J' étais là, un verre de champagne à la main, au milieu du vernissage de mon père, le bruit des rires résonnant comme un lointain écho.
Une seconde auparavant, mon corps usé par la maladie, j' agonisais seule dans un lit d' hôpital, vidée de tout espoir.
La seconde d' après, le passé irréel se tordait: j' étais revenue cinq ans en arrière, au jour exact où ma vie avait basculé.
Mon fiancé, Marc Fournier, flottait à la périphérie de ma vision, son sourire autrefois charmeur me donnait la nausée.
Dans ma première vie, j' avais tout donné à cet homme, héritière d' une famille d' artistes, je croyais qu' il aimait mon art, mon héritage, et moi.
Quelle idiote j' avais été.
Il s' est approprié nos œuvres, a vidé nos comptes, nous a laissés sans rien.
Pire, il a organisé son propre décès dans un faux accident de voiture pour disparaître avec une autre femme, me laissant anéantie, endettée et seule face au deuil et à la ruine.
Je suis morte seule, dans la pauvreté, apprenant par hasard, via un article en ligne, qu' il menait une vie de luxe à l' autre bout du monde.
Il ne m' avait jamais aimée.
J' étais juste un pion, un outil pour son ascension sociale et financière.
Mais maintenant, j' étais de retour.
J' avais une seconde chance.
Et je n' allais pas la gâcher.
Mon père s' est approché de moi, son regard bienveillant posé sur mon visage, me demandant si j' allais bien.
Les bras croisés et le cœur battant à tout rompre, je me suis redressée dans mon lit d' hôpital.
«Madame Fournier, vous pouvez dire à votre fils que nos fiançailles sont rompues. Définitivement.»
Je me suis ensuite tournée vers Thomas, un sourire immense aux lèvres.
«Thomas Bernard, j' accepte votre proposition.»
Le jeu avait commencé.
Et cette fois, c' est moi qui fixais les règles.
Je me tenais au milieu du vernissage, un verre de champagne à la main, le bruit des conversations et des rires résonnant autour de moi comme un écho lointain. Tout semblait irréel, flou. Une seconde plus tôt, j'étais seule dans un lit d'hôpital froid, mon corps usé par la maladie, mon cœur vidé de tout espoir, attendant la mort. Et la seconde d'après, j'étais là, de retour cinq ans en arrière, au jour exact où ma vie avait basculé.
Le visage suffisant de Marc Fournier, mon fiancé, flottait à la périphérie de ma vision. Il parlait avec un collectionneur potentiel, son sourire charmeur était parfaitement en place. Ce sourire qui m'avait autrefois fait fondre me donnait maintenant la nausée.
Dans ma vie passée, j'avais tout donné à cet homme. J'étais Camille Dubois, héritière d'une famille d'artistes respectés. Mon père était un peintre de renom, et notre nom était synonyme de talent et d'intégrité. J'avais cru que Marc, un galeriste influent, aimait mon art, mon héritage, et moi.
Quelle idiote j'avais été.
Il a utilisé ma naïveté et l'amour de ma famille. Il s'est approprié nos œuvres, les vendant à des prix exorbitants dans notre dos, tout en nous laissant croire qu'il travaillait pour notre bien. Il a vidé nos comptes, nous a laissés sans rien. Et le pire, c'est qu'il a organisé sa propre mort dans un faux accident de voiture pour disparaître avec une autre femme, me laissant anéantie, endettée et seule pour affronter le deuil et la ruine.
Je suis morte seule, dans la pauvreté, en apprenant par hasard, via un article en ligne, qu'il menait une vie de luxe à l'autre bout du monde. Il ne m'avait jamais aimée. J'étais juste un pion, un outil pour son ascension sociale et financière.
Mais maintenant, j'étais de retour. J'avais une seconde chance. Et je n'allais pas la gâcher.
Mon père s'est approché de moi, son regard bienveillant posé sur mon visage.
"Camille, ma chérie, tout va bien ? Tu as l'air pâle."
J'ai forcé un sourire.
"Tout va bien, Papa. Je réfléchissais juste."
Son regard a balayé la pièce, s'arrêtant sur Marc, puis sur un autre homme, plus discret, qui se tenait près d'une des toiles de mon père. C'était Thomas Bernard, un critique d'art indépendant. Je me souvenais de lui. Il avait toujours écrit des critiques passionnées et perspicaces sur le travail de ma famille, des critiques qui montraient qu'il comprenait vraiment l'âme de nos œuvres, contrairement à Marc qui n'y voyait que des chiffres.
"Marc est un jeune homme brillant," a dit mon père, un peu déconnecté des réalités du marché de l'art. "Il a un grand avenir. Et Thomas... il a une passion pure pour l'art. C'est rare de nos jours."
Dans ma vie passée, à cette même question implicite, j'avais répondu sans hésiter que Marc était l'homme de ma vie. Cette fois, je n'ai rien dit. J'ai simplement regardé Thomas. Il a senti mon regard et a levé les yeux. Une lueur de surprise et quelque chose de plus profond, une admiration timide, a traversé son visage avant qu'il ne détourne les yeux, mal à l'aise.
Je savais qu'il m'admirait en secret. Dans ma vie passée, après ma "chute", il avait été l'un des seuls à tenter de m'aider, de manière anonyme.
J'ai pris ma décision. J'ai vidé mon verre d'un trait et l'ai posé sur un plateau qui passait. J'ai ignoré Marc qui me faisait signe de le rejoindre et j'ai commencé à marcher, non pas vers lui, mais dans la direction opposée.
Mon amie, Isabelle Moreau, m'a interceptée.
"Camille ! Où vas-tu comme ça ? Marc t'attend. Tu ne vas pas le laisser seul avec le critique d'art le plus important de la ville ?"
Isabelle, ma chère Isabelle. Elle aussi avait été aveuglée par le charisme de Marc. Elle avait fini par me tourner le dos, déçue par mes échecs, sans jamais savoir qu'il en était la cause.
"Je vais prendre l'air, Isa. Je ne me sens pas très bien."
Marc m'a vue m'éloigner et a froncé les sourcils. Il a dit quelque chose au collectionneur et s'est dirigé vers moi, son expression agacée.
"Camille, qu'est-ce que tu fais ? On est en pleine négociation. Ta place est à mes côtés."
Sa voix était autoritaire, possessive. Avant, j'aurais trouvé ça rassurant. Maintenant, ça me glaçait le sang.
Je l'ai regardé droit dans les yeux.
"Ma place est où je décide qu'elle est, Marc."
Il a été surpris par ma réponse. Il n'était pas habitué à ce que je lui tienne tête.
"Pardon ? Qu'est-ce qui te prend ce soir ?"
"Rien. Juste une prise de conscience," ai-je dit froidement avant de lui tourner le dos et de me diriger vers la grande porte-fenêtre qui donnait sur le jardin.
Alors que je passais à côté de lui, j'ai vu quelque chose dans ses yeux. Un éclair étrange, une confusion qui ne semblait pas seulement due à ma soudaine rébellion. C'était presque comme s'il me voyait pour la première fois, ou comme s'il se souvenait de quelque chose. Une pensée folle m'a traversé l'esprit. Et si... et s'il était lui aussi revenu ? L'idée était absurde, mais je ne pouvais pas la chasser.
Le dégoût que j'éprouvais pour Marc était une chose physique, une boule dans mon estomac qui refusait de disparaître. Chaque souvenir de ma vie passée avec lui était une torture. Je me rappelais les innombrables sacrifices que j'avais faits pour lui, abandonnant ma propre carrière d'artiste pour soutenir la sienne, pour être la "femme parfaite" à son bras. J'avais organisé ses dîners, flatté ses clients, géré son image, tout ça pour qu'au final, il me jette comme un déchet.
Sa famille n'était pas mieux. Les Fournier étaient l'incarnation de la bourgeoisie snob et avare. Ils me méprisaient ouvertement, me considérant comme une simple "artiste", pas assez bien pour leur précieux fils. Ils souriaient en public mais me lançaient des piques assassines en privé. Je me souvenais d'un dîner où sa mère m'avait dit, avec un sourire mielleux, que l'art était une "jolie passion, mais pas un vrai métier". J'avais souri et acquiescé, comme toujours. Plus jamais.
Perdue dans ces pensées amères, je n'ai pas remarqué que quelqu'un s'était approché de moi dans le jardin.
"Vous devriez boire un peu d'eau. Le champagne peut parfois monter à la tête."
J'ai sursauté et me suis retournée. C'était Thomas Bernard. Il me tendait un verre d'eau, son expression douce et inquiète. Dans ma vie précédente, j'avais à peine échangé quelques mots avec lui. Il était toujours en retrait, observateur, presque intimidant dans son intelligence silencieuse.
"Merci," ai-je murmuré, en prenant le verre. Mes doigts ont effleuré les siens et j'ai senti une chaleur inattendue.
"Vos analyses sur le travail de mon père sont les plus justes que j'aie jamais lues," ai-je ajouté, décidant de briser la glace.
Il a semblé surpris, un léger rougissement colorant ses joues.
"Je... merci. Votre père est un génie. Son utilisation de la lumière... c'est unique."
Il parlait avec une ferveur qui manquait cruellement à Marc. Pour Thomas, l'art était une passion, une vérité. Pour Marc, ce n'était qu'une marchandise.
"Et vous ? Vous ne peignez plus ?" m'a-t-il demandé doucement.
La question m'a prise au dépourvu. Personne ne me la posait jamais. Marc disait toujours que j'étais "trop occupée" à le soutenir.
"Non. Pas depuis longtemps."
"C'est dommage," a-t--il dit simplement. "J'ai vu certaines de vos premières œuvres. Vous aviez un vrai talent."
Mon cœur a raté un battement. Il se souvenait. Il avait vu mon travail.
À ce moment précis, j'ai pris la décision la plus audacieuse de ma nouvelle vie. Je me suis tournée vers lui, ignorant complètement Marc qui nous observait de loin, le visage sombre.
"Thomas, ça vous dirait d'être mon cavalier pour le reste de la soirée ?"
Il a failli s'étouffer avec sa propre salive. "Moi ? Mais... et Monsieur Fournier ?"
J'ai souri, un vrai sourire cette fois, libérateur.
"Monsieur Fournier peut très bien se débrouiller tout seul. Alors, c'est oui ou c'est non ?"
Avant qu'il ne puisse répondre, la voix furieuse de Marc a éclaté derrière nous.
"Camille ! Qu'est-ce que ça signifie ? Tu te moques de moi devant tout le monde ?"
Je me suis retournée lentement pour lui faire face, savourant sa colère.
"Me moquer de toi ? Pas du tout. Je choisis simplement la compagnie qui me plaît le plus. Et ce soir, ce n'est pas la tienne."
Isabelle est arrivée en courant, l'air paniqué.
"Camille, arrête ! Tu es en train de faire une scène !"
"Non, Isabelle," ai-je répondu calmement, mon regard fixé sur Marc. "Je suis en train de reprendre le contrôle de ma vie. C'est différent."
Marc a jeté un regard méprisant à Thomas.
"Tu préfères passer la soirée avec ce... critique raté plutôt qu'avec ton fiancé ?"
Thomas est resté silencieux, mais je pouvais voir la blessure dans ses yeux. Je suis intervenue immédiatement.
"Ne lui parle pas comme ça. Thomas est mille fois plus respectable que tu ne le seras jamais. Au moins, lui, il est sincère."
Je me suis tournée vers Thomas, lui ai pris le bras et ai ajouté, d'une voix claire et forte pour que tout le monde entende :
"Allons-y, Thomas. Laissez-le mariner dans sa propre arrogance."
Laissant Marc et Isabelle bouche bée, je nous ai entraînés à l'intérieur, le cœur battant la chamade, non pas de peur, mais d'excitation. Le jeu avait commencé. Et cette fois, c'est moi qui fixais les règles.