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La Vengeance d'Alpha

La Vengeance d'Alpha

Auteur:: vino
Genre: Loup-garou
Que se passe-t-il quand l'alpha le plus redouté d'Italie, Aurelien Di Luca, découvre qu'il a été dupé par un homme d'affaires russe, Viktor Petrov, qui lui a extorqué des milliards ? La découverte que cet homme est mort laisse Aurelien dans un état de rage indescriptible, le privant de toute chance de se venger. Froid et implacable, il n'a jamais pardonné la trahison, mais cette situation pourrait-elle le pousser à des extrêmes inimaginables ? Alors qu'il se prépare à abandonner tout espoir de récupérer sa fortune, son détective personnel révèle un détail qui change la donne : la fille unique de Viktor, Luna. Cette jeune femme pourrait-elle devenir l'instrument parfait pour sa vengeance ? Alors qu'Aurelien jure de ne pas s'attacher, peut-il vraiment rester indifférent face à celle qui n'a rien à voir avec les crimes de son père ? Il décide alors d'utiliser Luna pour récupérer la dette que son père lui doit, malgré les secrets sombres et les obstacles imprévus qui surgissent sur son chemin. Même en découvrant qu'elle attend un enfant d'un autre homme, il est prêt à ignorer ce détail crucial. Mais Luna a ses propres plans. Elle est déterminée à briser les chaînes du passé et à échapper aux machinations d'Aurelien. Alors qu'elle lutte pour sa liberté, jusqu'où ira Aurelien pour conquérir son cœur tout en assouvissant sa soif de vengeance ? Les enjeux sont plus élevés que jamais dans ce jeu dangereux où l'amour et la trahison s'entrelacent dans une danse mortelle. Qui remportera cette bataille où chaque mouvement pourrait être fatal ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

L'appel arriva en plein milieu de la nuit.

Aurelien Di Luca, le maître incontesté de l'empire qu'il avait bâti à coups de poings et de crocs, n'était pas un homme que l'on dérangeait à cette heure. Pourtant, quand son assistant personnel, Marco, osa briser le silence de son manoir d'un simple *« Nous avons un problème. »*, Aurelien sut instantanément que quelque chose de grave se profilait.

Il se redressa, quittant le confort de ses draps en satin pour enfiler un peignoir noir, comme s'il revêtait une armure. Lorsqu'il entra dans son bureau, Marco l'attendait déjà, debout, les traits tendus.

- Parle, ordonna Aurelien d'une voix calme mais glaciale.

Marco tendit une tablette, les mains tremblantes. Ce n'était pas le genre d'homme à céder à la panique. Pourtant, les données affichées sur l'écran suffirent à provoquer une montée d'adrénaline chez Aurelien.

- Un compte offshore, expliqua Marco en déglutissant. Lié à une société écran que nous avons ignorée pendant des années. Jusqu'à hier, elle était remplie d'actions, de devises, de contrats d'investissement... Tout est parti, boss.

Le silence se fit pesant.

- Combien  ? demanda Aurelien, même si chaque fibre de son être voulait déjà détruire tout ce qui se trouvait sur son chemin.

- Environ trois milliards.

Trois milliards. C'était bien plus qu'une simple perte financière. C'était une insulte. Une attaque frontale contre tout ce qu'il représentait. Ses poings se crispèrent, ses ongles creusant la chair de ses paumes.

- Qui  ? murmura-t-il, sa voix à peine audible, mais chaque mot chargé d'une violence contenue.

Marco hésita. Il savait que son patron exigeait la vérité, même si elle était douloureuse.

- Viktor Petrov.

Le nom provoqua un éclat de rage pure. Aurelien lança la tablette à travers la pièce, la faisant exploser contre le mur. Viktor Petrov. L'homme qu'il avait toléré à ses côtés, qu'il avait considéré comme un allié temporaire dans un marché difficile. Un requin rusé, certes, mais suffisamment intelligent pour savoir jusqu'où il pouvait pousser sa chance.

Ou peut-être pas.

- Explique-moi, gronda-t-il. Tout. Maintenant.

Marco s'exécuta. Petrov avait utilisé leur partenariat pour s'insinuer dans des réseaux que même Aurelien trouvait complexes. Il avait ouvert des comptes, signé des contrats fictifs, déplacé des fonds par des voies impossibles à tracer. Jusqu'à récemment, tout semblait régulier. Puis, en l'espace de deux jours, tout avait disparu. Les milliards s'étaient évaporés, Petrov avec.

- Nous avons retrouvé des indices dans ses communications récentes, continua Marco. Des messages cryptés, des mouvements de comptes en Russie. Tout mène à une conclusion...

Aurelien se redressa, son regard acéré comme une lame.

- Il a planifié ça depuis le début, termina-t-il à la place de son assistant.

- Oui, confirma Marco. Et... il est mort.

Le mot résonna comme un coup de tonnerre.

- Mort  ?

- Un accident de voiture en Russie. Hier soir. Une collision frontale, pas de survivants.

Aurelien resta immobile, une statue de marbre, tandis que l'information s'insinuait dans son esprit. Pendant un instant, le silence revint. Puis un rire froid, sans joie, s'échappa de ses lèvres.

- Mort. Quel homme chanceux.

Marco se figea.

- Boss, je...

- Il s'est échappé, Marco, lâcha Aurelien, le ton tranchant. Cet enfoiré m'a volé trois milliards et a trouvé la seule issue que je ne peux pas contrôler. Une tombe.

Le silence s'étira encore, mais cette fois, il était chargé de menace.

- Faites-moi un rapport complet. Chaque mouvement qu'il a fait. Chaque contact qu'il a eu. Chaque centime qu'il a déplacé. Et trouvez-moi quelque chose. Une faille, une erreur. Je veux savoir comment il a osé croire qu'il pourrait m'enterrer vivant.

Marco acquiesça rapidement et quitta la pièce. Mais Aurelien ne bougea pas. Il resta là, les mains appuyées sur son bureau en acajou, son esprit déjà plongé dans un tourbillon de colère et de plans de vengeance.

Petrov était mort. C'était une échappatoire lâche, un ultime pied de nez qu'Aurelien refusait de tolérer. Le vol, il pouvait le comprendre. C'était la nature du monde dans lequel ils évoluaient. Mais priver Aurelien de la satisfaction de se venger  ? C'était un crime plus impardonnable encore.

Le lendemain, son détective privé, Matteo, entra dans son bureau avec des yeux cernés.

- J'ai trouvé quelque chose, boss.

Aurelien haussa un sourcil, l'espoir scintillant brièvement sous sa façade impassible.

- Parle.

Matteo hésita, cherchant ses mots.

- Petrov a une fille.

Un silence électrique s'installa.

- Une fille, répéta Aurelien. C'est tout ce que tu as  ?

- Pas exactement. Elle s'appelle Luna Petrov. Trente ans. Une ancienne photographe qui a coupé tous les liens avec son père il y a dix ans. Elle vit une vie discrète, loin de ses affaires. Mais... elle reste sa seule héritière.

Aurelien s'appuya contre son fauteuil, ses doigts tambourinant doucement sur l'accoudoir. Une étincelle de calcul brillant dans ses yeux.

- Où est-elle maintenant  ?

- À Florence. Elle a loué un petit appartement sous un faux nom. Probablement pour éviter d'être associée à lui.

Un sourire glacé étira les lèvres d'Aurelien.

- Bien. Continue de la surveiller. Et assure-toi qu'elle ne quitte pas la ville.

Matteo hésita une fraction de seconde avant de répondre :

- Boss, tu penses vraiment qu'elle...

- Je pense que les péchés des pères ne disparaissent pas avec eux, Matteo. Si Petrov est hors d'atteinte, sa fille ne l'est pas.

Le détective hocha la tête et quitta la pièce, laissant Aurelien seul avec ses pensées. Il savait que ses hommes se poseraient des questions, qu'ils murmureraient dans son dos, mais cela n'avait aucune importance. Il ne s'agissait pas seulement d'argent. Il ne s'agissait même pas de vengeance.

Il s'agissait de principe.

Petrov avait enfreint la règle sacrée : ne jamais trahir un homme plus puissant que soi. Il avait joué, perdu, puis fui. Mais il avait laissé un héritage, un point faible que même sa mort ne pouvait protéger.

Et Aurelien allait s'assurer que ce point faible paie le prix de la trahison.

Pour la première fois depuis qu'il avait appris la nouvelle, il se permit un sourire. Pas un sourire chaleureux ou satisfait, mais une expression froide, calculée, la promesse d'une tempête à venir.

Luna Petrov ne savait peut-être rien des crimes de son père. Mais elle allait bientôt apprendre ce qu'il en coûtait de croiser la route d'Aurelien Di Luca.

Chapitre 2 Chapitre 2

Chapitre 2

Matteo attendait dans l'ombre, immobile comme une statue, prêt à livrer ce qu'il savait. Il avait pris le soin de vérifier chaque détail, anticipant les questions d'Aurelien. Mais même préparé, il sentait la tension dans l'air. Aurelien Di Luca n'était pas un homme à qui on remettait de mauvaises nouvelles sans en payer le prix. Cette fois, cependant, il espérait que ce qu'il avait trouvé suffirait à éteindre, ou du moins à canaliser, la fureur de son patron.

- Elle s'appelle Luna Petrov.

Le nom flotta dans la pièce, accompagné d'un léger silence. Pas d'explosion de colère, pas de poing s'abattant sur la table. Juste le bruit du cuir du fauteuil d'Aurelien qui grince alors qu'il se penche légèrement en avant, son regard perçant cloué sur Matteo.

- Parle, dit-il simplement.

Matteo respira profondément et se lança. Luna Petrov, trente ans, ancienne photographe prometteuse ayant brusquement quitté la scène artistique il y a près d'une décennie. Elle avait changé de nom, adopté un profil bas et menait une vie discrète, bien loin des scandales qui entouraient son père. Mais malgré ses efforts pour disparaître, elle restait la seule survivante directe de Viktor Petrov.

- Elle vit à Florence, continua Matteo. Sous un faux nom. Pas de gros train de vie, pas d'entourage notable. Elle semble vouloir rester en dehors des affaires... ou peut-être qu'elle a peur de ce que son père pourrait lui avoir laissé.

Aurelien haussa un sourcil, signe qu'il écoutait attentivement, mais son expression restait illisible.

- Et elle a de l'argent  ?

- Pas à première vue. Aucun mouvement bancaire suspect, aucune indication qu'elle aurait touché quoi que ce soit de l'argent de Viktor.

Un sourire froid étira les lèvres d'Aurelien.

- Alors elle est soit plus maline que lui... soit une idiote naïve.

Matteo hésita un instant avant d'ajouter :

- Mais elle est une porte. Si Viktor a caché quelque chose, elle pourrait être la clé pour le trouver.

Aurelien se redressa, faisant rouler ses épaules comme un prédateur prêt à bondir.

- Continue à la surveiller. Je veux savoir tout ce qu'il y a à savoir sur elle. Ses routines, ses contacts, ses faiblesses. Chaque détail.

Matteo acquiesça, mais il n'avait pas fini.

- Il y a autre chose. Elle...

Il s'arrêta, cherchant ses mots.

- Quoi  ?

- Elle n'a pas l'air d'être impliquée dans les affaires de son père. Pas du tout, en fait. Il y a un véritable mur entre eux. Si elle sait quoi que ce soit, elle le cache bien.

- Peu importe. Elle reste une Petrov, répondit Aurelien. Et tout ce qui porte ce nom m'appartient, qu'elle le sache ou non.

Matteo hocha la tête, mais ses yeux trahissaient une certaine appréhension.

- Faites-moi savoir dès que vous avez autre chose, ordonna Aurelien en se levant, signifiant que l'entretien était terminé.

Quand Matteo quitta la pièce, Aurelien resta seul, les mains posées sur son bureau, les yeux rivés sur un point imaginaire. La colère qu'il avait ressentie en apprenant la trahison de Viktor bouillait toujours en lui, mais maintenant, elle avait une direction. Luna. Une lueur d'espoir dans cette toile d'obscurité. Pas parce qu'elle pouvait réparer les dommages, mais parce qu'elle pouvait lui offrir quelque chose que Viktor avait emporté avec lui : une cible.

Un homme comme Aurelien Di Luca ne vivait pas pour l'argent seul. Ce n'était qu'un outil, un moyen d'étendre son pouvoir, de marquer son territoire. Mais lorsqu'on osait le voler, lorsqu'on piétinait sa confiance, cela devenait personnel. Luna n'avait peut-être rien à voir avec ce que son père avait fait, mais cela importait peu. Elle était la dernière pièce du puzzle, le dernier lien avec celui qui l'avait défié.

La décision fut prise avant même qu'il ne s'en rende compte. Elle serait son levier, son outil pour récupérer ce qui lui revenait. Peu importait combien de temps cela prendrait, combien il devrait dépenser ou sacrifier. Il allait la trouver, la manipuler, et s'assurer qu'elle paie pour les péchés de son père.

Mais il savait aussi que cela nécessiterait de la patience. Luna Petrov n'était pas Viktor. Elle ne vivait pas dans l'ombre des deals douteux et des alliances fragiles. Elle avait choisi une vie différente, une vie ordinaire. Il allait devoir entrer dans son monde, jouer selon ses règles, avant de les briser une à une.

Le soir même, il appela Matteo pour obtenir un premier rapport.

- Elle travaille dans une petite galerie d'art, expliqua le détective. Rien de prestigieux. Elle organise des expositions, aide à vendre des œuvres. Rien qui suggère un lien avec des affaires illégales.

- Et ses fréquentations  ?

- Minimes. Quelques collègues, une ou deux amies proches. Pas de compagnon sérieux d'après ce que j'ai pu voir.

Un sourire froid éclaira brièvement le visage d'Aurelien.

- Cela va simplifier les choses.

Matteo, qui avait appris à lire entre les lignes, sentit le frisson dans cette phrase anodine.

- Boss, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle n'est peut-être pas comme lui.

Aurelien ne répondit pas immédiatement.

- Peu importe ce qu'elle est. Ce qui m'importe, c'est ce qu'elle peut m'apporter.

Matteo savait que la discussion était close.

Les jours qui suivirent furent dédiés à l'étude méticuleuse de chaque aspect de la vie de Luna. Aurelien se plongea dans les rapports de Matteo, observant les photos, les descriptions, les horaires. Il traça des plans dans sa tête, envisageant différentes façons de l'approcher. Une chose était claire : elle ne serait pas facile à briser.

Mais il n'avait pas besoin qu'elle se brise tout de suite. Il voulait qu'elle le guide, qu'elle ouvre la porte à ce que Viktor avait laissé derrière lui.

Et si elle refusait  ?

Aurelien chassa la pensée. Personne ne disait non à Aurelien Di Luca. Pas même une femme comme Luna Petrov.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

Les gens sont rarement ce qu'on attend d'eux. Luna Petrov ne faisait pas exception.

Le café où elle travaillait ce jour-là était un lieu quelconque, un de ces endroits où les visages se perdent dans le bruit des machines à espresso et les murmures des conversations banales. Pourtant, dès qu'elle franchit la porte, elle attira l'attention d'Aurelien. Pas parce qu'elle cherchait à le faire. Justement parce qu'elle ne cherchait rien du tout.

Il l'observa depuis une table au fond, un journal ouvert devant lui, bien qu'il n'ait pas lu une seule ligne. Matteo avait mentionné la galerie, mais apparemment, Luna occupait aussi ses matinées dans ce café, sans doute pour arrondir ses fins de mois.

Elle était là, à ranger des tasses et à sourire poliment à des clients qui ne semblaient pas la voir. Une simplicité désarmante. Pas de bijoux ostentatoires, pas de démarche calculée. Juste une femme ordinaire, vêtue d'un jean et d'un t-shirt blanc, ses cheveux attachés à la hâte.

Aurelien s'attendait à ressentir une vague de mépris. Peut-être même de dédain. Mais ce qu'il éprouva fut bien différent. Il ne savait pas pourquoi il s'attendait à voir Viktor dans ses traits, dans ses gestes. Une arrogance, une froideur. Rien de tout cela n'existait chez elle.

Luna dégageait quelque chose de doux, de calme. Une espèce de lumière discrète, loin des projecteurs. Une femme qui semblait ne pas vouloir d'ennuis, mais qui portait en elle une énergie tranquille, presque contagieuse.

Il fronça les sourcils, dérangé par ce constat. Ce n'était pas ce qu'il voulait voir.

Elle prit une commande, écouta attentivement, nota les détails avec un sourire sincère, puis se dirigea vers le comptoir pour préparer un café. Pas de hâte, pas de fausse politesse. Juste une présence naturelle, authentique.

- Elle n'a rien à voir avec Viktor, dit Matteo en s'asseyant en face de lui, une bière à la main.

Aurelien ne leva pas les yeux du journal.

- Tu devrais regarder plus qu'un sourire, répondit-il sèchement.

Matteo haussa les épaules.

- Tu cherches des signes d'une filiation toxique. Je t'en donne un, elle n'en montre aucun.

Aurelien plia le journal d'un geste net, le regard acéré.

- Tout le monde a des ombres, Matteo. Elle les cache bien, c'est tout.

Matteo croisa les bras, mais ne répondit rien. Il savait qu'insister ne servirait à rien.

Luna finit sa matinée et quitta le café, sans se presser. Aurelien sortit quelques secondes après, se fondant dans la foule. Il avait l'habitude de passer inaperçu quand il le voulait. C'était une compétence essentielle dans son monde.

Elle marcha tranquillement, les mains dans les poches, sans une once de suspicion dans ses gestes. Matteo avait raison, elle ne ressemblait pas à Viktor. Mais ça ne voulait rien dire.

Son chemin la mena à un parc. Elle s'assit sur un banc, sortit un carnet de son sac et commença à écrire. Pas un téléphone, pas un ordinateur, mais un carnet et un stylo. Il plissa les yeux, intrigué.

Elle ne regarda jamais autour d'elle, ne montra aucune nervosité. Rien. Soit elle ignorait complètement qu'elle pouvait être suivie, soit elle était excellente pour le dissimuler.

Aurelien s'adossa contre un arbre à quelques mètres, observant. Les minutes s'étirèrent. Elle écrivait, s'arrêtait, regardait le vide, puis reprenait.

- Qu'est-ce que tu vois  ? murmura Matteo à ses côtés.

- Une femme qui ne sait pas qu'elle est une cible, répondit Aurelien sans détourner le regard.

- Tu penses vraiment qu'elle sait quelque chose  ?

- Peut-être pas consciemment. Mais elle a grandi avec lui. Elle a forcément des réponses.

Matteo soupira, mais il n'insista pas.

Plus tard dans l'après-midi, elle rejoignit la galerie où elle travaillait. Aurelien la suivit à distance, prenant note de chaque détail. La manière dont elle interagissait avec ses collègues, le soin qu'elle mettait à organiser les tableaux, même les gestes anodins qu'elle faisait en parlant.

Quand il repartit en fin de journée, il savait ce qu'il devait faire.

- Je vais l'approcher, annonça-t-il à Matteo alors qu'ils marchaient dans une ruelle sombre.

Le détective haussa les sourcils.

- Directement  ?

- Pas tout de suite. Il faut une stratégie.

- Et tu as une idée  ?

Aurelien s'arrêta et se tourna vers lui, un sourire froid aux lèvres.

- J'ai toujours une idée.

Le lendemain, il retourna à la galerie, cette fois en tant que client. Un costume sobre, une attitude détendue, rien qui puisse attirer l'attention. Luna était là, occupée à ajuster un tableau sur un mur. Il s'approcha lentement, s'arrêtant à quelques pas d'elle.

- Excusez-moi, dit-il doucement.

Elle se retourna, un sourire poli sur les lèvres.

- Oui  ?

Il lui montra un tableau.

- Cette pièce m'intrigue. Pouvez-vous m'en dire plus  ?

Elle posa son chiffon et s'approcha, jetant un coup d'œil à l'œuvre.

- Bien sûr. C'est un travail récent d'un artiste local. Il explore les thèmes de la mémoire et de l'oubli.

Sa voix était calme, posée, presque apaisante. Pas une seule fois elle ne détourna les yeux, pas un seul signe qu'elle pouvait soupçonner quoi que ce soit.

Il hocha la tête, feignant l'intérêt.

- Fascinant. Vous semblez connaître ce sujet en profondeur.

Elle haussa légèrement les épaules, modestement.

- J'essaie, répondit-elle avec un petit sourire.

Il resta quelques minutes de plus, posant des questions, l'écoutant répondre. Chaque mot, chaque geste était soigneusement noté dans son esprit. Il ne se pressa pas, sachant que la patience était son arme la plus précieuse.

Quand il partit, il laissa un souvenir. Une carte de visite. Un nom fictif, une adresse bidon, mais suffisamment crédible pour qu'elle puisse croire qu'il était simplement un collectionneur intéressé.

- Et maintenant  ? demanda Matteo plus tard, alors qu'ils retournaient dans leur cachette temporaire.

- Maintenant, je laisse la graine germer, répondit Aurelien, un éclat dangereux dans les yeux.

Il n'était pas encore certain de la profondeur de son plan, mais une chose était claire : Luna Petrov était bien plus qu'un simple outil. Elle représentait un défi. Et il n'y avait rien qu'Aurelien aimait plus qu'un bon défi.

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