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La Veuve Noire du Vignoble

La Veuve Noire du Vignoble

Auteur:: Sharon
Genre: Romance
Pendant trois mois, j'ai vécu dans un brouillard de chagrin, mon domaine viticole se mourant, vidant mes comptes pour retrouver Léo, mon mari disparu lors d'une randonnée. Puis, une soirée à Paris, le sol s'est dérobé sous mes pieds quand je l'ai vu, bien vivant, RIANT, main dans la main avec sa "meilleure amie" Chloé. Mon monde a basculé en entendant Léo dire qu'il avait orchestré sa disparition pour "se vider la tête", et pire, pour me "donner une leçon sur ma dépendance affective". La dévastation s'est transformée en une rage glaciale et silencieuse : comment l'homme pour qui j'avais tout sacrifié pouvait-il me trahir avec une telle cruauté, me laissant croire au pire pour mieux me manipuler ? Ce soir-là, ma décision fut prise : je ne chercherais plus un mari, mais la justice, et je ferais déclarer Léo MORT pour qu'il le regrette amèrement.

Introduction

Pendant trois mois, j'ai vécu dans un brouillard de chagrin, mon domaine viticole se mourant, vidant mes comptes pour retrouver Léo, mon mari disparu lors d'une randonnée.

Puis, une soirée à Paris, le sol s'est dérobé sous mes pieds quand je l'ai vu, bien vivant, RIANT, main dans la main avec sa "meilleure amie" Chloé.

Mon monde a basculé en entendant Léo dire qu'il avait orchestré sa disparition pour "se vider la tête", et pire, pour me "donner une leçon sur ma dépendance affective".

La dévastation s'est transformée en une rage glaciale et silencieuse : comment l'homme pour qui j'avais tout sacrifié pouvait-il me trahir avec une telle cruauté, me laissant croire au pire pour mieux me manipuler ?

Ce soir-là, ma décision fut prise : je ne chercherais plus un mari, mais la justice, et je ferais déclarer Léo MORT pour qu'il le regrette amèrement.

Chapitre 1

Pendant trois mois, j'ai vécu dans un brouillard.

Le téléphone sonnait sans cesse, c'était la police, les enquêteurs privés, des amis bien intentionnés.

"Amélie, des nouvelles de Léo ?"

"Amélie, on a fouillé cette zone, rien."

"Amélie, il faut garder espoir."

Je répondais à peine. Je regardais les vignes par la fenêtre, les raisins qui mûrissaient, prêts pour les vendanges. Le travail d'une année entière.

Le domaine de ma famille. Mon héritage.

Et je le laissais mourir, tout comme l'espoir de retrouver Léo.

Mon mari, Léo, avait disparu lors d'une randonnée dans les Calanques de Marseille. Il était parti seul, pour "se vider la tête", disait-il.

J'ai dépensé une fortune pour le retrouver. J'ai vendu des parcelles de terre que mon grand-père chérissait. J'ai vidé nos comptes communs.

Sophie, ma meilleure amie, est entrée dans la cuisine sans frapper. Elle a posé une bouteille de vin sur la table.

"Tu ne peux pas continuer comme ça. Le domaine se meurt. Toi aussi."

"Je ne peux pas," j'ai murmuré.

"Si, tu peux. Et tu vas le faire. Il y a un salon du vin à Paris ce week-end. Tu vas prendre une douche, mettre une belle robe, et on y va. Pour te changer les idées."

Elle ne m'a pas laissé le choix.

Le vendredi soir, nous étions dans un bar à cocktails branché du Marais. La musique était forte, les gens riaient. Je me sentais complètement déplacée, comme un fantôme.

Sophie me parlait, mais je n'écoutais pas. Mon regard errait dans la foule.

Et puis, je l'ai vu.

Mon cœur a cessé de battre.

Léo.

Il était là, à quelques mètres de moi. Bien vivant. Parfaitement rasé, un verre à la main. Il riait.

À côté de lui, Chloé, sa "meilleure amie" de Paris. Elle lui caressait le bras.

Je me suis figée. Le son autour de moi a disparu. Je ne pouvais entendre que leur conversation.

"Merci pour l'idée, Chloé. Sans toi, j'aurais oublié le goût de la liberté."

La voix de Chloé était mielleuse. "Elle doit être folle d'inquiétude, la pauvre."

Léo a ricané. "C'est le but. Je réapparais la semaine prochaine. Quand elle sera vraiment au bout du rouleau. Ça lui donnera une bonne leçon sur sa dépendance affective. Elle s'accroche trop."

Je n'ai pas crié. Je n'ai pas pleuré.

Un froid glacial s'est emparé de moi. La dévastation a laissé place à une rage pure et silencieuse.

J'ai attrapé le bras de Sophie. "On s'en va."

"Qu'est-ce qui se passe ? Tu es blanche comme un linge."

"Je t'expliquerai plus tard. Sors-moi d'ici. Maintenant."

Dans le taxi, le silence était lourd. J'ai sorti mon téléphone et j'ai appelé Maître Dubois, mon notaire de famille.

"Maître Dubois, c'est Amélie. J'ai besoin de vous voir. De toute urgence."

"Amélie ? À cette heure ? Tout va bien ?"

"Non. Je veux lancer une procédure de déclaration d'absence pour Léo. Je veux qu'il soit déclaré mort."

Il y a eu un silence choqué à l'autre bout du fil. "Amélie... C'est une décision très grave. Êtes-vous sûre ?"

"Je n'ai jamais été aussi sûre de toute ma vie."

Chapitre 2

Je suis rentrée en Bourgogne le lendemain matin. Le brouillard dans ma tête s'était dissipé, remplacé par une clarté glaciale.

La première chose que j'ai faite en arrivant au domaine a été de vérifier les enregistrements des caméras de surveillance. J'avais besoin de savoir. J'avais besoin de voir.

L'installateur m'avait dit que les enregistrements étaient conservés sur un cloud pendant six mois.

Je me suis assise devant l'ordinateur, le cœur battant à tout rompre. J'ai remonté les enregistrements, semaine après semaine.

Et je les ai trouvés.

Les images étaient granuleuses, en noir et blanc, mais sans équivoque.

Léo et Chloé. Dans ma maison. Dans mon lit.

Ils étaient entrés le lendemain de ma première conférence de presse, celle où je suppliais, en larmes, quiconque aurait vu mon mari de se manifester.

Ils riaient. Ils s'embrassaient dans la cuisine où j'avais préparé des milliers de repas pour lui. Ils buvaient mon vin, celui de mon père, dans les verres de mon mariage.

La rage a fait place au dégoût. Un dégoût si profond qu'il m'a donné la nausée.

Cet homme, pour qui j'avais mis ma vie et mon héritage en péril, se vautrait dans ma maison avec sa maîtresse pendant que je me consumais de chagrin.

J'ai fermé l'ordinateur. Ma décision était prise. Il n'y aurait pas de retour en arrière.

J'ai ouvert mon ordinateur portable, j'ai choisi la plus belle photo de Léo, souriant et insouciant. J'ai rédigé un texte simple, sobre.

"C'est avec une immense tristesse que je vous annonce le décès de mon regretté époux, Léo. Après des mois de recherches infructueuses, nous devons nous rendre à l'évidence. Une cérémonie en sa mémoire aura lieu dans une semaine, au caveau familial du domaine. Amélie."

J'ai envoyé le faire-part numérique à toute notre liste de contacts. Famille, amis, collègues, clients. Tout le monde.

Mon téléphone a immédiatement commencé à vibrer. Des messages de condoléances, des appels. Je n'ai répondu à personne.

Je me suis levée et je suis allée dans la cave. L'odeur de la terre humide et du vin mûrissant m'a enveloppée. C'était mon sanctuaire.

J'ai choisi une bouteille du millésime de ma naissance, je l'ai ouverte et je me suis servi un verre.

Le vin était riche, complexe, puissant.

Comme ma vengeance allait l'être.

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