1ere partie: HILDA
Je pose mon stylo, range mes affaires et vais déposer ma copie sur la table du surveillant en jetant un coup d'œil a mon amie Binta qui est toujours concentrée sur sa feuille
Une fois dehors, je vais m'assoire sur un des bancs de la cours de notre centre d'examen pour étendre Binta. Quelques minutes plus tard, je la vois sortir, je suis soulagée. Elle me cherche des yeux avec un large sourire, dès qu'elle a posée ses yeux sur moi, elle s'est mise à courir comme une folle en criant :
-On va l'avoir ce fichu bac me dit-elle en se rapprochant de moi
-quoi tu en doutais, nous éclatons toutes les deux de rire.
Binta c'est ma meilleure amie, on s'est rencontré mon premier jour dans ce lycée public, c'est la première qui m'a approché et m'a aidé à recopier les cours que j'avais raté, depuis ça, on ne s'est plus jamais quitté.
Moi, je m'appelle Hilda Sow, j'ai 20ans et je passe mon bac cette année. Je vis avec ma mère qui travaille comme cuisinière dans un petit restaurant de la banlieue de Conakry, j'ai jamais connu mon père, je ne sais même pas a quoi il ressemble, ma mère n'a jamais voulu me parler de lui et je n'ai pas insisté parce que pour moi, il nous a abandonné ma maman et moi. Maman me dit toujours que les choses ne se sont pas passées comme ça, mais moi je m'en fiche. Il est partit un point c'est tout.
Arriver au restaurant ou travail ma mère, tous les regards se tournent vers moi (comme a chaque fois que je viens d'ailleurs) je me dirige directement vers la cuisine ou je vais retrouver ma petite maman qui m'a tellement manqué, on s'est pas beaucoup vu ces temps ci a cause des révisions pour mon examen.
-coucou maman, elle se retourne en m'ouvrant grand ses bras et je viens m'y blottir comme une petite fille
-Alors ma belle comment ton examen s'est passé me demande-t-elle en posant un bisous sur mon front
-bien, très bientôt je serais une jeune diplômée, j'aurais un boulot et tu n'auras plus jamais à travailler aussi dur. Elle me regarde comme si elle n'y croyait pas beaucoup et me dit- je n'en doute pas ma puce. Je me lève et vais l'aider dans ses taches. Mais quand je la regarde, je me rends compte qu'elle ne va pas très bien, donc je lui pose la question : maman ça va ? Elle tourne son visage vers moi avec un sourire que je sens forcé
-oui pourquoi tu me demande ça ? Je prends son visage dans mes mains et lui parle comme à une enfant – Maman, tu sais que tu peux tout me dire, donc si tu as un problème tu peux m'en parler,
- je n'ai aucun problème et arrête de me parler comme si j'étais une enfant c'est quoi cette façon de parler a sa mère ? me dit-elle, Je fais une petite moue et elle éclate de rire. Malgré que je ne la croyais pas mais j'ai quand même fais semblant.
Apres son travail on s'apprête à rentrer quand tout d'un coup maman a commencée à respirer un peu trop fort comme si elle avait couru un marathon et le temps que j'arrive a son niveau, elle se tenait la poitrine et s'est effondrée sur le sol comme une masse. Je suis restée figé au moins pendant 5 secondes à observer ma mère comme si j'espérais qu'elle se relève et me dise je : - t'ai eu, mais il n'en fut rien. Comme si j'avais reçu une paire de gifle bien sonnée, je me suis mise à crier et à courir vers ma mère allongé au sol :
-maman réveil toi stp, mes cris ont alerté la patronne de maman. Tantie Habi arrive presque en courant
-mais qu'est ce qui s'est passé s'adressant a moi, je ne sais pas réponds-je, on s'apprêtait à partir quand elle est tombée. Va chercher un taxi dehors on va l'envoyer a l'hôpital me dit-t-elle. Je cours vers la sortie telle une fusée, je vais dans la rue et arrête le premier taxi que je vois
- monsieur svp ma maman est entrain de mourir il faut qu'on l'envoie a l'hôpital aidez moi svp, le chauffeur descend du taxi et me suis a l'intérieur du restaurant.
A notre arrivé ma mère est toujours allongé par terre sans aucun mouvement, le chauffeur de taxi la soulève, aidé du dernier client qui était resté dans le restaurant et on se dirige vers le taxi qui était garé devant la rentrée du restaurant.
Je monte à l'arrière avec maman et tantie Habi, le chauffeur démarre dès qu'on ferme la portière.
Quand nous arrivons à l'hôpital, les médecins prennent en charge tout de suite ma mère et nous demande d'attendre dans la salle de réception. Je n'arrive plus à tenir sur mes jambes, le sentiment d'impuissance me gagne et j'ai l'impression que mon cœur va s'arrêter, en même temps Tantie Habi fait des cent pas, ce qui me rend encore plus nerveuse. Je repense à tout ce que j'ai vécu avec ma mère. Tous ses sacrifices pour que je ne manque de rien, tout ce a quoi elle a due renoncer pour me donner une vie digne. NON tout ne peut pas s'arrêter aujourd'hui. Il faut qu'elle se réveille.
Au bout de deux heures d'attente et d'angoisse le médecin sort d'une salle et se dirige vers nous avec une mine qui ne me rassure pas du tout.
-alors je vais êtres très direct avec vous, la patiente est dans un état très critique, mais on fait tout notre possible pour la sauver.
Je sens tous mes sens me lâcher, je m'effondre a terre en pelure, je n'avais pas réussie à pleurer depuis qu'elle a eu sa crise. Je pleure comme une madeleine, je veux parler mais aucun son ne sort de ma bouche. Le médecin tourne les talons et s'en va.
Je reste assise la avec Tantie Habi à attendre en espérant que le médecin revienne avec de meilleure nouvelles. Je ferme les yeux et commence à prier a voix basse :-mon Dieu ne me prends pas ma maman je t'en supplie, c'est la seule famille que j'ai, ne me l'enlève pas. Et comme si Dieu m'avait entendu, le médecin sort et nous annonce qu'ils ont réussis à la stabiliser et que je devais l'accompagner dans son bureau pour qu'il me dise ce qu'il en n'était. Je suis tellement soulagé que j'ai l'impression de m'être débarrasser d'un poids qui m'empêchait de bouger. Le médecin me sourie et me fait signe de le suivre.
Arrivé dans son bureau le médecin me demande de m'assoir sur la deuxième chaise en face de la sienne, ce que je fais en regardant au tour de moi. Je ne l'avais pas remarqué a cause de la situation, mais ce médecin est un homme très séduisant, de grands yeux, crane complètement rasé, pas très grand, avec des lèvres bien dessinées, le bruit d'un tiroir qui se ferme me sort de mes pensées.
-mademoiselle est ce que ca va me demande-t-il en s'asseyant a son tour en face de moi
-oui ca va. Appelez-moi Hilda svp
- votre mère est atteinte de coronaropathie, c'est une maladie cardiaque qui fait que le flux sanguin vers le myocarde est insuffisant. Cette pathologie... Je ne l'entends plus, mon monde vient de s'écrouler. J'ai tout d'un coup pensé a ce père que je n'ai jamais connu, je suis furieuse contre lui de nous avoir abandonné, je me dis que s'il était resté avec maman et moi on aurait eu une vie moins difficile et ma mère n'airais pas eu cette sale maladie.
-Hilda, vous m'entendez ? Je secoue la tête pour chasser cet étranger de mes pensées,
- oui, excusez-moi Dr...
-Kamano svp
- Dr Kamano, est ce que je peux voir ma mère ?
-oui bien sure suivez moi, me dit-il en se levant de son siège.
Arrivé devant la chambre de ma mère, je prends un grand bol d'air et j'ouvre la porte. Ma mère est là avec toutes ces machines branchées sur elle, voir cette femme tellement forte, battante et courageuse si faible et fatigué me brise le cœur. Je m'approche lentement de son lit et lui prends la main :
-maman ça va ? Elle ouvre faiblement les yeux et me sourie timidement
- je vais...bien, répond-elle avec une faible voix et des toussotements. Je porte sa main à mes lèvres et commence à pleurer doucement. C'est ce moment que tantie Habi choisie pour entrer dans la chambre, je l'avais même oubliée cela
-je vois que les choses vont mieux par là, ca va lui réponds-je. Elle se rapproche et me prend dans ses bras, bon je vais partir maintenant je ne sais pas combien de fois mon mari m'a déjà appelé me dit-elle tout en se dirigeant vers la porte, elle envoie un bisou volant a maman et sort de la pièce.
Je me réveil un peu paniquée en regardant au tour de moi et tous les souvenirs d'hier se replace dans ma tête, j'ai dormis a l'hôpital prés de maman, je regarde vers elle et remarque qu'elle est déjà réveillé :
- maman comment tu te sens ? Mieux qu'hier en tout cas me répond-elle avec un petit sourire, il faut qu'on parle ma chérie
- maman ce n'est pas le moment de parler, tu as besoin de te reposer, on parlera quand tu seras guéris. Je vais aller demander à Dr Kamano si tu peux manger quelque chose
- non il faut qu'on parle maintenant, j'ouvre la bouche pour parler mais elle me coupe, il faut que je te parle de ton père et je n'accepterais aucun refus tu vas m'écouter et ce, jusqu'à la fin.
-j'étais très jeune, j'avais 17 ans pour être précise, j'ai rencontrée Abdoul à Labé (prefecture de la moyenne Guinée) il était beau, oui très beau et toutes les jeunes filles du village ne parlaient que de lui, elle se ferme ses yeux comme pour se remémorer cette époque de sa vie, quand elle les rouvre elle continue : il était venu pour les grandes vacances, la première fois que je l'ai vu, il était venu dans notre concession pour voir un de mes cousin qui vivait avec nous, c'est comme ça qu'on s'est rencontré. Il a continué à venir dans notre concession. Au bout de quelques jours, nous avons commencé à sortir ensemble malgré les mises en garde de mon cousin. Un mois plus tard, il est venu me chercher a la maison et on est allé nous asseoir sur les rochers du petit marigot qui était prés de la maison, c'est là qu'il m'a annoncé qu'il devait rentrer sur Conakry dans deux jours, que son père a eu une urgence donc il devait écourter son séjour. Il m'a donné ce collier, elle me tend le collier d'une main tremblante.- Tu as remarqué que c'était la moitié d'un cœur ? -je lui dis oui de la tête, -ton père a l'autre moitié, il m'avait promis de revenir, c'est pour ça qu'il me laissait une partie de son cœur.
-Mais maman il t'a abandonné en sachant très bien que tu étais enceinte lui dis-je en colère
-calme toi ma puce, ton père ne savait pas que j'étais enceinte, même moi je ne le savais pas a ce moment là, c'est bien après son départ que j'ai su que j'attendais un enfant. Quand mon père l'a découvert il m'a chassé de la maison comme une mal propre. J'ais due quitter mon village que j'ai toujours connu pour venir a Conakry, j'ai surmonté beaucoup d'obstacle, ça été dure mais je peux dire que tu es la meilleure chose qui me soit arrivé. Je ne regrette pas les choix que j'ai du faire pour te garder. A ces mots, elle lâche lentement ma main et regarde vers le mur. Je me lève et tourne sa tête vers moi, j'essuie une larme qui a coulé sur sa joue, ses main sont froides. Je me penche vers elle et l'appel doucement, mais elle ne me réponds pas, je panique et commence à la secouer dans tous les sens en criant comme une hystérique. Des infirmières et les Dr Kamano accourent dans la chambre, il me pousse pour voir ce qui se passe, ils lui font tous leur truc bizarre de médecin là, c'est là que j'ai vu cette expression sur le visage de ce Dr qui m'a déchiré le cœur, j'ai su que tout était fini, ma petite maman m'avait abandonnée elle aussi, j'étais maintenant seule au monde oui toute seule.
Chapitre n• 2 Le jour où tout à basculer
L'enterrement est passé, il n'y avait pas beaucoup de monde. Juste Tantie Habi, Binta, les voisins et quelques notabilités de la mosquée. Maintenant, je me demande ce que je vais devenir. Tantie Habi et Binta me soutiennent comme elles peuvent mais, je me sens seule et abandonnée. Je ne sais pas comment je vais survivre. Il y a tellement de questions dans ma tête.
Je n'arrive toujours pas à croire que maman soit partie. C'est tellement soudain, tellement inattendu que j'ai l'impression d'être dans un cauchemar. Avec elle, ce n'était pas le luxe mais je ne manquais de rien, elle a sacrifiée toute sa vie pour m'élever et je n'ai même pas eu le temps de la remercier. Le bruit de la porte d'entrée de notre chambre (entrée couché, les guinéens savent de quoi je parle) me fait sortir de mes pensées tristes et désespérées
-il y a quelqu'un ?
-oui je suis là monsieur Bangoura (Mr Bangoura c'est le propriétaire de notre maison, il m'a toujours regardé bizarrement et maman me disait toujours de me méfier de lui)
-comment ça va Hilda, me demande-t-il en s'asseyant sur la seule chaise en bois de notre chambre sans y être invité. Je me lève du lit, réajuste mon pagne et lui lance un sourire timide
-je vais bien Mr Bangoura je... non me coupe-t-il, appelle moi Saliou. Tu sais je ne suis pas aussi vieux que ça. Je le regarde avec de grands yeux étonnés et il continu comme s'il n'avait rien vu
-écoute Hilda, je sais que ce n'est pas une bonne période pour toi mais il faut je te dise ça. Ta mère me devait deux mois de loyer. J'écarquille les yeux et la panique commence à me gagner, c'est a peine si j'arrive à me nourrir, s'il faut que je pense aussi au loyer alors là ce n'est pas bon. Voyant la panique dans mon regard il continu
-oh non, il ne faut pas t'inquiéter, il se lève de sa chaise et vient s'asseoir prés de moi sur le lit en se rapprochant un peu trop prés de moi, je recule en baissant les yeux sur mes doigts
-si tu es gentil avec moi, je peux même te laisser vivre ici aussi longtemps que tu le voudras, je me lève brusquement du lit en comprenant ce qu'il attendait de moi
-Mr Bangoura, je crois que vous vous trompez sur mon compte lui dis-je avec une voix tremblante, je ne suis pas ce genre de fille, je vais vous donner votre argent ne vous inquiétez pas maintenant si vous voulez bien sortir de cette chambre. Il se lève me lance un regard noir avant de commencer à parler :
-tu as une semaine, passé ce délai, tu te retrouve à la rue. Mais je sais que tu es une fille intelligente donc tu seras prendre la bonne décision. Il me lance un sourire qui me donne envie de vomir avant de sortir. Il ne manquait plus que ça. Et moi je fais comment pour trouver cet argent en une semaine ? Je m'effondre sur le lit en pleure. Oh maman pourquoi ? Pourquoi tu m'as laissé toute seule dans ce monde sans pitié ? Il faut que je fasse quelque chose, peut être cherché un travail ? Oui c'est ça je vais aller sortir dès demain pour aller chercher du travail même si c'est pour être femme de ménage.
Je suis fatiguée et affamée, j'ai marchée toute la journée pour trouver du travail mais rien. Y'a personne pour me donner du travail, ils ont tous des bonnes donc pas besoin d'une de plus. Je rentre à la maison pour me reposer. Dès que j'ouvre la porte de la porte, je me jette sur le lit et mes larmes commencent à couler sans que je ne puisse les arrêter. Je sens quelqu'un me caresser doucement le dos, je me lève d'un bon pensant que c'est ce Mr Bangoura avec son gros ventre et ses mains dégoutantes, mais heureusement c'est Binta. Je respire un grand coup avant de me jeter dans ses bars
-chut ! Calme toi ma puce, elle me caresse doucement le dos pour me réconforter
- je ne sais pas quoi faire Binta, il y a ce vieux pervers qui me fait des propositions indécentes parce que ma mère lui devrait deux mois de loyer et il m'a donné une semaine sinon il me met dehors, j'ai cherchée du boulot toute la journée mais rien. Elle me tire le bras pour qu'on se pose sur le lit
- Il faut que tu te ressaisisses Hilda me dit-elle avec un sanglot dans la voix, ta mère est morte c'est vrai mais la vie continue il faut que tu te battes pour surmonter ça et aller de l'avant
- dis moi comment je suis sensée faire ça Binta, ma mère c'est la seule famille que j'avais, je me retrouve seule au monde
- écoute, on va aller chez Tantie Habi peut-être qu'elle pourra t'aider (elle connait tantie Habi a cause de ses fréquentes visites au resto)
- non elle en a trop fait pour moi depuis la mort de maman, je ne vais pas aller l'embêter avec mes problèmes
- hé lève toi et on n'y va, elle parle tout en me tirant vers la sortie, ce n'est pas le moment de faire la fière, elle est tellement déterminée que je la suis sans rechigner
Arrivée au restaurant de Tantie Habie, l'émotion est trop grande, j'ai l'impression de voir ma mère partout au tour de moi. Son sourire, sa démarche... Mais j'arrive à me ressaisir et nous partons dans le bureau de tantie Habi qui est tout au fond de la pièce
Nous, arrivées devant son bureau : bonjour Tantie HABI
-bonjour mes enfants et toi ma chérie tu te sens mieux en s'adressant a moi.
- oui je vais bien merci et Binta d'attaquer directement, elle ment elle ne va pas bien, je lui lance un regard pour qu'elle se taise mais comme si elle ne m'avait pas vu elle continue
- tantie Habi en fait, nous sommes venues parce que Hilda a besoin d'aide, le propriétaire de la chambre, ce vieux sorcier lui demande de payer le loyer sinon il la met dehors. Elle a cherchée du boulot dans le quartier comme femme de ménage mais elle n'a rien trouvé, on se demandait si vous n'auriez pas des tuyaux à lui filer. Tantie Habi met son stylo dans la bouche et fronce un peu ses sourcils comme pour réfléchir
- écoute, j'ai justement une connaissance qui m'a demandé de l'aider à trouver une bonne. Mais jusque là je n'avais pas trouvé quelqu'un de confiance. Elle habite a kipé si ça t'intéresse je t'amène la voir dès demain
- merci tantie Habi, je contourne la table et vais la serrer très fort dans mes bras, je ne sais vraiment pas comment vous remercier je serai là demain a la première heure. Encore merci infiniment
-de rien ma petite, tu sais ta mère était plus qu'une simple employée pour moi, c'était aussi mon amie. Elle prononce cette dernière phrase avec une pointe de tristesse dans la voix. Je me dépêche de sortir de son bureau pour ne pas me mettre à pleurer.
On arrive devant une somptueuse maison peinte tout en blanc, même a la voir de l'extérieur on sait que le propriétaire voit claire coté finance. Tantie Habi toc sur le portail, une très belle jeune fille vient nous ouvrir avec un large sourire
-Bonjour, entrez maman vous attend. Elle nous conduit à l'intérieur, je remarque au passage que c'est une grande cours avec un grand jardin a l'arrière, il y a des fleures de toutes les couleurs et une magnifique piscine au beau milieu de la cours.
Quand nous arrivons au salon, nous sommes reçu par une femme avec un physique imposant mais moins chaleureuse que la jeune femme qui nous a ouvert le portail, je devine par son élégance que c'est la maitresse de maison
-bonjour et bienvenu en faisant la bise a tentie Habi
-je vais aller droit au but parce que je dois aller faire des courses après ici attaque directement Tantie Habi à peine installé sur les fauteuils. Rama c'est la jeune fille dont je t'ai parlé au téléphone. Il faut voir si elle te convient, Hilda c'est elle mon amie qui cherche une bonne, elle s'appelle Rama, mais pour toi ça sera madame, je lui souris timidement en voulant lui dire de ralentir la cadence je sais qu'elle est pressée mais quand même
-C'est vrai, celle qui était là est partie dans son village. Sa mère est malade dit la dame en s'adressant a nous, donc tu peux commencer dès demain, ma fille va te montrer ta chambre et ton uniforme. S'il ya des retouches à faire on va le faire d'ici ce soir pour que tu puisses commencer demain, je lui souris et suis la jeune fille. Je ne savais pas que je devais habiter là et encore moins que j'aurais un uniforme, mais bon ça marche, comme ça je n'aurais pas a payer de loyer et je dois avouer aussi que ce n'est pas très sure pour une jeune fille comme moi d'habiter seule.
-Moi je m'appelle Raby enchantée, je serre chaleureusement la main qu'elle me tend, moi c'est Hilda dis-je
-C'est joli Hilda et je te trouve très joli toi aussi, je lui dis merci avec un sourire tout en essayant l'uniforme qui était posé sur le lit
- je crois que tout va bien me dit-elle avec un sourire, l'uniforme te vas bien donc pas de retouche. Elle m'a l'air très sympathique cette fille et je remarque qu'elle a à peu près le même âge que moi, peut-être qu'on pourra être amie, tu es folle ou quoi me cris une voix dans ma tête, depuis quand les domestiques font amis amis avec les patrons. Je fini de me rhabiller et nous sortons de la pièce.
C'est mon premier jour de travail, hier en rentrant chez moi j'ai emballée tous mes vêtements et quelques trucs dont j'aurais besoin. Je lui ai rendu ses clefs à ce vieux sorcier, je viendrais lui payer ce que je lui dois quand j'aurais perçu mon premier salaire. Je suis arrivée au boulot ce matin à 7h du matin. A mon arrivé, madame était déjà réveillée et elle prenait son café dans la cuisine. Je lui dis bonjour et lui demande si elle a besoin de quelque chose avant d'aller enfiler mon uniforme. Je reviens dans la cuisine, mais je ne trouve plus madame, donc je commence à faire la vaisselle. Au bout de quelques minutes elle réapparait avec sa mine bien attachée, mais très élégante dans son ensemble tailleur noir avec une chemise blanche en bas
-Hilda, après ici il faut que tu aille ranger les chambres. Pour le déjeuné et le diner, Raby te dira ce qu'il faut faire
-d'accord madame, elle tourne les talons et sort de la cuisine. Je continu a m'affairer dans la cuisine quand j'entends un bruit derrière moi, je me retourne et vois Raby encore endormie
-bonjour mademoiselle luis dis-je pendant qu'elle prend place sur une des chaises au tour de la table dans la cuisine
-bonjour Hilda stp, tu peux m'apporter un thé ?
- tout de suite mademoiselle. Je vais vers le comptoir de la cuisine et commence à lui préparer son thé.
- Votre thé mademoiselle, je dépose son thé sur la table
-appelle moi Raby stp, toi et moi on a presque le même âge me dit-elle avant de porter la tasse a ses lèvres
-mademoi... elle me lance un regard noir et je rectifie aussitôt, Raby madame dit que c'est avec toi je dois voir pour le déjeuner et le diner
-oui me répond-elle, il n'y aura personne a la maison a l'heure du déjeuné donc ce n'est pas la peine de cuisiner, pour le diner on va faire yé tinsé avec la viande (soupe viande), tu auras tout ce qu'il faut ici, elle montre le frigo du doigt. Le sac de riz est dans le magasin c'est la porte à coté
-d'accord, merci Raby
Apres le départ de Raby, je prends le ballait et un seau pour aller nettoyer les chambres comme me la demandé madame. Je monte les escaliers et tombes sur une première chambre que j'ouvre sans savoir a qui elle appartient, quand je rentre je comprend tout de suite que c'est la chambre de madame, il y a un armoire encastré dans le mure, un grand lit et une coiffeuse sur laquelle est entreposé toute sorte de produits de beauté, des parfums de toute marque. Je me dirige vers une porte que j'imagine être la salle de bain, dès que j'y pénètre, je commence tout de suite mon travail. Apres avoir fini, je sors et vais dans la chambre suivante en suivant le couloir, comme pour la première, j'ouvre sans savoir qui y dort mais je remarque que celle-ci est fermée a clef sans me poser de question, je vais vers la dernière au bout du couloir, j'attrape la poignée que je tourne lentement. Dès que j'ouvre la porte je suis accueillie par un léger parfum de gel douche au jasmin qui provient de la douche.
J'avais commencé à faire le lit en chantonnant quand j'ai sentie un regard sur moi, je me relève et tourne mon regard vers la porte de la douche et là, mon cœur rate un battement quand je vois un homme arrêté avec juste une serviette au tour de la taille. Je suis resté figé à le regarder sans pouvoir bouger, merde je pensais que tout le monde était sortit. Je ne savais même pas qu'un homme vivait dans cette maison et pourquoi personne ne m'en a parlé. Je n'arrive pas à détacher mon regard de ce corps magnifique que j'ai en face de moi, il est beau, grand, sportif je dirais, teint foncé, visage fin et sourcils touffus, je promène mon regard sur son torse tout en me disant dans la tête – visez moi la matière pouahhhh. Quand je vois sa lèvre, merde, je déglutie comme une idiote
-ex...excuser-moi. Je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un, merde je parle en bégayant et je vois un air moqueur sur son visage. Quand il marche vers moi, je recule instinctivement et il s'arrête au beau milieu de la chambre
-C'est pas grave me répond-il, vous pouvez sortir pour que je puisse me changer en voyant que je n'avais pas bougé de ma place, oui bien sur dis-je gêné en ramassant mes affaires
-en fait moi c'est Karim me lance-t-il quand j'ouvre la porte de la chambre, -moi c'est Hilda la nouvelle domestique et sort sans regarder dans sa direction.
Quand j'arrive dans le salon, j'arrive à peine à respire. Qu'est ce qui vient de se passer là au juste ? Je ne comprends pas pourquoi je suis restée comme hypnotisée dès que j'ai posée les yeux sur lui, je me secoue la tête pour chasser cette image, je ne veux plus y penser.
Le reste de la journée s'est bien passée, j'ai été assez occupé, donc je n'ai pas eu le temps de penser au dieu grec que j'ai vu aujourd'hui.
Il est presque 22h, je tombe de fatigue et de sommeil. Tout le mon de est couché, je vais faire même. Mais avant, il faut que j'aille prendre un verre d'eau dans la cuisine. Arrivée dans la cuisine, je me dirige vers le frigo quand j'entends une voix masculine derrière moi :
-bonsoir Hilda, je cours vers l'interrupteur pour allumer la lumière. Karim est assis dans le noir avec un verre de jus d'orange à la main, il me détail du regard pendant que j'essaie de reprendre mes esprits, il a un regard perçant. Quand il me regarde j'ai l'impression qu'il peut lire en moi, c'est frustrant. Il se lève, s'avance vers moi le regard plongé dans le mien. Je recule au fur et à mesure qu'il se rapproche de moi, jusqu'à ce que mon dos touche le comptoir de la cuisine. Arrivé à mon niveau, il tend son bras tenant le verre et le pose sur le comptoir, m'effleurant le bras en passant. Il est tellement proche de moi que je peu sentir son parfum mélangé à son odeur, je crois que je vais m'évanouir. Je veux sortir en courant de cette cuisine mais mes pieds n'arrivent pas à bouger. Il se penche vers moi et me chuchote à l'oreille :
–bonne nuit Hilda, ses lèvres touchent le lobe de mon oreille quand il se redresse. Je tremble de tout mon être. Il sort de la cuisine comme si de rien était.
Chapitre 03
****Dans la tête de Karim***
Je ne sais pas qui a eu l'idée d'embaucher une fille aussi jolie comme femme de ménage, mais franchement, la personne ne m'a pas aidé du tout. Quand je suis sortie de la douche et je l'ai vu, j'ai failli faire un infarctus. Mais j'ai réussi à me contenir, et quand elle m'a regardé dans les yeux, le temps s'est arrêté. Je ne l'ai vu que quelques fois, mais à chaque fois, je ressens cette décharge électrique qui traverse tout mon corps. La fois ou elle m'a trouvé dans la cuisine, j'ai tout fais pour sentir son odeur, oui je sais ce n'est pas bien mais je n'ai pas pu m'en empêcher.
Je ne sais même pas pourquoi je me comporte comme ça avec cette petite, pourtant d'habitude, c'est elles qui viennent vers moi, ce n'est pas pour me vanter mais d'habitude c'est moi qui fait cet effet aux femmes. Le pire ce que je n'arête pas de penser à elle et ça m'énerve parce que je l'ai vu quoi, deux fois ?
-C'est quoi ce sourire Karim? C'est Raby qui vient d'entrer dans ma chambre et comme d'habitude elle n'a pas frappée
-je t'ai toujours dis de ne pas entrer dans cette chambre sans frapper, lui dis-je en lui jetant mon oreiller sur la figure
-ne change pas de sujet, quand je suis entrée tu souriais comme un maboul, tu pensais à quoi ou plus tôt à qui ?
- arrête je ne pensais a rien et je ne souriais pas
-si tu le dis ! Elle s'apprêtait à sortir quand la question est sortie toute seule
-Hé, dis c'est qui cette jeune fille que j'ai aperçu hier sur la terrasse ? Lui demandais-je avant qu'elle ne sorte.
- Ah Hilda, c'est la nouvelle bonne, elle est jolie n'est-ce pas ? Tout en prenant un air désintéressé je lui réponds
- ah tu sais je ne l'ai pas bien regardé pour savoir si elle est belle ou pas. Dans mon cœur je me dis elle est magnifique tu veux dire. C'est ça oui, me dit-elle avec un sourire malicieux.
- aller sors d'ici j'ai des choses à faire lui dis-je. Il faut que j'en sache plus sur cette créature qui m'empêche de dormir depuis que j'ai posé mes yeux sur elle.
***Dans la tête de Hilda***
Je commence à bien me plaire dans cette maison. Je travail beaucoup mais ça ne me dérange pas, ma mère m'a habitué au ménage, elle me disait toujours qu'une femme devait savoir tenir une maison propre. C'est la voix de Raby qui me sort de mes pensées.
- salut Hilda, comment ça va ?
- je vais bien mademoiselle, vous avez besoin de quelque chose lui demandais-je
-non, Je veux juste discuter un peux avec toi et arrêtes de m'appeler mademoiselle, appelle moi juste Raby je te l'ai déjà dis
- oui c'est vrai, pardon
- viens t'assoir prés de moi, en indiquant la chaise libre à coté d'elle, je viens m'assoir en essayant de deviner ce qu'elle peut bien me vouloir.
-dis moi Hilda tu as l'aire d'une jeune fille très intelligente et tu t'exprime très bien en français. Comment tu t'ais retrouvée à faire ce travail ?
- ma mère vient de décéder, c'est elle qui payait ma scolarité, n'ayant plus les moyens de subvenir a mes besoin alors je n'ai eu aucun autre choix que de travailler pour survivre. Elle écoute attentivement ce que je lui dis et je descelle de la pitié dans son regard
- oh que c'est triste et ton père alors... excusez moi lui coupais-je, mais je dois aller m'occuper du linge sale. Je sors de la cuisine sans lui laisser le temps d'en placer une. En réalité je n'ai aucune envie de parler de ce père que je ne connais pas.
Je vais prendre la Corbeil a linge pour faire la machine, en priant dans mon cœur de ne pas tomber sur Karim, mais on dirait que Dieu n'est pas de mon coté aujourd'hui parce que je tombe nez a nez sur lui dans le couloir qui mène dans la salle ou se trouve la machine à laver.
- Salut, Hilda
Moi sans regarder dans sa direction : bonjour Mr Barry
Lui avec le rire dans la voix : quoi tu ne me regarde même pas ?
- je suis occupée Mr
- oui mais ça ne t'empêche pas de me regarder je crois. Je n'ai pas envie de le regarder par ce qu'il a quelque chose dans son regard qui me trouble, qui me fait perdre mes moyens. Je décide de ne pas lui prêter attention, et je rentre dans la salle ou se trouve la machine. Il partira quand il en aura marre de parler tout seul. Je commence à trier le linge, je remarque tout d'un coup un silence dans la pièce, Mr s'est fatiguée de parler apparemment mais il m'a rejoint dans la pièce, il ne me quitte pas des yeux, il suit du regard chacun de mes mouvements comme s'il les étudiait. Gênée, je me tourne vers lui et lui demande d'arrêter de me regarder ainsi
- mais pourquoi tu ne veux pas que je te regarde
- parce que c'est gênant. Même vous, vous n'aimeriez pas que quelqu'un vous fixe de cette façon
Lui en me prenant par les épaules et m'obligeant à le regarder droits dans les yeux : et bien ça dépend de qui me regarde.
Son regard toujours plongé dans le mien, sa bouche se rapproche dangereusement de la mienne, et je n'arrête pas de regarder sa bouche. Merde, quelles lèvres tentantes. Je sens son souffle chaud sur mon visage, mon cœur bat tellement fort que je crois qu'il va sortir de ma poitrine. Il caresse ma joue avec son pouce.
Je ferme les yeux et attend, espérant que ces lèvres magnifiques touchent les miennes. Mais il ne se passe rien, quand j'ouvre les yeux, Karim m'observe avec un sourire en coin, mais il me regarde avec tellement d'intensité que j'en suis gênée. Je recule, prend un grand bol d'aire avant de parler
Moi gênée et jouant les choquée t les choqué mais en fait j'essaie de cacher mon trouble: Mr Barry je suis dans cette maison pour travailler et j'espère qu'à l' avenir vous arrêterez de vous comporter comme ça avec moi.
- comment je me comporte avec toi Hilda ?
- vous le savez très bien, sans lui laisser le temps de me répondre je continue, - figurez vous que je ne suis pas une de ces filles que vous pouvez avoir juste parce que vous le voulez. Mais tu es était prête à l'embrasser me cri la voix dans ma tête, faisant comme si je n'avais rien entendu, je poursuis- je suis certes votre employé, mais ça ne vous donne pas le droit de me toucher ou venir perturber mon travail quand bon vous semble. Alors je vous prierais de me laisser tranquille svp. Je sors de la pièce sans un regard vers lui.
Mon Dieu, qu'est ce qu'il me veut à la fin ?
Je retourne dans la cuisine et Raby y est toujours. Je ne suis vraiment pas d'humeur à répondre à ses nombreuses questions, donc je vais lui en poser moi
- vous êtes toujours ici Raby ?
-oui j'allais sortir
- je peux vous poser une question mademoiselle ? Elle me dit oui de la tête
-je ne vois presque jamais votre mère, c'est comme si elle ne vivait pas ici
- oui ma mère est rarement à la maison, depuis la mort de papa, elle s'est refugiée dans son travail. C'est comme si nous autres nous n'existions pas, je remarque de la tristesse dans ses yeux.
- vraiment désolée mademoiselle. En parlant du loup. Madame vient de faire son entrée dans la cuisine, c'est peut être moi, mais j'ai l'impression qu'elle est de mauvaise humeur, ou elle ne m'aime pas tout simplement
- sers-moi une tasse de thé en s'adressant à moi,
-tout de suite madame
- ma chérie, les grandes vacances c'est dans quelques jours, je me disais qu'on devrait aller en vacance tous ensembles en s'adressant à Raby
- maman tu es sérieuse ? Elle fait oui de la tête et Raby lui saute presqu'au cou avec des baisers sur tout le visage et on ira ou demande-t-elle entre deux bisous ?
-On ira ou tu voudras lui dis sa mère avec un large sourire. Je veux aller à Paris, je veux visiter cette ville et faire du shopping
-alors on ira à Paris, Raby sautille comme une petite fille avant de sortir de la cuisine en lançant a sa mère :
- je vais aller annoncer la nouvelle à Karim
Moi en lui tendant sa tasse de thé a madame : votre thé madame, elle la prend me dit merci avant de commencer à siroter tranquillement son thé à la menthe.
Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que j'ai appris que toute la famille y compris Karim partait en vacance, j'ai un pincement au cœur. En parlant de Karim, je crois qu'il m'a laissé tranquille. C'est à peine s'il me regarde et cette indifférence de sa part me fait mal. Ce n'est pas ce que tu voulais me dit une voix dans la tête, peut être que c'est mieux comme ça finalement.
Raby et sa mère sont entrain de préparer leur voyage sur Paris. Raby est toute excitée mais par contre Karim, je ne le sens pas très enthousiaste a l'idée d'aller en vacance.
Je viens de finir mon travail. Je suis dans ma chambre, je m'apprête à aller prendre une douche. J'étais presque toute nue quand j'entends la porte de ma chambre s'ouvrir. Sans que je n'aie le temps de faire quoi que ce soit, Karim fût déjà à l'intérieur avec ses clés de voiture à la main. Je me précipite, prend la serviette posée sur le lit pour me couvrir. Et tous les deux, nous restons silencieux à nous dévisager