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La Vengeance d'une Mariée Trahie

La Vengeance d'une Mariée Trahie

Auteur:: Rowan Slate
Genre: Fantaisie
La tête me lançait, le soleil aveuglait mes yeux, et l' odeur de renfermé ne m' était que trop familière. Ce n' était pas ma chambre luxueuse, mais celle de mon adolescence, dix ans en arrière. Mes mains tremblaient en lisant la date du réveil : le 15 juin, le jour de mes 18 ans. Les souvenirs de la veille de mon mariage me percutèrent comme un train : Chloé, ma sœur jumelle, sussurrant à Lucas, mon fiancé, « Lucas, chéri, tu es sûr que tu veux vraiment l' épouser demain ? C' est moi que tu veux. » Le silence de Lucas fut un poignard. Le bruit du plateau de champagne brisé les fit sursauter, et je m' enfuis dans la nuit pluvieuse. Puis, une douleur fulgurante, le noir. J' étais morte. J' en étais certaine. Mais me voilà revenue, dix ans plus tôt, pour affronter la même trahison. La porte s' ouvrit, et Chloé apparut, souriante, son sac à dos sur l' épaule. « Manon ! Tu es enfin réveillée ! Joyeux anniversaire ! » Elle s' attendait à mes larmes, mes supplications, comme la dernière fois où je l' avais suppliée de ne pas partir, inquiète pour ma "fragile" sœur qui reviendrait deux ans plus tard, auréolée d' une fausse histoire d' enlèvement. Cette fois, mon visage resta vide. J' avais vu la perfidie derrière son sourire, la jalousie qui la rongeait. « D' accord, » dis-je d' une voix calme, la surprenant. « Quoi ? C' est tout ? Tu ne vas pas essayer de me retenir ? » « Pourquoi je ferais ça ? C' est ta vie. Fais ce que tu veux. » Elle hésita, puis haussa les épaules, essayant de paraître détachée. « Bon, euh... très bien. Je suppose que c' est plus simple comme ça. » Elle attrapa son sac. « Alors... au revoir, sœurette. » « Au revoir, Chloé, » répondis-je froidement. Je ne la retins pas. Cette fois, je ne la sauverais pas. Je la laisserais marcher vers son destin, bien moins glorieux que celui qu' elle avait inventé. Et moi ? J' allais vivre. Vraiment vivre. Et me venger.

Introduction

La tête me lançait, le soleil aveuglait mes yeux, et l' odeur de renfermé ne m' était que trop familière.

Ce n' était pas ma chambre luxueuse, mais celle de mon adolescence, dix ans en arrière.

Mes mains tremblaient en lisant la date du réveil : le 15 juin, le jour de mes 18 ans.

Les souvenirs de la veille de mon mariage me percutèrent comme un train : Chloé, ma sœur jumelle, sussurrant à Lucas, mon fiancé, « Lucas, chéri, tu es sûr que tu veux vraiment l' épouser demain ? C' est moi que tu veux. »

Le silence de Lucas fut un poignard.

Le bruit du plateau de champagne brisé les fit sursauter, et je m' enfuis dans la nuit pluvieuse.

Puis, une douleur fulgurante, le noir.

J' étais morte.

J' en étais certaine.

Mais me voilà revenue, dix ans plus tôt, pour affronter la même trahison.

La porte s' ouvrit, et Chloé apparut, souriante, son sac à dos sur l' épaule.

« Manon ! Tu es enfin réveillée ! Joyeux anniversaire ! »

Elle s' attendait à mes larmes, mes supplications, comme la dernière fois où je l' avais suppliée de ne pas partir, inquiète pour ma "fragile" sœur qui reviendrait deux ans plus tard, auréolée d' une fausse histoire d' enlèvement.

Cette fois, mon visage resta vide.

J' avais vu la perfidie derrière son sourire, la jalousie qui la rongeait.

« D' accord, » dis-je d' une voix calme, la surprenant.

« Quoi ? C' est tout ? Tu ne vas pas essayer de me retenir ? »

« Pourquoi je ferais ça ? C' est ta vie. Fais ce que tu veux. »

Elle hésita, puis haussa les épaules, essayant de paraître détachée.

« Bon, euh... très bien. Je suppose que c' est plus simple comme ça. »

Elle attrapa son sac.

« Alors... au revoir, sœurette. »

« Au revoir, Chloé, » répondis-je froidement.

Je ne la retins pas.

Cette fois, je ne la sauverais pas.

Je la laisserais marcher vers son destin, bien moins glorieux que celui qu' elle avait inventé.

Et moi ?

J' allais vivre.

Vraiment vivre.

Et me venger.

Chapitre 1

Je me suis réveillée avec une douleur sourde à l'arrière de la tête.

La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux bon marché, frappant mon visage.

J'ai cligné des yeux, confuse.

L'odeur de la poussière et du renfermé flottait dans l'air.

Ce n'était pas ma chambre.

Ce n'était pas le lit luxueux de l'appartement que je partageais avec Lucas.

J'ai jeté un coup d'œil autour de moi, mon cœur a commencé à battre plus vite.

Les posters de groupes de rock démodés sur les murs, le petit bureau en bois rayé, la pile de manuels scolaires dans un coin.

C'était ma chambre d'adolescente.

J'ai attrapé un petit miroir sur ma table de chevet.

Le visage qui me fixait était le mien, mais plus jeune.

Pas de fines ridules autour de mes yeux, pas de trace de la fatigue qui s'était installée en moi depuis des années.

La peau était lisse, pleine.

J'ai vérifié la date sur le réveil numérique.

Le 15 juin.

Mes mains ont commencé à trembler.

Le jour de mes 18 ans.

Impossible.

C'est impossible.

Les souvenirs de la veille de mon mariage m'ont frappée comme un train.

La porte de la chambre entrouverte.

La voix de ma sœur jumelle, Chloé, douce et mielleuse.

« Lucas, chéri, tu es sûr que tu veux vraiment l'épouser demain ? »

Puis la voix de mon fiancé, Lucas, hésitante.

« Chloé, on ne devrait pas... Manon pourrait nous entendre. »

J'étais restée figée dans le couloir, le plateau avec deux coupes de champagne tremblant entre mes mains.

Le rire moqueur de Chloé a suivi.

« Et alors ? Cette idiote ne se doute de rien. Elle a toujours tout eu, la vie parfaite, l'amour de nos parents. Il est temps qu'elle paie. Tu sais bien que tu ne l'as jamais aimée. C'est moi que tu veux. »

Le silence de Lucas était une confirmation.

Un poignard dans mon cœur.

J'ai lâché le plateau.

Le bruit du verre brisé les a fait sursauter.

J'ai couru.

Je ne savais pas où j'allais.

Je voulais juste fuir cette trahison, cette douleur insupportable.

Les rues étaient sombres et pluvieuses.

Des phares m'ont éblouie.

Un crissement de pneus.

Puis une douleur fulgurante et le néant.

J'étais morte.

J'en étais certaine.

Et maintenant, j'étais de retour.

Dix ans en arrière.

La porte de ma chambre s'est ouverte avec un grincement.

Chloé est entrée, un grand sourire sur son visage.

Elle portait un sac à dos.

« Manon ! Tu es enfin réveillée ! Joyeux anniversaire ! »

Elle était rayonnante, pleine d'une excitation que je comprenais maintenant.

Dans ma vie précédente, à ce moment précis, elle m'avait annoncé son grand projet.

Partir en voyage, seule, pour "trouver l'inspiration", pour "vivre sa vie".

J'avais pleuré.

Je l'avais suppliée de ne pas partir.

Je m'étais inquiétée pour elle, ma sœur fragile et rêveuse.

J'avais eu peur qu'il lui arrive quelque chose.

Et il lui était "arrivé" quelque chose.

Elle avait disparu pendant deux ans.

Elle était revenue en héroïne, avec une histoire d'enlèvement et de survie qui avait ému tout le pays.

Une histoire qui, je le savais maintenant, était un mensonge complet.

Un mensonge qui avait été le début de ma propre descente aux enfers.

« Je pars, Manon, » a-t-elle dit, exactement comme dans mes souvenirs.

Son visage était une image parfaite de l'innocence et de l'aventure.

« Je vais faire le tour du pays. Je veux voir des choses, vivre vraiment ! Ne t'inquiète pas pour moi. »

Elle attendait mes larmes.

Elle attendait mes supplications.

Elle attendait que je joue mon rôle de sœur aimante et inquiète.

Mais la Manon qui se tenait devant elle n'était plus cette fille naïve.

J'ai soutenu son regard, mon visage vide de toute expression.

Je me suis levée du lit, lentement.

Je l'ai regardée, des pieds à la tête.

J'ai vu la perfidie cachée derrière son sourire.

J'ai vu la jalousie qui la rongeait.

« D'accord, » j'ai dit d'une voix calme.

Elle a froncé les sourcils, surprise.

« Quoi ? C'est tout ? Tu ne vas pas essayer de me retenir ? »

« Pourquoi je ferais ça ? » j'ai répondu. « C'est ta vie. Fais ce que tu veux. »

Son sourire s'est un peu crispé.

Ce n'était pas la réaction qu'elle attendait.

Elle voulait du drame, des larmes.

Je ne lui donnerais pas cette satisfaction.

Pas cette fois.

Elle a hésité un instant, puis a haussé les épaules, essayant de paraître détachée.

« Bon, euh... très bien. Je suppose que c'est plus simple comme ça. »

Elle a attrapé son sac.

« Alors... au revoir, sœurette. »

« Au revoir, Chloé, » j'ai répondu froidement.

Je ne l'ai pas accompagnée jusqu'à la porte.

Je ne l'ai pas regardée partir.

Je suis restée dans ma chambre, écoutant le son de ses pas qui s'éloignaient dans le couloir, puis la porte d'entrée qui claquait.

Un silence s'est installé dans la maison.

Un silence libérateur.

Cette fois, je ne la sauverais pas.

Je la laisserais marcher vers le destin qu'elle s'était elle-même choisi.

Un destin bien moins glorieux que celui qu'elle avait inventé.

Et pendant ce temps, j'allais vivre.

Vraiment vivre.

Et me venger.

Chapitre 2

Dans ma vie antérieure, mon intervention avait fait de moi une héroïne locale pendant un court moment.

J'avais couru après Chloé jusqu'à la gare routière.

Je l'avais suppliée, en larmes, de rester.

Mes parents étaient arrivés, alertés par mes cris.

Nous l'avions convaincue de reporter son voyage.

Quelques jours plus tard, elle était partie quand même, en cachette.

Quand elle était revenue deux ans plus tard, en prétendant avoir été enlevée, tout le monde m'avait félicitée.

« Tu avais un pressentiment, Manon. Tu es une si bonne sœur. »

« Tu as essayé de la protéger. Tu as un cœur en or. »

Mes parents me regardaient avec une fierté mêlée de pitié.

Pitié pour moi, la sœur simple et ordinaire, à côté de Chloé, la survivante, l'artiste torturée.

La vie de Chloé, après son retour, avait été une succession de succès.

Elle avait écrit un livre sur sa prétendue captivité, qui était devenu un best-seller.

Elle avait commencé à peindre, des œuvres sombres et angoissées qui se vendaient à des prix exorbitants.

Elle était devenue une célébrité, invitée sur tous les plateaux de télévision pour raconter son histoire poignante.

Nos parents la couvaient, lui pardonnaient tout.

Ses caprices, sa méchanceté, sa paresse.

« Il faut la comprendre, Manon. Elle a tellement souffert. »

Pendant ce temps, ma propre vie s'effondrait, pièce par pièce.

Mes études de commerce, que j'avais brillamment commencées, ont commencé à décliner.

J'échouais à des examens que j'aurais dû réussir les doigts dans le nez.

Je perdais des documents importants la veille des rendus.

Je sais maintenant que c'était elle.

Elle entrait dans ma chambre la nuit, effaçait des fichiers sur mon ordinateur, cachait mes notes.

Après l'université, j'ai trouvé un bon poste dans une entreprise prometteuse.

Quelques mois plus tard, j'ai été accusée d'avoir divulgué des informations confidentielles à un concurrent.

J'ai été renvoyée sur-le-champ.

Mon nom était sali.

C'était elle, encore.

Elle avait utilisé mon ordinateur pour envoyer les e-mails.

Puis il y a eu Lucas.

Je l'ai rencontré lors d'une fête.

Il était beau, charmant.

Il semblait être le seul qui me voyait vraiment, moi, et pas seulement "la sœur de Chloé".

Notre relation a été un baume sur mes blessures.

Mais Chloé était toujours là, en arrière-plan.

Elle était sa "meilleure amie", sa "confidente".

Elle le conseillait, l'influençait.

Elle a orchestré toute notre relation, comme un marionnettiste.

Elle me l'a servi sur un plateau, juste pour pouvoir me l'arracher de la façon la plus cruelle possible.

Chaque fois que j'échouais, Chloé était là pour me "consoler".

Ses paroles étaient pleines de pitié, mais ses yeux brillaient d'une joie mauvaise.

« Oh, ma pauvre Manon. Tu n'as vraiment pas de chance. »

« Peut-être que tu n'es tout simplement pas faite pour le monde des affaires. Tu es trop gentille. »

« Ne t'en fais pas, tu as encore Lucas. Au moins, tu as réussi en amour. »

Elle me rabaissait constamment, tout en se faisant passer pour une sainte.

Mes parents buvaient ses paroles.

Ils me poussaient à être plus "compréhensive", plus "indulgente" envers ma sœur "traumatisée".

Ils me disaient que j'avais de la chance d'avoir une vie si simple et si calme, comparée à elle.

Une vie simple et calme.

J'étais au chômage, endettée, et ma confiance en moi était en miettes.

Le coup de grâce a été ma difficulté à avoir un enfant.

Après notre mariage, Lucas et moi avons essayé pendant des années.

Rien.

Les médecins ne trouvaient aucune raison physique.

C'était le stress, la pression.

Un jour, alors que je pleurais après un énième test de grossesse négatif, Chloé m'a prise dans ses bras.

Elle m'a murmuré à l'oreille, d'une voix faussement douce :

« C'est peut-être un signe, Manon. Peut-être que tu n'es pas faite pour être mère. Après tout, regarde ta vie. Tout ce que tu touches se transforme en échec. Ce serait peut-être une malédiction pour cet enfant. »

Ces mots m'ont brisée.

J'ai sombré dans une profonde dépression.

La veille de mon second mariage, après que Lucas m'ait quittée pour elle, elle est venue me voir.

J'étais une loque humaine.

Elle se tenait devant moi, triomphante, un sourire cruel sur les lèvres.

C'est là qu'elle m'a tout avoué.

« C'était moi, Manon. Depuis le début. »

Elle a ri.

« Tes examens ratés ? C'était moi. Ton renvoi ? C'était moi. Même tes problèmes de fertilité... Je mettais des choses dans ton thé, tous les jours. Des petites herbes qui dérèglent tout. Rien de permanent, juste assez pour te faire sentir encore plus misérable. »

J'étais sans voix, horrifiée.

« Pourquoi ? » j'ai réussi à articuler.

« Pourquoi ? Parce que je te déteste ! Je déteste ta vie parfaite, tes notes parfaites, l'attention que nos parents te portaient quand on était petites. J'ai dû inventer un drame pour qu'ils me regardent enfin ! Et même après ça, tu étais là, la gentille Manon, la sœur parfaite. J'ai dû te détruire pour pouvoir enfin respirer. »

Elle a regardé ses ongles manucurés.

« Lucas n'a été qu'un outil. Le plus facile à manipuler. Maintenant, tout ce qui était à toi est à moi. Ta maison, ton futur mari... et bientôt, l'entreprise de papa. »

C'est à ce moment-là que je me suis enfuie.

Et que la voiture m'a percutée.

Maintenant, je comprenais tout.

La jalousie maladive de Chloé.

Son besoin pathologique d'être le centre de l'attention.

Sa haine pour cette famille qu'elle trouvait trop normale, trop ennuyeuse.

Elle ne voulait pas être ma sœur.

Elle voulait être moi.

Puis me détruire.

Cette fois, le jeu avait changé.

Je connaissais ses cartes.

Et j'allais jouer les miennes.

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