La route sinueuse qui menait au territoire de la meute semblait interminable. Lyra, assise à l'arrière d'un taxi usé par le temps, observait le paysage défiler à travers la fenêtre. Les forêts denses, les collines familières... Tout lui rappelait l'enfance qu'elle avait laissée derrière elle, un mélange de souvenirs doux et amers. Mais aujourd'hui, elle n'était plus la jeune fille insouciante qui avait quitté ce territoire. Cinq ans s'étaient écoulés, et pourtant, une part d'elle-même se demandait si quelque chose ici avait changé.
La voiture s'arrêta brusquement devant l'arc imposant marquant l'entrée du territoire. Le chauffeur, un humain peu loquace, lui lança un regard prudent avant de poser sa valise sur le sol. Lyra le remercia rapidement, laissant quelques billets froissés dans sa main. Dès qu'il disparut, elle sentit le poids des regards. Les sentinelles postées à l'entrée la fixaient avec une intensité palpable.
« Lyra Blackwood, » murmura l'un d'eux, un sourire hésitant étirant ses lèvres. « Bienvenue chez toi. »
Ces mots provoquèrent un étrange frisson en elle. Chez toi. Était-ce toujours le cas ? Elle hocha simplement la tête, trop consciente de l'anxiété qui montait en elle.
Alors qu'elle franchissait les limites du territoire, le bruit des voix et des rires l'atteignit. Sa famille l'attendait. Sa mère adoptive, Rosalie, fut la première à courir vers elle, la serrant dans une étreinte si forte que Lyra sentit son souffle lui manquer.
« Mon dieu, ma chérie, tu es enfin là ! » s'écria Rosalie, les yeux brillants de larmes. « Tu nous as tant manqué. »
Lyra répondit à l'étreinte, mais son regard errait déjà au-delà du petit groupe. Son frère cadet, Liam, se tenait un peu en retrait, un sourire timide sur le visage. Mais il manquait quelqu'un. Ou plutôt quelque chose.
Le territoire semblait... différent. L'air était chargé d'une tension qu'elle ne pouvait pas définir. Les sourires semblaient moins éclatants, les regards plus prudents. Avant qu'elle ne puisse poser la question qui brûlait ses lèvres, une voix grave brisa l'instant.
« Lyra Blackwood. »
Elle se retourna brusquement, son cœur s'arrêtant un instant en découvrant l'homme qui se tenait à quelques mètres d'elle. Grand, imposant, son aura dominait tout ce qui l'entourait. Kael Stormborn.
Elle l'avait déjà aperçu de loin autrefois, lorsqu'il n'était qu'un Beta, mais aujourd'hui, il semblait transformé. Ses yeux d'un gris acier la fixaient avec une intensité déstabilisante, et la cicatrice fine qui marquait sa mâchoire ajoutait à son air redoutable.
« Vous êtes attendue à la réunion de la meute, immédiatement, » déclara-t-il d'une voix froide, tranchante.
Rosalie, choquée par l'interruption, tenta de protester. « Kael, elle vient juste d'arriver, laisse-lui au moins... »
« C'est une décision importante, Rosalie, » coupa-t-il sans détourner le regard de Lyra. « Elle doit y être. »
Lyra sentit son estomac se nouer. Cet accueil n'était certainement pas celui qu'elle avait imaginé. Mais le ton de Kael n'autorisait aucune discussion.
« Très bien, » murmura-t-elle finalement, serrant brièvement la main de Rosalie avant de suivre Kael.
Le chemin vers le bâtiment principal était silencieux, Kael marchant devant elle avec des pas fermes, comme s'il portait le poids du monde sur ses épaules. Lyra, elle, essayait de ne pas prêter attention aux regards curieux des membres de la meute qu'ils croisaient.
Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle de réunion, une vague de murmures s'éleva. Les anciens étaient tous présents, leurs regards perçants analysant chaque mouvement de Lyra. Elle se sentit comme une étrangère sous leur jugement, une intruse qui n'aurait pas dû être là.
Kael s'avança jusqu'au centre de la pièce et se tourna vers elle. « Avant toute chose, je veux être clair sur une chose, Lyra, » déclara-t-il, sa voix résonnant dans la salle. « Votre retour ici n'est pas anodin. Beaucoup de choses ont changé depuis votre départ, et votre rôle dans cette meute sera désormais crucial. »
Lyra fronça les sourcils, déconcertée par ses paroles. « Mon rôle ? » demanda-t-elle, sa voix légèrement tremblante.
Un des anciens, un homme au visage marqué par le temps, prit la parole. « Lyra, en tant que fille de Magnus Blackwood, vous portez un héritage. Un héritage que cette meute ne peut ignorer. »
Le nom de son père résonna en elle comme un coup de tonnerre. Magnus Blackwood. Un nom qu'elle avait tenté d'oublier.
Kael laissa un silence pesant s'installer avant de reprendre. « Nous discuterons de tout cela plus en détail demain. Pour l'instant, considérez votre retour comme une seconde chance de prouver votre valeur. »
Les mots la frappèrent comme une gifle. Une seconde chance ? Était-ce vraiment ainsi qu'ils la voyaient, comme quelqu'un qui devait encore prouver qu'elle appartenait ici ?
Alors qu'elle s'apprêtait à répliquer, Kael détourna brusquement les yeux et s'adressa aux autres. « La réunion est terminée. »
Sans un mot de plus, il quitta la salle, laissant Lyra seule au milieu des regards inquisiteurs.
Elle sentit une main douce se poser sur son épaule. C'était Rosalie, qui lui lança un sourire rassurant. « Ne laisse pas Kael te troubler, ma chérie. Il est... difficile, mais il a un bon cœur, au fond. »
Lyra hocha la tête, mais au fond d'elle, un sentiment de colère et de frustration bouillonnait. Pourquoi avait-elle l'impression qu'un piège invisible se refermait lentement sur elle ?
Plus tard dans la soirée, alors qu'elle se tenait sur le balcon de la maison familiale, observant la lune illuminer la forêt, elle sentit une présence derrière elle.
« Je ne t'ai pas vu sourire une seule fois depuis ton arrivée, » murmura une voix familière.
Elle se retourna pour découvrir Liam, son frère cadet, les mains dans les poches.
« Difficile de sourire quand on se sent comme une intruse, » répondit-elle avec un sourire triste.
Liam s'approcha, posant un bras réconfortant autour de ses épaules. « Tu n'es pas une intruse, Lyra. Pas pour moi. Pas pour maman. »
Elle lui lança un regard reconnaissant, mais le poids des événements de la journée était encore trop lourd pour qu'elle se sente apaisée.
« Qu'est-ce qui a changé ici, Liam ? » demanda-t-elle finalement.
Il hésita, comme s'il cherchait les mots justes. « Tout. Depuis que Kael est devenu Alpha, les choses ne sont plus les mêmes. Il a apporté des changements nécessaires, mais... certains ne l'aiment pas. D'autres le craignent. »
Lyra sentit son cœur se serrer. Quel rôle était-elle censée jouer dans tout cela ? Pourquoi Kael semblait-il si insistant sur sa présence ici ?
Alors que la nuit avançait, une seule question occupait son esprit : quels secrets se cachaient derrière ce retour, et surtout, derrière cet Alpha au regard d'acier qui semblait la percer à chaque instant ?
Elle ne le savait pas encore, mais ce retour serait le début d'un voyage qui changerait sa vie à jamais.
Le murmure des voix résonnait dans la grande salle de réunion, une tension sourde flottant dans l'air. Lyra était assise à l'un des bancs en bois, les doigts crispés sur le bord de la table. Malgré l'atmosphère animée, elle se sentait seule. Les regards furtifs des membres de la meute convergeaient souvent vers elle, curieux ou méfiants. Pourtant, c'était Kael qui accaparait son attention, debout au centre de la pièce, imposant et calme, comme s'il contrôlait chaque souffle dans la salle.
« La sécurité du territoire est notre priorité absolue, » déclara-t-il d'une voix ferme. « Les incidents récents à nos frontières ne laissent pas de place à l'erreur. À partir de maintenant, de nouvelles règles seront mises en place. Toute sortie non autorisée devra être signalée au moins vingt-quatre heures à l'avance. Les patrouilles seront doublées, et tout comportement suspect devra être rapporté immédiatement. »
Un silence pesant suivit ses paroles, avant qu'un homme dans la trentaine, aux cheveux sombres et à la mâchoire serrée, ne prenne la parole.
« Avec tout le respect que je vous dois, Alpha, ces règles vont étouffer nos libertés, » dit-il d'un ton défiant.
Kael détourna lentement son regard vers l'homme, ses yeux gris scintillant d'une lueur glaciale. « Ces règles ne sont pas une option, Malcolm. Elles sont nécessaires pour protéger nos terres, nos familles. Si cela vous semble oppressant, peut-être devriez-vous réfléchir à ce que vous êtes prêt à sacrifier pour la sécurité de votre meute. »
Malcolm se rassit, bouillonnant de frustration, mais il ne répliqua pas. Lyra sentit un frisson la parcourir. Kael avait une manière de parler qui ne laissait aucun doute sur son autorité. Pourtant, son ton froid et son détachement provoquaient un malaise chez certains membres.
Alors qu'elle observait la scène, une porte s'ouvrit brusquement, attirant l'attention de tous. Un homme entra, un sourire éclatant sur le visage. Lyra sentit son souffle se couper en le reconnaissant. Elias.
Il semblait avoir changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, mais son aura restait la même. Charmant, sûr de lui, et entouré d'une énergie presque magnétique. Il balaya la pièce du regard avant de poser les yeux sur elle.
« Lyra, » dit-il avec un sourire, comme s'ils s'étaient quittés la veille. « C'est bon de te revoir. »
Elle ne sut pas quoi répondre, prise au dépourvu par son arrivée inattendue. Elias s'avança, ignorant les regards interrogateurs des autres membres, et s'assit à côté d'elle.
« Ça fait longtemps, » murmura-t-il, suffisamment bas pour que seuls eux deux puissent entendre.
« Oui, » répondit-elle, sa voix à peine audible.
Leur échange fut interrompu par Kael, dont le regard sombre fixait Elias avec une intensité presque palpable. « Tu arrives en retard, Elias, » dit-il froidement.
Elias haussa les épaules, son sourire ne vacillant pas. « Comme toujours, n'est-ce pas ? »
Kael ne répondit pas, mais Lyra sentit la tension augmenter entre eux. Elle se demanda ce qui avait pu se passer entre ces deux hommes pour qu'ils se regardent ainsi, comme deux adversaires prêts à se battre.
La réunion continua, mais Lyra avait du mal à se concentrer. La présence d'Elias à ses côtés la troublait, mais c'était Kael qui l'inquiétait le plus. À chaque fois qu'elle levait les yeux vers lui, elle sentait une étrange énergie émaner de lui. Une chaleur invisible qui semblait attirer son attention malgré elle.
Quand la réunion prit fin, Lyra se leva rapidement, espérant échapper à cette atmosphère étouffante. Mais Elias la rattrapa avant qu'elle ne puisse sortir.
« Tu as l'air tendue, » dit-il en se plaçant devant elle.
« C'est peut-être parce que tout ça est... beaucoup, » répondit-elle honnêtement.
Elias pencha légèrement la tête, l'observant avec un mélange de curiosité et de tendresse. « Tu n'es pas obligée de tout affronter seule, tu sais. Si jamais tu as besoin de parler, je suis là. »
Avant qu'elle ne puisse répondre, une voix grave retentit derrière eux.
« Elias, je crois que Lyra a besoin de repos, pas d'une conversation inutile. »
Kael se tenait à quelques pas, ses bras croisés sur sa poitrine, son regard fixé sur Elias.
Elias sourit légèrement, mais il y avait une lueur de défi dans ses yeux. « Bien sûr, Alpha. Je ne voulais pas la déranger. »
Il s'éloigna, lançant un dernier regard à Lyra avant de disparaître dans la foule.
Kael s'approcha d'elle, son expression indéchiffrable. « Tout va bien ? » demanda-t-il finalement.
Lyra hésita, ne sachant pas quoi répondre. « Oui, je vais bien. »
Il hocha la tête, mais il y avait quelque chose dans son regard qui la mettait mal à l'aise. Comme s'il cherchait à lire au-delà de ses mots.
« Si jamais tu as des questions sur ce qui se passe ici, viens me voir. Je veux m'assurer que tu comprennes tout ce qui est en jeu. »
Elle acquiesça, mais son cœur battait plus vite qu'elle ne l'aurait voulu. Il y avait une intensité dans sa voix, une gravité qui laissait entendre que cette situation était bien plus compliquée qu'elle ne l'avait imaginée.
Cette nuit-là, alors qu'elle se trouvait dans sa chambre, Lyra ne pouvait s'empêcher de repenser aux événements de la journée. Kael, Elias, la tension dans la meute... Tout semblait interconnecté, mais elle ne pouvait pas encore comprendre comment.
Alors qu'elle fermait les yeux, une image persistante restait gravée dans son esprit : celle des yeux de Kael, perçants et insondables, comme s'ils cachaient des secrets qu'elle n'était pas encore prête à découvrir.
Les premières lueurs du jour perçaient à travers les rideaux de la chambre de Lyra, baignant la pièce d'une lumière douce et dorée. Pourtant, une ombre pesait sur son esprit, refusant de lui laisser un moment de paix. Depuis son retour, tout semblait étrange, comme si quelque chose d'invisible pesait sur les murs de la meute. Les regards furtifs, les conversations chuchotées, et surtout, les silences lourds de Kael. Quelque chose se passait, quelque chose qu'on lui cachait.
Elle se redressa, ramenant ses genoux contre sa poitrine, tentant d'organiser ses pensées. Le bruit des pas dans le couloir attira son attention, et une voix basse qu'elle reconnut immédiatement lui fit dresser l'oreille. Kael parlait avec l'un des membres de la meute. Elle se leva discrètement, s'approchant de la porte entrouverte.
« ...encore un disparu, » murmura l'homme.
« Qui ? » demanda Kael, son ton froid et tranchant.
« Simon. Il n'a pas été vu depuis hier soir. Les patrouilles disent qu'il n'a pas quitté le territoire, mais... »
« Mais quoi ? »
L'homme hésita avant de répondre, comme s'il redoutait la réaction de l'Alpha. « On a trouvé des traces de lutte près de la rivière. Et... du sang. »
Lyra sentit son cœur s'arrêter une fraction de seconde. Du sang ? Elle recula doucement, refermant la porte avant que l'un d'eux ne la surprenne. Une inquiétude sourde monta en elle. Simon était un jeune homme plein de vie, toujours souriant. Elle l'avait aperçu à son arrivée, riant avec d'autres membres. Et maintenant, il était porté disparu ?
Elle se détourna de la porte, ses pensées tourbillonnant. Pourquoi personne ne lui avait parlé de ces disparitions ? Était-ce la raison des nouvelles règles imposées par Kael ? Une partie d'elle voulait lui demander des explications, mais son instinct lui soufflait qu'il ne répondrait pas. Pas complètement, du moins.
Cherchant un moyen de s'occuper l'esprit, elle décida de ranger sa chambre. En déplaçant une vieille malle dans un coin, elle remarqua quelque chose qui dépassait d'un compartiment secret. Un carnet relié de cuir, usé par le temps. Ses mains tremblaient légèrement en le récupérant. En l'ouvrant, une écriture familière la frappa de plein fouet.
C'était le journal de sa mère.
Le souffle court, elle s'assit sur le lit, feuilletant rapidement les premières pages. Les souvenirs affluaient, mêlés de douleur et de nostalgie. Sa mère avait toujours été une figure de douceur et de mystère. Lyra s'était souvent demandé pourquoi elle semblait porter un poids invisible, une tristesse qu'elle ne partageait jamais.
Une phrase attira son attention : *« Lyra doit savoir la vérité un jour. Elle est spéciale. Différente. Une partie d'elle appartient à une autre meute, une meute que le temps a presque effacée. »*
Les mots dansaient devant ses yeux. Une autre meute ? Sa mère n'en avait jamais parlé. Elle tourna les pages avec frénésie, cherchant d'autres indices.
*« Ils viendront peut-être pour elle. Je ne peux pas les laisser la prendre. »*
Lyra sentit son cœur s'emballer. Qui étaient ces « ils » ? Et pourquoi sa mère craignait-elle qu'ils viennent pour elle ?
Elle referma brusquement le journal, incapable de lire davantage pour le moment. Les révélations qu'il contenait étaient trop lourdes, trop complexes pour être digérées en une seule fois. Elle posa le carnet sur sa table de chevet, fixant un point invisible devant elle.
Un coup sec à la porte la tira de ses pensées.
« Entre, » dit-elle, sa voix légèrement tremblante.
Kael apparut dans l'encadrement de la porte, son regard perçant la scrutant immédiatement.
« J'ai remarqué que tu étais absente au petit-déjeuner, » dit-il, son ton plus calme que ce à quoi elle s'attendait.
« Je n'avais pas très faim, » répondit-elle, évitant de croiser son regard.
Il entra dans la pièce, refermant la porte derrière lui. Son imposante présence semblait remplir l'espace.
« Lyra, » dit-il après un moment de silence. « Je sais que tout cela doit te sembler étrange. Mais il y a des choses que tu ne comprends pas encore. Et des dangers que tu ne peux pas ignorer. »
Elle releva les yeux vers lui, cherchant à lire ses intentions. « Quels dangers ? Les disparitions ? Pourquoi personne ne m'en a parlé ? »
Il serra légèrement la mâchoire, comme s'il hésitait à répondre. « Parce que nous ne voulons pas créer de panique. Mais oui, plusieurs membres de la meute ont disparu ces dernières semaines. Et je crains que ce ne soit que le début. »
Un frisson parcourut son échine. « Pourquoi me dire tout ça maintenant ? »
Kael s'approcha, son regard se durcissant. « Parce que tu es en danger, Lyra. Je ne sais pas encore pourquoi, mais j'ai des raisons de croire que tu pourrais être une cible. »
Elle sentit la colère monter en elle, mélange de peur et de frustration. « Une cible pour quoi ? Pour qui ? Kael, tu ne peux pas me demander de rester ici sans m'expliquer ce qui se passe vraiment ! »
Il la fixa intensément, et pour la première fois, elle vit une lueur d'hésitation dans ses yeux. « Il y a des choses que je ne peux pas te dire pour l'instant. Mais promets-moi une chose : ne quitte pas le territoire. Peu importe ce qui arrive. »
Elle voulait protester, exiger des réponses, mais quelque chose dans son ton, dans la gravité de ses paroles, la fit taire.
« D'accord, » murmura-t-elle finalement, bien qu'une partie d'elle sache qu'elle ne tiendrait pas cette promesse si les circonstances l'y obligeaient.
Kael hocha la tête, satisfait de sa réponse, puis quitta la pièce, la laissant seule avec ses pensées.
Elle se leva, retournant vers le journal de sa mère. Si Kael ne voulait pas lui donner de réponses, alors elle les trouverait elle-même. Mais alors qu'elle ouvrait de nouveau le carnet, une question s'imposa à son esprit : et si tout cela était lié à elle, à son passé, à cette meute oubliée dont sa mère avait parlé ?
Les mots résonnaient dans son esprit, accompagnés d'une peur qu'elle ne pouvait pas ignorer : *Ils viendront peut-être pour elle.*
Une certitude naissait en elle. Quel que soit le secret que sa mère avait tenté de protéger, il était sur le point de remonter à la surface.