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La Rose Trahie Renaît

La Rose Trahie Renaît

Auteur:: ANDREA
Genre: Mafia
Il m'appelait sa rose sauvage. L'orpheline qu'il avait sauvée de la rue. Il m'a construit une cage dorée et a appelé ça de l'amour. Puis j'ai vu le SMS : ma meilleure amie, Camille, exhibant la bague de fiançailles qu'il venait de lui offrir. Je me suis précipitée à son bureau, juste à temps pour surprendre la vérité. Je n'étais qu'une « solution temporaire », une « paumée qu'il a ramassée », un jouet utile pour contenter sa famille pendant qu'il planifiait son véritable avenir avec elle. Il a ri de la facilité avec laquelle il pouvait me contrôler. « Un peu de manipulation psychologique, quelques cadeaux bien placés, et elle retournera à sa place. Sous ma coupe. » Son dernier acte d'amour ? Me droguer et me livrer à un monstre, me sacrifiant comme « doublure » pour protéger sa précieuse Camille. Il pensait que je n'étais qu'une gamine brisée des foyers, sans personne où aller. Il pensait qu'il pouvait m'effacer. Il avait tort. Alors que le jet privé dans lequel il m'avait mise explosait au-dessus de l'océan, j'étais déjà loin, sauvée par la puissante famille dont j'ignorais l'existence. Maintenant, je reviens, et ils paieront pour chaque mensonge.

Chapitre 1 Chapitre

Il m'appelait sa rose sauvage. L'orpheline qu'il avait sauvée de la rue. Il m'a construit une cage dorée et a appelé ça de l'amour.

Puis j'ai vu le SMS : ma meilleure amie, Camille, exhibant la bague de fiançailles qu'il venait de lui offrir.

Je me suis précipitée à son bureau, juste à temps pour surprendre la vérité. Je n'étais qu'une « solution temporaire », une « paumée qu'il a ramassée », un jouet utile pour contenter sa famille pendant qu'il planifiait son véritable avenir avec elle.

Il a ri de la facilité avec laquelle il pouvait me contrôler.

« Un peu de manipulation psychologique, quelques cadeaux bien placés, et elle retournera à sa place. Sous ma coupe. »

Son dernier acte d'amour ? Me droguer et me livrer à un monstre, me sacrifiant comme « doublure » pour protéger sa précieuse Camille.

Il pensait que je n'étais qu'une gamine brisée des foyers, sans personne où aller. Il pensait qu'il pouvait m'effacer.

Il avait tort. Alors que le jet privé dans lequel il m'avait mise explosait au-dessus de l'océan, j'étais déjà loin, sauvée par la puissante famille dont j'ignorais l'existence. Maintenant, je reviens, et ils paieront pour chaque mensonge.

Chapitre 1

Point de vue de Chloé Morin :

Le froid glacial de la nuit s'accrochait à moi, un compagnon familier de mes années passées à rebondir de foyer d'accueil en foyer d'accueil. C'était avant Alexandre de Villiers. Il m'a trouvée, une fille perdue, prise dans le courant d'une vie que je n'avais pas choisie. Il m'a sortie de là, m'a tendu la main, puis un monde entier. Je pensais que c'était de l'amour. Je pensais que c'était pour toujours. J'avais tort.

Il m'appelait sa rose sauvage. Il disait que j'étais belle, indomptable, quelque chose qu'il devait protéger. Je l'ai cru. Il ne savait rien du Conservatoire de Paris. Il ne savait rien de la musique qui vivait en moi, la seule chose qui m'appartenait vraiment. Il n'aurait pas compris. Il aimait posséder les choses. Il aimait me posséder.

Je me souviens de la première fois où j'ai vraiment eu l'impression de lui appartenir. C'était une stupide bagarre de rue, un minable qui essayait de le racketter dans une ruelle sombre. Il était riche, mais pas malin dans la rue. J'étais les deux. Je n'ai pas réfléchi. Mes poings sont partis tout seuls, mes ongles ont griffé, mes genoux ont heurté la chair. J'étais une tornade de fureur, protégeant l'homme qui m'avait donné un foyer. Il m'a regardée après, couverte de bleus et saignant, mais avec une lueur dans les yeux que je n'avais jamais vue auparavant. Un mélange de fascination et de possessivité pure.

Il a bandé mes jointures lui-même cette nuit-là, son contact étonnamment doux.

« Chloé », a-t-il murmuré, traçant la ligne de ma mâchoire. « Tu es à moi. »

Je me suis blottie contre son contact. « Toujours, Alexandre. »

Il a scellé cela d'un baiser, une promesse gravée dans la chaleur de ses lèvres. Le lendemain, il nous a acheté une maison, un hôtel particulier somptueux surplombant Paris. Il l'a rempli de tout ce que je pouvais désirer. Vêtements, bijoux, des possibilités infinies. Il m'a dit que tout était à nous. Notre avenir. Notre vie. Je n'avais jamais rien eu à moi, pas vraiment. Alors, je me suis accrochée à lui, à la cage dorée qu'il avait construite pour moi. J'ai cru en nous. J'ai cru en lui. J'ai cru en l'éternité.

C'était un mardi. Je parcourais l'iPad d'Alexandre, cherchant un film. Ses SMS sont apparus. Camille. Ma meilleure amie. Une photo. Sa main, manucure parfaite, posée sur un écrin en velours. Un diamant scintillait, m'aveuglant.

Une vague glaciale m'a submergée. Ça a commencé dans ma poitrine, une douleur soudaine et aiguë, et s'est propagée dans mes veines. Mes doigts se sont engourdis. L'écran est devenu flou. Ce n'était pas possible. Pas Camille. Pas avec Alexandre.

Je devais le voir. Je devais savoir. Mon cœur martelait mes côtes, un oiseau frénétique piégé dans une cage. J'avais besoin de réponses, même si elles devaient faire voler mon monde en éclats. Je me suis habillée rapidement, mes mouvements raides, robotiques. J'ai hélé un taxi, donnant au chauffeur l'adresse du bureau d'Alexandre à La Défense. Mes entrailles se tordaient à chaque pâté de maisons que nous passions.

Je les ai vus à travers les parois de verre de son bureau au sommet d'une tour. Alexandre, un genou à terre, une bague éblouissante brandie en l'air. Camille, son visage illuminé d'une joie qui m'a transpercée. Elle a dit oui. Elle s'est jetée dans ses bras, son rire résonnant dans la rue silencieuse en contrebas, une sérénade cruelle pour mon cœur brisé.

L'air a quitté mes poumons. Mes genoux ont fléchi. C'était comme si on m'avait vidé de l'intérieur, laissant un vide douloureux et béant. Le monde a basculé. Alexandre. Mon Alexandre. Mon pour toujours. Tout n'était qu'un mensonge.

Un souvenir a jailli, brutal et angoissant. La dispute de l'année dernière. Un stupide malentendu, une querelle à propos de mes nuits tardives à la bibliothèque – en réalité, au Conservatoire. Il avait été furieux, convaincu que je cachais quelque chose, que je m'éloignais.

« S'il te plaît, Chloé », avait-il plaidé, ses yeux grands ouverts d'un désespoir qui semblait sincère. « Ne me quitte pas. Je ne peux pas te perdre. »

Il m'avait acheté un délicat médaillon en argent, gravé de nos initiales. « Ceci », avait-il dit en le fermant autour de mon cou, « est notre promesse. Notre lien. Ma loyauté éternelle. »

Ses mots, autrefois un réconfort, me semblaient maintenant un poison, contaminant chaque bon souvenir. La profondeur de sa trahison m'a frappée comme un coup physique. Il m'avait promis l'éternité avec un médaillon, tout en planifiant l'éternité avec une autre femme. J'avais la nausée. J'étais stupide. Tellement incroyablement naïve.

J'ai titubé vers l'entrée du bureau, ayant besoin de m'échapper, de respirer. Mais une conversation étouffée m'a arrêtée. La voix d'Alexandre. Celle de Camille. Ils étaient juste à l'intérieur de la réception, leurs voix basses, mais aiguisées, tranchant l'air fin.

« C'est fait », ronronna Camille, son ton d'une douceur écœurante. « Ton grand-père sera ravi. »

« Il l'est déjà », répondit Alexandre, avec une froideur dans la voix que je ne lui avais jamais entendue envers moi. « Les formalités sont simples. Le 'mariage' de Chloé avec moi est facilement annulable. Ça a toujours été une solution temporaire, un arrangement pour que ma famille me laisse tranquille pendant que je réglais les... détails logistiques. »

Mon souffle s'est bloqué. Formalités ? Solution temporaire ?

« Et Chloé ? » demanda Camille, une pointe de méchanceté dans le ton. « Qu'en est-il de ta 'rose sauvage' ? »

Alexandre a gloussé, un son qui a fait tourner mon sang. « Chloé comprendra. Elle comprend toujours. Je la garderai près de moi, bien sûr. Elle est trop... utile pour la laisser partir complètement. Un peu de manipulation psychologique, quelques cadeaux bien placés, et elle retournera à sa place. Sous ma coupe. »

Il a ri de nouveau. « Elle se croit si maligne, si indépendante. Mais ce n'est qu'une paumée que j'ai ramassée. Elle n'a aucune idée de sa place. »

Ma vision s'est brouillée. Ce n'était pas seulement une trahison ; c'était un jeu calculé et cruel. Il avait tout orchestré. L'accident de voiture « accidentel » qui a failli mettre fin à ma candidature pour une bourse au Conservatoire l'année dernière ? Les mystérieux « dossiers perdus » qui ont empêché mon transfert vers un autre programme ? Il m'avait manipulée, m'avait fait douter de mes propres souvenirs, de ma propre santé mentale. Il m'avait gardée petite, dépendante.

« Mais Alexandre, et si elle essaie vraiment de partir ? » insista Camille, sa voix empreinte d'une fausse inquiétude. « Elle peut être... imprévisible. »

« Ne t'inquiète pas, ma chérie », dit Alexandre, sa voix dégoulinant de condescendance. « J'ai tout sous contrôle. Je m'assurerai qu'elle reste exactement là où j'ai besoin d'elle. Elle n'a personne d'autre. Ce n'est qu'une gamine des foyers. Qu'est-ce qu'elle va faire ? »

Il avait dit qu'il m'aimait. Il avait dit qu'il avait besoin de moi. Il avait dit qu'il ne me ferait jamais de mal. Mais son silence, quand Camille a fait allusion à mon passé traumatisant, a été l'aveu le plus assourdissant de tous. Il s'en fichait. Il jugeait. Il avait pitié. Il me voyait comme brisée, un projet à gérer.

Un sanglot guttural s'est arraché de ma gorge, brut et angoissant. Ce n'était pas seulement mon cœur qui se brisait ; c'était mon monde entier, s'effondrant en poussière.

« Je dois m'assurer qu'elle ne gâche pas la fête de fiançailles », marmonna Alexandre, sa voix à peine audible. « Elle est si émotive. Je vais lui dire que je pars en voyage d'affaires. Ça devrait nous donner un peu de temps. »

Mon téléphone a vibré dans ma poche. Un SMS d'Alexandre : *Tu me manques, mon amour. Déplacement pro de dernière minute. Je rentre vite !*

Au même moment, un autre SMS est apparu. De Camille : *Enfin ! Alexandre m'a demandée en mariage ! On va se marier ! Trop hâte de tout organiser avec toi, ma belle !*

L'ironie avait un goût amer dans ma bouche. Ses doux mensonges, son triomphe venimeux. Tout n'était qu'une toile tordue, et j'étais la mouche sans méfiance. J'ai repensé aux « voyages d'affaires » qu'il avait l'habitude de faire. Les fois où il disparaissait pendant des jours, toujours avec une excuse plausible. Il avait construit cette vie avec Camille, juste sous mon nez. Il m'avait donné des miettes d'affection pendant qu'il festoyait avec elle.

Mes doigts se sont resserrés sur mon téléphone. C'est fini. Je n'étais pas juste une gamine des foyers. J'étais Chloé Morin. Et j'en avais fini de jouer son jeu. Je ne me laisserais plus contrôler, manipuler, abuser psychologiquement. Plus maintenant. Plus jamais.

J'ai essuyé les larmes de mes yeux, ma mâchoire se crispant. Il voulait se battre ? Il allait être servi. Mais ce ne serait pas le genre de combat auquel il s'attendait. Je n'allais pas crier. Je n'allais pas pleurer. J'allais simplement disparaître.

Chapitre 2 Chapitre

Point de vue de Chloé Morin :

« Fuis le mariage maintenant, je t'attendrai dans le salon. Sinon, je publierai l'enregistrement de toi m'appelant 'mari' la nuit dernière. » Ce SMS, fantôme d'une réalité alternative, m'a traversé l'esprit. Mais mon SMS ne serait pas une supplique. Ce serait une déclaration. Ce ne serait pas à un amant. Ce serait à une famille que je n'avais jamais connue.

Mes doigts ont volé sur le clavier, tapant un message à la seule personne qui m'avait offert une bouée de sauvetage : ma professeure du Conservatoire, Dr. Elena Petrova. *Dr. Petrova, je suis prête. La bourse pour le conservatoire européen. Je l'accepte. Aujourd'hui.*

Sa réponse a été immédiate : *Excellent, Chloé ! Je savais que vous le feriez. J'ai déjà réservé votre vol pour ce soir. Vous n'avez plus qu'à faire vos valises.*

Faire mes valises. Un rire, amer et creux, s'est échappé de mes lèvres. Qu'y avait-il à emporter ? Une vie de moments volés, de rêves cachés sous une couverture de la possessivité d'Alexandre. J'ai fourré quelques essentiels dans un petit sac de sport, laissant derrière moi les vêtements de marque, les bijoux scintillants, la cage dorée. Ils étaient à lui. Ils n'avaient jamais été vraiment à moi.

Avant de partir, j'ai fait une dernière chose. J'ai sorti le médaillon en argent qu'Alexandre m'avait donné. Le « symbole de sa loyauté éternelle ». J'ai fixé les initiales gravées, C.M. et A.V. Une blague cruelle. D'un geste du poignet, je l'ai détaché et l'ai jeté dans la fontaine ornée de la cour de l'hôtel particulier. Il a coulé sans une ride, tout comme ses promesses.

Mon prochain arrêt fut un cybercafé. Je devais les trouver. La famille dont Matthieu Leroy m'avait parlé il y a des années, quand j'étais encore une adolescente naïve dans le système. La famille de magnats de la tech qui, selon ses vagues dires, me cherchait. C'était un pari risqué, un coup de poker désespéré, mais qu'avais-je à perdre maintenant ? J'ai tapé furieusement, cherchant la moindre trace, la moindre connexion.

Plus tard dans la journée, en attendant mon vol, j'ai vu la voiture d'Alexandre s'arrêter devant un restaurant luxueux du centre-ville. Il en est sorti, impeccable comme toujours, puis Camille est apparue, s'accrochant à son bras, son rire tintant sous le soleil de l'après-midi. Il lui a caressé les cheveux, ses yeux remplis d'une affection qui m'avait autrefois été réservée.

Mon estomac s'est noué. Il avait l'air si heureux. Si inconscient. Il se croyait si malin. Mais son bonheur était construit sur mon cœur brisé. Et il n'avait toujours aucune idée de ce qui l'attendait. Il pensait m'avoir attachée, un animal de compagnie qu'il pouvait appeler à volonté. Il pensait que j'attendais. Il pensait que je serais toujours là. Il avait tort.

Je suis finalement retournée à l'hôtel particulier vide. Le silence était assourdissant, un contraste saisissant avec la symphonie chaotique de mes pensées qui s'emballaient. Alexandre n'était pas à la maison. Bien sûr que non. Il était avec Camille, célébrant leurs fausses fiançailles.

Mon téléphone a sonné. Un SMS d'Alexandre : *Je viens d'atterrir, mon amour. Tu me manques déjà. Hâte de te raconter les contrats que j'ai conclus.*

Mensonges. Tout n'était que mensonges.

J'ai parcouru mes réseaux sociaux. Camille n'avait pas pu résister. Elle avait posté une vidéo d'Alexandre la demandant en mariage, un gros plan sur le diamant à son doigt. *Fiancée à l'homme le plus merveilleux du monde ! Tellement excitée pour notre avenir !* Mon avenir. Mon avenir brisé.

Quelques jours plus tard, je les ai revus. Un titre de journal, une photo sur papier glacé. Alexandre et Camille, bras dessus bras dessous, à un gala de charité. Elle portait une robe qu'il m'avait achetée l'année dernière, d'un vert émeraude chatoyant. Il la regardait avec ce regard intense et possessif qu'il me réservait autrefois. Le monde voyait un couple aimant, un couple parfait. Je voyais une trahison si profonde qu'elle creusait un trou dans mon âme.

Mon sang s'est glacé. L'image d'Alexandre, son bras autour de Camille, ses yeux l'adorant, s'est gravée dans ma rétine. C'était la réplique d'un souvenir, une distorsion cruelle d'un passé qui avait été le mien. Il mimait les gestes, les regards, les promesses qu'il m'avait faites. Ce n'était pas seulement qu'il avait tourné la page ; il me remplaçait entièrement.

Je me suis souvenue des débuts. Il m'avait interdit d'aller au Conservatoire, prétendant que cela nous prendrait trop de temps, trop d'énergie. « Ta musique est magnifique, Chloé », avait-il dit, sa voix douce, presque convaincante. « Mais mon amour est un engagement à plein temps. J'ai besoin de toi ici, à mes côtés. » Il avait appelé ça de l'amour. J'appelais ça du contrôle. Il m'avait dépeint un tableau de bonheur domestique, où ma passion pour le piano était un charmant passe-temps, pas une ambition brûlante.

Il avait utilisé mon passé contre moi, ma vulnérabilité issue des foyers. « Personne ne t'aimera comme moi, Chloé », avait-il murmuré, ses mots une chaîne de soie. « Personne ne te comprendra. » Je l'avais cru. Je l'avais laissé démanteler mes rêves, pièce par pièce, jusqu'à ce qu'il ne reste que les siens.

Maintenant, en le regardant avec Camille, tout s'est éclairci. Elle était sa marionnette choisie, prête à jouer le rôle que j'avais refusé. Elle convoitait son statut, sa richesse, sa famille puissante. Elle était tout ce qu'il voulait : docile, ambitieuse de manière à le servir. Et elle avait habilement exploité ses faiblesses, son besoin de contrôle, sa peur de perdre la face devant son grand-père.

Camille. Ma soi-disant meilleure amie. Je me suis souvenue de ses « conseils » quand je luttais contre la possessivité d'Alexandre. « Il t'aime tellement, Chloé », avait-elle roucoulé, ses yeux grands et innocents. « Il s'inquiète juste pour toi. Tu devrais l'écouter. » Elle avait été une complice, un serpent dans l'herbe, me chuchotant du poison à l'oreille tout en aiguisant ses propres couteaux dans mon dos. C'est elle qui avait semé le doute sur ma musique, suggérant qu'elle était « trop exigeante » pour une femme dans le monde d'Alexandre.

Une vague de nausée m'a envahie, épaisse et écœurante. Ce n'était pas seulement un chagrin d'amour ; c'était une révulsion profonde, jusqu'au fond de l'âme. Mon corps tremblait, une sueur froide perlant sur ma peau. Chaque fibre de mon être criait en signe de protestation.

Mon téléphone a de nouveau vibré, un SMS de Camille : *Je sors juste de l'essayage de ma robe de mariée ! Elle est divine ! J'aimerais que tu sois là, ma belle !*

L'audace. La cruauté pure et simple. Elle se frottait les mains, remuant le couteau dans la plaie. Elle savait. Elle avait toujours su. Et elle se délectait de ma douleur.

Mon monde s'est de nouveau brisé, mais cette fois, il n'y avait pas de surprise, seulement une clarté froide et dure. Les mensonges d'Alexandre, les manipulations de Camille, la pression de son grand-père – tout cela était un piège méticuleusement conçu. Et j'étais tombée dedans, aveuglée par un amour qui n'a jamais été réciproque.

Il est rentré tard cette nuit-là, fredonnant un air joyeux. Il avait l'air froissé, fatigué, mais satisfait. Il est entré dans le salon où j'étais assise, immobile, fixant le vide.

« Chloé ? Tu es encore réveillée ? » demanda-t-il, feignant la surprise. Sa voix était trop enjouée, trop désinvolte. « Je pensais que tu serais endormie. »

Il s'est approché, me prenant dans ses bras. Ses bras me semblaient étrangers, son contact creux. Je n'ai pas répondu, je n'ai pas bougé. Il s'est arrêté, puis a reculé légèrement, ses sourcils se fronçant. « Tout va bien, mon amour ? »

Ses yeux, autrefois remplis d'une chaleur que je désirais, avaient maintenant une lueur de calcul. Il analysait, évaluait, cherchant des fissures dans ma façade. Il n'avait aucune idée.

Je n'ai pas répondu. Je l'ai juste regardé, vraiment regardé, pour la première fois depuis longtemps. L'homme qui m'avait promis le monde, l'homme qui m'avait construit une cage dorée, l'homme qui m'avait trahie de la manière la plus odieuse possible. C'était un étranger. Un monstre.

Et j'en avais fini.

Chapitre 3 Chapitre

Point de vue de Chloé Morin :

Alexandre a mal interprété mon silence. Il a probablement pensé que je boudais, peut-être jalouse, mais toujours loyale, toujours à lui. Il s'est agenouillé devant moi, sortant une petite boîte en velours de la poche de sa veste. Ce n'était pas la bague que j'avais vue dans le SMS de Camille, mais un pendentif en diamant plus petit et élégant.

« Chloé », commença-t-il, sa voix un murmure étudié de tendresse. « Je sais que j'ai été distant ces derniers temps. Le travail, tu sais. Mais tu es toujours dans mes pensées. C'est pour toi. Un symbole de mon amour indéfectible. »

Il a tendu la main, le pendentif pendant, scintillant sous la lumière du lustre. Il s'attendait à ce que je fonde, que je pardonne, que je retombe dans ses bras. L'ironie était une brûlure amère dans ma gorge. Il me donnait des babioles pendant qu'il donnait à Camille son nom, son avenir. Et il le faisait avec une telle aisance désinvolte, un tel charme étudié. Il croyait vraiment qu'il pouvait avoir les deux.

« Alexandre, je t'ai vu », dis-je, ma voix plate, dénuée d'émotion. « Avec Camille. Les fiançailles. »

Son visage s'est crispé. Le masque tendre a glissé, révélant une lueur de panique, rapidement remplacée par de l'indignation.

« Chloé, de quoi tu parles ? C'est ridicule. Camille n'est qu'une amie. Tu sais à quel point nous sommes proches. Elle a probablement acheté cette bague pour elle-même. Elle a toujours été un peu... tape-à-l'œil. »

Il me manipulait, ici, maintenant, après avoir été pris la main dans le sac. L'audace était à couper le souffle. Mon regard a dérivé au-delà de lui, atterrissant sur une alerte info clignotant sur la télé dans le coin de la pièce. Une photo de Camille, levant la main, le diamant immanquable. *Le fils Christensen fiancé à la starlette montante Camille Dubois.* C'était une blague cruelle, jouée sur une scène publique.

Soudain, son téléphone a vibré. Il a jeté un coup d'œil à l'écran, son expression passant d'une colère feinte à une véritable inquiétude. « Je dois y aller », dit-il brusquement en se levant. « Camille a besoin de moi. Une sorte d'urgence à son appartement. »

Il partait. Encore. Pour elle. La femme avec qui il était soi-disant juste « ami », qui venait de s'acheter une fausse bague de fiançailles. Mon cœur, déjà brisé, a senti une nouvelle fissure.

« Vas-y », dis-je, ma voix à peine un murmure. « Va la rejoindre. »

Il a hésité, puis m'a donné une pression rapide, presque dédaigneuse, sur l'épaule. « Je t'expliquerai tout quand je reviendrai, Chloé. Ne t'inquiète pas, d'accord ? »

Il est sorti, et je n'ai ressenti qu'une résolution froide et dure. Plus d'attente. Plus de larmes. J'ai pris mon téléphone, mes doigts volant sur l'écran. Le numéro du Dr. Petrova. « Je pars maintenant », dis-je, ma voix stable. « Pour l'aéroport. »

En sortant de l'hôtel particulier, j'ai vu la voiture d'Alexandre s'éloigner à toute vitesse, puis faire une embardée brusque. Il a freiné en crissant des pneus devant l'immeuble de Camille. Il est sorti de la voiture en trombe, le visage déformé par l'inquiétude. Camille se tenait sur son balcon, se tenant théâtralement la poitrine, une seule larme coulant sur sa joue. Il s'est précipité vers elle, l'enlaçant, murmurant des paroles rassurantes.

Il ne m'avait jamais regardée avec un tel désespoir, une telle inquiétude frénétique, même pas quand j'ai failli perdre ma bourse. Il ne s'était jamais précipité à mes côtés avec une telle panique débridée, même pas quand j'étais vraiment blessée. Il s'agissait toujours de lui, de sa réputation, de son contrôle.

Mon amour pour lui, autrefois un brasier féroce, s'était réduit à quelques braises mourantes. Maintenant, en le regardant bercer Camille, les braises se sont transformées en cendres. Il ne m'aimait pas. Il aimait l'idée de moi, le petit projet docile qu'il pouvait modeler. Il aimait l'illusion du contrôle. Et maintenant, cet amour s'était simplement transféré.

« Alexandre », gémit Camille, sa voix tremblante. « J'ai si peur. Je crois que quelqu'un essayait d'entrer par effraction. Je t'ai appelé, mais tu n'as pas répondu. »

« C'est bon, bébé », apaisa Alexandre, la berçant doucement. « Je suis là maintenant. Je te protégerai. Je m'assurerai que personne ne te fasse plus jamais de mal. »

Ses mots, autrefois destinés à moi, tombaient maintenant dans les oreilles de Camille, un écho cruel d'une promesse oubliée. Je me suis souvenue d'une nuit, il y a des années, où j'étais malade avec une forte fièvre. Il m'avait tenue, sa main douce sur mon front, sa voix un doux murmure dans l'obscurité. « Je te protégerai, Chloé. Toujours. »

Maintenant, je n'étais qu'un fantôme dans sa mémoire, une solution de rechange pratique. Camille était sa nouvelle réalité, son nouveau projet. Ma poitrine s'est serrée, une douleur aiguë irradiant à travers mes côtes. C'était comme si on m'avait enfoncé un clou dans le cœur.

Soudain, un éclat de verre d'une fenêtre brisée au-dessus du balcon de Camille est tombé, éraflant mon bras. Un mince filet de sang a perlé. Ça faisait mal, mais la douleur physique n'était rien comparée à l'agonie émotionnelle. Je suis restée là, saignant, le regardant réconforter Camille, inconscient de ma présence, de ma blessure.

Un sanglot étranglé m'a échappé, chaud et amer. Il n'a même pas remarqué. Il était trop occupé à être son héros. La pensée, la prise de conscience, m'a frappée avec une force écrasante. J'étais invisible pour lui. Ma douleur, ma souffrance, ne signifiaient rien.

Un passant a haleté, montrant mon bras. « Oh mon dieu, mademoiselle, vous saignez ! »

Alexandre a jeté un coup d'œil, ses yeux s'écarquillant légèrement, mais c'est Camille qui a parlé, sa voix empreinte d'un étrange mélange de triomphe et de méchanceté. « Oh, ma pauvre Chloé ! Ça va ? Ce n'est qu'une égratignure. Alexandre, chéri, tu devrais vraiment appeler la police pour cette faille de sécurité. C'est si troublant. »

Son inquiétude était une moquerie, un plaisir à peine voilé de ma blessure visible. Elle savait. Elle avait toujours été la plus maligne. Je me suis souvenue d'une conversation, il y a des semaines. Camille s'était plainte d'une rivale au Conservatoire, quelqu'un de « moins talentueux » qui recevait toute l'attention. « J'aimerais qu'il lui arrive quelque chose de terrible », avait-elle dit, une lueur sombre dans les yeux. « Quelque chose qui ferait qu'Alexandre me remarquerait à la place. »

J'ai essayé de repousser ce souvenir, mais il s'accrochait à moi, un linceul suffocant. Ce n'était pas seulement Alexandre qui m'avait trahie. Camille, ma meilleure amie, était tout aussi pourrie. Ils étaient deux pois dans une cosse, manipulant et complotant.

Ma vision s'est brouillée, non pas à cause des larmes, mais d'une vague de fureur pure et sans mélange. Je ne les laisserais pas gagner. Je ne les laisserais pas m'effacer.

J'ai baissé les yeux sur le médaillon, toujours niché dans le creux de ma paume. Celui qu'il m'avait donné, le symbole de sa « loyauté éternelle ». Je l'ai serré un instant, puis, avec un grognement résolu, je l'ai jeté de toutes mes forces dans la bouche d'égout voisine. Il a retenti une fois, un adieu métallique final, avant de disparaître dans l'obscurité.

Alexandre tenait toujours Camille, le dos tourné vers moi. Il ne remarquerait même pas. Il ne remarquait jamais.

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