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La Renaissance du Moineau Brisé

La Renaissance du Moineau Brisé

Auteur:: Trinket
Genre: Romance
À l'âge de cinq ans, ma vie, née dans la honte, a trouvé un refuge inattendu. Rejetée par ma mère, tourmentée par ma demi-sœur, j'ai trouvé l'amour et la chaleur auprès du Père Alan, à l'église Saint-Sulpice. Il était mon père, mon sauveur, mon univers. Pourtant, à mes seize ans, mon monde s'est effondré. J'ai eu l'audace de lui avouer mon amour, et sa réponse fut un coup de poignard. Il m'a traitée de « dégénérée » et m'a bannie, m'envoyant chercher un remède illusoire en Corse, où j'ai trouvé la mort. Mon esprit, lié par l'amour et l'injustice, est revenu. Mais là où j'espérais réconfort, je n'ai trouvé que mépris. Le Père Alan, manipulé par ma sœur, me rejetait, ignorait ma souffrance et me chassait de l'unique foyer que j'avais connu. Il s'apprêtait même à s'unir spirituellement à celle qui m'avait détruite, me laissant mourir une seconde fois, seule, en attendant une prière qui ne viendrait jamais. Pourquoi tant de cruauté après tant d'amour ? Comment pouvait-il être si aveugle à la vérité, si prêt à sacrifier mon âme pour une façade ? Ma dernière pensée fut un pardon amer. Puis, le miracle. Je me suis réveillée, une enfant de cinq ans, dans la neige. Le Père Alan approchait, les mêmes mots de salut sur ses lèvres. Cette fois-ci, j'ai secoué la tête. Je ne referais pas les mêmes erreurs. J'ai fui, décidée à choisir ma propre voie, quitte à réécrire mon destin.

Introduction

À l'âge de cinq ans, ma vie, née dans la honte, a trouvé un refuge inattendu. Rejetée par ma mère, tourmentée par ma demi-sœur, j'ai trouvé l'amour et la chaleur auprès du Père Alan, à l'église Saint-Sulpice. Il était mon père, mon sauveur, mon univers.

Pourtant, à mes seize ans, mon monde s'est effondré. J'ai eu l'audace de lui avouer mon amour, et sa réponse fut un coup de poignard. Il m'a traitée de « dégénérée » et m'a bannie, m'envoyant chercher un remède illusoire en Corse, où j'ai trouvé la mort.

Mon esprit, lié par l'amour et l'injustice, est revenu. Mais là où j'espérais réconfort, je n'ai trouvé que mépris. Le Père Alan, manipulé par ma sœur, me rejetait, ignorait ma souffrance et me chassait de l'unique foyer que j'avais connu. Il s'apprêtait même à s'unir spirituellement à celle qui m'avait détruite, me laissant mourir une seconde fois, seule, en attendant une prière qui ne viendrait jamais.

Pourquoi tant de cruauté après tant d'amour ? Comment pouvait-il être si aveugle à la vérité, si prêt à sacrifier mon âme pour une façade ? Ma dernière pensée fut un pardon amer.

Puis, le miracle. Je me suis réveillée, une enfant de cinq ans, dans la neige. Le Père Alan approchait, les mêmes mots de salut sur ses lèvres. Cette fois-ci, j'ai secoué la tête. Je ne referais pas les mêmes erreurs. J'ai fui, décidée à choisir ma propre voie, quitte à réécrire mon destin.

Chapitre 1

Juliette Lloyd est née d'un viol. C'était un secret honteux que sa mère, une femme de la haute société, lui rappelait chaque jour de son existence. Elle était la preuve vivante d'une agression, une tache sur l'honneur de la famille Lloyd.

Pendant cinq ans, Juliette a survécu. Elle a survécu aux regards froids, aux mots cruels, aux repas manqués et aux nuits passées dans une chambre glaciale. Sa demi-sœur aînée, Cécilia, l'enfant légitime et adorée, prenait un malin plaisir à la tourmenter, sachant qu'elle ne serait jamais punie.

Un soir d'hiver particulièrement glacial, sa mère l'a simplement mise à la porte. Juliette, grelottante dans sa fine chemise de nuit, s'est effondrée dans la neige devant l'église Saint-Sulpice. C'est là que le Père Alan Moore l'a trouvée. Il était jeune, charismatique, et ses yeux brillaient d'une gentillesse qu'elle n'avait jamais connue.

Il l'a enveloppée dans son manteau chaud, l'a ramenée à l'intérieur et lui a offert une tasse de chocolat chaud. Pour la première fois, Juliette a senti la chaleur. Pour la première fois, elle a cru qu'elle pouvait être aimée. Le Père Alan est devenu son sauveur, sa figure paternelle, son monde entier.

Onze ans ont passé. Le jour de son seizième anniversaire, Juliette a rassemblé tout son courage. Dans le confessionnal, au lieu de réciter ses péchés, elle a avoué son amour pour lui. Le silence qui a suivi fut plus froid que la neige de son enfance.

Le Père Alan est sorti du confessionnal, son visage une statue de glace.

« Tes pensées sont impures, Juliette. Tu as souillé ce lieu saint. »

Son espoir s'est brisé. La chaleur qu'elle avait connue pendant onze ans s'est évaporée.

« Cécilia est très malade », a-t-il poursuivi d'un ton détaché. « On dit qu'il existe un guérisseur en Corse qui possède un remède rare. Tu iras le chercher pour elle. C'est ainsi que tu pourras expier tes péchés. »

C'était un ordre, pas une suggestion. Une mission dangereuse pour le bien de la sœur qui l'avait toujours détestée. Poussée par le désir désespéré de regagner son affection, Juliette a obéi. En Corse, le "guérisseur" s'est révélé être un charlatan et un meurtrier. Il l'a tuée pour le peu d'argent qu'elle portait sur elle.

Son esprit, cependant, n'a pas trouvé le repos. Lié par son amour non résolu et son sentiment d'injustice, il est retourné à Saint-Sulpice, le seul foyer qu'elle ait jamais connu. Elle est revenue vers le Père Alan.

Elle l'a trouvé dans son bureau, en train de lire. Il ne la voyait pas, bien sûr. Pour lui, elle était toujours en Corse, en train de chercher un remède. Son visage était serein, mais une froideur nouvelle s'était installée dans ses yeux. Il semblait plus distant, plus inaccessible que jamais.

Il a levé les yeux de son livre, comme s'il sentait une présence, et a froncé les sourcils.

« Le vent est glacial ce soir. »

Puis il a repris sa lecture, ignorant le courant d'air qui était l'âme de Juliette.

Le lendemain matin, Cécilia et Madame Lloyd sont venues à l'église. Cécilia, loin de paraître malade, rayonnait de santé. Le Père Alan les a accueillies avec un sourire chaleureux, un sourire que Juliette n'avait pas vu depuis son terrible aveu.

« Père Alan, » dit Madame Lloyd d'une voix mielleuse, « nous sommes si reconnaissantes que vous ayez accepté de devenir le guide spirituel de Cécilia. Votre sagesse est un tel réconfort pour notre famille. »

Le Père Alan a incliné la tête.

« C'est un honneur. Cécilia a une âme pure, il est de mon devoir de la guider sur le droit chemin. »

Juliette, flottant près d'eux, a senti son esprit se déchirer. Il la remplaçait. Il donnait à sa tortionnaire la place qu'elle avait chérie pendant toutes ces années.

Plus tard, Cécilia a trouvé un prétexte pour parler à Juliette en privé, sachant d'une manière ou d'une autre que son esprit était là. Elle tenait un petit pot de pommade.

« Ma pauvre sœur, » dit-elle avec une fausse pitié, « tu dois avoir si froid. J'ai entendu dire que cette pommade réchauffe le corps. C'est un cadeau de ma part. »

Elle a posé le pot sur la table. Juliette a su immédiatement que c'était un piège.

Quand le Père Alan est revenu, il a vu Juliette regarder fixement la pommade. Cécilia a immédiatement commencé à tousser faiblement.

« Père, je crois que Juliette est en colère contre moi. Elle pense que je lui ai volé votre affection. Elle a refusé mon cadeau. »

Le Père Alan s'est tourné vers Juliette, son visage dur.

« Tes pensées sont toujours aussi viles. Tu es consumée par la jalousie. »

Il a pris le pot.

« Pour ta pénitence, tu passeras la nuit à prier dans la crypte. Le froid t'aidera peut-être à purifier ton cœur envieux. »

La crypte était glaciale, humide et sombre. C'était là que les corps des anciens prêtres reposaient. Seule et désespérée, Juliette s'est assise par terre. Avec un morceau de charbon trouvé dans un coin, elle a commencé à graver sur une pierre plate.

Juliette Lloyd. Morte à seize ans. Sans amour.

C'était sa propre pierre tombale. En traçant les lettres, elle se souvenait des rares moments de tendresse : le Père Alan lui apprenant à lire, lui caressant les cheveux quand elle avait de la fièvre, lui souriant doucement quand elle réussissait un exercice. Ces souvenirs étaient maintenant une torture.

Chapitre 2

Le lendemain matin, le Père Alan est descendu dans la crypte. Quand il a vu la pierre gravée, son visage s'est contracté de colère. Il a pris la pierre et l'a fracassée contre le mur.

« Assez de tes caprices ! » a-t-il crié dans le vide. « Tu n'es qu'une enfant gâtée qui cherche l'attention ! »

L'esprit de Juliette a vacillé. Il ne comprenait pas. Il ne voyait pas son désespoir, seulement un défi à son autorité.

Plus tard dans la journée, il est revenu, l'air un peu plus calme.

« Cécilia s'inquiète pour toi. Elle a suggéré que nous partagions un repas pour ton anniversaire, même si tu es en retard. »

Un repas d'anniversaire. Juliette a failli rire. Elle n'avait jamais eu de vrai repas d'anniversaire. Ses anniversaires étaient des jours où sa mère la regardait avec encore plus de haine, lui rappelant qu'elle n'aurait jamais dû naître. Cécilia, elle, avait des fêtes somptueuses, des montagnes de cadeaux et un gâteau magnifique. Juliette n'avait jamais eu le droit de goûter à ce gâteau.

Alors qu'elle se perdait dans ces souvenirs amers, Madame Lloyd a fait irruption dans la pièce. Elle a vu la table mise pour trois et est devenue folle de rage.

« Comment osez-vous ! » a-t-elle hurlé. « Préparer un festin pour cette bâtarde ! »

Elle a balayé la vaisselle de la table, qui s'est écrasée sur le sol. Puis, elle s'est tournée vers l'endroit où elle sentait la présence de Juliette et a commencé à frapper l'air, comme si elle pouvait la battre.

« Je vais te tuer ! Je vais finir ce que j'aurais dû faire à ta naissance ! »

Le Père Alan est intervenu, attrapant les poignets de Madame Lloyd.

« Assez, Madame. La violence n'a pas sa place ici. »

Il l'a fait avec un calme terrifiant, son visage impassible. Il ne montrait aucune émotion, ni pour la fureur de la mère, ni pour la douleur de Juliette.

Madame Lloyd s'est débattue.

« Lâchez-moi ! Cette créature doit mourir ! Elle ne mérite pas de vivre ! »

Juliette n'a pas bougé. Elle a accepté les mots haineux en silence. C'était ce qu'elle avait toujours entendu.

Soudain, une vague de froid intense l'a submergée, bien plus forte que le froid habituel de son état spectral. C'était une douleur physique, comme si son âme se glaçait de l'intérieur. Elle a chancelé.

Le Père Alan l'a remarqué.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu as l'air... pâle. »

Même sans la voir, il sentait le changement dans l'atmosphère.

Il a raccompagné Madame Lloyd à la porte, puis est revenu vers Juliette.

« Cécilia est fragile. La voir si bouleversée par ta jalousie a dû la fatiguer. Tu devrais avoir honte. »

Il justifiait Cécilia, encore et toujours. Il minimisait la souffrance de Juliette, la rendant responsable de tout.

« Reste ici et réfléchis à tes actes, » a-t-il ordonné avant de s'éloigner, la laissant seule au milieu des débris du repas d'anniversaire qui n'a jamais eu lieu.

Au même moment, à l'autre bout de la ville, deux policiers se tenaient dans une morgue. Ils regardaient un corps de jeune femme non identifié, repêché dans la Seine.

« Elle a été retrouvée près du pont Saint-Michel. Personne ne l'a réclamée. D'après le légiste, elle a été tuée en Corse, puis son corps a été jeté à la mer avant de dériver jusqu'ici. »

L'autre policier a hoché la tête.

« C'est une affaire pour l'Église. Il faut un prêtre pour prier pour son âme. Appelez Saint-Sulpice. Demandez le Père Alan Moore. On dit qu'il est le plus compatissant. »

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