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La Vengeance de Cécilia

La Vengeance de Cécilia

Auteur:: Beach Bum
Genre: Fantaisie
Pendant quarante ans, ma vie a été une farce cruelle, orchestrée par mon mari, Alan, et ma propre fille, Darlene. J'ai passé des années à soigner Alan, prétendument atteint d'Alzheimer, endurant ses crises et ses insultes, tandis que lui et sa maîtresse, Juliette, prenaient possession de ma maison et même de ma précieuse broche familiale. Puis, le cancer a emporté ce corps usé à 62 ans. Mais juste avant mon dernier souffle, j'ai entendu Alan, la voix parfaitement lucide, murmurer à Juliette qu'il l'épouserait dès que je serais partie. Quarante ans de mensonges, de sacrifices bafoués, une mort dérobée... mon existence entière n'avait été qu'une escroquerie minutieusement orchestrée par ceux que j'aimais le plus. La douleur et la rage étaient si intenses qu'elles auraient dû me consumer. Mais je me suis réveillée. Je suis revenue le jour du maudit dîner de "bienvenue" pour Juliette, le jour où tout avait commencé à s'effondrer. Cette fois, je ne serai plus la victime silencieuse. Cécilia est morte, et elle seule est revenue pour se venger.

Introduction

Pendant quarante ans, ma vie a été une farce cruelle, orchestrée par mon mari, Alan, et ma propre fille, Darlene.

J'ai passé des années à soigner Alan, prétendument atteint d'Alzheimer, endurant ses crises et ses insultes, tandis que lui et sa maîtresse, Juliette, prenaient possession de ma maison et même de ma précieuse broche familiale.

Puis, le cancer a emporté ce corps usé à 62 ans.

Mais juste avant mon dernier souffle, j'ai entendu Alan, la voix parfaitement lucide, murmurer à Juliette qu'il l'épouserait dès que je serais partie.

Quarante ans de mensonges, de sacrifices bafoués, une mort dérobée... mon existence entière n'avait été qu'une escroquerie minutieusement orchestrée par ceux que j'aimais le plus.

La douleur et la rage étaient si intenses qu'elles auraient dû me consumer.

Mais je me suis réveillée.

Je suis revenue le jour du maudit dîner de "bienvenue" pour Juliette, le jour où tout avait commencé à s'effondrer.

Cette fois, je ne serai plus la victime silencieuse. Cécilia est morte, et elle seule est revenue pour se venger.

Chapitre 1

Ma vie passée a été un mensonge.

Un mensonge de quarante ans, orchestré par mon mari, Alan, et ma propre fille, Darlene.

Pendant trois longues années, j'ai soigné Alan, un ancien professeur de littérature respecté de la Sorbonne, soi-disant atteint d'Alzheimer. Chaque jour, je subissais ses insultes, ses crises de violence, nettoyant ses dégâts, endurant tout en silence.

Il ne se calmait qu'en présence de Juliette, son premier amour.

Darlene, ma fille unique, a insisté pour que Juliette emménage chez nous. "C'est pour le bien de Papa," disait-elle, son regard plein de mépris pour moi.

J'étais devenue la bonne de mon propre mari et de sa maîtresse. Épuisée, rongée par le chagrin et la négligence, je suis morte d'un cancer du foie à 62 ans.

Juste avant de rendre mon dernier souffle, cachée derrière la porte de la chambre, j'ai entendu Alan, la voix parfaitement claire, murmurer à Juliette : "Encore un peu de patience, mon amour. Dès qu'elle sera partie, nous nous marierons."

À cet instant, j'ai tout compris. Ma vie entière, mes sacrifices, ma santé perdue... tout ça n'était qu'une farce cruelle. Même la broche Art déco de ma grand-mère, mon bien le plus précieux, il l'avait volée pour l'offrir à cette femme.

Et puis, je me suis réveillée.

L'odeur du vin et de la bouillabaisse flottait dans l'air. Le bruit des couverts et des conversations animées d'un bistrot parisien bourdonnait autour de moi.

Je suis revenue. Revenue au jour du dîner de "bienvenue" pour Juliette.

Alan, assis en face de moi, avait ce regard vide qu'il utilisait pour simuler sa démence. Darlene était à côté de lui, le couvant du regard. Juliette, élégante et souriante, était assise à la droite d'Alan.

Mon gendre et mon petit-fils complétaient la table. Six personnes.

Comme ce jour maudit à la gare Montparnasse, où Darlene n'avait acheté que cinq billets de train pour six, me laissant seule sur le quai, regardant ma propre famille partir en vacances sans moi.

Le serveur a apporté un immense plateau de fruits de mer. Alan, avec un geste théâtral, l'a poussé entièrement devant Juliette.

"Pour toi, ma belle Juliette," a-t-il baragouiné.

Il ne m'a même pas jeté un regard.

Darlene m'a fusillée du regard. "Maman, tu ne vois pas que la table est encombrée ? Sers les plats, au lieu de rester là à ne rien faire."

C'était une habitude. J'étais toujours celle qui servait, celle qui nettoyait, l'ombre silencieuse.

Mais cette fois, c'était différent.

Le souvenir de ma mort, de leur trahison, brûlait en moi. J'ai attrapé le grand bol de bouillabaisse fumante.

"Maman, qu'est-ce que tu fais ?" a crié Darlene, voyant mon expression.

Sans un mot, j'ai renversé la soupe chaude et odorante sur sa robe de créateur.

Chapitre 2

Un cri perçant a déchiré l'ambiance du bistrot.

Darlene a bondi de sa chaise, le visage tordu par la douleur et la stupéfaction. La soupe rouge orangé dégoulinait de ses cheveux et de sa robe de soie.

"Maman ! Tu es folle !"

Juliette a poussé un petit cri horrifié, se reculant comme si j'étais pestiférée.

Alan, le "malade", a réagi instantanément. Son visage s'est crispé de fureur. Il a attrapé une poignée de riz dans son assiette et me l'a jetée au visage.

Les grains de riz collaient à mes joues, à mes cheveux. L'humiliation. Toujours la même.

Mais la Cécilia soumise était morte.

J'ai essuyé mon visage calmement, j'ai pris la soupière presque vide et je l'ai tendue juste sous son nez.

"Tu en veux encore, Alan ?" ai-je demandé d'une voix glaciale. "Celle-ci est encore plus chaude."

Il a sursauté, ses yeux s'écarquillant. Pour la première fois, j'ai vu une lueur de peur dans son regard, une peur qu'il ne pouvait pas cacher derrière son masque de démence. Il est resté figé, la bouche ouverte.

Je me suis redressée, dominant la scène de toute ma hauteur.

"C'est terminé," ai-je annoncé, ma voix résonnant dans le silence soudain. "J'ai pris rendez-vous. Pour toi, Alan."

La panique a traversé les visages d'Alan, de Juliette et de Darlene.

"Un rendez-vous ?" a balbutié Darlene.

"Oui. Avec le professeur Dubois, le chef du service de neurologie à la Pitié-Salpêtrière. Un des meilleurs spécialistes d'Europe. On va enfin avoir un diagnostic clair et complet sur ton état."

Le visage d'Alan est devenu livide. Juliette a attrapé son bras, son sourire de façade s'étant complètement évaporé.

Ils savaient, comme moi, qu'un expert de ce calibre ne se laisserait pas berner par une comédie aussi grossière. Leur petit arrangement confortable était sur le point de s'effondrer.

J'ai jeté quelques billets sur la table pour payer ma part et j'ai tourné les talons, les laissant dans leur chaos et leur panique.

En sortant du bistrot, j'ai respiré l'air frais de la nuit parisienne. C'était la première bouffée de liberté que je prenais depuis des décennies.

La vengeance ne faisait que commencer.

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