Moi: J'aimerais me rendre à Lagos s'il vous plait.
Lui: Aujourd'hui ou demain?
Moi: Aujourd'hui!
Lui: Pour quelle heure?
Moi: Le prochain si possible.
Lui: Ça va vous revenir plus cher Monsieur, il fallait réserver en ligne.
Moi: Ce n'est pas un problème.
Lui en s'aidant d'un geste de la main: D'accord! Vous voyez le bus la-bas? Vous le prendrez vu qu'il s'y rend. Vous n'aurez qu'à voir avec le chargeur et revenir ici pour les frais de transports si il reste encore une place pour vous.
Moi: Merci Monsieur. Je me rends dans le bus en direction de Lagos, pour une mission qui m'est plus que chère. Une mission à laquelle je ne peux échouer, ça ne me vient même pas à l'esprit, NON l'échec n'a jamais été dans mon calendrier et ça ne commencera pas aujourd'hui.
Je passe quelques appels pour être sûr de contacter les personnes dont j'ai besoin. C'est une question de vie ou de mort.
Ce matin encore j'ai ressenti une forte migraine, j'ai du faire de gros efforts pour quitter mon lit. Je ne comprends vraiment pas ce qu'il m'est arrivé hier, c'est à peine si je pouvais poser un pied devant l'autre.
Cet endroit... pourquoi m'y suis-je rendu? J'aurais pu y laisser ma vie si je n'avais pas été assez vigilant, j'aurais pu y laisser ma peau. Fort heureusement, j'ai des contacts. Ensemble nous pourrons les arrêter, les empêcher de nuire. Oui nuire.
Ces gens sont trop dangereux, ils pourraient faire encore plus de mal si on ne les arrête pas. Ce sont nos ennemis.
Elle: Bonjour Monsieur!
Moi: ...
Elle: Monsieur?
Que me veut cette dame? Ne voit-elle pas que je suis tourmenté? Je fais mine de regarder le paysage et ne rien entendre, ne lui donnant aucun autre choix que d'avancer et de choisir une autre place.
La route est très longue jusqu'à Lagos, j'ai l'impression qu'on n'arrivera jamais. Pour tuer le temps, je me mets à observer les autres passagers.
Une jeune fille, très jolie mange des chips en écoutant de la musique, elle chantonne comme si la vie seule lui suffisait pour être de bonne humeur. Si seulement elle savait...
Un monsieur d'une cinquantaine d'années est assis à ma droite, la mine renfrognée. Ils se contente de claquer brutalement ses chaussures sur le sol, à croire que ça fera voler le bus.
Deux petites filles jouent aux côtés de leur mère, totalement insouciantes des dangers qui courent les rues.
Que deviendront-elles dans quelques années? Quels choix feront-elles?
Je décide de ne plus trop prêter attention à cela et essaie de trouver le sommeil...sans succès. Alors je continue de regarder le paysage, repensant aux événements de la veille. Jamais de toute mon existence je n'aurais pensé que cela puisse être possible.
J'ai toujours pris mes dispositions afin que rien ne puisse m'atteindre ni me menacer, mais depuis deux jours... La sonnerie de mon portable retentit et la voix de ma tante s'élève à l'autre bout du fil:
Ma tante: Tu es sûr que ça va?
Moi: Oui ma tante, ça va bien.
Ma tante: mais tu pars en catastrophe comme ça, qu'est ce qu'il se passe? Tu as des problèmes?
Moi: On en a déjà parlé, je n'ai aucun problème ma tante, c'est juste que j'ai des responsabilités ailleurs.
Ma tante: tu n'as même pas eu le temps de prendre de la nourriture.
Moi: Ça ira pour moi, j'en prendrai autant que tu voudras la prochaine fois.
Ma tante: Hum Moi: C'est promis.
Ma tante: D'accord! Tu as pu avoir un bus?
Moi: Bien-sûr! Nous sommes entrain de nous rendre à Onitsha.
Ma tante: Je vois, il faut faire attention à toi.
Moi: Ne t'inquiètes donc pas. Ma tante: Je dois m'inquiéter. Tu sais que tu es le seul à être venu me rendre visite depuis le décès de ton oncle. Quand tu pars ainsi, tu me laisses avec qui?
Moi: ...
Ma tante: Dès que tu as du temps il faut revenir rester avec moi.
Moi: Je reviendrai.
Ma tante: Bon je te laisse.
Moi: D'accord!
Je pousse un soupir de soulagement à la fin de ce coup de fil car je sais que ma tante peut-être très curieuse des fois. Elle n'a pas besoin de savoir pourquoi je suis parti aussi vite, c'est beaucoup trop important et personnel pour que je lui en parle. Mais je reviendrai d'ici là, cela ne me pose pas de problèmes. Il faut juste que je finisse ce que j'ai à faire. De quoi s'agit-il? Pourrais-je seulement en parler sans remonter à la source? Pourrais seulement en parler sans passer par la case départ? Je ne pense pas. C'est une longue, une très longue histoire que j'ai à coeur de vous raconter...
_: Nkem!
Je me retourne, essayant de voir si il y a un visage familier dans le bus mais je ne reconnais personne.
Aurais-je rêvé? Cela ne se peut, je suis totalement éveillé. Et qui pourrais bien utiliser ce nom pour m'appeler, la seule capable d'utiliser ce nom est décédée depuis longtemps, enfin à ma connaissance. Mais que ce passe t-il encore?
_: Nkem! Vas-tu encore me trahir?
Moi: QUI ÊTES-VOUS?
J'ai parlé si fort que tous les passagers du bus me dévisagent, se demandant certainement ce qu'il se passe. Nul doute qu'ils me prennent pour un fou à l'heure actuelle. Pourtant j'ai bien entendu mon nom. Je me retourne encore une fois, je me lève et sillonne le bus avant de revenir m'assoir. J'ai du mal entendre. La fatigue et les soucis sûrement. Pensant que tout irait bien, je tente à nouveau de me rendormir, mais une chaleur malveillante s'empare de moi et me met mal à l'aise. La chaleur est si vive et si forte que les autres passagers la ressentent depuis leurs sièges.
Au bout d'un moment, un monsieur s'approche prudemment de moi:
Le Monsieur: Vous allez bien Monsieur?
Moi: Oui oui je vais bien.
Le monsieur: Vous ne ressentiez pas de la fièvre avant de monter?
Moi: Aucunement Monsieur, je vous dis que je vais bien.
Le monsieur: Pourtant vous chauffez beaucoup.
Moi: ce n'est rien je vous assure. Merci beaucoup!
Tu Le Monsieur: J'ai du paracétamol au cas où...
Moi: C'est gentil mais je n'en ai pas besoin.
Et Il me regarde avec insistance avant de reprendre sa place. je sais que tous ont des doutes sur mon état de santé mais j'ignore moi même comment me l'expliquer. Pourvu qu'on arrive rapidement. je n'en peux plus.
Je ressens cette chaleur de plus en plus fort, la trouve de plus en plus insupportable mais je fais mine d'ignorer les regards inquiets des autres passagers. Le conducteur se voit obligé de faire une pause pour voir ce qui ne va pas. Je lui explique que c'est une question de vie ou de mort et que je dois absolument aller à Lagos.
Pris de peur, il me dit qu'il ne peut me laisser qu'à Onitsha afin que je vois au moins un médecin. J'obtempère car de toute façon je m'y rends en escale. Je pourrai trouver un autre bus sur place et faire de même pour arriver à Lagos. Rassuré de cette perspective, je tiens le coup, attendant patiemment ma destination. Mais quelque chose d'inattendu arrive. Nous traversons Umuakpa, dans Owerri, et la chaleur devient si douloureuse que je me vois contraint de mettre les mains sur la tête et de me recroqueviller sur moi même.
Je vois et entends de moins en moins, au point de perdre connaissance... Je disais donc que c'est une longue, une très longue histoire que j'ai à coeur de vous raconter. Si je le fais ce n'est pas parce que j'en ai simplement envie, mais parce que je le dois. Ouvrer grands vos yeux car les apparences son trompeuses, très trompeuses. Je suis là pour vous montrer la partie immergée de l'iceberg.
À suivre..,
Je m'appelle Akin Ngozi et je viens vous compter mon histoire. Il ne m'a pas été facile d'en parler, j'y ai longuement réfléchi mais je pense que je suis prêt maintenant. Vous vous demandez certainement qui je suis réellement, ce que je fais dans la vie. Prenez votre mal en patience, nous avons tout le temps d'en parler, de longues journées et qui sait, de longues nuits certainement. Voyez-vous la vie est une succession de surprises, une succession d'obstacles, une succession de tempêtes, de période de bonheur et/ou de malheur.
On pense généralement que le malheur est un passage du destin, et que nous ne pouvons rien faire pour changer les événements de notre vie. Ceci peut être vrai dans une certaine mesure. Mais dans le cas d'une créature de Dieu, il y a un plan pour sa vie. La réalisation de ce plan dépend d'un certain nombre de facteurs à savoir notre intimité avec Dieu, l'idée que nous nous faisons du but ultime de la vie, et l'environnement socio-spirituel dans lequel nous nous trouvons. Un certain nombre de facteurs externes tentent d'influer sur le cours de votre vie. La crise se produit lorsqu'on livre sa volonté soit au bien, soit au mal. Il nous est possible d'aimer ou de haïr. Nous pouvons souhaiter comprendre ou ne pas comprendre. La volonté d'obéir est la plus grande force d'un chrétien né de nouveau, alors que la volonté de désobéir est la force la plus destructrice du pécheur. Qu'en est-il de moi? A vous de juger... Mon histoire commence il y a 22 ans dans un petit village appelé Amerie Iriegbu Osu Item, dépendant de la région de Bende, qui est sous l'autorité du gouvernement local, dans l'Etat d'Imo. Mes parents ne faisaient pas partie des riches, mais mon père avait eu le privilège d'hériter 42 hectares de terres de mon grand-père, une bénédiction qui a entraîné le plus grand malheur jamais rapporté dans l'histoire de la famille. A ce qu'il parait, mon père était très jalousé pour cela, raison pour laquelle on recevait très peu de visite, mais on en recevait quand même, c'était là le plus important... ***MON ENFANCE*** Moi: papa, papa! Papa: Oui Akin? Moi: J'ai aperçu un loup dehors. Papa en haussant le sourcil: Un loup dis-tu? Moi: Oui il était gros, très gros. Papa: Et qu'as tu fais? Moi: J'ai lancé un caillou et il s'est enfui. Papa l'air douteux: En es-tu sûr? Moi: Oui papa! Je ne plaisante vraiment pas. J'ai vu un loup sur mon chemin alors que je rentrais des cours. Nul doute que si j'avais manqué de courage, il m'aurait certainement réduit en bouillie. Après l'avoir fait fuir, je me suis précipité dans le bureau de mon père pour lui compter mon acte de bravoure. Mais ce dernier ne semble pas du tout me croire. Papa: Peux-tu me dire à quoi il ressemblait? Moi: Il était grand, gros, avec une peau noire et , ses yeux étaient jaunes, comme dans les publicités qu'on voit souvent à l'école sur la télé de la directrice. Papa semblant réfléchir: Hum je crois que tu as fait une petite erreur. Moi: Mais non papa Papa: Vas voir ta mère, nous allons bientôt passer à table. Moi déçu: D'accord papa! Je vais à la cuisine afin de me préparer déguster un bon plat digne du cordon bleu qu'est ma mère, mais je trouve Margaret, ma grande soeur directe, sur mon passage. Elle ne semble pas disposer à me laisser goûter comme à mon habitude. Margaret: Tu as encore joué dans la poussière? Moi: Non Margaret: Et qu'est ce que je vois sur ta culotte? Moi: C'est lorsque j'ai ramassé les cailloux pour chasser le loup. Margaret: Le quoi? Pardon allons tu vas te changer, tu ne viendras pas à table comme ça. Maman: Qu'est ce qui se passe ici? Moi en courant vers elle: mamaaaaan! Elle me soulève dans ses bras robustes. Malgré son âge, maman respire toujours la jeunesse. Elle me tapote gentiment les vêtements afin d'y retirer le peu de poussière qui y scintille. Je lui raconte à elle aussi ma mésaventure avec le loup de tout à l'heure et elle semble, elle aussi, ne pas me croire. Elle m'envoie me laver les mains et demande à Margaret de me trouver une culotte plus présentable. J'ai trois soeurs, Love la première. Elle travaille à plain temps en ville et ne vient nous rendre visite que très rarement. Il semblerait que les activités la-bas lui prennent beaucoup de temps. Margaret est la suivante, elle aide maman dans les travaux ménagers, c'est sa seule tache dans la maison et elle ne s'en plaint pas. Selon mes parents, une femme n'a pas vraiment besoin d'aller à l'école et vu que je suis l'homme de la maison après papa, il est normal que toutes les économies soient mises à ma disposition pour les cours. Oui je vais à l'école moi et lorsque je peux, je prends soin de ma petite soeur Chinere, la toute dernière. Elle est encore trop petite pour faire quoi que ce soit mais reste tout de même une enfant très éveillée. Je vis dans une famille heureuse, sans problème, mon père s'occupe de ses hectares de terrain et maman de la maison. Elle fait quelques broderies qui lui rapportent pas mal d'argent. Les gens de la ville font souvent de gros déplacements pour ses nombreux services de table. Comme vous devez déjà le savoir, nous ne recevons pas beaucoup de visite malgré le fait que nous ayons plusieurs parents dans le village. Chacun a fort à faire de son côté. Dans l'ensemble je ne trouve pas de quoi me plaindre. Je suis en train de prendre place aux côtés de mon père lorsque mon oncle Abeke fait son entrée accompagné...du loup de tout à l'heure. Je bondis de ma chaise et tente de trouver un refuge derrière le grand dos de mon géniteur. Ce dernier ne fait même pas signe de me couvrir et va vers son frère pour lui donner une chaleureuse accolade. Papa: comment vas-tu Abeke? Oncle Abeke: Je vais bien merci. Papa: Je vois que tu nous ramènes un nouvel animal. Oncle Abeke: Un chien loup, il m'a été remis par la dame chez qui je travaillais. Je t'ai dit qu'elle devait retourner dans son pays. Je ne pouvais tout de même pas le laisser la-bas. Papa: Mais ne va t-il pas mourir dans ces conditions climatiques? Oncle Abeke: Je ne sais pas, mais au moins il aura un endroit où rester. Papa: Je comprends alors les dires de mon fils Akin. Oncle Abeke: Lequels? Papa: Il m'a assuré avoir chassé un loup à son retour des cours. Ce devait sûrement être ce chien. N'est ce pas Akin? Moi honteux: Oui papa Margaret: Je me disais bien qu'il n'était pas possible pour un enfant d'affronter un loup. De plus il n'y en a pas dans la région. Oncle Abeke: En effet ma fille. Maman: Margaret, prends un plat pour ton oncle s'il te plait! Oncle Abeke affichant un gros sourire: C'est gentil ma belle soeur. Je t'ai même rapporté quelque chose de mon déplacement. Maman: Vraiment? Et qu'est ce que c'est? Oncle Abeke en lui tendant le fameux présent: Vos choses de femmes là. C'est une bonne crème naturelle, faite avec l'huile d'avocat et les feuilles vertes. On me l'a conseillée pour ma femme et j'en ai pris pour toi également. Avec ça tu vas bien briller et perturber mon frère. Maman: Oh Abeke toi aussi! Papa: ahahaha merci pour ton présent Abeke. Oncle Abeke: Mais de rien, c'est tout de même la famille. Nous prenons le repas tous ensemble dans la bonne humeur et mon oncle s'en va dans la soirée accompagné de son chien... Des mois se succèdent et je continue de me rendre aux cours et d'aider mon père à la maison, dans les travaux extérieurs. J'apprends énormément avec lui et je peux affirmer sans l'ombre d'un doute, que j'hériterais de toutes ses terres. Je me promets intérieurement de m'en occuper comme de la prunelle de mes yeux. Un jour alors que je rentre de l'école, je trouve un attroupement devant ma porte. Margaret vient à ma rencontre, Chinere dans les bras et me demande de l'accompagner un peu plus loin dans notre concession. Je regarde inquiet la maison mais décide tout de même de suivre mon aînée. Après quelques minutes de marche sans objectif fixe, j'ai l'impression de tourner en rond. Moi: Margaret où va t-on? Je suis épuisé. Margaret: Nulle part Moi: Mais comment ça? Et au fait qui étaient ces gens attroupés devant la maison? Margaret: ils sont venus voir papa et maman. Moi: Pour quoi faire? Margaret le regard fuyant: Je ne sais pas. Moi: Mais pourquoi tu m'as emmené ici alors? Margaret: C'est papa qui m'a demandé de m'éloigner de la maison parce qu'ils avaient à parler. Et puis je voulais faire dormir Chinere. Moi: Elle dort déjà, on peut retourner? Margaret: ... Au bout de ce qui m'a paru des heures, j'entends enfin la voix de mon père, il semble être à notre recherche. Nous allons le retrouver et il nous demande de le suivre dans la maison. La première chose que je remarque est l'absence de ma mère. Alors je me dirige dans la cuisine, c'est la pièce qu'elle occupe le plus dans la journée. Mais quelle n'est pas ma surprise de constater qu'elle est vide. Moi retournant sans le salon: Papa tu sais où se trouve maman? Papa: Elle est partie avec nos visiteurs. Moi: Elle est allée où? Papa: Ce n'est pas important. Moi: Elle revient quand? Papa irrité: Je t'ai dit que ce n'est pas important. Moi: ... Je vais dans ma chambre, et me rends à la rivière pour prendre un bain, accompagné de Margaret. Ce soir là, je m'endors sans souhaiter une bonne nuit à ma mère, ce qui me rend triste... Les jour suivants ne sont pas mieux, maman ne revient toujours pas. Papa est de moins en moins de bonne humeur et Margaret a toujours cet air absent. Une semaine après le départ de maman, Love arrive enfin dans la maison. Nous sommes Dimanche et tout est calme ici. Love: bonjour tout le monde! Moi en courant vers elle: Bonjour love, tu m'as apporté quoi? Love: Moi même je suis là non? Moi en souriant: Oui Love: Voilà c'est suffisant. Margaret: bonjour Love! Love: Bonjour petite soeur. Ça va? Margaret: ah... Love semble comprendre cette exclamation silencieuse et hoche la tête avant de se tourner vers papa. Ils discutent à peine du voyage et Love se retire dans sa chambre. Je suppose qu'elle vient pour le weekend et je profite de sa présence pour oublier quelque peu l'absence de notre mère. Mais plus les jours passent et plus j'ai la certitude que Love n'a plus l'intention de partir. Elle reste là à s'occuper de nous comme maman l'aurait fait et ça provoque une grosse inquiétude en moi, si bien qu'un jour je me hasarde encore à poser la question qui me turlupine depuis tout ce temps. Moi: Love? Love: Oui Akin? Moi: Tu ne retournes plus? Love: Tu veux que je retourne? Moi: Non mais souvent tu fais seulement deux jours. Love: Je sais mais comme maman n'est pas là... Moi: Tu sais où elle est partie? Love: ... Moi: Hum? Love: On va parler de ça quand papa reviendra ok? Moi: Ok Papa rentre quelques heures plus tard, la mine vraiment renfrognée et triste. Il s'installe paresseusement sur son siège favori et nous fait tous appel. Impatient de savoir ce qui le rend si triste et surtout ce qu'il a à nous dire, je bouscule toute la maison afin que nous nous réunissions autour de lui. Lorsqu'il se décide enfin à prendre la parole, cela se fait non sans un soupir: Papa: Si je vous ai appelés ici, c'est pour vous dire que je reviens de chez Adanya (une guérisseuse habitant assez loin d'ici). Love: Oh...Et...maman? Papa se contentant de secouer la tête: ... Love en se roulant au sol: Ayoooooooo mama ehhhh Papa baisse la tête pendant que Margaret et Love ne cessent d'appeler maman en pleurant. Mais qu'est ce qu'il y a? Moi en me tournant vers Margaret: C'est comment? Margaret: Snif maman ne revient plus oooooh Akin, maman ne revient plus. Oh!?
Comment vous l'expliquer? Je pense que le décès (oui le décès) de ma mère m'est tombé dessus comme un couteau. J'étais jeune, très jeune, alors je ne comprenais pas forcément pourquoi elle nous avait quittés si tôt. Les nouvelles allaient bon train et en moins de temps qu'il ne fallait pour le réaliser, notre maison était remplie de visage familiers et non familiers. Mais peu m'importe qui venait ou pas, le plus dur était de réaliser que je ne reverrai plus ma mère.
La situation rendait Love assez farouche, et pour cause: elle se méfiait désormais de tout le monde, bon disons tout le monde à part nous... ***Retour à l'enfance*** Love en me prenant à part: Tu as mangé? Moi: Oui Love: Qui t'a donné à manger? Moi: Margaret Love: D'accord, il ne faut pas accepter la nourriture de n'importe qui. Moi: Mais pourquoi? Love sur les nerfs: Fais ce que je te demande! Moi: ... Love: Écoutes un peu ce qu'on te dit. Hum? Moi: D'accord! Love: Bon vas te coucher, tu te lèves tôt. Moi: Mais je connais quelqu'un dans ma classe qui n'est pas venu en classe pendant un mois à cause de la mort de son grand-père. Love: Il faut éviter de prononcer le mot mort dans cette maison. Et puis vous n'êtes pas pareils. Akin, l'école que tu fais est importante pour ton futur et aussi pour la famille. Il faut comprendre ça. Ne suis jamais les autres! Tout le monde compte sur toi, tu dois réussir. Regardes comment papa se tue pour te payer les cours. Il faut commencer à réfléchir comme un grand, on ne sait pas de quoi est fait demain. Quand tu peux partir à l'école, pars! Moi boudeur: Ok mais je voulais vous aider ici. Love: On n'a pas besoin de toi à la maison Akin, fais ce que tu as faire et nous aussi nous ferons ce que nous avons à faire. Allez vas te coucher! Moi: Bonne nuit! Love: Bonne nuit! Je vais dans mon lit dans l'intention de trouver le sommeil mais rien n'y fait, il semblerait que Morphée m'ait raté sur le chemin. Alors que la somnolence commence à prendre possession de mon corps, je suis dérangé par des paroles provenant de la salle principale de la maison. Je reconnais là les voix de papa, Love et Margaret. Bien que ce ne soit pas dans mes habitudes d'écouter aux portes, je rapproche mon oreille de l'entrée de ma chambre non sans laisser la porte entrouverte. Love: Papa je te dis que c'est la sorcellerie. Margaret: Oh Love! Love: mais oui! Maman n'était pas malade, on se disait tout au téléphone. Comment se fait-il qu'elle soit morte juste comme ça, du jour au lendemain? Papa: Ce sont des accusations graves que tu portes la Love. Love: Papa je t'ai toujours dit que personne ne nous aime dans ce village, c'est pour cette raison que j'ai préféré trouver du travail loin d'ici. En voilà la preuve. Tes parents comme tes amis sont des criminels potentiels. Papa sur un ton grave: Tu insinues que ma famille est méchante? Love: Mais papa depuis qu'on habite ici tu as déjà vu qui venir fréquemment ici? Ils font bien des réunions ailleurs, ils se retrouvent souvent mais ici c'est comme dans une maison hantée. Papa: Non ma fille mes parents me rendent visite. Ton oncle Abeke est venu nous rendre visite il y a quelques jours voyons. Il a même pensé à ta mère après un long voyage comme celui qu'il a fait. Love: Pensé à maman? Papa: Oui il lui a apporté une crème du corps. Love: Depuis quand tes parents offrent des présents à maman? Je suis sûre qu'il y est pour quelque chose dans la mort de... Papa furieux: Bon ça suffit maintenant, je ne te permets pas de parler ainsi de ma famille. Tu te rends compte de ce que tu es entrain de porter comme accusation? Mais c'est grave! Love: Ce que je dis c'est que la mort de maman n'est pas simple, ce n'est pas simple du tout. Papa: Et tu veux faire quoi? Une enquête? Love: Ça ne servirait à rien. Elle ne reviendrait pas. Mais en tant qu'aînée je me dois de protéger mes petits frères et sœurs. Je ne peux pas les laisser fréquenter des gens malsains. Papa: Love, laisses moi pleurer ma femme en paix, tout ce que tu racontes ne nous aide en rien. Love sur un ton désapprobateur: Papa! Papa oh! Hum! Papa: Je te dis de laisser tomber. Love: En tout cas nous saurons la vérité un jour, crois moi! Je n'attends pas plus longtemps et vais à nouveau dans mon lit, réfléchissant aux propos de ma soeur. Sorcellerie? J'entends souvent des gens en parler à l'école mais j'ignore en réalité ce que cela signifie. Tout ce que j'ai retenu des histoires qu'on m'a racontées, c'est que cela reste quelque chose de mauvais. Mais quel est le rapport avec maman? Je ferais mieux de trouver le sommeil au plus vite si je ne veux pas somnoler en classer et m'attirer par la même occasion la foudre de mon maître... _: Akin? Akin? Je me retourne pour faire face à Mike, mon ami en quelque sorte. Il est d'une contrée un peu plus éloignée que la mienne. Ses parents connaissent le directeur de l'école, raison pour laquelle il apprend ici. Mike est plus âgé que moi d'un an, mais à nous voir, on ne dirait pas. Mike: Alors Akin, comment vas-tu ces temps ci? Moi: Mieux qu'avant Mike: Je voulais venir à l'enterrement, mais mes parents me l'ont interdit. Ils pensent que je ne suis pas assez grand pour assister à ce genre de chose. Moi: Ils ont peut-être raison... Mike: Tu as besoin d'aide? Moi: Pour quoi faire? Mike: Je ne sais pas. Pour te tenir compagnie. Je peux au moins faire ça. Moi: Non ne te déranges pas. Je préfère rentrer et étudier dans ma chambre. Mike: Alors tu ne restes pas un peu avec nous? Moi: Mon père ne sera pas content, surtout maintenant. Et ma grande soeur est très sévère depuis quelques temps. Elle m'interdit d'aller loin de la maison. Mike: Je vois. Bon on se voit demain alors? Akin: Ça marche. Salues tes parents pour moi Mike: Je le ferai. Et...OH! J'ai failli oublier. AKin: Quoi? Mike en sortant un sac attaché de son sac: Ma mère l'a fait pour toi, elle m'a demandé de te le remettre. Moi: C'est quoi? Mike: Du Nkwobi (Recette de l'Est du Nigeria faite à base de pied de vache et d'huile de palme) Moi: Non tu ne me l'avais jamais dit. Remercies la de ma part s'il te plaît! Mike: Au revoir Akin! Moi: Au revoir Mike! Je rentre tout joyeux à la maison, portant de mon bras gauche la barquette de Nkwobi reçue de Mike. Une fois arrivé à la maison je la dépose dans la cuisine et je vais cogner chez Margaret afin qu'elle m'accompagne à la rivière me laver. A notre retour, nous trouvons Love au pas de la porte d'entrée avec la barquette de Mike à ses pieds. Moi: Bonsoir Love Love en pointant le sol: C'est à qui le pot de nourriture là? Moi: C'est à moi. Love: Tu sais préparer depuis quand? Moi: Je n'ai pas préparé ça. Love: Donc qui a fait? Margaret? Margaret: Non c'est maintenant que je vois ce sac. Love: Akin qui t'a fait à manger? Moi: La maman de mon ami Mike. Love: Mike? Moi: Oui Margaret: C'est son ami à l'école la-bas. Love: Et sa mère te connait où? Elle t'a préparé ça à quelle occasion? Moi: C'est peut-être parce qu'elle sait que je suis triste... Love: Donc comme nous sommes en deuil nous n'avons pas de quoi manger? Moi: ... Love: Ton ami était là au deuil? Moi: Ses parents ont dit que c'est pas de son âge. Love: Eux mêmes ils étaient là? Moi: Non Love: Et elle te fait à manger? Il faut me jeter ça dans la poubelle. Moi: Mais Love... Love: J'ai dit de jeter. Je vous fais à manger tous les jours ici, je ne sais pas pourquoi tu vas manger la nourriture de dehors. Moi: ... Love: J'ai dit de jeter hein! C'est avec un grand chagrin que je me débarrasse de ce bon met préparé rien que pour moi, même si j'avais l'intention de le partager avec les autres. Des fois je me demande ce qui arrive à Love. Avant elle n'était pas comme ça. Ou le fait qu'elle ne passait que de courts instants avec nous atténuait ce côté d'elle que j'ignorais jusqu'à lors? Elle m'interdit tout et me défend d'aller dehors sauf lorsque je me rends à l'école. C'est tout de même curieux, j'ai l'impression qu'elle se méfie vraiment de tout le monde. A cette allure, je ne pense pas pouvoir supporter... Papa: Love! Love: Oui papa? Papa: Bon il faut apprêter quelque chose pour ce soir, nous avons une invitée! Love: L'invité là c'est qui? Papa: La petite soeur de ta maman Love: Qui? Aunty Nadia Papa: Oui Love: Elle revient d'où? Papa: Comment elle revient d'où? C'est ta mère non? Love: Elle est juste venu faire 2h pendant le deuil et elle est partie non? Papa: Tu sais qu'elle n'habite plus ici, elle n'a pas assez de temps. Love: Même pour sa soeur qui est morte? Papa: Toi je ne sais pas pourquoi tu n'aime spas mes parents mais prépares seulement la table. Elle va arriver. Love: Hum! Papa: Akin? Moi: Oui papa Papa: Vas voir si j'ai fermé la porte de la pièce extérieure, on ne sait jamais. Moi: Ok Depuis le décès de ma mère et on essaie de s'accommoder à son absence comme on peut, ce qui n'est pas facile du tout et une visite est franchement la bienvenue. Comme papa nous l'a annoncé, Aunty Nadia vient nous rendre visite ce soir. Aunty Nadia est très gentille, elle nous ramène toujours de bonnes choses de la capitale les rares fois qu'elle se déplace. On dit dans le coin que son mari est très riche et qu'il s'occupe bien d'elle. Mais je n'ai pas encore eu la possibilité de le voir ici, dans notre maison. Peut-être qu'avec le temps ce sera possible. Alors que maman vivait encore, elle m'a promis que je viendrais rester avec elle une fois mon primaire achevé. Sur le coup je n'y avais pas trop pensé, mais maintenant, et surtout avec tout ce qu'on raconte sur la capitale, je meurs d'envie d'y aller. Mais je ne pense pas être capable de laisser mon père tout seul ici. Après tout, je suis le seul à pouvoir l'aider dans les travaux extérieurs, je vois mal Love creuser une fosse ou Margaret réparer les canaux d'irrigation. Non, comme a l'habitude de dire mon père: c'est le travail d'un homme. Je crois que j'ai encore du temps pour y réfléchir, de plus je n'en ai jamais rien dit de peur de me faire réprimander ou que sais-je... Aunty Nadia: mais mon garçon tu as grandi hein! Moi en souriant: ... Aunty Nadia: Tu as quel âge maintenant? Moi: 9 ans Aunty Nadia: C'est bien, c'est bien. Allez prendre les affaires dans la voiture, je vous ai apporté plein de choses les enfants. Margaret et moi nous précipitons dehors pour décharger la banquette arrière de ce que nous devinons être un château de provisions pour notre modeste maison. En un rien de temps, le tout se retrouve à la cuisine et Margaret se charge de tout ranger, en attendant que Love apprête tout pour le repas. Moi je vais rester avec mon père, qui, me semble t-il, prend des nouvelles de la ville. Papa: Ne me dis pas que tu es venue en voiture? Aunty Nadia: Mais non voyons, j'ai pris l'avion mais tu sais qu'il est difficile d'arriver ici en taxi alors j'ai préféré louer une voiture avec tous ces bagages. Mais mon beau frère tu maigris hein! Papa: Tu sais que la disparition de ta soeur m'a affecté, c'est elle qui m'épaulait dans la maison. Aunty Nadia: Mais tes filles ne t'aident pas? Papa en me voyant roder: Si mais tu sais elle ne peuvent pas jouer complètement le rôle de leur mère, il y a des choses dont je ne peux parler avec love. Aunty Nadia: mais est ce que tu songes même à prendre une autre femme? Papa: euh... Akin il te restait des devoirs non? Moi: Oui papa! Papa: Vas les finir avant qu'on ne mange. Je comprends à cet instant que je suis de trop dans la pièce alors je m'éclipse sagement pour faire le reste de mes exercices de maison. Ce n'est qu'à l'appel de Margaret que je m'y rends à nouveau. Nous mangeons paisiblement mais je remarque que Love est hostile à Aunty Nadia. Aunty Nadia: Mais beau frère tu sais que mon mari il aime trop les voyages, je suis même fatiguée de l'accompagner. Moi je préfère rester chez moi hein. Papa: Ah mais c'est bien. Love: Hum! Papa: Love tu as quelque chose à dire? Love: Non Aunty Nadia après quelques minutes de silence: Donc je disais que les voyages de mon mari me fatiguent. C'est pourquoi j'ai décidé de venir me reposer ici. Ça fait toujours du bien d'aller au village, l'air est pur et... Love: Tchips! Papa: mais Love c'est comment? Si tu ne peux pas bien te tenir, tu vas en cuicine ou dans ta chambre. Love agacée: Ah qu'elle arrête de mentir. Aunty Nadia: Oh! Margaret: ... Moi les yeux ronds: ... Il faudrait peut-être que Love nous explique ce qui ne va pas. Non? A suivre......