Mon frère Léo, un chef de talent plein d'avenir, venait de décrocher sa place de rêve au Château de Versailles. Il était mon roc, ma fierté. Jamais je n'aurais imaginé que ce sommet de sa carrière, ce moment de pur bonheur, serait en réalité le début de sa tragédie, la dernière ligne de son histoire.
Tout a basculé à cause d'une seule goutte de vin. Une insignifiante tache sur la robe haute couture de Chloé de Villeroy, l'organisatrice. Son regard haineux a suffi à briser Léo. Humilié publiquement, puis blacklisté par les puissantes relations de Chloé, son rêve s'est brisé en mille morceaux.
Plus aucun grand restaurant de France ne voulait de lui. Son monde s'est effondré autour de lui. Peu après, la police a conclu à un "suicide", affirmant qu'il s'était jeté d'un pont. À son enterrement, mes yeux sont restés secs. La douleur était là, oui, mais recouverte par une certitude glaçante.
Suicide ? Non. Mon Léo n'aurait jamais fait ça. Il n'a pas mis fin à ses jours ; il a été détruit, assassiné par la cruauté d'une femme. Chloé de Villeroy. Comment l'a-t-on laissée impunie ? L'injustice brûlait en moi, une flamme froide et rageuse. Je savais la vérité, et je savais qui payerait.
Devant sa tombe, j'ai fait une promesse. Une seule. Je la détruirai. J'ai vite identifié sa seule faille : Bastien Rocher, son puissant fiancé, qu'elle aimait avec obsession. Mon diplôme d'histoire de l'art était mon arme secrète. J'ai postulé à la Fondation Rocher. Je m'appelle Amélie, et ma vengeance commence.
Mon frère Léo est mort.
Il s'est jeté du haut d'un pont.
La police a conclu à un suicide.
Moi, je sais que c'est un meurtre.
Le coupable, c'est Chloé de Villeroy.
Léo était un jeune chef plein de talent. Il travaillait pour un événement privé au Château de Versailles, organisé par Chloé. En la servant, une goutte de vin a taché sa robe haute couture.
Une seule goutte.
Chloé, furieuse, l'a humilié devant tout le monde. Puis elle a utilisé l'influence de sa famille pour le faire blacklister. Plus aucun grand restaurant en France ne voulait de lui.
Son rêve était brisé.
Alors il a sauté.
Je n'ai pas pleuré à son enterrement. J'ai juste regardé sa photo, son sourire innocent, et j'ai fait une promesse.
Je la détruirai.
Je savais que Chloé avait une seule faiblesse : son amour obsessionnel pour son fiancé, Bastien Rocher.
Bastien Rocher. Le dirigeant d'un puissant fonds d'investissement, président de la Fondation Rocher, un homme charismatique et distant.
Mon diplôme en histoire de l'art était ma clé. J'ai postulé pour un stage à la Fondation Rocher. J'ai été prise.
Me voilà, Amélie, la petite étudiante de Marseille, au cœur de l'élite parisienne.
Mon plan commençait.
Ce soir-là, la fondation organisait un vernissage. L'événement s'est terminé tard. Bastien avait bu. Pas ivre mort, mais assez pour être moins méfiant.
J'étais la dernière stagiaire présente.
« Monsieur Rocher, je peux vous appeler un chauffeur ? » ai-je demandé d'une voix douce.
Il a hoché la tête, l'air fatigué.
Je l'ai guidé, non pas vers la sortie, mais vers une salle de conservation privée. Il s'est assis lourdement sur un canapé.
J'ai pris son téléphone posé sur la table. J'ai cherché le contact "Mon amour". Chloé.
J'ai appelé.
Elle a répondu immédiatement, sa voix aiguë et possessive.
« Bastien ? Où es-tu ? »
Je n'ai rien dit. J'ai laissé la ligne ouverte.
J'ai soulevé un lourd porte-documents en cuir. Je l'ai laissé tomber violemment sur le sol, juste à côté du téléphone.
BOUM.
Au même moment, j'ai poussé un petit cri étouffé, comme si on venait de me surprendre ou de me plaquer contre quelque chose.
Puis, j'ai raccroché.
J'ai imaginé le visage de Chloé, ses yeux fous de jalousie. Elle imaginait une scène. Une scène intime. C'était exactement ce que je voulais.
Je me suis assise dans un coin sombre, et j'ai attendu.
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Le mien venait juste d'être servi.
Dix minutes plus tard, des coups violents ont secoué la porte de la salle.
Chloé. Pile à l'heure.
Bastien a sursauté sur le canapé. Il a frotté ses yeux, l'air confus.
« Qu'est-ce que... »
Je me suis levée rapidement, jouant la panique.
« Monsieur Rocher, c'est sûrement Mademoiselle de Villeroy. Je vous en prie, ne lui dites pas que je suis là