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La convalescence du cœur

La convalescence du cœur

Auteur:: Beugre Colette
Genre: Romance
La convalescence du cœur Synopsis : Léa, une jeune thérapeute passionnée et déterminée, n'a jamais imaginé qu'un jour elle serait recrutée par un homme aussi énigmatique que Victor Moretti, un magnat de la finance dont la réputation à New York n'est plus à faire. Après un accident tragique qui l'a laissé gravement blessé, Victor, réputé pour sa froideur et son autorité inébranlable, a besoin d'une personne pour l'accompagner pendant sa convalescence. Son état physique n'est qu'une façade, car derrière son corps brisé, des blessures plus profondes, marquées par des secrets inavoués, menacent de refaire surface. Léa, loin d'être impressionnée par son statut ou son charisme, accepte l'offre, pensant qu'il s'agit simplement d'un travail difficile mais intéressant. Cependant, dès son arrivée, elle se rend vite compte que sa mission ne sera pas aussi simple qu'elle l'avait envisagé. Victor se montre distant, voire provocateur, et ses interactions avec elle sont marquées par un jeu subtil de manipulation, entre froide indifférence et moments de tension inexplicables. Au fil des semaines, un rapport complexe s'installe entre eux. Léa, d'abord concentrée sur sa mission, se retrouve de plus en plus absorbée par l'ambiguïté de son patron et ses réactions inattendues. Elle commence à soupçonner que l'incident qui a failli lui coûter la vie n'est qu'un prétexte pour dissimuler quelque chose de bien plus sombre. Chaque mot, chaque geste de Victor semble chargé de significations cachées, et la jeune femme se retrouve prise dans une spirale où la vérité semble hors de portée. Mais au fur et à mesure que Léa se rapproche de lui, elle découvre que le magnat cache un passé tourmenté, une histoire de trahison et de vengeance qui remonte à plusieurs années. En luttant pour garder son impartialité, elle se rend vite compte que son propre passé pourrait bien être lié à ce mystère qu'elle tente de percer. Le jeu qu'elle croyait maîtriser devient un terrain glissant où les frontières entre travail et sentiment se brouillent. Léa saura-t-elle surmonter ses propres démons pour dévoiler la vérité sur Victor Moretti, ou sera-t-elle engloutie par un secret bien plus dangereux que ce qu'elle avait imaginé ?

Chapitre 1 01

Chapitre 1 :

Léa n'avait jamais cru que son premier véritable poste en tant que thérapeute la plongerait dans un univers aussi étrange et oppressant. Elle pensait que les thérapies de réhabilitation étaient des tâches exigeantes, certes, mais sans grandes complications. Des rééducations physiques, des suivis, des ajustements au quotidien. Mais là, dans cet appartement luxueux, avec une vue imprenable sur la ville, tout était différent.

Victor Moretti, le milliardaire dont tout le monde parlait à New York, était son patient. Un homme aussi mystérieux que redouté. Un accident tragique l'avait laissé cloué sur un fauteuil roulant, mais la vérité, Léa le sentait, était bien plus complexe. Il ne lui avait pas fallu plus d'un regard pour comprendre que cet homme portait des cicatrices invisibles, des blessures qui ne se limitaient pas à son corps meurtri. Et cela l'intriguait. Mais il y avait aussi cette froideur, cette distance qu'il imposait avec chaque parole, chaque geste. Rien de ce qu'il faisait ne semblait réellement humain. Ce n'était pas la douleur, pas même l'invalidité physique qui l'effrayait. Non, c'était le vide qu'il dégageait, une absence de chaleur, de bienveillance. Un néant glacial.

Léa se tenait là, droite, dans le salon imposant, une pièce dont les murs étaient tapissés d'art moderne, de sculptures en métal et de grandes fenêtres qui laissaient pénétrer une lumière crue. Mais c'était le regard de Victor, plus que tout, qui capturait son attention. Ses yeux sombres la fixaient avec une intensité qui frôlait l'hostilité. Il l'observait en silence, ne disant rien pendant qu'elle ajustait son matériel de rééducation, ses gestes mesurés, calibrés, comme une professionnelle habituée à ce genre de situations.

Il ne l'avait même pas remerciée pour son arrivée. Pas un mot. Pas même un regard amical. Il était là, dans son fauteuil, l'air plus abattu qu'il ne l'admettait.

Léa se força à briser le silence. « Nous allons commencer par un peu d'échauffement, rien de trop intense, juste pour activer les muscles. »

Il hocha vaguement la tête, sans répondre. Il était le genre d'homme qui n'avait pas besoin de parler pour imposer sa présence, un genre d'aura silencieuse qui faisait qu'on se sentait minuscule. Léa avait l'habitude des personnalités fortes, mais rien de ce qu'elle avait connu n'était comparable à cet homme. Chaque mouvement qu'il faisait semblait contrôlé, calculé. Il était conscient de chaque souffle qu'il prenait, de chaque micro mouvement de son corps. Mais au fond de cette rigidité, Léa devinait une lutte intérieure, une lutte qu'elle n'avait pas encore tout à fait saisie.

Elle s'approcha de lui, ajustant doucement son fauteuil de rééducation pour qu'il puisse commencer l'exercice. Un instant, leurs mains se frôlèrent. Un frisson parcourut son bras. Pas de gêne, ni de malaise. Seulement une sensation étrange, comme si ce contact était chargé d'une énergie trop dense, trop lourde.

Victor tourna lentement la tête vers elle. Son regard, d'une intensité glaciale, se posa sur elle. C'était un regard qui ne laissait aucune place à la faiblesse. Un regard d'homme qui savait ce qu'il voulait, mais qui, à ce moment précis, semblait avoir perdu l'espoir de l'obtenir.

Il brisa enfin le silence d'une voix basse, presque un murmure. « Vous pensez que vous pouvez réparer ce qui est brisé ? »

Léa se redressa légèrement, son regard fixé sur lui. « Je ne répare rien. Je vous aide à retrouver ce que vous avez perdu. »

Victor se laissa tomber en arrière dans son fauteuil, un sourire presque imperceptible aux lèvres. « Perdre... » répéta-t-il, comme pour tester le mot, en ressentir le poids. Il ferma les yeux un instant, comme s'il s'abandonnait à une pensée qui le rongeait depuis trop longtemps. Puis, d'un ton plus dur, il continua : « Vous n'avez aucune idée de ce qu'il m'en coûte de vous avoir ici. »

Léa sentit un frisson d'irritation monter en elle, mais elle se força à garder son calme. Elle n'était là que pour son travail, pas pour les joutes verbales. « Je suis ici pour vous aider, Victor. Et je ferai en sorte que chaque jour vous rapprochera de la guérison. »

Il roula les yeux, une moue dédaigneuse sur les lèvres. « La guérison... encore un mot que vous utilisez sans savoir. » Il la dévisagea un instant, puis ajouta, d'un ton plus cinglant : « Vous êtes comme tous les autres. Vous croyez qu'il y a une solution à tout. »

Léa ne réagit pas. Elle avait vu ce genre d'attitude avant : un mélange de défiance, de colère, et d'incompréhension. Elle savait qu'il allait tester ses limites. Mais à cet instant, elle n'était pas sûre de qui, de lui ou d'elle, se battait le plus contre ses propres démons.

Les premières heures de thérapie se passèrent dans un silence glacial, brisé uniquement par les instructions précises de Léa. Elle appliquait la technique avec une rigueur qu'elle s'efforçait de garder intacte, mais chaque mouvement qu'elle lui imposait semblait être une lutte silencieuse, un défi caché dans le moindre de ses gestes. Elle pouvait sentir qu'il voulait la repousser, qu'il voulait la faire échouer.

Mais elle, elle savait qu'il avait besoin d'elle. Plus qu'il ne voulait l'admettre.

Quand enfin la séance se termina, elle le laissa dans son fauteuil, les yeux fermés, le visage impassible, mais la respiration plus rapide qu'à l'habitude. Elle n'eut pas le temps de réfléchir à ce qu'il venait de dire, ni à ce qu'il pouvait vraiment ressentir. Elle savait que la bataille pour gagner sa confiance ne faisait que commencer.

Chapitre 2 :

Les jours suivants se succédèrent dans une étrange routine. Chaque matin, Léa arrivait à l'immeuble imposant où vivait Victor, s'apprêtant à passer plusieurs heures avec lui dans une atmosphère tendue, presque insoutenable. La chaleur de la ville était étouffante, mais à l'intérieur de l'appartement de Victor, l'air était constamment glacé. Loin d'être un lieu de guérison, c'était une forteresse. Et Léa en était l'intruse.

Victor ne lui facilitait rien. Ses réponses étaient sèches, son attitude glaciale. A chaque tentative de briser la glace, il la repoussait, souvent par une remarque acerbe ou un silence lourd. Mais il y avait des moments, furtifs, où elle percevait une brèche dans cette carapace. Des éclats de vulnérabilité qui, même s'ils étaient infimes, n'échappaient pas à son regard entraîné. Elle n'était pas une novice. Elle avait vu des personnes se cacher derrière des murs de froid, mais quelque chose dans les yeux de Victor semblait différent. Il ne fuyait pas, non. Il attendait. Quelque chose. Quelqu'un.

Mais chaque jour, la tension montait. Ses gestes mécaniques durant les exercices de rééducation, sa nonchalance apparente... Et pourtant, chaque séance, chaque mouvement qu'il exécutait, semblait peser plus lourd que le précédent. Comme si, au fond de lui, il se battait contre des démons invisibles. Des démons que Léa avait hâte de comprendre.

Un matin, alors qu'elle finissait de préparer les équipements pour la séance de rééducation, une porte s'ouvrit derrière elle. Elle tourna la tête, surprise de voir quelqu'un d'autre dans l'appartement.

Il s'agissait de Damien, l'un des collègues de Victor, qui avait fait son apparition impromptue. Il portait un sourire chaleureux et un regard amical qui contrastait brutalement avec la froideur ambiante de la pièce.

« Salut, Léa, » dit-il en s'approchant, ses yeux pétillant de curiosité. « J'espère que je ne dérange pas. »

Léa hésita un instant, toujours un peu sur la défensive. « Non, pas du tout, » répondit-elle, un peu méfiante.

Damien était tout ce que Victor n'était pas. Charmeur, souriant, facile à approcher. Il n'avait pas ce même air distant, cette aura de puissance glacée. Il semblait toujours prêt à offrir son aide ou un mot gentil. Et pour Léa, cela faisait une différence.

Victor tourna lentement la tête vers eux, un regard noir comme de l'encre. Il n'était pas habitué à voir Damien dans cet espace. Leurs échanges étaient souvent réduits à des politesses superficielles dans des réunions d'affaires, mais jamais rien de plus.

« Damien... » Victor laissa le mot traîner dans l'air, comme un avertissement, mais il ne dit rien de plus. Il semblait plutôt agacé par cette intrusion, mais ne se donna pas la peine de manifester son mécontentement davantage.

Léa s'efforça de maintenir la neutralité dans son ton. « Nous commençons dans quelques minutes. »

Damien hocha la tête. « J'ai juste quelques questions pour Victor avant que vous ne commenciez. » Il se tourna vers Victor avec un sourire plus large. « Tu sais, il y a des changements à apporter dans le planning. Peut-être qu'il serait plus sage de... »

Victor se redressa légèrement dans son fauteuil, coupant court à la conversation d'un regard glacial. « Pas maintenant, Damien. »

Damien resta silencieux un instant, observant la scène. Puis il se détourna de Victor, reportant son attention sur Léa, avec un léger sourire qui ne manqua pas de faire naître une étrange sensation dans le ventre de la jeune femme. Il y avait quelque chose de presque réconfortant dans son regard. Quelque chose de sincère, comme s'il la comprenait sans qu'elle ait à dire un mot.

Un malaise palpable s'installa alors. Léa savait qu'elle était témoin d'une tension non-dite entre Victor et Damien, une animosité qu'il n'était pas difficile de capter. La question était maintenant : qu'était-ce ? Et pourquoi cette atmosphère semblait soudainement si chargée ?

Léa brisa le silence pour ne pas laisser la situation dégénérer. « On va commencer. » Elle se tourna alors vers Victor, pour l'amener à sa place habituelle pour les exercices.

Au fur et à mesure de la séance, la tension dans la pièce augmentait. Damien se contentait d'observer, mais chaque fois que Victor réagissait à ses mouvements avec une lenteur calculée, Léa voyait bien qu'il était sous pression. Damien, lui, ne semblait pas perdre une miette du spectacle. Ses yeux brillaient d'un éclat étrange, quelque chose d'indéfinissable qui laissait à penser qu'il attendait que quelque chose se produise.

À un moment, un bruit métallique brisa la tension - une chaise que Victor poussa violemment en arrière, énervé par l'une des manipulations de Léa. Il tourna son regard furieux vers elle.

« Vous n'êtes qu'une thérapiste, Léa. Vous ne comprenez pas ce que c'est de perdre tout ce que j'ai perdu. Vous êtes là pour... » Il se coucha dans son fauteuil d'un geste abrupt, fermant les yeux comme pour s'échapper de la réalité. « Vous n'avez aucune idée de ce que c'est. »

Léa sentit son cœur se serrer. Ses yeux se posèrent sur lui, mais cette fois, elle ne détourna pas le regard. « Non, je ne sais pas ce que c'est. Mais je vais essayer de comprendre. »

Victor ouvrit les yeux brusquement, comme si cette réponse l'avait frappé. Il la fixa intensément, ses lèvres se serrant. Il y avait dans ses yeux une lueur étrange, quelque chose de plus que de la douleur. Quelque chose de plus personnel. Un appel à l'aide voilé derrière son arrogance.

Et dans ce moment suspendu, tout changea.

Un éclat de lumière. Une rupture. Un choix à faire.

Léa se rendit soudainement compte qu'elle se trouvait, peut-être, à un tournant de l'histoire. Mais quel serait le prix de ce qu'elle chercherait à découvrir dans les profondeurs de cet homme ?

Chapitre 2 02

Chapitre 3 :

La séance se termina dans un silence lourd. Léa savait qu'elle venait de franchir une ligne invisible avec Victor, mais il n'y eut aucune reconnaissance de sa part. Il se contenta de la regarder une dernière fois, ses yeux sombres pleins de défi, avant de se détourner et de se plonger dans son mutisme habituel. Damien, observateur silencieux de la scène, ne dit rien. Il se leva de sa chaise avec un sourire qui semblait plus calculé que sincère, avant de s'approcher de Léa.

« Ça n'a pas été facile, hein ? » dit-il avec une touche de compassion dans sa voix.

Léa hocha la tête, évitant de croiser le regard de Victor. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle ressentait à cet instant précis. Il y avait la frustration de n'avoir pas réussi à briser cette barrière qu'il érigeait sans cesse entre eux, mais aussi quelque chose d'autre, de plus complexe. Un mélange de compassion et de curiosité. Elle se sentait connectée à lui d'une manière qu'elle ne comprenait pas encore.

« Il est... compliqué, je sais, » poursuivit Damien, remarquant son malaise. « Mais c'est un homme de défis. Il faut savoir être patient avec lui. »

Léa leva les yeux vers lui. Elle n'avait pas réalisé qu'il se préoccupait tant de l'état de Victor. Mais il y avait quelque chose de sincère dans sa voix, quelque chose qui la poussait à lui accorder une confiance instinctive.

« Il me teste, » répondit-elle, une pointe d'agacement dans la voix. « Comme si tout ce que je faisais n'avait aucune importance. »

Damien sourit faiblement. « C'est son mode de fonctionnement. Mais il n'est pas totalement inaccessible, si tu veux savoir. » Il marqua une pause, comme s'il hésitait à dire quelque chose. « En fait, il m'a dit que tu étais la dernière personne qu'il accepterait de voir ici. »

Léa le fixa, surprise par cette révélation. « Et pourquoi ? »

Damien haussait les épaules, mais son regard se fit plus sérieux. « Parce que tu n'es pas comme les autres. Il déteste ça. »

Léa se sentit soudainement exposée. La dernière personne ? Cela voulait-il dire que Victor l'avait choisie malgré lui, ou était-ce simplement le dernier recours après avoir rejeté tous les autres ? Elle n'eût pas le temps de répondre, car un bruit sourd se fit entendre depuis le salon. Victor avait claqué sa porte, son signal de fin de la discussion.

« Je vais devoir y aller, » dit Damien en se dirigeant vers la porte. « Mais je pense qu'il y a une chance de percer cette coquille, Léa. Peut-être pas maintenant, mais un jour. Il faut juste que tu t'accroches. »

Léa resta silencieuse tandis que Damien disparaissait dans le couloir. Elle jeta un dernier coup d'œil vers la porte de Victor. Il était là, dans cette pièce isolée, se battant contre des ombres qui n'étaient visibles que pour lui. Elle n'avait pas de réponses, mais une chose était sûre : elle ne pouvait pas l'abandonner maintenant. Il y avait quelque chose de plus, quelque chose qui la liait à lui d'une manière inexpliquée. Peut-être un appel silencieux, ou une promesse à laquelle elle devait se tenir.

Le lendemain, la routine se poursuivit, mais il y avait une sensation différente dans l'air. Un changement subtil mais palpable. Alors que Léa commençait son travail habituel, elle remarqua que Victor semblait plus détendu, si tant est que ce mot puisse s'appliquer à lui. Ses mouvements, bien que toujours lents et méthodiques, étaient moins figés. Il n'avait pas encore accepté la thérapie, mais il ne l'avait pas repoussée non plus. Comme un espace incertain, flottant entre la réticence et une forme d'acceptation passive.

Les séances se succédaient, et peu à peu, elle sentait des petites fissures apparaître dans la carapace de Victor. Mais c'était une danse fragile, un équilibre précaire. Parfois, il se montrait encore irritable, froid, se fermant dans un mutisme insondable. D'autres fois, elle surprenait dans ses yeux une lueur de reconnaissance, aussi fugace que le passage d'un éclair, mais suffisamment puissante pour la faire douter de ses premières impressions.

Et puis, il y avait Damien. Ses apparitions devenaient de plus en plus fréquentes. Il venait souvent en fin de journée, après les séances de rééducation, avec un sourire chaleureux et une facilité à converser avec elle qui contrastait fortement avec l'hostilité de Victor. Au fil des jours, Léa sentit une tension se développer entre les deux hommes, quelque chose qui allait au-delà de la simple rivalité professionnelle. Il y avait dans les gestes de Victor, dans ses silences, une forme de défiance envers Damien qui ne laissait aucun doute : ce dernier était un facteur perturbateur dans son univers soigneusement contrôlé.

Un soir, alors que Léa terminait une séance particulièrement difficile, elle surprit une conversation entre les deux hommes. À la porte, elle s'arrêta, son esprit alerte, écoutant attentivement. Elle savait que ce qu'elle allait entendre pourrait tout changer.

« Tu n'as rien compris, Damien. Elle est différente. Ce n'est pas ce que tu crois. »

La voix de Victor était plus dure que jamais. Léa sentit une pression s'installer dans sa poitrine.

« Tu veux dire que tu penses pouvoir la manipuler comme tu l'as fait avec les autres ? » répondit Damien, avec un ton plus calme mais non sans une pointe de défi. « Léa n'est pas comme eux, Victor. »

Il y eut un silence lourd. Léa se sentit soudainement prise dans un enchevêtrement d'émotions contradictoires. Elle avait toujours su qu'il y avait quelque chose de plus entre les deux hommes. Mais entendre cette confrontation de cette manière, secrètement, la faisait se poser des questions auxquelles elle n'était pas prête à répondre.

Elle s'éloigna sans faire de bruit, les mots de Damien résonnant dans son esprit. Elle n'était pas comme les autres. Mais alors, pourquoi Victor la repoussait-il encore ? Pourquoi cette guerre silencieuse entre lui et Damien ?

Elle n'avait pas encore toutes les réponses, mais elle savait qu'elle était sur le point de découvrir bien plus qu'elle ne l'avait imaginé.

Chapitre 4 :

Les jours passaient et la tension ne cessait de croître, non seulement entre Léa et Victor, mais aussi entre Victor et Damien. Il était de plus en plus évident que quelque chose de plus profond se jouait entre eux. Léa commença à se demander si elle n'était qu'un simple pion dans un jeu beaucoup plus complexe, un jeu auquel elle n'avait pas choisi de participer. Pourtant, il y avait ce lien silencieux avec Victor, cette lutte imperceptible qu'elle ressentait à chaque regard, chaque échange tendu.

Un matin, alors qu'elle se préparait à partir pour une nouvelle séance, un message arriva sur son téléphone. C'était de la part de Damien.

"Je sais que tu es intriguée par tout ça. Ne laisse pas Victor te manipuler. Il cache des choses, et tu n'es pas la seule à être en quête de réponses. Mais fais attention, il ne te le dira pas... Ni moi."

Ce message la laissa perplexe. Damien avait toujours été agréable, sincère, mais pourquoi cette mise en garde ? Et surtout, pourquoi parler de manipulation ?

Elle n'eut pas le temps de réfléchir davantage car elle arriva rapidement chez Victor. À son arrivée, il l'attendait déjà, comme d'habitude, dans son fauteuil, les bras croisés, une attitude distante. Mais ce jour-là, il y avait quelque chose de différent. Quelque chose dans son regard. Il semblait plus fatigué, plus las, comme si les jours s'étaient accumulés dans son corps et son esprit, et qu'il était sur le point de céder.

« Je suis prêt pour la séance, » dit-il d'une voix calme, presque résignée. Cela surprit Léa, car ce n'était pas le ton habituel qu'il adoptait. Il semblait... plus humain, plus vulnérable.

Léa hésita un instant avant de répondre. « D'accord, mais tu sais que je ne peux pas simplement te guérir d'un coup de baguette magique. » Elle se lança dans les préparations, mais son esprit était ailleurs. Le message de Damien l'obsédait.

« Je n'attends pas de miracle, » répondit Victor d'une manière presque apaisée, un léger sourire en coin. Il était peut-être plus détendu aujourd'hui, mais il n'avait pas complètement changé. Cela ne faisait que renforcer la question qui la taraudait : pourquoi continuait-il à la repousser malgré ces petites ouvertures ?

Ils commencèrent la séance, mais l'atmosphère était plus lourde que jamais. Chaque mouvement de Victor, chaque geste qu'il exécutait, semblait peser sur l'air autour d'eux. Elle sentit sa frustration monter, mais elle n'avait pas l'intention de se laisser emporter. Pas encore.

Au moment où elle lui demandait de faire un mouvement particulièrement délicat, un grognement sourd s'échappa de ses lèvres. « C'est trop, Léa, » dit-il, la voix brisée.

Léa s'arrêta immédiatement, inquiète. « Tu vas bien ? »

Il ferma les yeux, ses mains tremblant légèrement. « Pourquoi tu t'obstines à vouloir m'aider ? Je ne mérite pas ça. »

Ces mots frappèrent Léa comme une décharge électrique. Elle n'avait pas anticipé cette confession. Il l'avait dit, et bien qu'il essayât de garder une apparence d'indifférence, il y avait quelque chose dans sa voix qui trahissait une douleur profonde. Une douleur qui, jusqu'alors, restait bien cachée sous ses sarcasmes et son arrogance.

Léa s'approcha de lui lentement, avec une prudence nouvelle. « Tu ne peux pas me dire ça, Victor. Tu as du mérite. Tu as traversé une épreuve horrible, mais tu es encore là, et tu te bats chaque jour. Ce n'est pas rien. »

Un silence lourd suivit ses mots. Elle attendait une réaction, un mot, mais il ne répondit pas immédiatement. Ses yeux étaient fermés, mais Léa pouvait presque voir la lutte qui se déroulait derrière. Peut-être qu'il voulait lui dire plus, mais il ne pouvait pas. Pas encore.

Enfin, il parla, d'une voix basse, comme s'il parlait à lui-même. « Si tu savais ce que j'ai fait pour en arriver là... »

Léa se figea. Le ton de sa voix, l'angoisse qu'il y avait dans ses mots, l'inquiétude qu'il essayait de cacher... Quelque chose venait de se briser chez lui. Elle avait l'impression que, pour la première fois, Victor laissait échapper un fragment de son véritable être, celui qu'il avait soigneusement dissimulé jusque-là.

Elle s'assit à ses côtés, plus proche qu'elle ne l'aurait voulu. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Un sourire amer s'afficha sur son visage. « Je n'ai jamais été une victime, Léa. Ce que je traverse n'est rien comparé à ce que j'ai fait. » Il la fixa intensément, comme si il voulait que ses mots la marquent. « Tu n'as pas idée de ce que j'ai sacrifié. Et ce n'est pas quelque chose que tu pourras réparer avec tes exercices ou tes belles paroles. »

Il avait dit ces mots sur un ton tellement froid qu'ils eurent un effet déstabilisant sur Léa. Pourtant, elle n'en perdit pas son calme. « Tu n'as pas à tout porter tout seul, Victor. Ce que tu as fait... ça ne doit pas être une condamnation à vie. »

Il détourna le regard, comme s'il se protégeait de quelque chose qu'il n'était pas prêt à affronter. Elle savait qu'il y avait un poids dans son passé qu'il n'avait pas l'intention de partager. Et peut-être n'était-il pas encore prêt à le faire. Mais elle n'avait pas l'intention de baisser les bras si facilement. Elle voulait comprendre, elle devait comprendre. Il avait un secret. Un lourd secret. Et il ne le gardait pas que pour lui. Elle pouvait le sentir.

Un bruit soudain fit écho dans le couloir. Damien.

Victor tressaillit légèrement, comme s'il avait été tiré de sa torpeur. « Il est là, » dit-il froidement. « Encore lui. »

Léa se leva, surprise par cette réaction. « Damien ? Il... Il est là pour quoi ? »

Victor tourna la tête vers elle, un éclat dangereux dans les yeux. « Ce n'est pas ton problème. »

Mais les mots étaient déjà prononcés. Et, alors que Damien pénétrait dans la pièce, Léa sentit une nouvelle vague de tension s'installer. Elle venait de découvrir un bout du puzzle, mais il y avait encore bien trop de pièces manquantes.

Elle se retourna vers Victor, son cœur battant plus fort. « Ce n'est pas ce que tu penses, Victor. »

Mais à ce moment précis, Damien arriva. Et avec lui, une nouvelle pièce de l'histoire.

Chapitre 3 03

Chapitre 5 :

L'atmosphère dans la pièce devint instantanément plus chargée. Damien entra, son sourire habituel aux lèvres, mais ses yeux trahissaient une préoccupation qu'il n'avait pas l'habitude de masquer. Il s'arrêta un instant en voyant l'intensité de la conversation entre Léa et Victor, un instant où tout sembla suspendu dans l'air, avant qu'il ne se redresse et adresse un regard discret à Victor.

« Je vois que je dérange, » dit-il, une pointe de sarcasme dans la voix, mais son regard ne quittait pas celui de Victor.

Victor, qui semblait déjà tendu, réagit presque immédiatement. « Tu sais bien que tu n'es pas le bienvenu ici, Damien, » répliqua-t-il d'un ton sec, ses yeux brillant d'une colère contenue. « Tu n'as rien à faire dans cette histoire. »

Léa se sentit mal à l'aise en les observant. Ce n'était pas la première fois qu'ils se lançaient des piques, mais cette fois-ci, quelque chose semblait différent. Il y avait une tension palpable, comme si l'air lui-même se faisait plus lourd. Un conflit beaucoup plus ancien, plus profond, venait d'être évoqué, et elle se retrouvait là, prise entre deux hommes qui se déchiraient sans qu'elle comprenne pourquoi.

Damien, cependant, ne se laissa pas intimider. « Ce n'est pas à toi de décider ce qui se passe ici, Victor. Je suis venu parce que tu as besoin d'aide, que ça te plaise ou non. » Il se tourna ensuite vers Léa, lui adressant un sourire qui, cette fois, semblait moins amical, plus... calculé. « Et toi, Léa, tu es plus impliquée dans cette histoire que tu ne le crois. »

Léa se tendit. Elle n'avait pas l'habitude de voir Damien aussi direct, aussi incisif. Ce n'était pas son style. Et cette fois, son sourire semblait plus énigmatique que réconfortant.

Victor grogna, un bruit sourd et presque imperceptible qui fit écho dans la pièce. « Tu n'as aucune idée de ce qui se passe, Damien. » Il tourna son regard vers Léa, un regard plus froid, presque accusateur. « Tu crois qu'il est ici pour t'aider, mais tout ça n'est qu'un jeu. Un jeu où tu es un pion, et moi... je suis le seul à savoir les règles. »

Léa sentit une vague de confusion l'envahir. Elle regarda successivement Victor et Damien, cherchant des réponses dans leurs regards conflictuels. Ce qui se passait entre eux allait bien au-delà de simples rivalités professionnelles. C'était personnel, intime même.

« Ce n'est pas vrai, » répliqua Damien calmement, mais sa voix portait cette assurance qu'il avait l'habitude de donner lorsqu'il était convaincu de son point de vue. « Tu es en train de te perdre dans ton propre mensonge, Victor. Et Léa n'est pas un pion dans ton jeu, ni dans le mien. »

Léa déglutit difficilement, son cœur battant la chamade. Elle savait que la situation devenait dangereuse. Un conflit qui semblait si éloigné de ses préoccupations au départ prenait soudainement une tournure plus personnelle, plus intime, et elle en était le témoin impuissant. Mais qu'est-ce que tout cela signifiait pour elle ? Pourquoi était-elle si impliquée dans cette guerre silencieuse ?

« Vous avez un passé que je ne comprends pas, » dit-elle enfin, sa voix se brisant sous l'émotion qu'elle sentait monter en elle. « Mais je ne vais pas vous laisser vous détruire l'un l'autre. Ce que vous avez... c'est bien plus complexe que ce que vous laissez paraître. » Elle se tourna vers Victor, son regard plein de détermination. « Et vous le savez, Victor. Vous avez besoin d'aide. »

Victor la fixa intensément, une lueur de frustration dans les yeux. « Tu n'as aucune idée de ce que je traverse, Léa. » Sa voix était plus rauque, presque brisée. Il se leva soudainement, son fauteuil grincant sous l'effort. Il avait l'air sur le point de partir, de fuir encore une fois, comme à chaque fois que la conversation devenait trop proche de la vérité.

Léa, cependant, ne se laissa pas faire. « Tu ne peux pas partir, pas cette fois. » Elle s'approcha de lui, fermant l'espace entre eux avec une assurance nouvelle. « Il est temps de parler. De tout. »

Damien, qui jusque-là avait observé la scène en silence, sembla percevoir la tournure des événements. Il s'approcha également, mais il ne s'interposa pas. Il semblait presque curieux de voir comment Victor réagirait à l'insistance de Léa.

Victor la regarda fixement, comme s'il mesurait la situation. Un combat intérieur semblait se jouer sur son visage. Puis, il lâcha un soupir résigné et s'assit à nouveau dans son fauteuil, ses yeux se fermant un instant, comme s'il acceptait de briser son silence, mais à une condition.

« Très bien, » dit-il d'une voix lasse, presque étouffée. « Mais tu es prête à entendre ce qui va suivre, Léa ? Parce que ce que je vais te dire... ça va tout changer. »

Léa se sentit soudainement plus fragile, comme si le sol sous ses pieds se dérobait lentement. Mais elle n'avait pas peur. Elle savait qu'il était temps. Temps pour Victor de tout dévoiler. Temps pour elle de comprendre enfin pourquoi il était si inaccessible, pourquoi il s'accrochait à ses secrets comme à sa propre vie.

Elle hocha la tête, déterminée. « Je suis prête. »

Victor l'observa un moment, puis se laissa aller à un sourire amer, comme s'il venait de prendre une décision lourde. « Bien. Alors écoute bien, Léa. Parce que ce que tu vas entendre... ça pourrait bien détruire tout ce que tu pensais savoir. »

La pièce sembla se figer autour d'eux. Chaque respiration, chaque mouvement, semblaient suspendus à ce moment précis. Et dans les mots qui suivirent, Léa allait enfin découvrir la vérité, celle qui se cachait derrière le masque de Victor, derrière l'omniprésence de Damien, et surtout, derrière les murs qu'il avait érigés autour de lui.

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