Chapitre 1
L'air était lourd ce matin-là, presque étouffant malgré la fraîcheur automnale. Je n'aurais pas su dire pourquoi, mais une sensation sourde, une sorte de tension invisible, semblait flotter dans notre immense propriété. Ma mère, Isabella, pourtant toujours sereine et digne, paraissait nerveuse. Elle n'avait pas cessé de faire des allers-retours dans le salon principal, jetant des coups d'œil furtifs vers les immenses baies vitrées qui donnaient sur les jardins.
Alexander, mon frère aîné, observait tout cela avec son mépris habituel. Adossé contre une étagère chargée de vieux livres que personne ne lisait jamais, il s'amusait à faire tourner distraitement un couteau de poche entre ses doigts. « Maman, tu pourrais peut-être nous dire ce qui te stresse à ce point ? » lança-t-il d'un ton détaché, mais non dénué de provocation.
Ma mère s'arrêta brusquement, tournant vers nous un regard sévère. « Alexander, arrête de jouer les insolents pour une fois. Il faut que vous m'écoutiez. Tous les deux. »
Je relevai les yeux de mon carnet, sentant que quelque chose de sérieux se tramait. Ma mère n'utilisait jamais ce ton autoritaire sans raison.
« Aujourd'hui, vous ne quittez pas la maison, c'est compris ? » dit-elle en pointant un doigt vers nous. « Vous restez près de moi, quoi qu'il arrive. »
« C'est ridicule, » grogna Alexander en rangeant son couteau dans sa poche. « Tu te comportes comme si on était en guerre. »
« Nous sommes en guerre, Alexander, » répondit-elle, sa voix tremblante d'une émotion contenue. « Une guerre dont vous ne savez rien. »
Je fronçai les sourcils. « De quoi tu parles, maman ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais à cet instant précis, un bruit sourd résonna à travers les murs, un grondement lointain, comme un orage qui approchait. La maison, pourtant solide, sembla vibrer légèrement sous l'impact.
Alexander et moi échangâmes un regard perplexe. « C'était quoi, ça ? » murmurai-je, une boule d'inquiétude se formant dans mon estomac.
Mais ma mère, elle, ne semblait pas perplexe. Non, son visage s'était figé dans une expression que je ne lui avais jamais vue auparavant : de la terreur pure.
« Courez ! » cria-t-elle soudain, sa voix perçant le silence comme un coup de tonnerre.
« Quoi ?! » Alexander et moi répondîmes en chœur, mais elle ne perdit pas une seconde. Elle nous attrapa tous les deux par le bras, ses ongles s'enfonçant dans ma peau, et nous poussa vers la porte arrière.
« Maintenant ! » hurla-t-elle.
Je trébuchai sous la force de son geste, mais mon frère se dégagea, visiblement agacé. « Attends une minute ! Courez où ? Pourquoi ? »
Avant qu'elle puisse répondre, un second bruit sourd explosa, plus proche cette fois. Je sursautai violemment, mon cœur battant si fort que je pouvais l'entendre dans mes oreilles. Un hurlement, aigu et déchirant, se fit entendre à travers la propriété, et mon sang se glaça.
« Je ne vais pas le répéter, Alexander. On n'a pas le temps pour tes questions ! » cria ma mère en le fixant droit dans les yeux.
Je vis quelque chose changer dans son regard. Elle n'était plus simplement notre mère élégante et intransigeante. Elle était une femme qui se battait pour protéger ses enfants, prête à tout pour nous sauver.
Alexander resta immobile un instant, mais l'urgence dans sa voix sembla finalement le convaincre. Il hocha la tête, mais pas avant de lancer un dernier regard inquiet vers l'aile sud de la maison.
Nous nous précipitâmes vers les jardins, mais à peine avions-nous franchi la porte arrière qu'un éclair lumineux illumina le ciel derrière nous. Un bruit fracassant suivit, et je me retournai juste à temps pour voir une partie de la maison s'effondrer dans un nuage de poussière et de flammes.
Je n'avais jamais ressenti une peur pareille. Ce n'était pas juste la peur pour ma vie ; c'était la peur de tout perdre, de voir le monde que je connaissais s'effondrer sous mes yeux.
« Qu'est-ce qui se passe ?! » hurlai-je, mais ma mère ne répondit pas. Elle nous poussait toujours, ses mains tremblantes mais déterminées.
Alexander, lui, s'arrêta soudain. « Papa ! » cria-t-il, se tournant vers la maison en ruine.
« Non ! » hurla ma mère. « Il est trop tard ! On doit partir ! »
Mais il ne l'écouta pas. Il fit un pas vers la maison, puis un autre.
« Alexander, reviens ! » cria ma mère, mais il était déjà en train de courir dans une direction opposée, vers l'aile nord.
Je voulus lui courir après, mais ma mère m'attrapa par le bras avec une force surprenante. « Non, Mila. Laisse-le. »
« Mais c'est Alexander ! On ne peut pas le laisser seul ! »
« Il a pris sa décision, » dit-elle d'un ton tranchant, mais je pouvais voir les larmes dans ses yeux. « Toi, tu viens avec moi. »
Elle me tira avec elle, mais je résistais, mes pieds traînant sur le sol. « Non, je ne peux pas ! Je ne peux pas le laisser ! »
« Mila, écoute-moi ! » Sa voix était ferme, presque brutale, et je la regardai avec des yeux pleins de larmes. « Si tu veux qu'il ait une chance de s'en sortir, il faut que tu survives. Tu comprends ? Il faut que tu vives. »
Je restai paralysée, incapable de répondre.
« Mila, cours. Maintenant ! »
Avant que je puisse protester, elle me poussa dans une direction opposée, vers le nord. « Va vers la clôture. Cache-toi dans la forêt. »
« Et toi ? »
Elle ne répondit pas. Elle tourna les talons et s'élança dans la direction où Alexander avait disparu.
Je restai là, figée, le froid mordant ma peau. Je voulais crier, courir après eux, mais mes jambes ne bougeaient pas. J'étais tétanisée par la peur, la confusion.
Puis une troisième explosion retentit, si proche que je sentis la chaleur sur mon visage. Cela me sortit de ma torpeur. Je pris une profonde inspiration et fis ce qu'elle m'avait dit. Je courus.
Les branches des arbres griffaient mon visage, mais je ne ralentissais pas. Mon souffle était court, mes jambes me brûlaient, mais je n'osais pas m'arrêter. Tout ce que je savais, c'est que je devais continuer.
Quand je jetai un dernier regard en arrière, je vis notre maison, ce symbole de sécurité et de richesse, dévorée par les flammes. Une colère sourde monta en moi. Qui avait osé faire ça ? Pourquoi nous ?
Mais ces questions, je savais que je n'aurais pas de réponse, pas ce soir. Tout ce qui comptait, c'était de survivre.
Chapitre 2
Le souffle court, les poumons en feu, je continuais de courir à travers la forêt. Les bruits de mes propres pas, mêlés aux craquements des branches sous mes chaussures, me semblaient assourdissants dans le silence nocturne. Chaque ombre projetée par la lune à travers les arbres me donnait l'impression d'être suivie. Je ne savais pas combien de temps je pourrais encore tenir.
La forêt semblait interminable, et plus je m'enfonçais, plus l'obscurité devenait oppressante. La lumière de la maison, qui était auparavant visible derrière moi, avait disparu depuis longtemps. Maintenant, il n'y avait que l'obscurité et le froid qui mordait ma peau à travers mon pull léger.
Des voix, lointaines mais distinctes, s'élevèrent derrière moi.
« Elle est partie par ici ! » cria quelqu'un, sa voix rauque résonnant entre les arbres.
Je sentis mon cœur s'emballer encore plus. Ils me poursuivaient. J'étais leur cible. Pourquoi ? Je n'avais jamais fait de mal à personne. Toute ma vie, je n'avais été que la fille de mes parents, entourée de privilèges, protégée. Et maintenant, j'étais traquée comme un animal.
Je dérapai sur une racine apparente, manquant de m'effondrer, mais je parvins à retrouver mon équilibre. Pas le temps de tomber. Pas le temps de réfléchir. Je devais continuer.
Les voix se rapprochaient.
« On ne doit pas la perdre ! Elle ne peut pas être loin ! »
Je mordis l'intérieur de ma joue pour empêcher un sanglot de franchir mes lèvres. Je ne pouvais pas les laisser m'entendre. Chaque pas que je faisais semblait résonner comme un tambour, bien trop bruyant dans le silence de la nuit.
Finalement, une forme sombre apparut devant moi. Une cabane en bois, vieille et abandonnée, à moitié dissimulée par des broussailles. Mes jambes, épuisées, me guidèrent instinctivement vers elle.
Je poussai la porte en bois, qui grinça sinistrement, et me faufilai à l'intérieur. L'air était humide, chargé d'une odeur de bois pourri et de terre. Je refermai la porte derrière moi aussi doucement que possible, priant pour que personne ne m'ait vue.
La pièce était petite, presque vide, à l'exception d'une vieille chaise cassée dans un coin et d'une couverture poussiéreuse jetée sur le sol. Une seule fenêtre, crasseuse et fissurée, laissait passer un mince filet de lumière de la lune.
Je me plaquai contre un mur, retenant mon souffle. Les voix se rapprochaient encore.
« Elle a dû passer par ici. Regarde les empreintes. »
Mon cœur manqua un battement. Ils étaient juste dehors.
« Tu crois qu'elle s'est enfoncée plus loin ? » demanda une autre voix, plus grave.
« Peut-être. Mais on doit vérifier chaque recoin. Le patron ne nous pardonnera pas si elle nous échappe. »
Mon sang se glaça. Le patron ? Qui étaient ces hommes ? Que voulaient-ils ?
Je me recroquevillai un peu plus contre le mur, priant pour qu'ils ne pensent pas à entrer dans la cabane. Mais le grincement des marches en bois à l'extérieur me fit comprendre que j'avais tort.
« La cabane, là-bas. On regarde à l'intérieur ? »
« Évidemment. »
Je me mordis la lèvre pour ne pas crier. Mon esprit était en panique totale. Où pouvais-je me cacher ?
Le sol. Je remarquai un vieux tapis au centre de la pièce. Je le soulevai précipitamment, découvrant une trappe en bois. Sans réfléchir, je l'ouvris et me glissai à l'intérieur, refermant la trappe juste à temps.
De l'autre côté, la porte de la cabane s'ouvrit brusquement.
« Rien. Juste une cabane abandonnée, » grogna l'un des hommes.
À travers les interstices de la trappe, je pouvais voir leurs bottes noires. Ils fouillaient la pièce, déplaçant la chaise cassée et inspectant les coins sombres.
« Tu crois qu'elle aurait eu l'idée de venir ici ? » demanda le deuxième.
« Peu importe. On ne prend pas de risques. Regarde sous tout ce qui traîne. »
Mon souffle était si faible que je craignais qu'ils puissent l'entendre. Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il résonnait dans tout l'espace confiné où je me trouvais.
L'un des hommes s'arrêta juste au-dessus de la trappe.
« Attends, tu as entendu ça ? »
Je me figeai complètement, me mordant l'intérieur de la joue pour ne pas faire de bruit.
« Non, t'inquiète. Cette gamine est sûrement en train de courir comme une idiote dans les bois. On perd notre temps. »
Un silence tendu s'installa. Je crus que j'allais m'évanouir de peur, mais après quelques secondes qui me semblèrent une éternité, l'homme au-dessus de la trappe se détourna.
« Tu as raison. Allez, on continue. »
Les bottes disparurent de mon champ de vision, et bientôt, le bruit de leurs pas s'éloigna.
Je restai immobile, incapable de bouger, pendant plusieurs minutes. J'attendis jusqu'à ce que je sois sûre qu'ils soient partis, jusqu'à ce que le silence de la forêt m'entoure à nouveau.
Quand je sortis enfin de ma cachette, mes jambes tremblaient si fort que je dus m'asseoir un moment. Je ne savais pas combien de temps j'avais passé dans cette cabane, mais la peur n'avait toujours pas quitté mon corps.
Qui étaient ces hommes ? Que voulaient-ils ? Et qui était leur « patron » ? Je n'avais aucune réponse, mais une chose était sûre : je ne pouvais pas rester ici. Ils reviendraient sûrement.
Prenant une profonde inspiration, je me levai. Je n'avais pas le luxe de rester figée dans la peur. Je devais continuer, même si je ne savais pas où aller. Même si chaque pas me rapprochait du danger.
Je pris la vieille couverture dans un coin et la jetai sur mes épaules. Elle était poussiéreuse et sentait mauvais, mais elle pourrait me réchauffer un peu. Puis je sortis de la cabane, mes sens en alerte maximale.
La forêt semblait plus sombre que jamais, mais je n'avais pas le choix. Je devais avancer, coûte que coûte.
Chapitre 3
Mes jambes tremblaient encore lorsque je fis un dernier tour de la cabane, à la recherche de quoi que ce soit pouvant m'être utile. Je savais que je ne pouvais pas rester ici plus longtemps, mais quitter cet endroit sans plan ni direction me paraissait suicidaire. Pourtant, je ne pouvais pas nier la sensation oppressante qui pesait sur moi, comme si chaque seconde que je passais ici me rapprochait du danger.
Alors que je fouillais sous la chaise cassée, mes doigts rencontrèrent quelque chose de froid et métallique. Je tirai l'objet vers moi et découvris un téléphone. Un vieux modèle à clapet, rayé et poussiéreux, mais intact. Mon cœur fit un bond.
C'était peut-être une chance. Un miracle, même. Mais était-ce trop beau pour être vrai ? Je regardai autour de moi, comme si j'attendais que quelqu'un surgisse pour me le reprendre. Le silence était total.
Mes mains tremblaient tandis que j'ouvrais le téléphone. Il avait encore un peu de batterie. Je devais me dépêcher avant qu'il ne s'éteigne pour de bon.
L'écran s'alluma, affichant une simple notification : **1 nouveau message.**
Je fronçai les sourcils. Qui avait laissé ce téléphone ici ? Et pourquoi y avait-il un message non lu ?
Je cliquai dessus, mon cœur battant à tout rompre. Le message était court, composé de symboles étranges et d'une phrase qui ressemblait à un code :
** »Refuge 13 : 47.205N, 1.554W. Viens seule. »**
Le souffle me manqua. Alexander. Cela devait être lui. Je ne connaissais personne d'autre qui utiliserait ce genre de langage crypté. Mon frère avait toujours eu un don pour cacher des messages dans des phrases simples. C'était son moyen de communication préféré quand nous étions petits, un jeu auquel je ne participais qu'à moitié, trouvant cela souvent trop compliqué.
Mais cette fois, je compris immédiatement. Les coordonnées indiquaient un lieu précis, et le mot *refuge* suffisait à me convaincre que c'était un endroit sûr. Enfin, si Alexander y était, du moins.
Mes pensées s'embrouillaient. Comment avait-il su où je me trouvais ? Comment avait-il pu anticiper que je trouverais ce téléphone ?
Je ne pouvais pas me permettre de douter. C'était ma seule piste. Si c'était vraiment lui, alors il était en vie, et il avait un plan. Je m'accrochais désespérément à cette idée.
Mais je savais que ce ne serait pas facile. Sortir de cette forêt sans être repérée relevait presque de l'impossible. Les hommes en noir étaient encore quelque part, et je ne pouvais pas compter sur le hasard pour m'en tirer une nouvelle fois.
Je fermai les yeux un instant, prenant une profonde inspiration. Mon souffle était irrégulier, mes pensées un chaos de peur et de désespoir. Mais au fond de moi, une petite étincelle de détermination brûlait encore.
Je me levai, serrant le téléphone contre moi comme s'il était la clé de ma survie. Il fallait bouger, maintenant.
Alors que je sortais de la cabane, une étrange sensation de malaise s'insinua en moi. Je levai les yeux, scrutant l'obscurité entre les arbres. Rien. Juste les ombres mouvantes des branches sous la lumière lunaire. Pourtant, je ne pouvais pas me défaire de l'impression d'être observée.
Je repris ma route, me guidant tant bien que mal à travers les sous-bois. Les coordonnées indiquaient une direction vers le nord-ouest. Avec un peu de chance, je pourrais y arriver avant que la nuit ne devienne trop glaciale.
Mais après seulement quelques mètres, un craquement retentit derrière moi.
Je m'immobilisai, mon cœur battant à tout rompre. Était-ce une branche qui tombait ? Un animal ? Ou... pire ?
Je fis quelques pas de plus, essayant de ne pas paniquer. Mais le bruit se répéta, cette fois plus proche.
Je tournai brusquement la tête, mes yeux scrutant les ténèbres. « Qui est là ? » murmurais-je, ma voix tremblante.
Aucune réponse. Juste le silence.
Je recommençai à marcher, mais à peine avais-je avancé qu'un nouveau bruit résonna, suivi d'un murmure indistinct. Mon cœur se serra.
« Allez, Mila, respire... » murmurai-je pour moi-même, tentant de calmer la panique qui menaçait de me submerger. Mais mon corps ne m'écoutait pas. Mes jambes étaient prêtes à partir dans un sprint désespéré.
Soudain, une silhouette émergea des ombres, à une dizaine de mètres devant moi. Mon corps se figea, la peur m'immobilisant complètement.
C'était l'un d'eux. Je le reconnaissais à sa tenue noire, presque invisible dans l'obscurité. Il avançait lentement, comme un prédateur traquant sa proie.
Je reculai instinctivement, mes pieds cherchant à tâtons un chemin vers l'arrière. Mais mon talon heurta une branche, la faisant craquer sous mon poids.
L'homme releva la tête immédiatement, son regard perçant se posant directement sur moi.
« Là ! » cria-t-il.
Je ne réfléchis pas. Je courus.
Ma respiration était haletante, chaque inspiration me brûlait la gorge, mais je ne m'arrêtais pas. Les branches me griffaient les bras et le visage, mais je ne ressentais rien d'autre que l'adrénaline qui me poussait à avancer.
Derrière moi, j'entendais des pas lourds qui martelaient le sol, des voix qui criaient, mais je ne pouvais pas me permettre de regarder en arrière.
Je devais atteindre les coordonnées. Je devais retrouver Alexander.
Le terrain devenait de plus en plus accidenté, et je manquais plusieurs fois de tomber, mais je continuais. Le froid mordait mes poumons, la panique rendait chaque pas douloureux, mais je m'accrochais à l'idée que tout cela finirait bientôt.
Un ruisseau apparut devant moi, et sans réfléchir, je sautai dedans, l'eau glaciale me montant jusqu'aux genoux. Je continuai de courir à contre-courant, espérant que cela masquerait ma trace.
Les voix derrière moi s'estompèrent peu à peu, mais je ne ralentissais pas. Je ne savais pas combien de temps cela durerait, ni même si j'avais réellement réussi à les semer.
Après ce qui me parut une éternité, j'atteignis enfin une petite clairière. Mes jambes me lâchèrent, et je m'effondrai à genoux, respirant difficilement.
J'étais épuisée, gelée, et terrifiée. Mais quelque part en moi, une lueur d'espoir continuait de briller. Je devais continuer. Je devais y croire. Pour Alexander. Pour maman. Pour moi.