousculé un peu plus tôt dans le hall d'entrée.
- Je suis désolé pour tout à l'heure, j'étais stressé d'arriver en retard et je n'ai pas été poli. J'aurais du m'excuser.
Je me mis à sourire et il me regarda sans broncher attendant mon verdict.
- C'est bon ce n'est pas si grave ! Alors je vous écoute présentez-vous et convainquez-moi de vous embaucher, ordonnais-je.
Il me fixa un instant dans les yeux. Il me perturbait vraiment, j'avais l'impression de voir mon premier amour, la personne que je détestais le plus au monde. Il monologua:
- Je me nomme Tom Jenson, j'ai vingt-six ans, j'ai fait des études de secrétariat puis j'ai travaillé cinq ans dans une petite entreprise. J'ai posé dernièrement ma démission pour trouver un meilleur emploi.
Je le coupais:
- Pourquoi avoir quitté cette entreprise?
- Ils oubliaient souvent de me payer!